Les Echos du 16 juin 2009
ELECTION DU MAIRE DU DISTRICT
Qui d’Adama Sangaré ou de Boubacar Bah Bill ?
L’élection du maire du district alimente les débats à l’Adéma/PASJ. Il s’agit d’un choix stratégique pour la Ruche qui veut faire des communales de 2009 un tremplin pour la reconquête de Koulouba en 2012. Le maire du district va bien peser dans la balance pour la montée à Koulouba.
Après l’installation des maires des six communes du district de Bamako, des conseils municipaux et des représentants au conseil du district le 19 mai 2009, l’heure est aux combinaisons pour mettre en place le maire du district et ses adjoints. L’élection proprement dite est prévue dans quelques semaines, au mois de juillet prochain.
Tous les regards sont rivés sur l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ). Le président de ce parti, depuis son dernier congrès tenu il y a 2 ans, n’a d’autre mot d’ordre que la reconquête de Koulouba en 2012 est liée à leur victoire écrasante aux municipales d’avril 2009. « Notre victoire à la présidentielle de 2012 passe par les municipales de 2009 », avait-il affirmé.
La victoire prédite est aujourd’hui entre les mains de l’Adéma qui a gagné la majorité des sièges de conseillers municipaux dans l’ensemble des communes de l’intérieur et du district de Bamako où il conserve le fauteuil de maire dans cinq des six communes.
L’équation qui lui reste à résoudre est l’attribution du poste de maire du district. Même si cela est gagné d’office eu égard à sa position dominante quant aux nombres de conseillers du district qu’il compte dans ses rangs, le combat est plus que jamais interne.
L’Adéma, aux dires d’un de ses responsables, est confronté au sempiternel problème de choix. Le choix d’Adama Sangaré, le maire sortant, et celui d’un candidat nouveau demeurent la quadrature du cercle au PASJ qui ne semble pas encore sorti de l’auberge.
Sur la question, deux courants existent déjà dans le parti. Il s’agit du courant des conservateurs, composés des militants de l’Adéma originelle, placés, sous la coupole du président Diouncounda Traoré lui-même et celui dit des réformateurs.
Les conservateurs plaident en faveur d’un candidat qui partage les valeurs fondamentales de leur parti dont le militantisme ne fait l’objet d’aucun doute et auquel ils placent une grande confiance pour défendre leurs intérêts à la présidentielle de 2012. Leur motivation s’explique par le fait que Bamako a véritablement son mot à dire pendant cette échéance et tout choix hasardeux risque de leur être fatal à l’heure du bilan.
Entre conservateurs et réformateurs
Les conservateurs jouent alors la carte Boubacar Bah dit Bill, maire de la Commune V. Celui-ci, aux yeux de ses défenseurs, est crédité d'un bon militantisme. Il est de ceux qui ont fondé le parti. Même s’il a dû avaler bien des couleuvres, l'idée d’abandonner ne l’a pas effleuré un seul jour. Le parti lui avait même fait miroiter le poste de maire du district où il a échoué face à Iba Ndiaye. Il a plusieurs fois perdu le poste de maire de la Commune V faute de soutien réel de l’Adéma.
Mais l’on se demande si Bill est réellement partant. Il avait d’ailleurs indiqué dans une interview dans nos colonnes juste après son élection au poste de maire de la Commune V, le 19 mai 2009, « qu’il ne lui appartient pas de parler de sa candidature et qu’il revient à sa formation politique d'en décider ».
Toujours est-il que les conservateurs, selon nos investigations, rejettent toute candidature d’Adama Sangaré, le maire du district sortant. C’est vrai qu’il a bénéficié du soutien du parti pour succéder au défunt Moussa Badoulaye Traoré, mais son étoile ne brille pas pour autant à l’Adéma. Il est non seulement taxé de néo-militant qui a rallié le PASJ après avoir bourlingué dans d’autres partis (il est transfuge du RDP, du RND), mais aussi il est soupçonné d’être le bras armé d’une personnalité qui aurait des ambitions pour 2012.
