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2009

Mois de Mai

Les Echos du 05 Mai 2009

 

SYNDICATS D’ENSEIGNANTS

Nouveau collectif, nouvelles revendications

Arguant « que le seul rempart face à un pouvoir insensible, sourd et muet aux problèmes de l’école et des enseignants, demeure la solidarité syndicale et l’unité d’action », le Collectif des syndicats d’enseignants, qui exécute à partir de ce mardi 5 mai 2009 une grève de 48 h, entend durcir le ton dans les jours à venir par des marches et des sit-in au cas où il n’aurait pas satisfaction.

Regroupés en Collectif, les enseignants entendent faire pression. Déjà, ils menacent d’exécuter les 5 et 6 mai une grève d’avertissement, qui sera suivie, avertissent-ils, d’une grève illimitée, marches de protestation, sit-in au cas où leurs revendications ne seront pas prises en compte par les autorités.

En optant pour le principe d’intégration partielle des enseignants contractuels à la fonction publique d’Etat et des collectivités au cours du conseil des ministres du 23 avril 2009, le gouvernement venait de jeter une pierre dans le jardin des syndicats d’enseignants qui considèrent cette politique comme celle de l’autruche.

En effet, le Collectif, composé du Snesup, de la Coses, de la Fen et du Snep face à cette décision, indique qu’il restera intransigeant dans la mesure où il se sent floué par le gouvernement qui a pris, selon lui, cette mesure sans aucune concertation des syndicats d’enseignants. Aujourd’hui, le Collectif exige purement et simplement l’intégration des contractuels à la fonction publique d’Etat.

La création du Collectif des syndicats d’enseignants a amené ses membres à revoir la copie. Les doléances se résument désormais en 13 points dont quatre nouvelles. Il s’agit de la mise en œuvre des résolutions et recommandations du Forum national sur l’éducation en accord avec les syndicats par l’élaboration d’un chronogramme d’exécution, l’octroi d’un siège aux syndicats d’enseignants.

Comme nouvelles doléances, on peut également retenir la relecture immédiate du décret n°08-322/P-RM du 9 juin 2008 fixant la composition, l’organisation et les modalités de fonctionnement du Conseil supérieur de l’éducation (CSE) en accordant au moins 15 places aux syndicats d’enseignants. Concernant ce dernier point, les syndicalistes accusent les ministres en charge de l’Education de transformer le CSE en « instrument de manipulation » et non en un outil pédagogique.

Périls sur l’année académique

Avec un total de 24 membres dont seulement deux représentants de syndicats d’enseignants contre 12 nommés par les ministres de l’Education, le CSE est aujourd’hui boudé par les syndicats. Ceux-ci n’approuvent pas le mode d’élection de ses membres qui pour son indépendance doit être, selon eux, une prérogative des professionnels et non celle des autorités institutionnelles.

«  La CSE existait avant, mais il est mort parce qu’on en a fait un instrument de manipulation » , a décrié Youssouf Diarra de la Coordination nationale des syndicats d’enseignants du secondaire (Coses) au cours d’une conférence de presse. Aussi le Collectif exige des autorités l’octroi d’un toit. Il s’agit, pour lui, de mettre fin à des décennies de squattage des salles de professeurs des établissements d’enseignement publics comme l’Ecica qui reste actuellement le lieu de rencontre des syndicalistes.

La grogne qui se dessine dans le secteur de l’éducation au lendemain du remaniement ministériel qui a vu justement le départ des ministres de l’Education suscite déjà des inquiétudes en cette fin d’année où les examens de fin d’année risquent d’être perturbés.

Cependant, contrairement à l’année dernière où les enseignants ont refusé toute évaluation et pris en otage les notes, ils envisagent néanmoins d’évaluer cette année tout en faisant usage d’autres moyens de revendication. La grève aux yeux de nombreux observateurs constitue d’ores et déjà un avertissement aux nouveaux ministres qui auront certainement du fil à retordre sur le terrain du dialogue social.

