Les Echos du 22 juillet 2009
BNDA
Plus de 3 milliards de F CFA dilapidés
Immobilisations douteuses, passations de contrats de complaisance de prestation de service et de fourniture de mobiliers… sont des irrégularités de gestion reprochées à la Banque nationale de développement agricole (BNDA) par le BVG pour un montant de 3,28 milliards de F CFA dans son dernier rapport.
La BNDA , qui effectue toutes les opérations dévolues à une banque classique, était destinée, à sa création en 1981, au financement des activités du monde rural et était l’un des bras financiers de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). Ce qui lui vaut le qualificatif de « banque verte ». Elle était jusque-là l’une des rares banques à capitaux majoritairement détenus par l’Etat à connaître une embellie financière due à une orthodoxie de gestion.
Le Bureau du Vérificateur général (BVG), parti enquêter à la BNDA suite à des dénonciations, a levé le voile sur des pratiques qui jurent d’avec la transparence et la bonne gestion et qui ont causé un manque à gagner de plus de 3 milliards. Le BVG indique que les « faits signalés sont graves. S’ils sont avérés, ils auront un impact important sur sa situation financière ». Ce qui fait craindre à bien de gens, que la BNDA vive le même sort que la CMDT à cause de sa gestion calamiteuse.
Les irrégularités constatées sont principalement au niveau des acquisitions d’immobilisation, des sorties d’immobilisation et des passations de marchés. Selon le rapport 2008 du BVG, les acquisitions d’immobilisation n’ont pas été faites conformément aux bonnes pratiques : l’expression des besoins, le respect du budget, le bordereau de réception, la mise en concurrence.
Des matériels ont été achetés en 2007 et en 2008 sans expression de besoins, sans fiche d’imputation budgétaire et sans bordereau de réception. La procédure de mise en concurrence n’a pas été respectée dans certains achats d’immobilisation dont le montant est supérieur à 3 millions de F CFA.
Cette procédure n’est même pas respectée pour les achats de fournitures où la présentation de procès-verbaux de réception fait défaut. La livraison de certains chantiers abritant des distributeurs automatiques de billets de banque n’a pas été justifiée par des procès-verbaux de livraison. Rien que par ces pratiques, les vérificateurs ont décelé un trou de 381,16 millions de F CFA sur l’exercice 2007 et 2008.
Immobilisations volatilisées
En 2007 et en 2008, des immobilisations, estimées à 2,88 milliards de F CFA, sont sorties sans laisser de trace. Aucun document légalement établi n’a été présenté par les responsables de la banque comme pièces justificatives des biens comptabilisés comme étant sortis du patrimoine de la BNDA.
La mission du BVG croît à des sorties injustifiées pour la plupart des objets à l’exception d’un véhicule Toyota Prado ainsi que des dons de matériels informatiques à certains organismes. Le manque à gagner se chiffre à 2,88 milliards de F CFA.
La BNDA est de même épinglée dans la passation de contrat avec un notaire et un conseil fiscal de la place. Les deux contrats ont été passés de gré à gré alors que le seuil dépassait les 50 millions de F CFA fixé par le manuel de procédure de la banque. Le notaire a perçu 100 millions de F CFA au titre de ses honoraires dans le cadre « d’une mission juridique et de gouvernance ».
Cette prestation fait double emploi avec une autre mission dite « gouvernance » confiée à un cabinet et financé par l’Agence française de développement (AFD). La BNDA a commis l’impair d’éluder les taxes sur les 100 millions, notamment la TVA et les droits d’enregistrement. Les vérificateurs prennent le montant 100 millions comme un manque à gagner.
Le contrat avec le cabinet fiscal dont le montant s’élève à 14,16 millions de F CFA, a l’air d’un éléphant blanc. En tous les cas, le BVG dit n’avoir vu de rapport de l’étude objet du contrat.
La remise d’agios, estimés à 287,42 millions de F CFA, sans procès-verbaux de carence et en l’absence de listes de bénéficiaires non signées par le PDG ou le comité de recouvrement est une autre irrégularité constatée. Les agios annulés dans ces conditions sont qualifiés d’irrégularités de gestion par les vérificateurs.
Abdrahamane Dicko
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GREVE DE LA SANTE
Les hôpitaux pris en otage
C’est hier, mardi 21 juillet 2009, que le Syndicat national de la santé et de l’action sociale (SNSAS) a exécuté son mot d’ordre de grève contenu dans un préavis qu’il avait déposé le 25 juin 2009 au ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat.
