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2009

Mois de Janvier

Les Echos du 30 Janvier 2009

 

VOL DE BAGAGES A BORD D’UN AVION

Une cliente assigne Royal Air Maroc en justice

Entre Royal Air Maroc (Ram) et une passagère qui l’accuse, le Tribunal de commerce tranchera le 4 février 2009 du vol de bagages au cours de son voyage Zurich-Bamako, via Casablanca à bord de la compagnie .

Mme Fatoumata Traoré, a affrété la Ram Zurich-Bamako, via Casablanca. Mais quelle ne fut sa surprise de constater le vol de ses deux valises ( 28 kg et 32 kg) à Casablanca lors de son retour de Zurich (Suisse) le 21 juin 2008 alors que la passagère avait payé un excédent de bagages de 1122 francs suisses, ce qui correspondait à 66 kg d’excédents.

Selon la victime, le tarif au kg avait augmenté le même jour de 5 francs (17 francs/kg au lieu de 12). « J’ai accepté de payer à l’aéroport afin que je puisse revenir au moins avec mes bagages vu que je n’avais plus le temps matériel pour faire les formalités de fret ». Pis, charge-t-elle, l’avion a accusé un retard de 1 h 30 à Zurich. « Et arrivée, j’ai raté ma correspondance sur Bamako prévue la même nuit vers 1 h. J’ai passé 24 h à l’hôtel Atlas dépourvue de tout », raconte-t-elle.

Mme Fatoumata Traoré indique la disparition de 4 ordinateurs portables et de plusieurs appareils représentant un montant global de près de 4 millions de F CFA. A ses dires, il a été découvert que les cadenas des valises ont disparu et que les ordinateurs et autres appareils ont été sortis de leurs emballages. De quoi donner un mal de tête à la passagère qui voit ainsi ses économies subtilisées. Le hic, c’est qu’elle continue de payer les dettes des personnes qui avaient demandé des ordinateurs.

Contre argument

Mais à la Royal Air Maroc, l’on écarte d’un revers de la main la plainte de la cliente pour plusieurs raisons. Si l’on en croit le représentant de la compagnie, Badou Abdelkhalek, celles-ci tiennent au fait que les excédents de bagages n’étaient pas au nom de la passagère mais d’un certain M. Traoré. Et d’ajouter que Fatoumata Traoré, à son arrivée à Bamako, a quitté l’aéroport pour ensuite venir se plaindre de la perte de ses bagages.

« Une déclaration de pertes de bagages se fait toujours avant de quitter l’aéroport. La dame est arrivée à 2 h 30 et est ressortie pour ne revenir qu’à 18 h pour une réclamation ayant trait à la spoliation de ses bagages. Le directeur commercial de l’assistance aéroportuaire du Mali a refusé d’enregistrer sa déclaration parce que contraire à la réglementation en la matière. Et c’est notre chef d’escale qu’elle a supplié d’accepter sa déclaration qui était tardive » , explique M. Badou.

Pour lui, la cliente aurait dû orienter ses bagages vers le service fret « parce que ce ne sont pas des effets personnels mais des marchandises ». Notre interlocuteur de soutenir que l’assistance aéroportuaire du Mali n’a relevé qu’un manque de 23 kg contrairement à l’inventaire établi par Mme Fatoumata Traoré. Ce qui fait dire au représentant de la Ram que la passagère a réclamé ce que la douane n’a pas contrôlé. Et de s’interroger comment la douane n’a pas fait attention à cet inventaire alors que seulement c’est un manque de 23 kg qui a été décelé.

Dans ce bras de fer, Mme Fatoumata Traoré/Royal Air Maroc, le représentant de la compagnie en veut surtout au chef d’escale qui a accepté la déclaration de vol. Celui-ci, dit-il, risque son poste. A ce jour, l’affaire semble dépasser le représentant de la Royal Air Maroc car le ministère marocain des Affaires étrangères s’est saisi du dossier.

