Mardi 20 janvier 2009, fête de l’armée. Des jeunes et membres du comité directeur du Cercle de réflexion pour jeunes (CRJ) contestent vigoureusement le système éducatif malien, qui forme chaque année des jeunes diplômés sans possibilités d’emplois.
La cinquantaine de jeunes qui ont convergé vers le monument Cabral l’ont démontré en mettant symboliquement le feu à leurs diplômes. Avant de mettre le feu à leurs parchemins, ils ont chanté l’hymne national du Mali pour dire qu’il aime leur pays et que son développement les préoccupe à plus d’un titre.
A travers cette action, les jeunes voulaient attirer l’attention des plus hautes autorités sur la faiblesse du système éducatif depuis la base jusqu’au niveau professionnel non conforme aux exigences et à la qualification d’aptitude vers les secteurs porteurs d’emploi.
Pour le CRJ, les sortants des Facultés (Fast, Flash, Fseg, FSJP) sont souvent face à d’énormes difficultés dans la recherche d’emplois, sinon à une négligence de leurs diplômes. Il est donc nécessaire de faire des expertises approfondies sur les contenus de leurs programmes de formation ou même la remise en question de certaines filières.
EXAMEN DE PERMIS MOTOS
L’engouement chez les usagers des deux roues
Au moins, 400 candidats au permis de conduire sont enregistrés par séance à l’Office national des transports (ONT) .
Méconnaissance du code de la route, son non respect par les usagers et des imprudences de ces derniers… sont à l’origine de nombreux accidents de la circulation. Des statistiques révèlent que les jeunes constituent la couche la plus exposée. Une situation favorisée par la floraison des engins à deux roues.
Pour mettre le holà à l’hécatombe, le gouvernement, à travers le ministère de l’Equipement et des Transports, a initié une opération de grande envergure dénommée « examen moto ou permis de conduire ». A travers cette opération, qui a démarré le 17 novembre 2008, il s’agira, pour chaque motocycliste, de porter le casque, de disposer d’un permis de conduire et d’une plaque d’immatriculation. Des formalités à remplir au plus tard le 30 avril 2009.
Pour permettre aux uns et aux autres de se mettre à jour, il a été créé 4 centres de dépôt des dossiers. Il s’agit de la direction nationale de l’ONT, de la Cité des enfants, de l’ex-Garage administratif à Darsalam et de l’ex-centre de formation des travaux publics. Pour la constitution du dossier, il faut fournir 4 photos d’identité, une copie d’acte de naissance plus son adresse complète.
Aujourd’hui, un tour à l’ONT ou à la Cité des enfants, permet de se rendre compte à la fois de l’effectivité de l’opération et de la grande mobilisation qu’elle suscite de la part des propriétaires d’engins à deux roues. Le personnel requis pour les besoins de la cause est débordé. L’affluence est telle qu’on se croirait dans un marché. En vue d’assurer le succès de l’opération, des services techniques comme les impôts, la douane… ont été mobilisés.
Selon le chef de la division permis et autorisation de conduire de l’ONT, Tahirou Touré, pas moins de 400 candidats sont enregistrés par séance qui a lieu pour l’instant les lundi et jeudi. Et lors des séances de formation de 30 à 45 minutes, l’inspecteur de permis explique des notions élémentaires du code de la route avec pour seul objectif de parvenir à minimiser les risques d’accidents.
Apport budgétaire de près de 7 milliards de F CFA
« C’est une opération qui vise à régulariser une situation vécue dans presque tous les pays de la sous-région. L’Etat, en initiant des séances d’examen à l’intention des usagers à deux roues, veut faire en sorte qu’ils changent positivement de comportement à travers une observation stricte des règles du code de la route. Par séance, l’on enregistre au minimum 400 candidats » , explique le chef de la division permis et autorisation de conduire à l’ONT.
L’apport budgétaire du projet est estimé entre 6 et 7 milliards de F CFA. Pour M. Touré, il ne s’agit nullement pour l’Etat à travers ce pactole de renflouer ses caisses, mais d’assurer et de renforcer la sécurité routière. « A mon avis, l’opération ne se résume pas au renflouement des caisses de l’Etat. Quiconque qui est au courant de la circulation à Bamako, même si l’Etat ne se manifestait pas, les usagers eux-mêmes devaient se mobiliser pour venir à bout d’un fléau qui n’a que trop duré. Je reste convaincu que l’opération va contribuer à réduire le taux d’accident parce qu’il y a beaucoup d’usagers qui ne savent pas conduire ».
Toutefois, M. Touré reconnaît pour autant que suivant des statistiques qui parlent de 500 000 motos dans le district, qu’il est fort possible que le délai imparti ne soit pas respecté. De même qu’au regard de l’insuffisance de ressources humaines et matérielles. Néanmoins, dit-il, ces préoccupations qui ont été soumises aux autorités compétentes feront l’objet d’examen par une Commission constituée à cet effet.
« Apparemment, les 4 mois ne doivent pas suffire au regard du nombre important des engins. Et il n’est pas évident pour un inspecteur de permis de signer 400 à 500 PV par séance. En plus, il y a des difficultés liées à l’insuffisance de ressources humaines et logistiques. Mais ces questions ont été soumises à qui de droit » .
Dans la même manière, le chef de la division permis de conduire de l’ONT, estime que les 30 à 45 minutes de formation sont peu pour maîtriser tous les contours de la circulation. « Certes, la durée de formation est relativement courte. Mais ce n’est pas rien non plus. L’usager doit avoir chaque fois sur lui son code de la route. Car, c’est tous les jours que l’on apprend. Pour nous, le détenteur du permis doit être notre interlocuteur auprès de ceux qui n’en ont pas ».
