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2009

Mois de Juillet

Les Echos du 31 juillet 2009

 

SUR LE CONTENTIEUX AU BVG

Daniel Tessougué recadre le Végal

Le Vérificateur général pense que le contentieux qui l’oppose à neuf de ses « agents » est définitivement clos. Le porte-parole du Collectif démontre ci-dessous qu’il se trompe sur toute la ligne et qu’il devra s’attendre à des jours agités très prochainement.

« Conformément aux dispositions de l'article 27 de la loi n°00-046 du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et délit de presse, il me plait au nom du Collectif des agents publics du BVG victimes des exactions de Sidi Sosso Diarra, d'user de notre droit de réponse.

En effet, dans votre très sérieuse page, il est apparu que lors de sa conférence de presse du 28 juillet 2009, le Vérificateur général a poussé l'incurie pour prétendre et je cite : « Pour ma part, cette affaire est close. Le lien de collaboration n'était plus possible entre nous. Les partants ont exigé des dommages. Cela a été réglé. J'ai appliqué tout ce que la médiation me recommandait ».

Sidi Sosso Diarra peut prendre ses désirs pour la réalité, mais du règlement de ce contentieux, on en est encore très loin. Même si nous avons subi des préjudices, à aucun moment, nous n'avons exigé des dommages et nous le mettons au défi d'exhiber le moindre document portant accord sur un quelconque règlement.

Nous avions posé suite à l'intervention du président de la République comme préalable à toute discussion, le paiement intégral des arriérés de salaires, conformément à la loi, ce d'autant plus que les différents actes (décrets et arrêtés) qui nous mettent en détachement auprès du BVG sont et demeurent en vigueur. A la suite de cette exigence, le vérificateur général s'est exécuté en partie. De là à parler de règlement définitif, il y a bien un pas que tout esprit lucide se garderait de franchir.

Les conditions pour régler définitivement ce contentieux se trouvent dans la bonne volonté des autorités publiques, en dehors de toute fuite en avant, car les solutions sont juridiques. Or, atteint d'une paranoïa, Sidi Sosso Diarra voit partout un complot pour le sevrer des milliards que l'Etat met à sa disposition et dont tôt ou tard il devra répondre de la gestion.

Qu'il se rassure, nous n'avons pas du temps à perdre sur sa personne, qui ne nous intéresse guère. Notre combat est un combat de principe pour le respect de l'Etat de droit, et sur ce point-là, rien ne nous fera reculer ».

P/le Collectif

Daniel Amagoin Tessougué

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SOGONIKO

La gare Bittar fait inonder le cimetière

L’aménagement de la nouvelle gare Bittar a obstrué le marigot, provoquant des dégâts dans le cimetière et les concessions environnantes.

Dans notre parution d’hier, nous faisions état de l’inondation du cimetière de Sogoniko, situé en face de l’avenue de l’OUA par le débordement du marigot contigu. Cet incident qui a fait s’effondrer une centaine de tombes et des murs des ateliers et concessions voisines a été provoqué par les travaux de chantier d’un particulier.

Après enquêtes, nous sommes en mesure d’affirmer que le chantier appartient au président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Jeamille Bittar. Ce dernier est butté à un problème d’héritage en ce sens que l’actuel site de Bittar Trans contiguë à la Gare routière de Sogoniko ne lui appartient pas.

Il a été obligé d’ériger une nouvelle gare pour sa compagnie et a jeté son dévolu sur les abords immédiats du cimetière de Sogoniko. L’espace lui a été attribué par le maire du district Adama Sangaré.

Il n’y a rien d’anormal jusque-là et tout se serait bien passé si Bittar avait eu le souci de protéger le cimetière et les maisons environnantes en respectant un plan de construction conforme à la réalité du terrain. Tout le monde, y compris les autorités communales et la chefferie traditionnelle l’ont laissé faire. L’Association des jeunes pour le développement de Sogoniko (AJDS) est l’une des rares associations à se battre comme un beau diable pour éviter la catastrophe dans le quartier, mais elle n’a jamais été entendue.

Selon le président de l’AJDS, Mamadou Fané, « ayant appris que la parcelle a été affectée à Bittar pour la construction de sa gare, nous nous y sommes opposé en indiquant que le lieu ne s’y prête pas. Mais le chef de village de Sogoniko, Lassana Sangaré, nous a traités des gens opposés au développement du quartier ».

La solution facile

L’AJDS, aux dires de son président, a fait contre mauvaise fortune bon cœur. M. Fané a ajouté qu’ils ont conseillé que si le projet devait s’exécuter, il doit se faire dans les règles de l’art. Selon lui, Bittar devait recommander à ses maçons de construire au préalable un pont suspendu à des poteaux plantés en profondeur et enfouis dans du béton armé.

