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2009

Mois de Juin

Les Echos du 10 juin 2009

 

QUINZAINE DE L’ENVIRONNEMENT

Portes ouvertes sur la station d’épuration de Sotuba

Dans le cadre de la 10e édition de la Quinzaine de l’environnement, lancée le vendredi 5 juin, une journée portes ouvertes a été organisée hier à la station de traitement des eaux usées industrielles de Sotuba.

Le chantier de la station de traitement des eaux usées industrielles de Sotuba occupe un site de 19 hectares. Elle est conçue pour recevoir les eaux usées industrielles d’une trentaine d’usines et des eaux de drainage pluviales. Le plan comprend un collecteur de 11 km et 7 km d’égouts enterrés dans une profondeur de 2 km.

La station a une garantie de vie de 25 ans. A la fin des travaux, un projet d’assistance technique s’occupera de sa gestion. L’entreprise néerlandaise et l’Angesem vont assurer la formation du personnel, déterminer le tarif et le taux de redevance pour les usagers que sont les industriels.

Les travaux de la station de traitement des eaux usées industrielles de Sotuba ont commencé en 2001, dans le cadre du Projet d’assainissement de la zone industrielle de Sotuba (Pazis).

Le projet exécuté par deux entreprises néerlandaises est à 70 % de réalisation. Il est financé par la Coopération néerlandaise à environ 9,75 milliards de F CFA (15 millions d’euros). La maîtrise d’ouvrage est confiée à l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (Angesem), créée en octobre 2008 .

La Quinzaine de l’environnement, initiée dans notre pays depuis 10 ans par le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, le Secrétariat technique permanent des questions environnementales (STP/QE) et ses partenaires techniques et financiers, est l’occasion choisie par les plus hautes autorités, de sensibiliser les populations sur les questions environnementales.

Abdrahamane Dicko

 

 

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AGROBUSINESS

Le Brésil expose à Dakar

Brasil Agri-Solutions présente le savoir-faire brésilien dans le domaine de l’agriculture, des biocarburants et des produits alimentaires manufacturés. 25 grandes entreprises brésiliennes seront présentes dans la capitale sénégalaise et 16 pays africains dont le Mali ont confirmé leur participation et au moins 300 visiteurs professionnels sont attendus.

L’Agence brésilienne de promotion des exportations et des investissements (Apex-Brasil) organise du 9 au 10 juin 2009 à Dakar une grande exposition de produits brésiliens dans le domaine de l’agro-business.

Dénommée Brasil Agri-Solutions, l’exposition, qui se tient à l’hôtel Méridien-Président de Dakar, enregistre la participation de 25 grandes entreprises brésiliennes dans des secteurs aussi variés que les produits alimentaires manufacturés, la machinerie et la technologie agricole, les biocarburants, etc.

L’événement, auquel sont attendus au moins 300 visiteurs professionnels, a été lancé en présence du ministre brésilien du Développement, de l’Industrie et du Commerce extérieur, Miguel Jorge, de Mme Katia Gilabert, ambassadeur du Brésil à Dakar, et du président d’Apex-Brasil, Alessandro Teixeira.

Leader mondial dans plusieurs secteurs de l’agrobusiness, le Brésil a su démontrer ses capacités de production et son savoir-faire qu’il exporte déjà dans plusieurs parties du monde, y compris en Afrique. Cette exposition de l’agro-business brésilien va contribuer à la recherche de solutions novatrices et audacieuses pour faire face à des besoins locaux en Afrique.

«Le développement de l’agro-business au Brésil dans des domaines comme celui de la bioénergie prouve que le progrès est possible », a déclaré Alessandro Teixeira président d’Apex-Brasil en prélude à l’exposition. « Le Brésil est aujourd’hui prêt à partager son expérience et son savoir-faire avec l’Afrique qui a un vrai potentiel et qui peut à son tour développer son secteur agricole et agro-industriel pour assurer sa souveraineté », a-t-il ajouté.

En marge de l’exposition, se tiendra à Dakar un Forum Brésil/Afrique subsaharienne organisé par le ministère brésilien des Relations extérieures. Ce forum sera l’occasion de présenter l’expérience brésilienne en matière de biocarburants, de technologie informatique et de sécurité alimentaire. L’objectif est d’échanger sur les opportunités en matière de transfert de technologie du Brésil vers l’Afrique.

