Un garde réquisitionné par le centre des impôts de Kita a tiré à bout portant sur un civil mort sur le champ. L’incident a provoqué la colère de la population qui a incendié le service des impôts et le camp des gardes de la ville.
La tension est montée d’un cran dans la matinée de mercredi 15 juillet 2009 à Kita. La population déchaînée suite à l’assassinat d’un homme par un élément de la garde nationale a mis le feu au centre des impôts de la localité, au camp des gardes et d’autres services publics. 
La population s’est attaquée aux environs de 7 heures à la subdivision des impôts de Kita où travaille le garde.
Dans la nuit du mercredi 15 juillet, le garde réquisitionné par le service employeur pour une mission de contrôle. Le garde a fait arrêter sur la route de Manantali un camion semi-remorque. Il a demandé au chauffeur de s’arrêter. Au moment où le véhicule s’immobilisait, il a tiré à bout portant sur l’apprenti chauffeur qui descendait du camion. La victime serait morte sur le champ.
Le coup de feu a tué du coup un homme, a révélé une source concordante ajoutant que le garde a ensuite pointé son arme sur les autres passagers qui voulaient toucher le corps. Cet acte criminel posé par un agent sensé assurer la sécurité des hommes et des biens justifie toute la colère des Kitois qui ont saccagé hier tout sur leur passage.
Les manifestants après avoir brûlé les locaux du service des impôts, se sont dirigés sur l’urbanisme où ils ont mis le feu à un véhicule. Les éléments de la police n’arrivant pas à contenir la foule ont été appuyés par un renfort venu de Bamako. La sanction populaire n’a pratiquement épargné aucun service de la capitale de l’arachide. Même la douane, le palais de justice, les locaux de la garde et une bonne partie du commissariat de police et de ses véhicules Pick-Up ont été saccagés.
La mairie abritant la Maison d’arrêt de Kita en a également fait les frais. Les manifestants qui réclament la peau du garde ont arraché les portes de la pison et mis le feu à une partie du bâtiment ».
Le maire de Kita, Sory Dabo a regretté l’incident. Selon lui, l’attitude du chef du service des impôts de Kita n’est pas fortuite dans cet incident. « La situation est apaisée, mais il faut reconnaître que le chef de centre des impôts de Kita est trop zélé », a avoué M. Dabo avant de nous dire que le suspect a été placé sous la protection de la gendarmerie. D’autres renforts constitués de militaires, de gendarmes et de policiers a quitté Bamako en début d’après-midi. Il y a eu plusieurs arrestations.
L’enterrement de l’apprenti chauffeur est prévu ce matin. Nous y reviendrons.
DANIEL S. KELEMA, DIRECTEUR NATIONAL DE L’AGRICULTURE
« Les prévisions font espérer un bon hivernage »
Les objectifs de la campagne agricole 2009-2010, les dispositions pratiques prises pour la réussite de la saison agricole, l’initiative riz, le démarrage difficile de l’hivernage sont, entre autres, questions auxquelles le directeur national de l’agriculture, Daniel Siméon Kéléma a répondu dans l’interview qui suit.
Les Echos : Quels sont les objectifs que la Direction nationale de l’agriculture s’est assigné pour la campagne 2009-2010 ?
Daniel Siméon Kéléma : Nous avons comme objectif de produire 6 139 820 tonnes toutes céréales confondues. Dans ces prévisions, l’accent est surtout mis sur le maïs pour 1,5 million de tonnes, le riz, 2 millions de tonnes et 30 166 000 t de blé.
Les autres céréales comme le mil, sorgho ne sont pas laissées pour compte. Les tubercules, les fruits et légumes font aussi partie de nos objectifs. Pour le coton, nous prévoyons la production d’environ 250 000 t dans le souci de relancer ce secteur qui a connu un déclin au cours des quatre dernières années.
Les Echos :La rareté de pluie n’est-elle pas une inquiétude pour la campagne agricole ?
D. S. K. : Il faut reconnaître que le démarrage de la saison pluvieuse est difficile cette année. Mais quand nous faisons le point à l’intérieur du pays, la partie sud en début et fin juin a connu des difficultés. Mais depuis la fin de la première décade du mois de juillet, il y a eu des améliorations. Les semis sont en cours dans cette partie du pays. L’année dernière, il a beaucoup plu à Bamako et ses environs contrairement à l’intérieur. Cette année, on constate qu’il pleut beaucoup plus dans un rayon de 50 km autour de Bamako. Un déficit de pluie s’est installé dans la capitale. Mais depuis deux ou trois jours, il pleut abondamment à Bamako. Sur le plan national, la bande sahélienne n’est pas très en retard parce que notre repère est la 2 e décade de juillet. Au sud, la pluie n’est pas très régulière comme en 2008. Mais nous pensons qu’avec les conseils qu’on donne et la disponibilité de certaines variétés actives à cycle court, on peut aplanir le déficit pluviométrique.
Les Echos :Le CILSS avait donné l’alerte en début de l’hivernage sur le déficit pluviométrique dans le Sahel. Pensez-vous qu’il y a péril en la demeure ?
D. S. K. : Ce sont des prévisions que le CILSS donne, la situation peut varier. Tout récemment, nous avons reçu une autre information qui dit que l’hivernage sera meilleur par rapport aux prévisions faites initialement par le CILSS. Dans la réalité des faits, on remarque que les choses bougent dans le bon sens. Je lance un appel à l’ensemble des producteurs. Il ne faut pas que ce début difficile les décourage. Je les invite à écouter les conseils de l’encadrement pour la culture des variétés capables de résister au déficit hydrique.
