La question orale à laquelle devait répondre hier le ministre de la Justice a été reportée sine die, à cause de nombreuses pressions dont nous parlions dans notre édition d’hier. Le sentiment de culpabilité affiché par l’exécutif sur son immixtion dans le judiciaire explique bien ce report.
L’interpellation de Maharafa Traoré, ministre de la Justice, garde des Sceaux par le député Yaya Sangaré, dans l’affaire de l’ex-PDG de la BHM et son complice et celle de l’honorable Kalifa Doumbia, adressée au ministre de l’Energie et de l’Eau, Mamadou Igor Diarra sur l’approvisionnement des populations en eau et l’électricité, étaient hier au menu de la session plénière de l’Assemblée nationale. Si Mamadou Igor Diarra s’est plié volontiers à la question orale de son interpellateur, Maharafa Traoré est, par un tour de passe-passe, parvenu à faire ajourner la sienne.
Il n’y a apparemment rien d’étonnant à la suspension de son interpellation pour ceux qui ont suivi ces derniers jours l’évolution de la lettre d’interpellation envoyée le 22 juin au cabinet du ministre de la Justice. Depuis cette date, tous les moyens ont été entrepris par les plus hautes autorités du pays pour que la question orale adressée à Maharafa Traoré ne soit pas à l’ordre du jour de la plénière d’hier. Confronté à la détermination du député, le gouvernement s’était finalement résolu à accepter de passer devant les députés et des assurances fermes ont été données dans ce sens, la veille.
La véritable surprise a été d’entendre l’honorable Yaya Sangaré annoncer dans la salle des plénières de l’Assemblée nationale, en présence de Marahafa Traoré et des membres de son cabinet, qu’il surseoit à l’interpellation de ce jeudi « vu l’évolution du dossier et des informations complémentaires fournies ». Le député interpellateur a, selon toute vraisemblance, cédé aux pressions qui avaient repris encore hier matin jusque dans les bureaux de l’Assemblée nationale.
Comme pour faire un aveu de culpabilité dans l’affaire Mamadou Baba Diawara, emprisonné malgré l’arrêt n°53 du 27 mai 2009 qui a cassé sans renvoi la décision de la Cour d’assises de Ségou de juillet 2008 et acquitté l’ex-PDG de la BHM et son complice Ismaïla Haïdara de WAIC, le gouvernement a bloqué l’interpellation pour éviter des déballages qui lui auraient été fatals.
Selon des indiscrétions, pour éviter l’humiliation devant la représentation nationale, l’exécutif a courbé l’échine en reconnaissant son tort dans cette affaire. Il aurait même promis de gérer le dossier dans les prochains jours. Ce qui sous-entend que l’opinion nationale ne doit pas être surprise en voyant l’Etat mettre dans leurs droits, les détenus Diawara et Haïdara, en les faisant sortir de prison.
Dans le cas contraire, la même question orale, qui est simplement rangée dans les tiroirs, pourrait ressortir à la session extraordinaire, qui devrait être convoquée, lundi, la présente session fermant ce samedi. En ce sens que Yaya Sangaré n’a pas encore dit son dernier mot puisque son interpellation est juste suspendue et non annulée.
DIFFICULTE DE DESSERTE EN EAU ET ELECTRICITE
Les solutions du ministre Mamadou Igor Diarra
Le ministre de la Justice garde des Sceaux, Maharafa Traoré, et son collègue de l’Energie et de l’eau Mamadou Igor Diarra étaient les deux membres du gouvernement, jeudi à l’Assemblée nationale, pour répondre aux questions orales des députés Yaya Sangaré, élu à Yanfolila et Kalifa Doumbia, élu en Commune VI .
Si le dialogue entre le député Yaya Sangaré et le ministre Maharafa Traoré n’a pas eu lieu, l’honorable Sangaré ayant sursit à ses questions orales, pour dit-il, « vu l’état d’avancement du dossier et des informations complémentaires à fournir », celui entre le ministre de l’Energie et de l’Eau et l’honorable Doumbia n’a pas été reporté.
Grosso modo, l’honorable Doumbia a interrogé le ministre Diarra sur le déséquilibre dans la déserte en eau et électricité du pays et particulièrement dans le district de Bamako. Le député voulait également savoir ce qui empêche EDM de procéder au raccordement des populations en eau et électricité dans des délais raisonnables lorsque celles-ci en font la demande.
Pourquoi EDM est plus portée sur les poteaux électriques en béton que ceux en bois, qui seraient moins onéreux, et pourquoi la nouvelle augmentation des tarifs d’eau et d’électricité ont été d’autres questions posées au ministre.
A l’en croire, il faudra encore attendre 3 ans, soit en 2012 pour voir beaucoup de difficultés s’aplanir dans l’approvisionnement des habitants de Bamako en particulier et ceux des autres localités du pays avec la construction de nouvelles centrales électriques (Balingué, Taoussa, Felou eTC.).
De nos jours, l’offre d’EDM en électricité est nettement inférieure à la demande, a reconnu le ministre, qui a ajouté que celle-ci sera multipliée par 3 dans les 3 ou 4 années à venir. Toutes choses, à ses dires, qui permettront l’accès d’une grande partie de la population à l’électricité. Le ministre a indiqué que la difficulté essentielle à raccorder les populations de la Commune VI (commune de résidence du député Doumbia) était liée au fait que cette population était très éparse.
Evoquant le problème d’adduction d’eau, Mamadou Igor Diarra a fait comprendre que ce problème sera résolu totalement avec la construction de la nouvelle station de Kabala qui demande un investissement de 113 milliards de F CFA.
