Les Echos du 30 Janvier 2009
VOL DE BAGAGES A BORD D’UN AVION
Une cliente assigne Royal Air Maroc en justice
Entre Royal Air Maroc (Ram) et une passagère qui l’accuse, le Tribunal de commerce tranchera le 4 février 2009 du vol de bagages au cours de son voyage Zurich-Bamako, via Casablanca à bord de la compagnie .
Mme Fatoumata Traoré, a affrété la Ram Zurich-Bamako, via Casablanca. Mais quelle ne fut sa surprise de constater le vol de ses deux valises ( 28 kg et 32 kg) à Casablanca lors de son retour de Zurich (Suisse) le 21 juin 2008 alors que la passagère avait payé un excédent de bagages de 1122 francs suisses, ce qui correspondait à 66 kg d’excédents.
Selon la victime, le tarif au kg avait augmenté le même jour de 5 francs (17 francs/kg au lieu de 12). « J’ai accepté de payer à l’aéroport afin que je puisse revenir au moins avec mes bagages vu que je n’avais plus le temps matériel pour faire les formalités de fret ». Pis, charge-t-elle, l’avion a accusé un retard de 1 h 30 à Zurich. « Et arrivée, j’ai raté ma correspondance sur Bamako prévue la même nuit vers 1 h. J’ai passé 24 h à l’hôtel Atlas dépourvue de tout », raconte-t-elle.
Mme Fatoumata Traoré indique la disparition de 4 ordinateurs portables et de plusieurs appareils représentant un montant global de près de 4 millions de F CFA. A ses dires, il a été découvert que les cadenas des valises ont disparu et que les ordinateurs et autres appareils ont été sortis de leurs emballages. De quoi donner un mal de tête à la passagère qui voit ainsi ses économies subtilisées. Le hic, c’est qu’elle continue de payer les dettes des personnes qui avaient demandé des ordinateurs.
Contre argument
Mais à la Royal Air Maroc, l’on écarte d’un revers de la main la plainte de la cliente pour plusieurs raisons. Si l’on en croit le représentant de la compagnie, Badou Abdelkhalek, celles-ci tiennent au fait que les excédents de bagages n’étaient pas au nom de la passagère mais d’un certain M. Traoré. Et d’ajouter que Fatoumata Traoré, à son arrivée à Bamako, a quitté l’aéroport pour ensuite venir se plaindre de la perte de ses bagages.
« Une déclaration de pertes de bagages se fait toujours avant de quitter l’aéroport. La dame est arrivée à 2 h 30 et est ressortie pour ne revenir qu’à 18 h pour une réclamation ayant trait à la spoliation de ses bagages. Le directeur commercial de l’assistance aéroportuaire du Mali a refusé d’enregistrer sa déclaration parce que contraire à la réglementation en la matière. Et c’est notre chef d’escale qu’elle a supplié d’accepter sa déclaration qui était tardive » , explique M. Badou.
Pour lui, la cliente aurait dû orienter ses bagages vers le service fret « parce que ce ne sont pas des effets personnels mais des marchandises ». Notre interlocuteur de soutenir que l’assistance aéroportuaire du Mali n’a relevé qu’un manque de 23 kg contrairement à l’inventaire établi par Mme Fatoumata Traoré. Ce qui fait dire au représentant de la Ram que la passagère a réclamé ce que la douane n’a pas contrôlé. Et de s’interroger comment la douane n’a pas fait attention à cet inventaire alors que seulement c’est un manque de 23 kg qui a été décelé.
Dans ce bras de fer, Mme Fatoumata Traoré/Royal Air Maroc, le représentant de la compagnie en veut surtout au chef d’escale qui a accepté la déclaration de vol. Celui-ci, dit-il, risque son poste. A ce jour, l’affaire semble dépasser le représentant de la Royal Air Maroc car le ministère marocain des Affaires étrangères s’est saisi du dossier.
Malgré tout, le problème n’a pas été dénoué. Désarçonnée, Mme Fatoumata Traoré a décidé de traîner la Royal Air Maroc devant le Tribunal de commerce qui doit se prononcer sur le contentieux le 4 février prochain. Elle réclame près de 4 millions de F CFA en réparation des dommages subis.
Affaire à suivre !
Mohamed Daou
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LE CAMPUS UNIVERSITAIRE DE BAMAKO
Plus de 1200 étudiants à la Fast
Le campus qui est construit pour les étudiants qui n’ont pas où passer leur séjour scolaire est devenu, un lieu d’entassement pour eux. Le campus de la Faculté des sciences et techniques (Fast) que nous avons visité est doté de 180 chambres pour plus de 1200 étudiants soit 5 à 8 étudiants par chambre.
A la Fast, les étudiants se plaignent de leur condition de vie. La majorité de ces étudiants viennent de loin et sans logements. « Dans ces conditions difficiles, ils ont du mal à étudier et sont souvent obligés de faire recours à des solutions peu orthodoxes pour survenir à leurs besoins » témoigne F.T., une étudiante.
