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2009

Mois de Juin

Les Echos du 23 juin 2009

 

MOUSSA DADIS-KABINE KOMARA

Un bon tandem pour la Guinée

Les deux hommes sont très différents à tout point de vue : autant Dadis est chaleureux, spontané et volubile, autant Komara est mesuré, prudent et un brin constipé, comme tous ceux de son milieu qui veulent tout comprendre, juger le pour et le contre.

Cependant, pour la Guinée, « les deux font la paire ». Ils constituent un bon tandem, dans la mesure où ce qui manque à l’un fait la force de l’autre. Autant Dadis gère le quotidien, tranche sur le vif, autant Komara est dans la prospective, planifie, projette.

Kabiné Komara, 58 ans, le Premier ministre guinéen, était jusque-là fonctionnaire international à la Banque africaine import-export. Il était basé au Caire (Egypte). Il était l’un des trois noms retenus par les syndicats qui, il y a près de 2 ans, demandaient à Lansana Conté de nommer l’un de leurs candidats. Les putschistes avaient promis de nommer un civil au poste de Premier ministre.

Peu connu du grand public, M. Komara, un économiste de formation, était, depuis près de 13 ans, le directeur du département des services administratifs et du patrimoine de la Banque africaine d'import-export (Afreximbank). Par le passé, le Premier ministre guinéen a travaillé dans l'ombre des différents gouvernements. Il a notamment occupé le poste de directeur national des investissements publics entre 1986 et 1991. Il a été membre de la Commission économie, développement et environnement du Conseil transitoire de redressement national en 1991 et 1992, puis a été conseiller économique du ministre des Finances de 1992 à 1995.

Depuis quelque temps, l'homme de 58 ans suscite l'intérêt de la part des syndicats nationaux. En effet, en février 2007, alors qu'il y avait de vives tensions entre l'ancien président et les syndicats, Kabiné Komara figurait sur la liste, réalisée par ces derniers, de quatre candidats potentiels au poste de Premier ministre, et ce, sans avoir affiché un intérêt particulier pour l'emploi.

Alexis Kalambry

(envoyé spécial)

 

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KABINE KOMARA, PREMIER MINISTRE DE GUINEE

« L’Histoire ne peut plus être tenue responsable de nos malheurs »

La Guinée est un scandale géologique, affirmait Sékou Touré. Une assertion reprise par tous les spécialistes, même si le citoyen lambda n’en profite pas encore. Nous avons rencontré le Premier ministre de Guinée, Kabiné Komara, économiste, qui explique ici les ambitions des nouvelles autorités dans le domaine économique.

«  La Guinée, à l’indépendance, était en avance sur la Côte d’Ivoire. Le café-cacao guinéen partait par cargaison pour l’Europe, de même que sa mangue.

La Guinée , c’est au moins 10 000 mégawatt de potentiel exploitable en matière d’énergie hydroélectrique, la plus grande réserve prouvée au monde de bauxite et de fer. Nous ne pouvons plus tenir l’Histoire pour responsable de nos malheurs. Il nous faut réagir. Le CNDD, Comité national pour la démocratie et le développement, a trouvé un pays exsangue, avec un Trésor vide et des mauvaises habitudes installées.

Le coup d’Etat du CNDD, quand bien même salué par les Guinéens, a été durement sanctionné par la communauté internationale. Ce qui se passe habituellement, c’est que, quand le coup d’Etat rencontre l’assentiment des populations, il y a une condamnation de principe de la communauté internationale, mais la coopération se poursuit. Mais, dans le cadre de la Guinée, cela ne s’est pas passé ainsi.

Dans le cadre de l’Initiative PPTE (Ndrl : Pays pauvres très endetté, un programme des institutions de Bretton Woods qui permet au pays, tout en ne remboursant pas une dette, selon des conditionnalités, de s’engager à réinvestir cette somme dans des secteurs dits sociaux), la Guinée avait atteint son point d’achèvement et devait engranger un montant de 2,3 milliards USD. Mais, depuis, cette somme n’est jamais venue.

