Les Echos du 22 juin 2009
FRONT SCOLAIRE
Négociations gouvernement/Collectif des syndicats de l’éducation : l’esprit de Genève ignoré !
« Le monde de l’école est de nos jours l’amphithéâtre d’un bien curieux cours de négociation aux antipodes de l’esprit de Genève : la volonté d’aboutir à un résultat préservant les intérêts des parties impliquées. Au rythme des négociations, l’école malienne renaîtra difficilement. Et bien malin celui qui peut définir l’avenir de nos enfants à l’école ! Une situation qui hante bien des esprits ».
Autrefois, le monde de l’école au Mali unissait dans le succès et sympathisait dans l’échec. L’énergie y déployée, tant admirée, servait à dessiner l’avenir des enfants et donc à tracer celui de la nation. Les fins d’année consacraient les efforts du monde de l’école tant du côté de l’administration scolaire, des enseignants, que des élèves et parents d’élèves. Les vacances s’annonçaient pour récompenser l’énergie déployée. Les heureux admis aux différents examens trouvaient fierté et estime auprès du grand public pendant que les recalés bénéficiaient des encouragements. Cette énergie scolaire avait pour constance animations pédagogiques, didactiques, apprentissage, consécration et mérite. Mais depuis, elle a trouvé un autre contenu. La négociation.
Les fondements d’une négociation somme toute normale !
L’éducation est un droit et un devoir pour les enfants. L’Etat malien, à travers son gouvernement, s’efforce d’assumer ses responsabilités vis-à-vis de la nation et consacre plus de 35 % du budget national à l’éducation. Ici, on s’active pour la renaissance de l’école malienne. Mieux, aux autres actes de renaissance de l’école malienne, s’ajoute une alerte.
Celle lancée par le président de la République le 8 mars 2008. Son appel au sursaut de la nation pour sauver l’école. Le gouvernement qui devait traduire ce sursaut en envol s’est donné la priorité d’imprimer un nouvel élan aux efforts en vue, cette fois, non pas seulement de sauver l’année scolaire, mais de sauver l’école malienne elle-même.
Constellation des mesures gouvernementales depuis un certain 18 mars par le chef de gouvernement à l’ensemble des forces vives de la nation : sauver l’année scolaire en cours ; engager l’Etat à honorer tous les points qui ont fait l’objet d’un accord avec les syndicats ; amener tous les protagonistes à observer un moratoire sur les revendications non satisfaites ou n’ayant pas encore fait l’objet d’un accord et tenir un forum national sur l’Education.
Mais, une école performante, c’est aussi des acteurs motivés. Regroupés en syndicats, les acteurs (enseignants et professeurs) demandent donc à l’Etat des meilleures conditions de travail au service de la renaissance de l’école. Le gouvernement, conscient que la performance de l’école ne peut aller sans l’amélioration des conditions de travail des acteurs, offre le dialogue aux syndicats. La négociation commence. Et depuis, l’école malienne est alors l’amphithéâtre d’un cours de négociation. Singulier et unique à la fois, parce que malien.
Un processus de négociation aux antipodes de l’esprit de Genèse !
Une déclaration du ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, négociateur en chef de l’Etat, annonça l’échec des négociations. Les sorties médiatiques du Collectif des syndicats de l’éducation le vulgarisaient. Une conférence de presse du ministre de l’Education pour, dit-on ici, informer sur la situation de l’école et une déclaration du Premier ministre sur le même sujet. Décidément, même si les examens de fin d’année ont eu lieu, force est de constater que l’espace scolaire est en ébullition. Il est en échec de négociation. Et de quelle négociation ?
Depuis Henry Kissinger, nous savons qu’une bonne négociation est entourée de discrétion tant que l’objectif est d’aboutir à un accord préservant les intérêts des parties. Elle se passe par des étapes de ruptures et son issue ne n’annonce qu’à sa fin. Ici, la négociation entre le gouvernement et le Collectif des syndicats de l’éducation échappe à ce principe fondamental. Son échec est distillé à partir de la salle de négociation.
On le voit bien, la négociation entre le gouvernement et le Collectif des syndicats de l’éducation se fait sans l’esprit de Genève : la compréhension de l’enjeu de la négociation accompagnée de la volonté des parties de s’entendre. Comme annoncé par les deux parties, l’échec des négociations était-il prévisible ? En tout cas, il étonne, détonne et passionne ; tant son enjeu est capital, l’avenir de l’école, l’avenir de nos enfants, celui de la nation, donc notre avenir à tous.
