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2009

Mois de Janvier

Les Echos du 05 Janvier 2009

 

EDITORIAL

Vingt ans au front !

Votre quotidien préféré, Les Echos, célèbre cette année, le 17 mars exactement, ses 20 ans d’existence.

En 20 ans, jamais Les Echos n’a raté une seule fois sa parution. Ni les intimidations du régime GMT, ni les multiples saccages des élèves et étudiants et de leurs complices tapis dans l’ombre sous le régime Adéma, ni les multiples campagnes de dénigrement, d’exclusion, ni les procès, arrestations et interpellations sous le régime actuel, n’ont réussi à entamer sa détermination ou à le dévier de son combat. Le combat pour la démocratie.

Que de chemins parcourus ! Que de défis relevés depuis ces pages ronéotypées et reliées, depuis cette équipe volontaire, depuis cette parution bimensuelle !

Les Echos, Jamana, c’est une belle page de combat pour la démocratie, écrite dans la sueur et le sang par des Maliens volontaires et engagés, souvent anonymes, croyant en un idéal et en un Mali meilleur.

20 ans après, la détermination est intacte : de bimensuel, le journal Les Echos est aujourd’hui un quotidien revendiquant une stature nationale, leader d’opinion et respecté pour le sérieux de son travail. Face aux multiples dérapages et périls qui menacent notre processus démocratique, Les Echos reste aujourd’hui plus qu’hier engagé dans la défense et la consolidation des acquis démocratiques. Aujourd’hui, après 20 ans, nous perpétuons l’aventure, l’engagement et l’idéal des pionniers, de nos aînés. Nous avons une équipe professionnelle dynamique et compétente. Elle sera renforcée par des correspondants régionaux

En plus la Coopérative culturelle multimédia Jamana, éditrice du journal Les Echos, qui fête en même temps ses 25 ans, va poursuivre son extension par des conquêtes. Bientôt, elle aura son propre siège et son projet de télévision, JamaTélé, commencera des productions thématiques en partenariat avec d’autres structures. Malgré les acquis, il reste beaucoup d’espaces à conquérir. Dans ce cadre, une édition plus étoffée du journal Les Echos sera disponible à partir de mars. Nous comptons donner une nouvelle jeunesse à votre quotidien précurseur. Ainsi, à partir de mars, vous aurez quotidiennement des informations de tout le Mali.

Le journal Les Echos passera également à 12 pages, avec de nouvelles rubriques. Notamment, les Echos ouvriront une page spéciale pour dénoncer les multiples dérapages et périls qui menacent notre processus et nos institutions démocratiques.

Bonne et heureuse année à toutes et à tous

Que Dieu, Le Tout Puissant, veille sur notre pays le Mali et l’Afrique !

 

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HASSANE FAGAGA REVIENT DANS L’ACCORD D’ALGER

Reddition ou fanfaronnade ?

De sources généralement bien informées, le rebelle Hassane Fagaga et ses hommes, en rupture de ban depuis des années, ont fait amende honorable : en revenant dans l’Accord d’Alger, entre autres documents, qui traite de la paix et du développement des régions Nord du Mali.

L’ex-lieutenant-colonel Hassane Fagaga (il était chef d’état-major de la garde nationale avant sa désertion) serait présentement dans la région de Kidal et souhaiterait que ses hommes descendent des collines avec armes et bagages, une demande qui aurait essuyé une fin de non recevoir des autorités militaires locales.

Hassane Fagaga et Ibrahim Ag Bahanga sont les principaux responsables de nombreuses tueries dans le Septentrion malien. Leur dernier crime remonte au 19 décembre 2008 quand une colonne de rebelles ou bandits armés sous leur instigation a attaqué le camp militaire de Namapla, massacrant à l’artillerie lourde d’innocentes personnes.