Amadou Waïgalo

 

La fonction publique des collectivités non grata

Les syndicats d’enseignants sont allergiques à la fonction publique des collectivités qui n’assure, selon eux, aucune perspective d’épanouissement à leur corps. Ils s’opposent à toute tentative de confier l’école aux politiques qui en feront, disent-ils, un instrument de propagande à des fins politiques. « Nous ne sommes pas contre la décentralisation, mais l’école est un secteur trop sensible pour être confiée aux politiciens », a martelé un enseignant, rappelant qu’à l’époque la maire du district avait refusé, pour des raisons inavouées, de signer le contrat des enseignants contractuels. Dans ces conditions les enseignants pensent que « la seule humeur d’un homme politique peut déstabiliser l’école ».

A. W.

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OTAGES CANADIENS

L’engagement risqué d’ATT

La libération sans effusion de sang des otages canadiens est un succès pour le Mali et ses autorités. Mais, il faut faire attention à l’effet boomerang…

Les ressortissants maliens du Canada ont suivi avec attention, voire une certaine fierté la couverture du pays à l’occasion de la libération des diplomates Robert Fowler et Louis Guay.

J’ai déjà eu l’honneur de rencontrer plusieurs fois M. Fowler quand il était mandataire de l’ex-Premier ministre Jean Chrétien à l’occasion des grands forums internationaux. Ce diplomate chevronné, discret et efficace fait partie de l’élite de la fonction publique canadienne.

Les Maliens du Canada ont pu voir des images de leur pays sans qu’il ne s’agisse de catastrophes ou d’aide internationale. Le dénouement de cette affaire fut un soulagement tant on redoutait une ruée médiatique sur les bords du Djoliba pour récupérer des cadavres qui auraient pu être très encombrants si les otages avaient eu un malheur.

Il y a cependant un hic dans cette affaire. Maintenant que la poussière est retombée et la candeur dissipée, je pense avec le recul, que le président Amadou Toumani Touré, malgré son enthousiasme visible, a été imprudent de se mettre autant en avant. Car, il ne s’agit pas de touristes égarés ou kidnappés par des bandits.

MM. Fowler et Guay étaient aux mains de terroristes d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Il s’agit donc d’un groupuscule qualifié et classé dans la rubrique « mouvement terroriste » par tous les services de renseignements du monde. Dans le commentaire de la journaliste canadienne qui couvre la région, elle a bien dit et spécifié que la libération des otages a été rendue possible grâce aux efforts du président du Mali et de celui du Burkina Faso.

Comprenez-moi bien, je ne sombre pas dans la paranoïa, mais cela peut conduire à des insinuations et malentendus nuisibles au Mali et à son image extérieure. On dit, dans le domaine de la communication, que les faits et leur apparence ont souvent la même importance. Or, dans ce cas précis, dire que la libération des otages résulte « des efforts » du président en personne pourrait aboutir à la déduction hasardeuse qu’ATT à des connexions avérées ou occultes avec les ravisseurs.

Ce n’est pas le cas, mais la précision n’a pas été bien faite. Je sais qu’un Etat dispose de multiples canaux de communication et qu’un président ne prendra pas le téléphone pour appeler un chef de gang. Et c’est pour cette raison que je dis : ATT aurait dû déléguer simplement le ministre des Affaires étrangères ou un fonctionnaire devant les caméras au lieu de se présenter en personne ou d’accorder une interview à Al Watan.

Il ne devait donner aucunement l’impression d’avoir été impliqué en première ou dernière ligne dans les tractations. Bref, il aurait dû traiter de haut ce dossier et laisser des subalternes se mouiller ; donner la nette information qu’un président de la République ne se mêle pas de négociations avec des bandits.