Depuis le 24 mars dernier, gouvernement et syndicats de l’éducation ont entamé un cycle de négociations sur ce qui peut être considéré comme la plate-forme principale de revendications. Et le Forum sur l’éducation, creuset partagé par tous des actes de renaissance de l’école, devrait servir de guide de négociation. Comment ont-ils alors échoué ? Difficile d’y répondre.
Les arguments d’une négociation de méfiance et de défiance !
Et pourtant, cette négociation-là, devait réussir. Le gouvernement reconnaît le bien-fondé des revendications. Mieux, il s’en emploie à trouver des solutions. Convaincu que c’est en apportant des réponses concrètes aux attentes des acteurs de l’école dans le respect de l’esprit du Forum national, qu’il sera possible d’entamer la vraie reconstruction de notre école, le gouvernement a posé différents actes allant dans le sens espéré par les acteurs.
D’abord, du suivi de l’application des recommandations du Forum sur l’éducation. Le gouvernement a procédé à la mise en place du mécanisme de suivi des recommandations du Forum, dont la cheville ouvrière, le Groupe technique et d’étude des recommandations du Fen, a été créé par décret et est à pied d’œuvre. De même, l’instance d’orientation du mécanisme de suivi, qu’est le Comité interministériel sur le suivi de la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur l’éducation a déjà tenu sa première session.
Ensuite, des progrès réels réalisés dans la prise en charge des revendications relatives à l’intégration des contractuels de l’administration dans la fonction publique d’Etat et dans la fonction publique des collectivités territoriales depuis le 23 avril 2009. Environ 40 206 agents sont concernés par cette décision, dont une bonne partie est constituée des enseignants. Au paiement avec rappel de l’augmentation de 2,56 % du salaire de base des professeurs contractuels, et ce à compter du 1er janvier 2007, ainsi qu’à l’augmentation des salaires de 5 % à compter de janvier 2009.
Et enfin, dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail des acteurs, le gouvernement a mis en œuvre différentes actions, dont l’impact sur le bulletin de salaire des bénéficiaires est concret et… palpable, sans compter la suite donnée à certaines revendications portant révision de décisions administratives et ou réglementaires.
Du côté du Collectif des syndicats de l’éducation, ces progrès s’interprètent comme des éléments dans un ensemble de mesures, dont la finalité doit être acquise en intégralité. Et pour cela, il demeure engagé. Ira-t-il jusqu’au bout ? Difficile de le savoir. En tout cas, l’annonce médiatisée de l’échec des négociations par le Collectif des syndicats de l’éducation permet d’apprécier sa volonté.
Reste que la négociation entre le gouvernement et le Collectif des syndicats de l’éducation a atteint le seuil de la méfiance et de la défiance. Du côté du gouvernement, l’on s’étonne de la mauvaise appréciation des concessions faites alors que le Collectif s’indigne du mépris affiché par le gouvernement. Que faire ?
Bienvenue au médiateur de l’éducation !
Acculé et faisant face à d’autres priorités parmi les priorités, le gouvernement, comme, il avait admis lors du premier round des négociations sur le taux de l’indemnité spéciale de responsabilité à tous les enseignants de 4000 F CFA, débourserait la somme de 1 892 304 000 de F CFA. A ce round, le Collectif réclamait pour sa part le taux de 80 000 F CFA. Ce qui aurait comme incidence budgétaire la somme de 37 846 080 000 de F CFA par an !
Arriva le second round des négociations. Avec ce constat d’échec aux propositions effrayantes pour les non initiés. En effet, pendant que le gouvernement porte son effort au paiement de 7000 F CFA aux enseignants contractuels du fondamental, et à 10 000 F CFA à ceux du secondaire, soit une incidence budgétaire annuelle estimée à plus de 3 500 000 000 de F CFA, le Collectif fournit l’effort et fixe ses taux des indemnités à 70 000 FCFA pour la catégorie A ; 60 000 F CFA pour la catégorie B et 50 000 FCFA pour la catégorie C. Cela avoisine les 37 milliards de F CFA annuels ! Diantre ! En quoi l’avenir des enfants du Mali a-t-il provoqué une telle colère du bon Dieu ? C’est certain, à ce rythme, les négociations disposent tout simplement les conditions d’un échec.