Enfin, parallèlement à Brasil Agri-Solutions, une mission ministérielle brésilienne, dirigée par le ministre brésilien du Développement, de l’Industrie, et du Commerce extérieur, Miguel Jorge, séjournera dans quatre pays d’Afrique subsaharienne : Ghana, Sénégal, Nigeria et Guinée équatoriale.

Parmi les membres de cette délégation vont figurer des chefs d’entreprises brésiliens représentant plusieurs secteurs d’activité. « Il s’agit d’un événement important pour renforcer la coopération Sud-Sud, et plus particulièrement les relations commerciales entre le Brésil et les pays d’Afrique dans un partenariat gagnant-gagnant », a encore affirmé M. Teixeira.

L’Apex-Brasil a pour missions de promouvoir les exportations des biens et services du pays, de contribuer à accroître les exportations des entreprises brésiliennes et d’attirer des investissements étrangers au Brésil. L'Agence s’emploie à accroître le nombre d'entreprises exportatrices, augmenter la valeur ajoutée des produits exportés, consolider la présence du pays dans les marchés traditionnels et ouvrir de nouveaux marchés à l'étranger pour les produits et services.

A. Kalambry

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TRANSACTIONS FONCIERES INTERNATIONALES

Les paysans maliens bientôt privés de terres

Après les bras valides, les mines, la forêt…, ce sont les terres arables d’Afrique qui sont convoitées par les puissances industrielles. En effet, pour faire face à l’insécurité alimentaire qui les guette de nos jours, elles n’ont trouvé meilleure solution que de s’offrir des terres en Afrique. Une transaction qui se fait avec les dirigeants des pays pauvres en totale exclusion des masses laborieuses de paysans.

« La croissance démographique africaine est encore beaucoup trop importante. Et au lieu de se préoccuper de ce sujet, certains dirigeants de la région ne trouvent rien d’autre que de vendre une partie des terres arables. Cette politique doit être fermement dénoncée » . L’attaque vient de l’association « Démographe responsable ».

Selon cette composante de l’influente société civile européenne, « les investisseurs internationaux jettent leur dévolu sur les terres agricoles, surtout les meilleures. Elles constituent pourtant le moyen de subsistance des populations locales, qui risquent d'en perdre l'accès. Mais, les gouvernements font peu de cas de ces dernières ». Des terres maliennes, voire africaines vendues en cachette à d’obscurs investisseurs ? Evidemment. « Le phénomène existe et il est massif », estime Paul Mathieu, un expert à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Et ce phénomène vient, pour la première fois, d'être analysé en détail dans huit pays africains par des experts de l'Institut international de l'environnement et du développement (IIED). Une étude faite en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (Fida) et la FAO.« Accaparement des terres ou opportunité de développement ? », est le titre de leur rapport d’étude publié le 25 mai 2009.

C’est le quotidien français, « Le Monde », qui a eu connaissance de ce document. Le rapport des experts du Fida et de la FAO appelle « à la consultation des populations rurales menacées et à une meilleure prise en compte de leurs intérêts dans les transactions ». En effet, ces transactions se feraient dans la plus grande opacité pour ne pas réveiller les soupçons des sociétés civiles et des organisations paysannes nationales. De l’avis des auteurs du rapport, il y a un manque total de transparence dans le processus de décision et les circuits d'investissement. Une situation, sciemment créée, pour favoriser la corruption.

Le rapport confirme l'accroissement des transactions à grande échelle. En 5 ans, en Ethiopie, au Ghana, au Mali, à Madagascar et au Soudan, ce sont 2,5 millions d'hectares sur lesquels les investisseurs se sont rués. Et le phénomène va encore s’accentuer, car les profits sont réels et juteux. La hausse du nombre de fonds privés occidentaux ou issus des pays du Golfe suggère que le phénomène d'accaparement de terres agricoles devrait croître.

« Comme souvent en Afrique, ces terres sont propriété des Etats et les paysans ne détiennent qu'un droit d'usage » , dénonce ladite étude. Elle précise, « les droits sur les terres offerts aux investisseurs sont très bas, car la priorité est donnée aux contreparties en termes d'emplois ou d'infrastructures. Mais, les contrats examinés sont presque tous courts et simples par rapport à la réalité économique de la transaction ».