Malgré tout, le maire sortant du district, qui connaîtra son sort dans quelques semaines, compte ses hommes dans le parti grâce aux espèces sonnantes et trébuchantes et même parmi les conseillers du district. Selon des indiscrétions, il a financé de sa poche la campagne de certains d’entre eux aux communales du 26 avril 2009. Ceux-ci ne jureraient que par son nom.
Parlant de sa propre candidature, Adama Sangaré nous avait répondu sur un ton énigmatique comme Bill. En réponse à une question que nous lui avions posée à l’issue de l’élection du maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé, il disait lui aussi « qu’en tant que démocrate et membre d’un parti, sa candidature doit être proposée par son parti et non par lui-même ».
Au rythme du combat entre conservateurs et réformateurs, le PASJ risque de subir un autre choc de déchirement sur fond d’intérêt politique inavoué. Tout compte fait, au vu de sa suprématie au point de vue du nombre de ses conseillers, il n’y a pas de doute que le fauteuil de maire du district aille à l’Abeille ou à la liste qu’elle soutiendra.
Abdrahamane Dicko
Ils ont dit
Yaya Ballo (section Parena Sikasso) :
« Notre effort est de faire face aux préoccupations des populations. La chaîne s’étant effritée, il faudra mettre les producteurs à la base au centre des discussions, les mots d’ordre de campagne électorale ne suffisent pas pour sensibiliser les paysans. La privatisation de la CMDT n’est pas le problème en soi, mais faire en sorte que le paysan sort grandi à la fin des récoltes. Nous avons dit aux producteurs d’écouter et d’observer ce qui se passe. Il ne faut pas qu’ils cultivent pour l’échec. Il faut au préalable que toutes les conditions soient réunies ».
Salia Togola (section RPM Sikasso) :
« Pour soutenir l’économie de la région, il faut créer un climat de confiance en payant les arriérés de la dernière campagne et changer le mode de gestion financière des syndicats de producteurs de coton. La nouvelle stratégie de relance de la filière ne répond pas aux aspirations des producteurs à la base qui sont d’ailleurs en déphasage avec les responsables syndicaux. Il est dès lors difficile que les initiatives riz ou maïs réussissent en 3e région tant que la culture du coton n’est pas fortement soutenue ».
B. Y. Cissé
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BACCALAUREAT 2009
Plus de 53 979 candidats inscrits
Ils sont 53 980 candidats inscrits à partir à l’assaut du baccalauréat malien session de juin 2009 dont les épreuves débutent ce jeudi sur toute l’étendue du territoire national.
Les examens du baccalauréat session de juin 2009 débutent le 18 juin et s’achèveront le 20 juin. Le Centre national des examens et concours est en train de faire les derniers réglages pour la bonne tenue de l’examen.
Comparativement à l’année dernière, le nombre de candidats a augmenté. Pour cette année, ils sont 53 980 candidats à être inscrits dans 93 centres, dont 47 à Bamako. Les effectifs dans les 15 centres de la capitale sont les suivants : 14 370 candidats pour la rive gauche de Bamako, 15 105 pour la rive droite.
Dans la 1re région, les Académies de Kayes, Kita enregistrent respectivement 1758 et 1002 inscrits. A Koulikoro, le nombre de candidats est de 1131, 4380 à Kati. Les candidats de l’Académie de Sikasso sont au nombre de 6824, Koutiala compte 1570, Ségou 2697, San 651, Mopti 1556, Douentza 750. A Tombouctou, 1039 candidats vont tenter de décrocher le précieux sésame pour l'enseignement supérieur contre 928 pour Gao et 219 pour Kidal.
Le directeur du Centre des examens et concours, Sahaloum Ould Youba, affirme que toutes les dispositions sont prises afin que l’examen se déroule dans les meilleures conditions.
Il faut noter que la Coses, qui retient les notes des évaluations depuis décembre 2008, a réaffirmé sa participation aux préparatifs des examens. La Coordination, par la voix de son secrétaire général, Tiémoko Dao, nous avait dit qu’ils « surveilleront les examens, corrigeront les feuilles et remettront les notes à l’administration scolaire ».
Amadou Sidibé
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ECOLES PRIVEES
Des entreprises commerciales ?
