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2009

Mois de Juin

Les Echos du 17 juin 2009

 

Pr. SALIKOU SANOGO, MINISTRE DE L’EDUCATION

« La préoccupation majeure reste la rétention des notes »

En organisant une conférence de presse, mardi à la Maison de la presse, le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Salikou Sanogo, voulait faire le point de l’année scolaire 2008-2009. Selon lui, les examens de fin d’année se déroulent normalement conformément au programme préétabli, mais la seule préoccupation, dit-il, reste la rétention des notes de classe et de composition par les Syndicats d’enseignants.

Deux points principaux étaient à l’ordre du jour de la conférence ; à savoir : la mise en œuvre des recommandations du Forum sur l’éducation nationale et les actions menées pour consolider l’année scolaire.

D’entrée de jeu, le ministre a rappelé qu’à l’issue du Forum sur l’éducation nationale, les participants ont unanimement souhaité la mise en place d’un mécanisme de suivi de ses recommandations. Ce souhait, selon lui, a été concrétisé par la mise en place d’un comité interministériel, d’un groupe de travail et la tenue de rencontres périodiques regroupant des partenaires chargés d’examiner les conclusions des recommandations du forum.

S’agissant des points de revendication des syndicats d’enseignants, le ministre dira que le gouvernement n’a nullement « occulté » ces doléances relatives, notamment aux conditions de vie et de travail des enseignants. Comme autres mesures prises en réponse aux revendications d’enseignants, le conférencier a fait allusion à l’intégration des enseignants contractuels dans les fonctions publiques d’Etat et des collectivités.

« Cette intégration améliore considérablement les conditions de vie et de travail des enseignants contractuels et règle les problèmes de mutation inter collectivités, de formation et de nomination dans des emplois administratifs de l’éducation » , a défendu Pr. Sanogo.

Le ministre s’est félicité de l’organisation des compositions dans tous les établissements scolaires. Il a assuré que son département s’attelle à présent à l’organisation des examens de fin d’année. Les examens du Certificat d’études primaires (CEP) ont eu lieu du 28 au 29 mai et ceux du diplôme d’études fondamentales (DEF) se sont déroulés du 10 au 12 juin 2009.

Inquiétude

Au niveau de l’enseignement secondaire, après l’organisation du Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) du 8 au 12 juin, place maintenant aux examens du brevet de technicien (BT) et au baccalauréat, qui auront lieu respectivement du 22 au 26 juin et du 18 au 20 juin 2009.

Mais, il semble que c’est surtout au niveau de l’organisation du baccalauréat que les autorités ont des inquiétudes. En témoigne la banderole affichée dans la salle et sur laquelle on pouvait lire : « Sauvons l’année scolaire ! »

Aussi pour le chef du département de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationale, la préoccupation majeure relative au déroulement normal des examens et de l’année scolaire demeure la rétention des notes par la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses). « Cette situation, a-t-il laissé entendre, hypothèque fortement la proclamation des résultats d’examen ».

Cependant, il reste optimiste et croit en la bonne foi des enseignants qui ont été sensibles, d’après lui, à l’appel du gouvernement les invitant à lui remettre les notes. « C’est pourquoi les compositions et les examens se sont déroulés dans des conditions satisfaisantes », notera Pr. Sanogo.

Certains journalistes sont restés sur leur faim quant aux réponses avancées par le ministre, sur par exemple la question relative aux mesures envisagées au cas où la Coordination des syndicat de l’enseignement secondaire (Coses) refuserait de lever son mot d’ordre de rétention de notes. Le Pr. Salikou Sanogo s’est contenté de dire que le gouvernement « privilégie et va continuer à privilégier le dialogue ».

Amadou Waïgalo

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POLITIQUE GUINEENNE

« Il faut aider Dadis »

Quelques heures après le décès du président Conté, le 23 décembre 2008, une junte militaire a pris le pouvoir à Conakry, à nos portes. Depuis l’indépendance de ce pays qui a fait la fierté de tous les Africains, étant le seul à avoir dit non à de Gaulle, il n’a connu que ce scénario : coup d’Etat à la mort de Sékou Touré après 26 ans de règne, et remake au décès de Conté avec presque les mêmes durées au pouvoir.

