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2009

Mois de Février

Les Echos du 11 Février 2009

 

LES DEGUERPIS DE YIRIMADIO HAUSSENT LE TON

« Le maire Dagnon doit d’abord passer sur nos corps »

Décidés à se battre jusqu’à leur dernier souffle de vie, les anciens occupants des 95 ha de Yirimadio et des 18 ha de Missabougou étaient hier sur le pied de guerre sur les sites.

Prévue pour hier matin l’opération d’attribution du site des 95 hectares de Yirimadio-Nord et des 18 ha de Missabougou par la mairie de la Commune VI n’a finalement pas eu lieu. Mardi, tôt le matin des centaines de propriétaires de maisons démolies par le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon (jeunes, hommes, femmes, enfants se sont fixés rendez-vous sur les deux sites.

Les protestataires entendent empêcher par tous les moyens la ré-attribution de leurs parcelles qu’ils ont occupées depuis plusieurs années à de plus nantis. En effet, le 10 mai 2008, le maire de la Commune VI, M. Dagnon, à en croire le président de l’Association « les voisins unis », Souleymane Thiam, et son secrétaire général, Yaya Tangara, faisant fi de leurs titres de propriétés des lots, conformes au premier plan du lotissement, a démoli les habitations.

Ce sont 1507 chefs de famille qui sont concernées par cette démolition. Aux dires des responsables de l’Association, contrairement aux allégations des autorités municipales et de la mairie du district, « chaque lot possède une lettre d’attribution en bonne et due forme délivrée par l’autorité compétente ». Aussi le gouverneur du district, ont-ils ajouté, après plainte de la maire de la Commune VI, a pris la responsabilité d’annuler les lettres d’attribution qui donnaient droit à certains propriétaires de construire sur le site des 95 ha de Yirimadio et des 18 ha de Missabougou.

Des millions en poussières

Après la démolition des 1507 maisons, Souleymane Dagnon, selon M. Thiam a élaboré un nouveau schéma de morcellement des lots attribués aux plus offrants. A preuve : « Les maisons de ceux qui ont versé 4 à 5 millions ont été épargnées de la démolition ». Une bonne partie, a-t-il ajouté, a été attribuée à des hauts gradés de l’armée, des journalistes et à des hauts fonctionnaires.

Toutefois, si les déguerpis reconnaissent avoir acheté les terrains auprès des autochtones de Yirimadio et de Missabougou, les anciens propriétaires des champs, la mairie de la Commune VI confirme que les propriétaires ont morcelé et vendu aux plus offrants leurs lopins avec pour seule garantie une simple attestation de vente.

« Les acquéreurs se sont ensuite arrangés à se faire délivrer un carnet de famille par la mairie de la Commune VI pour entamer la construction de leurs maisons » , ajoute notre interlocuteur avant d’ajouter que les gens qui ont construit là-bas n’ont aucune notification, « si ce n’est une simple attestation de vente, établie par les vendeurs desdites parcelles ».

C’est ce qui explique la décision de la mairie de casser toutes les concessions pour prendre possession de son dû. Les propriétaires des terrains litigieux toujours, selon notre interlocuteur, avant la démolition ont reçu une sommation de déguerpir. Le document en date du 9 janvier 2008 précise que les terrains en cause sont « des titres fonciers » appartenant à la mairie de la Commune VI.

D’anciens occupants affirment avoir investi plusieurs dizaines de millions dans la construction de maisons dont certains étaient à deux niveaux. En tout cas, ils se disent décidés à se battre jusqu’à la mort pour ne pas perdre leur lot. « Le maire Souleymane Dagnon doit d’abord nous tuer tous avant d’entamer les travaux de construction ».

Amadou Sidibé

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PRIVATISATION DE LA CMDT

Le groupe Parena-Sadi menace de porter plainte

Opposé à la privatisation de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), le groupe parlementaire Parena-Sadi n’écarte pas l’hypothèse de saisir les tribunaux appropriés.

La bataille contre la privatisation de la CMDT même après l’adoption du projet de loi par des parlementaires suite à une injonction de la Banque mondiale et réaffirmée dans une lettre officielle de celle-ci en date du 11 juillet 2008, est loin d’être terminée. L’opposition parlementaire Parena-Sadi reste campée sur sa position : la non-privatisation de la société.