Nos recettes reposent sur trois domaines : les mines, la taxe sur les produits pétroliers et les taxes douanières. Aujourd’hui, nous avons un gap de 100 milliards USD. Quand nous sommes arrivés, nous avons voulu donner aux Guinéens un signal fort pour qu’il n’y ait plus jamais de détournement, de surfacturation… Pour cela, nous allons tout auditer, entamer un redressement fiscal et gérer de façon rigoureuse les dépenses.

Dans le domaine énergétique, j’ai bon espoir que d’ici 2 ans, il y aura du courant pour tout le monde et dans les 5 prochaines années, avec tous nos projets, la Guinée sera exportatrice d’énergie. Dans tous les cas, notre mission est d’assainir et de présenter une bonne situation pour ceux qui viennent. Personnellement, j’ai été clair : je ne suis intéressé par rien d’autre. Je me sens interpellé en tant que Guinéen, j’apporte ma contribution ».

Propos recueillis, à Conakry, par

Alexis Kalambry

 

Des projets Mali-Guinée

Dans le domaine énergétique, la Guinée voudrait mettre en place un barrage sur le Fomi, un affluent du Niger. Le pays du capitaine Moussa Dadis Camara compte mettre sur pied une société de droit commun au Mali et à la Guinée pour ce projet qui serait vital pour l’irrigation du delta intérieur du Niger et même pour la bonne réussite du projet sucrier de Markala. Pour le moment, le montant du projet est estimé « entre 250 et 300 millions USD ».

A. K.

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CHRONIQUE OUSMANE SOW

La ministre et ses casseroles

Il n’y a rien de pire dans la vie qu’une ascension fulgurante suivie d’une chute vertigineuse.

Lisa Raitt est une pimpante jeune dame qui entame la quarantaine. Il y a quelques mois, elle est repérée par le Premier ministre du Canada, Stephen Harper qui la choisit pour être candidate à la députation dans une circonscription de l’Ontario, la province la plus riche et la plus populeuse du Canada.

Les conservateurs (minoritaires) sont au pouvoir, mais l’Ontario les boude ostensiblement. Lisa Raitt est élue haut les urnes. Pour lui donner plus de visibilité, Harper la nomme ministre des Ressources naturelles puisqu’au Canada, il faut être un élu pour obtenir un portefeuille ministériel. Lisa Raitt était donc sur son petit nuage et gérait tranquillement son ministère, sans scandales.

Il y a cependant quelques semaines, la centrale nucléaire de Chalk River (en Ontario) connaît des problèmes de fuites radioactives. Et cette centrale fournit des isotopes médicaux, éléments indispensables au traitement par radiothérapie des cancers. Le Canada, avec cette installation, fournit le tiers des isotopes médicaux utilisés dans le monde. Lisa Raitt monte donc au créneau et se met à phosphorer sur toutes les tribunes. Elle dame le pion à sa collègue de la Santé, qui accepte de faire profil bas.

La ministre est donc invitée par la chaîne de télévision CTV pour disserter sur la crise des isotopes médicaux et sur les chances de revoir Chalk River redémarrer. L’interview se passe très bien. Mais Lisa est une étourdie. Elle quitte sa loge et oublie sur une table une pile de documents ultra confidentiels. Les journalistes ne se privent pas de les lire évidemment. Le présentateur du journal télévisé en parle sur les antennes. Panique au sommet de l’Etat.

Le gouvernement fait tout pour que le contenu des documents ne soit pas divulgué et un juge ordonne leur restitution. On se demande encore si quelques journalistes facétieux n’avaient pas eu le temps de faire des photocopies. Au Parlement (Chambre des communes), l’opposition est aux anges d’autant plus qu’avant Lisa Raitt, l’ex-ministre des Affaires étrangères du même gouvernement conservateur, Maxime Bernier, avait aussi « oublié » des documents classés secret défense chez… sa maîtresse. Cela commence à ressembler à un attelage de « thiounés ».