Malgré tout, le problème n’a pas été dénoué. Désarçonnée, Mme Fatoumata Traoré a décidé de traîner la Royal Air Maroc devant le Tribunal de commerce qui doit se prononcer sur le contentieux le 4 février prochain. Elle réclame près de 4 millions de F CFA en réparation des dommages subis.

Affaire à suivre !

Mohamed Daou

 

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LE CAMPUS UNIVERSITAIRE DE BAMAKO

Plus de 1200 étudiants à la Fast

Le campus qui est construit pour les étudiants qui n’ont pas où passer leur séjour scolaire est devenu, un lieu d’entassement pour eux. Le campus de la Faculté des sciences et techniques (Fast) que nous avons visité est doté de 180 chambres pour plus de 1200 étudiants soit 5 à 8 étudiants par chambre.

A la Fast, les étudiants se plaignent de leur condition de vie. La majorité de ces étudiants viennent de loin et sans logements. « Dans ces conditions difficiles, ils ont du mal à étudier et sont souvent obligés de faire recours à des solutions peu orthodoxes pour survenir à leurs besoins » témoigne F.T., une étudiante.

Lieu d’ambiance, le campus est du matin au soir animé par la musique, les causeries, et plusieurs autres activités qui n’ont rien avoir avec les études et qui compromettent dangereusement l’avenir des enfants.

Pour M. D., « je me plains de la condition dans laquelle les étudiants et étudiantes vivent. Ils peuvent être 10 à 16 étudiants dans des chambres conçues pour 8 personnes. Chacun paye 7 500 ou 8 000 FCFA pour l’année. Pour les filles, certaines pour arrondir les fins de mois empruntent des voies malsaines. Or, nous sommes là uniquement pour étudier ».

Le secrétaire général adjoint du bureau de coordination de l’AEEM et le secrétaire général du comité AEEM de la Fast Ibrahim L Traoré dit Papin, dénoncent les conditions dans lesquelles les étudiants vivent à la Fast.

Selon le responsable de l’AEEM, le campus de la Fast accueille les étudiants de toutes les Facultés et des grandes écoles et universités de Bamako, vu le manque de chambres et la condition des étudiants qui viennent de l’intérieur.

L’appui des autorités demandées

Pour lui, ils sont obligés de recevoir les étudiants de toutes les Facultés. « Ils préfèrent se débrouiller une fois dans le campus que d’abandonner les bancs ». Pour M. Traoré, depuis une semaine, il est demandé aux terminalistes de céder les chambres aux nouveaux.

Malgré l’implication de l’AEEM et du Centre national des œuvres universitaires (Cenou), force est de constater la délicatesse de l’opération. « Ce n’est pas un secret, le nombre des nouveaux orientés à la Fast est à peu près à 22 500 étudiants ».

Le secrétaire se dit fier de son équipe pour le travail de sensibilisation pour préserver le patrimoine public qui est le campus universitaire. « Je me demande comment les filles dans ces conditions peuvent étudier. L’AEEM ne livre que des chambres, mais ne veille pas sur la vie des étudiants au campus ».

Selon lui, les filles, contrairement aux garçons ont besoin d’un minimum d’entretien. Le secrétaire général demande l’appui des autorités pour la construction des lieux de distraction, comme les aires de sport et de lecture dans les Facultés. «  La Fast c’est un lieu de rencontre », dit-il en ajoutant que « la solution aux problèmes est axée sur deux choses : la décentralisation des Facultés dans toutes les régions du Mali pour que les étudiants puissent être libres dans leurs études et la construction de cantines scolaires dignes du nom ».

Sètè Traoré

 

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L’AVENIR DE RFI

Des journalistes s’inquiètent

En optant pour une radio dite « généraliste » par la mise en œuvre d’un plan de modernisation qui prévoit la suppression de 206 postes dont 106 concernant directement les journalistes, la direction de Radio France Internationale (RFI) a provoqué l’ire dans les rangs de nos confères qui n’adhèrent pas au projet. Des journalistes de RFI estiment, que le projet, pour des raisons économiques au détriment de la qualité et de la vocation publique de la chaîne aura des impacts négatifs.

