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2009

Mois de Janvier

Les Echos du 16 Janvier 2009

 

KALABANCORO

La carrière de banco transformé en mouroir

A cause de la négligence de certains agents de la mairie, des résidents sont en train de mourir comme des mouches à la carrière de banco de Kalabancoro.

Mercredi 15 janvier 2009. Il est environ 14 h à Kalabancoro. Un enfant perd la vie à la carrière de banco. Le corps sans vie de l’enfant de 14 mois est extrait des décombres de pierres et de gravats par une cinquantaine d’éléments des sapeurs-pompiers dépêchés sur les lieux.

C’est une portion de la concession d’Issa Coulibaly, située sur une colline, qui s’est effondrée sur l’enfant qui dormait tranquillement dans la concession paternelle. L’éboulement a endommagé le Bulldozer stationné au pied de la colline effondrée. N’eussent été les cris qui ont alerté le conducteur du Bulldozer le nombre de mort allait augmenter. Tous les six mois pratiquement, des ouvriers meurent accidentellement dans les carrières de banco suite à des effondrements. Le décompte macabre fait état d’une vingtaine de morts.

La « carrière de banco » de Kalabancoro est une zone accidentée qui ne figure pas dans le plan initial mais qui a été morcelée et vendue par des autorités. Pour mettre à niveau leurs propriétés, certains ont fait appel à des concasseurs. Depuis lors, la zone est devenue un gagne-pain pour des travailleurs saisonniers et des camionneurs qui font de bonnes affaires en vendant les chargements de banco.

Or, il s’avère qu’en dessus de l’espace transformé en carrière, des familles (villas et maisons à plusieurs niveaux) habitent. A force de creuser, la plupart des concessions sont menacées d’écroulement malgré les protestations des résidents auprès des autorités administratives et locales.

« Les permis de la mort »

Outre les propriétaires de lots « illégaux », des Bulldozers opèrent sur le terrain en complicité avec certains agents de la mairie principale de la Commune qui, pour 100 000 F CFA, donnent à tour de bras des autorisations d’exploitation pour six mois. Le propriétaire du Bulldozer endommagé témoigne : « C’est un agent de la mairie qui nous donne l’autorisation en contre-paiement de 100 000 F CFA ».

Interrogé, un élu de la Commune affirme ne pas être au courant de l’attitude de l’agent incriminé. Mais une chose est sûre : cette exploitation est cautionnée par la gendarmerie qui elle aussi en a fait son beurre. Des agents ont pris la mauvaise habitude de prendre des sous aux camionneurs. Outre l’agent qui délivre des « attestations de la mort », un autre est posté en permanence à la carrière. « Nous payons chaque jour de l’argent aux gendarmes et à l’agent de la mairie », témoigne un conducteur de camion benne.

A quelque 4 mois des élections municipales, il serait illusoire de croire que des élus municipaux, qui cherchent encore à se faire la poche, vont prendre des mesures pour arrêter l’exploitation du banco qui ne cesse pourtant de faire des victimes.

Amadou Sidibé

 

 

 

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INFO-FLASH

Dix « bandits armés » à la S. E.

Dix « bandits armés », arrêtés à la suite d’un récent ratissage de l’armée régulière aux environs de Gao, ont été amenés sous bonne escorte à Bamako jeudi en fin de matinée. Ils ont été directement acheminés à la Sécurité d’Etat pour les besoins d’enquêtes approfondies. Depuis quelques jours, au nom d’une rébellion qui a toute sa solution dans les différents accords signés par le Mali et les groupes touaregs depuis 1992, des bandes armées, à la solde d’Ibrahim Ag Baganga, sèment le désordre dans le Septentrion et même au-delà : tuant certains hommes, faisant d’autres des otages. Sans oublier les enlèvements de véhicules et autres actes de prédation. Toutes choses qui sapent le fondement de l’Etat et réduisent à néant les efforts de développement. Le cas des dix bandits devra servir de leçon à tous ceux qui souhaitent instaurer l’insécurité au Mali.

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INVESTITURE D’OBAMA

Washington, carrefour du monde

L’installation du premier président noir des Etats-Unis d’Amérique enregistrera ce mardi à Washington la présence d’illustres personnalités internationales et de citoyens d’un peu partout du monde. Une foule multicolore estimée à deux millions, un record jamais atteint pour l’investiture d’un président aux USA.