A cause de son coût jugé élevé, cette solution visant à construire un pont permettant l’écoulement des eaux du marigot n’a même pas été envisagée par le propriétaire de la nouvelle gare. Jeamille Bittar, le PDG de Bittar Trans, a simplement remblayé sa parcelle jusque dans le lit du marigot avec des voyages de banco. L’opération a eu pour conséquences, l’obstruction du passage de l’eau. Les pluies diluviennes tombées sur Bamako et environs dans la nuit de lundi à mardi 28 juillet 2009 sont à l’origine des inondations.

Malgré nos tentatives, nous n’avons pas pu joindre le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon pour connaître l’implication de sa mairie dans ce scandale et les dispositions prises pour réparer les dégâts ou même désaffecter la parcelle. Mais déjà, un élu municipal écarte toute la responsabilité de la Commune VI et dit que la mairie soutient au contraire l’AJDS dans son combat.

Les populations de Sogoniko choquées par l’effondrement d’une centaine de tombeaux qualifient Bittar de « profanateur de tombes ». Beaucoup de gens commencent à craindre les problèmes de santé que l’inondation des tombeaux peut provoquer dans le quartier, car des familles et ateliers proches du cimetière sont toujours en immersion totale.

Abdrahamane Dicko

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ANICT

Le rapport du Végal qui fait rougir Ag Erlaf

De structures épinglées ne sont pas d’accord avec le rapport du Végal. L’adrénaline est montée d’un cran chez le directeur général de l’Anict auquel il est reproché 44 millions de F CFA de manque à gagner.

Mohamed Ag Erlaf, le DG de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (Anict) sent le ciel lui tomber sur la tête et la terre se dérober sous ses pieds. Elle est de toutes les structures celle que le rapport 2008 du Végal a le plus choqué. Dans sa lettre de mise à niveau adressée au BVG et qui s’est retrouvée en même temps dans la presse, M. Ag Erlaf ne reconnaît pas le montant des 44 millions de F CFA.

Il est en fait reproché à l’Anict un manque à gagner portant sur 44 483 221 F CFA de fraude et de mauvaise gestion et 40 802 317 millions de F CFA proposés au recouvrement. Les faits constatés vont des procédures écrites concernant des droits de tirage qui ne sont pas détaillées et complètes, au manque de suivi des ordres de virements en faveur des comptes de Fonds d’investissement des collectivités territoriales (Fict) et du Fonds national d’appui aux collectivités territoriales (Fnact), aux paiements effectués par la trésorerie de Mopti qui avaient fait l’objet d’annulation.

Outre, ces points noirs, le rapport dans une large mesure encense l’Anict dans ses missions de financements des infrastructures des collectivités territoriales avec l’argent de l’Etat et des bailleurs de fonds. De sa création en 2001 à 2007, elle a financé jusqu’à hauteur de 112 milliards de nos francs dont plus de 13 milliards de F CFA en 2006 et 29 milliards en 2007 dans les communes du Mali. L’Anict a financé sur ses fonds 1 405 projets en 2006. Les droits de tirage se sont élevés à 13,3 milliards de F CFA.

Souci d’une virginité morale

Ce côté cour n’intéresse pas apparemment le patron de l’Anict, qui avait pourtant le temps de contredire le rapport qui lui avait été soumis avant publication. Sur le sujet, le Végal, Sidi Sosso Diarra avait dit à son point de presse du mardi 28 juillet que « le principe du contradictoire » a toujours été respecté dans ses missions de contrôle. Le Vérificateur qui a diligenté la mission à l’Anict soutient l’exactitude du montant incriminé sur la base de calculs arithmétiques.

Mohamed Ag Erlaf entend surtout se blanchir aux yeux des bailleurs de fonds de l’Union Européenne dont le financement est vital pour son agence, ce qui est son droit. Il veut aussi se faire une virginité morale pour préserver ses chances de faire son come-back au gouvernement après un départ d’une dizaine d’années.

Abdrahamane Dicko

 

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QUESTIONS RACIALES

Un terrain glissant pour Obama

En dépit de la diversité et de la cohabitation sociale exceptionnelle des différentes races aux Etats-Unis, le président Barack Obama est plus que jamais conscient qu’il devra faire attention à ses annonces et commentaires impliquant des personnes de races différentes.

La politique étant ce qu'elle est, Barack Obama a été pris de vitesse par certains commentaires et prises de décision concernant des Américains noirs et hispaniques. La plus récente est liée à l'affaire de l’universitaire Henry Louis Gates, qui avait tenté de forcer sa porte d’entrée coincée, avec le concours d’un de ses amis.

