Les Echos du 11 Février 2009
LES DEGUERPIS DE YIRIMADIO HAUSSENT LE TON
« Le maire Dagnon doit d’abord passer sur nos corps »
Décidés à se battre jusqu’à leur dernier souffle de vie, les anciens occupants des 95 ha de Yirimadio et des 18 ha de Missabougou étaient hier sur le pied de guerre sur les sites.
Prévue pour hier matin l’opération d’attribution du site des 95 hectares de Yirimadio-Nord et des 18 ha de Missabougou par la mairie de la Commune VI n’a finalement pas eu lieu. Mardi, tôt le matin des centaines de propriétaires de maisons démolies par le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon (jeunes, hommes, femmes, enfants se sont fixés rendez-vous sur les deux sites.
Les protestataires entendent empêcher par tous les moyens la ré-attribution de leurs parcelles qu’ils ont occupées depuis plusieurs années à de plus nantis. En effet, le 10 mai 2008, le maire de la Commune VI, M. Dagnon, à en croire le président de l’Association « les voisins unis », Souleymane Thiam, et son secrétaire général, Yaya Tangara, faisant fi de leurs titres de propriétés des lots, conformes au premier plan du lotissement, a démoli les habitations.
Ce sont 1507 chefs de famille qui sont concernées par cette démolition. Aux dires des responsables de l’Association, contrairement aux allégations des autorités municipales et de la mairie du district, « chaque lot possède une lettre d’attribution en bonne et due forme délivrée par l’autorité compétente ». Aussi le gouverneur du district, ont-ils ajouté, après plainte de la maire de la Commune VI, a pris la responsabilité d’annuler les lettres d’attribution qui donnaient droit à certains propriétaires de construire sur le site des 95 ha de Yirimadio et des 18 ha de Missabougou.
Des millions en poussières
Après la démolition des 1507 maisons, Souleymane Dagnon, selon M. Thiam a élaboré un nouveau schéma de morcellement des lots attribués aux plus offrants. A preuve : « Les maisons de ceux qui ont versé 4 à 5 millions ont été épargnées de la démolition ». Une bonne partie, a-t-il ajouté, a été attribuée à des hauts gradés de l’armée, des journalistes et à des hauts fonctionnaires.
Toutefois, si les déguerpis reconnaissent avoir acheté les terrains auprès des autochtones de Yirimadio et de Missabougou, les anciens propriétaires des champs, la mairie de la Commune VI confirme que les propriétaires ont morcelé et vendu aux plus offrants leurs lopins avec pour seule garantie une simple attestation de vente.
« Les acquéreurs se sont ensuite arrangés à se faire délivrer un carnet de famille par la mairie de la Commune VI pour entamer la construction de leurs maisons » , ajoute notre interlocuteur avant d’ajouter que les gens qui ont construit là-bas n’ont aucune notification, « si ce n’est une simple attestation de vente, établie par les vendeurs desdites parcelles ».
C’est ce qui explique la décision de la mairie de casser toutes les concessions pour prendre possession de son dû. Les propriétaires des terrains litigieux toujours, selon notre interlocuteur, avant la démolition ont reçu une sommation de déguerpir. Le document en date du 9 janvier 2008 précise que les terrains en cause sont « des titres fonciers » appartenant à la mairie de la Commune VI.
D’anciens occupants affirment avoir investi plusieurs dizaines de millions dans la construction de maisons dont certains étaient à deux niveaux. En tout cas, ils se disent décidés à se battre jusqu’à la mort pour ne pas perdre leur lot. « Le maire Souleymane Dagnon doit d’abord nous tuer tous avant d’entamer les travaux de construction ».
Amadou Sidibé
Acceuil
PRIVATISATION DE LA CMDT
Le groupe Parena-Sadi menace de porter plainte
Opposé à la privatisation de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), le groupe parlementaire Parena-Sadi n’écarte pas l’hypothèse de saisir les tribunaux appropriés.
La bataille contre la privatisation de la CMDT même après l’adoption du projet de loi par des parlementaires suite à une injonction de la Banque mondiale et réaffirmée dans une lettre officielle de celle-ci en date du 11 juillet 2008, est loin d’être terminée. L’opposition parlementaire Parena-Sadi reste campée sur sa position : la non-privatisation de la société.
Aux yeux de ce groupe parlementaire composé de 9 députés, l’enjeu de la privatisation va au-delà de la CMDT et touche l’avenir du coton et donc du pays tout entier compte tenu de la place stratégique qu’occupe cette filière dans la vie économique et sociale du pays. Le coton reste encore le 2e produit d’exportation du Mali et une source de revenu pour plus de 4 millions de Maliens.