La capitale des Etats-Unis a certes accueilli de nombreux événements solennels par le passé dont plusieurs investitures présidentielles, mais l’installation de Barack Obama à la Maison Blanche ce mardi 20 janvier 2009 suscite un engouement sans précédent. Washington, qui a déjà enregistré l’arrivée de certains invités et autres observateurs du défilé d’investiture, sera pleine à craquer.

Les autorités locales, avec à leur tête le maire Adrian Fenty, prévoient une affluence record de 2 millions d’“envahisseurs” dans une ville de 600 000 âmes. Selon des statistiques, le plus grand rassemblement avait été atteint en 1965 à l’occasion de l’investiture de Lyndon Baines Johnson, c’est-à-dire 1,2 million de personnes.

Parmi l’impressionnante masse présente en ce mardi mémorable figureront 240 000 invités à la prestation de serment. Inutile de dire que beaucoup de leaders internationaux seront les témoins oculaires de l’événement. Ces derniers n’ont cessé de réitérer leur admiration pour le 44e président des USA et leur confiance en ses capacités de restaurer le leadership et l’image habituelle du pays de l’Oncle Sam dans le monde.

Le futur vice-président Joe Biden, qui les a côtoyés quand il dirigeait la commission des relations extérieures du Sénat américain et beaucoup plus maintenant depuis l’élection d’Obama, n’a pas laissé planer le doute sur le fait que Washington sera le lieu de convergence de dirigeants mondiaux en cette occasion tant attendue.

Comme la présence de figures emblématiques mondiales à Washington, l’arrivée massive d’étrangers d’un peu partout pour assister au défilé d’investiture brillera de mille feux. L’on sait que le président élu jouit d’une notoriété internationale immense et que de grands curieux sont prêts à tout pour voir leur idole sur le chemin de la Maison Blanche.

Déjà, les responsables touristiques de la capitale américaine annoncent que les hôtels affichent complet, en dépit du fait que les hôteliers ont profité de cette occasion inédite pour imposer des tarifs et des conditions tous particuliers aux clients : il faudrait venir dans l’établissement au moins 24 h, voire deux jours avant l’investiture et le quitter au minimum le mercredi suivant.

Dr. King associé

Ce ne sont ni ces exigences ni les tarifs prohibitifs qui ont pu dissuader les clients, dont la plupart viendraient de l’extérieur.

Les nombreux étrangers installés dans la ville et un peu partout aux Etats-Unis donneront une saveur supplémentaire à leur séjour. Sur le plan local, il n’est vraiment pas facile d’être un résident de Washington ces derniers jours, à en croire des témoignages, tant les demandes d’hébergement sont légions.

De nombreuses personnes prennent la direction de Washington et espèrent simplement se faire loger chez l’habitant. L’intérêt d’une multitude de gens, surtout de jeunes étudiants, pour l’intronisation d’Obama s’explique, selon eux, par le fait que “je n’ai pas eu la chance d’assister personnellement aux interventions et autres actions de Martin Luther King, mais même si cela a lieu durant une autre période, Obama m’offre l’occasion de voir le premier président noir des USA accéder à la magistrature suprême. Ce sera encore dans l’histoire dont j’aurai été témoin oculaire”.

Le nom de Martin Luther King dont l’un des rêves s’est réalisé à travers l’élection d’Obama n’est pas fortuit dans cette investiture. Le 15 janvier, comme à leur habitude, des Américains ont rendu hommage à l’auteur de “I Have a dream”, à l’occasion du 80e anniversaire de sa naissance. Et d’autres souhaitent simplement le coupler avec l’investiture d’Obama en faisant le déplacement sur Washington.

Cette prise de fonction donne du souci aux responsables de la capitale, qui ont sollicité et obtenu le soutien matériel et logistique du gouvernement fédéral et des institutions républicaines, avec une attention particulière à la sécurité. 7500 soldats et 4000 gardes nationaux ainsi que 4000 policiers de Washington et autant de leurs collègues des quatre coins du pays seront mobilisés. Une façon de dire qu’il n’est pas question que Barack Obama qui commence son mandat essuie comme George Bush un lancé de paire de chaussures.