« Prudence est mère de sûreté »

Pourquoi ? Il faut comprendre que depuis le 11 septembre 2001, tout ce qui évoque Al-Qaida de près ou de loin est devenu une obsession pour les Etats-Unis en particulier et l’Occident en général. Il ne suffit pas d’en être membre pour devenir un traqué, un simple soupçon de sympathie est assez lourd pour entrer dans le collimateur de la machine antiterroriste. La police américaine interroge des citoyens qui ont simplement fréquenté la même école que des individus qui se trouvent sur la « liste noire » du terrorisme.

Nous savons tous également que le gouvernement algérien, malgré les précautions de langage, est fort irrité par ce qu’il considère comme la « mollesse » du Mali face aux salafistes liés à AQMI. Il ne faut pas y ajouter le courroux de l’Occident, principal bailleur de fonds et soutien au développement du Mali. Ceux qui ont poussé le président devant les caméras et l’ont encouragé à s’attribuer les mérites de cette libération ont eu tort. Même si l’événement en lui est un succès, il fallait s’en distancer au maximum, mieux, le banaliser.

Un simple communiqué indiquant que la Sécurité d’Etat a tout mis en œuvre pour aboutir à ce résultat était suffisant. C’est ce qu’a fait Stephen Harper, Premier ministre du Canada pour qui, ce dénouement heureux est le résultat d’un travail « long et patient de différents ministères canadiens avec nos amis étrangers ».

D’un autre côté, à mon avis, cet événement devrait pousser le Mali à plus de coopération avec les pays qui ont les moyens de traquer les salafistes d’AQMI qui écument actuellement le désert malien. Bamako n’a pas les moyens humains et militaires de quadriller près de 700 000 km2 de désert. Même les Etats-Unis avec une armada jamais vue dans l’histoire du monde ne sauraient y parvenir.

Mais, le Mali peut obtenir des partenaires qui n’attendent qu’une offre de collaboration, les moyens de mieux traquer les bandits, terroristes et trafiquants de drogue qui veulent faire du Septentrion une zone de non-droit. L’important n’est pas de négocier et d’obtenir la libération d’éventuels otages par des coups. L’important, c’est d’agir afin d’éviter les prises d’otages.

Le rapt est devenu une industrie très rentable pour une bande mineure mais organisée et déterminée. C’est un moyen sûr et rapide de s’enrichir sans courir de très gros risques juridiques. Or, un Etat de droit, un Etat soucieux de sa souveraineté et de sa respectabilité ne peut laisser le kidnapping devenir une banalité.

ATT doit, par des paroles et actes, réaffirmer le refus net du Mali de tolérer ce genre de mouvements sur son territoire. Insister sur le fait que son gouvernement ne paie de rançon, sous aucune forme. Et promettre de tout mettre en œuvre pour que les prises d’otages cessent. C’est un engagement qui pourrait rapporter gros au Mali et servir d’avertissement aux preneurs d’otages qui veulent, apparemment, fructifier leur négoce.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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GREVE DU SYLIMA ET DU SYNAG

Des tribunaux paralysés à 99 %

La grève illimitée entamée hier par le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) et le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag) a paralysé la majorité des tribunaux de Bamako. La grève de 72 h du Syndicat autonome de la magistrature (Sam) en a rajouté à la paralysie en cette période de contentieux post-électoraux.

Le Sylima et le Synag, qui se sentent victimes d’une promesse non tenue par le chef de l’Etat qui s’était engagé à signer leur décret portant prime de judicature avant la fin du mois de mars, ne décolèrent plus. La grève illimitée qu’ils ont décidée conjointement est entrée en application lundi à minuit.

Ce mouvement de débrayage de magistrats et greffiers a paralysé, selon nos constats sur le terrain, le travail dans la plupart des tribunaux. Au Tribunal de première instance de la Commune IV, la cour qui grouille d’habitude de justiciables était quasi-vide et la salle d’audience close. Le personnel magistrat, greffier et simples agents étaient totalement absents à leurs postes. Une preuve que la grève a été majoritairement observée. Seuls le procureur de la République, Yacouba Koné, qui assure le service minimum au niveau de son parquet et le greffier en chef étaient sur place.

