Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2009

Mois de Février

Les Echos du 20 Février 2009

 

UNIVERSITE MALIENNE

Le CRJ déplore le bas niveau des diplômés

Pour des niveaux jugés insuffisants, des postes ouverts à la Fonction publique n’ont pu être pourvus par les diplômés de l’Université de Bamako.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade lors de son passage à Bamako le 26 janvier 2009 a rappelé que « si l’Afrique veut se développer, il lui faut des ressources humaines capables de répondre aux besoins et aux attentes de ses populations ».

Quid du Mali ? Apparemment, l’on s’atèle à d’autres priorités plutôt que de former des ressources humaines de qualité. Tel est en tout cas l’avis du Cercle de réflexion pour jeunes (CRJ), qui exige des expertises approfondies sur les contenus des programmes de formation de nos facultés et grandes écoles.

Les jeunes du CRJ sont montés au créneau pour dénoncer la faiblesse de notre système éducatif qui se contente de donner « un papier » aux étudiants. C’était à l’occasion d’une cérémonie de mise à feu de diplômes le 20 janvier dernier au monument Cabral.

L’inquiétude des jeunes à propos du bas niveau des diplômés maliens vient en tout cas de se confirmer à travers les résultats du concours à la Fonction publique. Selon Mohamed Traoré, secrétaire à l’information du CRJ, sur les 1022 postes à pourvoir, seuls 945 candidats ont été admis. Les 77 postes restants n’ont pas été pourvus pour motif d’insuffisances de résultats des candidats ou pour insuffisance du nombre de postulants.

Les résultats affichés révèlent que pour le corps des médecins pharmaciens, spécialité pharmacie, seulement 12 candidats ont été admis sur 25 postes alors que 68 candidats s’étaient présentés. Pour le corps des techniciens supérieurs d’élevage, sur 15 postes, il y avait 51 candidats, 11 ont été déclarés admis. Les traducteurs interprètes spécialité anglais/arabe, 3 postes étaient mis au concours pour 45 candidats. Il n’y a eu aucun admis, rapporte le CRJ. Ces quelques exemples ne sont que la face visible de l’iceberg.

Pour le CRJ, le Mali a aussi besoin de cadres valables et compétents. Malheureusement, de nombreux jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail sans qualification. « La grande majorité des investissements incite la jeunesse aux divertissements et loisirs plutôt qu’à la responsabilité et le sens du défi du 21e siècle. Nous avons besoin d’une politique qui favorise la création d’opportunités durables afin d’assurer l’avenir de la jeunesse qui perd espoir… », conclut le secrétaire à l’information du CRJ.

Amadou Sidibé

Assétou Diarra

(stagiaire)

Acceuil


FORUM DE BAMAKO

La gouvernance au crible

Le Forum de Bamako qui est à sa 9e édition est un cadre d’échanges de haut niveau pour débattre des problèmes du continent.

Lancé en 2001, le Forum de Bamako a lieu chaque année et porte sur des thèmes d’ordre économique, social, culturel et politique. Il réunit décideurs publics, professionnels des secteurs publics, parapublics et privés, universitaires africains et non africains, représentants de la société civile et des médias, partenaires au développement, représentants des institutions internationales et des ONG.

En 2008, les membres de la Fondation Forum de Bamako, s’étaient réunis autour du thème « l’Afrique un nouveau pôle géostratégique ». Cette année, pour la 9e année consécutive, ils sont mobilisés autour d’un autre thème plus complexe, plus politique, voire plus galvaudé en l’occurrence la gouvernance qui est depuis quelques années au cœur des discours et de toutes les initiatives sur le développement de l’Afrique.

Souvent réduite à une liste de recettes que tous les pays se doivent d’appliquer pour sortir des crises politiques, économiques et sociales, la gouvernance doit être comprise comme l’art de la gestion cohérente et équilibrée des capacités et des attentes d’un pays. Ce sont les ruptures de cette cohésion qui entraînent les crises de gouvernance qui finissent par annihiler les efforts de développement. C’est ce à quoi s’attachera le Forum de Bamako, ouvert hier sous la présidence du Premier ministre.