Le président de « consensus » que la junte a mis en place, a nommé une structure, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) comprenant des civils et des militaires, qui a, à son tour, mis en place un gouvernement.

A sa prise de pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara a promis de retourner dans les casernes au bout d’une transition qui n’ira pas au-delà de 2009. Mais, en Guinée, les populations sont déchirées entre crainte et espoir.

Ceux qui sont dans le camp « espoir », félicitent et soutiennent l’homme pour les actions d’envergure qu’il a entreprises pour assainir le pays. Il s’agit de sa grande croisade contre « le narco-trafic » et tous ceux qui s’y adonnent, la lutte contre la corruption et son défi d’électrifier le pays. Car, le grand paradoxe du « Château d’eau de l’Afrique », c’est le manque d’eau et d’électricité.

En Guinée, tous les nantis ont leur groupe électrogène et le courant est devenu un phénomène exceptionnel, tout comme l’eau courante d’ailleurs. Le capitaine Moussa Dadis a lancé une grande campagne de collecte de fonds auprès des sociétés de la place qui, pour le moment adhèrent à cette initiative, si l’on en juge par le nombre quotidien d’annonces de contribution.

Dans ce camp, se trouvent la presse et la majorité de l’opinion publique. D’ailleurs, les journaux affirment sans ambages que le plus important n’est pas la tenue du délai, mais la bonne organisation de la société et les grands chantiers ouverts.

Transition à risques ?

Le « Dadishow » est très apprécié ici et a tendance à devenir une institution dans un pays qui avait vraiment besoin d’un psychologue. Surtout qu’ici en Guinée, personne ne met en cause l’honnêteté et l’engagement de l’homme.

Une délégation malienne en visite ici pour un partage d’expérience a été très bien accueillie. « Il vaut mieux être compris des voisins », a commenté un acteur rencontré.

A l’opposée de ceux qui sont plein d’espoir, il y a le camp de ceux qui sont dans la crainte. Cette crainte est relative à des risques de dérapage, de retour au statut quo ante ou encore à des règlements de compte et à une transition qui « risque de s’éterniser ».

Les élections ont été budgétisées à 38 millions de dollars américains. L’Etat affirme pouvoir donner 8 millions de dollars comme quote-part. Il y a donc quelque 30 millions USD à chercher. Les bailleurs, à ce jour, ne se bousculent pour apporter une contribution et l’Etat ne semble pas non plus dans des dispositions pour les démarcher.

« Ne vous faites pas d’illusion : la Guinée prendra toutes les contributions, mais, elle ne quémandera jamais » , affirme un observateur. D’où des inquiétudes : « Même si Dadis veut partir, s’il n’y a pas les 38 millions USD, qui peut lui en vouloir de ne pas organiser des élections ? »

Certes, beaucoup trouvent que les 38 millions USD sont exagérés et ne reposent sur rien de sérieux, mais « il faut les trouver. Il faut que tout le monde aide Dadis à réussir et à partir, pour le bien de notre sous-région ».

Alexis Kalambry

(envoyé spécial à Conakry)

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REFRENDUM DE 1959 EN GUINEE

Et si le « non » ne l’avait pas emporté ?

Le nom ne l’aurait pas emporté, et Sékou Touré n’était pas un partisan du « non » au référendum du général Charles de Gaulle. C’est du moins ce qui se dit à Conakry.

« Nous n’avons jamais connu d’élections transparentes en Guinée, y compris en 1959 » . Cette révélation d’un confrère guinéen laisse sans voix.

Sékou Touré, père de l’indépendance de la Guinée, a été tour à tour, fondateur du Syndicat des postes (1945), secrétaire général du PDG-RDA, (1952), président de la Confédération générale des travailleurs d’Afrique noire, député à l’Assemblée nationale, maire de Conakry, vice-président du Conseil de gouvernement (1957) et enfin président de la Guinée en 1958.

Cette année-là, le général de Gaulle fait la tournée des colonies pour proposer la Communauté au sein de la France. Seule la Guinée vota non et obtint tout de suite son indépendance.