La reddition de Fagaga et certains de ses hommes est incontestablement un acte qui sera salué par les populations maliennes en particulier celles du Nord, car comme son compère Ibrahim Ag Bahanga, Fagaga a les mains tachées trop tachées du sang d’innocentes populations. A condition que ce ne soit une énième fanfaronnade d’un homme qui excelle dans la volte-face ;

La rédaction

 

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MODIBO SIDIBE-II

Vers un gouvernement de large union

Pour faire face aux défis qui assaillent le gouvernement, ATT a entrepris de démarcher toute la classe politique pour un gouvernement de large union.

Bien malin qui pourrait dire à l’heure actuelle quand est ce qu’il interviendrait ou quelle serait sa taille, mais ATT compte remanier de fond en comble le gouvernement : en y incorporant tous ceux qui se réclament de l’opposition.

Cependant, à l’heure qu’il est, tous sont annoncés partants. Ceci permettrait juste de dévier les vrais problèmes. Il n’y a aucun problème au Mali, aucun blocage institutionnel qui demanderait une évolution vers la pensée unique. En fait, Modibo Sidibé est à la tête d’un attelage qui tire dans tous les sens.

Les ministres politiques de l’Alliance pour la République et la démocratie (ARD) ne l’aident pas du tout. Chacun travaille dans son sens et n’a que les municipales comme obsession. Mêmes les « boys » du Mouvement citoyen ne sont plus des modèles dans le domaine du soutien au gouvernement. Hamed Diané Séméga, le chef des citoyens et ministre de l’Equipement et des Transports, passe son temps à faire des virées aux quatre coins du pays, à la recherche de militants. Il a fait du Programme de développement économique et social (PDES) un slogan, faisant croire que lui et ceux qui se réclament de lui sont les seuls travailleurs.

Désordres

Les renseignements généraux semblent ne pas marcher non plus. Il y a deux ans, il a fallu que les Américains nous disent qu’Al-Qaïda existe au Mali pour que les renseignements locaux s’y mettent. Pis, à l’annonce des otages autrichiens sur notre territoire, ATT a avoué publiquement qu’il n’était pas au courant.

Il a fallu que les Autrichiens travaillent de concert avec les Français pour obtenir leur libération. Et qui ATT a remercié ? Ses renseignements qui n’ont pas pu nous aviser de la progression d’une colonne de rebelles jusqu’aux portes de l’Office du Niger, à Nampala.

ATT donne l’impression de ne pas se rendre compte du « désordre » que les siens créent au sein de l’attelage gouvernemental. Le Premier ministre Modibo Sidibé a réussi des choses. A ce niveau, on peut citer surtout « l’Initiative riz » et les multiples satisfecit qui sont accordés au gouvernement. Cependant, dans le cadre de la solidarité gouvernementale, il y a un déficit dont ont souffert, avant lui, tous les Premiers ministres d’ATT. Le président de la République, étant à son dernier mandat, il aurait dû être plus proche et plus poignant dans ses décisions.

Un appui à Modibo Sidibé est tout bénéfice pour ATT qui, à l’heure du bilan, sera le seul à engranger les acquis. Mais, à ce rythme, s’il ne fait rien pour tenir ses « proches », un gouvernement d’union nationale ou de large ouverture, quel que soit le qualificatif, ne résoudrait rien du tout.

Alexis Kalambry

 

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LOGEMENT ET AFFAIRES FONCIERES

Un ministère familial

La frustration gronde au ministère du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme. Là-bas, tout se gère en famille. Surtout les marchés.

Mme Gakou Salimata Fofana, ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, a été nommée en octobre 2007. Et depuis, sa famille se frotte les mains. « Au niveau du ministère, dès qu’il y a une opportunité, il arrive une entreprise de la famille du ministre », témoigne un membre de son cabinet. Et les exemples ne manquent pas. Faut-il de l’encre pour les imprimantes ? Arrive une entreprise créée de toutes pièces par le frère, le fils ou la belle-fille.

