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2009

Mois de Juin

Les Echos du 16 juin 2009

 

ELECTION DU MAIRE DU DISTRICT

Qui d’Adama Sangaré ou de Boubacar Bah Bill ?

L’élection du maire du district alimente les débats à l’Adéma/PASJ. Il s’agit d’un choix stratégique pour la Ruche qui veut faire des communales de 2009 un tremplin pour la reconquête de Koulouba en 2012. Le maire du district va bien peser dans la balance pour la montée à Koulouba.

Après l’installation des maires des six communes du district de Bamako, des conseils municipaux et des représentants au conseil du district le 19 mai 2009, l’heure est aux combinaisons pour mettre en place le maire du district et ses adjoints. L’élection proprement dite est prévue dans quelques semaines, au mois de juillet prochain.

Tous les regards sont rivés sur l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ). Le président de ce parti, depuis son dernier congrès tenu il y a 2 ans, n’a d’autre mot d’ordre que la reconquête de Koulouba en 2012 est liée à leur victoire écrasante aux municipales d’avril 2009. « Notre victoire à la présidentielle de 2012 passe par les municipales de 2009 », avait-il affirmé.

La victoire prédite est aujourd’hui entre les mains de l’Adéma qui a gagné la majorité des sièges de conseillers municipaux dans l’ensemble des communes de l’intérieur et du district de Bamako où il conserve le fauteuil de maire dans cinq des six communes.

L’équation qui lui reste à résoudre est l’attribution du poste de maire du district. Même si cela est gagné d’office eu égard à sa position dominante quant aux nombres de conseillers du district qu’il compte dans ses rangs, le combat est plus que jamais interne.

L’Adéma, aux dires d’un de ses responsables, est confronté au sempiternel problème de choix. Le choix d’Adama Sangaré, le maire sortant, et celui d’un candidat nouveau demeurent la quadrature du cercle au PASJ qui ne semble pas encore sorti de l’auberge.

Sur la question, deux courants existent déjà dans le parti. Il s’agit du courant des conservateurs, composés des militants de l’Adéma originelle, placés, sous la coupole du président Diouncounda Traoré lui-même et celui dit des réformateurs.

Les conservateurs plaident en faveur d’un candidat qui partage les valeurs fondamentales de leur parti dont le militantisme ne fait l’objet d’aucun doute et auquel ils placent une grande confiance pour défendre leurs intérêts à la présidentielle de 2012. Leur motivation s’explique par le fait que Bamako a véritablement son mot à dire pendant cette échéance et tout choix hasardeux risque de leur être fatal à l’heure du bilan.

Entre conservateurs et réformateurs

Les conservateurs jouent alors la carte Boubacar Bah dit Bill, maire de la Commune V. Celui-ci, aux yeux de ses défenseurs, est crédité d'un bon militantisme. Il est de ceux qui ont fondé le parti. Même s’il a dû avaler bien des couleuvres, l'idée d’abandonner ne l’a pas effleuré un seul jour. Le parti lui avait même fait miroiter le poste de maire du district où il a échoué face à Iba Ndiaye. Il a plusieurs fois perdu le poste de maire de la Commune V faute de soutien réel de l’Adéma.

Mais l’on se demande si Bill est réellement partant. Il avait d’ailleurs indiqué dans une interview dans nos colonnes juste après son élection au poste de maire de la Commune V, le 19 mai 2009, « qu’il ne lui appartient pas de parler de sa candidature et qu’il revient à sa formation politique d'en décider ».

Toujours est-il que les conservateurs, selon nos investigations, rejettent toute candidature d’Adama Sangaré, le maire du district sortant. C’est vrai qu’il a bénéficié du soutien du parti pour succéder au défunt Moussa Badoulaye Traoré, mais son étoile ne brille pas pour autant à l’Adéma. Il est non seulement taxé de néo-militant qui a rallié le PASJ après avoir bourlingué dans d’autres partis (il est transfuge du RDP, du RND), mais aussi il est soupçonné d’être le bras armé d’une personnalité qui aurait des ambitions pour 2012.

Malgré tout, le maire sortant du district, qui connaîtra son sort dans quelques semaines, compte ses hommes dans le parti grâce aux espèces sonnantes et trébuchantes et même parmi les conseillers du district. Selon des indiscrétions, il a financé de sa poche la campagne de certains d’entre eux aux communales du 26 avril 2009. Ceux-ci ne jureraient que par son nom.