Les engagements des investisseurs y restent vagues et la question de la répartition des récoltes entre exportation et consommation locale est totalement occultée. Il est clair que ces investisseurs se soucient plus de leurs marges bénéficiaires que l’autosuffisance alimentaire des Etats concernés.

« Les populations concernées sont tenues à l'écart des négociations et les données sur la superficie ou la nature des contrats ne sont pas rendues publiques. Si les transactions commerciales privées peuvent demander une certaine confidentialité, le manque de transparence paraît problématique quand il s'agit de discussions entre gouvernements » , déplore le rapport.

Les paysans laissés pour compte

« Cette absence de dialogue est un problème. Dans toutes nos actions, nous nous attachons à ce qu'il y ait un consentement libre et informé des populations quand il est question de ressources naturelles » , explique Jean-Philippe Audinet, directeur de la division des politiques au Fida. Il regrette surtout l’attitude des gouvernements qui préfèrent « le business au développement ».

Faut-il pour autant condamner ces « concessions » qui peuvent aller jusqu'à 99 ans ? C’est la question qu’on peut se poser dans le contexte actuel. L’IIED, le Fida et la FAO ne sont pas si catégoriques. « Il faut faire en sorte que ses effets soient positifs et ses dégâts minimes », estime Paul Mathieu, un expert à la FAO.« Tout dépend des termes de la négociation et de l'implication des acteurs, qui ne doivent inclure que les investisseurs et les Etats », estime l'un des auteurs du rapport, Morenzo Cotula de l’IIED.

Si l'accaparement de terres peut choquer, surtout dans des zones importatrices de denrées, les trois institutions veulent aussi y voir l'occasion, pour ces pays, de rendre leur agriculture plus productive. Les rapporteurs ne mettent pas moins les investisseurs, et tout autant les Etats, devant leurs responsabilités. « Les efforts pour attirer les investissements de grande échelle ne doivent pas détourner l'attention sur les besoins d'améliorer la sécurité des populations locales », jugent ainsi les auteurs.

Ils invitent les investisseurs à communiquer sur leurs véritables intentions dès le début des transactions. Concernant les pays hôtes, ils leur recommandent de clarifier leur politique en matière d'accueil d'investissements, de mettre l'accent sur le partage des bénéfices, « de réorienter les transactions vers la qualité, et non plus vers la quantité ».

Pour les auteurs du rapport d’étude, le phénomène va s'accentuer. Ce qui va irrémédiablement provoquer « des transformations économiques et sociales en Afrique et ailleurs ». Il est alors à craindre que « l'agrobusiness » n’hypothèque l’autosuffisance alimentaire dans les pays concernés. Cela est d’autant possible qu’on a vécu un scénario similaire dans les années où le coton était réellement « l’or blanc ». Dans les régions où la cotonculture était florissante, elle avait totalement étouffée la production céréalière.

Dans la situation actuelle, les paysans sont les dindons de la farce. En effet, l’un des problèmes majeurs de l’Afrique vient justement de l’absence de droits de propriété clairement définis. Cela est pourtant essentiels pour le développement car, sans propriété, pas d’incitation à investir. Les présentes locations de terres dans le dos des paysans est l’une des conséquences de cette lacune. Ce qui fait que, comme le déplore une consœur de « Le Monde », « il est alors d’autant plus simple pour des riches investisseurs étrangers de soudoyer des gouvernants corrompus ».

Il est évident donc que les présentes opérations, qui vont crescendo, ne rassurent aucun Africain qui se soucie réellement des intérêts de nos masses laborieuses. Surtout que, comme le dénonce le rapport publié par les Nations unies, « si les raisons qui conduisent à miser sur les terres agricoles africaines sont diverses, les acteurs en présence le sont plus encore, comme le montre le rapport ».

Une nouvelle bourgeoisie de milliardaires

Les pays hôtes ont su s'organiser pour attirer les candidats. Souvent, des agences publiques facilitent les transactions. En Afrique, ces investisseurs sont plutôt des acteurs privés, mais derrière, les Etats sont souvent présents. L'investissement direct d'agences publiques est lui plutôt rare et les fonds souverains moins présents qu'on aurait pu le croire. Ce qui n’empêche pas les gouvernements d’être actifs par bien d'autres moyens.