Pendant que Stephen Harper défendait urbi et orbi la belle Lisa Raitt dans cette affaire de documents oubliés, un autre scandale éclate. L’attachée (ou ligotée) politique de Mme Raitt avait enregistré par erreur une conversation avec sa patronne. La ministre qui s’épanchait sans retenue trouvait la crise des isotopes « sexy » et espérait qu’une bonne gestion serait rentable pour sa carrière politique.

Quand on sait que près de 35 000 Canadiens suivant un traitement contre le cancer vivent des moments terribles en attendant une solution de rechange, la ministre a franchement fait preuve d’un opportunisme nauséabond. Pis, elle s’en prend, dans le même enregistrement, à sa collègue de la Santé, une Amérindienne, qu’elle traite d’incompétente et de dépassée par les événements.

La réaction de l’opinion publique, des syndicats de médecins et des personnes atteintes de cancer a été tellement virulente que Lisa Raitt s’est pointée illico devant les caméras pour présenter ses plates excuses et verser quelques larmes. Elle n’a pas manqué, question de se montrer humaine, de parler de son père et de son frère morts de cancer.

On se demande aujourd’hui, face aux assauts de l’opinion et de l’opposition plus que jamais déterminée à se payer la tête de Lisa Raitt, jusqu’à quel point Stephen Harper continuera à la soutenir. Ce qui est certain, c’est que la carrière fulgurante de la grande dame ambitieuse est terminée. Son retour sur le plancher des vaches n’est qu’une question de jour.

Espérons seulement qu’elle atterrisse sur ses pieds et non sur une partie un peu plus molle (du corps) mais qui fait très mal. Amen !

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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BOUGOUNI

Le ministre Sanogo donne le coup d’envoi du BT

Les examens du brevet de technicien (BT) et des instituts de formation des maîtres (IFM) ont démarré le lundi. A Bougouni, c’est le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales qui a ouvert, dans une salle, l’enveloppe contenant la première épreuve.

Les examens des instituts de formation des maîtres (IFM) et du brevet de technicien supérieur (BT) ont démarré le 22 juin 2009 sur toute l’étendue du territoire. C’est en guise du lancement officiel de ces évaluations que le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Salikou Sanogo, s’est rendu à Bougouni où 1632 élèves maîtres et 551 candidats des filières tertiaires composent.

C’est à 8 h que le chef du département de l’Education a ouvert l’enveloppe scellée contenant le sujet de français (dissertation). C’était dans la salle IV du centre d’examen de l’Institut de formation des maîtres Balobo Maïga (IFM-BM) de Bougouni abritant les candidats inscrits pour le passage en 2e année généraliste et ceux qui sont inscrits pour le passage en 2e année mathématiques, physique et chimie (spécialistes).

Au nombre de 1632 dont 204 filles, les futurs maîtres de l’IFM-BM de Bougouni sont repartis entre 23 salles et deux sites (le site de l’IFM et le groupe scolaire La Chaîne grise). A l’IFM de Bougouni, le ministre a prodigué des conseils et souhaité bonne chance aux candidats sur lesquels, il dit fonder beaucoup « d’espoir ».

« Nous comptons beaucoup sur vous, notre système éducatif pour sa performance a besoin d’enseignants qualifiés et professionnels » , a ajouté M. Sanogo, jugeant que le métier d’enseignant est exigeant et parfois « très ingrat ».

Pour le compte du brevet de technicien supérieur (BT), les candidats de Bougouni sont tous du secteur tertiaire (secrétariat de direction et comptabilité). Ils sont au nombre de 551 basés au centre du lycée Kalilou Fofana de la Capitale du Banimonotié.

Dans l’ensemble, les candidats ont jugé les épreuves abordables, ce qui a constitué un motif de satisfaction pour le ministre qui, au terme de son périple, a salué l’ambiance de quiétude et de sérénité qui prévalent partout où il est passé.

