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2009

Mois de Mai

Les Echos du 04 Mai 2009

 

GREVE ILLIMITEE DU SYLIMA A PARTIR DE CE MATIN

Le contentieux post-électoral pris en otage

Le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) et le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag) entament à partir d’aujourd’hui une grève illimitée à cause d’une promesse non tenue par ATT pour la signature du décret portant prime de judicature. Cette grève pourrait perturber la gestion du contentieux post-électoral.

Le Sylima et le Synag sont dans une logique de revendication syndicale. C’est dans ce cadre qu’ils ont déposé une plate-forme de doléances en 15 points courant mars 2009. Une grève de trois jours s’en est suivie vers la mi-avril et transformée en grève illimitée.

La grève illimitée lancée à quelques jours du dépôt des listes de candidature pour les élections municipales du 26 avril 2009 était une entrave à la gestion du contentieux préélectoral. C’est pourquoi les autorités ont jugé utile de solliciter la médiation de la Cour suprême et du barreau malien pour la levée du mot d’ordre de grève.

Le président de la République aurait donné sa promesse de satisfaire la principale revendication relative à l’octroi de la prime de judicature. Il avait pris l’engagement de signer le décret avant la fin du mois d’avril 2009 avec effet au 31 octobre 2009. La prime de judicature est une sorte de récompense des efforts des magistrats pour le temps qu’ils passent à l’instruction d’un dossier. Cette prime qui était de 80 000 à 100 000 F CFA doit augmenter de 200 000 à 250 000 F CFA selon les grades.

La promesse présidentielle faite par médiateur interposé a amené le Sylima et le Synag à lever le mot d’ordre de grève illimitée et à s’occuper du contentieux préélectoral en brandissant la menace de reprendre les hostilités en cas de défaillance des autorités.

La grève illimitée prévue en principe aujourd’hui est la preuve que les magistrats ne décolèrent pas contre ATT. La Cour suprême étant disqualifiée pour de nouvelles médiations, le Conseil national des personnes âgées, l’Association malienne pour l’unité et le progrès de l’islam (Amupi), le Conseil national de la société civile ont offert leurs bons offices sans succès. Sauf ultime accord et selon nos informations, les deux syndicats sont prêts à en découdre avec les autorités pour que force reste à la promesse faite par ATT.

La grève d’une partie de la magistrature risque de troubler les recours devant les tribunaux avant la proclamation définitive des résultats des communales par le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales.

Abdrahamane Dicko

 

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IL FAUT LE DIRE

S’en fout la grippe « A » !

C’est connu : les décideurs n’aiment pas les sujets qui fâchent. Et comme un événement en chasse toujours l’autre, ils ont le chic de détourner l’attention de l’opinion, en lui proposant mieux ou pire. Le réaménagement gouvernemental auquel nous avons récemment assisté quel que soit le motif avancé est, il faut le dire, tombé en plein dans la cacophonie au Bureau du Vérificateur général.

A-t-il eu quelque incidence en terme d’apaisement ? Rien n’est sûr. Mais, il demeure certain que pendant deux jours au moins, beaucoup de nos compatriotes n’avaient d’yeux que pour les membres entrants au gouvernement si ce n’était d’épiloguer sur les raisons de la « défénestration » des deux « recalés ». En l’occurrence, dans notre pays, où la soif de poste des cadres est la chose la mieux partagée, l’affaire du BVG n’était plus que crottin d’âne à côté des ambitions personnelles.

La grippe « A », H1N1 (sur recommandation de l’Organisation mondiale de la santé) serait-elle une invention du monde occidental en butte à une crise financière sans précédent pour respirer un tant soit peu en l’absence de toute solution immédiate ? De nombreux analystes trouvent l’hypothèse hautement probable. Des observateurs notent en tout cas qu’il n’y a aucune commune mesure entre la médiatisation faite autour de la grippe « A » et celle faite autour de la grippe aviaire, autrement plus virulent.

Cependant, on ne saurait expliquer le mutisme de nos autorités sur le sujet. Alors que la case du voisin brûle en apparence, ici on se contente de botter en touche. Depuis plus d’une semaine que des mesures sont envisagées partout pour contrecarrer « l’épidémie mondiale », au Mali, c’est motus et bouche cousue. Le silence semble donc le mot d’ordre, les ministères concernés (Santé et Elevage) ayant donné leurs langues au chat à part un communiqué rassurant du premier.