Parlant de sa propre candidature, Adama Sangaré nous avait répondu sur un ton énigmatique comme Bill. En réponse à une question que nous lui avions posée à l’issue de l’élection du maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé, il disait lui aussi « qu’en tant que démocrate et membre d’un parti, sa candidature doit être proposée par son parti et non par lui-même ».

Au rythme du combat entre conservateurs et réformateurs, le PASJ risque de subir un autre choc de déchirement sur fond d’intérêt politique inavoué. Tout compte fait, au vu de sa suprématie au point de vue du nombre de ses conseillers, il n’y a pas de doute que le fauteuil de maire du district aille à l’Abeille ou à la liste qu’elle soutiendra.

Abdrahamane Dicko

 

Ils ont dit

Yaya Ballo (section Parena Sikasso)  :

« Notre effort est de faire face aux préoccupations des populations. La chaîne s’étant effritée, il faudra mettre les producteurs à la base au centre des discussions, les mots d’ordre de campagne électorale ne suffisent pas pour sensibiliser les paysans. La privatisation de la CMDT n’est pas le problème en soi, mais faire en sorte que le paysan sort grandi à la fin des récoltes. Nous avons dit aux producteurs d’écouter et d’observer ce qui se passe. Il ne faut pas qu’ils cultivent pour l’échec. Il faut au préalable que toutes les conditions soient réunies ».

Salia Togola (section RPM Sikasso)  :

« Pour soutenir l’économie de la région, il faut créer un climat de confiance en payant les arriérés de la dernière campagne et changer le mode de gestion financière des syndicats de producteurs de coton. La nouvelle stratégie de relance de la filière ne répond pas aux aspirations des producteurs à la base qui sont d’ailleurs en déphasage avec les responsables syndicaux. Il est dès lors difficile que les initiatives riz ou maïs réussissent en 3e région tant que la culture du coton n’est pas fortement soutenue ».

B. Y. Cissé

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BACCALAUREAT 2009

Plus de 53 979 candidats inscrits

Ils sont 53 980 candidats inscrits à partir à l’assaut du baccalauréat malien session de juin 2009 dont les épreuves débutent ce jeudi sur toute l’étendue du territoire national.

Les examens du baccalauréat session de juin 2009 débutent le 18 juin et s’achèveront le 20 juin. Le Centre national des examens et concours est en train de faire les derniers réglages pour la bonne tenue de l’examen.

Comparativement à l’année dernière, le nombre de candidats a augmenté. Pour cette année, ils sont 53 980 candidats à être inscrits dans 93 centres, dont 47 à Bamako. Les effectifs dans les 15 centres de la capitale sont les suivants : 14 370 candidats pour la rive gauche de Bamako, 15 105 pour la rive droite.

Dans la 1re région, les Académies de Kayes, Kita enregistrent respectivement 1758 et 1002 inscrits. A Koulikoro, le nombre de candidats est de 1131, 4380 à Kati. Les candidats de l’Académie de Sikasso sont au nombre de 6824, Koutiala compte 1570, Ségou 2697, San 651, Mopti 1556, Douentza 750. A Tombouctou, 1039 candidats vont tenter de décrocher le précieux sésame pour l'enseignement supérieur contre 928 pour Gao et 219 pour Kidal.

Le directeur du Centre des examens et concours, Sahaloum Ould Youba, affirme que toutes les dispositions sont prises afin que l’examen se déroule dans les meilleures conditions.

Il faut noter que la Coses, qui retient les notes des évaluations depuis décembre 2008, a réaffirmé sa participation aux préparatifs des examens. La Coordination, par la voix de son secrétaire général, Tiémoko Dao, nous avait dit qu’ils « surveilleront les examens, corrigeront les feuilles et remettront les notes à l’administration scolaire ».

Amadou Sidibé

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ECOLES PRIVEES

Des entreprises commerciales ?

Les premiers promoteurs des écoles privées qui ont eu la bonne idée d’investir dans un domaine étatique sont tous devenus riches ou presque. Avaient-ils l’intention d’aider l’Etat dans ses missions de service public ? Ou voulaient-ils devenir riches ?