Les Echos :Quelles sont les dispositions pratiques que vous avez prises ?
D. S. K. : Les dispositions pratiques, c’est d’abord la consolidation des acquis de l’initiative riz mise en œuvre depuis la campagne 2008-2009. L’Etat a décidé de poursuivre la subvention des engrais pour la culture du maïs, du riz, du blé et du coton. Le sac d’engrais sera cédé à 12 500 F. CFA le sac de 50 Kg. Le prix repère est de 15 435 F. CFA pour l’urée et 18 675 F. CFA pour le DAP. Contrairement aux années précédentes, il n’y aura pas de contrat entre l’Etat et un fournisseur. L’appel a été lancé à tous les fournisseurs qui peuvent stocker l’engrais dans les zones de production de le faire. L’encadrement technique se chargera de recenser ceux qui veulent cultiver du riz, du maïs, du riz, du blé ou du coton. Le paysan intéressé paie au comptant le prix subventionné. Ceux qui sont débiteurs et qui ne se sont pas acquittés des dettes d’engrais de l’initiative riz sont écartés d’office par l’Etat dans la subvention. Nous sommes très fermes là-dessus et toutes les dispositions sont en train d’être prises sur le terrain à cet effet. Cette année, nous avons pris des mesures pour faire face au problème de semences de riz Nerica que nous avons connu l’année dernière. Nous avons identifié certaines productions qui ont été consignées auprès de certains producteurs en guise de semences. Pendant la contre-saison, nous avons produit environ 2500 t de Nerica 4 dans la zone Office du Niger comme semences. Ces semences sont en train d’être dispatchées vers les zones de production dans les régions de Sikasso, Koulikoro, le sud de la région de Kayes, et le district de Bamako. Ces semences sont subventionnées à 50 % pour un coût de 300 F/Kg. Pour bénéficier de la subvention, il faut passer obligatoirement par l’encadrement technique. Sur le plan protection des cultures, des dispositions ont été prises pour renforcer le dispositif de veille sur le terrain. L’Office de la protection des végétaux a pris des mesures pour faire face aux oiseaux granivores et autres insectes nuisibles.
Les Echos :L’Etat a décidé de subventionner les engrais au lieu de faire intervenir directement les fournisseurs. Est-ce qu’il y a eu des impaires qui ont conduit à ce changement ?
D. S. K. : Non, il n’y a pas eu d’impaires. Au contraire, Toguna a normalement ravitaillé les paysans l’année dernière. Le secteur de l’approvisionnement en engrais est privatisé. L’Etat joue un rôle d’interface entre les opérateurs économiques et les producteurs. Notre rôle est d’appuyer les paysans dans la formulation des besoins et dans le montage des dossiers d’appel d’offres des fournisseurs.
Les Echos : Quel rôle particulier joue la direction nationale de l’agriculture dans la réussite de l’initiative riz ?
D. S. K. : Tout l’appui conseil, le suivi de toutes les activités sur le terrain, le recensement des superficies, entre autres, relèvent du personnel de la DNA. C’est comme cela qu’on a pu s’organiser pour suivre correctement la mise à disposition des engrais l’année dernière. Ces engrais ont été déposés au niveau des directions régionales de l’agriculture et placés auprès des producteurs. C’était la même chose pour les semences. L’Etat avait renforcé les capacités en nous envoyant 100 agents et des équipements roulants. Notre rôle est surtout joué au niveau de la production pour que cet objectif de 1,6 million de tonnes de riz puisse être atteint l'année dernière.
Les Echos :Quel objectif s’est fixé l’initiative riz cette année ?
D. S. K. : L’objectif cette année est de produire 2,3 t de riz. L’initiative riz n’était pas un programme particulier en 2008. C’était une volonté politique qui a accompagné la mise en œuvre du plan de campagne. On s’était fixé un objectif de départ de 1, 2 million de t. L’Etat a jugé bon d’améliorer cet objectif compte tenu de la crise mondiale de riz. C’est ainsi qu’on a ajouté 400 000 t de plus sur le plan de campagne 2008-2009. C’est ce qui est venu sous la forme d’initiative riz. L’initiative riz n’est pas un projet particulier. Elle est la volonté politique affichée pour accompagner la mise en œuvre du plan de campagne. Cette ambition a été poussée cette année à 2,3 millions de tonnes. Si toutes les conditions sont réunies avec la mise en valeur de nouveaux aménagements, nous pourrons atteindre ces objectifs.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko
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BUREAU DU VERIFICATEUR GENERAL
Le rapport remis au Premier ministre
Le Vérificateur général a remis mardi dernier son rapport 2008 au Premier ministre. « La lutte contre la corruption et la délinquance financière demeure, vous le savez, un chantier prioritaire du président de la République. La création, aux côtés des autres structures de contrôle et de vérification existantes, d’un Bureau du Vérificateur Général, est l’expression de sa volonté et aussi de la conviction qui est la sienne que pour lutter efficacement contre la persistance du phénomène de la corruption, il faut étoffer notre dispositif de contrôle, tout en renforçant les structures existantes ».
« Aussi, je prends à cet effet acte de votre appréciation positive des efforts accomplis par l’Administration, pour donner suite aux recommandations du Rapport 2007. Il est à cet égard plus que satisfaisant de constater que plus de 80 % des recommandations formulées par le Bureau du Vérificateur ont été mises en œuvre ou sont en voie de l’être, soit au total 408 sur 506 recommandations. Cela confirme par ailleurs l’évolution de la tendance amorcée depuis l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations du Rapport 2006 de l’ordre de 82% » , a déclaré Modibo Sidibé.
AK
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