Alors qu’une Orsec (Organisation des secours) pour prévenir les catastrophes existe dans presque tous les pays, notre Protection civile se contente des lauriers déjà tressés. Pour un ministère, il n’y a même plus d’aéroports au Mali. La télévision publique, censée traiter l’actualité nationale et internationale, ne se donne même pas la peine de recueillir l’avis des spécialistes locaux sur les risques de contamination au Mali et, de ce fait, éclairer la lanterne des citoyens.

Dès lors, que peut-on objectivement reprocher à l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anssa) si l’on part du postulat que la pintade suit son devancier ? Chut ! Tout de même, ne soyons pas alarmistes ! Ici, il n’y a ni porc ni cochon. Mieux : nous vivons en autarcie. En conséquence, de la grippe porcine, ex-grippe mexicaine alias grippe « A », on s’en fout comme de notre premier… éternuement. Une autre affaire carabinée de Blancs pour se faire les poches ou renflouer les industries pharmaceutiques, waye… Atchoum !

A. M. T.

 

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HAMADOUN A. GUINDO, AU SUJET DE L’EXCLUSION DE LA CSTM

« Le blocage vient uniquement du chef de l’Etat »

S’estimant marginalisée par les autorités, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) réclame une fois encore l’organisation des élections professionnelles. Dans une interview qu’il nous a accordée à l’occasion de la fête du 1er mai, le secrétaire général de la CSTM Hamadoun Amion Guindo accuse ouvertement le président de la République d’empêcher l’intégration de son syndicat dans les structures de dialogue social. Entretien !

Les Echos : Comment se porte la CSTM en cette fête du 1er mai ?

Hamadoun Amion Guindo : Disons que dans l’ensemble la CSTM se porte mieux autant dans ses structures au niveau de Bamako que dans les régions et au niveau des cercles. Les activités continuent normalement en collaboration avec tous nos partenaires. Donc nous célébrons ce 1er avec beaucoup plus d’espoir et plus mobilisés.

Les Echos : La célébration des 90 ans de l’OIT a été semble-t-il faite sans la participation active de la CSTM. Est-ce vrai ?

H. A. G. : Non ! Je dois dire au contraire dire qu’à l’occasion de l’organisation du 90e anniversaire de l’Organisation internationale du travail (OIT), nous avons été impliqués d’un bout à l’autre jusqu’à la conférence qui s’est tenue l’autre jour. Non, je pense qu’à ce niveau nous avions ensemble bien travaillé avec les partenaires non seulement le Bureau international du travail (BIT) mais aussi les représentants du gouvernement et du patronat.

Les Echos : On parle de plus en plus des élections professionnelles dans les syndicats. Qu’est-ce qu’une élection professionnelle ? Quelle est la position de la CSTM ?

H. A. G. : Les élections professionnelles, c’est pour mesurer un peu la représentativité, particulièrement des centrales syndicales. Je dois dire que depuis l’année 2000 la CSTM a officiellement demandé deux années après sa constitution qu’on organise les élections professionnelles. Nous avions autant en 2005 qu’en 2007 signé des accords par rapport à ces élections-là avec et le gouvernement et le Conseil national du patronat du Mali. Nous sommes aussi étonnés de constater qu’à ce jour ces élections ne sont pas encore organisées, pourtant c’est très important parce qu’il est fondamental que chaque centrale syndicale non seulement sur le plan national mais aussi sur le plan international sache ce qu’elle représente. En l’absence de ces élections depuis notre création, nous sommes quand même victimes d’une certaine exclusion entretenue depuis. Nous pensons effectivement que nous devrions aller vers ces élections professionnelles.

Les Echos : Pourquoi la CSTM n’est-elle pas membre des conseils de patronat (CP), de la fonction publique, de l’INPS, du CESC au même titre que l’UNTM ?

