Le paiement de l’indemnité de judicature est maintenu à octobre 2009. L’Etat n’a pas varié sa position sur cette doléance majeure du Syndicat libre de la magistrature (Sylima), qui a suspendu sa grève illimitée avec 24 jours d’arrêt de travail.
Grâce à la médiation de l’Union sacrée des religieux composée des musulmans, catholiques et protestants, le Sylima et le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag) ont suspendu le 28 mai 2009, pour un mois, leur grève illimitée conjointe, pendant laquelle ils ont observé 24 jours d’arrêt de travail.
Aux termes d’un communiqué de conciliation lu par le président du Haut conseil islamique, Mahamoud Dicko, qui invitait par la même occasion les militants du Sylima et du Synag à reprendre le travail le lundi 1er juin 2009, les négociations devaient être ouvertes sur les doléances non satisfaites.
La commission de négociation a bien siégé récemment sur les 15 points de revendications du Sylima et du Synag. Selon Hamèye Founé Mahalmadane, président du Sylima, que nous avons pu rencontrer, il y a eu un désaccord sur la presque totalité des doléances.
Le paiement de l’indemnité de judicature, initialement fixé à octobre 2009 par l’Etat évoquant des contraintes budgétaires, mais ramené à octobre 2008 par le Sylima abasourdi par les faux bonds de l’Etat, demeure la principale pomme de discorde. L’Etat reste sur sa position et s’en tient à la date d’octobre 2009.
Conformément aux dispositions réglementaires en matière de grève dans notre pays et qui font de la grève un droit pour le travailleur et de la retenue de salaires sur les jours grevés un droit aussi pour l’employeur (qui n’est autre que l’Etat dans ce cas), l’Etat s’est offert le luxe d’informer le Sylima et le Synag que les jours chômés par leurs militants pour fait de grève seront défalqués de leurs salaires.
A ce rythme, magistrats et greffiers grévistes risquent d’avoir des bulletins de salaire de juillet totalement dégarnis quand on sait que leur grève a duré 24 jours. La retenue sur salaire n’est autre qu’une arme fatale aux mains des pouvoirs publics pour décourager les grévistes.
Le seul point qui a fait l’objet d’accord est celui relatif à la relecture du statut autonome de la magistrature et des greffiers, secrétaires de greffe et parquets. L’Etat s’est engagé à réactiver la commission administrative et paritaire créée à cet effet.
Il reste, pour les militants des deux syndicats, à donner leur avis sur la suite à réserver à leur mouvement de grève au cours d’une prochaine assemblée générale.
PASSEPORT DE LA CEDEAO
Le Mali traîne les pieds
Alors que le passeport de la Cédéao est mis en circulation dans des pays membres de l’organisation communautaire, le Mali traîne les pieds au grand dam de ses compatriotes, victimes de tracasseries au niveau des frontières de certains Etats.
Institué en 2000 et lancé dans notre pays au cours d’une cérémonie officielle, le passeport de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) est en vigueur dans certains Etats membres de cette organisation. Sa mise en service a été effective dans l’ensemble des Etats de la Communauté à partir de 2002. Dans certains pays, la volonté politique de s’ouvrir à tous les citoyens de l’espace s’est matérialisée par la mise en circulation du passeport régional.
Au Sénégal, depuis juillet 2002, le nouveau passeport communautaire informatisé est délivré aux citoyens. Il porte désormais au recto l’inscription « Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest » en dessus de l’habituelle « République… » de l’Etat membre et « Cédéao » et « Ecowas » au verso. Le Bénin, la Guinée et bien d’autres pays ont emboîté le pas au Sénégal, car, estime-t-on dans ces pays, la mise en circulation du passeport de la Cédéao confère la citoyenneté communautaire aux titulaires.
Notre pays, considéré comme champion de l’intégration africaine, ne se presse pas du tout dans l’adoption du document qui pourrait faciliter le mouvement de nos compatriotes dans les Etats de la Communauté. Or, le passeport national, qui sert de document de voyage, génère de nombreuses tracasseries.
Des commerçants maliens en provenance du Nigeria sont victimes de toutes sortes d’injustices. En plus des nombreux problèmes le long des axes routiers ouest-africains et aux frontières des Etats membres, nos compatriotes, selon certains témoignages, sont traités de tous les noms d’oiseaux.
Ne possédant pas le passeport Cédéao, ces personnes affirment être dans l’obligation de se conformer aux diktats des contrôleurs nigérians. Pour ne pas dire qu’ils font l’objet de racket. « Nous sommes traités de mauvais élèves de la Cédéao. Ils disent que nous n’avons pas de passeport Cédéao ».
Aujourd’hui ce qu’il faut savoir c’est que le seul fait d’être ressortissant d’un des Etats membres de la Cédéao ne suffit plus pour passer certaines frontières, il faut être en possession d’un document de voyage en cours de validité (passeport, laissez-passer de la Cédéao).
Dédain ?