Cependant, selon des confrères que nous avons rencontrés ici, « les choses ne se sont pas passées aussi simplement ». Sékou Touré a été « poussé » fortement par « notre Madeira Kéita » et le frère de Sékou Touré, pour adopter la position du non. Toujours selon nos sources, « lors du vote, Sékou Touré, qui était maire de Conakry, a donné ordre aux autres maires de faire en sorte que le non l’emporte ». Ainsi, les urnes auraient été bourrées au vu et au su des gendarmes français qui supervisaient les opérations de votes et qui n’auraient rien tenté pour empêcher ces bourrages.

Résultat : le 28 septembre, le non l’a emporté à concurrence de 58 % des suffrages exprimés. « Peut-être que le non l’aurait emporté de toute façon : mais, il n’en demeure pas moins que les choses ne se sont pas passées normalement et qu’il n’y a jamais eu d’élections libres et transparentes en Guinée », ajoute, blasés, nos interlocuteurs.

Du coup, le chef de l’Etat guinéen, le capitaine Moussa Dadis Camara concentre sur lui et sur son Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), tous les espoirs des Guinéens.

Alexis Kalambry

(envoyé spécial à Conakry)

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COMMUNAUTE GABONAISE AU MALI

Requiem, lecture de Coran et veillée funèbre pour Bongo

L’ambassadeur du Gabon au Mali a sa résidence à Dakar au Sénégal. Mais, la petite communauté gabonaise vivant dans notre pays s’est mobilisée pour organiser ce mercredi à 17 h une messe de requiem, une lecture de Coran, suivies de veillée funèbre à la mémoire du défunt président Omar Bongo Ondimba.

La communauté gabonaise du Mali est composée en majorité d’étudiants, de stagiaires, d’hommes d’affaires, entre autres. Cette masse hétérogène de citoyens a été effondrée par la mort du président El hadj Omar Bongo Ondimba, le 8 juin dans une clinique de Barcelone en Espagne.

Malgré leur éloignement du pays, les Gabonais du Mali se sont organisés spontanément comme ils l’ont fait, il y a trois mois plus tôt au décès de la première dame, Edith Lucie Bongo, pour participer à leur manière aux funérailles de leur président, qui sera inhumé demain dans l’intimité dans sa ville natale de Franceville après ses obsèques nationales hier à Libreville.

A la résidence de Simbepougou Jean-Claude (opérateur économique évoluant dans le domaine des transports), située à la rue 394 porte 1023 à l’ACI-2000, la communauté gabonaise a choisi de prier pour le repos de l’âme de l’illustre disparu.

Un livre d’or est ouvert pour recueillir les condoléances. Un espace a été spécialement aménagé dans le salon avec un portrait du président El hadj Omar Bongo Ondimba, placé sur un autel orné de fleurs et de bougies. Le livre de condoléances porte déjà la signature de quelques Maliens.

En prélude aux cérémonies d’inhumation de Bongo, les ressortissants du Gabon au Mali organisent aujourd’hui à 17 h à la Cathédrale une messe de requiem. Cette cérémonie sera suivie à 19 h d'une veillée funèbre au domicile de Simbepougou Jean-Claude en présence d'un imam qui va prier à la mémoire de Bongo, qui était de confession musulmane.

Même si le président de la République a effectué le déplacement de Libreville, hier pour les cérémonies funéraires, aucun officiel malien n’avait encore signé à notre passage hier à 10 h 30 le livre de condoléances. Mais, selon un membre de la commission d’organisation, ce n’est pas encore trop tard, car au décès de la première dame au mois de mars 2009, des représentants de certains ministères, des hommes politiques et d’autres citoyens étaient passés pour signer le livre d’or à la mémoire d’Edith Lucie Bongo.

Abdrahamane Dicko

 

REACTIONS

Le Parena et l’Adéma se prononcent sur Bongo

Les obsèques nationales du président gabonais se sont déroulées mardi. Quelle image les hommes politiques et leur formation gardent du défunt Omar Bongo Ondimba. Le secrétaire à la communication du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Djiguiba Kéita dit PPR, et Moussa Alassane Touré, membre de la commission de contrôle administratif et gestion des conflits de l’Adéma ont bien voulu se prononcer.