Aux yeux de ce groupe parlementaire composé de 9 députés, l’enjeu de la privatisation va au-delà de la CMDT et touche l’avenir du coton et donc du pays tout entier compte tenu de la place stratégique qu’occupe cette filière dans la vie économique et sociale du pays. Le coton reste encore le 2e produit d’exportation du Mali et une source de revenu pour plus de 4 millions de Maliens.

Pour le groupe parlementaire Parena-Sadi, le schéma de privatisation, tel que présenté par le gouvernement à l’Assemblée nationale, a été rejeté par lui parce que « le dossier était mal ficelé et peu convaincant sur le désengagement de l’Etat de la filière coton qui ne garantit point la pérennité de celle-ci ni la solidarité que la nation doit aux cotonculteurs qui ont porté l’économie du pays à bout de bras pendant des décennies ». Le groupe s’inscrit en faux contre des allégations du gouvernement selon lesquelles la CMDT est un fardeau qui a pesé 135 milliards de F CFA dans le budget de l’Etat depuis 2003.

C’est une contrevérité estime le groupe dans la mesure où l’essentiel du déficit de la CMDT tient à deux facteurs : l’achat du coton à un prix au producteur plus élevé que le prix d’équilibre calculé sur la base des cours mondiaux du coton et la vente des engrais aux paysans à un prix inférieur au prix du marché calculé sur la base des coûts d’achat des engrais. Ces deux facteurs cumulés se sont traduits par une perte de plus de 130 milliards de F CFA pour la CMDT entre 2001-2002 et 2006-2007.

Pis encore : l’opposition parlementaire doute de la capacité du gouvernement à mener le processus de façon crédible. Au regard de ces considérations, ils lui ont proposé le retrait pur et simple de la loi et de monter un dossier de qualité apportant des réponses claires à toutes les questions restées sans réponse jusqu’à présent et à toutes les inquiétudes soulevées jusqu’ici. Cependant, a averti, l’opposition Parena-Sadi, « si le gouvernement s’entête à vouloir faire appliquer ce projet de loi à travers un coup de force gouvernemental…, nous saisirons les tribunaux appropriés ».

D’autres sujets non moins importants comme le rejet en bloc par les députés Parena-Sadi des projets de loi relatifs à la biotechnologie et au budget de l’Etat 2009 ont fait l’objet de commentaires par les deux parties.

Mohamed Daou

 

Potins

L’Initiative riz , « un échec » 

Pour le groupe parlementaire Parena-Sadi, l’Initiative riz n’a donné aucun résultat probant. Comme raison de l’échec, ils avancent l’arrivée tardive des semences que le gouvernement a été obligé d’aller chercher soit en Gambie, soit au Ghana.

Ecrire au ministre de la Communication

L’opposition parlementaire condamne l’ORTM pour ses prises de position tendancieuses. Le groupe a fait part de sa volonté d’écrire au ministre de la Communication pour attirer encore son attention sur les pratiques à « Bozola » afin qu’il puisse faire sa mission de service public et non de service privé. Le groupe dit avoir subi trop d’injustices de la part de « Bozola ». Il a dénoncé le fait que des partis politiques payent de l’argent à l’ORTM pour des débats.

Le Sadi et le FDR

La non-adhésion du Sadi au FDR est revenue sur le tapis. Selon une voix autorisée dans le parti, ce sont des raisons propres au Sadi qui, dit-on, a besoin de clarifier son opinion, de se structurer, de s’affirmer. « Nous n’avons pas été conviés pour la constitution du FDR ni de l’ADP. Si nous avions été conviés, nous allions débattre de la plate-forme ».

M. D.

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VISITE DU PRESIDENT CHINOIS 

« Des lieux d’activités seront déplacés et des routes coupées »

La visite du président chinois les 12 et 13 février ne sera pas sans désagrément pour les usagers. Mardi, le gouverneur du district de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, qui a rencontré des chefs de quartier, maires et organisations de la société civile dans le cadre des préparatifs de cette visite, a indiqué que « des lieux d’activités seront déplacés et des routes coupées ».