Aujourd’hui dans notre pays, on assiste chaque jour à la création des écoles comme des champignons. Apparemment, le Mali est devenu un pays où tout le monde est préoccupé par le problème scolaire. Les Maliens aiment entreprendre là où il y a du fric.

Les premiers promoteurs des écoles privées qui ont eu la bonne idée d’investir dans un domaine étatique sont tous devenus riches ou presque. Avaient-ils l’intention d’aider l’Etat dans ses missions de service public ? Ou voulaient-ils devenir riches ?

Ce qui est sûr, ils ont tous eu beaucoup d’argent. C’est la raison pour laquelle tous les Maliens sont devenus promoteurs. Une entreprise est créée dans l’unique but de faire des profits, peu importe les moyens et les conséquences. Justement, les écoles privées maliennes sont devenues des sociétés commerciales dont l’objectif n’est pas d’assurer une bonne formation aux élèves, mais de se faire le maximum d’argent.

Il suffit d’avoir un local et une somme d’argent pour créer une école sans aucun respect des textes en vigueur. Le monde scolaire est devenu un milieu mafieux où tout ce qui compte pour les prédateurs, c’est s’enrichir. De l’Etat en passant par les promoteurs, les enseignants et les parents d’élèves, tout le monde est coupable. Ce sont les enfants qui sont pris en sandwich.

Les autorités compétentes chargées de donner des agréments pour la création d’écoles ne font pas leur travail correctement. Il suffit qu’il y ait des propositions de dessous de table pour que ces autorités cèdent. Quant aux promoteurs et aux enseignants, c’est pire. « Dis-moi qui est ton promoteur, je te dirai quel enseignant tu es ». N’importe qui est promoteur ou enseignant aujourd’hui. Des gens, sans bonne moralité, sans scrupule ni vergogne qui ne pensent qu’à leur propre bonheur.

Avec le chômage chronique, tous les diplômés sans emploi sont devenus enseignants. Pis, il y a même des recalés qui enseignent au niveau de l’éducation de base. L’on sait très bien qu’il est difficile de récupérer un élève qui n’a pas reçu une bonne formation de base. Ne dit-on pas qu’un arbre dont les racines sont mortes ne peut pas survivre. Tout le monde est au courant de ces situations déplorables, mais personne ne dit rien surtout les parents d’élèves.

Notre école devient de plus en plus corrompue. Les résultats du CEP sont apparus, il y a deux semaines, c’est le comble. Il n’y a que des 100 %. Des élèves qui ne peuvent pas construire une simple phrase sont admis. Mais, ce n’est pas surprenant si l’on sait que les réponses sont recopiées au tableau. 100 % est devenu la marque de publicité pour certaines écoles sans scrupule. Les promoteurs et les chefs de centre sont responsables de cette catastrophe. Il est temps que l’Etat arrête l’organisation des examens du CEP pour faire un peu d’économie, car elle occasionne des dépenses inutiles.

Bientôt ce sera les examens du baccalauréat et du brevet de technicien (BT). C’est le même scénario et pis encore, car ce réseau est plus vaste. En plus des promoteurs et des chefs de centre, les élèves et les surveillants aussi sont concernés. Certains candidats n’hésitent pas à cotiser 5000 F CFA et souvent 10 000 F CFA par candidat pour acheter le silence ou la complicité de certains surveillants en vue de frauder. Quel cercle vicieux ! Mais où est passée l’intégrité qui se trouvait jadis dans l’enseignement ? Aujourd’hui des diplômes sont vendus comme des marchandises au vu et au su de tout le monde.

Le Forum sur l’éducation nationale, organisé du 30 octobre au 2 novembre 2008 à Bamako, pourrait-il éclairer la lanterne de l’éducation ? Une chose est sûre : il n’y a pas de développement sans une bonne éducation.

Idrissa Sidy Kondo

(professeur de droit à l’Esig)

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DEVELOPPEMENT HUMAIN DURABALE

Le rapport national disséminé dans les médias

Le Rapport national sur le développement humain durable 2008 (RNDH), remis aux autorités en décembre dernier, a fait l'objet d'une dissémination dans les médias samedi dernier à la faveur d'un atelier sur la problématique du développement humain durable et les enjeux de la mesure du développement humain.