Le procureur Koné nous a précisé « qu’il n’y a pas de jugement, et non plus de délivrance de certificat de nationalité parce qu’il faut nécessairement la présence du président du Tribunal pour les signer ».

Le procureur Yacouba Koné, membre du Syndicat autonome de la magistrature (Sam), a aussi affirmé être en grève suite à un préavis de grève du Sam de 72 h, « mais je suis obligé d’assurer le service minimum comme le dit la loi », a-t-il précisé. Selon lui, le Sam est en grève, mais à la différence du Sylima et du Synag les militants de son syndicat reprennent le travail mercredi matin.

Radicalisation

L’ex-Palais de justice de Bamako, désormais Tribunal de première instance de la Commune III, affichait aussi un silence de cimetière. Tous les bureaux étaient fermés, aucun personnel n’était sur place. Les gardes en faction étaient les seuls agents publics que l’on pouvait apercevoir à l’entrée. Ils informaient les usagers qu’il n’y a pas de travail.

Selon le président du Sylima, Hamèye Founé Mahalmadane, « toutes les juridictions du pays sont concernées par cette grève ». Interrogé sur un probable arrêt de travail à la Cour suprême, il a affirmé, que les travailleurs de la plus haute juridiction de notre pays ne sont pas membres du Sylima. « J’aurai été agréablement surpris qu’ils aient observé la grève », a-t-il poursuivi.

Aux dires du président du Synag, Hadia Dioumassi, les 97 % des greffiers du Mali, affiliés à son syndicat, respectent le mot d’ordre de grève illimitée. « Le Synag et le Sylima sont liés par une convention de coopération, de solidarité et d’entre aide syndicale. C’est la raison pour laquelle nous avons observé ensemble, il y a un mois, une grève d’avertissement de 72 h, chose qui a abouti aujourd’hui à la grève illimitée », a-t-il déclaré. A l’en croire, les greffiers sont les personnels d’appui des tribunaux. Ils assistent les magistrats et sont au début et à la fin de tout processus judiciaire.

Les contentieux post-électoraux avec la pluie de requêtes en annulation des partis politiques risquent de rester longtemps en souffrance. Les recours des citoyens devront eux aussi connaître le même sort si la grève illimitée perdure.

Ramata S. Kéita

(stagiaire)

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COMMUNALES A KALABANCORO

Après l’invalidation de 3 conseillers, l’URD porte plainte

Suite à sa disqualification par la Commission de centralisation des résultats de Kati, l’Union pour la République et la démocratie (URD), porte plainte au niveau du Tribunal de première instance de Kati. Motif : falsification de chiffres aux communales.

Alors que les négociations pour sceller des alliances pour occuper la mairie vont bon train dans la Commune rurale de Kalabancoro, l’URD vient d’apprendre le retrait de ses trois conseillers. Au lendemain du vote, c'est-à-dire le 27 avril, la Céni et la Commission de centralisation des résultats de Kalabancoro ont proclamé les résultats. L’URD, qui comptabilise 579 voix, dépassait de deux voix la moyenne de 577 voix qui donnait droit à 3 conseillers.

Contre toute attente, en fin de week-end dernier, la Commission de centralisation de Kati a proclamé un autre résultat faisant fi de ceux de la Céni locale et de la Commission de Kalabancoro. Ces résultats, publiés au niveau de Kati, aux dires du président de la sous-section URD de Kalabancoro, Marcellin Giengiré, tête de liste, changent toutes les données. L’URD se voit dépouiller de ses conseillers parce que n’ayant pas obtenu 5 % des 12 117 voix (606 voix) suite à l’ajout des résultats d’un bureau de vote à Yèrèmakono. Certains membres de la Céni locale ne comprennent pas comment Kati a pu avoir les chiffres qu’elle a communiqués. Ils s’opposent catégoriquement à la prise en compte par Kati du bureau de vote découvert curieusement à Yèrèmakono (quartier de Kalaban) et dont le nombre de voix a apporté le changement dans le calcul final.

