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2009

Mois deFévrier

Les Echos du 4 Février 2009

 

MAIRIE DE LA COMMUNE I

Les raisons de l’annulation de la décision n°071/MCI-DB

Les malversations constatées dans l’attribution des 500 parcelles aux déguerpis de Nafadji ont motivé l’annulation, par le maire de la Commune I, de la décision n°071/MCI-DB . C’est une autre commission domaniale en gestation qui veillera au grain.

En 2004, l’on dénombrait moins d’une vingtaine de soubassements sur le site de Nafadji en Commune I. Mais, entre cette date et 2007, des concessions y ont poussé comme des champignons. Ce qui a conduit la mairie de la Commune I à initier une opération de démolition des maisons illicites.

Cette affaire des 84 ha reste pendante devant la Cour suprême. Pendant plus d’un an, la mairie et les déguerpis sont à couteaux tirés autour de sa gestion qui doit prendre en compte le recasement de certaines populations de Fadjiguila, Banconi, Doumanzana, Sikoro et Nafadji dont les besoins sont estimés à 1400 parcelles. Mais puisque, dit-on, la mairie n’a pas la possibilité de satisfaire à cette « exigence », les deux parties ont convenu de la mise à la disposition de Nafadji de 500 parcelles devant être affectées aux déguerpis réels.

« Nous nous sommes compris, populations et mairie, de mettre au bénéfice de Nafadji 500 parcelles sur les 1400 tout en donnant la priorité aux bénéficiaires réels. Et les 500 parcelles ont été attribuées sur la base du nom des ayant droit communiqués à la mairie qui, à son tour, a procédé à des vérifications dans le registre. Les noms fictifs qui y figuraient, à la demande de la mairie, ont été annulés et remplacés » , explique le maire de la Commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia.

Selon elle, la liste des bénéficiaires des 500 parcelles a été arrêtée par les populations de Nafadji elles-mêmes dans le cadre d’une sous-commission domaniale regroupant des chefs de quartier, les représentants du village de Nafadji. Voilà qui a inspiré la prise de la décision n°071/MCI-DB du 17 octobre 2008 par le maire de la Commune I, affectant les 500 parcelles au village de Nafadji.

Coup de théâtre

L’encre ayant servi à la rédaction de cet acte n’ayant même pas séchée, des voix discordantes se sont levées. Aux dires de l’édile, c’est une partie de la population qui s’est levée en saisissant la mairie pour dire que plus de la moitié de gens qui disent être des déguerpis réels ne le sont pas et qu’en aucune manière ne peuvent être bénéficiaires de parcelle.

C’est dans ce remue-ménage que les contestataires ont adressé une pétition au gouverneur du district avec ampliation à la mairie. C’est ainsi qu’une mission d’enquête composée de deux représentants du gouverneur, du président de la commission domaniale et de son rapporteur de la mairie de la Commune I, des représentants du village de Nafadji se sont rendus sur le site.

De leur constat, il ressort que les 500 lots sont tombés au bénéfice de certaines personnes alors qu’elles ne sont pas du nombre des déguerpis réels. A la lumière de cette conclusion, le gouverneur du district a instruit le 30 janvier 2008 au maire de la Commune I, d’annuler non seulement la décision n°071/MCI-DB, mais aussi de mettre en place une autre commission domaniale pour que les 500 parcelles aillent aux déguerpis recensés.

Néanmoins, le contentieux de Nafadji est loin de s’éteindre. Les populations vont-elles s’entendre sur la répartition des 500 parcelles ? Qui est déguerpi réel, qui ne l’est pas ? Quel sort sera réservé à ceux qui ont déjà payé les 153 000 F CFA pour avoir leur notification et permis ? Ceux qui seront écartés ne vont-ils pas aussi crié aux malversations ? Autant dire que Mme Konté Fatoumata Doumbia et son équipe ont encore du pain sur la planche.

Mohamed Daou

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IBRAHIM AG BAHANGA

Le début de la fin ?

Maintenant que Bahanga a goûté à sa propre médecine, quelle sera la suite des événements ?