Les premiers promoteurs des écoles privées qui ont eu la bonne idée d’investir dans un domaine étatique sont tous devenus riches ou presque. Avaient-ils l’intention d’aider l’Etat dans ses missions de service public ? Ou voulaient-ils devenir riches ?
Aujourd’hui dans notre pays, on assiste chaque jour à la création des écoles comme des champignons. Apparemment, le Mali est devenu un pays où tout le monde est préoccupé par le problème scolaire. Les Maliens aiment entreprendre là où il y a du fric.
Les premiers promoteurs des écoles privées qui ont eu la bonne idée d’investir dans un domaine étatique sont tous devenus riches ou presque. Avaient-ils l’intention d’aider l’Etat dans ses missions de service public ? Ou voulaient-ils devenir riches ?
Ce qui est sûr, ils ont tous eu beaucoup d’argent. C’est la raison pour laquelle tous les Maliens sont devenus promoteurs. Une entreprise est créée dans l’unique but de faire des profits, peu importe les moyens et les conséquences. Justement, les écoles privées maliennes sont devenues des sociétés commerciales dont l’objectif n’est pas d’assurer une bonne formation aux élèves, mais de se faire le maximum d’argent.
Il suffit d’avoir un local et une somme d’argent pour créer une école sans aucun respect des textes en vigueur. Le monde scolaire est devenu un milieu mafieux où tout ce qui compte pour les prédateurs, c’est s’enrichir. De l’Etat en passant par les promoteurs, les enseignants et les parents d’élèves, tout le monde est coupable. Ce sont les enfants qui sont pris en sandwich.
Les autorités compétentes chargées de donner des agréments pour la création d’écoles ne font pas leur travail correctement. Il suffit qu’il y ait des propositions de dessous de table pour que ces autorités cèdent. Quant aux promoteurs et aux enseignants, c’est pire. « Dis-moi qui est ton promoteur, je te dirai quel enseignant tu es ». N’importe qui est promoteur ou enseignant aujourd’hui. Des gens, sans bonne moralité, sans scrupule ni vergogne qui ne pensent qu’à leur propre bonheur.
Avec le chômage chronique, tous les diplômés sans emploi sont devenus enseignants. Pis, il y a même des recalés qui enseignent au niveau de l’éducation de base. L’on sait très bien qu’il est difficile de récupérer un élève qui n’a pas reçu une bonne formation de base. Ne dit-on pas qu’un arbre dont les racines sont mortes ne peut pas survivre. Tout le monde est au courant de ces situations déplorables, mais personne ne dit rien surtout les parents d’élèves.
Notre école devient de plus en plus corrompue. Les résultats du CEP sont apparus, il y a deux semaines, c’est le comble. Il n’y a que des 100 %. Des élèves qui ne peuvent pas construire une simple phrase sont admis. Mais, ce n’est pas surprenant si l’on sait que les réponses sont recopiées au tableau. 100 % est devenu la marque de publicité pour certaines écoles sans scrupule. Les promoteurs et les chefs de centre sont responsables de cette catastrophe. Il est temps que l’Etat arrête l’organisation des examens du CEP pour faire un peu d’économie, car elle occasionne des dépenses inutiles.
Bientôt ce sera les examens du baccalauréat et du brevet de technicien (BT). C’est le même scénario et pis encore, car ce réseau est plus vaste. En plus des promoteurs et des chefs de centre, les élèves et les surveillants aussi sont concernés. Certains candidats n’hésitent pas à cotiser 5000 F CFA et souvent 10 000 F CFA par candidat pour acheter le silence ou la complicité de certains surveillants en vue de frauder. Quel cercle vicieux ! Mais où est passée l’intégrité qui se trouvait jadis dans l’enseignement ? Aujourd’hui des diplômes sont vendus comme des marchandises au vu et au su de tout le monde.
Le Forum sur l’éducation nationale, organisé du 30 octobre au 2 novembre 2008 à Bamako, pourrait-il éclairer la lanterne de l’éducation ? Une chose est sûre : il n’y a pas de développement sans une bonne éducation.
Idrissa Sidy Kondo
(professeur de droit à l’Esig)
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