Les Echos du 17 juin 2009
Pr. SALIKOU SANOGO, MINISTRE DE L’EDUCATION
« La préoccupation majeure reste la rétention des notes »
En organisant une conférence de presse, mardi à la Maison de la presse, le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Salikou Sanogo, voulait faire le point de l’année scolaire 2008-2009. Selon lui, les examens de fin d’année se déroulent normalement conformément au programme préétabli, mais la seule préoccupation, dit-il, reste la rétention des notes de classe et de composition par les Syndicats d’enseignants.
Deux points principaux étaient à l’ordre du jour de la conférence ; à savoir : la mise en œuvre des recommandations du Forum sur l’éducation nationale et les actions menées pour consolider l’année scolaire.
D’entrée de jeu, le ministre a rappelé qu’à l’issue du Forum sur l’éducation nationale, les participants ont unanimement souhaité la mise en place d’un mécanisme de suivi de ses recommandations. Ce souhait, selon lui, a été concrétisé par la mise en place d’un comité interministériel, d’un groupe de travail et la tenue de rencontres périodiques regroupant des partenaires chargés d’examiner les conclusions des recommandations du forum.
S’agissant des points de revendication des syndicats d’enseignants, le ministre dira que le gouvernement n’a nullement « occulté » ces doléances relatives, notamment aux conditions de vie et de travail des enseignants. Comme autres mesures prises en réponse aux revendications d’enseignants, le conférencier a fait allusion à l’intégration des enseignants contractuels dans les fonctions publiques d’Etat et des collectivités.
« Cette intégration améliore considérablement les conditions de vie et de travail des enseignants contractuels et règle les problèmes de mutation inter collectivités, de formation et de nomination dans des emplois administratifs de l’éducation » , a défendu Pr. Sanogo.
Le ministre s’est félicité de l’organisation des compositions dans tous les établissements scolaires. Il a assuré que son département s’attelle à présent à l’organisation des examens de fin d’année. Les examens du Certificat d’études primaires (CEP) ont eu lieu du 28 au 29 mai et ceux du diplôme d’études fondamentales (DEF) se sont déroulés du 10 au 12 juin 2009.
Inquiétude
Au niveau de l’enseignement secondaire, après l’organisation du Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) du 8 au 12 juin, place maintenant aux examens du brevet de technicien (BT) et au baccalauréat, qui auront lieu respectivement du 22 au 26 juin et du 18 au 20 juin 2009.
Mais, il semble que c’est surtout au niveau de l’organisation du baccalauréat que les autorités ont des inquiétudes. En témoigne la banderole affichée dans la salle et sur laquelle on pouvait lire : « Sauvons l’année scolaire ! »
Aussi pour le chef du département de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationale, la préoccupation majeure relative au déroulement normal des examens et de l’année scolaire demeure la rétention des notes par la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses). « Cette situation, a-t-il laissé entendre, hypothèque fortement la proclamation des résultats d’examen ».
Cependant, il reste optimiste et croit en la bonne foi des enseignants qui ont été sensibles, d’après lui, à l’appel du gouvernement les invitant à lui remettre les notes. « C’est pourquoi les compositions et les examens se sont déroulés dans des conditions satisfaisantes », notera Pr. Sanogo.
Certains journalistes sont restés sur leur faim quant aux réponses avancées par le ministre, sur par exemple la question relative aux mesures envisagées au cas où la Coordination des syndicat de l’enseignement secondaire (Coses) refuserait de lever son mot d’ordre de rétention de notes. Le Pr. Salikou Sanogo s’est contenté de dire que le gouvernement « privilégie et va continuer à privilégier le dialogue ».
Amadou Waïgalo
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POLITIQUE GUINEENNE
« Il faut aider Dadis »
Quelques heures après le décès du président Conté, le 23 décembre 2008, une junte militaire a pris le pouvoir à Conakry, à nos portes. Depuis l’indépendance de ce pays qui a fait la fierté de tous les Africains, étant le seul à avoir dit non à de Gaulle, il n’a connu que ce scénario : coup d’Etat à la mort de Sékou Touré après 26 ans de règne, et remake au décès de Conté avec presque les mêmes durées au pouvoir.
Le président de « consensus » que la junte a mis en place, a nommé une structure, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) comprenant des civils et des militaires, qui a, à son tour, mis en place un gouvernement.
A sa prise de pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara a promis de retourner dans les casernes au bout d’une transition qui n’ira pas au-delà de 2009. Mais, en Guinée, les populations sont déchirées entre crainte et espoir.