H. A. G. : C’est une exclusion délibérée des plus hautes autorités de ce pays parce que nous n’avons pas de problèmes particuliers avec le Conseil national du patronat, nous avions beaucoup échangé avec les membres du gouvernement en charge de ce dossier pour le respect des textes, mais je dois dire qu’à ce niveau, le blocage vient uniquement du chef de l’Etat. Et l’on nous fait savoir que tant qu’il n’y aura pas d’élections professionnelles ils ne sauront pas comment faire la répartition des sièges au niveau des différentes structures de dialogue social. En réponse, nous leur avons dit que dans l’espace Uémoa, il n’y a qu’au Bénin que des élections professionnelles ont été organisées. Dans les sept autres pays, il n’y a pas eu d’élections professionnelles. Malgré tout, toutes les centrales syndicales ensemble, y compris le Sénégal où il y a 19 centrales syndicales, sont présentes dans les différentes structures de dialogue social de leur pays. Donc, l’argument avancé qui consiste à dire qu’il n’y a pas d’élection professionnelle sachant bien que ce n’est pas la CSTM qui les organise, est une exclusion délibérée des plus hautes autorités de ce pays.

Les Echos : Pensez-vous jouer pleinement votre rôle sur l’échiquier syndical ?

H. A. G. : Heureusement que nous tirons sur plusieurs leviers. Tout le monde sait que la CSTM organise beaucoup de formations syndicales autant à Bamako qu’à l’intérieur du pays. Nous avons même aidé la société civile à former plusieurs cadres au Mali, mais aussi à l’extérieur. Donc le fait que nous ne soyons pas, disons dans ces structures de dialogue social, est une violation des droits et la liberté syndicale. Mais cela ne nous empêche pas qu’au cours de chaque rencontre que nous fassions voir à nos militants et à nos militantes que cela a été entretenu délibérément et cela ne doit pas les décourager. C’est un droit et nous allons continuer à le revendiquer.

Les Echos : Quelle est la position de la CSTM sur la vie chère, les revendications des syndicats d’enseignants qui vous sont affiliés et qui projettent d’aller en grève les 5 et 6 mai 2009 ?

H. A. G. : Sur la vie chère au Mali, je pense que depuis l’année dernière la CSTM avec un certain nombre d’organisations de la société civile a eu à organiser une marche contre la vie chère au Mali et nous avons remis pour la circonstance une adresse au Premier ministre. Dans un second temps, nous avons dit au gouvernement que nous n’avons pas confiance aux exonérations octroyées à un certain nombre d’opérateurs économiques parce que nous avons conscience que cela n’aurait aucun impact sur le niveau des denrées de première nécessité. Nous avons assisté par la suite à cette idée d’Initiative riz dont tout le monde aujourd’hui a constaté l’échec, les mêmes exonérations sont accordées tout ceci combiné et entretenu dans un environnement de pauvreté, de licenciements et de pertes d’emploi. Cela est une très grande préoccupation pour la CSTM.

Nous avons décrié ces exos et dénoncé l’Initiative riz, car nous estimons que ce sont des détournements déguisés en faveur d’une classe politique et que la population elle-même dont les deniers sont ainsi pillés n’y trouve pas son compte. Quant au second point, je ne sais comment l’Etat malien, disons le gouvernement tout en ouvrant des négociations avec un collectif de syndicats des enseignants, se permet d’aller signer aves l’UNTM l’intégration partielle des contractuels. Or, nous avons tous retenu qu’au niveau du Forum national de l’éducation, l’intégration totale des enseignants fut une recommandation majeure, c’est-à-dire ceux relevant de l’Etat et ceux relevant des collectivités devraient être maintenus dans le statut de la fonction publique. Donc, c’est le peuple qui s’est exprimé sur la demande du gouvernement et que juste quelques mois après à la suite d’un remaniement ministériel le président de ce même Forum soit nommé ministre de l’Education et à son premier conseil de ministre, en sa présence, on viole une décision du Forum. Mais est-ce que dans ce pays, on veut parler de dialogue social ? La CSTM est partie prenante de ce combat des enseignants qui sont majoritairement affiliés à la Confédération. Même si cela n’était pas, le combat de l’école, c’est le combat de tout le monde. Nous soutenons ce combat et nous condamnons la décision qui intègre partiellement les enseignants. Cette décision n’engage que ses signataires et non pas le collectif des enseignants encore moins la CSTM.

Les Echos : Quelles sont les revendications de la CSTM dans les jours à venir ?