Djiguiba Kéita dit PPR : « Le Gabon n'est pas un bon exemple de démocratie en Afrique »

« Le Parena prie et rend hommage au président Omar Bongo. Le Parena souhaite que sa succession se fasse dans les règles de l'art conformément à la Constitution. On a un début qui est enchanteur, c'est que la présidente du Sénat assure l'intérim et nous espérons que le reste se fera comme la Constitution gabonaise le demande c'est-à-dire qu'il y aura des élections au terme de 45 jours. Le Gabon pas été un exemple de démocratie, mais en même temps il faut reconnaître que le président gabonais n'a pas été répressif vis-à-vis de ses opposants. Mais il y avait une très mauvaise gouvernance au Gabon. C'est un petit pays qui regorge de beaucoup de ressources naturelles mais le peuple n'a pas bénéficié. Donc, sur ce plan, il n'est pas un bon exemple pour l'Afrique, nous souhaitons que son successeur fasse beaucoup mieux que lui en terme de gouvernance et partage des ressources naturelles ».

Moussa Alassane Touré : « Le Gabon ne sera pas comme la Côte d'Ivoire »

« Je viens de signer le livre de condoléances. J'ai dit à la famille Omar Bongo tous nos hommages, toutes nos bénédictions. Je dis que les rapports sincères qu'il a eus avec les uns et les autres nous ont permis de faire un bon séjour pendant 7 ans au Gabon. J’ai dirigé un centre multinational de formation en aviation civile dans sa région à Franceville. Il n'a jamais fait un voyage à Franceville sans me faire appel pour discuter, pour connaître des problèmes que nous avons au niveau du centre et au niveau africain d'une manière générale. Parfois nous passions en revue tous les problèmes mondiaux. C'est quelqu'un qui quand il était avec vous, était simple. Il ne faisait aucune différence entre lui et nous. Et il aimait qu'on soit direct, amical avec lui ».

Propos recueillis par

Denis Koné

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ECHOS DES REGIONS

PROMOTION DE LA FEMME

Divergences sur l’excision et la parité à Sikasso

Dans le cadre de l’élaboration de la politique nationale d’égalité femme/homme, le ministère de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille avec l’appui du Groupe pivot/Droit à la citoyenneté des femmes a rencontré vendredi dernier le pool régional de Sikasso afin de recueillir les avis des populations sur l’application de ladite politique. La rencontre était présidée par Mme Keita Joséphine Traoré, représentante du ministre de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille.

Le pool régional de Sikasso a été mis en place en mars dernier. Il est composé de 8 membres issus des associations professionnelles, leaders d’opinion, représentants des partis politiques, de la Coordination régionale des femmes, du Conseil régional des jeunes, du Réseau des communicateurs traditionnels et de l’Association des femmes rurales.

Le pool a mené des consultations dans la région afin de recueillir les avis des populations sur les questions d’égalité femme/homme. Les orientations portent sur les facteurs socioculturels, la santé, l’éducation, la pauvreté, la gouvernance, l’accès des femmes aux services et infrastructures de base.

Après la phase de sensibilisation sur le diagnostic des éléments proposés, la dizaine de groupement d’associations a présenté les avis recueillis. Il ressort de l’exposé que la plupart des questions ont été favorablement répondues. Cependant, les avis divergent sur les questions de l’excision et le terme égalité femme/homme.

L’excision, bien qu’interdite dans les centres de santé au Mali, est pratiquée par des groupes traditionnels dans plusieurs localités de la région de Sikasso. Certains leaders d’opinion (groupes islamistes) sans être catégoriques, encouragent sa pratique tout en mettant l’accent sur « les bonnes conditions sanitaires ».

A ce sujet, la représentante du ministre s’est interrogée sur les conditions sanitaires, avant de poursuivre que l’objectif est d’informer et de sensibiliser les populations pour l’abandon de la pratique de l’excision. Dans leur argumentaire, les islamistes ont reconnu que l’excision est mal pratiquée à ce jour par des femmes traditionnelles qui courent derrière l’argent.