Alerté par une voisine du « cambrioleur », un policier fit irruption à la place à lui indiquée. Les échanges virulents commencèrent entre les deux hommes après que le sergent Crowley eut demandé à Gates ses papiers pour plus d’attestation de son appartenance de la maison. L’affaire ayant été largement commentée par l’opinion, les journalistes ont demandé au président son opinion lors d’une conférence de presse la semaine dernière. Cela a tourné au calvaire pour Barack Obama après avoir qualifié de « stupide » la réaction de certains porteurs d’uniforme.

Beaucoup d’observateurs ont vu en ces propos présidentiels un soutien indéfectible à son ami noir sur un policier blanc. Des extrémistes sont allés jusqu'à accuser le président démocrate de jouer à la « discrimination ». Ayant compris que la messe était presque dite, Obama a fait amende honorable en rectifiant le tir à travers l’invitation du policier Crowley et de l’universitaire d’Harvard pour une « bière » à la Maison-Blanche. Auparavant, il avait reconnu que ses propos avaient été un peu « déplacés ». L’éloquent Obama mesure sans doute maintenant les commentaires peu amènes que peuvent engendrer de simples déclarations sur des cas impliquant des personnes de races différentes.

Le cas Gates n’a en fait été qu’une leçon de plus pour le président des Etats-Unis. Il avait usé de toutes ses forces de persuasion pour mettre en relief les valeurs intrinsèques de sa nominée à la Cour suprême des USA, Sonia Sotomayor, une Américaine d’origine hispanique. Cette dernière a essuyé toutes sortes de critiques de ses « détracteurs », notamment ceux du parti Républicain qui la trouvent « raciste » à cause de certaines de ses déclarations antérieures et de certains verdicts qu’elle a rendus en tant que juge.

Obama a été visé par la flèche républicaine qui lui reprochait d’avoir choisi une Hispanique pour s’offrir les bonnes grâces de cette communauté non négligeable aux USA alors que sa vision était de prouver que tous les Américains sont égaux et que seule compte désormais la compétence.

La réaction du Parti républicain, selon plusieurs de ses cadres « affranchis » comme Colin Powell, s’explique par le fait que ce parti est toujours à la conquête des Hispaniques du pays dont l’apport a été significatif dans l’élection d’Obama. Les Latinos seraient mécontents de l’administration Bush, particulièrement de sa tentative de faire voter une loi sur l’immigration qui les affecterait si elle avait passé au Congrès.

Equité

Le général Powell n’a pas lui non plus échappé aux critiques après avoir publié son soutien à  Obama en pleine campagne présidentielle. A ce niveau aussi, des commentaires faisaient allusion à l’appui d’un Noir qui avait violé les « règles » du jeu politique au profit de son semblable. Pragmatique et franc soldat qu’il est, l’ancien guerrier de Vietnam a constamment clamé que son choix était simplement basé sur la supériorité du programme proposé par Obama à celui de son « ami » McCain.

L'opinion nationale américaine et internationale concordent pour dire que le président des Etats-Unis Barack Obama vient de loin, voire de très loin. De son statut de simple professeur et d'employer de firmes de droit, Obama s'est retrouvé sénateur de l'Illinois au Congrès avant de se hisser à la Maison-Blanche. Beaucoup de personnalités américaines d'origine plus modeste que la sienne et avec moins de prédictions de succès sont parvenues à se frayer un chemin dans les grands milieux de Washington, mais le cas du natif d'Honolulu (Hawaï) est beaucoup plus particulier.

En tant que Noir, personne n'avait pu l'imaginer postuler pour l'investiture d'une des deux grandes formations politiques américaines, a fortiori devenir chef de l'Etat. Sa peau noire lui portait donc préjudice bien avant le départ de la course, à tenir compte des sondages réalisés par différentes sources. Nombreux sont les citoyens américains dont des Noirs et même des étrangers qui lui ont ri au nez en l'entendant dévoiler son intention de briguer la magistrature suprême.

Aux Etats-Unis, malgré une réduction sensible des considérations raciales dans la conduite des affaires de la nation, le mythe de la race était toujours en quelque sorte présent dans l'atteinte de certains objectifs. L'homme hybride a cependant réalisé le rêve de ses devanciers que sont Martin Luther King et Malcom X en prouvant aux yeux de l'humanité que tous les hommes peuvent se valoir.

C'est vrai que c'était émouvant de voir des millions de Blancs habillés en t-shirts à l'effigie d'Obama ou scander ses fameux slogans, ou même ces professeurs, qui dans les salles de classe, ouvraient le débat en prouvant pourquoi ils avaient préféré Obama au républicain John McCain. Mais la question de la couleur semblait toujours demeurer dans un coin de la tête.