La France a vécu hier une journée de grève appelée par certains grévistes : « jeudi noir », à l’appel des syndicats, pour protester contre la situation économique du pays et surtout contre les récents propos du président Sarkozy prétendant accorder peu d’attention aux agitations des groupements syndicaux.

Selon nos informations, la grève qualifiée « d’avertissement » par certains de nos confrères français a été effective.

Au-delà de la grève nationale, notre attention a surtout été attirée par la forte mobilisation qui a particulièrement perturbé les programmes de RFI qui se trouve dans une situation particulièrement difficile depuis que les responsables de cette radio ont décidé de supprimer 206 postes soit 20 % de l’effectif du personnel.

Frank Weil-Rabaud, journaliste à RFI et vice-président de la société des journalistes de ladite chaîne a précisé hier, au cours d’une conversation téléphonique, que « le plan de modernisation proposé par la direction de la chaîne concerne 106 journalistes » d’où toute son inquiétude.

Selon lui, « le projet de modernisation qui prévoit aussi de supprimer 6 langues sur les 19 dans lesquels émet déjà la radio aura certainement un impact négatif sur la qualité des prestations ». M. Weil-Rabaud tout en reconnaissant qu’il y a besoin de reforme estime, que « cette reforme ne peut se faire au détriment de la qualité ».

« Le souci de la direction est de faire l’économie, toutes choses qui ne correspondent pas à la vocation de service public de la radio » , a expliqué notre confrère. Et d’ajouter que pour le moment, la direction n’a proposé aucun plan social aux salariés.

Le plan de modernisation de RFI fait suite à de graves difficultés d'audience et financières dont reste confrontée la chaîne forte d’un réseau mondial de correspondants dont l’avenir reste menacé.

Amadou Waïgalo

 

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LENTEUR DE LA JUSTICE

Un gâchis à réparer

Les premières victimes de la lenteur de justice sont des justiciables qui gaspillent leur temps, leur énergie et leur argent. Une perte de temps qu’il faut réparer

Des gens sont sous le choc de voir leurs parents à bord des véhicules des gardiens de prison. Nous sommes au tribunal de la première instance de la commune III ou plusieurs affaires sont traitées.

Érigé dans une grande cour au milieu du grand marché de Bamako, le Tribunal de première instance de la commune III est, à tout moment, rempli des gens. La plupart de ces personnes ne sont pas à leur première fois dans ce lieu où le droit est supposé être dit.

« Mon frère est en prison depuis plus de quatre mois. Nous sommes venus ici plusieurs fois pour son jugement. Mais, jusqu’à présent le jugement n’a pas été fait. Il doit encore retourner en prison » , a laissé entendre le parent d’un détenu

Les premières victimes de la lenteur de la justice sont des justiciables et leurs parents qui perdent leur temps entre le tribunal et la Maison d’arrêt sur une seule affaire. Un gâchis pour l’économie du pays.

Notre interlocuteur déplore le fait qu’il abandonne son travail pour venir suivre le procès de son frère. « Je suis un particulier. Dieu seul sait combien je perds à chaque fois je viens », ajoute-il.

Au Tribunal de première instance de la commune III, un jugement finit et un autre commence. Aussi, des jugements se tiennent simultanément dans des différentes salles d’audience. Selon un agent du tribunal, les jugements commencent chaque jour ouvrable entre 8h et 9h et ils ne prennent fin qu’après le traitement des affaires inscrites au rôle

Outre des justiciables, on note la présence des étudiants dans la cour où dans les salles d’audience du tribunal.

« Je suis étudiant à FSJP. Je suis venu suivre les jugements afin de savoir comment ils se déroulent. » , explique un étudiant.

L’affluence est grande dans la cour du tribunal de première instance de la Commune III que tout autre tribunal de Bamako.