Si le document définit l’égalité entre les 2 sexes par égalité des chances dans l’éducation, la santé, la bonne gouvernance, l’accès aux services et infrastructures de base, la situation n’est pas reluisante à cause des pesanteurs socio-traditionnelles ou religieuses. Après les débats, plusieurs recommandations ont été formulées et feront l’objet de référence avant la phase d’application du Programme national d’égalité entre femme/homme (PNEFH)

La représentante du ministre, tout en remerciant les groupements d’associations pour la qualité du travail fourni, a assuré que son département, sous l’impulsion du gouvernement, tiendra compte des valeurs sociétales et culturelles de nos communautés lors de l’élaboration du document final.

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

 

GAO

Deux fûts d’essence à l’origine d’un incendie

Les populations du 6e Quartier de Gao se sont réveillées très tôt le 15 juin 2009 avec un incendie. Le feu est parti de deux fûts d’essence entreposés dans un magasin appartenant à Alousseyni Mouhamed Salley, commerçant domicilié au 4e Quartier de Gao.

Alousseyni Mohamed Salley est revendeur d’hydrocarbures et cafetier de profession. Il entrepose ses fûts de carburant sous le même hangar où il vend du café. Ce lundi matin, au moment de siphonner de l’essence pour servir un client, le feu a jailli d’une barrique enflammant du coup le hangar et le magasin.

Les soldats du feu, venus à la rescousse, ont pu maîtriser les flammes aux environs de 10 h avec l'appui des populations qui se démenaient avec les moyens du bord. M. Salley s’en est sorti avec des brûlures superficielles. Deux de ses enfants, qui dormaient sous le hangar, ont eu la vie sauve. Comme dégâts matériels, son magasin et son hangar ont été réduits en cendres en même temps que les installations électriques de l’EDM-SA.

Ce genre d’incendie pose une fois de plus le problème de la vente anarchique d’hydrocarbures dans la Cité des Askia. Il y a urgence, pour les autorités régionales, d’y mettre le holà : en obligeant les vendeurs de carburant à se conformer aux règlements et mesures sécuritaires.

Ramata Diarra

(correspondante régionale)

 

KAYES

La migration vue sous l’angle du « maaya »

La question de la migration revêt une grande importance pour les acteurs de la région de Kayes. En dépit de l’immense intérêt que les acteurs accordent à cette problématique tant au niveau régional que national, la concertation reste cependant encore faible, en tout cas très limitée.

C’est ainsi que, le Centre Amadou Hampathé Bâ, le Foram, en collaboration avec le Collectif des associations kayésiennes travaillant dans le domaine de la migration, a organisé du 9 au 12 juin une rencontre sur « migration et maaya à Kayes », considérée comme une zone de départ.

Dans son intervention, Aminata Dramane Traoré dira : « Nous ne sommes pas venus à Kayes pour dire aux gens de ne pas aller. Nous voulons, tout simplement attirer l’attention des uns et des autres et surtout des parents et des candidats au départ sur les dégâts et les victimes de l’émigration clandestine ».

Au cours de cette rencontre, les participants ont évoqué les causes et les conséquences de la migration. Pour certains, dans le milieu soninké, la migration est considérée comme un phénomène culturel et initiatique. Pour d'autres, c'est la pauvreté qui est à l'origine. 

Un film sur la migration a été montré aux participants. Ce film retrace les conditions dans lesquelles les émigrés voyagent. Des rescapés de Ceuta et Melilla ont également fait des témoignages de leur trajet du Mali jusqu’au Maroc.

D’aucuns considèrent l’émigration comme la conséquence de la pauvreté et de l’extrême misère qui frappent une frange importante de la population des pays en voie de développement en butte aux effets d’une sécheresse endémique.

La rareté des pluies et la récession économique poussent les populations à développer des stratégies de survie. L’immigration apparaît dès lors comme l’alternative pour maintenir et assurer la continuité de la famille.

L’émigration est fortement ancrée dans les mœurs au point qu’elle est devenue un fait social. L’émigré est en effet perçu comme un symbole de réussite sociale, à l’image du passage dans la case des hommes qui conférait aux jeunes circoncis le statut d’adultes ayant droit à la parole au sein des assemblées villageoises et au mariage dans la société traditionnelle.