C'est pourquoi, à chaque annonce ou commentaire d'Obama impliquant un homme de couleur, un Hispanique ou un Asiatique, les interprétations sont débordantes, souvent en fonction des intérêts des uns et des autres. Le président s'est efforcé autant que possible de donner l'image que les Etats-Unis sont un seul pays avec des « citoyens égaux ». « Il n'y a pas d'Amérique noire, d'Amérique blanche, d'Amérique asiatique ou d'Amérique hispanique, mais il y a les Etats-Unis d'Amérique. Nous formons un seul pays et ensemble nous ferons faceà nos challenges», a-t-il fait ressortir dans ses différents discours.

Ogopémo Ouologuem

(correspondant aux USA)

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BICEPHALISME SYNDICAL A LA CCIM

La CSTM dénonce Bittar

Le fait que le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) se soit donné le droit de mettre en place un comité syndical affilié à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) est considéré à la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) comme une volonté de la combattre.

Le président de la CCIM Jeamille Bittar a fait la guerre à des opérateurs économiques suite à sa réélection controversée. Alors que les plaies de ce conflit restent encore béantes, il vient d’ouvrir un autre front en s’attaquant à la CSTM. La raison ? Bittar a mis en œuvre son plan qui a consisté à diviser le comité syndical de la CSTM qui a enregistré il y a peu la démission de deux de ses deux membres.

Il s’agit du secrétaire administratif, Alassane Dramé, et de Mme Touré. Ils ont rejoint le comité syndical de l’UNTM. Voilà le menu qui a été le plat de résistance d’une conférence de presse animée mercredi après-midi à la CCIM par le secrétaire général de la CSTM, Hammadoun Amion Guindo.

A la CSTM, l’on soutient que c’est M. Bittar qui est à la base de la déstabilisation du comité syndical. Selon le conférencier, il avait juré de casser le comité syndical de la CSTM. Pour ce faire, a chargé M. Guindo, Jeamille Bittar, n’a pas manqué de moyens. Il a démarché les démissionnaires tant à leur bureau qu’à leur domicile en impliquant leurs parents.

Selon M. Guindo, c’est la parution dans Les Echos du 8 juin 2009 d’une lettre de la CSTM demandant à Bittar d’appeler le consultant chargé de l’audit organisationnel de la CCIM afin que le syndicat puisse échanger avec lui sur un certain nombre de choses qui a effarouché Bittar.

« Fatwa »

« Ne sachant comment le journal a pu se procurer copie de cette lettre et en faire un article, Bittar a juré de casser la CSTM. Nous lui avons expliqué que la fuite ne vient pas de notre niveau, il n’a voulu rien entendre et comprendre. Dès lors, il a juré de ne plus avoir affaire avec la CSTM. C’est dans ces conditions qu’il a mis en œuvre ses manœuvres pour débaucher nos militants » .

Selon M. Guindo, ce sont 6 millions de F CFA qui ont été payés à un cabinet pour audit organisationnel de la CCIM sans appel d’offres. Aux dires du conférencier, l’étude a révélé que rien n’est bon à la CCIM tant sur le plan administratif que financier. L’audit, a-t-il indiqué, a fait le procès de Bittar. Pour le patron de la CSTM, la CCIM fonctionne sans un centre de documentation et sans archives. Ce qui a fait dire à M. Guindo que Jeamille doit des comptes aux Maliens.

Pour motiver son départ, Alassane Dramé, a avancé des raisons personnelles. Quant à Mme Touré, elle a soutenu qu’elle a une obligation morale vis-à-vis de Bittar pour la simple raison que c’est ce dernier qui l’a envoyée au pèlerinage à La Mecque.« A défaut d’être avec lui, je ne serai ni à la CSTM ni à l’UNTM. J’ai une obligation morale vis-à-vis de lui », aurait-elle confié à la CSTM.

Les deux camarades démissionnaires ont été remplacés. « Bittar a mis les mains dans une affaire qui ne sera pas facile à gérer. Il saura que dans cette affaire, il n’aurait pas dû mettre sa main. La CSTM, nous l’avons construite de haute lutte et il ne faut pas qu’il pense que c’est une histoire de banabana », a averti le premier responsable de la CSTM.

Mohamed Daou

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5e FORUM DES FEMMES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

Les déficits et les défis

Comment les 52 % de femmes des 250 millions de la population de l’Afrique de l’ouest peuvent apporter leur contribution dans la promotion de la santé notamment face aux défis du paludisme, de la tuberculose et du sida ? La question est au centre du 5e forum de l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest qui s’est ouvert lundi à Dakar sous la présidence du chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade.

« Il est de notre devoir de se rendre à l’évidence que la santé fait partie des fondamentaux essentiels du développement » , a asséné Khady Fall Tall dans son discours d’ouverture. La présidente de la Rafao, renaissance africaine des femmes de l’Afrique de l’Ouest, dira qu’en s’interrogeant sur la relation entre santé et développement humain, on ne peut s’empêcher de regretter la capacité de nuisance de la maladie sur les efforts de construction de la société africaine dans laquelle la femme occupe une place éminemment centrale.