Cette volonté de parvenir à un passeport Cédéao a été rappelée aux chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à la 31e session ordinaire tenue à Ouagadougou, le 19 janvier 2007.
Le président en exercice, Mamadou Tandja avait, à cet effet, invité les Etats membres à prendre les dispositions nécessaires en vue de l’impression et de la mise en circulation dans les meilleurs délais de cet important document de voyage.
Il y a quelques années, des hauts cadres de la Cédéao avaient interpellé la partie malienne sur son retard dans la mise en circulation du passeport. Ils avancent qu’au Mali, lors du conseil des ministres de l’Intérieur des pays de la Cédéao, tenu en mai 2000 à Bamako, il a été décidé de la généralisation du passeport communautaire.
Profitant du lancement de la Semaine de l’intégration 2008, dont l’édition était placée sous le signe de la « libre circulation des personnes, du droit de résidence et d’établissement dans l’espace Cédéao », le Premier ministre Modibo Sidibé avait affirmé que : « en accord avec les autres pays de la région, le Mali prendra toutes les dispositions pour mettre en circulation le passeport de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dès que les actions de sécurisation en cours seront achevées ». Depuis cette déclaration, plus rien n’a été fait.
Qu’est-ce qui peut donc empêcher nos autorités à aller vers cette nouvelle donne de la Cédéao ? A la direction de la police des frontières, on se contente de dire « Nous sommes en train de travailler là-dessus ».
Amadou Sidibé
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BRUITS SOURDS
Présidence de l’AMM : Bill officiellement candidat
Après l’élection du maire du district, les regards sont désormais tournés vers sur celle du président de l’Association des municipalités du Mali (AMM). A ce jour, Boubacar Bah dit Bill, maire de la Commune V, est candidat. Il a officiellement saisi le comité exécutif (CE) de l’Adéma pour lui faire part de sa volonté de briguer la présidence de l’AMM. Il appartient à la direction du parti de recenser toutes les candidatures avant de trancher. Pour l’heure, il y a eu une première réunion du secrétariat permanent sur la question, mais le CE ne s’est pas encore réuni encore moins se prononcer. La tenue de l’élection interviendra entre juillet et août, de sources proches du dossier. Après Ibrahima Ndiaye, actuel ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, c’est le maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé, qui a pris la relève. Avec son mandat, qui arrive à terme, il lui est prêté l’intention de faire acte de candidature.
District : comment le Cnid a perdu le poste de 2e adjoint
A la mairie du district, après que l’Adéma s’est adjugée le poste de maire du district et pris 8 à 9 postes sur les 12 de la Commission, le parti de l’Abeille avait souhaité partager les postes des deux adjoints au maire et des Commissions avec ses alliés. Il était convenu de donner le poste de 1er adjoint au maire au Cnid et celui du 2e adjoint au MPR. Malheureusement, pour le Cnid, il s’est trouvé que son candidat, un certain Sy, qui serait agent au Haut Conseil national de lutte contre le Sida, a eu maille à partir avec la justice. Lorsque l’Adéma a eu l’information, il a proposé au parti du Soleil levant de retirer sa candidature. C’est ainsi que le poste de 2e adjoint est allé au MPR et celui de 1er adjoint au RPM.
Mopti : l’Adéma renonce à l’Assemblée régionale
Les membres de l’Assemblée régionale de Mopti sont au nombre de 25. L’Adéma et ses alliés en comptent 13. S’il y a une logique dans les choses, le contrôle de l’Assemblée régionale doit leur revenir. Mais, contre toute attente et sentant la main de Koulouba soutenant vaille que vaille la candidature de l’URD, l’Adéma a décidé de se retirer de la course à la présidence. L’élection est prévue pour aujourd’hui 30 juin 2009. L’on se rappelle qu’après les municipales, l’URD s’est battue corps et âme afin que le contrôle de la mairie aille au Mouvement citoyen. Ce qui a été fait. Maintenant, donner l’Assemblée régionale à l’URD est manifestement le signe de la récompense.
Assemblée régionale de Gao : ATT met la pression
A Gao, il se dit que le président de la République a tout fait pour que l’Adéma n’ait pas la mairie même si le parti a le conseil de cercle. Après ces élections qui ont laissé beaucoup de plaies,l’heure est à l’élection des membres de l’Assemblée régionale. Tout comme dans la Venise malienne, ATT aurait fait ingérence, prenant fait et cause pour les Arabes au détriment des Tamasheks. En effet, si le souhait de l’Adéma est que l’Assemblée régionale tombe dans l’escarcelle de Ménaka dominée par des Tamasheks, le cœur du prince du jour a balancé en faveur des Arabes. ATT serait en train de tout mettre en œuvre afin qu’un Arabe dirige l’Assemblée régionale de Gao au lieu d’un Tamashek. Des instructions auraient été données dans ce sens. Comme quoi, là-bas également il veut tout sauf la tête d’un Tamashek.
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