Cela se fait, par exemple, par l'intermédiaire de très dynamiques entreprises publiques, voire par des prises de participation dans des sociétés privées. A cet effet, les fonds d'investissement jouent un grand rôle, à l'image de celui d'Abu Dhabi (Emirats arabes unis) pour le développement. Il existe aussi des accords de gouvernement à gouvernement, comme celui entre le Soudan et la Syrie. C’est aussi le cas entre le Mali et le Sénégal, d’une part, et la Cen-Sad, d’autre part.

Pour les organisations paysannes et les individus, vu la multitude d'acteurs en présence et leur tenue à l'écart des processus d'attribution, il est bien difficile d'en remonter la chaîne. Et encore davantage de se retourner contre les investisseurs, surtout quand il s'agit de fonds publics.

Et c’est ce qui inquiète d’autant plus que la moralité des transactions est alors plus que douteuse. Le niveau de corruption et de l’irresponsabilité des décideurs est tel qu’on risque de bientôt voir l’émergence d’une nouvelle classe bourgeoise : les milliardaires des terres arables ! Aucun Africain n’est réellement satisfait de l’exploitation des mines par exemple.

Dans les zones aurifères du Mali, par exemple, il n’y a aucune réalisation en dehors des projets de saupoudrage. Les populations riveraines doivent se contenter des conséquences dramatiques aussi bien au niveau socioculturel qu’environnemental. Ce qui fait dire à de nombreux observateurs que, au Mali, « l’or ne brille pas pour tous ». Et il n’y a pire utopie que de croire que les recettes de la « location » de nos terres seront investies dans le développement des zones concernées.

Autant alors se battre pour contrer ces transactions douteuses alors qu’il est temps. Nous taire et fermer les yeux, c’est renoncer au peu de souveraineté qui nous restait encore.

Ben Barrack

(avec Le Monde)

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ECHOS DES REGIONS

SIKASSO

Le pois sucré revient en force

A cause d’une concurrence entre exportateurs espagnols, le pois sucré malien a frôlé le boycott. Vérification faite, il a un taux d’aflatoxine nul. C’est la ruée désormais.

Le pois sucré est exclusivement cultivé dans la région de Sikasso, principalement dans les cercles de Kadiolo et de Sikasso pendant l’hivernage. Il est semé au mois de juillet ou août et récolté en décembre ou janvier. Sa campagne de commercialisation était jusque-là une activité secondaire des producteurs qui mettaient plutôt l’accent sur le coton et la mangue à cause de leur forte rentabilité.

La campagne 2009 du pois sucré est positive. Le rendement est élevé et la demande forte. Ainsi, les producteurs ont pu le vendre à un prix rémunérateur de 225 F CFA le kilo. L’organisation dans la commercialisation est libre. Plus de 500 tonnes ont été écoulées par les producteurs regroupés au sein de deux coopératives. Une partie a été vendue sur le marché national, notamment à Bamako, Mopti et Gao.

La rentabilité, selon Sibiri Sanogo, producteur et président de la Chambre locale, est satisfaisante. Après le coton, la mangue et le bétail, le pois sucré, dit-il, vient en 4e position en termes de revenus financiers pour des paysans.

Il faut dire que la culture du pois sucré est facile. Il ne demande pas de sarclage une fois semé. Avec un peu d’engrais, le paysan peut vaquer à d’autres occupations. Sa conservation étant également aisée, le pois sucré est décidément un produit porteur.

L’Espagne, principale cliente des producteurs de pois sucré du Mali depuis des années, s’est beaucoup intéressée à l’importation cette année après des périodes tumultueuses dues à une concurrence rude entre Espagnols et marquées par une rumeur distillée sur le taux d’aflatoxine dans le pois sucré malien.

Une culture porteuse

L’aflatoxine est un produit toxique dont le taux de tolérance ne doit pas dépasser 9 %. Or, un importateur espagnol avait susurré aux oreilles de ses compatriotes que le taux d’aflatoxine du pois sucré malien est de 22 %, donc dépasse le seuil de tolérance.

Après vérification auprès de plusieurs laboratoires en Côte d’Ivoire, au Mali, en France, il s’est avéré que cette information est fausse. Les experts ont révélé que le taux réel d’aflatoxine dans le pois sucré du Mali est de 0 % et donc qu’il est meilleur.