Ogopémo Ouologuem

(USA)

INVESTITURE DE BARACK OBAMA

La prestation d’Amadou et Mariam annulée

Annoncés pour animer la cérémonie d’investiture du nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama, Amadou et Mariam ne seront pas finalement à Washington. C’est ce qu’a annoncé en tout cas l’hebdomadaire Jeune Afrique sur son site web.

Cette annulation serait liée à la crise financière qui secoue le monde, singulièrement l’Amérique. Cela, selon J.A, aurait contraint les organisateurs à opter pour « une cérémonie plus sobre que prévu ». Ainsi, seule Aretha Franklin a été conviée. Jay-Z et Beyoncé, eux aussi annoncés, ne participeront pas non plus directement à l’événement. Mais, comme Angélique Kidjo (qui vit à New York), ils se produiront dans l’un des nombreux concerts prévus en marge de l’investiture.

Cette nouvelle est certainement une grande déception pour les nombreux fans américains du célèbre couple qui était très attendu à Washington. Amadou et Mariam devaient chanter aux côtés de Beyoncé, Jay-Z, Leona Lewis et d’autres invités de marque. N’empêche que le couple va bientôt reprendre son bâton de pèlerin pour une longue tournée de plus de vingt jours en France. Celle-ci démarre dès le mercredi 21 janvier à Reims pour prendre fin le 1er avril 2009 à l’Olympia de Paris.

Déjà disque d’or avec « Welcome to Mali », Amadou et Mariam vont sillonner de nombreuses villes françaises comme Nantes, Rennes, Bordeaux, Rouen, Montpellier, Toulouse, Lyon, Lille… Amiens ! Depuis l'album « Dimanche à Bamako », produit par Manu Chao, les amoureux ont déjà parcouru le monde entier à la rencontre d'un public de plus en plus nombreux et diversifié.

Ils sont revenus dans les bacs en octobre 2008 avec « Welcome to Mali ». Cette fois-ci, la crème des musiciens internationaux (Damon Albarn, Keziah Jones, Tiken Jah Fakoly ou encore Mathieu Chedid…) a apporté sa contribution à l'album qui ne cesse de grimper au sommet des hit-parades dans le monde. Il est considéré, avec « Sabaly » de Cheick Tidiane Seck, comme l’un des meilleurs albums Word de ces dernières années. Un disque brillant qui a énormément élargi élargit l'horizon musical du couple.

Alphaly

 

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MARCHES

Une huile impropre à la consommation

Tout n’est pas de dénoncer l’existence d’une huile noire sur les marchés. Tout doit être dans l’éradication de ce fléau qui brise l’élan des entreprises nationales et expose les populations à toutes sortes de risques.

Depuis un certain temps, la télévision nationale, à travers un sketch, fait état de la présence, sur les marchés, d’une huile impropre à la consommation. Dans une plage publicitaire sur l’ORTM, des comédiens tournent en dérision le produit dans le but de mettre en garde les consommateurs sur les dangers liés à l’utilisation de cette denrée. Le message est clair.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’au Mali, de nombreuses structures bien qu’ayant pour mission de lutter contre la contrebande, la concurrence déloyale ou pour promouvoir la sécurité sanitaire des aliments semblent dormir les deux poings fermés. Si des descentes dans les marchés étaient organisées pour traquer les produits impropres à la consommation, il n’y a pas longtemps, force est de constater aujourd’hui que chacun n’en fait plus qu’à sa guise.

La télévision a joué son rôle d’information et de sensibilisation. Nous nous attendions à ce que la répression reprenne le flambeau. Malheureusement, l’on continue d’écouler le produit dangereux au vu et au su de tous. Or, il n’est un secret pour personne que la contrebande et la concurrence déloyale sont le socle sur lequel reposent les malheurs de nombreuses unités de production nationales, qui ont été contraintes de mettre la clef sous le paillasson, renvoyant à la rue des centaines de travailleurs. La production d’huile dans de mauvaises conditions hygiéniques est assurément un vecteur de maladies graves.

En son temps, sous la férule du ministère de l’Industrie et du Commerce, compte tenu de la vétusté ou de l’inadaptation des moyens de production et sur la base d’un rapport du Laboratoire national de la santé (LNS), il avait été procédé à la fermeture de plusieurs huileries artisanales, notamment dans le cercle de Koutiala.

Aujourd’hui, des services comme la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire des aliments (Anssa), la direction générale de la protection civile et les forces de l’ordre sont interpellés et devront agir vite. Il en va de la sauvegarde des unités de production, qui respectent les normes, mais aussi et surtout de la préservation de la santé des consommateurs.

