Les Echos du 31 juillet 2009
SUR LE CONTENTIEUX AU BVG
Daniel Tessougué recadre le Végal
Le Vérificateur général pense que le contentieux qui l’oppose à neuf de ses « agents » est définitivement clos. Le porte-parole du Collectif démontre ci-dessous qu’il se trompe sur toute la ligne et qu’il devra s’attendre à des jours agités très prochainement.
« Conformément aux dispositions de l'article 27 de la loi n°00-046 du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et délit de presse, il me plait au nom du Collectif des agents publics du BVG victimes des exactions de Sidi Sosso Diarra, d'user de notre droit de réponse.
En effet, dans votre très sérieuse page, il est apparu que lors de sa conférence de presse du 28 juillet 2009, le Vérificateur général a poussé l'incurie pour prétendre et je cite : « Pour ma part, cette affaire est close. Le lien de collaboration n'était plus possible entre nous. Les partants ont exigé des dommages. Cela a été réglé. J'ai appliqué tout ce que la médiation me recommandait ».
Sidi Sosso Diarra peut prendre ses désirs pour la réalité, mais du règlement de ce contentieux, on en est encore très loin. Même si nous avons subi des préjudices, à aucun moment, nous n'avons exigé des dommages et nous le mettons au défi d'exhiber le moindre document portant accord sur un quelconque règlement.
Nous avions posé suite à l'intervention du président de la République comme préalable à toute discussion, le paiement intégral des arriérés de salaires, conformément à la loi, ce d'autant plus que les différents actes (décrets et arrêtés) qui nous mettent en détachement auprès du BVG sont et demeurent en vigueur. A la suite de cette exigence, le vérificateur général s'est exécuté en partie. De là à parler de règlement définitif, il y a bien un pas que tout esprit lucide se garderait de franchir.
Les conditions pour régler définitivement ce contentieux se trouvent dans la bonne volonté des autorités publiques, en dehors de toute fuite en avant, car les solutions sont juridiques. Or, atteint d'une paranoïa, Sidi Sosso Diarra voit partout un complot pour le sevrer des milliards que l'Etat met à sa disposition et dont tôt ou tard il devra répondre de la gestion.
Qu'il se rassure, nous n'avons pas du temps à perdre sur sa personne, qui ne nous intéresse guère. Notre combat est un combat de principe pour le respect de l'Etat de droit, et sur ce point-là, rien ne nous fera reculer ».
P/le Collectif
Daniel Amagoin Tessougué
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SOGONIKO
La gare Bittar fait inonder le cimetière
L’aménagement de la nouvelle gare Bittar a obstrué le marigot, provoquant des dégâts dans le cimetière et les concessions environnantes.
Dans notre parution d’hier, nous faisions état de l’inondation du cimetière de Sogoniko, situé en face de l’avenue de l’OUA par le débordement du marigot contigu. Cet incident qui a fait s’effondrer une centaine de tombes et des murs des ateliers et concessions voisines a été provoqué par les travaux de chantier d’un particulier.
Après enquêtes, nous sommes en mesure d’affirmer que le chantier appartient au président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Jeamille Bittar. Ce dernier est butté à un problème d’héritage en ce sens que l’actuel site de Bittar Trans contiguë à la Gare routière de Sogoniko ne lui appartient pas.
Il a été obligé d’ériger une nouvelle gare pour sa compagnie et a jeté son dévolu sur les abords immédiats du cimetière de Sogoniko. L’espace lui a été attribué par le maire du district Adama Sangaré.
Il n’y a rien d’anormal jusque-là et tout se serait bien passé si Bittar avait eu le souci de protéger le cimetière et les maisons environnantes en respectant un plan de construction conforme à la réalité du terrain. Tout le monde, y compris les autorités communales et la chefferie traditionnelle l’ont laissé faire. L’Association des jeunes pour le développement de Sogoniko (AJDS) est l’une des rares associations à se battre comme un beau diable pour éviter la catastrophe dans le quartier, mais elle n’a jamais été entendue.
Selon le président de l’AJDS, Mamadou Fané, « ayant appris que la parcelle a été affectée à Bittar pour la construction de sa gare, nous nous y sommes opposé en indiquant que le lieu ne s’y prête pas. Mais le chef de village de Sogoniko, Lassana Sangaré, nous a traités des gens opposés au développement du quartier ».
