Dans le cadre de la 10e édition de la Quinzaine de l’environnement, lancée le vendredi 5 juin, une journée portes ouvertes a été organisée hier à la station de traitement des eaux usées industrielles de Sotuba.
Le chantier de la station de traitement des eaux usées industrielles de Sotuba occupe un site de 19 hectares. Elle est conçue pour recevoir les eaux usées industrielles d’une trentaine d’usines et des eaux de drainage pluviales. Le plan comprend un collecteur de 11 km et 7 km d’égouts enterrés dans une profondeur de 2 km.
La station a une garantie de vie de 25 ans. A la fin des travaux, un projet d’assistance technique s’occupera de sa gestion. L’entreprise néerlandaise et l’Angesem vont assurer la formation du personnel, déterminer le tarif et le taux de redevance pour les usagers que sont les industriels.
Les travaux de la station de traitement des eaux usées industrielles de Sotuba ont commencé en 2001, dans le cadre du Projet d’assainissement de la zone industrielle de Sotuba (Pazis).
Le projet exécuté par deux entreprises néerlandaises est à 70 % de réalisation. Il est financé par la Coopération néerlandaise à environ 9,75 milliards de F CFA (15 millions d’euros). La maîtrise d’ouvrage est confiée à l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (Angesem), créée en octobre 2008 .
La Quinzaine de l’environnement, initiée dans notre pays depuis 10 ans par le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, le Secrétariat technique permanent des questions environnementales (STP/QE) et ses partenaires techniques et financiers, est l’occasion choisie par les plus hautes autorités, de sensibiliser les populations sur les questions environnementales.
AGROBUSINESS
Le Brésil expose à Dakar
Brasil Agri-Solutions présente le savoir-faire brésilien dans le domaine de l’agriculture, des biocarburants et des produits alimentaires manufacturés. 25 grandes entreprises brésiliennes seront présentes dans la capitale sénégalaise et 16 pays africains dont le Mali ont confirmé leur participation et au moins 300 visiteurs professionnels sont attendus.
L’Agence brésilienne de promotion des exportations et des investissements (Apex-Brasil) organise du 9 au 10 juin 2009 à Dakar une grande exposition de produits brésiliens dans le domaine de l’agro-business.
Dénommée Brasil Agri-Solutions, l’exposition, qui se tient à l’hôtel Méridien-Président de Dakar, enregistre la participation de 25 grandes entreprises brésiliennes dans des secteurs aussi variés que les produits alimentaires manufacturés, la machinerie et la technologie agricole, les biocarburants, etc.
L’événement, auquel sont attendus au moins 300 visiteurs professionnels, a été lancé en présence du ministre brésilien du Développement, de l’Industrie et du Commerce extérieur, Miguel Jorge, de Mme Katia Gilabert, ambassadeur du Brésil à Dakar, et du président d’Apex-Brasil, Alessandro Teixeira.
Leader mondial dans plusieurs secteurs de l’agrobusiness, le Brésil a su démontrer ses capacités de production et son savoir-faire qu’il exporte déjà dans plusieurs parties du monde, y compris en Afrique. Cette exposition de l’agro-business brésilien va contribuer à la recherche de solutions novatrices et audacieuses pour faire face à des besoins locaux en Afrique.
«Le développement de l’agro-business au Brésil dans des domaines comme celui de la bioénergie prouve que le progrès est possible », a déclaré Alessandro Teixeira président d’Apex-Brasil en prélude à l’exposition. « Le Brésil est aujourd’hui prêt à partager son expérience et son savoir-faire avec l’Afrique qui a un vrai potentiel et qui peut à son tour développer son secteur agricole et agro-industriel pour assurer sa souveraineté », a-t-il ajouté.
En marge de l’exposition, se tiendra à Dakar un Forum Brésil/Afrique subsaharienne organisé par le ministère brésilien des Relations extérieures. Ce forum sera l’occasion de présenter l’expérience brésilienne en matière de biocarburants, de technologie informatique et de sécurité alimentaire. L’objectif est d’échanger sur les opportunités en matière de transfert de technologie du Brésil vers l’Afrique.
Enfin, parallèlement à Brasil Agri-Solutions, une mission ministérielle brésilienne, dirigée par le ministre brésilien du Développement, de l’Industrie, et du Commerce extérieur, Miguel Jorge, séjournera dans quatre pays d’Afrique subsaharienne : Ghana, Sénégal, Nigeria et Guinée équatoriale.
Parmi les membres de cette délégation vont figurer des chefs d’entreprises brésiliens représentant plusieurs secteurs d’activité. « Il s’agit d’un événement important pour renforcer la coopération Sud-Sud, et plus particulièrement les relations commerciales entre le Brésil et les pays d’Afrique dans un partenariat gagnant-gagnant », a encore affirmé M. Teixeira.