Suite au constat fait par lui de la présence effective des surveillants et la disponibilité de tous les matériels d’examen, le visiteur a adressé une mention spéciale aux autorités administratives et scolaires de Bougouni. Il faut rappeler qu’ils sont cette année au nombre 38 265 candidats à être examinés au compte de la session 2009 du BT première et deuxième parties.

Signalons qu’en marge de sa visite dans les centres d’examen, le Pr. Salikou Sanogo, accompagné d’une forte délégation composée des membres de son cabinet, s’est acquitté de la traditionnelle salutation des notabilités de la localité.

Amadou Waïgalo

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BRUITS SOURDS

DRDSES : nominations au mépris des règles

Le directeur régional du développement social et de l’économie solidaire du district (DRDSES) a récemment nommé 5 chefs de service du développement social et de l’économie solidaire. Seul le chef de service de la Commune I n’a pas été touché. Mais, ces nominations comportent de nombreuses irrégularités. La première découle du fait que le directeur régional a nommé un agent comme chef de service de commune alors que ce dernier était statutairement en position de formation. Normalement, il n’est pas disposé à être nommé à un poste de l’administration. L’agent en question devrait d’abord faire l’objet d’un rappel en activité, demander un reclassement pour ensuite être mis à la disposition de son département de tutelle ou de la direction nationale, qui devrait par la suite le mettre à la disposition d’une commune. Mais, il n’y a rien eu de tout cela.

Et comme si cela ne suffisait pas le « puissant directeur régional » a nommé au niveau de la DR, un chef de division en service à la direction régionale de développement social et de l’économie solidaire de Koulikoro. Là aussi, il n’est pas habilité à nommer un agent d’une autre direction régionale, ce qui relève du niveau national. Pour ces nominations, le DRDSES n’a consulté ni la direction nationale du développement social ni la direction nationale de la protection sociale et de l’économie solidaire. Or, il relève de ces deux directions nationales.

Police : le contingent 2006-2007 attend d’être titularisé

Ils sont près de 750 policiers dont une trentaine d’élèves commissaires qui attendent d’être titularisés et affectés. Après une formation normale d’une année, ils sont laissés à eux-mêmes, sans statut. De ce fait, ils se sont adressés à qui de droit. Mais, apparemment, le blocage de leur situation administrative qui ne s’explique pas serait lié à l’absence dans le pays du ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile.

Assemblée nationale, un député coxeur ?

Un député est intervenu dans la vente d’un terrain d’un particulier à Bamako. Il a fait vendre un lot, situé en Commune VI, à un collègue député à 6 millions de F CFA. Après l’opération, le propriétaire du terrain a versé aux intermédiaires 5 % du montant, soit 300 000 F CFA. Mais, un député ne pouvant en aucun cas s’ériger en intermédiaire, l’honorable a été ignoré dans le partage, car, logiquement, « la commission » a été versée au vrai coxeur. Ruminant sa colère, l’heure de la revanche allait sonner pour le parlementaire.

Comme par enchantement, il sera un peu plus tard au centre d’une transaction sur un champ à Baguinéda avec quasiment les mêmes protagonistes. Après négociations, le prix de cession de la parcelle a été fixé à 800 000 F CFA. Mais le député, qui avait son plan en tête, n’a payé que 700 000 F CFA, promettant de s’acquitter plus tard du reliquat. Depuis, plus rien. Interpellé, il a clairement dit à sa victime qu’il ne payera plus rien puisque celle-ci l’avait floué dans la première opération. Fort de ses relations, il invite sa victime à se plaindre là où il veut. Ha, le Mali des Maliens d’en haut et des Maliens d’en bas 

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ECHOS DES REGIONS

MOPTI

Une fillette de 5 ans victime de sacrifice rituel

Le cadavre d’une fillette de 5 ans vient d’être retrouvé à Mopti sans certains de ses organes. Ce qui fait penser à un sacrifice rituel.

Le corps sans vie d’un enfant de sexe féminin nommée affectueusement par ses parents Dandi et âgé d’environ 5 ans a été retrouvé le mardi 16 juin 2009 à Barbé à environ 15 km de la ville de Mopti. Elle a été portée disparue le mardi 9 juin 2009 alors qu’elle était chez sa cousine à Taïkiri.