L’espace sert de lieu d’échanges, de sensibilisation à la réalité du développement économique local et de lieu d’information sur les déficits du processus d’acquisition de connaissances et sur les moyens d’y remédier. Il vise à offrir un espace de réflexion et de dialogue sur les questions de développement, mettre les documents issus de ces réflexions à la disposition des décideurs et autres autorités impliqués dans les questions de développement en Afrique, créer et assurer le fonctionnement harmonieux d’un réseau d’experts capables des appuis techniques de qualité aux dirigeants africains, etc.

Conçu pour servir de pont entre l’Afrique et le reste du monde, le Forum de Bamako qui durera 3 jours doit proposer des idées novatrices pour relever les défis globaux qui se présentent au continent. Il s’agit notamment du changement climatique, des pandémies.

Pour le Premier ministre, « nous sommes dans des interdépendances renforcées. Le monde est devenu un gros village. Il faut donc agir vite à cette heure de la mondialisation et de la globalisation pour apporter des réponses appropriées aux préoccupations des populations ». Il a pris l’engagement que les conclusions auxquelles aboutiront les participants feront l’objet d’attention particulière.

A l’instar des éditions précédentes, le Forum de Bamako produira un document qui sera remis au président de la République.

Mohamed Daou

 

 

[haut]

Acceuil


CRISE ECONOMIQUE

Les USA pour sauver le monde ?

Le nouveau plan de relance de l'économie américaine , qui se chiffre à 787 milliards, pourra-t-il remettre économie du géant pays sur les rails et par-delà terrasser la crise économique mondiale Ce qui est certain, c'est que sa forme laisse présager qu'il aura des impacts significatifs à moyen et à long termes sur le système économique et financier au plan national, voire mondial.

Comme un “tsunami”, la crise économique mondiale continue de battre de plein fouet les nations. Les grandes réunions se succèdent et les experts se consultent sans fin. En même temps, chaque pays s’active de son côté à inventer le plan salvateur dans la mesure où, selon les spécialistes, toute résolution de cette crise passera d’abord par des économies nationales singulièrement performantes. Et l’on sait que des pays, par des politiques imprudentes, ont permis l’avènement du scénario catastrophe auquel l’humanité assiste.

Les Etats-Unis d’Amérique peuvent être classés parmi ces derniers. La chute des investissements, la crise du crédit bancaire, l’effritement du pouvoir d’achat des consommateurs ainsi que l’affaissement continu du dollar et de Wall Street ont été des facteurs aux conséquences néfastes sur les marchés internationaux. Ayant hérité de cette débâcle économique rare, la nouvelle administration démocrate a proposé un plan de relance économique. Le projet de 787 milliards de dollars, adopté par le Congrès et le Sénat américain malgré la réticence des républicains, fait la Une de tous les médias locaux.

Les interprétations font à la fois état d’optimisme et de réserves, souvent selon les inserts des intervenants. Cependant, peut-on s’attendre, avec ce plan, à un électrochoc sur économie mondiale, vu le statut de première puissance économique mondiale des USA et étant surtout donné que tous les déboires économiques tirent leur origine du pays de l’Oncle Sam ? La réponse à la question est relativement positive, à en croire d’éminents économistes qui s’en tiennent eux aussi au rôle de “régulateur” que détient le pays dans le système économique et financier mondial. Ils trouvent leurs arguments dans les détails du programme du président Obama.

Son objectif est de relancer à la fois la consommation et l’activité des entreprises. Au premier, seront consacrés 282 milliards de dollars d’abattements fiscaux. Ce qui semble être intéressant dans un contexte de ralentissement généralisé, où les citoyens ont leur Savings Accounts (comptes épargnes) soigneusement gardés dans les banques avec des restrictions de dépenses exceptionnelles.