N’eût été le nombre insuffisant d’inspecteurs de permis (7), Tahirou Touré pour plus d’efficacité et de rapidité privilégie le déplacement des agents de l’opération jusque dans les services qui en exprimeront le besoin. En attendant, assure-t-on, les difficultés signalées ça ou là ne sont pas de nature à influer négativement sur le bon déroulement du travail sur le terrain.
Mohamed Daou
L’INSPECTEUR MAHAMADOU DEMBELE
« L’affluence est grande »
Avec le lancement de l’opération permis de conduire, la Cité des enfants ne désemplit plus.
« Les choses se passent bien dans l’ensemble. Il n’y a pas de problèmes majeurs et l’affluence commence à être grande » . Ces propos de l’inspecteur de permis à la Cité des enfants, Mahamadou Dembélé, prouvent à suffisance tout l’intérêt que les détenteurs de deux roues accordent à l’opération permis de conduire.
Selon ses explications, les candidats sont soumis à différentes « épreuves » relatives à la formation théorique et pratique. Aux dires de M. Dembélé, la phase de formation, consiste à inculquer aux candidats des notions élémentaires du code de la route. La phase théorique est destinée à tester si les notions dispensées ont été bien assimilées par les candidats. La phase pratique, qui est l’aboutissement de la précédente, a trait à l’équilibre et à la maîtrise de l’engin.
L’inspecteur de permis de conduire, Mahamadou Dembélé de dire que le nombre de candidats qu’ils enregistrent par séance frôle, voire dépasse les 400. Il a expliqué le choix de la Cité des enfants par le fait que la grande salle peut suffisamment contenir de candidats.
« La phase formation, la phase théorique et celle pratique ont lieu le même jour » , indique-t-il. Tout comme à l’ONT, à la Cité des enfants, l’on souhaite également le renforcement des moyens humains et matériels en vue du bon déroulement de l’opération.
M. D.
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AFFAIRE D’INSTALLATION DE PESE-ESSIEUX
La justice couvre-t-elle l’entreprise Camara ?
L’installation de pèse essieux commanditée par le ministère de l’Equipement et des Transports dans certaines localités du Mali n’a pas fini de révéler tous ses dessous. Un marché de loups et de brebis galeuses.
L’entreprise Boubacar Camara a été adjudicataire du marché n°006/DGM/2002 du ministère du Commerce, de l’Industrie et des Transports avec la participation de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali. Le marché portait sur l’installation de 11 pèse essieux dans les postes de contrôle routiers de Sikasso, Koutiala, Bla, San, Mopti et Ségou.
La spécificité du marché a conduit l’entreprise Boubacar Camara à sous-traiter la partie génie civil à l’entreprise de construction Mady Kéita pour un montant de 24 850 000 F CFA. Les villes de Sikasso et Bla ayant été par la suite retirées des localités concernées par les travaux, l’offre initiale de 24 850 000 F a été de ce fait réajustée à 17 750 000 F CFA.
L’article 20 des clauses du contrat indique que le maître d’ouvrage, en l’occurrence l’entreprise Boubacar Camara, s’engage à payer une avance de démarrage de 6 250 000 F CFA au moment de la signature du contrat. Ce qui fut fait. L’article 21 stipule que le reste est payé à la fin des travaux, soit la somme de 11 500 000 F CFA.
Les travaux étant exécutés en bonne et due forme et dans les délais, les établissements Boubacar Camara se sont arrogés le droit de payer 500 000 F CFA à Mady Camara. Les établissements Camara ont conditionné le payement du reliquat à la réception provisoire ou définitive de l’ouvrage par la direction nationale des transports (DNT) ou le ministère, commanditaire des travaux. Ce qui est une indication contraire aux clauses du contrat qui désignent les établissements Camara maître d’ouvrage et le ministère des Transports tiers étrangers au contrat.
Marché de dupes
Bien qu’ayant empoché le reliquat du montant de son contrat de fourniture de 11 pèse essieux pour la somme de 50 652 240 F CFA, viré sur le compte n° 22389011 par lettre 000900/SS/Trie/04 du 23 août 2004, les établissements Camara continuent de soutenir l’argument de la réception de l’ouvrage par la DNT. Comment peuvent-ils entrer en possession du reliquat sans que la DNT ait constaté l’effectivité des travaux ? A moins qu’il ne s’agisse d’un marché de dupes.
Constatant la mauvaise foi de son cocontractant, l’entreprise Mady Kéita a introduit une requête en réclamation de sommes contre Boubacar Camara au Tribunal de commerce le 29 mai 2007. L’entrepreneur insolvable a été condamné à l’audience du 22 février 2008 à payer la somme de 11 millions CFA à Mady Kéita et 1 000 000 F CFA de dommages et intérêts. Les conseils du promoteur des établissements Camara ont à leur tour interjeté appel devant la chambre civile de la Cour d’appel. Ils sont parvenus à déclarer incompétent le Tribunal du commerce au profit du Tribunal administratif de Bamako.
Comme par enchantement, la Cour d’appel a infirmé le 10 juin 2008, jugement n°114 du 22 février du Tribunal du commerce de Bamako en toutes ses dispositions en déclarant le Tribunal administratif compétent.
Mady Kéita a purement et simplement été débouté de ses prétentions comme mal fondées. Ainsi en a décidé la justice malienne au nom du peuple malien et de l’Etat de droit.
Abdrahamane Dicko
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