Aux dires de nos interlocuteurs de la Céni, le bureau découvert à Yèrèmakono n’est pas pris en compte par la Céni.« Nous avons travaillé sur la base des 91 bureaux officiellement communiqués par la sous-préfecture. Si un autre bureau a été fabriqué, nous ne le reconnaissons pas ». Les 3 conseillers « retirés » à l’URD ont été « partagés » entre le Cnid (6 élus), l’Adéma/PASJ (5) et le RPM (4). Ce qui est incompréhensible, selon M. Marcellin. Joint au téléphone, ce dernier, accompagné d’un huissier, était sur le point de porter plainte auprès du juge administratif du Tribunal de première instance de Kati pour falsification de chiffres.

A Kalabancoro, des formations et regroupements politiques se concertent pour mettre en place un regroupement, pour demander l’annulation pure et simple des résultats du vote. « Les 50 % d’électeurs ont voté par de fausses procurations confectionnées par les fraudeurs », argumentent-ils.

A l’issue des élections du 26 avril 2009, ce sont 6 partis politiques qui se sont repartis les conseillers. Il s’agit du Cnid (6), l’Adéma/PASJ (5), le PDM (4), le REED (4), le RPM (4), le MPR (3), le Bdia (3).

Amadou Sidibé

 

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LEGISLATIVE PARTIELLE DE BOUGOUNI

L’Adéma/PASJ et l’URD au second tour

La Cour constitutionnelle a procédé lundi, à son siège à l’ACI-2000, à la proclamation des résultats définitifs du 1er tour des élections législatives partielles de Bougouni du 26 avril. Selon l’arrêt rendu par la Cour, les candidats de l’Adéma/PASJ et de l’URD sont les deux autorisés à compétir au second tour.

Le second tour de l’élection législative partielle de Bougouni aura lieu le 17 mai prochain. Moussa Diakité, candidat de l’Alliance pour la démocratie et la justice/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ), et Seydou Diawara, candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD) sont sortis vainqueurs du 1er tour selon les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle le lundi 4 mai 2009. Ces résultats donnent Moussa Diakité en tête avec 27 202 voix contre 19 143 pour le candidat de l’URD.

L’URD avait formulé une requête en annulation des résultats dans des bureaux de vote où, affirme-t-elle, ses délégués ont été expulsés. Cette requête a été rejetée par les « Neufs sages » au motif qu’elle n’a pas été déposée dans les délais requis (48 h après le jour du vote).

Toutefois, la Cour constitutionnelle a déclaré avoir procédé à des rectifications suite à des erreurs matérielles et à des redressements de voix dans certains bureaux de vote, dus à des confusions dans les bulletins électorales communales et législatives, au viol du secret de vote, à des surcharges. Pour cette élection législative partielle de Bougouni, neuf partis politiques étaient en lice ; à savoir : l’Adéma/PASJ, l’URD, le FCD, la Codem, le Barica, le parti Sadi, l’UDM, le RPM et le Mplus/Ramata.

Cette élection législative partielle a lieu à cause du siège laissé vacant à l’Assemblée nationale suite au décès du député de Bougouni Mamadou Sinayogo dit « Gaucher » en fin d’année dernière. Quant au deuxième tour, il a été rendu obligatoire, car aucun des candidats n’a obtenu la majorité absolue des voix (43 357 voix). Ces résultats proclamés par la Cour constitutionnelle sont sans appel.

Denis Koné

 

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LAFIABOUGOU

Il revient une semaine après son enterrement

La scène s’est passée à Lafiabougou. Un homme que tout le monde croyait mort et enterré est revenu à la maison.