L’Etat fragile devant les priorités, victime de son manque d’autorité, mais conscient de sa mission envers la nation cherche à satisfaire les revendications qui lui sont faites. Le Collectif, fort de son poids, de ses recettes de rétention de notes, n’entend pas consentir et croit savoir que l’Etat a les moyens mais manque de la volonté pour le satisfaire. L’impasse est totale. Et la renaissance de l’école malienne est au rythme de négociations. Jusqu’à quand ?
Qu’il s’agisse du PDES, du renouveau de l’action publique, du combat du Collectif des syndicats de l’éducation, voici bien des concepts qui se conjugueront un jour au passé. Ce qui demeure et engage la responsabilité de tous, c’est le Mali, avec l’éternelle équation de l’avenir de nos enfants à l’école. C’est de cela qu’il s’agit. Et pour cela, un accord est possible. Il proviendra peut-être d’un médiateur de l’éducation, inspirant confiance aux parties et conscient de l’enjeu principal : l’avenir de l’école !
D. Fomba
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MEURTRE D’UNE FEMME A SOKOURA
Le maire et son marabout écroués
Dans la Commune rurale de Soukoura-Mopti, une femme a mystérieusement disparu depuis trois mois. Sandji Niangadou dit Djaredjo, maire de Sokoura au moment des faits et suspect principal dans cette affaire, a été placé sous mandat de dépôt en compagnie de son marabout le lundi 15 juin 2009.
La jeune dame Djandji Niangadou habitant le village de Goundaga à Sokoura a disparu à la mi-avril 2009. Depuis cette date, les circonstances de sa disparition troublent. Les enquêtes n’ont pu déterminer si elle a été assassinée ou séquestrée. Mais le maire sortant Sandji Niangadou dit Djaredjo contre lequel des indices graves ont été relevés vient d’être arrêté avec son marabout, Baréma Bathily, pour meurtre et complicité de meurtre.
Flash-back. La nuit de sa disparition, aux environs de 20 h, Djandji Niangadou, qui entretenait des relations particulières avec le maire, a été appelée sur son portable. Un témoin l’avait vu se diriger vers la mairie. Plus tard vers 22 h, une vieille femme dit avoir entendu des cris de détresse d’une femme appelant au secours. Un véhicule serait sorti aussitôt en trombe de l’enceinte de la mairie pour prendre une direction inconnue.
Les enquêtes ont porté sur ces différents témoignages et ont abouti à l’écoute du gardien de la mairie. Ensuite, ce fut le tour d’un certain Ladji Bocoum, un jeune de Sévaré, qui serait un ami du maire et dont le numéro du portable a été le dernier enregistré sur le téléphone mobile de la jeune dame. Ces deux suspects ont été relaxés, faute de preuve suffisante.
Le maire a été aussi entendu mais sans être inquiété. Il faisait alors sa campagne pour les élections municipales du 26 avril. Son comportement étonnait plus d’un car, il vaquait à ses occupations comme si rien n’était en dépit de ses bonnes relations avec la disparue. La mise sous mandat de dépôt de Sandji et de son marabout Baréma Bathily le lundi dernier est le fruit d’une longue enquête du commissariat de Sévaré.
L’affaire du linceul sur laquelle a témoigné un tailleur de Sokoura et dont nous avons parlé dans une de nos parutions a été le détonateur de la machine judiciaire qui s’est mise en branle contre lui. Au mois de mai, le tailleur ayant appris la triste nouvelle, qui se répandait dans le village comme une traînée de poudre, est parti faire une déposition à la police.
Selon lui, Sandji Niangadou dit Djaredjo est venue le voir nuitamment (presque au même moment de la disparition de la jeune dame) lui demandant de coudre un linceul pour un parent décédé brutalement dans un village. Le tailleur dit s’être exécuté sans trop chercher à savoir puisque ne pouvant pas douter de la bonne foi du premier responsable de sa Commune.
Le maire qui avait été confronté à cette déposition a tout nié en bloc. Il avait juste reconnu que le linceul était destiné à des sacrifices que lui aurait recommandés son marabout Baréma Bathily et à qui il reconnaît avoir remis 2 mètres de percale blanc. L’arrestation de l’ancien maire de Sokoura et de son marabout permettra d’élucider cette affaire qui n’a que trop duré. Mais déjà beaucoup commencent à épiloguer sur la thèse d’un sacrifice rituel dont aurait été victime Sandji Niangadou.