H. A. G. : Nous avons en son temps en 2007 signé un certain nombre d’accords autant avec le Conseil national du patronat qu’avec le gouvernement. Des commissions de mise en œuvre de ces accords ont été mises en place. Nous sommes à l’aise de constater que ces commissions fonctionnent normalement. Mais, à l’opposé nous regrettons que le gouvernement, bien qu’il soit signataire, traîne encore le pied pour appliquer ce qu’il a librement pris comme engagement. Notre lutte continuera au niveau de ces commissions. Nous allons continuer notre campagne de formation et de sensibilisation. Nous allons continuer à nous expliquer auprès de nos militantes et militants, les mobiliser. Nous savons que le pays est globalement dans un contexte économique difficile et qu’il y aura l’impact de la crise dite du Nord certainement sur nos pays. C’est vous dire qu’il y a de grands défis. Il faut que psychologiquement et intellectuellement nous arrivions à nous préparer à relever ces grands défis. J’en appelle à l’occasion du 1er mai à l’ensemble des travailleuses et travailleurs à rester vigilants face aux défis qui nous interpellent.

Propos recueillis par

Amadou Waïgalo

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FETE ANNIVERSAIRE DES TRAVAILLEURS

L’UNTM entre satisfaction et déception

Entre le 1er mai 2008 et le 1er mai 2009, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) pouvait avoir de quoi se réjouir. Malheureusement, certains de ses points de revendications restent en souffrance.

A l’instar des autres pays, le Mali a célébré le vendredi 1er mai la fête anniversaire des travailleurs. Comme à l’accoutumée, l’UNTM a animé la veille, jeudi, sa traditionnelle conférence de presse pour faire le point de son bilan annuel. D’entrée de jeu, le secrétaire général de l’UNTM a fait observer une minute de silence à la mémoire de tous ceux qui, sous le feu de l’action syndicale, ont donné de leur vie pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs.

Retraçant les grandes lignes de l’évolution de la gestion des dossiers notamment, le protocole d’accord du 18 juillet 2007, Siaka Diakité a dressé un bilan plutôt mitigé dans la mesure où le protocole, qui visait à corriger des lacunes et des dysfonctionnements, n’a pas été totalement exécuté tant par le gouvernement que par le Conseil national du patronat du Mali (CNPM).

« Une bureaucratie déficiente retarde l’achèvement de sa mise en œuvre. Le gouvernement et le Conseil national du patronat du Mali traînent les pieds. C’est pourquoi nous disons que le protocole du 18 juillet n’est pas éteint » , a tranché le patron de la première centrale syndicale. L’UNTM en a appelé à l’arbitrage du président de la République.

A ce jour, il existe de nombreux points non exécutés même si le gouvernement a donné son accord de principe pour les résoudre. Il s’agit de l’avancement des fonctionnaires qui, à la veille de leur départ à la retraite, ont bénéficié au moins la notation « bon », de l’adaptation des prix des produits de première nécessité au seuil compatible des revenus des consommateurs, de la diligence dans la relecture des conventions collectives, de la publication du bilan des privatisations, de la révision des conditions de privatisation de la CMDT, de l’équilibre des grilles dans la fonction publique… Des points jugés importants par la centrale, mais sur lesquels le gouvernement tarde à réagir. Or, dira M. Diakité, « tout protocole issu d’une grève a valeur de loi. Il doit être exécuté ».

Des acquis

Toutefois, reconnaît l’UNTM, le protocole dans son ensemble a évolué avec l’intégration récente des enseignants contractuels dans les fonctions publiques d’Etat et des collectivités territoriales. D’autres acquis portent sur l’augmentation des salaires de 10 % dont 5 % payés en 2008 et les autres 5 % à partir de 2009, l’ouverture d’un cahier de charges avec des conditionnalités pour l’importation du riz, etc. Des victoires qui, selon Siaka Diakité, doivent réjouir les travailleurs. « Le riz est cher. Et tout d’ailleurs. Mais ce n’est pas une petite portion de commerçants qui aura l’opportunité de l’importer. Il y a aujourd’hui 23 importateurs de riz au lieu de 3. C’est une recommandation de l’UNTM. Il y a aussi l’intégration dans les fonctions publiques d’Etat et des collectivités territoriales des enseignants contractuels. Nous verrons dans les jours à venir les modalités de sa mise en œuvre ».

Nonobstant ces motifs de satisfaction, il ne sera pas question, pour l’UNTM de baisser, la garde, a-t-il averti. Se montrant sur la défensive, elle est revenue à la charge en formulant des revendications pour l’année 2009. Il en est ainsi de la relecture des textes instituant des primes et indemnités et leur adaptation au contexte actuel, l’élargissement de la prime de zone aux autres secteurs, l’octroi d’avantages fiscaux aux entreprises nationales, le prélèvement des cotisations syndicales à la source, la réorganisation des unités de l’économie informelle. De même, l’UNTM affirme qu’elle fera en sorte que le plan social des travailleurs de l’Huicoma puisse être pris en charge.