Ceux qui sont dans le camp « espoir », félicitent et soutiennent l’homme pour les actions d’envergure qu’il a entreprises pour assainir le pays. Il s’agit de sa grande croisade contre « le narco-trafic » et tous ceux qui s’y adonnent, la lutte contre la corruption et son défi d’électrifier le pays. Car, le grand paradoxe du « Château d’eau de l’Afrique », c’est le manque d’eau et d’électricité.
En Guinée, tous les nantis ont leur groupe électrogène et le courant est devenu un phénomène exceptionnel, tout comme l’eau courante d’ailleurs. Le capitaine Moussa Dadis a lancé une grande campagne de collecte de fonds auprès des sociétés de la place qui, pour le moment adhèrent à cette initiative, si l’on en juge par le nombre quotidien d’annonces de contribution.
Dans ce camp, se trouvent la presse et la majorité de l’opinion publique. D’ailleurs, les journaux affirment sans ambages que le plus important n’est pas la tenue du délai, mais la bonne organisation de la société et les grands chantiers ouverts.
Transition à risques ?
Le « Dadishow » est très apprécié ici et a tendance à devenir une institution dans un pays qui avait vraiment besoin d’un psychologue. Surtout qu’ici en Guinée, personne ne met en cause l’honnêteté et l’engagement de l’homme.
Une délégation malienne en visite ici pour un partage d’expérience a été très bien accueillie. « Il vaut mieux être compris des voisins », a commenté un acteur rencontré.
A l’opposée de ceux qui sont plein d’espoir, il y a le camp de ceux qui sont dans la crainte. Cette crainte est relative à des risques de dérapage, de retour au statut quo ante ou encore à des règlements de compte et à une transition qui « risque de s’éterniser ».
Les élections ont été budgétisées à 38 millions de dollars américains. L’Etat affirme pouvoir donner 8 millions de dollars comme quote-part. Il y a donc quelque 30 millions USD à chercher. Les bailleurs, à ce jour, ne se bousculent pour apporter une contribution et l’Etat ne semble pas non plus dans des dispositions pour les démarcher.
« Ne vous faites pas d’illusion : la Guinée prendra toutes les contributions, mais, elle ne quémandera jamais » , affirme un observateur. D’où des inquiétudes : « Même si Dadis veut partir, s’il n’y a pas les 38 millions USD, qui peut lui en vouloir de ne pas organiser des élections ? »
Certes, beaucoup trouvent que les 38 millions USD sont exagérés et ne reposent sur rien de sérieux, mais « il faut les trouver. Il faut que tout le monde aide Dadis à réussir et à partir, pour le bien de notre sous-région ».
Alexis Kalambry
(envoyé spécial à Conakry)
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REFRENDUM DE 1959 EN GUINEE
Et si le « non » ne l’avait pas emporté ?
Le nom ne l’aurait pas emporté, et Sékou Touré n’était pas un partisan du « non » au référendum du général Charles de Gaulle. C’est du moins ce qui se dit à Conakry.
« Nous n’avons jamais connu d’élections transparentes en Guinée, y compris en 1959 » . Cette révélation d’un confrère guinéen laisse sans voix.
Sékou Touré, père de l’indépendance de la Guinée, a été tour à tour, fondateur du Syndicat des postes (1945), secrétaire général du PDG-RDA, (1952), président de la Confédération générale des travailleurs d’Afrique noire, député à l’Assemblée nationale, maire de Conakry, vice-président du Conseil de gouvernement (1957) et enfin président de la Guinée en 1958.
Cette année-là, le général de Gaulle fait la tournée des colonies pour proposer la Communauté au sein de la France. Seule la Guinée vota non et obtint tout de suite son indépendance.
Cependant, selon des confrères que nous avons rencontrés ici, « les choses ne se sont pas passées aussi simplement ». Sékou Touré a été « poussé » fortement par « notre Madeira Kéita » et le frère de Sékou Touré, pour adopter la position du non. Toujours selon nos sources, « lors du vote, Sékou Touré, qui était maire de Conakry, a donné ordre aux autres maires de faire en sorte que le non l’emporte ». Ainsi, les urnes auraient été bourrées au vu et au su des gendarmes français qui supervisaient les opérations de votes et qui n’auraient rien tenté pour empêcher ces bourrages.
Résultat : le 28 septembre, le non l’a emporté à concurrence de 58 % des suffrages exprimés. « Peut-être que le non l’aurait emporté de toute façon : mais, il n’en demeure pas moins que les choses ne se sont pas passées normalement et qu’il n’y a jamais eu d’élections libres et transparentes en Guinée », ajoute, blasés, nos interlocuteurs.
Du coup, le chef de l’Etat guinéen, le capitaine Moussa Dadis Camara concentre sur lui et sur son Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), tous les espoirs des Guinéens.
Alexis Kalambry
(envoyé spécial à Conakry)
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