Aujourd’hui, 500 tonnes de pois sucré du Mali sont exclusivement exportées vers l’Espagne pour être transformées en jus. Les producteurs sont en négociations avec certains partenaires pour l’implantation d’unités de transformation plus modernes à Sikasso.

M. Sanogo rappelle que le pois sucré est d’ores et déjà transformé dans certains pays de la sous-région comme le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Ghana, et s’y vend bien. La conservation du jus nécessite néanmoins la mise en place d’un système froid, et l’emballage devant obéir à des conditions sanitaires.

De nos jours, à Sikasso, la transformation est faite par des femmes qui tirent leur épingle du jeu en respectant les conditions d’hygiène.

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

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CONTRACEPTION

Les jeunes filles intéressées au premier plan

Les cliniques de l'Association malienne pour la protection et la promotion de la famille (AMPPF) et de l’Asdap sont fréquentées à plein temps par les jeunes. En moyenne, elles reçoivent une vingtaine de jeunes filles par jour qui viennent spécialement demander des produits contraceptifs.

Située au cœur de la capitale Bamako, l’AMPPF, qui a pour vocation la promotion du bien-être de la famille, offre des produits contraceptifs, comme la pilule, le Norplant, le Femidom, le préservatif, le diaphragme, les spermicides, le stérilet… Autant de méthodes dont les prix sont affichés sur un grand tableau, juste à l’entrée de la clinique.

Là-bas, une femme en blouse blanche fait son entrée, s'installe dans son bureau. Quelques instants après, deux jeunes filles la sollicitent afin de bénéficier d'une méthode contraceptive. Reçues à bras ouvert par Dr. Haby Konaté, elles répondent timidement aux questions avant de dire la raison de leur présence dans ce centre où l'on offre différents services aux jeunes et aux adultes qui y viennent volontairement demander une méthode contraceptive ou des conseils en matière de santé de la reproduction .

« Après deux maternités, j’ai été orientée ici par ma copine qui m’a fait savoir que je pouvais adopter une méthode contraceptive pour ne plus contracter une grossesse non désirée » , témoigne l'une des deux filles, qui a requis l'anonymat.

Accompagnée de son amie, âgée d’au moins 20 ans, l’étudiante célibataire, sexuellement active, a décidé de recourir dès cet instant à la contraception pour éviter toute grossesse non désirée .

Selon Dr. Konaté, des jeunes filles viennent fréquemment pour la contraception à l’AMPPF. Même son de cloche à l’Asdap où en moyenne, on reçoit une vingtaine de jeunes filles de toutes les catégories socioprofessionnelles (servantes saisonnières, élèves, étudiantes, célibataires ou mariées).

Pour Dr. Konaté, les jeunes qui viennent solliciter des produits contraceptifs ont entre 13 et 25 ans. « Nous en recevons, en moyenne, une vingtaine par jour ». A ses dires, toutes les méthodes leur sont proposées. « Elles font leur choix après les explications sur les avantages et inconvénients sur chaque produit ».

A en croire les responsables de l’AMPPF et de l’Asdap, les jeunes n'éprouvent aucune difficulté à fréquenter les cliniques. « Elles viennent des fois avec leurs parents ou se font accompagner de leurs maris qui veulent leur éviter les grossesses non désirées et ou précoces », indique Dr. Diarra de l’Asdap qui ajoute qu'il arrive que des mères viennent elles-mêmes demander une méthode contraceptive pour leurs filles sans leur consentement.

« Dans des cas pareils, nous leur conseillons d'en discuter avec leurs enfants d'abord pour les convaincre de venir. Dans la plupart des cas, elles reviennent avec leurs filles qui font leur choix » .

Idrissa Sako

 

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ICP-SARL

Mieux gérer la fin d’un marché public

International Consultant for Procurement (ICP-SARL), un cabinet d’expertise, de conseil, d’assistance et de formation en passation de marchés publics et privés a tenu le 9 juin un séminaire de formation spécialisée sur le thème « comment gérer la fin d’un marché public » ?

« Comment gérer la fin d’un marché public ? » a pour objectifs de maîtriser la réglementation applicable aux marchés publics dans leurs phases d’achèvement, d’identifier les différents types de fin auxquels sont soumis les marchés publics, de déterminer les rôles et les responsabilités des différents acteurs concernés, de réussir la prévention et le traitement des litiges à la fin des marchés.