Lors de l’imposant défilé qui a été organisé sur le boulevard de l’Indépendance, une motion a été adressée au gouvernement pour avoir marqué une honorable distance vis-à-vis de l’immigration « choisie ». Des questions et non des moindres comme l’insécurité routière, le chômage croissant… n’ont pas été non plus occultées.

Cette année, la fête du 1er mai qui intervient 123 ans après les répressions sanglantes de Chicago était placée au Mali sous le signe « du renforcement du dialogue social, de la sécurité routière et de la vie chère ».

Mohamed Daou

 

UNTM-CSTM, « je t’aime moi non plus »

Le constat a été une fois encore établi vendredi que l’UNTM et la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) font bande à part. Ce qui n’était point surprenant car le premier responsable de l’UNTM au cours de la conférence de presse qu’il a animée jeudi a laissé entendre qu’il n’est pas question, pour eux, de défiler avec la CSTM.« Notre conscience normative nous impose de ne pas travailler avec une association qui ne respecte pas les normes. Si nous le faisons, nous devons fermer boutique et retourner dans nos services d’origine », a dit Siaka Diakité. Et d’ajouter que « nous ne défilerons pas avec la CSTM de par sa création, sa gestion et son animation. Nous ne travaillerons pas avec quelqu’un qui ne respecte pas les principes d’un mouvement syndical. Le jour où la CSTM va se constituer suivant les règles de l’art, l’on pourra travailler ensemble ».

Demba Diop aux côtés de ses camarades

Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’unité syndicale africaine (Ousa), notre compatriote Demba Diop, a assisté dans notre pays aux festivités commémoratives de la fête des travailleurs vendredi dernier. Une façon pour lui de témoigner à ses camarades sa solidarité et son soutien. M. Diop est à son 5e mandat de 4 ans au poste de secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’unité syndicale africaine. Il a été plusieurs années durant membre du bureau de l’Union nationale des travailleurs du Mali.

M. D.

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MAIRES ADEMA DE BAMAKO

Ils peuvent tous rempiler

Les nouveaux maires seront bientôt renvoyés à leurs fonctions pour un mandat de 5 ans. En attendant le jour J, les tractations entre les partis politiques ont déjà commencé pour la conquête des postes de maires. L’Adéma qui avait déjà établi des alliances avec d’autres partis espère conserver les postes qu’elle détenait dans la capitale.

Si tous les anciens maires de Adéma/PASJ des communes de Bamako ont réussi la prouesse de se faire réélire à l’issue des élections communales, un autre pari se dresse devant eux : rempiler à la tête des mairies. Selon certaines sources proches du comité exécutif de l’Adéma/PASJ, le parti est en train d’œuvrer à cette fin, car, estime-t-on, les bilans de ces maires sont satisfaisants à tous points de vue.

Selon cette source, Mme Konté Fatoumata Doumbia, Abdel Kader Sidibé et Adama Sangaré seront reconduits. Arrivée en tête en Commune I avec 11 conseillers sur les 45, l’Adéma devra composer avec le RPM, l’URD, la Codem qui ont chacun 6 conseillers.

La Commune II , qui était dirigée par le MPR, pourrait passer cette fois entre les mains de l’Adéma. L’abeille y a gagné 14 des 37 conseillers. Il peut chercher à s’allier avec l’URD (7) et le Cnid (4) pour prétendre au poste de maire. Le MPR, qui a obtenu 4 conseillers avec en tête Gaoussou Ly (maire sortant), ne peut, avec ce score, prétendre diriger la mairie.

En Commune III, Abdel Kader Sidibé est presque sûr d’être reconduit tout comme Adama Sangaré, le maire sortant du district de Bamako, tête de liste Adéma en Commune III. Les bilans de M. Sidibé tout comme celui de M. Sangaré sont fort appréciés par la population et le parti en particulier. Même si on reproche au maire de Bamako des écarts dans la gestion du foncier et d’équipements marchands, selon notre source, le parti voulait donner l’opportunité à ces deux maires de poursuivre les travaux qu’ils ont déjà entamés.