Depuis mai 2006 et le début de l’odyssée sanglante d’Ibrahim Ag Bahanga, les Maliens ont vécu toutes les émotions. De la colère à la frustration, de la résignation au dégoût, mêmes les plus pacifistes et les plus paisibles citoyens ont manifesté une exaspération certes légitime. D’une part, personne ne comprenait exactement les motivations de celui qui souhaite sans doute porter l’étiquette - peu glorieuse sinon que dans les esprits pervers - d’éternel rebelle ; d’autre part, il est clair qu’à part des attaques sanglantes et des massacres gratuits, aucune stratégie cohérente ne guidait l’homme dans son équipée funeste.

Ses premières revendications, et pour l’instant les seules connues, trouvaient leurs réponses dans l’Accord d’Alger, de l’avis même de son porte-parole, grand amateur de micros et communiqués inopportuns. Mais, se croyant toujours fin finaud et apte à obtenir davantage, il s’est lancé dans un jusqu’au-boutisme qui, probablement, lui sera fatal. Il y avait, quelque part, en lui, une conviction que l’armée ne pouvait rien faire. Et surtout, sa promesse inconsidérée à des jeunes aux prises à des doutes existentiels, qu’il leur ouvrira grandes les portes des forces publiques au bout de la rébellion, est révélatrice du dogmatisme qui le guide.

Je pense qu’une des erreurs d’Ibrahim Ag Bahanga et de ses suiveurs a été de sous-estimer la capacité de riposte des forces armées maliennes. Il est vrai que de Kidal à Menaka, d’Ansongo à Abeibera, de Diabali à Nampala, il avait opéré ses raids meurtriers pour se replier quasiment sans dommage. D’où, certainement, sa conviction que la partie adverse était sclérosée sinon chloroformée.

En moins d’un mois, cependant, il est passé du statut de roi du désert à celui de rat du désert ; de traqueur à celui de traqué. Et, l’on pourrait même dire que, pour la première fois de sa vie, Bahanga a pris conscience qu’il vit sur du temps emprunté, pour reprendre une expression chère au milieu interlope. Ses deux principales bases de repli ont été détruites, plusieurs de ses sbires capturés et embastillés, d’autres sont morts sur le champ de bataille. Et, selon les informations les plus crédibles, son principal lieutenant et exécuteur de basse besogne, a été alpagué par les forces armées et cela constitue un revers important. Il a même libéré, sans tintamarre ou fanfaronnades habituelles, les trois derniers otages militaires qu’il retenait.

Au moment où nous sommes, il semble qu’une pause soit en vigueur dans les affrontements. Les colonels El hadj Gamou et Ould Meydou qui mènent l’opération ne sont pas des hommes très diserts et c’est tant mieux ainsi. Le champ d’expression d’un vrai officier est le champ de bataille, et là, ils ont livré la marchandise. Les Maliens sont seulement en droit d’espérer que la bande criminelle sera acculée dans ses derniers retranchements et mise hors d’état de nuire.

Traqueur traqué

L’armée est en train de se réconcilier aujourd’hui avec le peuple, le peuple qu’il doit défendre à tout prix, au prix de tous les sacrifices. Il est remarquable de noter que cette armée malienne a réussi sa mutation et l’intégration massive des éléments arabo-touareg n’y est pas étrangère. Dans toutes ses opérations, elle a fait preuve de professionnalisme et de retenue : pas une bavure n’a été signalée de sources crédibles. Les tentatives pathétiques de certains individus de créer des génocides (imaginaires) ont lamentablement échoué. Je l’ai dit et je le répète pour que les sourds entendent : l’armée de 2009 n’est pas celle de Diby Silas. Elle ne se trompe pas d’ennemis et sait exactement ce qu’elle vise par ses opérations. Elle a tardé à montrer ses muscles, mais elle a fini par le faire. C’est un motif de soulagement et de détente.