Pour le formateur, Mathieu Gnoléba Mathieu, spécialiste en passation de marchés, «très généralement, la gestion de fin d’un marché pose problèmes et peut même engendrer des contentieux entre les contractants ».

ICP-SARL met en place des outils de passation, de gestion et d’administration du processus de gestion des marchés, assiste les administrateurs, les collectivités décentralisées, les projets et répond aux questions relatives aux marchés publics et privés dans leurs dimensions réglementaires et juridiques. Il conçoit et anime des séminaires, stages, ateliers et forums portant sur les aspects des marchés publics et privés et des achats privés.

Pour parvenir à ses objectifs fixés, trois bureaux d’intervention avec une couverture à court terme dans douze pays de la sous-région ont été créés. Il s’agit de celui du Mali, qui couvre le Niger, la Mauritanie, et le Tchad ; celui de la Guinée-Conakry, qui couvre le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Liberia et celui de la Côte d’Ivoire qui couvre le Burkina Faso, le Togo et le Bénin.

Durant trois jours de formation, des responsables des achats, chefs d’approvisionnement, conseillers juridiques, responsables des travaux et des collaborateurs en charge de la passation, de l’exécution et du suivi des marchés publics bénéficieront d'une formation sur les obligations du titulaire du marché ; les obligations de l’administration et beaucoup d’autres questions relatives à la gestion des marchés publics afin qu’ils puissent parvenir à gérer la fin d’un marché public.

Anne-Marie Kéita

(stagiaire)

 

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GABON

Quel après-Bongo ?

Après de forts démentis, les autorités gabonaises ont finalement annoncé, lundi 8 juin dans l’après-midi, le décès du président Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967. Une nouvelle ère s’ouvre au Gabon qui écrit une nouvelle page de son histoire, mais personne ne sait de quoi sera fait l’après-Bongo.

De quoi sera fait l’après-Bongo ? C’est nul doute la question qui taraude autant les Gabonais que toute la communauté internationale tant les commentaires faits sur le décès du président Omar Bongo laissent perplexes plus d’un. Homme d’Etat, respecté et écouté par ses pairs africains, considéré par l’Hexagone, l’ancienne puissance colonisatrice, Omar Bongo aura incontestablement marqué l’histoire de son pays, du continent africain et particulièrement les relations France-Afrique, d’une encre indélébile.

Depuis le décès du président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, en 1993, il avait repris le flambeau d’une « Françafrique » en déclin depuis le Sommet de La Baule. Doyen des chefs d’Etat sur le continent, le président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, avait passé plus de 40 au pouvoir, sans coup d’Etat. Du jamais vu en Afrique !

Arrivée à la tête du Gabon riche en pétrole, Oumar Bongo aura connu et fréquenté pas moins de six présidents français. Le dernier, qui avait promis de rompre d’avec des pratiques d’un autre temps et de ténébreux réseaux franco-africains, se rendit même sans broncher à Libreville pour son 1er voyage en terre africaine, en juillet 2007. Le soir de son élection, Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs appelé un seul dirigeant étranger, avant même la fermeture des bureaux de vote, pour le remercier pour ses « conseils » : Omar Bongo.

Omar Bongo était loin d’être seulement un serviteur zélé de la « Françafrique ». Il était aussi un connaisseur de la scène politique française, qui avait su se rendre indispensable, en se créant un réseau d’obligés à Paris, de droite comme de gauche. « Le vieux sage » comme on aimait à le désigner a toujours été soupçonné d’avoir financé plusieurs campagnes électorales. Mais ce rôle occulte n’a jamais été éclairci par la justice française.

Lors du retentissant procès d’Elf, dans les années 1990, son nom a été beaucoup cité. Mais, Bongo a finalement été épargné. « L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant », disait-il à «  Libération » en 1996. Bongo savait aussi confier des missions de conseil et d’audit à des dirigeants politiques prometteurs ou confirmés comme autant d’investissements. Ces derniers mois, on a beaucoup parlé de Bernard Kouchner. Mais la liste de personnalités politiques de tous bords ayant cédé à ses sirènes est longue.