Action commune

Une situation handicapante donc pour l’économie, qui obtient son souffle notamment des différentes transactions. Aussi, les entreprises seront concernées par le financement par le gouvernement fédéral de projets économie d’énergie couplé à la réalisation d’infrastructures répondant plus aux exigences du monde des affaires. Et cela à hauteur de 505 milliards de dollars. Le couronnement est prévu d’être la création de millions d’emplois.

A l’analyse du plan, l’on comprend que le résultat mettra du temps à se dessiner, comme l’a reconnu volontiers son auteur. La construction et l’équipement d’écoles pour 87 milliards de dollars par exemple, ne pourront pas se fructifier automatiquement en des diplômés bien formés dans des secteurs de pointe et prêts à se mettre au service de économie nationale.

En tout état de cause, le plan, comme il est pressenti, facilitera, à moyen et à long termes, la reprise des multiples transactions entre les Etats-Unis et les autres pays en recréant une atmosphère propice aux affaires de même qu’en augmentant la mobilité des travailleurs et de leurs employeurs. Les nombreuses usines du pays opérant également sur les marchés extérieurs pourront insuffler une nouvelle dynamique à économie internationale. Tout comme les nombreuses entreprises qui, ces dernières années, ont quitté les USA pour s’installer a l’étranger.

Le plan pourrait redorer le blason de la dégradation rapide du contexte macroéconomique que certains comparent à la chute du Mur de Berlin. Cependant, faudra-t-il préciser que la relance de l’économie mondiale n’est pas l’apanage d’une seule nation, quel que soit son rang. Surtout que les pays subissent la crise selon leurs politiques économiques.

Presque tous les pays ont leur mot à dire et la performance économique internationale sera certainement la combinaison d’économies reluisantes. C’est pourquoi des géants comme la France, le Japon, la Chine... se sont dotés de leur propre plan de sauvetage. Aussi les derniers sommets du G8 et du G20 ont-ils recommandé la révision par les pays de leurs politiques économiques locales.

Ogopémo Ouologuem

(USA)

 

L'optimisme de Bill Clinton  

Invité de l'émission "Larry King Live" de la chaîne de télévision américaine CNN mardi soir, le président Bill Clinton qui a relevé les USA de la récession économique des années 1990 avant de léguer une économie bien portante à son successeur Bush fils, s'est dit confiant quant aux résultats du plan de sauvetage économique d'Obama.

"A la place d'Obama, j'aurais agi de la même façon" . Il a ajouté que "le plan réussirait son objectif. Et il est aussi important que le peuple américain comprenne l'ambition de ce plan". Un bonus donc pour le président démocrate en campagne depuis quelques jours afin d'endiguer les critiques des républicains et de redonner confiance à ses compatriotes.

O. O.

[haut]

Acceuil


YAHYA OULD BRAHIM

Esclave mauritanien, devenu immigré sans papier en France

Né esclave en 1976, à ses dires, de parents esclaves nés eux aussi de parents esclaves, il était esclave jusqu’à ce jour de l’année 1999 où l’amour pour sa mère, la volonté d’être homme, le désir de liberté l’obligent à prendre la route pour fuir loin de son maître gagner la France, pays des droits de l’Homme.

Yahya Ould Brahim arrive un jour de décembre 2003 à Paris. « Le froid [lui] glaçait jusqu’à la moelle ». Le voilà désormais, esclave en fuite, immigré sans-papier dans un pays qui a aboli l’esclavage depuis des siècles. De liberté, il en rêve toujours. Sa grande crainte est de se voir refouler chez lui, en Mauritanie, où tout indique que son maître le récupérerait et le punirait en exemple « pour montrer aux deux millions d’esclaves domestiques ou anciens esclaves qu’ils sont encore dominés ».

Il n’a point la vigueur d’un jeune homme de 23 ans, sans doute épuisé par plus de 20 ans de servitude et des jours de faim et de soif sur la longue route d’errance vers un espoir incertain de liberté. Son regard hagard ne se pose sur rien. Vous avez l’impression de croiser ses petits yeux, mais ils scrutent un horizon encore lointain. Il s’appelle Yahya Ould Brahim, vit en France depuis 5 ans. Sans papier, sans espoir et dans l’atroce inquiétude d’un « retour vers l’enfer » comme il le dit lui-même. Il parle « un peu français mais préfère sa langue maternelle pour mieux s’exprimer ».