En effet, la relation entre la problématique santé et celle de la productivité des populations notamment des femmes est évidente dès lors qu’on se rend compte que le secteur informel, qui représente plus de 42 % du PIB dans nos pays, emploi principalement les femmes couche sociale vulnérable face au paludisme, aux infections virales comme le Sida qui fragilise l’immunité devant la tuberculose.

Comme à son habitude, Abdoulaye Wade avant de féliciter « les beaux discours » et l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest, leur demandera d’abord « d’aller sur le terrain dans le pays profond et faire des inspections », car, soulignera-t-il, « les beaux discours, c’est bien, mais cela ne va toujours loin. Ils durent le temps des cérémonies ».

Le président sénégalais, jamais en retard d’une leçon sur un sujet quelconque, a suggéré que les médecins sans blouse, c’est-à-dire les professeurs aident à lutter contre les mouches et les moustiques là où ils vivent en éduquant les populations à la salubrité et à l’hygiène, dans la lutte contre les eaux stagnantes vivier des agents pathogènes de la malaria. Sur cet élan, le chef de l’Etat a dénoncé le système humanitaire qui fait des milliardaires sur le dos des pauvres populations africaines.

La Rafao a décerné des distinctions honorifiques à quatre personnalités pour ce qu’ils ont fait ou font encore dans le domaine de la santé et de la promotion des femmes. Il s’agit de la Sénégalaise Awa Marie Coll Seck de Roll back Malaria, une ONG de lutte contre le paludisme basé à Genève en Suisse, Mamadou Makhtar Guèye directeur de l’intégration économique africaine de la Cédéao, l’honorable Bola Ahamad Tinudu, sénateur de l’Etat de Lagos au Nigeria, et de notre compatriote Malamine Koné propriétaire de la marque Airness qui a dédié son trophée à sa mère en déclarant : « Dès que je rentre, je remettrai immédiatement ce prix à ma mère qui m’a inculqué les valeurs de travail, d’abnégation et de partage ».

On signalera que M. Koné lors de son séjour sénégalais a programmé un véritable marathon de solidarité avec les plus démunis qui l’a conduit dans la ville de Dakar, Ruffisque, Thiès et Diourbel où visite sur visite il a fait don de 10 000 cahiers au ministère de l’Education, une tonne de lait, 100 moustiquaires imprégnées un important lot de médicaments, de l’habillement et des jouets à la Pouponnière de Dakar.

Aux femmes handicapées et celles vivant avec le VIH/Sida, à chacune des deux associations 5 tonnes de riz, une centaine de moustiquaires imprégnées, du matériel informatique. A Thiès et Diourbel ce sera le même esprit de solidarité avec quelque soixante tonnes de riz, des moulins, des machines à coudre, des congélateurs, etc.

Ce qui fera dire à Khady Fall Tall, présidente de la Rafao, que le choix de Malamine Koné pour recevoir la distinction de son association est celui d’un Africain jeune qui veut partager son expérience, ses valeurs et son argent contrairement à beaucoup d’autres qui toisent le pauvre, le misérable en citant un proverbe local qui laisse entendre pour soulager le cœur du malheureux que si le Bon Dieu ferme la porte et la fenêtre, il ne baissera pas les rideaux.

Une représentation de chacun des seize pays membres de l’organisation était invitée dont bien sûr notre pays. L’importante délégation malienne était conduite par la présidente nationale Mme Dissa Fanta Berthé qui a tenu à signaler la présence avec elle de la maire de la ville de Goundam et de la représentante des maliennes de l’extérieur du Gabon.

O. Diagola

(envoyé spécial à Dakar)

 

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DOSSIER

PEDOPHILIE

EPILOGUE

Les hommes fous des gosses

Les enfants constituent l’un des groupes sociaux les plus vulnérables des sociétés humaines qui n’ont pas les mêmes méthodes pour leur faire passer cette étape décisive de leur existence qu’est l’adolescence. Les précautions sont prises alors pour les mettre à l’abri des agressions venant de toutes parts et pour assurer une éducation de qualité, équilibrée et conforme aux normes de la société dans laquelle ils vivent.

Généralement et, cela plus au Mali qu’ailleurs certainement, dans les zones rurales, l’éducation des enfants, si elle revient prioritairement aux parents biologiques, elle l’est tout aussi pour les grands-parents qui, d’ailleurs, réclament ce rôle. Ceux-ci, parce qu’ils ne sont plus actifs sur le plan économique ont, pense-t-on, le temps de s’occuper pleinement d’eux et de se sentir ainsi utiles à quelque chose. C’est ainsi que dans beaucoup de nos sociétés traditionnelles, les adolescents (de 0 à 15 ans) passent plus de temps avec les grands-parents (s’ils sont en vie bien évidemment) qu’avec leurs parents biologiques.