Du coup, au ministère, rien ne se perd, tout se gère en famille. Le nettoyage, les marchés de rénovation des structures relevant du département, les imprimés administratifs… tout est familial. « Cela fait des frustrés. Il y a d’abord viol des règles de la concurrence. Et, de plus, cela discrédite au plus haut niveau le département », ajoute notre source qui chiffre « à bientôt », au milliard de F CFA, ce que Mme le ministre a drainé vers sa famille immédiate. Elle a de qui tenir.

Alexis Kalambry

 

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CHRONIQUE D’IBA

Mes vœux pour le Mali en 2009

Ce que le pays devrait faire pour créer un cercle vertueux et trouver une solution à certains de ses problèmes.

Avec la nouvelle année, l’heure est venue de faire des résolutions. Toutes ces choses que nous souhaiterions accomplir. Pour ne pas se décourager, chacun a sa petite méthode : certains se confient à leurs proches, d’autres font des paris et même des serments sur l’honneur. Personnellement, j’écris mes résolutions dans un bloc-notes. Mes objectifs pour 2009 sont simples, voire banals. Le sport est au top de ma liste, un peu de musculation pour renforcer les muscles du dos mais aussi pour faire beau gosse. Voilà, c’est dit !

Au programme, une vie saine et équilibrée, donc point d’impasse sur les repas et priorité à mon bilan santé. Et encore au programme, la communauté sera au cœur de mes préoccupations. Je fais le vœu d’être plus actif dans les réseaux associatifs et humanitaires pour soulager les plus fragiles. Enfin, côté épanouissement personnel, j’arrêterai pour de bon de regarder du côté de Bozola saturé par des programmes soporifiques et unanimistes. Rien d’extraordinaire donc ! Mais la révolution peut venir d’ailleurs, de nous tous en fait. Il suffit que les Maliens, les politiques en premier lieu fassent une liste, comme la mienne, pour la nouvelle année.

En cette période de vœux, j’ai décidé d’être taquin et de témoigner mon attention à nos dirigeants en leur proposant ce petit inventaire de résolutions. Il n’est pas forcément exhaustif même si je fais partie de ceux qui s’attèlent à atteindre tous les objectifs qu’ils se fixent. Cela demande de la mesure.

La défense de notre dignité passe par le refus des vols charters qui rapatrient de façon inhumaine et brutale les émigrés maliens. Etre un sans papier ne veut pas dire être hors la loi, être un bandit. Les Africains n’ont-ils pas le droit d’aller à la conquête d’un avenir meilleur ? Le ministère de l’Intérieur français ne cesse d’augmenter le quota des expulsions (plus de 25 000 par an). Insupportable ! Bien, je vais un peu étoffer ma liste.

En 2009, si je vois une personne brutalisée, ligotée et ballonnée comme c’est souvent le cas sur Air France, je n’hésiterais pas à protester à bord en sollicitant l’appui des passagers. Je sais, je ne pourrai pas compter sur le personnel naviguant qui ne cesse de répéter aux passagers « ce sont des mesures gouvernementales ». Alors, qu’attendons-nous pour prendre nous aussi des mesures gouvernementales interdisant cette humiliation affligée à nos frères ? Faut-il passer sous silence ces méthodes méprisantes, voire racistes des pays qui se disent amis du Mali ?

Une solution politique à la crise du Nord

La donne Bahanga a refait surface en cette période de fêtes. Le discours présidentiel n’a laissé personne de marbre par sa rupture de ton et la colère d’ATT. Cette colère est justifiée. Je suis d’accord que nul n’a le droit de tuer des hommes, de surcroît de jeunes militaires dans l’exercice de leurs fonctions. Je me fie à l’expertise militaire du président, « ayant appris à faire la guerre ». Ses conseils d’ancien général seront utiles pour prévenir les attaques et pour mieux se positionner dans la logique de la riposte. Cela dit, je préfère que le président s’en tienne à sa posture de chef de l’Etat. Qu’il laisse aux généraux la gestion opérationnelle des affaires militaires.