Sidiki Doumbia

 

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MAISON CENTRALE D’ARRET

Surpopulation carcérale

Malgré l’engagement du ministre de la Justice à relever le défi dans le respect des grands principes que sont la présomption d’innocence, l’exceptionnalité de la détention, le droit à un traitement diligent et équitable des causes, le nombre de détenus en attente de jugement à la Maison centrale d’arrêt (MCA), dépasserait largement la moitié de la population carcérale estimée à 400 personnes.

Le prévenu selon la loi, doit comparaître devant le juge d’instruction trois fois, en une semaine. Au bout des trois comparutions, il doit soit être mis sous mandat de dépôt, soit relaxé, faute de charge. Ce rythme n’est pas respecté comme il se doit par les juges.

Comment comprendre que des citoyens au Mali soient incarcérés durant des années sans être jugés, ni même comparaître devant un juge d’instruction ?  C’est en tout cas les préoccupations d’une maman dont le fils a été arrêté pour une affaire de vol de câbles de branchements de l’Energie du Mali.

Nous expliquant ses déboires, la vieille dame âgée d’une soixantaine d’années cherche désespérément à ce que son fils comparaisse devant un juge. « Il faut avoir quelqu’un qui peut suivre quotidiennement le dossier ou alors avoir un bon avocat pour voir le bout du tunnel », fait-elle remarquer.

N’ayant pas d’argent pour prendre un avocat, la dame dont nous taisons le nom dit avoir fait des démarches en compagnie d’une connaissance, pour trouver une issue au problème. Si elle n’a pas eu de problème à rencontrer le juge d’instruction, ce dernier lui dit de repasser à chaque fois. Et de conclure « Je n’ai pas d’argent, je n’ai personne pour plaider ma cause et sur cette lancée, mon fils va rester longtemps en prison ».

En attendant que le jeune ne comparaisse, nous nous sommes rendu à son lieu de détention, à la Maison centrale d’arrêt (MCA) pour lui réconforter et profiter de l’occasion pour nous imprégner des conditions de détention des détenus.

Situé à Bamako-Coura en plein cœur de Bamako, le seul nom de la MCA où « le lycée de Bamako-Coura » fait peur. Avant d’accéder à l’enceinte de haut lieu sécurisé par les surveillants de prison, le visiteur présente une pièce d’identité au gardien ou « un permis de communiquer », délivré par le tribunal qui a délivré le mandat de dépôt.

Au fur et à mesure qu’on avance au fond de la cour, on aperçoit dans une immense salle, à travers une grille de barre de fer, des centaines de personnes. Elles sont toutes en détention préventive autrement dit, en attente de jugement. Impossible pour nous de savoir le nombre. Mais selon certaines indiscrétions, ils sont des centaines à être dans cette situation. « Beaucoup sont ici pour des simples cas de vols », affirme un surveillant de prison.

Plus on s’approche, plus l’on se rend compte que cette salle dite « Cellule des prévenus », abrite, environ cinq fois plus que sa capacité normale, (entre 40 et 60 détenus). Toutes les autres cellules souffrent du même surpeuplement. Le quartier des condamnés ne fait pas exception à la règle.

Un léger mieux

L’édifice construit pour accueillir 400 pensionnaires, abrite aujourd’hui plus de 1800 prisonniers, souligne un autre surveillant de prison.

Si autrefois, on portait moins de secours aux prisonniers sur le plan sanitaire, aujourd’hui, une infirmerie fournie en médicaments est à leur disposition pour des cas de maladie. Un médecin spécialiste est mis à leur portée où au cas échéant, ils sont transférés dans les hôpitaux en cas de besoin. Selon des témoignages, les maladies pulmonaires, la tuberculose, la gale, le béribéri, la mycose et la malnutrition font des ravages dans des cellules. L’insalubrité quasi-permanente des cellules et la promiscuité suffocante des détenus aggravent, jour après jour leur situation sanitaire.

Certains détenus sont logés dans les cellules selon leurs conditions sociales : Les hauts cadres de l’administration, les riches commerçants et cadres moyens sont parqués ensemble. Les malfrats condamnés et jugés notoirement dangereux et autres criminels, se partagent les mêmes cellules.