Le président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, sera à Bamako le jeudi à partir de 14 h 40. « Un accueil chaleureux sera réservé au présidentHu Jintao. Toutes les dispositions sont prises. Nous voulons faire participer tout le monde à cette mobilisation. C’est pourquoi nous avons tenu cette rencontre ce matin », a ajouté le gouverneur de Bamako.

La mobilisation pour accueillir le président chinois s’étalera sur deux jours. Le 12 février, le parcours du cortège sera jalonné de 13 h à 16 h de l’hôtel Olympe à l’entrée du pont Fahd par les communes V et VI et du Pont Fadh jusqu’à l’hôtel de l’Amitié où sera logé le président Hu Jintao et où il sera acclamé par les ressortissants des communes I, II, III et IV.

Le vendredi le 13 février, le président Hu Jintao procédera avec le président de la République du Mali à la pose de la première pierre du 3e pont de Bamako à Sotuba. Des mobilisations seront faites de 8 h à 12 h de l’hôtel de l’Amitié au garage Oum Sang-Sotuba par les 6 communes du district.

« Nous demandons aux communes de s’organiser pour s’occuper des tronçons indiquées. Il y aura certainement des désagréments. Nous allons faire déplacer certaines personnes de leurs lieux d’activités et certains tronçons seront interrompus. Ce désagrément ne peut se mesurer au 3e pont qui coûte 30 milliards de F CFA » , a averti le gouverneur.

Vendredi après la pose de la première pierre du 3e pont, le président Hu Jintao se rendra à Kati. Sa visite prendra fin à 12 h précises.

Sidiki Doumbia

 

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ASSURANCE MALADIE OBLIGATOIRE

Le combat de Sékou Diakité pour un régime

Dans sa mission de protection sociale des populations maliennes, le ministère du Développement social vient de mener une étude de faisabilité d’une mutuelle de santé au bénéfice des familles de migrants restées dans les villages. L’idée, il faut le signaler, vient des migrants maliens en France qui l’ont soumise aux autorités en sollicitant leur aide avec l’appui de l’Association des diplômés et étudiants maliens en France (Adem). Ce que le ministre Sékou Diakité a trouvé en parfait accord avec les missions de son service. Il a donc financé une étude de faisabilité qui a porté sur une vingtaine de villages situés dans deux cercles de la région de Kayes.

L’étude, confiée à l’Union technique de la mutualité malienne (UTM), a été conduite par le directeur général de l’organisme Issa Sissouma, qui, en compagnie du secrétaire général du ministère du Développement social, se trouvait à Paris en fin de semaine dernière pour présenter aux associations et fédérations d’associations de migrants maliens les résultats de son enquête.

Dans un pays comme le nôtre où la mortalité infantile atteint un taux de 113 pour mille et où les statistiques nationales établissent un ratio de mortalité maternelle à 582 sur 100 mille naissances vivantes, avec des maladies chroniques et des zones épidémiologiques endémiques, il n’échappe à personne que les dépenses de santé occupent une bonne partie dans le budget des familles.

Ce qui fait qu’on n’est pas surpris du taux de 97 % des populations consultées qui se sont dit favorables à la mise en place d’une mutuelle ainsi que l’a révélé M. Sissouma. « Une mutuelle de santé allègerait conséquemment leur dépense de santé », annonce le technicien qui précise que l’objectif de son étude était « d’évaluer la potentialité d’adhésion des populations des villages concernés au processus de mise en œuvre d’une mutuelle de santé ». 63 000 personnes âgées de 0 à 5ans et de 50 à 60 ans étaient donc concernées. « Cette fourchette a été délibérément choisie pour limiter les coûts qui vont de 4140 à 6036 F CFA en moyenne par an et par assuré », expliquera-t-il aux migrants qui se demandent pourquoi ce choix.

Selon les études de M. Sissouma, en partant d’un taux initial de 15 % d’assurés bénéficiaires, on arriverait au terme de la 3e année d’exercice à dégager des bénéfices pour la mutuelle. « A condition que le bénéficiaire soit responsabilisé, qu’il ne se rappelle pas d’un mal bénin d’estomac d’il y a trois jours pour entrer dans un centre de santé devant lequel il passe », souligne le technicien qui précise que « l’étude a été faite en tenant compte d’une éventuelle sur-utilisation des services d’environ 15 % ; l’effort minimum demandé aux assurés les responsabilisera pour une meilleure utilisation des services ».