Le père et la mère étant aux champs le plus souvent (ou dans les pâturages s’il s’agit d’une zone d’élevage), il revient aux grands-parents restés au village de surveiller les tout-petits et de les remettre sur le droit chemin lorsqu’ils en sortent. Les grand-mères s’occupent des petites-filles alors que les grands-pères ont affaire avec les garçons, mais il peut arriver que les rôles ne soient pas partagés de cette manière et que le travail se fasse à deux dans la complémentarité. Dans ce cadre, les enfants sont en contact direct avec leurs grands-parents de façon quotidienne et cela est tenu pour normal par tous.

Ils peuvent prendre les petites dans leurs mains, sur les genoux, les amuser de plusieurs façons sans arrière-pensée et sans éveiller le soupçon de qui que ce soit. Dans ce milieu traditionnel, les préceptes de l’éducation sont tellement clairs et bien ancrés que la perversion, l’inceste et les autres déviations sexuelles sont difficilement admises et conduisent au bannissement lorsqu’elles apparaissent. C’est dire que la pédophilie, en tant qu’agression sexuelle d’un adulte sur un adolescent, a peu existé dans nos sociétés, même pas chez les malades mentaux qui ne sont pas toujours internés comme en Europe, mais laissés libres dans la circulation tant qu’ils ne sont pas violents.

Dans les villes, les mêmes préceptes sont repris et, jusqu’à plus récemment, ils constituaient les piliers sur lesquels se fondait l’éducation des garçons et des filles. Les parents biologiques n’y avaient qu’un rôle secondaire à jouer parce que la conviction des uns et des autres était que les grands parents connaissaient ce chapitre mieux qu’eux.

Il en était ainsi d’ailleurs dans beaucoup de zones où les traditions et les coutumes étaient respectées et où l’éducation se faisait comme il y avait un demi-siècle et même plus. Les influences extérieures entraient d’autant plus lentement dans ce milieu que les voyages étaient rares, sauf pour les chefs de famille obligés de se déplacer de temps à autre pour des problèmes administratifs au chef-lieu d’administration, ou pour des démarches matrimoniales dans des villages des voisinages.

L’exode des garçons et des filles était relativement mieux maîtrisé qu’aujourd’hui. Mais ce furent les grandes sécheresses des années 1975-1980 qui ont conduit à des débordements qui firent que beaucoup de chefs de famille se montrèrent incapables de bien contrôler leur troupe. Même en Occident, les préceptes de l’éducation sont restés bons jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les milieux aristocratiques et bourgeois tenaient à donner à leurs enfants une éducation stricte basée sur les principes par lesquels les parents eux-mêmes étaient passés.

C’est précisément dans la 2e moitié du XXe siècle qu’en Occident, beaucoup de bizarreries sexuelles sont apparues dans les sociétés et ont déferlé sur le reste du monde par le biais des Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Loin de faire partie de la nature profonde de l’homme, comme semblent l’expliquer certains scientifiques, ces déviations apparaissent comme des formes de vice nées du développement incontrôlé de la société de consommation qui les encourage au nom de la liberté.

L’octroi de trop de libertés au nom de la nation de droits de l’Homme aux individus et aux communautés a conduit à la manifestation, dans les années 1960-1980, de certains comportements négatifs, qui sont autant de formes de perversion, comme la pédophilie, l’homosexualité ou la zoophilie, le goût pour certains humains de se choisir des animaux comme partenaires sexuels.

D’abord cachées, ces déviations ont fini par s’imposer à certaines sociétés qui leur trouvèrent des défenseurs de gros calibre dans les milieux aristocratiques et bourgeois. Tel est le cas de l’homosexualité devenue aujourd’hui une épidémie légale en Europe occidentale et en Amérique. Mais si celle-ci est tolérée et même protégée par la législation dans certains pays, la pédophilie, elle, ne l’est pas et est même décriée au nom de la morale et des dégâts qu’elle peut causer sur les enfants.

Il semble admis partout que les enfants doivent être protégés des pervers et des désaxés sociaux dont certains, à l’occasion, peuvent devenir violents et commettre des actes criminels. Moralement et relationnellement, on comprend difficilement que des adolescents puissent servir de partenaires sexuels à des adultes alors que rien ne justifie ce besoin, ni la nature, ni la biologie.

L’attitude de certains pays comme l’ex-URSS et la Chine populaire envers le phénomène de la pédophilie doit être érigée en règle générale et faire en sorte que cette perversion soit assimilée à un crime. Cela est relativement facile dans un pays comme le nôtre où le phénomène fut ignoré de tout temps et où dans la plupart des langues nationales, il n’y a même pas de mot précis pour décrire le phénomène. C’est le cas du bamanan, du peul, du soninké et probablement de beaucoup d’autres.

