Les Echos du 11 juin 2009
DIX CHIENS ACQUIS A 70 MILLIONS DE F CFA
Le PDES à quatre pattes
Pour lutter contre le banditisme et la criminalité, le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile vient de créer une unité cynophile pour appuyer les pandores. Mais dans un pays où la majorité des populations crève de faim, l’acquisition de canidés à 7 millions de F CFA l’unité frise le mépris du peuple.
Mardi soir sur l’ORTM, de nombreux téléspectateurs ont assisté médusés à une scène qui se passe de tout commentaire. Il s’agit de l’inauguration de locaux pour chiens d’une valeur de 90 millions F CFA. Les 10 pensionnaires de la nouvelle installation, des bergers allemands ont coûté 70 millions de F CFA au contribuable. Ce qui fait un total de 160 millions F CFA s’il vous plait !
« Les 10 chiens seront formés pour les opérations de recherche en matière de trafic de drogue, d’armements et d’explosif » . Les toutous de luxe seront donc logés dans des conditions plus confortables que la majorité des Maliens. Ils seront sous climatisation et dormiront sur des matelas douillets.
Pour qui connaît les bergers allemands, ils ont des besoins nutritionnels supérieurs à ceux des humains. Selon les spécialistes, ils peuvent consommer jusqu’à deux kilos de viande par jour. Un luxe que les Maliens ne peuvent s’offrir que les jours de fête de Tabaski.
Loin d’être contre la dotation de la gendarmerie en moyens logistiques, il faut néanmoins reconnaître qu’on a cette fois-ci poussé le bouchon un peu trop loin, car 160 millions de F CFA représentent plus de 5333 sacs de riz « gambiaka », susceptibles de nourrir de nombreuses familles dans le besoin.
Dommage ! Le Projet de développement économique et social (PDES), qui est censé faire le bonheur des Maliens, fait aussi le bonheur de chiens. Va-t-on continuer à demander aux contribuables de mettre la main à la poche pour des bêtes qui ne pourraient peut-être pas réussir là où les forces de l’ordre payées et mises dans les conditions de travail ont échoué ?
Rien de tout cela. Ce projet, qui fera certainement le bonheur de quelques personnes, aurait pu servir à construire au moins sept « premiers cycles » de 6 classes équipées à raison de 10 millions par école. Mais, chaque jour que Dieu fait, le Mali n’avance pas beaucoup.
De 4,5 % en 2002, le taux de croissance est estimé, aujourd’hui, à seulement 5,4 %. De 600 000 tonnes, en 2002, la production cotonnière est retombée à environ 200 000 tonnes. Quant au Smig (le salaire minimum interprofessionnel garanti), il est de moins de 30 000 F CFA, contre 50 000 F CFA au Burkina Faso.
Partout règnent pauvreté et misère. Le panier de la ménagère, n’est plus vide, il est complètement en lambeaux, les prix des denrées de première nécessité n’étant plus à la porté du Malien moyen.
Dans certains coins du pays, la misère est tellement exacerbée que les chefs de famille, ne disposant pas du prix du condiment pour faire bouillir la marmite, sont contraints de quitter leur domicile sur la pointe des pieds. D’autres, ne sachant pas à quel saint se vouer, cherchent des médicaments par terre pour soigner leur paludisme.
Au lieu de prendre des mesures vigoureuses, pour juguler la corruption, la délinquance financière, la faillite de l’école et les dérives judiciaires… nos princes ne manquent pas d’idées lumineuses comme l’achat de chiens pour bourgeois égocentriques.
L’ambition du PDES, pensions-nous, était de faire de l’Etat malien un modèle de bonne gouvernance, un Etat fort, une administration efficace, une justice assainie et des collectivités locales renforcées. Ce renouveau de l’action publique, tout en poursuivant les actions d’ensemble déjà initiées, devait croyons-nous, se matérialiser par l’introduction d’un nouvel état d’esprit, le choix des hommes et la lutte contre la corruption.
Telle pouvait être la vision du chef de l’Etat. Mais au vu de ce qui se passe, le doute est permis.
Idrissa Sako et
Amadou Sidibé
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ATTENTES, BESOINS ET PROBLEMES DES POPULATIONS
Le CESC peaufine son recueil 2009
Conformément à sa mission, le CESC a ouvert le lundi 8 juin, la 10e session ordinaire de sa 3e mandature sur les attentes, besoins et problèmes des populations en 2009.
L’article 104 de notre Constitution donne mandat au Conseil économique, social et culturel (CESC) de collecter, rédiger annuellement les attentes, besoins et problèmes des populations. Tout cela est compilé en recueil au compte du président de la République, du gouvernement et de l’Assemblée nationale. Ce travail s’exécute avec les différentes composantes du CESC qui se rendent auprès des populations dans les 8 régions et les six communes du district de Bamako.