Son cas est aujourd’hui porté devant l’opinion internationale par la Commission nationale mauritanienne des droits de l’Homme (CNDH) et l’Association des Haratines de Mauritanie en Europe (AHME). Ces deux organisations ont animé mardi dernier une conférence pour prendre à témoin la presse internationale sur le cas de Yahya Ould Brahim mais aussi celui plus général de la situation en République islamique de Mauritanie, un des pays où l’esclavage a toujours cours malgré une loi votée en août 2007 par le Parlement criminalisant la pratique sur toute l’étendue du territoire national.

En octobre 2008, Biram Dah Abeid de la CNDH se trouvait devant le groupe chargé des droits humains au Forum humaniste européen de Milan où il dénonçait la « connivence des pouvoirs publics et judiciaires avec les segments tribaux et claniques » se traduisant par « la poursuite des pratiques esclavagistes d’une manière massive et revêtant plusieurs formes » dont l’esclavage domestique, l’esclavage agricole et l’esclavage sexuel sont les plus manifestes. L’association, en partenariat avec SOS-Esclaves a recensé une quarantaine de cas avérés qu’elle a présenté aux autorités nationales depuis la promulgation de la loi d’août 2007. « Jusqu’à ce jour encore, nous attendons que des sanctions soient prononcées contre les auteurs », déclare M. Abeid.

Déjà en 1981 une première mesure gouvernementale n’a pas connu le succès attendu, en tout cas par les opposants à la pratique et défenseurs des droits de l’Homme. « Cette loi n’a jamais eu de décret d’application et pour cause. Le premier article abolit l’esclavage et le troisième demande que les anciens maîtres qui affranchissent soient dédommagés », souligne M. Mohamed Yahya Ould Cire.

L’ancien diplomate, aujourd’hui président de l’AHME affirme : « En Mauritanie, les autorités décident de ces dispositions justes pour calmer le jeu. Ils n’ont aucune considération de l’opinion publique ; nous ne disposons pas encore d’une société civile qui dispose de réels pouvoirs de pression. C’est avec la presse étrangère et les partenaires occidentaux qu’on arrivera à les faire bouger sur la question ».

Si le cas de Yahya Ould Brahim, esclave agricole est aujourd’hui mis devant c’est que l’immigré clandestin, se trouve dans une situation ubuesque devant les autorités administratives françaises qui ont refusé le droit de réfugié à un esclave en fuite. Seule la solidarité de la communauté mauritanienne lui permet encore de croire en un probable avenir de liberté.

« En Mauritanie, quand on est enfant d’esclave, on naît esclave et on le reste jusqu’à ce que le maître décide de vous affranchir. J’ai ma sœur et mon frère qui sont encore esclaves du frère de mon maître. Mes parents étaient esclaves des parents de mon maître. Pour tout dire ma famille est esclave de statut depuis toujours au service la famille de mon maître » . Avec ce témoignage poignant d’une réalité crue il espère plus que la solidarité.

« J’ai fui lorsqu’en 1999 mon maître m’a refusé le droit le plus simple de me rendre au chevet de ma mère malade et aussi parce que quelques animaux se sont égarés pendant que je les conduisais au pâturage et qu’il m’a battu pour cela alors qu’en plus de 20 ans je suis à son service. Alors j’ai pris mon courage à deux mains en me disant que je ne pourrais vivre rien d’autre de plus indigne et de plus atroce que ce que j’ai vécu jusqu’ici. Je suis resté dans la peur dans le ventre en Mauritanie où j’ai travaillé comme vendeur d’eau pendant deux années. Je n’ai pas hésité un seul instant de tenter ma chance, le jour où je suis tombé sur un groupe de candidats à l’immigration. Avec mes économies, j’ai cotisé comme les 25 autres compagnons pour payer une pirogue pour l’Espagne. En décembre 2003, je suis arrivé en France. J’ai fui en désaccord total avec ma famille. J’ai fui parce que j’avais peur d’être reconduit chez mon maître. Aujourd’hui cette même peur me tenaille toujours » . La peur d’être reconduit à la frontière, livré à lui-même, à la honte et au « déshonneur » vis-à-vis des siens, au mépris et à la fureur de son maître.