Les avis de recherche diffusés sur les radios de la place et les enquêtes des brigades de recherche de la police et de la gendarmerie de Mopti et de Sévaré n’avaient rien donné. Malgré toutes les recherches, personne ne savait qui a enlevé la fillette, comment et pourquoi ?

La famille de Dandi habite le quartier Bougoufié à Mopti, mais elle a été enlevée à Taïkiri, un autre quartier de Mopti. « C’est celle que j’affectionnais le plus dans la famille, elle venait très souvent passer la journée chez moi, jamais je n’allais laisser quelqu’un la toucher ». Tels sont les propos de la cousine effondrée chez qui la fillette passait le plus clair de sa journée et que nous avons rencontrée juste après le drame.

D’après les investigations, Dandi serait victime d’un sacrifice rituel. Son corps sans vie ayant été retrouvé avec des organes manquants : les yeux, la langue et ses parties intimes. Un groupe de bergers peuls qui guidait des troupeaux dans les environs de Barbé a découvert dans les buissons son cadavre recouvert d’un tissu blanc.

Sur le coup, l’un d’eux a averti les policiers au poste de Barbé. Une équipe de la protection civile de Sévaré, alertée par les policiers, a évacué le corps après les constats de la police qui a dès lors ouvert une enquête pour identifier le coupable.

Les villes de Sévaré et de Mopti sont encore sous le choc de cet acte odieux. Il y a environ deux à trois mois, un homme, qui habitait à Bandiagara, est parti se confesser au commissariat de police.

Selon lui, il avait été commissionné avec des complices pour enlever des parties du corps d’un jeune albinos. L’affaire de la disparition d’une jeune dame du nom de Dandji Niangadou à Socoura/Mopti dans laquelle l’ancien maire de la localité est incriminé est encore fraîche dans les mémoires.

Les crimes crapuleux deviennent multiples dans la région, mais depuis un certain temps, on n’avait pas entendu parler d’assassinat d’un enfant avec enlèvement d’organes.

Amagana Amonce Guindo

(correspondant régional)

 

GAO

Pont de Wabaria : l’espoir d’une région

Le pont de Wabaria a été inauguré le 22 septembre 2006, une date symbolique pour les populations de Gao. Ce pont, à n’en pas douter, est le cordon ombilical de la ville qui la relie au reste du pays et contribue au développement de la région et même de l’ensemble du Nord-Mali. Il assure en même temps la sécurité des usagers qui circulent librement sans crainte de se noyer dans l’eau.

La construction du pont de Wabaria a pris plusieurs années. Beaucoup de gens doutaient de la faisabilité de l’ouvrage tant le projet et les études financés par la Banque arabe pour le développement économique et l’agriculture (Badéa) ont longtemps dormi dans les tiroirs. D’aucuns parlaient même de mauvais esprits qui hantaient la zone et qui ne voulaient pas de la réalisation d’un tel ouvrage.

Avant la construction du pont, la traversée par bac, qui se faisait moyennant de l’argent (entre 2000 à 7500 F CFA par véhicule) n’était pas sans danger. Le bac a fait de nombreuses pertes en vies humaines avec la noyade de véhicules et des passagers. Arrivés aux heures indues aux portes de la capitale de la 7e région, les usagers étaient obligés de passer la nuit à la belle étoile ou sous des moustiquaires et des nattes louées sur place à des particuliers en attendant la reprise des activités de traversée du fleuve.

L’ouverture à la circulation le 22 septembre 2006 du pont de Wabaria a été suivie par l’instauration, par l’Autorité routière, du péage dans le cadre du fonds de l’entretien routier. Les tarifs du péage varient de 500 à 3000 F CFA par véhicule. Les agents du poste de péage, qui sont des jeunes recrutés sur place, travaillent par rotation 24 h sur 24. L’argent du péage, aux dires de Cheick Diaw, le chef d’équipe de Wabaria, permet d’entretenir le pont et ses routes adjacentes.