Toutefois, il y a un enseignement principal à tirer de toute cette tragédie : Au bout du compte, personne n’en sortira indemne. Par son extrémisme et son refus obstiné du dialogue et de la mesure, Ibrahim Ag Bahanga porte sur sa conscience le poids moral du malheur de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de l’Azawad que la peur et la propagande ont conduit de nouveau sur les chantiers de l’exil. En endoctrinant des éléments intégrés à l’armée et en les poussant à retourner leurs armes contre leurs compagnons, Bahanga a créé un précédent dangereux et les plaies ouvertes par cet antagonisme mettront des décennies à cicatriser.

Alors que des milliers de Touareg n’aspirent qu’à vivre dans la paix et la dignité, l’aventure criminelle d’Ag Bahanga les a mis dans une position inconfortable. Alors, quand le flibustier du désert tente de s’ériger en défenseur de la cause touareg qu’il a réinventée à sa propre sauce indigeste, il ne comprend simplement pas que sa communauté est la première victime de son irresponsabilité. Aussi, Bahanga portera devant l’Histoire et devant son peuple qu’il dit aimer et défendre, la responsabilité de la résurgence des antagonismes ethniques ou claniques. Des officiers au brillant avenir qui l’ont suivi doivent aujourd’hui se mordre les doigts…

Combien de fois faut-il le dire et le redire encore : les armes ne serviront jamais à booster le développement d’une région. Au contraire, l’état de rébellion est un frein puissant puisqu’il entraîne la suspension ou la fin de tous les projets porteurs. Chaque fois que Kidal fait la « une » pour les mauvaises raisons, ce sont des milliards de F CFA en investissements, public ou privé qui s’évaporent. Et le gouvernement malien devrait profiter de ce momentum, de cet avantage du terrain et de l’opinion publique pour relancer tous les projets de la région de Kidal, pour couper l’herbe sous les pieds des derniers extrémistes qui veulent étirer la sauce, pour prouver qu’enfin, la République est une et indivisible.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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VIE POLITIQUE MALIENNE

Le fantomatique Mouvement citoyen

Alors que beaucoup s'attendaient à ce que le Mouvement citoyen se transforme en parti politique, Hamed Diané Séméga et ses camarades n'ont pas osé franchir le Rubicon : se contentant de rester une association apolitique, mais aux ambitions politiques clairement affichées.

Une association apolitique qui ne fait que de la politique ! Voilà ce qu'est le Mouvement citoyen. La convention nationale citoyenne n'a pas franchi le Rubicon en le transformant en une formation politique même si celle-ci avait les allures d’un congrès constitutif.

Il s'agissait en la circonstance de fédérer en une seule entité les nombreuses associations formelles et non formelles qui se réclament du président de la République Amadou Toumani Touré et inscrivent leurs actions dans le soutien à son Programme de développement économique et social (PDES).

Si l'intention des responsables est d'éviter une dispersion des forces et des énergies et d'avoir une unité d'action, cette intention cache mal "la concurrence déloyale" que le Mouvement citoyen fait aux partis politiques.

Selon le code électoral et la Charte des partis politiques, ce sont les partis politiques qui concourent à l'expression du suffrage même si les candidatures indépendantes sont admises. Et pourtant, le Mouvement citoyen participera aux élections communales, à en croire son président Hamed Diané Séméga. Serait-ce à travers des candidatures indépendantes ou sous la bannière du MC ? Les jours à venir nous édifieront.

Mais le plus grand malaise est que les partis politiques ne pipent mot de cette situation atypique qui décrédibilise la chose politique et la rend de plus en plus banale. Le Mouvement citoyen a un statut ambigu sur l'échiquier politique national.

En réaffirmant que le Mouvement n'était pas un parti politique Hamed Diané Séméga ne voulait point décevoir le président ATT qui a eu une obsession des partis politiques, même si ce sont eux, notamment ceux de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) qui lui a offert sur un plateau d'or un second mandat.

Mais la crainte de Hamed Diane Séméga résulte de son inaptitude viscérale à affronter à visage découvert les partis politiques qui, sûrement, l'attendent au tournant de 2012.