Facoh Donki Diarra

 PEDOPHILIE

Une atteinte aux mœurs

La pédophilie est sévèrement punie par les autorités. Cependant, elle ne cesse de prendrede l’ampleur au Mali.

La pédophilie désigne une préférence sexuelle d’un adulte envers les enfants pré-pubères, c’est-à-dire en début de puberté. Un pédophile est donc une personne éprouvant ce type de préférence. Selon le critère de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les adolescents de 16 ou 17 ans sont aussi classés comme pédophiles s’ils ont une préférence sexuelle persistante ou prédominante vers les enfants pré-pubères au moins 5 ans plus jeunes qu’eux.

Selon le contrôleur général de police, Ami Kane, commandant de la Brigade des mœurs, la pédophilie, malgré tout, prend de l’ampleur au Mali. Les mineurs sont les cibles privilégiées d’agresseurs. A ses dires, les attentats à la pudeur, viols, actes indécents, incestes... sont autant de maux qui continuent d’exister dans notre société. Cette dernière, regrette-t-elle, refuse souvent de regarder la situation en face.

En conséquence, il ne passe plus de jour sans qu’un cas de ce genre de violence ne soit signalé dans la presse. Si l’on s’en tient aux décomptes de la Brigade des mœurs, plusieurs cas ont été recensés au courant de l’année 2008. La Brigade des mœurs et de la protection de l’enfance a ainsi eu à traiter au moins deux cas de plainte de pédophilie par mois et autant de dossiers en 2007, révèle le contrôleur général Ami Kane. Des cas avérés ne sont pas portés à la connaissance des autorités policières.

Pour endiguer le fléau, les éléments de la Brigade des mœurs, sous la férule de la « Dame de fer », entreprennent des patrouilles inopinées au cours desquelles des personnes suspectes sont interpellées. Lors de ses récentes sorties, des Chinois, promoteurs de bars, ont été sommés de s’expliquer. Le constat est là patent : les filles mineures représentent la majorité du personnel féminin des bars et night-clubs. Employées ou volontaires, ces dernières sont facteurs de bonnes recettes dans ces espaces de loisirs.

Souillures

Autre fait, dans bien des bars et maisons closes, il y a une croissance exponentielle du nombre de filles mineures soumises à des pratiques d’exploitation sexuelle. Selon un employé de bars, le personnel féminin de ces bars est composé à plus de 70 % de mineures qui sont souvent recrutées pour faire fonction de serveuses. Une tâche qui exige d’elles une obéissance aveugle vis-à-vis de clients même dans leurs caprices les plus pervers.

La moindre hésitation face à la sollicitation du visiteur expose ces filles mineures à une menace de sanction salariale, voire de licenciement. Ce qui fait dire, au contrôleur général, Ami Kane que « le phénomène est d’autant plus grave qu’il faut l’implication de tous ».

Faisant appel à ses instincts de grand psychologue, la directrice du centre d’insertion et de réinsertion des enfants « Cris des mères » ajoute que « dans les familles, savoir que son enfant a subi d’atroces sévices est quelque chose d’insupportable. La douleur est profonde. Chez la victime, le viol laisse une empreinte indélébile. S’il est déjà une atteinte physique, le viol est aussi une souillure psychologique qui l’accompagne toute sa vie. La victime demeure prisonnière de cet acte abject et condamnable tant qu’elle n’aura pas exorcisé son mal ».

Ami Kane, elle, demande le concours de tous pour dénoncer tout cas de pédophilie rencontrée.

Amadou Sidibé

 

PROTECTION DES MŒURS

La pédophilie désormais prévue et punie

Le fait d’avoir des rapports sexuels avec une fille de moins de 13 ans est qualifié de pédophilie.

Dans le temps, l’enfant mineur n’avait pas de comportements sexuels. Mais, c’est le contraire qui se produit aujourd’hui. Cette tendance est mise au compte de l’avènement de la télévision et de l’Internet. Avec la télé, l’enfant accède à certaines images qu’il a tendance à imiter.

Si dans les pays occidentaux, l’accès au Net est contrôlé, tel n’est pas le cas au Mali. Toutes choses qui sont à la base du changement des comportements. Dans l’imaginaire populaire, la pédophilie renvoie à l’idée de l’adulte qui ressent une attirance sexuelle vis-à-vis d’un enfant. C’est pratiquement une maladie psychologique.

De façon technique, si nous nous reportons à l’article 268 de l’actuel code pénal, la pédophilie est « tout acte de pénétration sexuelle ou d’attouchement sexuel de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’un mineur de moins de 13 ans, ou toute exposition ou exploitation aux fins commerciales ou touristiques de photographies, films ou dessins à caractère pornographique mettant en scène une ou plusieurs personnes mineures âgées de moins de 13 ans ».