La grève de 72 h du SNSAS qui prend fin aujourd’hui à minuit fait suite à l’échec de la médiation entre les syndicalistes et les autorités. Hier, au Centre hospitalier et universitaire (CHU) Gabriel Touré l’impact de la grève était perceptible.
Mais, à en croire, le directeur du CHU Gabriel Touré, Dr. Abdoulaye Néné Coulibaly, son établissement a fonctionné à 65 %. Les services d’urgence et le bloc opératoire travaillaient presque normalement. Mais, cela ne veut pas dire que la grève n’a pas été observée.
« Vous savez, l’hôpital Gabriel Touré est un établissement central très convoité, donc il s’agit de répondre aux nombreuses sollicitations en assurant le service minimum. C’est cela le côté humanitaire de la grève » , a expliqué Alassane Maïga, secrétaire aux revendications du comté syndical de l’hôpital Gabriel Touré.
Le secrétaire général du SNSAS, Pr. Mamady Kané, que nous avons rencontré, a affirmé que toutes les dispositions ont été prises pour assurer la réussite du débrayage. Aux environs de 10 h, ses équipes, qui s’étaient rendues sur le terrain, sont revenues confirmer l’application effective du mot d’ordre de grève.
« Nous ne pouvons pas confirmer que la grève a été vraiment effective sur le territoire national, mais nous allons dans les jours à venir faire le bilan » , a néanmoins noté Pr. Kané, rappelant le bien-fondé de la situation.
En effet, les revendications des grévistes sont relatives à la situation de l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP) dont le personnel reste confronté au non-paiement de certaines primes et du développement social, la conciliation de procès-verbaux non honorés.
Aux dires du secrétaire général, le SNSAS exige la prise de mesures au profit de l’usine de fabrication de craies de l’Union des aveugles du Mali (Umav). « Cette usine est dans une situation catastrophique, au vu et au su de tous », a-t-il déploré. Et d’ajouter que le personnel de cette usine n’a pas vu la couleur de sa solde depuis plus de 6 mois.
La grève de la santé témoigne à suffisance du statu quo dans les négociations, car, selon certains, il est très rare de voir une grève nationale concerner l’ensemble des services de la santé.
Amadou Waïgalo
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KOULOUBA
Deux adolescents périssent dans les torrents
Deux jeunes de Koulouba (un garçon et une fille), âgés de 15 ans environ, ont été emportés par les eaux des pluies torrentielles qui se sont abattues lundi après-midi sur la capitale. Les corps des victimes ont été repêchés quelques heures plus tard à N’Tomikorobougou aux alentours du camp des gardes.
Contrairement à l’adage qui veut qu’après la pluie ce soit le beau temps, le lundi 20 juillet, c’était plutôt le mauvais temps à Koulouba. Deux jeunes résidents du quartier ont été emportés par les eaux de pluie. Leurs corps ont été retrouvés à N’Tomikorobougou dans la rivière qui passe derrière le camp des gardes .
Les deux victimes étaient accompagnées de deux camarades quand le drame se produisait. Ces derniers, qui ont eu la vie sauve, ont informé des passants de l’accident. Les familles alertées ont alors déclenché les recherches.
C’est à N’Tomikorobougou, derrière le camp des gardes, que le corps du garçon a été retrouvé aux environ de 16 h 30. Le corps de la fille ne sera repêché qu’aux environs de 18 h 30 dans un cours d’eau entre le camp et l’ex-ESS. Les deux corps ont été remis aux agents de la protection civile.
Des ponts et goudrons envahis
Bamako a été abondamment arrosé, par endroits, lundi après-midi. Les eaux qui ont fauché les deux jeunes n’ont rien épargné sur leur passage. Elles avaient envahi le petit pont que des usagers traversent obligatoirement derrière le camp des gardes pour relier Koulouba village. Seuls les engins traversaient difficilement l’ouvrage d’art.
Ce fut le même cas dans plusieurs quartiers de la capitale où des goudrons ont été, à défaut d’infrastructures de drainage de qualité, inondés. La ville de Bamako dispose de peu d’infrastructures de drainage qui ne sont pas en mesure de contenir les eaux en cas de fortes précipitations.
Les populations doivent redoubler de vigilance en cette période d’hivernage.
Sidiki Doumbia
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