Le président sénégalais Abdoulaye Wade lors de son passage à Bamako le 26 janvier 2009 a rappelé que « si l’Afrique veut se développer, il lui faut des ressources humaines capables de répondre aux besoins et aux attentes de ses populations ».
Quid du Mali ? Apparemment, l’on s’atèle à d’autres priorités plutôt que de former des ressources humaines de qualité. Tel est en tout cas l’avis du Cercle de réflexion pour jeunes (CRJ), qui exige des expertises approfondies sur les contenus des programmes de formation de nos facultés et grandes écoles.
Les jeunes du CRJ sont montés au créneau pour dénoncer la faiblesse de notre système éducatif qui se contente de donner « un papier » aux étudiants. C’était à l’occasion d’une cérémonie de mise à feu de diplômes le 20 janvier dernier au monument Cabral.
L’inquiétude des jeunes à propos du bas niveau des diplômés maliens vient en tout cas de se confirmer à travers les résultats du concours à la Fonction publique. Selon Mohamed Traoré, secrétaire à l’information du CRJ, sur les 1022 postes à pourvoir, seuls 945 candidats ont été admis. Les 77 postes restants n’ont pas été pourvus pour motif d’insuffisances de résultats des candidats ou pour insuffisance du nombre de postulants.
Les résultats affichés révèlent que pour le corps des médecins pharmaciens, spécialité pharmacie, seulement 12 candidats ont été admis sur 25 postes alors que 68 candidats s’étaient présentés. Pour le corps des techniciens supérieurs d’élevage, sur 15 postes, il y avait 51 candidats, 11 ont été déclarés admis. Les traducteurs interprètes spécialité anglais/arabe, 3 postes étaient mis au concours pour 45 candidats. Il n’y a eu aucun admis, rapporte le CRJ. Ces quelques exemples ne sont que la face visible de l’iceberg.
Pour le CRJ, le Mali a aussi besoin de cadres valables et compétents. Malheureusement, de nombreux jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail sans qualification. « La grande majorité des investissements incite la jeunesse aux divertissements et loisirs plutôt qu’à la responsabilité et le sens du défi du 21e siècle. Nous avons besoin d’une politique qui favorise la création d’opportunités durables afin d’assurer l’avenir de la jeunesse qui perd espoir… », conclut le secrétaire à l’information du CRJ.
FORUM DE BAMAKO
La gouvernance au crible
Le Forum de Bamako qui est à sa 9e édition est un cadre d’échanges de haut niveau pour débattre des problèmes du continent.
Lancé en 2001, le Forum de Bamako a lieu chaque année et porte sur des thèmes d’ordre économique, social, culturel et politique. Il réunit décideurs publics, professionnels des secteurs publics, parapublics et privés, universitaires africains et non africains, représentants de la société civile et des médias, partenaires au développement, représentants des institutions internationales et des ONG.
En 2008, les membres de la Fondation Forum de Bamako, s’étaient réunis autour du thème « l’Afrique un nouveau pôle géostratégique ». Cette année, pour la 9e année consécutive, ils sont mobilisés autour d’un autre thème plus complexe, plus politique, voire plus galvaudé en l’occurrence la gouvernance qui est depuis quelques années au cœur des discours et de toutes les initiatives sur le développement de l’Afrique.
Souvent réduite à une liste de recettes que tous les pays se doivent d’appliquer pour sortir des crises politiques, économiques et sociales, la gouvernance doit être comprise comme l’art de la gestion cohérente et équilibrée des capacités et des attentes d’un pays. Ce sont les ruptures de cette cohésion qui entraînent les crises de gouvernance qui finissent par annihiler les efforts de développement. C’est ce à quoi s’attachera le Forum de Bamako, ouvert hier sous la présidence du Premier ministre.
L’espace sert de lieu d’échanges, de sensibilisation à la réalité du développement économique local et de lieu d’information sur les déficits du processus d’acquisition de connaissances et sur les moyens d’y remédier. Il vise à offrir un espace de réflexion et de dialogue sur les questions de développement, mettre les documents issus de ces réflexions à la disposition des décideurs et autres autorités impliqués dans les questions de développement en Afrique, créer et assurer le fonctionnement harmonieux d’un réseau d’experts capables des appuis techniques de qualité aux dirigeants africains, etc.
Conçu pour servir de pont entre l’Afrique et le reste du monde, le Forum de Bamako qui durera 3 jours doit proposer des idées novatrices pour relever les défis globaux qui se présentent au continent. Il s’agit notamment du changement climatique, des pandémies.
Pour le Premier ministre, « nous sommes dans des interdépendances renforcées. Le monde est devenu un gros village. Il faut donc agir vite à cette heure de la mondialisation et de la globalisation pour apporter des réponses appropriées aux préoccupations des populations ». Il a pris l’engagement que les conclusions auxquelles aboutiront les participants feront l’objet d’attention particulière.
A l’instar des éditions précédentes, le Forum de Bamako produira un document qui sera remis au président de la République.
Mohamed Daou
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CRISE ECONOMIQUE
Les USA pour sauver le monde ?