La vingtaine de villages sur lesquels a porté l’étude a été choisie sur la base de la présence d’une structure de santé minimale, explique Ismaël Sacko, le président de l’Adem et du comité technique parisien, cheville ouvrière du projet en tant que lien direct avec les principaux concernés, les migrants qui devront financer les cotisations des futurs assurés. D’ailleurs, un responsable associatif expérimenté a demandé qu’une simulation des coûts portant sur un taux à cent pour cent soit effectuée étant donné que même à 95 % de prise en charge, le migrant sera toujours sollicité pour envoyer le complément de frais équivalent aux 5 % restants.

Une remarque sociologique qui pointait ainsi du doigt une faiblesse majeure de l’étude dont l’enquêteur en chef avouera ne pas s’intéresser aux aspects financiers alors même que la principale inquiétude des immigrés porte sur la gestion du projet étant donné que de par le passé, ils n’ont fait que mettre la main à la poche et se retrouver le plus souvent avec des structures abandonnées.

Le secrétaire général du ministère du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Ahmadou Rouamba, a déclaré que « le ministère accompagnera si les migrants eux s’engagent. L’aide de son département, a-t-il précisé, consistera à améliorer les plateaux techniques sanitaires en équipant les structures et en formant les personnels ».

Aussi le ministère étudiera-t-il les modes de gestion les plus appropriés pour que l’initiative puisse être élargie à d’autres endroits du pays. Le ministère dirigé par Sékou Diakité a donc de nombreux chantiers à entreprendre. M. Rouamba confie que dès avril, l’Assemblée nationale doit voter une loi pour rendre obligatoire le régime d’assurance maladie au Mali et c’est l’INPS et la Caisse des retraites qui seront chargés de la mise en œuvre de cet important volet.

Oussouf Diagola

(Paris)

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RETRAIT DE LOTS

Le maire du district fait pleurer 2500 personnes

Avant même que le sursis de trois mois observé par la mairie du district dans le retrait de lots arrive à son terme, de fausses autorisations de construire sont délivrées aux nouveaux acquéreurs. Pis, l’opération de retrait continue son petit bonhomme de chemin au profit des personnes plus nanties .

Dans l’indifférence totale des plus hautes autorités du pays, le maire du district, qui n’a posé aucun acte de développement depuis son arrivée, est train de créer les conditions d’une tension sociale à Bamako. Obnubilé par le gain à tout prix et en peu de temps, le tout puissant maire, qui se prévaut de ses relations avec les pouvoirs publics, n’a trouvé mieux que de retirer à leurs bénéficiaires des lots pour les revendre ou les offrir à de hauts cadres de l’administration en guise d’achat de conscience.

Le maire du district, dont le territoire est dépourvu de réserve foncière, s’est appuyé sur une disposition foncière, qui prévoit la mise en valeur de la parcelle dans un délai de trois ans, pour donner une force juridique à la délinquance foncière à laquelle il s’adonne.

Au mois de novembre 2008, le maire Adama Sangaré a engagé la procédure de retrait de parcelles mais en violation de toute procédure légale. Sa démarche n’a pas respecté les dispositions du décret 02-112/PRM du 6 mars 2002. Ce décret détermine les formes et les conditions d’attributions des terrains du domaine privé et immobilier des collectivités territoriales.

Les propriétaires de terrains spoliés regroupés au sein de l’Association des sans voix et composés de veuves, d’orphelins, de retraités, de Maliens de l’extérieur, personnes démunies ont battu le pavé et alerté le chef de l’Etat pour se faire entendre. Une contestation qui s’est soldée par la mesure administrative prise par le gouverneur du district. Ce dernier, par lettre confidentielle n°040/GDB-CAB-C du 21 novembre 2008, a demandé au maire du district et des six communes, de surseoir à l’opération de retrait de lots à usage d’habitation qui viole le décret 02-112/PRM du 6 mars 2002.

Le gouverneur leur demandait non seulement « de mettre fin à cette pratique, mais d’annuler éventuellement toutes les décisions se rapportant à de nouvelles attributions de parcelles retirées afin d’éviter tout contentieux pouvant être préjudiciable à la collectivité et à vous-mêmes ».