A l’issue de l’atelier, les participants recommandent : à l’Etat de protéger ses ressortissants partout dans le monde et veiller à leur intégrité physique . Ils ont demandé a ux représentations diplomatiques et consulaires d’être plus présentes auprès des ressortissants à l’extérieur et de les orienter. Ils ont sollicité la création de centres, des cellules d’écoute et d’information des populations sur les migrations et ses risques, etc.

Issa Bathily

(correspondant régional)

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SITUATION POLITIQUE AU NIGER

Déclaration de l’Association Adéma

Dans une déclaration dont une copie nous est parvenue, l’Association Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) se prononce sur la situation politique au Niger, dénonce les manœuvres mal habiles du président qui veut coûte que coûte se maintenir au pouvoir. Tout en assurant le peuple nigérien de sa solidarité agissante, l’Association salue le courage de la Cour constitutionnelle nigérienne et appelle à la vigilance tous les démocrates sur la nécessaire alternance au pouvoir.

1. L 'Association Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) suit avec l'attention qui sied la récente évolution dramatique du processus démocratique au Niger.

2. Cette évolution récente est grosse de tous les dangers. Il ne faudrait pas qu'elle débouche sur une tragédie.

3. De toute évidence, le général-président Tanja veut se maintenir au pouvoir par tous les moyens :

3.1. Il viole son serment, prêté sur le Coran, de respecter et de faire respecter la Constitution de la République du Niger.

En voulant prolonger son mandat de trois ans par l'élaboration d'une Constitution fondant la Vle République, il viole bel et bien la Ve. Dire qu'il ne fait que procéder à un changement de la Constitution et non à sa violation est une insulte à l'intelligence humaine tout court ; prétexter l'achèvement de chantiers ouverts pour demander une rallonge de son mandat procède à la fois, d'une ignorance totale de la loi de l'alternance et de la continuité de l'Etat, et d'un mépris profond pour le peuple nigérien qui n'aurait eu d'enfant capable et digne de le diriger autre que Tanja lui-même.

3.2. Le général-président Tanja refuse de se soumettre à un avis de la Cour constitutionnelle, juridiction suprême en matière électorale, lui signifiant le caractère illégal du référendum envisagé.

3.3. En somme le président Tanja s'enfonce dans une fuite en avant et voudrait occulter toutes les autres institutions prévues par la Constitution comme contre pouvoir.

3.4. En conséquence le président Tanja, par petites touches systématiques et faussement anodines, élimine par étape les contrepouvoirs et conduit le Niger dans l'impasse.

Pour l'observateur qui s'en tient aux actes, le président Tanja ne laisse pas beaucoup de choix au peuple nigérien pacifique, mais résolu à lui opposer une résistance opiniâtre.

Un vieil adage ouest-africain dit en substance : tout homme qui voit des charognards s'activer autour du corps d'un autre homme doit s'écrier : bêtes hideuses, quittez mon corps !

En vertu de tout ce qui précède, l'Association Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma)

- Condamne toutes les violations des lois et règlements du Niger perpétrées par le président Tanja.

L'Association « Alliance pour la démocratie au Mali » (Adéma)

- assimile toutes les démarches du premier magistrat du Niger pour se maintenir au pouvoir, à un coup d'Etat larvé auquel les démocrates et les républicains d'Afrique doivent s'opposer vigoureusement.

- assure de sa solidarité combattante le peuple nigérien dans l'épreuve.

- appelle tous les démocrates du Mali, d'Afrique et du monde à soutenir l'héroïque peuple nigérien dans sa légitime résistance au recul vers la dictature et l'autocratie.

- affirme qu'il est des crimes comme les coups d'Etat qui devraient être imprescriptibles partout, comme le dispose la Constitution du Mali.

- exhorte tous les démocrates à user de tous les moyens pour empêcher Tanja et son clan de perpétrer leur forfait, et de plonger le Niger dans la tragédie.

– espère que le lourd silence observé par le président Tanja, suite à l'arrêt de la Cour constitutionnelle nigérienne confirmant l'illégalité du référendum est un début de sagesse.