On peut estimer entre 40 et 60 les nombres moyens de détenus par cellule, à la MCA.« Nous n’avons rien à voir dans cette histoire d’engorgement. C’est à l’administration et aux défenseurs des droits de l’homme de prendre des dispositions », martèle notre interlocuteur.

Plus loin dans d’autres cellules, croupit une autre catégorie de bandits de grand chemin où règne la loi du plus fort. « Les bagarres y sont monnaie courante », témoigne un surveillant. Autre particularité de ces cellules, c’est la pratique de l’homosexualité.

Les repas sont servis trois fois par jour. Le menu est constitué de :»  le gros mil ou sorgho (en bouillie le matin, en pâte à midi, le soir et au coucher du soleil). Deux fois par semaine, les détenus ont droit au riz au gras à la viande et au poisson ».

Le ministère de la Justice a organisé plusieurs réunions sur le désengorgement des maisons d’arrêt. C’est ce qui explique que notre pays a opté pour la réforme de la justice engagée dans le cadre du Programme de développement décennal de la justice (Prodej)

« Ces textes fixent, entre autres, un temps de détention maximum pour les prévenus, avec pour objectif de contribuer à réduire progressivement le nombre de détenus en détention préventive » . Malgré quelques progrès enregistrés, cette démarche n’a pas produit tous les résultats escomptés. Et le ministre de la Justice, lors d’une rencontre a réitéré l'urgence de trouver les voies et moyens pour désengorger les maisons d’arrêt de Bamako et de Kati dans le respect des règles de procédure.

Selon un magistrat qui a requis l’anonymat, « la loi n'impose pas aux juges de délai pour clôturer une information et la même loi ne limite pas davantage le nombre de renvois que le président du tribunal peut ordonner dans une affaire donnée ».

Devant cet état de fait, pour réduire le nombre des détentions préventives, le ministre Maharafa Traoré demande de prendre des initiatives, des réquisitions dans le sens souhaité. Il a par ailleurs suggéré un traitement plus diligent des dossiers par l’organisation d’audiences extraordinaires, ainsi que de sessions économiques et financières.

Amadou Sidibé

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CE QUE J’EN SAIS

L’omniscience des juges

« La détention provisoire et l'engorgement des prisons au Mali »  ! Tel était le thème de la rentrée judiciaire 2004-2005 des cours et tribunaux du Mali. Un thème adopté à partir du constat d’un terrible dysfonctionnement du système judiciaire. Comment nourrir l’espoir d’un désengorgement des prisons alors que les honnêtes citoyens sont gardés à vue, détenus illégalement ou emprisonnés selon le bon vouloir d’un juge ?

Comme le dénonçait un confrère de la place, « au Mali, la justice est devenue une affaire de clans et de coteries, une combine dirigée de mains de maître par des maîtres de l’alchimie ». Ce qui donne une justice à deux vitesses autant impitoyable avec le voleur de poulet que clémente envers le délinquant financier qui détourne des milliards.

Elle fait surtout preuve d’une célérité inhabituelle pour condamner à mort le berger qui a décapité son rival à la machette, mais prend tout son temps pour juger et finalement faire acquitter le fils à papa ivre qui a tué un mendiant avec une voiture sans immatriculation et sans assurances. Pour ne pas alors être une victime innocente condamnée à pourrir en prison, il ne faut jamais être du mauvais côté de la balance.

Et pourtant, que ce soit la matière pénale ou civile, le procès doit obéir à des principes que sont l'indépendance, l'impartialité du juge, la célérité de la procédure, l'égalité de tous devant la loi et devant les juridictions, le principe du contradictoire, le principe du procès équitable dans un délai raisonnable, le principe du double degré de juridiction et le principe de la séparation des pouvoirs... Des principes régulièrement violés dans notre pays où les déceptions sont à la hauteur des attentes en matière de justice.

« Ces principes sont souvent soumis à de rudes épreuves par les magistrats plus soucieux d’autres considérations matérielles et financières que l’équilibre de la décision qu’ils ont à rendre. On déplore notamment, des lenteurs dans la rédaction des factum » , déplorait Boya Dembélé, à l’époque président du Tribunal de Première Instance de Koutiala. C’était à l’occasion de la rentrée judiciaire 2004-2005 des cours et tribunaux.