C’est donc pour briser cette chaîne de la peur que les organisations anti-esclavagistes se battent sur le plan national et international pour exiger « une enquête nationale afin d’éclaircir la situation » trouver une solution au profond problème de mentalité et rendre leur dignité et leur fierté aux 500 000 esclaves domestiques et au 1,6 millions d’anciens comme l’estime M. Abeid qui lie intimement l’esclavagisme à la nature féodale de la société mauritanienne et surtout au socle islamiste du code judiciaire en vigueur. Pour le défenseur des droits de l’homme, « la religion musulmane qui n’a jamais interdit l’esclavagisme constitue aujourd’hui son terreau fertile et les pays arabes n’aident pas la Mauritanie dans sa lutte contre ce système », le pire, avilissant pour la race humaine.

Oussouf Diagola

(Paris)

[haut]

Acceuil


EPILOGUE

Le piège de la mendicité

Le Mali est un pays à revenus modestes (mais officiellement on parle de pays pauvre) dans lequel il y a une grande proportion d'indigents faite d'infirmes, de handicapés physiques, de talibés s'adonnant tous plus ou moins à la mendicité. Si une part importante de cette population demandeuse provient de la campagne, beaucoup d'autres aussi sont issus des grandes villes où l'ancienne solidarité communautaire a disparu depuis longtemps sous l'effet de la pression économique et de la vie chère.

Les grands malades et les gens sans soutien chassés des zones rurales par la pauvreté viennent généralement chercher refuge dans les grandes villes où existerait, semble-t-il, une certaine forme de solidarité religieuse aidant les pauvres à survivre.

Ces gens, diminués sur le plan physique arrivent à vivre difficilement en brousse où l'essentiel de l'activité économique repose sur l'agriculture et l'élevage qui se font avec la force physique. Or, dans les campagnes, dès qu'un individu devient impotent, il sert à peu de chose et pour éviter de devenir une charge sociale inutile, il songe à s'éloigner en direction des zones urbaines. Encouragés et non vraiment chassés du village, beaucoup de ces malades rejoignent la grande ville où ils deviennent des mendiants professionnels.

Il y a aussi le cas des individus nés infirmes ou des enfants victimes de la poliomyélite des villes et des campagnes qui, non scolarisé, n'ont d'autre chose que de pratiquer la mendicité ou de mener des activités illicites comme la vente de la drogue, le recel ou le proxénétisme. Depuis les indépendances (et peut-être même avant) l'habitude a été reprise par tous les mal portants du pays de se diriger sur les centres urbains dans le but, croient-ils, d'échapper à la misère.

De la sorte, dans les quartiers des grandes villes, aux feux de signalisation des grands axes de la circulation, devant les magasins et les édifices religieux comme les mosquées, on trouve des attroupements d'hommes et de femmes, tous des mendiants qui indisposent les automobilistes avec leurs demandes pressantes d'argent et de cadeaux. Parmi eux, on trouve même des gens bien portants comme les talibés qui pourraient bien se débrouiller tout seuls mais qui se reposent sur la mendicité pour mener leur vie ou enrichir leur maître couché à la maison, ne faisant que lire le Coran.

Notre société encourage un peu la mendicité en soutenant ce genre d'action pour des raisons religieuses alors qu'en Occident, la mendicité est proprement proscrite. Au Mali, le fait de se demander même quand on n'est pas malade est toléré sous l'influence de l'islam. Pourtant, dans nos sociétés traditionnelles où régnait également la pauvreté, les gens, pour des raisons de dignité, évitaient de demander leur subsistance à leurs semblables et les indigents qui ne manquaient pas dans nos zones rurales ne mendiaient pas, ne faisaient pas le porte-à-porte comme on le voit maintenant dans les villes.