Le RNDH a pour thème central "micro finance et la réduction de la pauvreté au Mali". Ainsi, le Rapport tente de faire une évaluation des impacts de la micro finance sur la réduction de la pauvreté qu'il s'agisse d'impacts économiques ou sociaux à la fois pour les adhérents et leurs ménages. Il met également l'accent sur les performances du secteur de la micro finance et le profit de ses adhérents.

Malgré le fait que le pays occupe la queue du peloton, il améliore progressivement son niveau de développement humain au vu de son indice de développement humain (IDH), c'est-à-dire l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'instruction, de scolarisation et le taux d'alphabétisation, le PIB réel par habitant calculé en terme de parité de pouvoir d'achat, a estimé l'Observatoire du développement humain durable.

La pauvreté monétaire diminue surtout en milieu rural et la micro finance contribue à cette diminution. Il reste cependant que la micro finance n'atteint pas toutes les couches pauvres du pays et qu’un peu moins de la moitié des ménages est considérée comme pauvre au Mali.

C'est pourquoi le document suggère d'étendre et d'approfondir le domaine de la micro finance ainsi que de préparer les plus pauvres à se saisir des opportunités offertes par la micro finance. Il est également recommandé de donner un appui institutionnel conséquent aux systèmes financiers décentralisés afin de leur permettre un encadrement plus fort et systématique des bénéficiaires et d'être en mesure de toucher les plus pauvres.

Denis Koné

 

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LA CAD-MALI A L’ASSEMBLEE NATIONALE

L’attention des députés attirée sur l’endettement du Mali

Dans le cadre de sa campagne de lutte pour l’annulation de la dette du Mali en 2010, la Coalition des alternatives africaines/Dette et développement (Cad-Mali), a organisé le samedi 13 juin, une journée d’échanges avec l’Assemblée nationale sur le thème « dette et droits humains » à partir d’une lecture de l’audit citoyen portant sur la période 1992-2002 réalisé par la Cad-Mali.

La rencontre, coprésidée par la présidente de la Cad-Mali, Mme Barry Aminata Touré, et le 6e vice-président de l’Assemblée nationale, l’honorable Abdrahamane Sylla, avait pour objectif d’informer les députés sur l’état d’endettement du Mali et les impacts de la dette publique extérieure bilatérale et multilatérale sur les droits humains.

Selon la Cad-Mali, de nombreux gouvernements africains, pour la relance du développement économique et social, se sont endettés d’abord au niveau bilatéral puis au niveau multilatéral. Mais, cette dette a été déviée de son objectif de développement social et économique et est devenue un fardeau à cause de son mécanisme (taux d’intérêt élevés, lourdeur dans les décaissements et conditionnalités).

Les gouvernants des pays G8 et les administrateurs des institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international, Club de Paris et autres) ont reconnu la dette comme un handicap au développement économique et social des pays endettés. L’annonce faite par les ministres des Finances du G8 le 11 juin d’annuler la dette de 18 pays pauvres endettés ne concerne que la dette multilatérale, la dette bilatérale en est exclue.

Malgré le tapage médiatique qui a été fait autour de cette décision, témoignera toujours la Cad, le Mali doit comme les autres pays admis, attendre 40 ans pour bénéficier de la totalité de cette annulation de dette. En 2006, le Mali n’a pu bénéficier que de 13,5 milliards de F CFA au titre de la remise de sa dette multilatérale.

Selon la présidente de la Cad, l’état d’endettement du Mali affecte durement les services sociaux essentiels.  « La dette publique extérieure constitue un fardeau pour le Mali et entrave à travers ses conditionnalités, son service, tout investissement dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau potable, de l’assainissement, de l’électricité… Elle diminue la marge de manœuvre des gouvernements à respecter et à promouvoir les droits humains », a-t-elle affirmé.

Il s’agit bien, a-t-elle poursuivi des droits fondamentaux qui déterminent l’existence humaine et leur non-respect est à la fois un facteur de menace à l’équilibre socio-économique et de blocage du développement. A l’en croire, l’annulation de la dette tant réclamée par les mouvements sociaux est une condition préalable au développement, « car nous payons chers pour le remboursement d’une dette illégitime et injuste et la crise actuelle du capitalisme ne fera que renforcer la situation du point de vue sociale ».