En Commune III, l’élection de M. Sidibé ne devrait pas poser de problème. En plus du nombre de conseillers (13), une alliance à été établie entre l’Adéma, le RPM et le Cnid. Si cette plateforme venait à être respectée (ce qui sera le cas nous dit-on), nul doute que M. Sidibé sera pour la 3e fois le maire de la Commune III pour un autre mandat de 5 ans.

La Commune IV du district avait pour maire Issa Guido issu du RPM. Le RPM a obtenu 11 conseillers sur les 41 que compte la Commune, battu de trois conseillers par la liste indépendante Moussa Mara. Une coalition avec cette liste indépendante, au détriment des partis politiques permettrait au RPM de briguer le poste de maire. Mais le RPM franchira-t-il ce pas ? Cela n’est pas évident lorsque l’on jette un regard rétrospectif sur les élections législatives passées.

Les partis qui ont toujours revendiqué le fait partisan, ne se laisseront point damer le pion par un indépendant. Mais une coalition de Moussa Mara avec des partis comme l’Adéma et l’URD risque de faire tomber l’ancien maire Issa Guido. Ce qui est sûr, les jeux de l’alliance sont si ouverts en Commune IV qu’il est difficile de savoir qui des partis politiques ou des indépendants va occcuper le fauteuil de maire.

En Commune VI Souleymane Dagnon garde encore sa chance d’être réélu. Son parti l’Adéma/PASJ est arrivé en tête avec 16 conseillers sur 45. Comme dans les autres commune du district, ici la négociation s’impose.

Le premier constat que l’on peut faire, c’est que dans toutes les 6 communes, les protagonistes seront soumis à des négociations et à des alliances. En effet, aucune formation politique n’a eu un nombre suffisant de conseillers pour pouvoir composer à sa guise un bureau municipal. Mais globalement, tous les anciens maires de l’Adéma du district de Bamako ont une chance certaine d’être reconduits.

Denis Koné

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LES ELECTIONS AU MALI

Chronique d’un grand gâchis !

Tant d’argent dépensé pour une si faible participation et des villes dégradées !

Le dimanche 26 avril, j’ai rempli mon acte civique. Comme je le dis autour de moi, des concitoyens ont payé le prix fort, leur vie, pour faire chuter le parti unique et nous donner le droit de vote. Donc, par reconnaissance, je ne peux manquer une occasion de voter même si la plupart des élections, ici, sont basées sur un faux-semblant, une grande mascarade. Ne parlons pas des choses qui fâchent pour l’heure.

Revenons à l’acte du vote ou plutôt de ce qu’il en reste une semaine après : l’encre sur mon index gauche. C’est classe et ça facilite la distinction du bon citoyen du mauvais. Pour récupérer une formule célèbre bambara : en voyant certaines personnes de loin, nous avons l’impression que ce sont des montagnes, il suffit de se rapprocher pour comprendre qu’elles sont en papier.

Choqué, je l’ai été quand je me suis amusé à regarder le doigt de certains Bamakois qui sont restés chez eux le jour du vote quand bien même l’Etat leur avait accordé un jour de congé payé pour récupérer leurs cartes d’électeurs. Or, Bamako était une ville morte le mercredi 22 avril 2009. Beaucoup ont profité de cette journée pour faire la grasse mat’. Pour une fois qu’il y avait un jour férié qui ne tombait pas sur un dimanche ou un jeudi de mariage.

Ceux qui m’ont surpris scrutant leur doigt avaient des avis partagés sur cette tache indélébile. Des voix ont suggéré d’informatiser davantage le système électoral pour nous éviter d’avoir des mains de guerriers sanguinaires. Moi, je leur réponds que ce qu’il faudrait enlever rapidement, ce sont ces affiches qui polluent notre espace.

L’Etat devrait taxer les partis politiques pour chaque affiche collée et fixer une pénalité sur les messages accrochés sur les monuments. Où sont tous ces leaders donneurs de leçons de morale ? Qu’ils balayent devant leurs portes d’abord. A l’avenir, les partis devraient donner des consignes aux responsables de leur communication. Leur dire qu’il est indécent de coller des affiches sur le monument des Martyrs ou sur les façades des cimetières par exemple.