Abdrahamane Dicko
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MAMADOU COULIBALY, MAIRE DE SANGAREBOUGOU
« Il n’y aura pas de famille SDF dans ma commune »
Moins d’un mois après sa prise de fonctions, Mamadou Coulibaly, nouveau maire de la Commune rurale de Sangarébougou s’est ouvert à nos colonnes. S’il y a aujourd’hui un impératif, selon lui, ce n’est pas de distribuer des parcelles, mais de recaser les déguerpis de 1995 de même que ceux de la 2e phase de lotissement, ce qui ne saurait tarder. Tout en promettant qu’il n’y aura pas de chefs de famille sans domicile fixe, le maire évoque dans l’interview qui suit le plan détaillé de son programme 2009-2013.
Les Echos : Lors de votre investiture le 3 juin 2009, le préfet de Kati qui a présidé la cérémonie a insisté sur la cohésion, l’unité, le dialogue, la réconciliation… Pourquoi ?
Mamadou Coulibaly : Le préfet n’a dit que la réalité en fait. Les élections communales du 26 avril 2009 ont fait couler beaucoup d’encre. En réalité, les élections de proximité et particulièrement celles de Sangarébougou ont été dures pour nous les hommes politiques. Elles ont laissé beaucoup de plaies.
Aujourd’hui, je suis prêt à me rabaisser autant que faire se peut pour que cette cohésion soit une réalité. C’est la condition sine qua non de tout développement. Aujourd’hui, chacun des 20 180 habitants de Sangarébougou m’intéresse à plus d’un titre. De même, les 23 conseillers qui ont été élus comme moi sont des partenaires privilégiés. Je suis vraiment prêt à tout faire pour qu’ensemble nous travaillions main dans la main. Il n’y aura aucun sacrifice de trop pour cela.
Ma main est tendue et elle le sera toujours pour qu’elle soit reprise de l’autre côté afin que la cohésion qui a été demandée par le préfet et qui est pour moi le préalable à tout développement durable se réalise. Il a également dit que nous avons été mis dans un vase un peu grand, il serait donc bon, pour nous, aux termes du mandat, que ce vase soit rempli. De mon côté, croyez-moi, je ferai tout pour qu’il en soit ainsi.
Les Echos :Sous quel signe placez-vous votre mandat et comment comptez-vous vous y prendre en matière de gestion foncière ?
M. C. : Vous savez, Sangarébougou est une Commune rurale parmi tant d’autres de Kati. Il y a 37 communes rurales dans le cercle de Kati. Kati, pour nous, est le propriétaire terrien. Autrement dit, la terre appartient à Kati. C’est vrai, la gestion foncière fait beaucoup de tollé. En ma qualité de maire élu de la Commune rurale de Sangarébougou, la priorité des priorités pour moi, c’est d’achever le lotissement. Nous avons fini l’enquête et nous sommes à la phase de positionnement. Déjà, nous disposons d’une zone de recasement pour contenir les déguerpis.
Aujourd’hui plus que jamais, la priorité des priorités demeure l’achèvement du lotissement parce qu’une Commune ne peut pas se développer si elle n’est pas lotie. Et cette opération se fera dans la transparence sous notre œil vigilant. Pour le reste, la terre appartient à l’Etat. Il est vrai que les maires et leurs adjoints en tirent un peu profit, mais à entendre certains, on dirait que la terre appartient au maire. Cela n’est pas une réalité. L’essentiel, pour nous, c’est d’achever la 2e phase du lotissement en vue de mieux entreprendre les actions de développement dans le cadre des infrastructures routières, scolaires, d’adduction d’eau, etc.
Si vous rentrez dans le tissu non loti, vous verrez que l’accès n’est pas facile et la Commune n’est pas assainie en ses endroits. Ce qui me réconforterait au cours de mon mandat ou à la fin, c’est d’avoir ma Commune lotie et le recasement de tous les déguerpis. Mais, nous ne sommes pas là pour la distribution des parcelles comme beaucoup le pensent.
Cela dit, mon mandat sera placé sous le signe de la citoyenneté parce que chaque Malien où qu’il se trouve doit se dire qu’il a un devoir et un droit. Pour réclamer son droit, il faut s’acquitter de son devoir d’abord. Quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, la Commune veillera à ce que chaque citoyen sente qu’il a un devoir et un droit. Nous allons travailler dans ce sens afin que le développement soit pluraliste. Le mandat sera également placé sous le signe de la réconciliation qui avait été entamée lors du mandat passé.