Au cours de cette rencontre d’échanges, les élus, au nombre de 30, ont été informés de l’état d’endettement du Mali au cours de la période 1992-2002. Ils ont formulé des recommandations et arguments de plaidoyer pour l’annulation de la dette.

Ramata S. Kéita

(stagiaire)

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ECHOS DES REGIONS

SIKASSO

La CMDT et les produits locaux en questions

Le Centre malien pour le dialogue inter-partis et la démocratie (CMDID) a organisé le 13 juin 2009 à l’hôtel Zanga de Sikasso un cadre de concertation regroupant les représentants des partis politiques et la société civile sur deux thèmes : « Comment améliorer la production, la transformation et l’écoulement des produits locaux ? » et « La privatisation de la CMDT : impact sur le développement de la 3 e région ».

Dans le cadre de son plan d’action 2009, le CMDID veut accroître la confiance entre la société civile et les partis politiques à travers un dialogue soutenu sur les questions nationales et locales. En 2007 et 2008, se sont tenus des débats sur les 2 thèmes du jour à l’issue desquels des recommandations et des pistes d’action ont été formulées.

A travers la rencontre de samedi dernier, il s’agissait de faire l’état des lieux, d’envisager, avec les partis politiques et la société civile, la suite à donner et les actions à entreprendre pour les rendre opérationnels. Plusieurs partis politiques, du reste, s’étaient servis des recommandations pour mieux élaborer leur projet de campagne électorale d’avril 2009.

La filière coton a occupé une place de choix dans les débats. Poumon de l’économie nationale au fil du temps, elle est le principal secteur d’activité ou d’occupation de la moitié des populations de la 3e région. La culture du coton est une question de survie pour elles et le rendement de celle des céréales (mais mil, sorgho, et riz) dépend d’elle.

Pour participer à sa gestion et instaurer un partenariat avec la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT), les producteurs ont créé des syndicats. Mais, aujourd’hui, la Compagnie bat de l’aile. Conséquence : le Mali a perdu sa 1re place de pays producteur du coton au sud du Sahara au profit du Burkina Faso. Toutefois, un processus de restructuration de la part de l’Etat est en cours et devra aboutir à la privatisation de la CMDT.

Craintes des producteurs

L’enjeu principal de la liquidation de la Compagnie, qui n’est encore effective, est la participation des producteurs organisés en coopératives à hauteur de 20 % du capital et pour les employés des usines d’égrainage 2 %. La crise cotonnière a engendré des conséquences dans tous les secteurs de l’économie de la 3e région, la CMDT a perdu les missions qui lui étaient assignées en milieu rural : l’entretien des pistes rurales, la construction et le suivi des écoles d’alphabétisation en milieu rural.

Le malheur de la filière aujourd’hui est l’effritement de la confiance entre les producteurs à la base et les autres partenaires de la CMDT suite à la nouvelle stratégie de gestion mise en œuvre par l’Etat. Les producteurs attendent encore leurs arriérés de la dernière campagne pour préparer celle de 2009/2010 qui s’annonce.

Le prix du coton graine fixé à 170 F CFA le kg, la subvention de l’engrais 50 kg à 12 500 F CFA pour la campagne 2009/2010 ne suscitent pas un engouement autour de la culture du coton alors même que les prévisions sont estimées à 250 000 tonnes de coton graine. Les conditions d’accès aux crédits bancaires sont difficiles pour participer pleinement aux initiatives riz et maïs. Sur ce plan, les acteurs politiques préconisent de revoir le système de la caution solidaire des coopératives de producteurs de coton.

Après analyse des recommandations et du mécanisme de suivi, les représentants des partis politiques et de la société civile se sont dit réservés sur la privatisation de la CMDT et conscients que si les problèmes de développement de la région perdurent c’est parce que les solutions recherchées ont toujours été d’ordre technique, administratif ou politique. Cependant, beaucoup d’activités sont en cours avec les ONG et projets sur les aspects de conservation et de transformation des produits locaux sous l’impulsion de l’Assemblée régionale, des partenaires techniques et financiers.