Denis Koné

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LUTTE CONTRE LE SIDA

Les efforts de Ségou salués

Profitant du Festival sur le Niger, le secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le Sida, Malick Sène, a dressé le bilan des activités menées ces dernières années avant de saluer la région pour ses efforts dans la lutte contre le VIH/Sida.

Au Mali, la prévalence du Sida est en train de baisser considérablement grâce à la politique volontariste des autorités de faciliter l'accès aux traitements antirétroviraux. En quelques années, notre pays est devenu une référence en matière de lutte contre le VIH/Sida. C'est en tout cas les conclusions du secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le Sida, Malick Sène à Ségou.

Il est ressorti de la conférence de presse que le Mali a engrangé des résultats remarquables en matière de lutte contre la maladie. Si en 2006 le taux de prévalence était de 1,7 %, à la fin de l'année 2007, le Mali, selon M. Sène, compte 130 000 personnes infectées, soit un taux de 1,3 %. « Cette performance s'explique par le fait que notre pays a su mobiliser et prendre des mesures politiques volontaristes pour engager une lutte sans merci contre le fléau ».

Au nombre de ces mesures, la gratuité depuis 2004 des antirétroviraux. Et depuis la progression de la lutte contre le Sida a été remarquable. A ce jour, notre pays compte 45 sites de traitement et plus d'une centaine de sites de prévention de la transmission mère/enfant. Ce qui fait que si en 2001 on dénombrait 121 malades du Sida qui étaient sous ARV, en 2007, ce sont 15 000 dont 567 enfants qui ont bénéficié d'une tri thérapie et d'un traitement régulier.

Toutefois, ces résultats, selon le secrétaire exécutif ne doivent pas cacher l'ampleur des défis à relever. Pour le conférencier, les questions qui restent à résoudre sont celles de la continuation et de l'accompagnement de la décentralisation à travers l'accès aux malades des médicaments les 1re, 2e et de 3e ligne.

Le gouverneur de la région de Ségou, Abou Sow, a, lui, assuré que la lutte contre le VIH et le Sida est inscrite en tête des priorités de la 4e région. Et de poursuivre que « l’engagement des autorités régionales a donné des résultats encourageants dans le traitement des malades et la prévention ».

« Cette prise de conscience, à l'origine du déclic nécessaire au sursaut et à l'engagement de tous dans la dynamique du combat, a permis de remporter une importante victoire sur la peur et l'hésitation face à la maladie. Aujourd'hui, à Ségou, ils sont de plus en plus nombreux à accepter le dépistage volontaire, notamment les jeunes de 20 à 45 ans. De nombreuses personnes infectées ont recours aux antirétroviraux. Ces patients font preuve d'une plus grande assiduité » , a-t-il constaté.

La représentante de l’OMS au Mali et de l’Onusida, se sont félicités des efforts consentis par la région dans la lutte contre le VIH/Sida. Ils ont proposé l’organisation d’actions en vue de consolider les acquis. Cela devrait se traduire, à les en croire, par la lutte contre l'exclusion et la stigmatisation des malades.

Amadou Sidibé

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KITA

Le second cycle A se meurt

Le Forum national sur l’éducation, dans ses recommandations, insiste sur le financement de l’éducation en général. Un financement que nous semblons chercher ailleurs alors qu’il est dans nos murs. Le second cycle A de Kita , en totale décrépitude, fait les frais de ce laisser aller.

Le second cycle A de Kita est l’un des quatre établissements publics d’enseignement fondamental de la Cité de l’Arachide qui se trouve malheureusement dans un état de dégradation avancée au vu et au su de tous. Le ministre de l’Education base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales est interpellé.

Le second cycle A de Kita a été construit en 1881. Depuis cette date, il n’a bénéficié d’aucune retouche. C’est aujourd’hui un vieux bâtiment au mur défraîchi, à la toiture rouillée… sur lequel il est accroché une plaque sur laquelle ont peut lire, « Ecole fondamentale second cycle A. Ecole créée en 1881, Kita ». Cet établissement a plutôt sa place dans un musée.