Dans son réquisitoire, il avait souligné que « l'état des prisons qui ne répondent pas, pour la plupart, aux normes internationales fait que le nombre des détenus dépasse largement la capacité des prisons des différentes localités. Il y a donc un engorgement des prisons. Cette surpopulation carcérale est une entrave à la bonne marche et à la bonne gestion des prisons et, par voie de conséquence, un obstacle à la promotion des droits humains ».  

Ceux qui sont chargés de rendre la justice s’abritent facilement derrière le manque de ressources humaines et des moyens matériels et financiers pour expliquer le manque de célérité de la justice. Et pourtant ces dernières années, avec le Programme décennal de développement de la Justice (Prodej), l’Etat a consenti des efforts louables pour permettre à la justice de répondre à la très forte attente des justiciables au Mali. Les autorités maliennes ont, en effet, compris que « la démocratie est la sœur jumelle de l'Etat de droit et une justice saine, protectrice des droits humains, en est le corollaire » et que « le pouvoir sans une justice saine et crédible devient arbitraire ».

Mais, dans un Etat de droit, quand la justice est malade, le pouvoir de l'Etat se dégrade et s'effiloche. Ce qui est hélas le cas au Mali où d’aucuns n’hésitent plus à parler de la « République des juges ». La justice est moins nantie, mais les juges sont riches et omniscients. « J’ai droit de vie et de mort sur les citoyens de ma juridiction », nous disait une fois un procureur trop imbu de sa personne. Avec des citoyens arbitrairement retenus en garde-à-vue, des rivaux ou concurrents envoyés en prison à la guise d’un juge corrompu, des procédures torpillées pour faire plaisir à un riche ou à quelqu’un qui a les bras suffisamment long…, personne ne croit aujourd’hui à l'indépendance de notre appareil judiciaire. La cupidité et surtout la corruption devient facilement des raisons fondamentales de l’engorgement de nos prisons. Elles s’ajoutent à l'exiguïté des centres de détentions hérités de la colonisation et qui ne tenaient pas compte des réalités actuelles, la durée de la détention préventive.

Que faire aujourd’hui ?

Il faut réellement réhabiliter la justice au Mali. C’était d’ailleurs l’objectif fondamental du Prodej. « Nous suggérons que l'inspection des services judiciaires soit impliquée dans la notation et la promotion des magistrats ; qu'elle soit dotée en même temps que les chefs de juridictions et parquets de moyens logistiques, matériels, financiers pour mener à bien sa mission », avait plaidé Boya Dembélé.

Selon son diagnostic, « le retard dans la rédaction des jugements, éternel problème de la magistrature et véritable plaie de notre système judiciaire est dû, indépendamment au manque de contrôle, au manque de personnel tant magistrat que greffier ou secrétaire de greffe et parquet. Certains tribunaux de première instance ne comptent que trois Magistrats ou même deux souvent ; d'autres n'ont qu'un seul greffier et très souvent, n'ont même pas de secrétaire ». Sans compter la répartition inégalitaire du personnel.

Pour désengorger nos prisons, de jeunes juristes avaient aussi préconisé des solutions administratives et judiciaires. Il s’agissait, entre autres, de transfert des prisonniers d'une maison d'arrêt à une autre et la construction de nouvelles prisons ainsi que la prise en compte de nombreuses dispositions législatives comme le classement sans suite, la médiation pénale et les modalités de poursuite.

Le Pacte pour le Renouveau de la justice sera-t-il le cadre de cette réhabilitation tant attendue de notre justice ? Est-ce une illusion de plus pour le pauvre justiciable ? Ce nouveau contrat de confiance doit constituer, pour tous les acteurs de la famille judiciaire, « un instrument idéal pour apporter les réponses idoines aux attentes très fortes des citoyens en matière de justice ». Il le faut pour que la justice soit rendue à temps par le respect scrupuleux des délais et procédures, les principes respectés et les prisons désengorgées. C’est le plus grand défi à relever aujourd’hui par l'ensemble de la famille judiciaire.