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

 

TAFACIRGA GADIAGA (KAYES)

Des ambitions politiques mettent le feu à la mairie

Situé à peu près à 90 km de Kayes, la Commune rurale  de Tafacirga a été un théâtre d’affrontements entre populations et forces de l’ordre. Tout a commencé quand le préfet a donné l’ordre aux forces de sécurité d’expulser de la salle un conseiller. Ce fut le point de départ du désordre dans la localité.

Les forces de l’ordre ont récemment fait usage de grenades lacrymogènes sur la population et la population a riposté par des jets de pierres à l’occasion de l’installation des membres de la mairie. Le préfet a fait évacuer la salle de la mairie où des dossiers importants et des meubles ont été réduits en cendre.

Pour M. Diombéra, un vieux du village, c’est le choix du maire qui a ouvert les hostilités à Tafacirga Gadiaga. « Aucun des partis n’ayant pas eu la majorité absolue, il fallait forcément des alliances. C’est ainsi qu’il y a eu l’alliance Adéma-Parena et l’alliance URD-Cnid. Le maire sortant, qui était Adéma, voulait débaucher un conseiller Cnid. Cette personne, Hamidou dit Sourakata, a refusé malgré des sommes élevées d’argent proposées. Tout le mal est parti de là ».

Quand le préfet est arrivé pour la mise en place du bureau communal, il a procédé à la vérification des mandats. Et c’est à ce moment-là que le maire sortant lui a remis une plainte concernant un conseiller Cnid au motif qu’il n’est pas Hamidou Soumaré, mais Sourakata alors que le Ravec l’a recensé sous le premier nom tout comme les autres dossiers qui lui ont permis d’être candidat.

« Le préfet est retourné à Kayes promettant qu’il va vérifier l’acte de naissance d’Hamidou. C’était le 23 mai. Le 28 il est revenu avec une 4x4 remplie de gendarmes. Il a ensuite demandé aux conseillers de rentrer dans la salle. Il dit à Hamidou qu’il a vérifié son extrait de naissance et que ce n’est pas le bon. Le préfet a demandé à Hamidou de quitter la salle, ce que ce dernier a refusé. Il a ordonné aux gendarmes de le faire sortir par la force. Ce à quoi, les autres conseillers se sont opposés. Il a plié ses bagages et est retourné à Kayes » , poursuit notre interlocuteur.

Le dimanche 7 juin 2009, le préfet s’est fait accompagner de deux 4x4 de gendarmes. Il a rassuré la population et affirmé que le nom du conseiller est bien Hamidou. « Mais, à notre grande surprise, on l’a fait sortir de la salle par les gendarmes. Quand les gendarmes ont su que la population s’est opposée à la sortie de Hamidou, ils ont lancé des gaz et la foule s’est dispersée avant de riposter par des jets de pierres. Un vieux voulant calmer la population a reçu des coups de matraque de la part des gendarmes. Il a été blessé à la tête et au bras. On l’a évacué à Kayes pour des soins » , selon M. Diombéra.

Il dira en terminant : « Nous voulons la paix dans notre Commune. Nous voulons la paix dans notre village, nous sommes les mêmes. Nous ne voulons pas que des gens mal intentionnés viennent briser nos familles ». Sera-t-il entendu ? Wait and see !

Issa Bathily

(correspondant régional)

 

MOPTI

La saison des réclamations pour les migrants

A Mopti, il suffit que la première pluie tombe pour que les jeunes de la campagne venus chercher un mieux-être dans la Venise malienne se mettent à courir derrière le fruit de leurs labeurs. Mais, c’est un cri que ni leurs employeurs ni les autorités n’entendent. Ils sont la plupart des jeunes Dogons, Bambara, Sénoufo, Dafing et autres, venus dans la capitale régionale pour s’occuper en attendant l’hivernage.

Ils ont un salaire moyen de 4 à 5000 F CFA par mois, mais ils sont victimes chaque année des mêmes personnes qui les emploient. Nous avons fait la rencontre d’une jeune fille, qui depuis trois mois attend son argent. « J’ai travaillé pendant huit mois, mais jusqu'à présent ma patronne refuse de payer mon dû, pourtant elle est bourrée d’argent », dit-elle.

Une chose est sûre : les jeunes qui quittent les villages sont nos parents, une partie de nous-mêmes à la recherche d’un bonheur qu’ils comptent rencontrer dans la ville. Ils laissent et abandonnent tout derrière, mais sont toujours victimes du manque de compassion de leurs « jatigis ».