- rends hommage à la Cour constitutionnelle Nigérienne pour avoir pleinement rempli son rôle de gardienne de la Loi fondamentale du Pays.

Fait à Bamako le 12 juin 2009

Pour le comité exécutif de l'Association Adéma

La présidente

Mme Sy Kadiatou Sow

 

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STEPHEN KESHI, ENTRAINEUR DES AIGLES

« Nous relèverons le défi »

Estimant que le match Mali-Ghana (0-2) lors de la 2e journée des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010 le 7 juin dernier à Bamako est un faux-pas, l’entraîneur national des Aigles, Stephen Keshi, conscient que lui et ses protégés doivent une fière chandelle au public sportif, promet de se racheter face au le Bénin ce dimanche au stade du 26-Mars.

« Nous avons corrigé nos erreurs et je pense que ça devrait marcher dimanche», a fait savoir le sélectionneur national joint hier mardi au téléphone.

Pour le coach, le match de dimanche sera un quitte ou double et « nous devons le gagner pour rester dans la course. Dans le cas contraire, nous nous compliquerons davantage la tâche. Contre le Ghana, ce fut un faux-pas. Mes joueurs ont la capacité de relever le défi parce qu’ils ont l’amour de la patrie et l’estime du peuple ».

Parlant du match contre le Ghana, Stephen Keshi pense que plusieurs paramètres sont à la base de la débâcle de ses poulains. « Ils ont fait tout ce que j’ai demandé. Mais en foot, il faut s’attendre à tout et je demande aux Maliens de croire aux joueurs et de les soutenir ». A l’en croire, le souhait de chacun, c’est de ne pas perdre à domicile. « Pour moi, j’ai déjà oublié et je ne vois que le match du 21 juin contre le Bénin ».

Avec un programme bien établi après le match contre le Ghana, le groupe est là avec de nouveaux éléments en l’occurrence le milieu de terrain du Réal Idrissa Traoré et probablement, le revenant Dramane Traoré « Rivaldo ».

« Mais je pense que c’est le même cadre avec nous et de temps en temps, nous les avons sous la main pour travailler les automatismes parce qu’on a quelques nouveaux qui sont là. Donc, il faut vraiment essayer de faire l’amalgame pour pouvoir tirer le maximum » , souligne le sélectionneur national.

Le programme qui a été concocté avec le préparateur physique est le même que celui qui se fait toujours. Pour lui, le Bénin n’est pas à négliger et sera pris au sérieux. « C’est une bonne équipe qui joue bien ».

Guerre des nerfs

Maintenant que l’adversaire est connu, il faudra prendre ses dispositions pour la grande confrontation. « Chaque match a sa vérité. Mohamed Magassouba de la DTN qui a observé le match Bénin-Soudan (1-0) a apporté des renseignements et la cassette CD. Avec le staff, nous allons prendre en compte ses suggestions et recommandations avant de visionner la cassette pour se faire davantage une idée de l’adversaire », dit Keshi.

Cependant, il estime que les Béninois sont très motivés et qu’ils auraient même promis de s’imposer dans cette confrontation. « Je pense que c’est une bataille psychologique qu’ils mènent, mais on est sereins. On joue le match aller à Bamako, il nous faut donc empocher les trois points à domicile. Puis on verra ».

Pourquoi donc les Aigles peinent au niveau de l’attaque ? De l’avis de Keshi, cela est dû au fait que les joueurs se précipitent avec la volonté de bien faire. « Je pense que ça arrive, sinon les mêmes joueurs marquent d’habitude en club et en équipe nationale »,.

Keshi reconnaît que des efforts sont faits pour trouver le fond des filets. « Souvent il arrive aux joueurs des choses que j’ignore sinon c’est la seconde fois que nous n’avons pas marqué », ajoute-t-il, amer.

« Il va falloir que nous nous battions pour obtenir la victoire et poursuivre notre rêve » . Keshi remercie le public sportif malien pour son comportement patriotique et exemplaire lors du match contre le Ghana et l’appel encore à l’unisson.

Boubacar Diakité Sarr

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