Pour le groupe parlementaire Parena-Sadi, le schéma de privatisation, tel que présenté par le gouvernement à l’Assemblée nationale, a été rejeté par lui parce que « le dossier était mal ficelé et peu convaincant sur le désengagement de l’Etat de la filière coton qui ne garantit point la pérennité de celle-ci ni la solidarité que la nation doit aux cotonculteurs qui ont porté l’économie du pays à bout de bras pendant des décennies ». Le groupe s’inscrit en faux contre des allégations du gouvernement selon lesquelles la CMDT est un fardeau qui a pesé 135 milliards de F CFA dans le budget de l’Etat depuis 2003.
C’est une contrevérité estime le groupe dans la mesure où l’essentiel du déficit de la CMDT tient à deux facteurs : l’achat du coton à un prix au producteur plus élevé que le prix d’équilibre calculé sur la base des cours mondiaux du coton et la vente des engrais aux paysans à un prix inférieur au prix du marché calculé sur la base des coûts d’achat des engrais. Ces deux facteurs cumulés se sont traduits par une perte de plus de 130 milliards de F CFA pour la CMDT entre 2001-2002 et 2006-2007.
Pis encore : l’opposition parlementaire doute de la capacité du gouvernement à mener le processus de façon crédible. Au regard de ces considérations, ils lui ont proposé le retrait pur et simple de la loi et de monter un dossier de qualité apportant des réponses claires à toutes les questions restées sans réponse jusqu’à présent et à toutes les inquiétudes soulevées jusqu’ici. Cependant, a averti, l’opposition Parena-Sadi, « si le gouvernement s’entête à vouloir faire appliquer ce projet de loi à travers un coup de force gouvernemental…, nous saisirons les tribunaux appropriés ».
D’autres sujets non moins importants comme le rejet en bloc par les députés Parena-Sadi des projets de loi relatifs à la biotechnologie et au budget de l’Etat 2009 ont fait l’objet de commentaires par les deux parties.
Mohamed Daou
Potins
L’Initiative riz , « un échec »
Pour le groupe parlementaire Parena-Sadi, l’Initiative riz n’a donné aucun résultat probant. Comme raison de l’échec, ils avancent l’arrivée tardive des semences que le gouvernement a été obligé d’aller chercher soit en Gambie, soit au Ghana.
Ecrire au ministre de la Communication
L’opposition parlementaire condamne l’ORTM pour ses prises de position tendancieuses. Le groupe a fait part de sa volonté d’écrire au ministre de la Communication pour attirer encore son attention sur les pratiques à « Bozola » afin qu’il puisse faire sa mission de service public et non de service privé. Le groupe dit avoir subi trop d’injustices de la part de « Bozola ». Il a dénoncé le fait que des partis politiques payent de l’argent à l’ORTM pour des débats.
Le Sadi et le FDR
La non-adhésion du Sadi au FDR est revenue sur le tapis. Selon une voix autorisée dans le parti, ce sont des raisons propres au Sadi qui, dit-on, a besoin de clarifier son opinion, de se structurer, de s’affirmer. « Nous n’avons pas été conviés pour la constitution du FDR ni de l’ADP. Si nous avions été conviés, nous allions débattre de la plate-forme ».
M. D.
Acceuil
VISITE DU PRESIDENT CHINOIS
« Des lieux d’activités seront déplacés et des routes coupées »
La visite du président chinois les 12 et 13 février ne sera pas sans désagrément pour les usagers. Mardi, le gouverneur du district de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, qui a rencontré des chefs de quartier, maires et organisations de la société civile dans le cadre des préparatifs de cette visite, a indiqué que « des lieux d’activités seront déplacés et des routes coupées ».
Le président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, sera à Bamako le jeudi à partir de 14 h 40. « Un accueil chaleureux sera réservé au présidentHu Jintao. Toutes les dispositions sont prises. Nous voulons faire participer tout le monde à cette mobilisation. C’est pourquoi nous avons tenu cette rencontre ce matin », a ajouté le gouverneur de Bamako.
La mobilisation pour accueillir le président chinois s’étalera sur deux jours. Le 12 février, le parcours du cortège sera jalonné de 13 h à 16 h de l’hôtel Olympe à l’entrée du pont Fahd par les communes V et VI et du Pont Fadh jusqu’à l’hôtel de l’Amitié où sera logé le président Hu Jintao et où il sera acclamé par les ressortissants des communes I, II, III et IV.
Le vendredi le 13 février, le président Hu Jintao procédera avec le président de la République du Mali à la pose de la première pierre du 3e pont de Bamako à Sotuba. Des mobilisations seront faites de 8 h à 12 h de l’hôtel de l’Amitié au garage Oum Sang-Sotuba par les 6 communes du district.
« Nous demandons aux communes de s’organiser pour s’occuper des tronçons indiquées. Il y aura certainement des désagréments. Nous allons faire déplacer certaines personnes de leurs lieux d’activités et certains tronçons seront interrompus. Ce désagrément ne peut se mesurer au 3e pont qui coûte 30 milliards de F CFA » , a averti le gouverneur.
Vendredi après la pose de la première pierre du 3e pont, le président Hu Jintao se rendra à Kati. Sa visite prendra fin à 12 h précises.
Sidiki Doumbia
Acceuil