L’Autorité routière a permis de résorber un peu le chômage avec le recrutement des jeunes Gaois.

Ramata Diarra

(correspondante régionale)

 

 

 

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MALI-BENIN 3-1

Les Aigles devancent les Ecureuils

Les Aigles se sont imposés (3-1) dimanche au stade du 26-Mars face aux Ecureuils pour le compte de la 3e et dernière journée de la phase aller des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010. Les 3 buts sont de Modibo Maïga, Mamadou Diallo et Frédéric Oumar Kanouté. Ce sont trois précieux points qui permettent aux Aigles de s’installer à la 2e place du groupe D, devant les Béninois (3 points).

Devant une équipe volontaire du Bénin, les Aigles avaient fort à faire dimanche surtout après la victoire du Ghana au Soudan (2-0) la veille. Et la pression s’est accentuée au fil des minutes provoquant des erreurs défensives (6e) avec une première alerte béninoise.

Ce démarrage en trombe va s’avérer payant pour les Béninois puisqu’à la 13e, suite à un corner décomposé, Seidah Tchomogo au second poteau reprend victorieusement de la tête pour l’ouverture du score. A la 22e, le Bénin toujours à l’affut manquera de peu d’aggraver la marque suite à un échange rapide entre Stéphane Sessegnon et Michael Poté. Ce dernier verra son tir finir dans les mains du portier Mahamadou Sidibé « Maha », auteur de deux arrêts décisifs.

Cet avertissement réveille Stephen Keshi de son banc de touche. A la 23e, Souleymane Dembélé rentre à la place de Jimmy Boubou Kebé peu présent physiquement. Deux minutes après, sur un corner, le 3e pour les Aigles, Frédéric Oumar Kanouté s’offre la première véritable occasion.

Mais sa reprise de la tête est sauvée in extremis sur la ligne de but par le défenseur béninois, Adjamossi Anicet. L’égalisation viendra à la 30e par Modibo Maïga, qui reprend un centre du revenant El Hadji Mahamane Traoré consécutif à une ouverture lumineuse de Frédéric Oumar Kanouté depuis le rond-point central.

De retour des vestiaires, les Ecureuils laissent entrevoir des signes de fatigue et les Aigles dominent. A la 77e, les Béninois payent le lourd tribut des efforts. Ainsi Bakaye Traoré dans ses tentatives accélère à droite avant d’effectuer un centre parfait que reprend Mamadou Diallo, rentré à la place d’El Hadj Mahamane Traoré à la 63e, pour le second but des Aigles.

Le même Mamadou Diallo s’illustre une nouvelle fois, mais en passeur décisif. Son centre à la 84e permet à Frédéric Oumar Kanouté de donner des allures de triomphe aux Aigles par une tête plongeante pour tripler le score.

Keshi et ses poulains réalisent une belle victoire en dépit de l’incroyable détermination des Ecureuils. A la fois pour bien commencer l’opération « points à l’extérieur », mais aussi pour prouver son désir d’être présent à la Can-2010 et au Mondial de la même année.

A l’issue de la cette journée, les Aigles pointent désormais à la 2e place (4 points), derrière le Ghana, qui compte 9 points. Le Bénin est 3e et le Soudan ferme la marche, avec 1 point.

Boubacar Diakité Sarr

 

ILS ONT DIT…

Michel Dessuyer (entraîneur du Bénin)  :

« On était venu avec des ambitions et l’on savait que le Mali était sous pression. Parce que dans un premier temps on avait parfaitement réussi notre plan de jeu. On a posé, je pense beaucoup de problèmes à l’équipe malienne même si elle est toujours restée dangereuse notamment sur les coups de pied arrêtés. A 1-0, on avait fait la différence. Après le Mali est revenu pour égaliser et par la suite en seconde période on n’a pas eu assez d’occasions franches et après on a cédé sur des centres. On a des regrets ».