Déjà la question que l’on se pose d’emblée est de savoir si le Mali manque réellement de ressources pour construire des bâtiments adaptés et des équipements nécessaires au bon fonctionnement de ses écoles. La réponse est non. Car au lieu de créer des institutions « budgétivores » qui n’ont aucun impact sur le développement et le bien-être des populations, notre pays gagnerait à investir dans des secteurs dits prioritaires comme l’éducation, la santé…

Un expert de la Banque mondiale soutient que le Mali n’a pas besoin de certaines de ses institutions pour assurer son développement. Il n’hésite pas à prendre l’exemple du Conseil économique, social et culturel (CESC) qui, juge-t-il, est une institution qui engloutit des milliards pour peu de résultats.

« Après des années d’existence quelle utilisation fait-on des recommandations du CESC ? Ses recommandations sont réalisées à des coûts exorbitants et qui finissent dans les tiroirs », regrette notre interlocuteur qui note qu’en Afrique on cultive la « mauvaise habitude » d’imiter coûte que coûte les puissances coloniales sans tenir compte des réalités locales et des besoins réels.

Cette analyse de l’expert de la Banque mondiale nous fait penser aux agitations d’Oumarou Ag Ibrahim, président du Haut conseil des collectivités locales (HCCT) qui veut transformer son conseil en Sénat, deux institutions qui ont pratiquement les même attributions.

En réalité, l’école malienne, qui ne saurait être en marge du fonctionnement même du pays, est malade aujourd’hui parce que c’est tout le système qui est en cause. On prône le superflu au détriment de l’essentiel.

Amadou Waïgalo

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9e FORUM SOCIAL MONDIAL

L'heure du bilan

Les rideaux sont tombés sur la 9e édition du Forum social mondial (FSM). Au niveau des différents sites qui ont accueilli les altermondialistes dans la ville de Belem, capitale de l'Etat de Para, au Brésil, si l'heure est au bilan pour les acteurs de la société civile, pour les jeunes, l'on s'attelle à lever le camp.


A propos de bilan du FSM, les avis sont partagés. Pour l'évêque de la Guyane française, Emmanuel Laffont, venu au Forum avec la délégation du Secours catholique de la Guyane française, « ce forum est arrivé à un moment très important, puisqu'il est inutile de dire que le monde se trouve à un carrefour, dans une crise très grande où l'on s'aperçoit des impasses dans lesquelles nous entraîne une société qui est construite sur l'argent et non pas sur le respect des gens ».

Pour l'homme d'église, « il était très important que ce forum rassemble des personnes de toutes conditions et de toutes cultures pour lesquelles l'homme doit être en tête dans la construction de la société de demain ». Par conséquent, « je crois qu'il était très important que ce forum existe aujourd'hui », conclut-il. Mais, avec ces forums qui se suivent, une impression du déjà dit ou fait, n'est-elle pas très perceptible ?

Jean-Baptiste Sène de l'Agence de coopération et de recherche pour le développement (Acord), basée à Nairobi au Kenya, n'en est pas moins affirmatif. « Avec ces forums, il se pose le plus souvent un problème de suivi des recommandations ». Il s'agit donc d'essayer de prendre conscience de la nécessité d'avoir un comité de suivi des résolutions principales.

Désiré Porquet du Forum social ivoirien, abonde dans le même sens que Jean-Baptiste Sène. « Nous regrettons simplement le manque de suivi au lendemain des forums, ce qui fait qu'il y a beaucoup de redits », affirme-t-il. Par rapport à la participation du Forum social africain au FSM 2009, toujours selon M. Sène « d'après les informations relayées par les journaux, quelque 90 000 personnes ont participé au FSM 2009 parmi lesquelles on compte au maximum une cinquantaine d'Africains ».

« Mais, au regard des activités menées avec un si petit nombre (débats sur la question des accords de libre échange, impacts de la crise financière, la participation au congrès parallèle organisé par les Afro-brésiliens), le FSA sort de ce forum très satisfait » , explique M. J.-B. Sène. Mais tout porte à croire que M. Porquet, par ailleurs vice-président du Réseau des organisations paysannes ouest-africaines (Ropa), n'est pas du même avis que son compatriote africain. « Je ne suis pas satisfait de la participation africaine au FSM », affirme-t-il.