Tenez, il y a un livre dans ma liste de lecture en 2009, que je recommande fortement à nos forces vives : l’Art de la guerre de Sun Tzu, qui n’est pas seulement la guerre militaire mais la guerre sous toutes ses formes. Permettez cette dernière plaisanterie. Le président est en colère. Je veux juste que notre exécutif se détende. Les défis à relever sont énormes. Dans la liste des objets à acquérir, je demande aux différentes directions administratives et financières d’acheter un punching ball pour patrons stressés sinon des poupées vaudoues à l’effigie de Bahanga.

Plus sérieusement, tous les experts et fins stratèges encouragent une solution politique car tant qu’il y aura des minorités, nous serons amenés à toujours négocier. La diplomatie est l’option conseillée parce que certaines de nos minorités se disent victimes d’injustices malgré les concessions faites par les différents gouvernements (intégration dans l’armée, dans la haute administration, allocation de fonds de développement, valorisation culturelle…) Ne pourrions-nous pas organiser une rencontre, ici au Mali au début de l’année 2009, avec les partis politiques, la société civile, les partenaires au développement ? C’est important qu’un débat soit engagé en famille. Que chacun se sente concerné. Ensuite viendra le dialogue avec les pays amis.

Ce n’est plus un secret de polichinelle pour l’opinion nationale, les « rebelles » agissent avec la bénédiction de forces étrangères malveillantes, celles-là mêmes qui sont accueillies avec honneur et déférence chez nous, qui y développent des business très lucratifs. Alors, soyons fermes avec nos amis ! C’est ainsi qu’ils nous respecteront. Qu’ils retournent chez eux avec leurs biens s’ils ne sont pas en mesure de respecter l’unité de notre patrie ! Nous trouverons bien d’autres partenaires. Avec notre manne minière, bientôt pétrolière, notre potentiel touristique, notre riche histoire et culture, notre position géostratégique, notre Maliba aura d’autres nations courtisanes.

Le début de la révolution sociale

J’ai un vœu. Mieux, c’est une idée que je vends aux politiciens, les maires en particulier. J’aurais dû la proposer au plus offrant pendant les campagnes électorales de 2007. Je déborde. Ne m’en tenez pas rigueur, les lendemains de fêtes sont difficiles. Voici ce que je propose : l’interdiction du transport des bébés sur les motos. Je ne suis pas très intelligent, vous savez, mais nous pouvons imaginer certaines formules. Que chaque mairie se dote de quelques voitures, appelons-les des « bébé-mobiles ». A la demande des parents, par un simple appel téléphonique ou une inscription à la mairie, la voiture passera récupérer la mère et l’enfant pour aller aux consultations médicales et une fois par mois pour rendre visite aux proches. Le reste du temps, les bébés restent à la maison pour leur bien-être.

Une autre urgence sociale, les logements sociaux. Bravo pour les « ATTbougou » même les bourgeois sont envieux. Ces quartiers ressemblent de plus en plus à la Cité du Niger, à la zone ACI avec leurs Mercedes, leurs femmes ornées de bijoux en or. Un constat implacable, de l’autre côté, les mendiants élisent toujours domicile au feu tricolore du Grand hôtel, de la Maison de la presse… Ne sont-ils pas des citoyens de ce pays ? Ne rentrent-ils pas dans la catégorie « sociaux » ? Si oui, qu’attendons-nous pour leur attribuer un domicile ? Sinon, à quand les logements « très sociaux » pour les sans abris ? A inscrire donc dans un recoin de l’agenda présidentiel 2009 avec la mention qu’il faut encourager « l’Initiative riz » du chef de gouvernement en lui recommander de garantir une baisse des prix des sacs de riz.

Fouetter les citoyens véreux et flagorneurs

Force est de constater que l’année 2008 fut rude pour nous chefs d’entreprises. Oui, le Trésor n’a pas été solvable, oui la conjoncture mondiale est difficile. Il n’y a que le ministre des Finances qui ne voit pas les effets de la crise. Ne nous y trompons pas, ne nous faisons pas d’illusion, si l’Afrique veut se développer, elle doit compter sur sa jeunesse pour participer à sa construction. Trop souvent, celle-ci est découragée par les pratiques malsaines et mafieuses que sont la corruption, le copinage, la paresse, le manque de sérieux et de rigueur dans nos services.