L’Etat est à la recherche de ce fonds. En réponse à la nouvelle tarification récemment effectuée par EDM, le ministre a révélé que cette mesure était destinée a la doter de ressources pour faire face à certaines difficultés. A l’en croire, la mesure est de court terme, car elle ne devrait pas dépasser trois ans.
Denis Koné
En chiffres
Le déficit en eau est de 40 000 m3. Le taux d’accès des populations à l’électricité est de 25,45 % sur le plan national, 58 % en milieu urbain et 11,28 % en milieu rural. 97 % de la population de la capitale a accès à l’électricité. La Commune I demeure la plus électrifiée avec 77 % d’habitants qui ont accès au courant. La Commune VI est la moins électrifiée avec seulement 51 %.
D. K.
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LA MAITRESSE DU GOUVERNEUR
Sanford survivra-t-il son infidélité ?
Après le président Bill Clinton et le présidentiable John Edwards, une autre personnalité politique américaine vient de passer à la casserole à cause d’une vieille histoire de fesses. La vindicte populaire ne s’est pas faite attendre. Ah les maîtresses !
Les fesses, encore les fesses ! Ces « organes ultrasensibles » n’arrêtent décidément de faire des victimes. Et pas n’importe lesquelles. Les escapades nocturnes d’une personne ordinaire peuvent passer inaperçues, mais quand un homme public ou un dirigeant se lance dans une relation extraconjugale, tous les yeux sont braqués sur ce lien, non pour attenter à sa liberté, mais parce qu’un homme au service d’un peuple n’a presque pas de vie privée. Sa ligne de conduite est particulièrement tenue à l’œil. Un point intéressant puisque les relations interpersonnelles ont aussi des effets dans le mode de gestion d’un dirigeant.
Au train où vont les choses, l’on serait tenté de soutenir que les personnalités politiques sont devenues de grands amateurs de rapports secrets avec les femmes. Après les nombreux cas romantiques illégitimes révélés à travers le monde, voilà celui de Mark Sanford, gouverneur de l’Etat de Caroline du Sud aux Etats-Unis, attirer l’attention générale. Cela est l’épilogue de plusieurs années d’infidélité vis-à-vis de son épouse. Du 18 au 24 juin dernier, le gouverneur a disparu dans la nature.
Personne ne savait exactement ou il était, y compris sa famille et ses proches collaborateurs, selon les informations originellement relayées par son cabinet, qui a par la suite tenté de désamorcer la bombe latente en affirmant que le chef de l’exécutif étatique faisait une randonnée sur les Appalaches. « Ses téléphones personnel et public étaient éteints et il ne répondait pas aux messages ».
Etrange ! M. Sanford avait certainement disparu pendant quelques heures par le passé, mais n’avait jamais passé autant de jours sans nouvelles et complètement injoignable. Le gouverneur serait-il enlevé ? Les inquiétudes sont dans l’air, la nouvelle se répand à travers les spéculations et l’implication des médias, dont certains avaient pu se procurer et même publié des mails que le « disparu » avaient envoyés à une « X de l’Argentine ».
Fin de carrière ?
Ayant appris que le débat autour de son absence prenait de l’ampleur, le gouverneur, dans sa retraite dorée, a d’abord par le biais de son porte-parole, annoncé son retour au travail le 23 juin.
Le lendemain 24 juin, il organise une conférence de presse pour admettre sa relation adultère, larmes aux yeux. « J’ai été infidèleà ma femme et ai entretenu une relation avec une Argentine qui était d’abord une chère amie. Je l’ai rencontrée il y a 8 ans, très innocemment. Depuis un an, la relation a basculé vers le romanticisme ». La maîtresse est une Argentine de 43 ans, divorcée et mère de deux enfants. Elle est diplômée en relations internationales et négociante de matières premières dans son pays.
Le gouverneur républicain de 49 ans pourra-t-il sortir indemne de son scandale sexuel ? Difficile de répondre par l’affirmative. Son épouse et membre de son cabinet Jenny Sanford, qui dit avoir découvert la tromperie de son mari en février dernier quand elle fouillait dans un des fichiers de ce dernier, laisse planer le doute sur la suite de leur union.
« Je ne sais pas s’il sera avec moi. Je crois que l’éducation des enfants est la plus importante chose au monde. Je me préoccupe beaucoup de mes enfants. La carrière de mon mari n’est pas mon souci ; il en prendra soin lui-même » , s’est-elle contentée de dire avant d’esquiver les autres questions des journalistes.
Le gouverneur risque gros, car les conséquences de cette affaire de fesses pourraient lui être fatales sur le plan politique. Au sein de l’opinion, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer sa démission. Si d’aucuns fondent leur requête sur l’usage des fonds de l’Etat pour soulager ses désirs personnels, d’autres soutiennent qu’un responsable ne doit pas laisser son poste vacant pendant une semaine sans motif valable et sans notification pour qu’un autre prenne le relais pendant la période. C’est pourquoi, ils demandent au Congrès de l’Etat de Caroline du Sud de voter une loi prévoyant de tels actes. « S’il y avait eu une urgence pendant la disparition du gouverneur, c’est tout l’Etat qui aurait péri », arguent-il.
D’ores et déjà, Mark Sanford a démissionné de la présidence de l’Association des gouverneurs du parti républicain. Figure montante de sa formation politique et fortement pressenti pour être investi candidat aux présidentielles de 2012, l’infidèle fait désormais profil bas et devra aussi revoir ses ambitions politiques à la baisse.
Comme quoi une réputation ne se réinvente pas !
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)
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