Que dire de l'organisation du forum ?

L'évêque Laffont de la Guyane française est, lui aussi, très nuancé : « Je ne sais s'il est possible de faire autrement, parce qu'il s'agit d'un forum et, de par sa nature, tout est là. On pourrait presque dire le meilleur et le moins bon. Mais tout est là pour que chacun de ceux qui viennent, puisse prendre le meilleur de ce qu'il souhaite, puisse s'interroger lui-même sur les valeurs qu'il souhaite mettre en avant et sur lesquelles il souhaite vivre, pour préparer ce monde différent dont nous rêvons tous ».

Et de poursuivre : « A ce titre-là, j'ai beaucoup apprécié ce dialogue entre les religions au niveau du forum, et il est extrêmement important parce que l'avenir du monde demande un dialogue très fort entre les religions pour que le meilleur de ce que chaque religion peut apporter soit mis ensemble pour créer cette paix dans le respect, la solidarité et la fraternité entre tous ».

M. Porquet lui, en ce qui le concerne, est resté sur sa faim. Pour cause : l'éclatement des sites, très distants les uns des autres. Mais à l'éclatement des sites, s'ajoute la programmation qui laisse à désirer. Selon lui, on met beaucoup de temps pour retrouver les sites où se déroulent les activités. Des errements constatés par plusieurs participants et qui demandent à être corrigés dans le futur.

Mandiaye Thiobane

(Africaflame)

 

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VIOLENCES DANS LE FOOTBALL MALIEN

La honteuse chasse aux arbitres

Après l’agression caractérisée des Rouges sur les arbitres et officiels du match Djoliba-Stade malien de Bamako en finale de la Coupe du maire du district, ce sont les Blancs qui se sont illustrés lors de la rencontre qui a opposé leur club au Centre Salif Kéita (CSK). Un match disputé dans le cadre de la 8e journée du championnat national de football.

Après les incidents de la finale de la Coupe du maire du district, Djoliba-Stade malien de Bamako (0-1), les lourdes sanctions sont tombées. Par cette batterie de mesures disciplinaires, les responsables de la Ligue de Bamako entendaient ainsi montrer qu’ils ne pouvaient plus tolérer ces incidents d’une extrême gravité. Malheureusement, ces sanctions n’ont pas eu un effet dissuasif sur l’ensemble des acteurs du football. Quelques mois après, le Stade malien de Bamako s’illustre tristement en championnat.

Les Stadistes ont perdu (1-0) en toute logique leur match de la 8e journée contre le CSK. Mais, leurs supporters ont vite trouvé un bouc émissaire : l’arbitre Boubou Traoré alias « Peny-Peny ». Il est accusé d’avoir favorisé la victoire du CSK. Pour les Blancs, un second ballon se trouvait sur l’aire de jeu au moment de l’inscription du but centriste.

Quelques supporters ont attendu la fin de la rencontre pour régler leurs comptes au domicile de l’arbitre. Heureusement, les dégâts ne sont pas importants. Les officiels au niveau de la loge et le président de la section football du Stade malien de Bamako ont pris la tête d’une horde de supporters déchaînés. Approché à son domicile au lendemain de la rencontre, l’arbitre Boubou Traoré a fait l’état des lieux et selon son témoignage les forces de sécurité ont passé la nuit devant sa famille.

Triste tout ça ! Triste de voir les supporters se comporter comme des voyous. Décidément, le football malien est devenu un véritable Far-West dans lequel les arbitres, la presse et même les officiels sont à la merci de pseudo-supporters. Les arbitres n’ont même plus droit à l’erreur comme s’ils n’étaient pas des humains. Même quand ils n’en commettent pas, ils sont accusés d’être les fossoyeurs des compétitions.