A. M. T.

 

 

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APRES SA CONFERENCE DE PRESSE

Le secrétaire général du Craj arrêté

Pour avoir exprimé vivement les préoccupations des Maliens, Mahamane Mariko, secrétaire général du Cadre de réflexion et d’action des jeunes (Craj), a été arrêté par la Brigade d’investigation judiciaire de la police.

M. Mariko aurait été arrêté pour les propos « discourtois » de son association dans des tracts affichés un peu partout dans le district. « Abas Kadhafi, parrain des bandits et mercenaires », « Non au retour des bandits et mercenaires dans l’armée ». Ce sont quelques messages de Craj, agacée par la crise du Nord avec son lot d’attaques meurtrières.

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la conférence de presse du Craj, tenue lundi 12 janvier à la Pyramide du souvenir, où il a dénoncé l’ingérence de la Libye dans les affaires politiques de notre pays et appelé la jeunesse à plus d’action et le pouvoir à plus de rigueur.

A travers les actions du Craj, c’est tout le peuple malien qui doit se ragaillardir. Parce que l’association exprime le sentiment de beaucoup de Maliens. Le Mali ne cèdera pour rien au monde une portion du territoire national aux bandits armés.

Pour inverser la tendance, le Craj appelle la jeunesse à sortir du mutisme, afin d’engager une lutte noble, qui est celle de la défense de la patrie. Une patrie dont l’honneur a été souillée par le bandit Ibrahim Bahanga en complicité avec l’extérieur.

Amadou Sidibé

 

 

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RAPPORT DABA

Une occasion manquée

Propositions pour consolider la démocratie ou propositions de reformes institutionnelles ?

Le rapport Daba devrait faire bouger. Car les choses vont vite. Après avoir rempli son premier contrat sur la base de termes de références univoques (propositions pour consolider la démocratie), le groupe d’experts a été reconduit sous une nouvelle forme pour opérationnaliser ses propositions à travers un processus qui va aboutir à des projets de loi.

Il s’agit d’un processus de reconfiguration du système politique malien (avec en présage la révision constitutionnelle et en filigrane le remise en cause de la limitation du mandat présidentiel) devant lequel la majorité silencieuse adopte une fois de plus la technique des trois singes : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. Mais où donc est passée la classe politique malienne ?

La lecture du rapport laisse perplexe : certes les premières pages s’attachent à restituer un continuum dans notre parcours institutionnel depuis les empires jusqu’à nos jours. Mais l’on était en droit, d’espérer justement dès ces premières pages une vision analytique de l’héritage historique et des ressorts sociologiques qui favorisent ou entravent l’émergence de l’Etat démocratique. En d’autres termes, la démocratie a certes des outils de gestion (que sont les institutions et autres organes rattachés), mais elle a également des fondements qui forgent la mystique commune pouvant amener les groupes sociaux à adhérer au projet démocratique.

Le Comité d’experts a, à notre avis, commis un péché capital : celui d’avoir réduit la démocratie aux institutions. Le travail, vu son contenu, aurait gagné en crédibilité si son intitulé se cantonnait aux réformes institutionnelles.

Nous nous efforcerons dans la deuxième partie de cette communication de rappeler aux uns et aux autres les autres paramètres qui participent à la construction et à la consolidation de la démocratie. Mais nous avons déjà, dans cette première partie, quelques observations de taille sur le rapport (assez réducteur) du Comité d’experts.

Questions d’ordre méthodologique

La lecture du rapport soulève d’innombrables questions d’ordre méthodologique si l’on pose les questions-clé inhérentes à toute recherche : Qui ? Comment ? Quand ? Où ? Quoi ?