Dans l’esprit du décret ci-dessus cité, « les retraits doivent se faire suivant une procédure qui suppose une mise en demeure préalable et une notification de retrait à l’ancien propriétaire. (…) Il suppose une investigation approfondie sur le degré de mise en valeur de la parcelle à retirer et de son statut du moment (existence éventuelle de titre foncier) ».

Ce rappel à l’ordre de l’autorité administrative du district est tombé dans des oreilles sourdes. Le maire expliquant lors d’un débat télévisé à l’ORTM que le gouverneur du district n’est pas son supérieur hiérarchique (qui se trouve être le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales), a observé un semblant de sursis de trois mois qui arrive à terme le 28 février 2009. Entre-temps, d’autres lots continuaient d’être retirés et réattribués à prix d’or à des commerçants et expatriés maliens.

Excès de pouvoir

Des dispositions scélérates sont prises au niveau des services de l’urbanisme de la mairie du district pour donner des autorisations de construire aux nouveaux acquéreurs alors qu’en temps normal, la délivrance d’une autorisation de construire peut prendre six mois ou plus. Ce qui excède le délai de trois mois fixé par la mairie du district comme sursis.

Dans sa livraison de la semaine dernière, notre confrère, « La Nouvelle République » relatant les contentieux fonciers en cours dans le district les qualifiait de « bombe foncière ». Des contentieux qui opposent particuliers entre eux et des collectivités territoriales à des populations. Le chef de l’Etat en personne a été interpellé sur le cas des retraits de lots par la mairie du district par une autorité religieuse à la cérémonie de présentation de vœux de nouvel an. Le président du Haut conseil islamique puisque c’est de lui qu’il s’agit affirmait avoir été sollicité par des veuves, orphelins et personnes âgées sur leurs cas.

Pour toute réponse, ATT s’est juste adressé au maire du district qu’il a nommé son jeune frère Adama, expliquant qu’il avait une parcelle dans un quartier de Bamako quand il était jeune capitaine et qu’il a pris des années sans la mettre en valeur. « J’allais perdre mon terrain si c’était au temps de mon jeune frère », a-t-il ajouté dans une plaisanterie de mauvais goût.

ATT aurait dû prendre ses responsabilités en sa qualité de premier magistrat de la République, en demandant au maire d’arrêter son action de déstabilisation sociale. Son manque de réactivité donne raison aux collaborateurs du mairie du district, qui ont signé dans nos colonnes une lettre ouverte adressée au ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, stigmatisant la connexion entre le maire du district et certains cadres des sphères de l’administration publique et du proche entourage du chef de l’Etat.

D’ailleurs dans cette opération de retrait, le maire aurait acheté le silence de personnes qui peuvent lui créer des ennuis. Sinon son action aurait mérité au moins une enquête ou interpellation parlementaire du ministre de l’Administration territoriale dont il relève.

Un Malien de l’extérieur propriétaire de deux lots à usage d’habitation à l’Hippodrome a été dépossédé au profit du député Mamadou Awa Diaby Gassama qui a mis les terrains au nom de ses deux conjointes. En plus, le député « étrangleur » a eu gain de cause à la justice. C’est peut-être ça aussi l’une des faces cachées du Programme de développement économique et social (PDES) d’ATT, qui est capable du meilleur comme du pire.

Abdrahamane Dicko

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DEPIGMENTATION DE LA PEAU

Des femmes à la quête de la beauté dangereuse

La dépigmentation de la peau reste une réalité dans notre société. La femme a été et continue d’être la créature qui incarne la beauté. Pour avoir une peau plus claire ou bronzée, des femmes ont recours à des produits qui, au lieu d’entretenir leur peau, la dégrade et par la suite provoquent des maladies.

Toute blanche, blanche par endroits, peau tigrée, peau à deux tons, c’est à se demander si les femmes se sentent bien dans leur peau. Au rythme où vont les choses, la femme noire risque d’être une denrée rare. Analphabètes ou lettrées, la plupart des femmes noires ne peuvent plus résister au désir de changer de couleur de peau.

On assiste à une sorte de « démocratisation du phénomène complexe d’infériorité », effet de mode, de choix esthétique. Quelle que soit la justification, la dépigmentation reste un phénomène de société difficile à extirper du subconscient des femmes et jeunes filles malgré le coût énorme des produits et des conséquences dramatiques qu’ils engendrent. Quel que soit l’éloge fait sur leur supposée vertu, ces mélanges chimiques sont spécialement conçus pour agresser la cuirasse qui protége la peau.