Les Maliens de l’extérieur qui sont concernés par ce travail qui consiste à répertorier leurs besoins, attentes et problèmes n’ont pu être touchés cette année. Le président du CESC, Moussa Balla Coulibaly, a évoqué des problèmes d’ordre financier qui ne leur ont pas permis d’accomplir une partie de leur mission constitutionnelle. Le signe que l’Etat qui finance entièrement leurs activités est en banqueroute.
Le président de l’institution a invité ses collègues à engager une réflexion sur les politiques en cours au cours de la présente session. Selon lui, « elle doit être le cadre du dialogue avec la volonté de mettre en lumière les priorités économiques, sociales et culturelles qui sont celles de la nation et si possible de proposer des solutions à ces priorités ».
Au cours de cette 10e session, qui va durer deux semaines, deux écoutes en séance plénière, sur saisine gouvernementale, sont prévues. Les membres du CESC vont écouter le ministre de l’Equipement et des Transports sur le thème : « Le transport et les infrastructures de transport dans le PDES » et celle du Secrétariat technique permanent du cadre institutionnel de la gestion des questions environnementales (STP/CIGQE) sur « la gestion de l’environnement ».
Moussa Balla Coulibaly a rappelé que son institution a, en plus du recueil 2009, émis des avis à l’attention des autorités sur leur propre saisine sur le projet de budget 2009, le code des personnes et de la famille, le code domanial et foncier et le code minier. Au chapitre de ses propres activités, le CESC a abrité la 1re session ordinaire de la 2e mandature du Conseil économique, social et culturel du Cen-SAD qu’il préside depuis son installation en 2006.
Le président du CESC, réputé pour son franc-parler, a remué le couteau dans la plaie des politiques. Il s’est réjoui de la bonne tenue des élections communales du 26 avril 2009 tout en dénonçant ce qu’il a appelé « les combinaisons sans éthiques des acteurs ». Il veut faire allusion à la corruption qui a caractérisé ces élections par l’achat des voix et aux alliances contre-natures pour se faire élire maire.
Abdrahamane Dicko
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PROJET D’IRRIGATION D’ALATOMA
Dogofry et Diabaly voient le développement
Pour la réalisation du projet d’aménagement hydro-agricole de la zone d’Alatona à l’Office du Niger, 33 villages et hameaux des communes de Diabaly et Dogofry seront déplacés et réinstallés sur de nouvelles zones.
Une cérémonie de signature des accords d’entité de Diabaly et Dogofry a eu lieu mardi après-midi au ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Les accords ont été paraphés par les maires des deux communes et la directrice générale de Millennuim Challenge Account (MCA) en présence du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales.
Ces accords s’inscrivent dans le cadre du projet d’irrigation d’Alatona, un des deux projets du programme de MCA-Mali. Le projet comprend six grandes activités qui vont porter sur la route, l’irrigation, l’agriculture, la gestion communautaire, foncière et financière.
Sa mise en œuvre affectera 33 villages et hameaux, 24 relevant de la Commune de Dogofry et 9 de la Commune de Diabaly. La population de ces 33 villages et hameaux est estimée à 8000 personnes vivant dans des concessions. Trente-deux villages et hameaux sur les trente-trois seront déplacés et réinstallés dans des nouvelles zones d’établissement dans le périmètre avec un logement de remplacement et une compensation monétaire pour les structures auxiliaires comme les greniers, les clôtures, les enclos.
Les types de logements soumis au choix des populations sont de type F1 (une chambre unique plus une véranda), type F2 (deux chambres plus une véranda), type F3 (trois chambres plus une véranda) et type F4 (quatre chambre plus une véranda).
Promouvoir l’emploi agricole
Le projet prévoit également la construction des logements pour le médecin, les directeurs d’école et les enseignants, la réhabilitation de deux centres de santé communautaire à Diabaly et à Dogofry. Les maisons seront construites en banco avec un enduit en ciment sur un crampon grillagé.
En plus des maisons, il sera construit un certain nombre d’infrastructures sociales pour les populations affectées et les nouveaux arrivants dans la zone du projet. Il s’agit de douze écoles, un nouveau centre multifonctionnel, quatre marchés, 101 points d’eau potable équipés de pompes manuelles, 64 blocs de latrines publiques et 42 lavoirs avec pompe.
Selon Mme Néné Traoré, la directrice de MCA-Mali, « le projet prendra en charge le salaire des maîtres des écoles communautaires et du personnel de santé des CSCOM construits et cela de la mise en marche de ces infrastructures jusqu’à la fin du projet en septembre 2012 ».
Le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales dira que le projet d’aménagement hydro-Agricole de la zone d’Alatona à l’Office du Niger en tant que projet intégré vise la promotion agricole à l’installation de véritables industries agricoles et l’aménagement des espaces agricoles en vue de garantir la sécurité alimentaire et la promotion de l’emploi agricole.
Sidiki Doumbia
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