Lieu d’ambiance, le campus est du matin au soir animé par la musique, les causeries, et plusieurs autres activités qui n’ont rien avoir avec les études et qui compromettent dangereusement l’avenir des enfants.
Pour M. D., « je me plains de la condition dans laquelle les étudiants et étudiantes vivent. Ils peuvent être 10 à 16 étudiants dans des chambres conçues pour 8 personnes. Chacun paye 7 500 ou 8 000 FCFA pour l’année. Pour les filles, certaines pour arrondir les fins de mois empruntent des voies malsaines. Or, nous sommes là uniquement pour étudier ».
Le secrétaire général adjoint du bureau de coordination de l’AEEM et le secrétaire général du comité AEEM de la Fast Ibrahim L Traoré dit Papin, dénoncent les conditions dans lesquelles les étudiants vivent à la Fast.
Selon le responsable de l’AEEM, le campus de la Fast accueille les étudiants de toutes les Facultés et des grandes écoles et universités de Bamako, vu le manque de chambres et la condition des étudiants qui viennent de l’intérieur.
L’appui des autorités demandées
Pour lui, ils sont obligés de recevoir les étudiants de toutes les Facultés. « Ils préfèrent se débrouiller une fois dans le campus que d’abandonner les bancs ». Pour M. Traoré, depuis une semaine, il est demandé aux terminalistes de céder les chambres aux nouveaux.
Malgré l’implication de l’AEEM et du Centre national des œuvres universitaires (Cenou), force est de constater la délicatesse de l’opération. « Ce n’est pas un secret, le nombre des nouveaux orientés à la Fast est à peu près à 22 500 étudiants ».
Le secrétaire se dit fier de son équipe pour le travail de sensibilisation pour préserver le patrimoine public qui est le campus universitaire. « Je me demande comment les filles dans ces conditions peuvent étudier. L’AEEM ne livre que des chambres, mais ne veille pas sur la vie des étudiants au campus ».
Selon lui, les filles, contrairement aux garçons ont besoin d’un minimum d’entretien. Le secrétaire général demande l’appui des autorités pour la construction des lieux de distraction, comme les aires de sport et de lecture dans les Facultés. « La Fast c’est un lieu de rencontre », dit-il en ajoutant que « la solution aux problèmes est axée sur deux choses : la décentralisation des Facultés dans toutes les régions du Mali pour que les étudiants puissent être libres dans leurs études et la construction de cantines scolaires dignes du nom ».
Sètè Traoré
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L’AVENIR DE RFI
Des journalistes s’inquiètent
En optant pour une radio dite « généraliste » par la mise en œuvre d’un plan de modernisation qui prévoit la suppression de 206 postes dont 106 concernant directement les journalistes, la direction de Radio France Internationale (RFI) a provoqué l’ire dans les rangs de nos confères qui n’adhèrent pas au projet. Des journalistes de RFI estiment, que le projet, pour des raisons économiques au détriment de la qualité et de la vocation publique de la chaîne aura des impacts négatifs.
La France a vécu hier une journée de grève appelée par certains grévistes : « jeudi noir », à l’appel des syndicats, pour protester contre la situation économique du pays et surtout contre les récents propos du président Sarkozy prétendant accorder peu d’attention aux agitations des groupements syndicaux.
Selon nos informations, la grève qualifiée « d’avertissement » par certains de nos confrères français a été effective.
Au-delà de la grève nationale, notre attention a surtout été attirée par la forte mobilisation qui a particulièrement perturbé les programmes de RFI qui se trouve dans une situation particulièrement difficile depuis que les responsables de cette radio ont décidé de supprimer 206 postes soit 20 % de l’effectif du personnel.
Frank Weil-Rabaud, journaliste à RFI et vice-président de la société des journalistes de ladite chaîne a précisé hier, au cours d’une conversation téléphonique, que « le plan de modernisation proposé par la direction de la chaîne concerne 106 journalistes » d’où toute son inquiétude.
Selon lui, « le projet de modernisation qui prévoit aussi de supprimer 6 langues sur les 19 dans lesquels émet déjà la radio aura certainement un impact négatif sur la qualité des prestations ». M. Weil-Rabaud tout en reconnaissant qu’il y a besoin de reforme estime, que « cette reforme ne peut se faire au détriment de la qualité ».
« Le souci de la direction est de faire l’économie, toutes choses qui ne correspondent pas à la vocation de service public de la radio » , a expliqué notre confrère. Et d’ajouter que pour le moment, la direction n’a proposé aucun plan social aux salariés.
Le plan de modernisation de RFI fait suite à de graves difficultés d'audience et financières dont reste confrontée la chaîne forte d’un réseau mondial de correspondants dont l’avenir reste menacé.
Amadou Waïgalo
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