De plus, les malades, les handicapés physiques n'étaient pas renvoyés, mais restaient gardés à la maison où ils bénéficiaient de la solidarité collective. L'indigent n'était pas soumis à l'exclusion comme aujourd'hui où c'est devenu la règle générale ; il faisait partie de la famille et bénéficiait de protection. Dans ces conditions, il n'éprouvait pas le besoin de partir même si, sur place, il menait une vie marginale. C'est l'introduction de l'économie monétaire dans nos sociétés qui a chassé de nos campagnes la solidarité qui y régnait et permettait de prendre en charge les infirmes et les handicapés.

La situation était complètement différente dans les pays développés où l'infirmité n'empêchait plus un individu de se réaliser socialement. La science et la technique n'avaient certes pas pu empêcher les malformations physiques de naître, mais elles avaient en revanche permis de faire des progrès permettant à l'individu malade d'accomplir les travaux réservés aux biens portants. Ainsi, dans les grandes métropoles européennes et américaines, il n'est pas rare de voir des professeurs d'université aveugles ou se déplaçant dans une chaise roulante, des médecins ayant également perdu l'usage des jambes à la suite d'un accident de la circulation, etc.

Bref, en Occident le handicap physique et l'infirmité ne constituent plus un frein à un destin de s'accomplir ni à une vie de dérouler normalement. Même chez nous, la situation des infirmes et des handicapés physiques a commencé à évoluer. Si beaucoup reste encore dans l'ancienne dynamique de la mendicité, nombreux sont ceux qui se battent pour sortir de ce cercle vicieux humiliant.

On remarque aussi que les handicapés physiques qui ont eu la chance d'aller à l'école évitent généralement le piège de la mendicité. Dans les structures scolaires, beaucoup arrivent à s'instruire et à devenir fonctionnaires pendant que d'autres apprennent un métier avec lequel ils peuvent gagner honorablement leur vie.

D'autres enfin réussissent à se faire artistes après des études et même des sportifs dans les disciplines où on les croit incapables de progresser et de percer. Dans tous les cas, la mendicité n'est pas une solution, car le handicap et l'infirmité sont tous loin d'être la mort physique.

Facoh Donki Diarra

 

 

[haut]

Acceuil


 

Me YOUMA MADEIRA KEITA, AVOCATE NON-VOYANTE

« Le handicap est dans l’esprit et non dans le corps »

Me Youma Madéira Kéita est le prototype de la personne handicapée visuelle qui a pu se frayer un chemin dans la vie. Elle est avocate inscrite au Barreau malien et n’envie rien aux « yeux ouverts ».

Me Youma Madéira Kéita, fille du ministre de la Justice du 1er président du Mali indépendant, Madéira Kéita, est la benjamine de sa famille. Son handicap est congénital puisqu’elle est née, il y a une quarantaine d’années d’une mère névralgique (une maladie qui atteint les nerfs optiques) qui lui a transmis son mal à sa naissance.

Me Youma comme l’appellent affectueusement ses confrères du Barreau ne s’est jamais sentie handicapée dans son mental. Elle a été une écolière modèle depuis l’Institut des jeunes aveugles (IJA) qu’elle a fréquenté du primaire au second cycle de 1977 à 1980. Youma passe ensuite les trois ans du secondaire au lycée Bouillagui Fadiga en série langues et littérature (LL) d’où elle a été orientée en sciences juridiques à l’ex-Ecole nationale d’administration (ENA) après son baccalauréat.

Dans sa vie universitaire et professionnelle, Me Youma a comme seul compagnon fidèle sa machine d’écriture Braille. « A l’école, j’écrivais toutes mes leçons en Braille. Et présentement dans mon cabinet, j’écris mes conclusions dans les mêmes signes puisque c'est moi qui vais fréquemment aux audiences », affirme-t-elle. C’est en 1995 que Me Youma a été admise au concours du Barreau après deux années de chômage. Elle est associée au cabinet de Me Mariam Diawara.