Le président ATT doit débarrasser le Mali des fonctionnaires véreux, sans gangs ni pincettes. Que les juges les renvoient méchamment en prison. Qui qu’ils soient ! Ces pleutres disent agir au nom du président. Qu’ils cessent de donner des marchés en fonction des gens qui s’opposent à ATT ou qui lui lancent des fleurs. Moi, j’ai appris à mes dépens que tous ceux qui me font la cour ne sont pas forcément des gens qui me veulent du bien.

Je ne veux pas être trop long. Je veux des résolutions réalisables au plus vite. Il y a d’autres choses comme la santé, l’éducation, mais je pense et j’espère que le gouvernement est en train de baliser ces terrains. Pour finir, permettez-moi de suggérer à notre exécutif de proscrire certains mots de cette liste. A bannir « trafiquants de drogue, terroristes » quand il s’adresse aux rebelles. La gestion du Nord-Mali se résume-t-elle à ces mots ? Il y a toujours eu des rapports conflictuels séculaires dans notre pays. Les terroristes, ce sont ces gens qui pillent l’argent de l’Etat dans le dos de citoyens honnêtes.

Les trafiquants, ce sont ces gens qui font du trafic d’influence, de la censure… Je demande à certains ministres de cesser de placer le nom d’ATT dans chaque phrase qu’ils prononcent. Cela donne l’impression d’être dans une autocratie. In fine, en 2009, les inaugurations intempestives, les soirées mondaines même pendant le Ramadan seront sans classe et du plus mauvais goût. Le mauvais goût, ce sont toutes ces apprenties chanteuses que l’on voit à la télé du côté de Bozola, crier les louanges du président. C’est une pratique contre laquelle le président devrait s’ériger. Il n’a pas besoin d’être flatté car il ne fait qu’accomplir la mission qui lui a été confiée.

Ne nous fâchons pas aujourd’hui. Non, soyons optimistes, nouvelle année, nouvelle résolution. J’y crois même si la Palestine brûle et que personne, officiellement, n’a transmis un message de soutien ni organisé une marche dans mon pays. Malgré tout, j’ai décidé d’y croire car 2008 a fait renaître l’espoir dans nos cœurs avec l’élection brillante d’un Noir à la tête des USA, avec la paire de chaussures envoyées au président Bush. Sympathique, l’adresse d’ATT à la jeunesse le 1er janvier juste après minuit sauf que ça faisait très Obama, chemise cravate sans la veste. Attention ce dernier a 15 ans de moins que notre président. Tout est possible dans ce monde, il suffit de croire fort en ses rêves. Il suffit d’oser. Le rêve, c’est de voir le Mali réussir, devenir une grande puissance économique et morale. Imaginez, nous avons toutes les cartes pour réussir. 

Très bonne année à tous. Pensez à faire vos résolutions !

Birama Konaré

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LE COMITE DABA DIAWARA

Recul, manque de réalisme et d’audace

Estimant que le Comité Daba Diawara pouvait mieux faire pour la consolidation de la démocratie au Mali, un de nos lecteurs accuse l’équipe de manque de recul et d’audace.

J’ai lu, comme certains de mes compatriotes, avec attention les conclusions auxquelles est parvenu l’équipe Daba pour la consolidation de la démocratie au Mali. Je retire de cette lecture des avancées, un grave recul, un manque de réalisme et d’audace. D’abord quelques observations.

Le volume du document proposé n’incite pas à la lecture dans un pays où celle-ci n’est pas une agréable distraction. Le Comité, sans doute animé par un souci d’exhaustivité, fut amené à faire des répétitions inutiles, créant parfois la confusion. Ainsi à la page 21, il est mentionné à l’article 110 nouveau, quatrième tiret : « Les cadres supérieurs de l’Etat dans le domaine économique, social et culturel désignés par le président de la République » pour les mêmes article et tiret à la page 42 : « Les personnalités qualifiées dans le domaine économique, social et culturel, désignées par le président de la République ».