Le rapport Daba a omis de décrire certaines parties majeures de son protocole de travail, ce qui est fort préjudiciable à ses conclusions et recommandations. Arrêtons-nous aux deux premières questions :

  • Le lecteur du rapport reste largement sur sa faim par rapport à beaucoup de membres du Comité (qu’il n’est pas forcé de connaître au préalable), dont la seule qualité évoquée est celle de professeur. L’on ne sait dans quel domaine ils exercent leurs compétences, ce qui laisse planer un doute sur la pertinence du choix porté sur eux. C’est un détail de poids, car le diable se cache dans les détails.
  • L’on ne sait pas par ailleurs comment ont été adoptées les deux centaines de recommandations issues des travaux du Comité d’experts. Or cette procédure est extrêmement importante à être connue, pour s’assurer que les recommandations (qui vont engager l’avenir de tout un peuple) reflètent effectivement les avis les plus partagés au sein du Comité.
  • D’autre part, dans un registre légèrement différent, le choix de M. Daba Diawara comme président d’un tel Comité est discutable. Nous n’avons aucun doute quant aux qualités techniques intrinsèques de M. Diawara. Mais le choix d’un tel président aurait gagné à être porté sur un expert indépendant. Or en tant que chef d’un parti politique, M. Diawara ne peut pas être crédité d’indépendance dans le cadre d’une telle mission.

 

Questions de fonds

Le Comité d’experts a fait de nombreuses recommandations susceptibles, d’après lui, de consolider la démocratie au Mali. Nous nous proposons d’en examiner quelques-unes dont celles portant sur les pouvoirs du président de la République.

Il a opté pour le maintien du régime actuel, c'est-à-dire le régime semi-présidentiel (soit dit en passant, la question du choix a été évacuée en une demi-page dans un rapport qui en compte plus de 250).

La justification de ce choix repose sur des bases assez fragilisantes pour la démocratie :

Le rapport souligne que la désignation des hautes autorités politiques a obéi aux exigences démocratiques. Cette assertion est fort discutable dans la mesure où le second personnage de l’Etat, le Premier ministre a été nommé au moins à 4 reprises sans aucune référence à la majorité parlementaire. Il est vrai que la Constitution autorise le président à le choisir avec un pouvoir discrétionnaire. La Commission Daba maintient cette disposition qui inféode le PM au seul Président de la République dont il tient tout son pouvoir et toute sa légitimité. De fait, ce régime semi-présidentiel est un régime présidentiel ultra fort, le PM n’étant qu’un doublon et un fusible du président qui n’est même pas obligé d’affronter les contre-pouvoirs institutionnels.

La principale justification que la commission brandit pour justifier le choix est le cas du Niger. L’exemple est trop casuistique et à la limite très superficiel. En effet, comme l’a fait remarquer René Passet (cf. L’illusion Néo-libérale), dans un système socio-politique, le problème ne réside pas dans l’existence du conflit (qui est absolument inévitable et qui à contrario peut même s’avérer très vivifiant), mais dans le mode d’arbitrage du conflit. Verrouiller le système pour étouffer toute contestation revient à casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre. Et comment peut-on faire pour oublier Montesquieu ? « Si à l’intérieur d’un Etat vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est pas »(cf. Considérations).

Pour notre part, nous réaffirmons ici (cf. Projet politique de l’ADJ) que notre Constitution actuelle confère au président de la République des pouvoirs quasi monarchiques car :

Il est le chef de l’Etat (art. 29)

Il nomme le Premier ministre et les autres ministres (art. 38)

Il préside le conseil des ministres (art. 39)

Il est le chef suprême des armées (art. 44)

Il est le président du Conseil supérieur de la magistrature (art.45)

Il a plein pouvoir, par le biais du conseil des ministres qu’il préside, sur la nomination des officiers généraux, des gouverneurs de région, des ambassadeurs et des directeurs des administrations centrales (art.46).

Il peut dissoudre l’Assemblée nationale.

Certaines remarques s’imposent :

La mainmise du président de la République est totale sur l’administration. Cela pourrait être dicté par un impératif de responsabilité : au bout d’un mandat de 5 ans, c’est lui qui sera sanctionné par le vote des citoyens sur sa gestion des affaires publiques. Mais il est indéniable que la pression qu’il peut exercer sur tous les relais administratifs (ministres, directeurs, gouverneurs, préfets, sous-préfets) est de nature à fausser tous les résultats du vote qui ne devient alors qu’une simple formalité.

Mais il y a plus grave : le président de la République qui ne doit être que le chef de l’exécutif a une mainmise remarquable sur le pouvoir législatif (il peut dissoudre l’Assemblée nationale) et sur le pouvoir judiciaire (il est le président du Conseil supérieur de la magistrature, il a un quota de 3 juges au sein de la Cour constitutionnelle). Quand on y ajoute ses fonctions de chef suprême des armées, l’on remarque que rien ne peut échapper au président de la République.