Pauvres de nous ! C’est l’argent du citoyen qui sera utilisé pour embellir la ville. Bien entendu pas tout de suite. Non, plutôt à la veille d’une visite présidentielle. Pourvu que ça soit celle d’Obama. Au moins, ça nous soulagera si c’est lui plutôt qu’un dictateur venu de Diapaga. En réalité, je constate que Bamako se fait rarement belle pour ses habitants. Elle pense leur être déjà conquis. Partis politiques, pensez à vos électeurs ! Ne dépensez pas les centaines de millions de F CFA à votre guise !

Je propose une journée de nettoyage, que la mairie centrale et les partis politiques nous donnent de la peinture, des raclettes et nous effacerons les traces des élections. Je suis sûr qu’on tombera même sur des affiches des élections de 1997 ou de 2002. Dans leurs prévisions budgétaires, les formations politiques ne pourraient-elles pas inclure un volet post-électoral incluant des activités de nettoyage de la ville et de lavage de conscience ?

Trêve d’humour ! Il serait temps que l’on évalue les coûts de ces élections : un jour de travail perdu, une ville défigurée et salie, des milliers de cartes d’électeurs fabriquées et pas retirées, des caravanes bloquant la circulation… tout ça avec un taux de participation faible alors que des pays comme l’Afrique du Sud et l’Algérie frôlent les 80 %. Il nous faut panser nos scrutins surtout que l’Etat débloque des milliards pour organiser les élections, pour sensibiliser les populations. Bonne résolution. Au passage, je salue l’initiative du bulletin unique. Une pierre deux coups. Les écolos seront contents de l’économie de papier qui en résulte et les bons citoyens seront contents de pouvoir voter en toute diligence.

Cette année, le miel est très doux chez les abeilles. L’URD confirme. Elle est une force montante. Bizarre ce slogan. N’est-ce pas le même utilisé par le Parena aux législatives de 2007 ? Quand je pense aux différentes personnalités qui animent ces formations politiques, je trouve très dommageable qu’ils ne s’associent pas, qu’ils ne se pardonnent pas, qu’ils ne dépassent pas les contentieux personnels d’hier pour se donner la main afin de sortir ce Mali des maux qui le minent. C’est ça aussi la maturité politique, celle-là même qui permet à des nations comme les Etats-Unis d’Amérique de prospérer. Qui aurait pu croire qu’une Hillary allait intégrer le gouvernement du jeune Barack Obama après leurs empoignades.

Jeune Barack Obama ? D’Obama, nos politiciens ont repris les slogans mais il n’a pas été un modèle pour eux. Les élections communales de 2009 ont confirmé une originalité propre aux politiciens maliens. Pendant que les Olivier Besancenot, Benoît Hamon et Rama Yade percent, une majorité de nos politiciens écrasent les jeunes et leur envoient un message très clair « jeunes, il n’y a pas de place pour vous. Attendez d’avoir 50 ans, quand nous n’aurons plus nos facultés mentales et physiques. A ce moment-là, vous prendrez la relève ».

Si ce message n’est pas véridique comment expliquer l’alliance visant à empêcher Moussa Mara d’accéder à la mairie de la Commune IV ? Il n’y aura pas de surprise. Mara ne sera pas le maire. Pourtant, par fair-play, il aurait dû être choisi. Une première coalition avait soutenu le RPM lors des élections législatives passées afin d’éviter une humiliation publique à l’inénarrable.

Je reste convaincu que l’élection de Moussa Mara à la tête de la mairie de la Commune IV donnerait un peu d’espoir à la jeunesse. Si nous voulons que notre démocratie marche, alors il faudrait intéresser les jeunes. Leur prouver que leurs voix comptent et qu’on est disposé à leur donner un espace de travail dans les institutions de la République.

Birama Konaré

 

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COUPE DE LA CAF/STADE MALIEN-JSMB

Les Blancs s’en sortent la tête haute

En match retour des 1/8e de finale de la Coupe de la Confédération africaine de football (Caf), disputé samedi dernier au stade Modibo Kéita, le Stade malien de Bamako s’est qualifié pour le prochain tour. Les Blancs ont éliminé la Jeunesse Sportive Médina de la Bejaia d’Algérie à l’issue des tirs au but.

A la fin du temps réglementaire, le Stade menait (1-0). C’est par le même score que les Algériens l’avaient emporté à l’aller. Il a fallu recourir aux tirs au but qui ont fini par sourire aux protégés de Mahamadou Samaké « Sam ».