A cette allure, il n’y aura plus d’arbitres pour officier les rencontres. Ces maîtres du jeu sont désormais la cible de tous ces mauvais perdants qui refusent de reconnaître la faiblesse de leurs équipes. Sur le petit écran, nous voyons, tous les dimanches des erreurs d’arbitrage au cours des matches des championnats européens. Il ne se passe pas un week-end sans qu’une équipe ne soit lésée par des décisions arbitrales en Bundesliga, en Liga, en Ligue 1, en Première ligue... Cependant, le ciel ne tombe pas sur la tête des arbitres.

Arènes pour gladiateurs

En France, la cote des arbitres de ces dernières années est au plus bas à cause de la multiplication des erreurs. Ce qui justifiait leur absence à l’Euro-2008. Ils ne sont pas pour autant agressés. Au plus haut niveau international (Euro, Mondial, Ligue des champions d’Europe) il y a des erreurs d’arbitrage. Pourquoi, au Mali, faut-il toujours voir la main de l'arbitre derrière la victoire ou la défaite d’une équipe ?

La mauvaise foi devient la chose la mieux partagée par la majorité des dirigeants. On assiste à une escalade dangereuse, car en l’espace de trois mois, ces deux événements plongent notre sport roi dans le cycle infernal de la violence. Quand les supporters agressent les journalistes (cas de notre confrère de L’Essor) ou attaquent le domicile d’un arbitre, le péril est désormais grand de voir les stades se transformer en arènes pour des gladiateurs.

La notion de fair-play qu’enseigne la Fifa lors de toutes ses grandes compétitions est royalement ignorée par certains clubs ici. Et pourtant, le ministère de la Jeunesse et des Sports avaient pris le devant en rassemblant les représentants des acteurs dans une commission chargée d’aplanir toutes les questions (litiges entre clubs, violences…) qui pouvaient compromettre la bon déroulement de la saison 2008-2009. Une démarche responsable saluée par le milieu sportif malien.

Face à la situation actuelle, la Fédération malienne de football (Femafoot) doit user de toute son autorité morale pour endiguer cette spirale de la violence. Si on n’y prend garde, nos terrains pourraient devenir rapidement les lieux ou la violence gratuite aura droit de cité. Si le réflexe est désormais d’attaquer le domicile d’un arbitre ou de frapper un journaliste à tout bout de champ, les compétitions n’iront plus à leur terme ! Et ce serait bien dommage pour le football malien.

Boubacar Diakité Sarr

 

Arbitres, encore un effort !

Nos « hommes en noir » n’ont jamais été épargnés par des critiques. Quoi de plus normal, quand on sait que les arbitres constituent les pièces maîtresses dans le déroulement des rencontres de football. Une situation qui les expose. Ils sont nombreux ceux qui pensent, parfois à tort ou à raison, que bien des matches de chez nous sont souvent dirigés par des arbitres à la solde de dirigeants de clubs, de responsables fédéraux ou qui suivent tout simplement les consignes de leur « maître ».

On parle alors de corruption et de bien d’autres facteurs qui jettent, hélas, le discrédit sur le foot malien. Et pourtant, jamais l’arbitrage malien n’a été aussi si performant. De plus en plus reconnus dans le monde, les arbitres maliens ont fait ces derniers temps des progrès notables.

Mais, l’arbitrage malien constitue encore une énigme et un paradoxe. Tout simplement parce que certains arbitres se laissent parfois entraîner sur le terrain des intérêts obscurs, au détriment de l’application stricte des règles de jeu. Complices de dirigeants, ceux-là mêmes qui sont prompts à crier au voleur quand leurs intérêts sont menacés, ils n’ont pas toujours la force de s’élever au-dessus des tentations de toutes sortes, encore moins dénoncer les corrupteurs.

« Nous avons besoin de preuves » , martèle un inspecteur d’arbitres. Mais, y a-t-il des arbitres assez courageux pour dénoncer les responsables de ces pratiques condamnables ? C’est moins sûr. C’est sans doute à la Femafoot d’ouvrir les yeux et surtout d’avoir le courage de mener des enquêtes indépendantes, quand cela est nécessaire, afin d’éliminer progressivement cette gangrène. Car la corruption existe bel et bien dans le football malien même si l’on peut être fier de la majorité des arbitres maliens.

B. D. S.

 

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