Skin-light, Top-gel, Silvoclair… Cette palette de produits cosmétiques éclaircissant tant prisée par les femmes, entre dans le registre des produits dangereux. Ils sont, avertissent des médecins, la cause de plusieurs maladies dermatologiques qui sont fréquentes chez les femmes de 15 à 70 ans.

Hypertension, diabète, cancers de la peau, insuffisance rénale, perturbation du cycle menstruel, mauvaise croissance du nouveau-né, odeur nauséabonde, vergeture de grande tailles sur la peau… sont d’autres conséquences qui ne se voient pas dès le premier usage.

Hélas ! La dépigmentation est encouragée par les hommes qui peuvent pourtant être des clés de la solution pour dire stop à ce fléau. Par ailleurs, les autorités sanitaires ont aussi un grand rôle à jouer, à travers une éducation de la population sur les dangers de la dépigmentation et sensibiliser les femmes sur ses inconvénients.

Face à l’ampleur du fléau, des dispositions juridiques seraient même nécessaires pour l’endiguer.

Anne-Marie Kéita

(stagiaire)

 

PRODUITS ECLAIRCISSANTS

Un terreau de maladies dermatologiques

Le commerce des crèmes éclaircissant connaît un essor inquiétant au Mali. On sait que la dépigmentation provoque plusieurs problèmes dermatologiques comme les boutons, les achromies et des démangeaisons. Certains dermatologues évoquent un mélange de produits chimiques comme la corticoïde, l’hydroquinone, cortisone, quinocore… qui sont des produits anti-inflammatoires ou anti-allergiques.

Pour le Dr. Dembélé, « ces produits destinés à soigner des maladies comme le rhumatisme, des cas graves d’allergie, des chocs hémorragiques sont aussi utilisés par les femmes pour obtenir une peau claire harmonieuse, mais provoquent des maladies dangereuses et favorisent les mycoses (maladies dues aux champignons) ».

Au fil du temps, la peau devient hypersensible et dégage une odeur de poisson frais. Ces mêmes produits sont responsables de complications gynécologiques, voire d’irrégularités du cycle menstruel, de naissance prématurée sinon occasionnent des risques de stérilité, de vieillesse prématurée de la peau.

L’usage abusif de ces produits peut provoquer d’autres maladies aussi graves comme des maladies ophtalmologiques. La moindre agression cutanée est susceptible d’entraîner des taches verdâtres sur la peau qui donnent l’impression d’une moisissure, des vergetures sur le visage ou des dermatoses dues aux rayons solaires qui ont un impact sur la peau dépourvue de ses défenses naturelles.

Le traitement de ces maladies pose un problème délicat dans notre pays. Il faut la réalisation d’autres études dans le domaine, estime M. Dembélé.

Privée ainsi de vitamine D, la peau est vulnérable à toutes les offensives solaires, ce qui ouvre la voie au cancer de la peau, voire les leucémies (cancers de sang). La cicatrisation des blessures devient compliquée, ce qui peut être fatal après une opération chirurgicale.

Selon Mme Boré Fatoumata, esthéticienne, plusieurs produits sont utilisés pour s’éclaircir la peau. En réalité, dit-elle, ce sont des produits de qualité douteuse qui proviennent généralement de l’Asie du Sud-Est, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et d’Europe. Leurs compositions chimiques ne respectent pas les normes requises, ajoute-t-elle.

Anne-Marie Keita

(stagiaire)

 

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STADE MALIEN DE BAMAKO

Les Blancs tombent bien bas

Corrigé par le CSK et malmené par l’Usfas, le Stade malien de Bamako s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. Huitième avec 11 points et à neuf longueurs du leader, les Blancs de Bamako semblent démunis aussi bien mentalement que sportivement. La grogne des supporters est de plus en plus violente et finalement, le nom de l’entraîneur Lassine Koné « Pereira » qui a été évoqué est limogé.