L’Apex-Brasil a pour missions de promouvoir les exportations des biens et services du pays, de contribuer à accroître les exportations des entreprises brésiliennes et d’attirer des investissements étrangers au Brésil. L'Agence s’emploie à accroître le nombre d'entreprises exportatrices, augmenter la valeur ajoutée des produits exportés, consolider la présence du pays dans les marchés traditionnels et ouvrir de nouveaux marchés à l'étranger pour les produits et services.
A. Kalambry
Acceuil
TRANSACTIONS FONCIERES INTERNATIONALES
Les paysans maliens bientôt privés de terres
Après les bras valides, les mines, la forêt…, ce sont les terres arables d’Afrique qui sont convoitées par les puissances industrielles. En effet, pour faire face à l’insécurité alimentaire qui les guette de nos jours, elles n’ont trouvé meilleure solution que de s’offrir des terres en Afrique. Une transaction qui se fait avec les dirigeants des pays pauvres en totale exclusion des masses laborieuses de paysans.
« La croissance démographique africaine est encore beaucoup trop importante. Et au lieu de se préoccuper de ce sujet, certains dirigeants de la région ne trouvent rien d’autre que de vendre une partie des terres arables. Cette politique doit être fermement dénoncée » . L’attaque vient de l’association « Démographe responsable ».
Selon cette composante de l’influente société civile européenne, « les investisseurs internationaux jettent leur dévolu sur les terres agricoles, surtout les meilleures. Elles constituent pourtant le moyen de subsistance des populations locales, qui risquent d'en perdre l'accès. Mais, les gouvernements font peu de cas de ces dernières ». Des terres maliennes, voire africaines vendues en cachette à d’obscurs investisseurs ? Evidemment. « Le phénomène existe et il est massif », estime Paul Mathieu, un expert à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Et ce phénomène vient, pour la première fois, d'être analysé en détail dans huit pays africains par des experts de l'Institut international de l'environnement et du développement (IIED). Une étude faite en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (Fida) et la FAO.« Accaparement des terres ou opportunité de développement ? », est le titre de leur rapport d’étude publié le 25 mai 2009.
C’est le quotidien français, « Le Monde », qui a eu connaissance de ce document. Le rapport des experts du Fida et de la FAO appelle « à la consultation des populations rurales menacées et à une meilleure prise en compte de leurs intérêts dans les transactions ». En effet, ces transactions se feraient dans la plus grande opacité pour ne pas réveiller les soupçons des sociétés civiles et des organisations paysannes nationales. De l’avis des auteurs du rapport, il y a un manque total de transparence dans le processus de décision et les circuits d'investissement. Une situation, sciemment créée, pour favoriser la corruption.
Le rapport confirme l'accroissement des transactions à grande échelle. En 5 ans, en Ethiopie, au Ghana, au Mali, à Madagascar et au Soudan, ce sont 2,5 millions d'hectares sur lesquels les investisseurs se sont rués. Et le phénomène va encore s’accentuer, car les profits sont réels et juteux. La hausse du nombre de fonds privés occidentaux ou issus des pays du Golfe suggère que le phénomène d'accaparement de terres agricoles devrait croître.
« Comme souvent en Afrique, ces terres sont propriété des Etats et les paysans ne détiennent qu'un droit d'usage » , dénonce ladite étude. Elle précise, « les droits sur les terres offerts aux investisseurs sont très bas, car la priorité est donnée aux contreparties en termes d'emplois ou d'infrastructures. Mais, les contrats examinés sont presque tous courts et simples par rapport à la réalité économique de la transaction ».
Les engagements des investisseurs y restent vagues et la question de la répartition des récoltes entre exportation et consommation locale est totalement occultée. Il est clair que ces investisseurs se soucient plus de leurs marges bénéficiaires que l’autosuffisance alimentaire des Etats concernés.
« Les populations concernées sont tenues à l'écart des négociations et les données sur la superficie ou la nature des contrats ne sont pas rendues publiques. Si les transactions commerciales privées peuvent demander une certaine confidentialité, le manque de transparence paraît problématique quand il s'agit de discussions entre gouvernements » , déplore le rapport.
Les paysans laissés pour compte
« Cette absence de dialogue est un problème. Dans toutes nos actions, nous nous attachons à ce qu'il y ait un consentement libre et informé des populations quand il est question de ressources naturelles » , explique Jean-Philippe Audinet, directeur de la division des politiques au Fida. Il regrette surtout l’attitude des gouvernements qui préfèrent « le business au développement ».
Faut-il pour autant condamner ces « concessions » qui peuvent aller jusqu'à 99 ans ? C’est la question qu’on peut se poser dans le contexte actuel. L’IIED, le Fida et la FAO ne sont pas si catégoriques. « Il faut faire en sorte que ses effets soient positifs et ses dégâts minimes », estime Paul Mathieu, un expert à la FAO.« Tout dépend des termes de la négociation et de l'implication des acteurs, qui ne doivent inclure que les investisseurs et les Etats », estime l'un des auteurs du rapport, Morenzo Cotula de l’IIED.