Selon Me Yacouba Fofana, avocat à la Cour, la pédophilie n’était pas prévue dans le code pénal de 1961. De ce fait, elle n’attirait pas l’attention. Mais avec la loi 01-079 du 20 août 2001 qui a modifié le code pénal de 1961 et qui en parle expressément, les magistrats ont la possibilité de qualifier et de poursuivre les auteurs de la pédophilie. Aux dires de Me Fofana, la pédophilie est un crime qui a des effets psychologiques terribles sur l’enfant mineur.

« C’est la raison pour laquelle, la loi dit qu’un enfant mineur ne doit pas faire de rapports sexuels avant 15 ans puisque avant cet âge, il n’a pas la possibilité de discernement » . En tout état de cause, il existe des sanctions sévères à l’encontre des auteurs de ce crime. Si l’on en croit l’avocat, le juge a la possibilité de condamner le délinquant à une peine allant de 5 à 20 ans de réclusion et d’une amende comprise entre 20 000 et un million de F CFA.

Pis, ajoute-t-il, la sanction est encore plus sévère lorsqu’il s’agit des ascendants. C’est le cas par exemple d’un père qui exerce des rapports sexuels sur sa fille mineure de moins de 13 ans. « La peine sera la réclusion à perpétuité et une amende de 20 000 à 1 million de F CFA ».

Toutes ces dispositions sont-elles réellement de nature à influer le comportement des pédophiles ? Au regard du nombre croissant des cas enrôlés lors des sessions d’assises, Me Yacouba Fofana pense que non. Il se demande si les gens sont suffisamment informés de l’existence même de cet arsenal qui réprime la pédophilie.

« Les parents doivent revoir l’éducation qu’ils inculquent à leurs enfants. Il faut la surveillance de tout le monde, y compris la presse. Le vol est puni, mais les gens continuent à voler pensant qu’ils ne seront pas pris la main dans le sac. Il en est de même pour la pédophilie qui a pris de l’ampleur avec l’arrivée de la télévision, de l’Internet et de certains Blancs adeptes du tourisme sexuel. Cette perversion est entrée dans nos mœurs » , indique Me Fofana.

Il ne sert à rien de réprimer si l’enfant n’est pas protégé et s’il n’a pas un bon comportement social.

Mohamed Daou

 

H. K.

« La pédophilie est un crime »

Mécanicien de son état vivant à la périphérie de Bamako, H. K. a du mal à contenir sa colère chaque fois qu’il entend le mot pédophilie. Pour cause, sa fille de 7 ans a été victime de cette pratique. Témoignage !

« La pédophilie est un crime et tous ceux qui s’y livrent doivent être jugés comme un criminel » lance-t-il. Grand de taille, marié et père de 3 enfants dont une fille, H. K. n’arrive pas à comprendre comment son camarade de travail a pu abuser de sa fille de 7 ans.

« Mon ami venait toujours chez moi et prenait mes enfants comme les siens. Je ne sais quelle mouche l’a piqué, mais un jour il a entraîné ma fille qui était en classe de 3e année loin du regard, pour la mettre dans un état que la décence m’empêche de vous décrire. Il lui a fait subir ce qu’on ne doit pas faire à un enfant »

« C’est honteux ! Inadmissible » , poursuit le mécanicien pour qui, la lutte contre la pédo-pornographie et la pédophilie est un sujet grave auquel il faut faire face. Or, la Brigade des moeurs qui travaille dans ce secteur témoigne d’un manque réel de moyens nécessaires pour traquer et arrêter ceux ou celles qui se livrent à cette pratique condamnée par toutes les religions.

« Quand ma fille en larmes venait, il avait déjà eu le temps de s’enfuir, mais il a vite été appréhendé par des bonnes volontés » , se souvient H. K. « Mais, comme on est au Mali, j’ai été supplié par ses parents et même les notabilités du quartier sont intervenues pour que l’affaire ne soit pas portée au tribunal ».

« Aujourd’hui encore je suis sous le choc. Rien qu’en pensant à cela, j’ai envie de l’étrangler » , dit-il, le cœur serré. Pour H. K., des associations doivent se former pour lutter contre ce fléau, cet océan de boue qui se répand dans nos villes et nos villages et s'abat sur d’innocentes personnes : nos enfants !

H. K. pense qu’il est impensable de laisser des adultes abuser des jeunes sinon des enfants dans l’impunité. « Nous devons être réalistes et dénoncer à la Brigade ceux qui le font. Les maisons closes sont nombreuses et les pédophiles avec la révolution du téléphone portable sont capables d’appeler les enfants en leur promettant monts et merveilles pour enfin soulager leur basse besogne ».

Idrissa Sako

 

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