Manque de chance d’un côté ou de réussite de l’autre, voilà les ingrédients de ce match dont le public sportif malien ne finira pas de parler de sitôt avec les 28 tirs au but au bout du compte, dont 13 réussis par le Stade et 12 par la JSMB.

La première mi-temps avait d’ailleurs donné le ton. Face à son public, le Stade dominait, attaquait, mais ne parvenait pas à marquer. Et puis, à la 37e, un contre algérien a sonné comme un avertissement. Mais les deux équipes regagnèrent les vestiaires sur un score de parité et vierge.

A la reprise, les Bakary Coulibaly « Bako », Umoh Emmanuel et autres Abdoulaye Sidibé se ruèrent à l’attaque. Mais à chaque fois, c’est au niveau de la passe décisive et de la finition que les Stadistes allaient échouer. Contre le cours du jeu (61e) Massali Adel, n’eut été la vigilance du portier stadiste, était à un doigt de scorer.

L’impensable se produira dans les arrêts de jeu de la rencontre (90e +), suite à un corner Baba Sadio, entré à la 86e, interceptera en pleine surface de réparation sur la ligne de corner et contraignit son garde du corps à se faire justice. Le penalty accordé par l’arbitre Congolais sera transféré par le Nigérian de Sotuba, Umoh Emmanuel.

A noter que les nombreuses tentatives dans le match ont une fois de plus mis le portier Soumbeyla à rudes épreuves et donné des sueurs froides aux nombreux supporters. Le Stade, sortira finalement vainqueur à l’usure des Algériens de la Bejaia. Un énorme exploit pour les Blancs de Bamako et de tout le football malien. A présent, les regards sont tournés vers le 7 mai, date du tirage au sort de la compétition où les qualifiés de ce tour affronteront les éliminés de la Ligue africaine des champions.

Boubacar Diakité Sarr

 

 

Ils ont dit

Djibril Dramé(entraîneur du Stade) :

« Un grand match technique, tactique et physique face à une équipe algérienne qui a plus d’expérience en la matière. On s’attendait à un pareil scénario. Donc, ce n’était pas gagné d’avance surtout qu’on est en haute compétition. D’ici, nous avons encore des insuffisances à corriger. Par rapport aux tirs au but, nous étions également préparés ».

Boukessassa Koviber(capitaine de la JSMB) :

« Ce fut un bon match, mais il faut reconnaître que nous avons été victime d’injustice de la part de l’arbitre et c’est tout ».

Boukary Sidibé « Kolon »(vice-président du Stade) :

« Nous sommes satisfaits du résultat, mais nous aurions souhaité également être de la fête avec le Djoliba. Bon ce sont les aléas du football, mais le football malien a encore de plus belles pages devant lui ».

Hamane Niang(ministre de la Jeunesse et des Sports) :

« Nous sommes toujours en course avec les deux clubs. Avec le travail, le résultat viendra et maintenant ce n’est plus le Stade ou le Djoliba mais le Mali. Si les équipes avancent dans le cadre de ces tours, le département ne ménagera aucun effort pour leur soutenir. C’est la raison pour laquelle, nous avons choisi non pas Kabala, mais des hôtels pour la condition de préparation. Je félicite le public sportif qui a joué un rôle capital ce soir pour l’atteinte de ce résultat ».

 

Les à-côtés

Emotion

Samedi dernier, l’émotion était à sa comble à telle enseigne que le MJS, Hamane Niang a eu du mal à regagner sa voiture. Il est resté longtemps devant le salon d’honneur où il a été cerné par des supporters. Ces derniers étaient venus le remercier pour les bonnes conditions de préparation de leur équipe.

Des Stadistes dans le viseur ?

A la fin du match et en dépit de la défaite de leur équipe, des dirigeants algériens étaient en contact avec des joueurs dont Umoh Emmanuel. Selon certaines indiscrétions, ces joueurs seraient d’ores et déjà sur les tablettes des Bejaouis.

La fête fut belle

Liesse, émotion, délire, euphorie, que choisir pour décrire l’état dans lequel étaient les supporters stadistes présents au stade ? Eux-mêmes ne le savaient pas au coup de sifflet final du match. « Il y a pas de mot pour décrire notre joie, il n’en existe pas pour traduire ce que nous ressentons », racontaient certains.

B. D. S

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