Dans son cabinet de trois pièces, Me Youma sait se débrouiller toute seule sans l’aide de qui que ce soit. Même pour chercher un objet ou un document ou sortir du bureau pour accompagner un visiteur, elle n’a besoin de personne. A la maison aussi, elle est totalement indépendante. Elle ne se fait aucun complexe. « Je vis mon handicap comme les personnes normales se sentent dans leur vie », affirme-t-elle. Et d’ajouter : « si j’avais mal ressenti mon handicap, je n’en serais pas là aujourd’hui ».

Orpheline de mère dès l’âge de 13 ans, Me Youma se s’est jamais sentie seule, discriminée ou victime de la risée populaire. Mais elle dit accepter volontiers les vicissitudes et autres coups bas comme étant des épreuves de la vie qui peuvent arriver à tout le monde. « Il faut pouvoir se surpasser et être maître de soi-même », plaide-t-elle.

Dans la rude concurrence de tous les jours dans le monde des avocats, Me Youma tire son épingle du jeu. Tout en étant modeste, elle estime, que « tous les jours ne sont pas fameux pour elle ». Selon elle, « dans cette conjoncture internationale, même les personnes bien portantes ont souvent des difficultés sur le marché de l’emploi à joindre les deux bouts ou à décrocher des contrats juteux ».

Aux handicapés de tous les pays, elle conseille de vivre leur mal non comme une fatalité, mais comme un don de Dieu. « La personne handicapée ne devient réellement handicapée que dans sa tête. Sinon celle qui parvient à vaincre son handicap dans sa tête perce dans la vie. Se mettre dans la peau de handicapé est une auto-exclusion », dit-elle.

La seule chose qui manque aujourd’hui à l’avocate, c’est une vie au foyer. Puisse Allah lui donner la chance de rencontrer très rapidement l’âme sœur !

Abdrahamane Dicko

[haut]

Acceuil


 

AG DU DJOLIBA AC CE WEEK-END

Le glas qui sonne pour Kéké ?

Que va-t-il réellement se passer samedi 21 et dimanche 22 ou peut-être en mars à Hérémakono lors de l’assemblée générale du Djoliba AC de Bamako, le mandat de Karounga Kéita étant arrivé à expiration ? Des supporters ont déjà fait une croix sur lui.

Nul doute que chacun, supporters comme dirigeants, ira vider son sac ce week-end ou au plus tard en début mars lors de l’assemblée générale du Djoliba AC. Ce serait, pour les plus optimistes, un véritable plateau d’échanges aux termes duquel la réconciliation devrait être renforcée au grand bonheur de la famille rouge.

Toujours est-il que Karounga Kéita sera face aux Rouges samedi et dimanche dans un premier temps puis en mars. Des sessions, à n’en point douter, qui seront très riches en enseignements compte tenu de l’ordre du jour : relecture des textes, contrôle des tâches et élection d’un nouveau bureau. En effet, beaucoup de questions brûlantes n’ont pas encore eu des réponses chez les Rouges qui veulent avoir désormais en le cœur net.

Parmi les chapitres qui seront certainement évoqués, figurent en bonne place les performances actuelles de l’équipe, le point sur les recrutements et les transferts ; la situation financière. Autant de sujets que Karounga Kéita et le conseil d’administration s’emploieront à débattre les uns après les autres dans les moindres détails en attendant mars, période choisie pour l’élection du nouveau président du club.

A ce sujet de nom dont l’opérateur économique Aliou Tomoto est annoncé pour succéder à Karounga Kéita. Ce dernier qui a beaucoup servi le club n’est plus en odeur de sainteté auprès de supporters. Selon certaines indiscrétions, ces derniers battent actuellement campagnes auprès des caciques du club afin qu’il cède sa place.

Boubacar Diakité Sarr

[haut]

Acceuil


Du nouveau aux éditions jamana

"Je ne suis pas fou "

Prix:2500f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org