Contrairement à ce qu’affirme le Comité des « experts » à la page 23-1-2-5-2, les anciens présidents de la République jouissant de leurs droits viennent dans l’ordre de préséance en vigueur après le président de la République, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale ; donc devant les membres du gouvernement et les présidents des autres institutions.

Je suis intimement persuadé que le Comité se serait davantage enrichi des contributions de M. Fousseyni Samaké, de l’Association démocratie et justice, du Syndicat des administrateurs civils, des universitaires que des responsables de certains partis politiques et club à très faible niveau de représentativité donc d’implication inaperçue dans l’animation politique du pays. J’ai beaucoup de respect et de considération pour ceux-ci mais certaines auditions frisent le copinage.

Vous préférez le spectacle à l’objectivité en insérant à l’article 2 une disposition positive en faveur des femmes. Point besoin de le faire, il est préférable de la pratiquer au lieu d’engager des débats théoriques qui portent sur des principes tout en négligeant les réalités de la société. En France, malgré l’aménagement constitutionnel pour la parité dans les élections politiques, les partis politiques préfèrent payer les pénalités que de s’y conformer.

Les inégalités de rémunération dont souffrent les femmes doivent être corrigées d’abord et permettre au conjoint fonctionnaire de bénéficier du capital décès de sa défunte épouse fonctionnaire. Sur les 16 membres du comité 4 sont des femmes, la logique voudrait que son président attirât l’attention du président de la République sur cette sous-représentation.

Avancées considérables mais pas volontaristes

L’article 61 nouveau est un grave recul. La constitutionnalisation de la durée du mandat des députés est source de toutes sortes de manœuvres politiciennes, d’instabilités parlementaires ou d’élections à vie de députés. Les amalgames et interprétations simplificatrices dont aura pu se passer le Comité en ce qui concerne la gestion d’un poste vacant à l’Assemblée sont atterrants. La loi dit que notre Assemblée comprend 147 députés ni plus ni moins ; au nom de quelle économie ne doit-on pas organiser des élections partielles ? Je demeure convaincu que la suppléance est une solution alternative crédible. Au demeurant suppléant ou pas, on meurt forcément un jour.

Le maintien de la Cour suprême est une entrave à l’approfondissement de la culture démocratique et le « renchérissement du coût de fonctionnement des institutions » qui le soutient est léger par rapport à la nécessaire évolution de notre système judiciaire.

Je crois bien que la revalorisation des traitements des présidents et anciens présidents, ministres et anciens aura également un coût. Aucun corporatisme, aucune convenance personnelle ne doit empêcher la mue de la Cour suprême en Conseil d’Etat, Cour de cassation et en Cour de comptes. Dans ce domaine, le corporatisme est roi et il le demeure. Sachons vitupérer le mammouth !

Le nouvel article 33 proposé à la page 212 manque de pragmatisme. Les résultats peuvent être proclamés un samedi, les deux candidats en lice n’auront que 6 jours pour battre campagne. La raison voudrait qu’on dise que le second tour aura lieu 15 jours après la proclamation des résultats du 1er tour par la Cour constitutionnelle.

Il sera judicieux de permettre la saisine pour confirmation, la Cour constitutionnelle, dont l’objectif est de conférer un poids et une légitimité supplémentaires à un texte qui, du point de vue éthique, pourrait poser problème et doit pouvoir étendre son examen sur l’ensemble du texte de loi qui lui déféré et non plus sur un ou un ensemble d’articles incriminés.

Le Comité affirme que la majeure partie de l’opinion publique considère que la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels à la page 13 est une donnée essentielle du système démocratique malien, la seule vraie garantie de l’alternance. Par quelle procédure le Comité a eu vent de cette volonté populaire ? A-t-il procédé à une enquête d’opinion sur ce point ? Pourquoi ne l’avoir pas mentionné ? J’estime que c’est faire injure à la capacité de discernement du peuple qui seul est détenteur de tout son pouvoir, tout le pouvoir et à lui et à lui seul.