La solution facile
L’AJDS, aux dires de son président, a fait contre mauvaise fortune bon cœur. M. Fané a ajouté qu’ils ont conseillé que si le projet devait s’exécuter, il doit se faire dans les règles de l’art. Selon lui, Bittar devait recommander à ses maçons de construire au préalable un pont suspendu à des poteaux plantés en profondeur et enfouis dans du béton armé.
A cause de son coût jugé élevé, cette solution visant à construire un pont permettant l’écoulement des eaux du marigot n’a même pas été envisagée par le propriétaire de la nouvelle gare. Jeamille Bittar, le PDG de Bittar Trans, a simplement remblayé sa parcelle jusque dans le lit du marigot avec des voyages de banco. L’opération a eu pour conséquences, l’obstruction du passage de l’eau. Les pluies diluviennes tombées sur Bamako et environs dans la nuit de lundi à mardi 28 juillet 2009 sont à l’origine des inondations.
Malgré nos tentatives, nous n’avons pas pu joindre le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon pour connaître l’implication de sa mairie dans ce scandale et les dispositions prises pour réparer les dégâts ou même désaffecter la parcelle. Mais déjà, un élu municipal écarte toute la responsabilité de la Commune VI et dit que la mairie soutient au contraire l’AJDS dans son combat.
Les populations de Sogoniko choquées par l’effondrement d’une centaine de tombeaux qualifient Bittar de « profanateur de tombes ». Beaucoup de gens commencent à craindre les problèmes de santé que l’inondation des tombeaux peut provoquer dans le quartier, car des familles et ateliers proches du cimetière sont toujours en immersion totale.
Abdrahamane Dicko
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ANICT
Le rapport du Végal qui fait rougir Ag Erlaf
De structures épinglées ne sont pas d’accord avec le rapport du Végal. L’adrénaline est montée d’un cran chez le directeur général de l’Anict auquel il est reproché 44 millions de F CFA de manque à gagner.
Mohamed Ag Erlaf, le DG de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (Anict) sent le ciel lui tomber sur la tête et la terre se dérober sous ses pieds. Elle est de toutes les structures celle que le rapport 2008 du Végal a le plus choqué. Dans sa lettre de mise à niveau adressée au BVG et qui s’est retrouvée en même temps dans la presse, M. Ag Erlaf ne reconnaît pas le montant des 44 millions de F CFA.
Il est en fait reproché à l’Anict un manque à gagner portant sur 44 483 221 F CFA de fraude et de mauvaise gestion et 40 802 317 millions de F CFA proposés au recouvrement. Les faits constatés vont des procédures écrites concernant des droits de tirage qui ne sont pas détaillées et complètes, au manque de suivi des ordres de virements en faveur des comptes de Fonds d’investissement des collectivités territoriales (Fict) et du Fonds national d’appui aux collectivités territoriales (Fnact), aux paiements effectués par la trésorerie de Mopti qui avaient fait l’objet d’annulation.
Outre, ces points noirs, le rapport dans une large mesure encense l’Anict dans ses missions de financements des infrastructures des collectivités territoriales avec l’argent de l’Etat et des bailleurs de fonds. De sa création en 2001 à 2007, elle a financé jusqu’à hauteur de 112 milliards de nos francs dont plus de 13 milliards de F CFA en 2006 et 29 milliards en 2007 dans les communes du Mali. L’Anict a financé sur ses fonds 1 405 projets en 2006. Les droits de tirage se sont élevés à 13,3 milliards de F CFA.
Souci d’une virginité morale
Ce côté cour n’intéresse pas apparemment le patron de l’Anict, qui avait pourtant le temps de contredire le rapport qui lui avait été soumis avant publication. Sur le sujet, le Végal, Sidi Sosso Diarra avait dit à son point de presse du mardi 28 juillet que « le principe du contradictoire » a toujours été respecté dans ses missions de contrôle. Le Vérificateur qui a diligenté la mission à l’Anict soutient l’exactitude du montant incriminé sur la base de calculs arithmétiques.
Mohamed Ag Erlaf entend surtout se blanchir aux yeux des bailleurs de fonds de l’Union Européenne dont le financement est vital pour son agence, ce qui est son droit. Il veut aussi se faire une virginité morale pour préserver ses chances de faire son come-back au gouvernement après un départ d’une dizaine d’années.
Abdrahamane Dicko
Acceuil