Les Echos :Pourtant, il y a eu tout récemment des sorties de voies ainsi que le bornage de certaines familles. Votre travail ne va-t-il pas remettre en cause ce plan ? Sinon, comment les choses vont se passer concrètement sur le terrain ?
M. C. : Le lotissement de Sangarébougou a été fait en 1995. Il est resté la 2e phase. Juste à côté, des déguerpis ont cherché un autre endroit pour aller créer des zones spontanées. Effectivement, il y a eu un bornage pour lequel nous avons commis quatre bureaux qui ont fait le travail dans tout le tissu non loti. Je vous dirais plutôt qu’il y a eu aménagement de certaines voies mais pas de sorties de voies. Les voies que vous voyez datent de 1995. Mais, nous n’avons nullement la prétention de remettre en cause ce qui a été fait.
Le lotissement véritablement c’est dans la zone de recasement située entre Sangarébougou et Safo sur 200 hectares. Tout a été borné sauf que par inadvertance nous sommes rentrés dans certains titres fonciers. Mais, il est évident que tous les titres fonciers seront exclus de la zone suivant que les propriétaires seront oui ou non d’accord avec notre lotissement. Donc aujourd’hui, nous ne remettrons rien en cause. Au contraire. Cette opération, nous comptons l’achever durant ce mandat avec Kati qui est l’autorité de tutelle.
Les Echos : Entre la réhabilitation et le lotissement, il y a une nette différence. Dans le cas de Sangarébougou, doit-on s’attendre à des démolitions de maisons ?
M. C. : Réhabilitation ou lotissement pour nous, il s’agira de faire moins de dégâts. La réhabilitation est un aspect qui nous intéresse à plus d’un titre compte tenu de l’agglomération créée par 12 ans d’arrêt de lotissement. Il s’agit pour nous de réhabiliter ces zones.
Les Echos :Etes-vous à même aujourd’hui d’assurer que tous les déguerpis seront recasés ?
M. C. : Je peux vous dire formellement que toute personne qui sera déguerpie sera recasée. Nous avons tenu à cela avant le début même de l’opération. Nous avons dit en son temps qu’il n’est pas question pour nous d’entreprendre un lotissement qui va faire des chefs de famille errants. Nous nous sommes dits que s’il doit y avoir lotissement, toute personne qui sera déguerpie doit être recasée.
Les Echos :Quid des équipements marchands ?
M. C. : Naturellement, dans le plan de la zone de recasement sont prévus des équipements marchands. Dans l’ancien tissu également, tous les équipements réglementaires sont prévus. Il y aura des espaces verts, des mosquées… parce que le lotissement à l’heure actuelle nécessite cela. Je puis vous garantir que toutes les conditions sont réunies afin que le lotissement réponde aux normes.
Les Echos : Pour avoir été 2e adjoint au maire sortant, est-il facile, selon vous, de gérer une Commune rurale comme Sangarébougou ?
M. C. : Naturellement, comme toutes les communes du Mali et particulièrement les communes rurales, il n’est pas du tout aisé de gérer, surtout pour une commune dont la gestion est calquée sur celle de Bamako. Commune rurale, Commune urbaine, il y a une différence du point de vue appellation mais pratiquement les deux populations aspirent aux mêmes besoins. Donc, gérer une Commune rurale n’est pas du tout une chose facile.
Les Echos : En tant que maire nouvellement élu quelles sont au juste vos priorités ?
M. C. : Mes priorités sont celles liées aux aspirations légitimes de la population de Sangarébougou. Sangarébougou, aujourd’hui, est une Commune qui souffre du manque d’infrastructures routières. A ce jour, la population de Sangarébougou aspire à une voie qui pourra la relier aux autres communes voisines. Après les infrastructures routières, vous savez qu’au Mali le problème d’eau est très crucial. Nous, sur le plan hydraulique, notre besoin est immense parce que chaque famille aspire à l’eau de robinet.
Après l’aspect hydraulique, il y a l’aspect santé. La Commune de Sangarébougou, malgré son jeune âge, ambitionne aujourd’hui d’avoir son centre de santé. La Commune n’en dispose pas. Elle a évidemment une Asaco, mais qui, malheureusement, ne répond pas du tout à ses aspirations. Quand une femme doit accoucher par exemple, elle est obligée de se transporter dans un centre de santé en Commune I ou en Commune II.