H. D., l’homme en question mène des petites affaires devant Malitel. Un beau matin il s’est fait arrêter, à l’insu de sa famille et de ses amis, par un homme et enfermé à la Maison centrale d’arrêt de Bamako pour avoir détourné un portable.

La famille de H. D. qui n’a pas pu être informé de cette arrestation s’est mise à sa recherche trois jours après sa disparition. Les membres de sa famille ont fait le tour de la ville sans avoir le moindre signe de vie de leur parent. Personne ne savait où était passé H. D.

C’est ainsi que son père, accompagné d’un de ses frères, sont allés vérifier à la morgue du Centre hospitalier et universitaire (CHU) Gabriel Touré. Là-bas, ils trouvent trois corps dont l’un ressemblait, à leurs yeux, à H. D.

Le frère de H. D. a beau dire à son père que le corps n’est pas celui de son frère bien qu’il lui ressemble, le vieux ne voulait rien entendre, expliquant que nul plus que lui n’est en mesure de reconnaître le sang de son sang.

Ils ont donc ramené ce corps à la maison et organisé des funérailles qui ont enregistré la présence des voisins, des parents et amis venus de loin. Deux jours après les obsèques, un ami de H. D. avec qui il fait des affaires devant Malitel l’a fortuitement rencontré à la prison quand il était allé rendre visite à une connaissance.

H. D. a demandé à son ami d’informer sa famille de son arrestation. Une fois la nouvelle annoncée à la famille, la sœur aînée de H. D., accompagnée d’un jeune frère, se sont rendus à la Maison d’arrêt où ils verront leur frère qu’ils avaient enterré.

Grâce aux efforts conjugués des membres de la famille, H. D. a recouvré sa liberté mercredi dernier. Les résidents de Lafiabougou n’ont pas cru leurs yeux en revoyant H. D. pétillant de santé et le sourire aux lèvres. Moralité : l’erreur est humaine.

Sidiki Doumbia

 

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TERENABOUGOU

Un Américain au service des pauvres

Il s’appelle Moctar Diarra Tall. Mais c’est un Américain bon teint, ancien du Corps de la paix qui a décidé de s’installer à Térénabougou, bourgade située à 35 km de Bamako sur la route de Siby. Dimanche après-midi, les populations, qui ont accueilli à bras ouverts l’ex-volontaire du progrès, ont organisé une fête en son honneur.

Plusieurs personnalités ont assisté à ces réjouissances parmi lesquelles l’ancien président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Sékou Oumar Tall, parrain de Moctar Diarra Tall, un conseiller technique du président de la République et des amis et connaissances de l’Américain-Malien.

Expliquant les raisons de son choix de s’installer dans la brousse, Moctar Diarra Tall a indiqué qu’il garde un souvenir ému de l’hospitalité malienne, notamment en milieu rural ; les valeurs maliennes comme le « sinankouya » qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Mais, c’est certainement son ambition d’aider les plus démunis à refuser la fatalité qui explique son option de rester au Mali et d’aider les paysans à bouter la pauvreté hors de leurs terroirs.

L’homme, qui a déjà fait ses preuves sur des terres du cercle de San, promet de reverdir le lopin mis à sa disposition et d’ouvrir un centre de formation pour apprendre les meilleures techniques culturales à ses hôtes. Attendri par tant d’abnégation et de don de soi, Madani Tall, conseiller à la présidence de la République, a promis d’aider Moctar Diarra dans la mesure de ses moyens. Il lui a remis séance tenante 500 kilos d’engrais.

Sékou Oumar Tall, pour sa part, a prodigué de sages conseils à l’Américain et aux villageois. Il les a exhortés à travailler dans la cohésion, l’unité et la solidarité dans l’intérêt de Térénabougou.

Musique, chants et danses ont mis fin à la cérémonie.

A. M. Thiam

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