Le nouveau plan de relance de l'économie américaine , qui se chiffre à 787 milliards, pourra-t-il remettre économie du géant pays sur les rails et par-delà terrasser la crise économique mondiale Ce qui est certain, c'est que sa forme laisse présager qu'il aura des impacts significatifs à moyen et à long termes sur le système économique et financier au plan national, voire mondial.
Comme un “tsunami”, la crise économique mondiale continue de battre de plein fouet les nations. Les grandes réunions se succèdent et les experts se consultent sans fin. En même temps, chaque pays s’active de son côté à inventer le plan salvateur dans la mesure où, selon les spécialistes, toute résolution de cette crise passera d’abord par des économies nationales singulièrement performantes. Et l’on sait que des pays, par des politiques imprudentes, ont permis l’avènement du scénario catastrophe auquel l’humanité assiste.
Les Etats-Unis d’Amérique peuvent être classés parmi ces derniers. La chute des investissements, la crise du crédit bancaire, l’effritement du pouvoir d’achat des consommateurs ainsi que l’affaissement continu du dollar et de Wall Street ont été des facteurs aux conséquences néfastes sur les marchés internationaux. Ayant hérité de cette débâcle économique rare, la nouvelle administration démocrate a proposé un plan de relance économique. Le projet de 787 milliards de dollars, adopté par le Congrès et le Sénat américain malgré la réticence des républicains, fait la Une de tous les médias locaux.
Les interprétations font à la fois état d’optimisme et de réserves, souvent selon les inserts des intervenants. Cependant, peut-on s’attendre, avec ce plan, à un électrochoc sur économie mondiale, vu le statut de première puissance économique mondiale des USA et étant surtout donné que tous les déboires économiques tirent leur origine du pays de l’Oncle Sam ? La réponse à la question est relativement positive, à en croire d’éminents économistes qui s’en tiennent eux aussi au rôle de “régulateur” que détient le pays dans le système économique et financier mondial. Ils trouvent leurs arguments dans les détails du programme du président Obama.
Son objectif est de relancer à la fois la consommation et l’activité des entreprises. Au premier, seront consacrés 282 milliards de dollars d’abattements fiscaux. Ce qui semble être intéressant dans un contexte de ralentissement généralisé, où les citoyens ont leur Savings Accounts (comptes épargnes) soigneusement gardés dans les banques avec des restrictions de dépenses exceptionnelles.
Action commune
Une situation handicapante donc pour l’économie, qui obtient son souffle notamment des différentes transactions. Aussi, les entreprises seront concernées par le financement par le gouvernement fédéral de projets économie d’énergie couplé à la réalisation d’infrastructures répondant plus aux exigences du monde des affaires. Et cela à hauteur de 505 milliards de dollars. Le couronnement est prévu d’être la création de millions d’emplois.
A l’analyse du plan, l’on comprend que le résultat mettra du temps à se dessiner, comme l’a reconnu volontiers son auteur. La construction et l’équipement d’écoles pour 87 milliards de dollars par exemple, ne pourront pas se fructifier automatiquement en des diplômés bien formés dans des secteurs de pointe et prêts à se mettre au service de économie nationale.
En tout état de cause, le plan, comme il est pressenti, facilitera, à moyen et à long termes, la reprise des multiples transactions entre les Etats-Unis et les autres pays en recréant une atmosphère propice aux affaires de même qu’en augmentant la mobilité des travailleurs et de leurs employeurs. Les nombreuses usines du pays opérant également sur les marchés extérieurs pourront insuffler une nouvelle dynamique à économie internationale. Tout comme les nombreuses entreprises qui, ces dernières années, ont quitté les USA pour s’installer a l’étranger.
Le plan pourrait redorer le blason de la dégradation rapide du contexte macroéconomique que certains comparent à la chute du Mur de Berlin. Cependant, faudra-t-il préciser que la relance de l’économie mondiale n’est pas l’apanage d’une seule nation, quel que soit son rang. Surtout que les pays subissent la crise selon leurs politiques économiques.
Presque tous les pays ont leur mot à dire et la performance économique internationale sera certainement la combinaison d’économies reluisantes. C’est pourquoi des géants comme la France, le Japon, la Chine... se sont dotés de leur propre plan de sauvetage. Aussi les derniers sommets du G8 et du G20 ont-ils recommandé la révision par les pays de leurs politiques économiques locales.
Ogopémo Ouologuem
(USA)
L'optimisme de Bill Clinton
Invité de l'émission "Larry King Live" de la chaîne de télévision américaine CNN mardi soir, le président Bill Clinton qui a relevé les USA de la récession économique des années 1990 avant de léguer une économie bien portante à son successeur Bush fils, s'est dit confiant quant aux résultats du plan de sauvetage économique d'Obama.
"A la place d'Obama, j'aurais agi de la même façon" . Il a ajouté que "le plan réussirait son objectif. Et il est aussi important que le peuple américain comprenne l'ambition de ce plan". Un bonus donc pour le président démocrate en campagne depuis quelques jours afin d'endiguer les critiques des républicains et de redonner confiance à ses compatriotes.
O. O.
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