Sur le plan éducatif, c’est vrai que les promoteurs d’écoles privées ont beaucoup investi dans la Commune. Mais aujourd’hui, nous avons un besoin d’écoles publiques. La population étant essentiellement pauvre et pour qu’il y ait une formation adéquate, il faut doter la Commune d’écoles publiques. Sur le plan sportif, notre jeunesse manque cruellement de terrains de sports. Nous avons le site d’un stade Omnisports, mais qui n’est malheureusement pas aménagé. Doter la Commune d’un centre, d’un terrain de foot, fait partie de nos priorités.
Evidemment, la jeunesse c’est aussi les loisirs. Nous avons sur le site de notre équipement un emplacement pour le centre culturel. Il faut le dire, notre jeunesse n’a pas un seul centre pour s’égailler. Elle est tributaire des centres qui sont soit de la Commune I ou de la Commune II. Vous voyez, les priorités de notre Commune sont nombreuses. Il s’agira, pour nous, de les classer.
Les Echos : N’avez-vous pas un programme particulier dans le cadre de l’assainissement ?
M. C. : Effectivement, nous avons un programme dans le cadre de l’assainissement. Sous la houlette de notre agent de l’assainissement, nous avons créé un dépôt de transit. Aujourd’hui, qui dit développement, dit assainissement. Si la Commune n’est pas assainie autant dire que c’est bonjour les maladies. Donc, l’assainissement également fait partie de nos priorités. En cela d’ailleurs, nous avons plusieurs projets que nous comptons mener avec l’appui des partenaires et des personnes de bonne volonté.
Les Echos : C’est dire que la Commune est disposée à nouer des contacts avec des bailleurs de fonds, des partenaires dans les domaines d’adduction d’eau potable et d’électricité…
M. C. : Pendant le premier mandat, la Commune a bénéficié d’une adduction d’eau. Ce projet, nous allons le continuer avec l’EDM. Quoique les moyens à réunir en face ne sont pas totalement à notre disposition, nous sommes convaincus qu’avec l’appui de l’Etat, qui ne nous fera pas défaut, nous arriverons à résorber un peu ce problème. Je suis sur place il n’y a pas deux semaines, mais une chose est sûre, il n’y aura pas de rupture.
J’étais le 2e adjoint du mandat sortant pendant lequel nous avons entamé des démarches auprès de l’hydraulique de Koulikoro qui, d’ailleurs, nous a apporté en la matière beaucoup d’assistance. Dans les jours à venir, nous comptons approcher l’EDM afin qu’ensemble nous voyions ce qui est faisable pour ravitailler la Commune en eau et en électricité. Il n’y a pas de souci, les contacts nous allons les commencer sous peu avec bien sûr l’esprit de préserver dans le sens du passé.
Le mandat que nous venons de terminer a été positif. Ce qui a été fait est louable. Cela est concrétisé par l’obtention de certains prix. En effet, nous avons été 3e national lors du concours des collectivités qui nous a apporté 15 millions de F CFA ; nous avons été également 3e régional de toute la région de Koulikoro. Nous allons perpétuer tout cela au cours de ce mandat.
Les Echos : Que comptez-vous faire pour renflouer les caisses de la mairie pour faire face aux ambitions que vous nourrissez ?
M. C. : Ce n’est pas une tâche aisée que de recouvrer. Je veux parler des taxes et impôts qui doivent être payés à la Commune. Je ne vous le cache pas, si l’impôt et les taxes rentraient comme cela se doit peut-être que la Commune rurale de Sangarébougou pourrait avoir un rang meilleur que celui de 3e parce que les critères de notation sont un peu liés aux taxes et aux impôts.
Mais, nous avons fait un travail élogieux dans ce sens dans la mesure où nous avons à ce jour identifié tous les contribuables. Et vous vous rendrez compte aujourd’hui que la Commune est codifiée. Il y a un numéro sur les voies et un autre pour toutes les maisons. Chaque chef de famille est identifié. Cela veut dire que nous avons une idée du nombre des contribuables. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes prêts à venir à ces contribuables pour que l’impôt et les taxes dus à la Commune soient recouvrés.
Avec la connotation politique, ce n’est pas facile. Cependant, avec une démarche participative, nous arriverons à rentrer en possession de ses impôts et taxes. J’ai bon espoir qu’avec l’appui du conseil, des chefs de village et des conseillers de village, les personnes ressources, les caisses de la mairie connaîtront ce succès.
Propos recueillis par
Mohamed Daou
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