Alphaly

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LIGUE AFRICAINE DES CHAMPIONS

A l’assaut des Casamançais

Le Djoliba est depuis plusieurs années l’un des fers de lance des clubs maliens pour la ligue africaine des champions. Une compétition à laquelle aucun club malien n’a jamais accédé à sa phase de poule. S’assurer à domicile, pour que l’objectif avoué soit réalisable, tel est l’objectif de l’équipe de Heremakono qui reçoit ce dimanche au stade Modibo Kéita le Casa Sport du Sénégal.

Le football malien vivra un évènement capital ce week-end. En effet, ce Le DAC en rôle du premier ambassadeur du sport malien sur le front africain d’affronter le Csa sport dimanche prochain.

A Heremakono, on est conscient. Raison pour laquelle, les rouges de Bamako ne veulent pas décevoir. Le président des supporters en tête, une mobilisation générale des moyens humains et matériels pour permettre aux garçons de Badra Alou Diallo de franchir d’abord le premier tour avant d’envisager mieux.

L’objectif du Djoliba est de faire mieux que les années précédentes. C’est-à-dire atteindre au moins la phase de poule et ne pas se contenter d’un ou trois coups d’éclat. Mais comme il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, la priorité est de franchir d’abord le cap Casamançais. Ce n’est certes pas, et de loin, la meilleure équipe que le Djoliba ait alignée en coupes continentales, mais au moins l’ambition d’exister en Afrique est réelle.

Le Casa sport s’est assigné comme objectif pour cette ligue africaine des champions une bonne participation pour recevoir à domicile les rouges de Bamako.

Le club sudiste prépare la ligue des champions, dans la dynamique d’une bonne participation. Il y engage tout.

En fait, des défis se posent à lui. Le premier, c’est l’organisation des matches à domicile, chaque fois qu’il reçoit. « Cela répond à un souci de récompenser le public sportif ziguinchorois et Casamançais qui n’a ménagé aucun effort pour nous appuyer le long de toutes les compétitions », a expliqué son président Nouha Cissé. De cet enjeu, découle un second. C’est celui de son stade. Le 3e défi est de réussir à participer. L’espoir est aussi permis quant à la mobilisation au plan humain. Car, une commission a été chargée par le gouverneur de la région, Léopold Wade, et d’examiner les politiques de communication. L’équipe a également organisé un téléthon, avec des radios de la place.

Boubacar Diakité Sarr

 

 

 

Demba Ramata N’diaye pas (entraîneur du CasaSports) :

« Les gosses sont très motivés »

Le Casa sport est depuis le 2 janvier 2009, en camp d’entraînement fermé de trois semaines à l’école des Eaux et forêts. Les gosses sont dans les dispositions pour jouer. Parce qu’ils sont très motivés. Je suis persuadé que la Ligue des clubs champions enrichira leur carrière de jeunes footballeurs. Confiante, l’équipe n’a rien à se reprocher. Et nous nous sommes bien préparés pour cette Ligue des champions. L’équipe était soumise à deux semaines d’entraînements intenses. Elles étaient suivies de matches amicaux de préparation. Le championnat national de football n’ayant pas encore démarré, le Casa à cibler des équipes pour leur livrer des matches pour une mise en jambe de nos joueurs.

Badra Alou Diallo (entraîneur du Djoliba) :

« Engranger une victoire avec la manière à domicile »

Nous avons plusieurs fois représenté le Mali en ligue des champions et maintenant nous devons tout faire pour pouvoir dépasser la phase de poule. L’ambition avouée est d’atteindre cette phase de poule très lucrative et ensuite on pourra revoir nos ambitions à la hausse. Nous avons eu un programme bien établi durant la préparation, le groupe se trouve au complet.

B. D. S

 

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Du nouveau aux éditions jamana

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OpeneNRICH

 

 




 
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