Un règne sans force

Au Gabon, il a su régner sans faire usage de la force, contrairement à nombre de dirigeants africains qui n’hésitent pas à embastiller leurs opposants, voire les assassiner carrément. La clé de sa réussite de cette longévité au pouvoir, selon des observateurs de la scène politique gabonaise, résulte dans son instinct politique hors pair et dans un usage raisonné de la corruption.

Né en 1935 dans une famille de paysans du pays batéké, une ethnie minoritaire du Sud-est du Gabon, Bongo s’est longtemps fait prénommer Albert-Bernard. Après des études secondaires au Congo, il exerce un emploi modeste au sein des postes. En 1973, Albert devient Omar, car il se convertit à l’islam, dit-on, sur les conseils du Guide de la révolution libyenne, le colonel Kadhafi.

Il est à noter que cette conversion d’Omar Bongo intervient alors que le Gabon rejoint l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (Opep), dominée par des pays d’obédience musulmane. Trente ans plus tard, Bongo ajoutera le nom de son père « Ondimba ». Motif : il affirmait avoir été interpellé par son géniteur dans un rêve mouvementé. Mais son appartenance aux réseaux maçonniques a joué un rôle bien plus important au cours de sa longue carrière que son adhésion à l’islam.

Omar Bongo doit son ascension au pouvoir au Gabon tout autant aux Français qu’au 1er président du Gabon indépendant : Léon Mba. Ce dernier le fait nommer directeur de son cabinet. En 1964, lorsque Léon Mba est renversé par un putsch, avant d’être rétabli dans ses fonctions par les paras français, Bongo refuse de le lâcher. Le président Mba le nomme alors vice-président, et à sa mort en 1967, Bongo lui succède naturellement avec l’assentiment de Paris.

Et tout porte à croire que le futur président du Gabon sera celui que Paris aura désigné d’autant plus que l’influence de l’Hexagone sur ce pays, sur toutes les colonies d’ailleurs demeure intacte. La présidentielle annoncée dans 45 jours, soit 15 jours après la fin du deuil national, paraît donc n’être qu’une simple formalité, histoire de légitimer le prochain pouvoir qui sera de toute façon sorti des urnes. Justement l’après-Bongo préoccupe toute la communauté internationale.

Nouvelle ère ?

A l’image de Félix Houphouët-Boigny, Bongo a su redistribuer l’argent du pétrole commentent certains observateurs, en veillant à ce qu’aucune communauté ne se sente marginalisée, gage de la stabilité de son pouvoir. Mais, si son pays a échappé aux soubresauts qui ont ensanglanté nombre de pays africains et qui continent d’ailleurs pour prendre l’exemple du Tchad, de la grande île Madagascar, du Soudan, de la Mauritanie, de la Guinée Conakry, il n’a jamais décollé économiquement.

La manne pétrolière gabonaise, qui est une ressource tarissable, a profité à une petite coterie dans l’entourage du président défunt, estiment d’autres analystes, alors que la moitié de la population vit dans la pauvreté.

Au cours de son long règne, Bongo a coopté un à un ses opposants au sein des différents gouvernements qui se sont succédé à Libreville en 40 ans, réduisant ainsi à néant toute idée ou entreprise d’alternance. Ce qui pose maintenant le problème de sa succession qui risque de se révéler d’autant plus délicate à gérer, en l’absence de relève crédible.

La Constitution prévoit, en cas de décès du chef de l’Etat, l’organisation d’une élection sous 45 jours. Et pour le moment, l’intérim est assuré par le président du Sénat. Au fil des ans, sa famille a pris une place prépondérante dans la haute administration et au sein des entreprises stratégiques.

Sa fille, Pascaline, qui dirige le cabinet présidentiel, a entre ses mains la haute finance, tandis que son fils, Ali, contrôle l’armée à la tête de laquelle, il ne faut pas s’en douter, il a placé ses fidèles parmi les fidèles. Vice-président du parti au pouvoir, Ali est idéalement placé pour succéder à son père, étant donné la brièveté de la campagne et l’état d’impréparation de ses adversaires.

En tous les cas, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre au Gabon, une nouvelle page de son histoire qui s’écrit.