Dimanche 11 janvier 2009, 5e journée du championnat national de Ligue 1. Le Stade reçoit et bat (1-0) le COB au terme d'un match bien maîtrisé en partie, tendu dans l'ensemble. La date est à marquer d'une pierre blanche. Elle aboutit tout simplement à la première victoire du club de Sotuba en championnat 2008-2009. Depuis plus rien.

Trou noir complet au niveau des résultats avec deux nuls et une défaite. Chacun (Onze Créateurs, Usfas et CSK) avec son histoire. Mais une seule vérité. Neuf points de retard sur le Djoliba et le COB, cinq buts encaissés contre six marqués, une 8e place, des chiffres, proches de la relégation. Le Stade malien de Bamako est au plus mal.

Dans son opération commando pour se hisser dans le haut du tableau, le Stade a grillé le peu de points qu’il lui fallait. Si mathématiquement rien n'est encore scellé, sur le terrain, la situation se complique de plus en plus. La défaite (1-0) de la première journée et le succès face au COB ont donc joué les caches misères. En réalité, le Stade malien de Bamako a toujours un fond de jeu aussi indigent, une défense avec une solidité éponge, une animation offensive trop lente, prévisible et statique pour espérer surprendre l'adversaire.

Ce qui est nouveau dans les rangs stadistes, c'est le renoncement mental. Désormais, les traits sont marqués et les phrases d'après-match de plus en plus difficiles à prononcer. Certains avouent penser déjà à la Ligue 2. « Il reste encore des matches à jouer. On est au début. On va continuer. C'est vrai qu'aujourd'hui, c'est très difficile », confie Soumbeyla Diakité forcément déçu de savourer ainsi ces derniers moments à Sotuba.

Le portier stadiste est l'un des seuls à surnager au sein de l'effectif blanc. L'un des seuls. Et quand ce dernier ne sauve pas sa cage, comme c’est le cas dans la plupart des matches dont celui de la 2e journée contre le Djoliba, l'impasse sportive est proche pour l’équipe de Sotuba.

Des « anciens » à la baguette

Plus le temps passe et plus les masques tombent. C’est le cas du défenseur, Djibril Sacko le 29 janvier lors de la 8e journée contre le CSK qui s'offusquait du manque d'implication de ses partenaires ? L'ancien Clubiste pointait même du doigt une certaine manœuvre au sein du groupe, précisant sur les ondes d’une radio de la place qu’il n'arrive plus à comprendre le comportement de ses coéquipiers.

Dramane Traoré, réserviste ce jour-là, lui emboîte le pas. « On verra dans les prochains jours qui est le plus coupable. Tout le monde doit assumer ses responsabilités ». Celle de ne pas se sublimer sur le terrain ? Ou celle de ne pas faire preuve d'un mental de battant durant une rencontre ?

Dans les deux cas, les joueurs ne sont pas les seuls responsables. Et les autres intéressés, à l'heure de passer tout près de la relégation, ne se défilent pas. « J’assume mes choix. Je suis pleinement responsable de la situation », avoue l’entraîneur Lassine Koné « Pereira ». La tête de l’Ivoirien ne tenait plus à grand-chose sur le banc stadiste.

Youssouf Coulibaly, président délégué, l'a reconnu lui-même. D’où sa décision de le limoger de son poste en compagnie de trois joueurs. «Pereira, c’était la solution, à quatre journées de la fin de la première phase. Maintenant, il faut changer ». Le président délégué sait surtout que taper du poing sur la table aussi tard démobilisera plus que ne mobilisera le groupe. « Avec les motivations du comité de gestion et quand on regarde les joueurs sur le terrain, on voit que ça peut être la solution ».

A Sotuba, on a vite compris qu’il fallait vider le sac et espérer que les supporters, de plus en plus virulents, mettent de l’eau dans leur vin. Les matches du Stade de ces derniers temps donnent lieu à des défoulements de fans déçus. Pour ces derniers, le limogeage du technicien ivoirien apparaîtrait aujourd'hui comme un remède aux maux du Stade malien de Bamako.

En attendant la suite des négociations avec le coach des Aiglons, Djibril Dramé, ce sont les cadres de l’équipe en l’occurrence Boubacar Guèye et Baba Cissé qui dirigent l’équipe fanions sous la supervision du trio composé de Cheick Diallo, Molobali Sissoko et Adou Kanté.

Affaire à suivre.

Boubacar Diakité Sarr

 

 

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