Stephen Keshi (entraîneur du Mali)  :

« Je suis satisfait surtout de la 2e mi-temps où l’on a commencé à jouer le football que je voulais. Aussi, il y a des nouveaux joueurs qui n’ont jamais évolué ensemble et également des blessés. Après un début difficile surtout les 20 premières minutes, ils sont revenus en seconde période avec plus de détermination et avec la manière. Je remercie le public sportif, l’ensemble du peuple malien, la presse et le chef de l’Etat ATT ».

Mahamadou Sidibé (capitaine du Mali)  :

« Un début de match difficile où l’on balançait la balle. Après les 20 premières minutes, nous avons compris avec la clairvoyance du coach qu’il fallait passer par les côtés. Un dispositif qui a porté ses fruits ».

 

 

 

LES POTINS

Chaque match de football a ses vérités. Celui de dimanche dernier au stade du 26-Mars à Yirimadio n’a pas manqué de piquants surtout pour la presse. Ces faits et gestes qui n’ont pas échappé à nos yeux et à nos oreilles.

Prières pour prières : les arbitres aussi

Nous savons que certains joueurs ne franchissent jamais les limites de l’aire de jeu sans faire leurs prières. Nous ne sommes pas dans les secrets des dieux, mais c’est pour certainement réussir le match qu’ils vont livrer. D’autres choisissent le pied qui doit entrer le premier sur la pelouse. Et bien, il en est de même aussi pour les arbitres. A 17 h 10, les arbitres sont montés sur l’aire de jeu pour inspecter les filets, les poteaux de corner… Pour cette prise de contact, un des arbitres n’a pas manqué de faire sa prière avant de fouler le gazon. A chacun son problème.

Retraçage : rendre les 16,5 m plus visibles

L’inspection de l’aire de jeu a permis à l’organisateur de se rendre compte que les limites blanches des 16,5 m, communément appelés 18 m n’étaient pas bien visibles. Alors, Idrissa Traoré « Poker » et son équipe ont été vite rappelés au boulot. Le trait supérieur des 18 m a été renforcé. On peut dire que cela a été une bonne chose quand on sait que la pluie est tombée drue, même si c’était pour quelques minutes, sur le stade du 26-Mars.

Apparition des équipes : les Aigles discrets

Contrairement au match Mali-Ghana, où les protégés de Stephen Keshi ont été les premiers à sortir des vestiaires pour une belle promenade sur la pelouse, le dimanche dernier, les Aigles ont préféré la discrétion en n’apparaissant sur la pelouse qu’à 18 h 18. C’était toujours S. Diamoutènè qui montait le premier sur le terrain.

Baptême de feu : Jimmy Boubou Kébé se fait « brûler »

Bakaye Traoré et Jimmy B. Kébé étaient très attendus pour ce match Mali-Bénin. Le premier a été crédité d’un match passable. Cette appréciation est due à sa passe décisive qui a occasionné le 2e but marqué par Mad’Diallo. Quant à Jimmy, qui revient d’une blessure, il a manqué son baptême de feu. Deux à trois pertes de balle, étaient trop pour un début de match. Si le match amical annoncé avait eu lieu, le 12 juin dernier, contre le Gabon, ces deux joueurs pouvaient mesurer l’atmosphère du football africain qui est celui du contact.

Sécurité draconienne : les gâteaux aussi suspectés

Un des supporters des Ecureuils du Bénin a eu maille à partir avec la police parce qu’il avait entre ses mains un sachet contenant quelques gâteaux. Les gâteaux aussi sont-ils considérés comme des projectiles ? Heureusement que la raison a prévalu puisque le Béninois a assuré les agents que les gâteaux en question vont être consommés tout de suite.

Le groupe électrogène au secours du stade du 26-Mars

Il y a eu coupure d’électricité au stade du 26-Mars, mais le match ne s’est pas arrêté pour autant. C’est parce que les groupes électrogènes ont pris le relais. Seul le tableau magnétique s’est éteint. Une humiliation de moins.

Badri

 

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