Denis Koné

 

TEMOIGNAGE D’ALPHA OUMAR KONARE

« Bongo est une victime de la Françafrique »

Les témoignages d’anciens chefs d’Etats africains et de chefs d’Etat en exercice ainsi que de personnalités politiques françaises ont fusé de partout à l’annonce de la mort d’El hadj Omar Bongo Ondimba. Alpha Oumar Konaré, ancien président de la Commission de l’Union africaine et du Mali pense comme bon nombre de témoins qui ont côtoyé le défunt président que « c’est un baobab qui est tombé ».

Invité de RFI hier à 6 h 30, le président Konaré a cité le président tchadien, Idriss Déby qui l’avait précédé dans la série de témoignages faits sur RFI en affirmant que la mort du président gabonais est une perte pour le continent et que c’est un baobab qui est tombé.

Personne mieux que l’ancien président malien n’a fréquenté assidûment El hadj Omar Bongo en sa qualité de doyen des chefs d’Etat africains et lui en tant que président de la Commission de l’UA. Il le consultait sur toutes les questions brûlantes africaines, de la rébellion ivoirienne à la crise du Darfour en passant par le conflit armé tchadien, entre autres.

La voix de la sagesse qu’il prônait en chaque circonstance ont, selon Alpha Oumar Konaré, contribué à trouver une solution à de nombreuses crises intra-africaines. Connu et considéré par certains comme un des défenseurs ardus de la « Françafrique », Alpha lui-même qui a toujours été contre cette forme de « néo-colonialisme » en la « Françafrique », a indiqué que « Bongo a été au contraire une victime de la Françafrique ».

Pour ce qui est de l’après-Bongo, Alpha garde de réels espoirs affirmant qu’il y a des hommes et des femmes dans ce petit pays de l’Afrique centrale immensément riche en pétrole et d’autres richesses naturelles, qui pourront poursuivre l’œuvre d’unité nationale et de stabilité économique et sociale du défunt président.

Abdrahamane Dicko

 

Le doyen tire sa révérence

Après des hésitations et des tergiversations, les autorités gabonaises ont fini par annoncer, le lundi aux environs de 12 h 30 la mort du président Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967.

Hospitalisé depuis début mai dans une clinique de Barcelone, le président Bongo, âgé de 73 ans, souffrait d'un cancer intestinal.

Né sous le nom d'Albert-Bernard Bongo dans la province du Haut-Ogooué à Lewaï (depuis rebaptisée Bongoville), il est le benjamin d'une famille d'agriculteurs de 12 enfants, issue des ethnies Batéké et Obamba. Il effectue ses études primaires et secondaires au Congo, puis après son service militaire, il rejoint d'abord les services secrets français, puis l'entourage de Léon Mba, futur président du Gabon tout en travaillant comme commis des postes.

Il parvint par la suite à opposer à la stratégie commune une approche plus transversale, mais non moins subversive, telle que déclamée dans une lettre ouverte aux représentants de l'ordre établi, datée du 15 mai 1970

Grand médiateur dans les crises africaines, El hadj Oumar Bongo a récemment été remercié pour son rôle dans le processus de paix en cours en Centrafrique. Il a aussi servi de médiateur pour les accords de paix au Congo-Brazza en 1999, qui ont permis de pacifier le pays en proie à la guerre civile. Ne s’est-il pas aussi investi pour tenter de résoudre le conflit tchadien ? Au sein d'une Afrique agitée, il se voulait le garant de la stabilité et de la paix dans son pays.

Tout aussi peu indulgent, Bongo a soutenu le mercenaire français Bob Denard contre le Bénin en 1977. Le Bénin Aujourd'hui considère qu'il a aussi joué les pompiers pyromanes dans la guerre civile du Congo-Brazza. Il aurait soutenu militairement et financièrement Sassou Nguesso dans sa tentative de renversement de Pascal Lissouba. Il est vrai que Sassou Nguesso n'est autre que le beau-père d'Omar Bongo.

S'il y a une satisfaction qu'il pourra emporter avec lui au-delà, c'est bien la réalisation de son rêve, celui de mourir au pouvoir. Un rêve que caressent aussi, sous nos tristes tropiques, nombre de rois-nègres qui nous gouvernent et qui n'entendent pas du tout passer la main.

Certes, tout n'est pas négatif dans le bilan du dirigeant gabonais qui a régné sans partage sur son pays pendant 41 ans. Mais, pour la plupart des Africains, il reste avant tout comme le grand symbole de la Françafrique.

Idrissa Sako

 

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