Amagana Amonce Guindo

(correspondant régional)

 

CHAMPIONNAT REGIONAL DE D2 2008-2009

L’US-Bougouni sacrée à Sikasso

Le championnat régional de football a pris fin ce week-end à l’issue des matches du 2e tour. Pour la 1re phase, la Ligue régionale, organisatrice de la compétition, avait procédé à un tirage pour répartir les 13 équipes en quatre poules.

A la fin des matches de poules en aller et retour, l’équipe qui aura le plus grand nombre de points est qualifiée pour le 2e tour de même que le meilleur deuxième des poules. Ainsi, l’Etoile filante, le Tata national, l’US-Bougouni se sont classés respectivement 1ers de leur poule et l’US-Miankala désignée meilleure deuxième.

Les 4 équipes ont disputé des matches en aller et retour en 5 journées. La 6e, jouée le week-end dernier, a enregistré des forfaits de l’Etoile de Koutiala, qui devait se déplacer à Sikasso pour y affronter le Tata. L’US-Bougouni, bien que première avec 15 points sur 18 possibles, n’a pas fait le déplacement à Koutiala pour affronter l’US-Miankala. Raison invoquée : l’entraîneur de Bougouni  s’est blessé dans un accident de circulation sur la route Bougouni-Bamako à quelques jours du match.

Néanmoins, l’US-Bougouni, qui a disposé du maximum de points, représentera la 3e région au tournoi de montée en D1 pour la saison 2009-2010.

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

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CAN/MONDIAL-2010

Aigles, le peuple vous attend !

Mali-Bénin de ce dimanche au stade du 26-Mars, c’est encore un autre match attendu par le public sportif malien dans le cadre de la 3e journée (fin de la phase aller). Et c’est également le tableau d’un perdant et d’un gagnant de la 2e journée des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010.

Les 90 minutes de la soirée de dimanche prochain s’annoncent des plus époustouflantes pour le public sportif malien. C’est qu’après leur revers devant la formation ghanéenne, les Aigles ont le dos au mur. C’est une grosse pression qu’ils devront nécessairement évacuer, en prenant le meilleur sur les Ecureuils du Bénin. Mais, Stephen Keshi aura-t-il vraiment les hommes pour aller à la conquête des hommes venus de l’ex-Dahomey ?

« J’ai une liste de 25 joueurs, donc j’ai la possibilité de recomposer mon équipe à tout moment. Les joueurs ont toujours ma confiance  », avait soutenu le sélectionneur national après le match contre le Ghana. Alors, les observateurs s’attendent à une réaction positive de cette équipe. Une équipe qui devra se distinguer par la combativité et le réalisme à tous les niveaux.

En l’absence de Cédric Kanté (son retour annoncé n’est pas certain), l’un des défenseurs centraux, Keshi devra trouver la pièce de rechange idéale pour accompagner le duo Diamoutené-Soumaré. Il devra de même revoir son système médian qui a eu du mal à contenir les Ghanéens.

Les deux récupérateurs, pourtant les meilleurs contre le Ghana, ont offert des balles à l’adversaire. A cela s’ajoutent la défense et l’attaque. Ces compartiments ont déçu. Modibo Maïga, Frédéric Oumar Kanouté et Mamadou Diallo sont passés à côté de la plaque. Il faudra donc un véritable renouveau pour faire oublier le calamiteux dimanche 7 juin au public sportif malien.

Toutefois, les Béninois ne sont pas à négliger. Surtout au regard des déclarations de leur entraîneur. « Nous ne venons pas au Mali pour perdre » attaque-t-il. Pour eux, la défaite concédée face aux Black Stars à Kumasi (Ghana) reste un faux-pas. Alors, ce face-à-face avec le Mali constitue le premier véritable test de l’opération « points à l’extérieur » dans la mesure où Rajak Omotoyossi et ses coéquipiers n’entendent pas sortir par la petite porte mais prendre leur 1er point à l’extérieur.

Dimanche, le match Aigles/Ecureuils pour la 4e confrontation en l’espace de 3 ans devrait pouvoir nous offrir du spectacle. Sans oublier que le vainqueur aura un mental de fer en attendant la manche retour.

Boubacar Diakité Sarr

 

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