Et si le peuple réclamait son dirigeant ? La limitation du mandat présidentiel n’est pas un standard de la démocratie et ne rend nullement leurre notre processus de démocratisation, car aucun homme, aucun parti ne pourra plus au grand jamais se maintenir au pouvoir sans emporter la légitimité populaire. Nous pouvons instaurer le référendum révocation avec l’inouïe chance que nous offre le Ravec.

Une loi organique pourrait déterminer les conditions de sa procédure avec 500 000 signataires par exemple inscrits sur la liste électorale, pourraient estimer que le président de la République n’est plus en mesure de présider aux destinées de la nation ou à faire face à une crise et le destituer s’ils obtiennent la majorité. Et ajouter que nul ne peut exercer le pouvoir à partir de 80 ans.

Il faut faire travailler à plein temps les parlementaires en portant à trois les sessions. Les propositions faites par le président Konaré me semblent les plus objectives : la première session s’ouvre le premier jour ouvrable de février et prend fin le dernier jour ouvrable d’avril ; la deuxième session, du premier jour ouvrable de juin au dernier jour ouvrable d’août, la troisième s’ouvrant le premier jour ouvrable d’octobre et prend fin le dernier jour ouvrable de décembre.

Un mandat non renouvelable, peut s’avérer être une garantie d’irresponsabilité politique et, de ce fait la source aussi d’excuse pour toutes sortes de malversations et de non-reconnaissance des valeurs. Les responsables de l’Agence générale des élections, du Vérificateur général doivent bénéficier de renouvellement de mandat s’ils donnent entière satisfaction à la nation.

Le médiateur de la République doit œuvrer pour que l’équité complète le droit et devenir une sorte de « magistrature d’influence ». Possibilité doit être offerte au médiateur, comme c’est le cas en France, d’engager contre un agent responsable en l’absence d’autorité compétente, une procédure disciplinaire ou saisir d’une plainte la juridiction répressive et de s’auto-saisir d’office de toute question relevant de sa compétence.

Oumar Sacko

 

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Humeur

O vieillesse ennemie !

Les principes sont intangibles et c’est en cela que les principes sont des principes. Les principes qui guident la politique se doivent si possible d’être encore plus intangibles que les autres puisqu’ils guident la vie des peuples et des nations et conditionnent leur devenir.

Ni les circonstances, ni les époques, ni les hommes ne doivent laisser corrompre la morale qui sous-tend un principe et rien ne saurait expliquer un manquement.

Ainsi peu de personnes ont compris et encore moins accepté qu’un grand leader africain ait pu déclarer qu’il fallait soutenir le putsch militaire en Guinée. Un démocrate ne peut pas, ne doit pas soutenir un putsch, une pronunciamiento, un coup d’Etat, une révolution de palais… quelles que soient les circonstances atténuantes qu’il peut évoquer.

Car d’aucuns ont pensé et dit que cette prise de position n’avait d’autre objet que d’acheter la sympathie et de s’attacher les faveurs des putschistes de Conakry et surtout de paraître ou de devenir le « père spirituel » des nouveaux gouvernants de la Guinée. Mais ni raison d’Etat, ni visée hégémonique spirituelle ne peuvent justifier une telle prise de position. Il faut aider le peuple de Guinée autrement, il faut acquérir sa sympathie et son respect autrement.

Est-ce le temps qui dure, dure trop longtemps qui rend le contour des choses plus flous, les analyses moins positives ?

La vieillesse est un naufrage a dit le philosophe. Mais en Afrique, on n’élimine pas les anciens et qu’au contraire nous les respectons très forts, qu’il nous soit loisible en retour de leur dire « Laissez-vous vivre et aimer et restez sur la natte, bien au chaud du soleil »…

B. M.

 

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