Non seulement le Comité d’experts ne propose rien pour pondérer ces pouvoirs exorbitants du président de la République, mais elle enfonce le clou en proposant de lui conférer en plus le pouvoir de nommer le président de la Cour constitutionnelle, sous le prétexte fallacieux que cette pratique permet d’éviter que le fonctionnement de l’institution ne se ressente des campagnes électorales ! On croit rêver ! Parce que le président de la République est lui aussi, avant tout ; un humain et rien ne pourrait l’empêcher de mener sa propre campagne au sein de l’institution.

Mais la proposition nous paraît quasiment offensante à l’endroit de l’institution que l’on crédite a priori de l’incapacité de s’assumer en tant que structure républicaine. Pourquoi donc la maintenir si elle ne peut fonctionner correctement que sous stricte caporalisation ?

A suivre…

Abdoul Traoré dit Diop

(président de l’ADJ)

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CAN JUNIOR

Les Aiglons entrent en lice dimanche

Les poulains de Djibril Dramé, après un stage d’acclimatation fructueux et pleins d’enseignements à Bujumbura, défendront les couleurs du Mali à Kigali (Rwanda) dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations juniors de football. La compétition donnera son coup d’envoi dimanche. Le Mali ouvre le bal à 13 h 30 GMT face au pays organisateur, le Rwanda.

Avant de s’envoler pour Kigali, les protégés de Djibril Dramé ont livré trois matches amicaux au Burundi. Ils ont remporté le premier test par 2-1 contre l’Athletic du Burundi. Leur seconde sortie s’est soldée par un nul de 1-1 contre le Vitalo Club. La 3e et dernière rencontre préparatoire des Aiglons, disputée mardi, s’est soldée par une victoire (3-0) contre l’Aigle Noire. Ces trois formations évoluent en première division burundaise.

Boubacar Sissoko, Ibrahim Bosso Mounkoro et autres, Samba Sow ne savent pas grand-chose de l’équipe rwandaise. Toutefois, ils entendent faire une belle entrée dans cette compétition. « Nous en sommes très conscients. Le Rwanda est chez lui et à une belle équipe. Mais nous saurons comment faire pour ne pas chuter d'entrée », confiait le capitaine des Aiglons à l’issue du stage. Ensuite, ce sera le tour du Ghana et du Cameroun. Des adversaires bien connus des Maliens.

Mais déjà dimanche, Boubacar Sissoko et ses coéquipiers qui rêvent du trophée n’entendent pas se laisser impressionner. Au moment de quitter le Burundi, l’entraîneur Djibril Dramé et les 18 Aiglons ont juré de tout donner pour se qualifier pour la prochaine Coupe du monde junior que l’Egypte va abriter. « Nous ferons tout pour un podium au Rwanda», a promis Djibril Dramé, l’entraîneur des Aiglons au moment de quitter le Burundi. Il reste confiant et serein.

« Mundialito » en ligne de mire

Les adversaires du Mali au premier tour de la Can Juniors sont : le Rwanda, pays organisateur, le Ghana et surtout le Cameroun. Les deux derniers, déjà vainqueurs de l’épreuve par le passé, sont des pays où le football des jeunes est pris très au sérieux, d’où la tâche qui s’annonce plutôt difficile pour Boubacar Sissoko et ses camarades.

Les Aiglons ont terminé la phase de qualification sans défaite. La cuvée 2009 a démontré pendant cette phase qu’elle avait des ressources, allant chaque fois gagner à l’extérieur. Le stage burundais, à coup sûr, a permis au coach Dramé et ses joueurs de combler les lacunes de l’équipe. Les matchs amicaux ont certainement permis de voir les joueurs à l’épreuve avant la chaude explication du dimanche.

Une rencontre qui permettra aux nôtres de prendre le pouls de l’épreuve et d’évaluer leurs capacités dans cette compétition. De toute façon, on pense réussir cette campagne. Et une victoire d’entrée leur donnera une visibilité plus claire pour la suite de la compétition.

Depuis 2003 au Burkina, le Mali n’avait plus goûté aux délices d’un podium en Coupe d’Afrique des nations juniors. Gageons que cette année soit la bonne surtout qu’au bout il y a la Coupe du monde junior en Egypte.

Boubacar Diakité Sarr

 

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