Si l'accaparement de terres peut choquer, surtout dans des zones importatrices de denrées, les trois institutions veulent aussi y voir l'occasion, pour ces pays, de rendre leur agriculture plus productive. Les rapporteurs ne mettent pas moins les investisseurs, et tout autant les Etats, devant leurs responsabilités. « Les efforts pour attirer les investissements de grande échelle ne doivent pas détourner l'attention sur les besoins d'améliorer la sécurité des populations locales », jugent ainsi les auteurs.
Ils invitent les investisseurs à communiquer sur leurs véritables intentions dès le début des transactions. Concernant les pays hôtes, ils leur recommandent de clarifier leur politique en matière d'accueil d'investissements, de mettre l'accent sur le partage des bénéfices, « de réorienter les transactions vers la qualité, et non plus vers la quantité ».
Pour les auteurs du rapport d’étude, le phénomène va s'accentuer. Ce qui va irrémédiablement provoquer « des transformations économiques et sociales en Afrique et ailleurs ». Il est alors à craindre que « l'agrobusiness » n’hypothèque l’autosuffisance alimentaire dans les pays concernés. Cela est d’autant possible qu’on a vécu un scénario similaire dans les années où le coton était réellement « l’or blanc ». Dans les régions où la cotonculture était florissante, elle avait totalement étouffée la production céréalière.
Dans la situation actuelle, les paysans sont les dindons de la farce. En effet, l’un des problèmes majeurs de l’Afrique vient justement de l’absence de droits de propriété clairement définis. Cela est pourtant essentiels pour le développement car, sans propriété, pas d’incitation à investir. Les présentes locations de terres dans le dos des paysans est l’une des conséquences de cette lacune. Ce qui fait que, comme le déplore une consœur de « Le Monde », « il est alors d’autant plus simple pour des riches investisseurs étrangers de soudoyer des gouvernants corrompus ».
Il est évident donc que les présentes opérations, qui vont crescendo, ne rassurent aucun Africain qui se soucie réellement des intérêts de nos masses laborieuses. Surtout que, comme le dénonce le rapport publié par les Nations unies, « si les raisons qui conduisent à miser sur les terres agricoles africaines sont diverses, les acteurs en présence le sont plus encore, comme le montre le rapport ».
Une nouvelle bourgeoisie de milliardaires
Les pays hôtes ont su s'organiser pour attirer les candidats. Souvent, des agences publiques facilitent les transactions. En Afrique, ces investisseurs sont plutôt des acteurs privés, mais derrière, les Etats sont souvent présents. L'investissement direct d'agences publiques est lui plutôt rare et les fonds souverains moins présents qu'on aurait pu le croire. Ce qui n’empêche pas les gouvernements d’être actifs par bien d'autres moyens.
Cela se fait, par exemple, par l'intermédiaire de très dynamiques entreprises publiques, voire par des prises de participation dans des sociétés privées. A cet effet, les fonds d'investissement jouent un grand rôle, à l'image de celui d'Abu Dhabi (Emirats arabes unis) pour le développement. Il existe aussi des accords de gouvernement à gouvernement, comme celui entre le Soudan et la Syrie. C’est aussi le cas entre le Mali et le Sénégal, d’une part, et la Cen-Sad, d’autre part.
Pour les organisations paysannes et les individus, vu la multitude d'acteurs en présence et leur tenue à l'écart des processus d'attribution, il est bien difficile d'en remonter la chaîne. Et encore davantage de se retourner contre les investisseurs, surtout quand il s'agit de fonds publics.
Et c’est ce qui inquiète d’autant plus que la moralité des transactions est alors plus que douteuse. Le niveau de corruption et de l’irresponsabilité des décideurs est tel qu’on risque de bientôt voir l’émergence d’une nouvelle classe bourgeoise : les milliardaires des terres arables ! Aucun Africain n’est réellement satisfait de l’exploitation des mines par exemple.
Dans les zones aurifères du Mali, par exemple, il n’y a aucune réalisation en dehors des projets de saupoudrage. Les populations riveraines doivent se contenter des conséquences dramatiques aussi bien au niveau socioculturel qu’environnemental. Ce qui fait dire à de nombreux observateurs que, au Mali, « l’or ne brille pas pour tous ». Et il n’y a pire utopie que de croire que les recettes de la « location » de nos terres seront investies dans le développement des zones concernées.
Autant alors se battre pour contrer ces transactions douteuses alors qu’il est temps. Nous taire et fermer les yeux, c’est renoncer au peu de souveraineté qui nous restait encore.
Ben Barrack
(avec Le Monde)
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