Les Echos du 3 Février 2009
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
Le Snesup renonce aux heures supplémentaires
La répartition des heures supplémentaires constitue aujourd’hui la pomme de discorde entre le Syndicat des enseignants du supérieur (Snesup) et le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique qui vient de les limiter à 10 h par mois et par enseignant. D’où le mécontentement du Snesup, qui a décidé de renoncer aux heures supplémentaires une bonne fois pour toutes.
L’un des problèmes cruciaux à l’Université de Bamako est le manque de professeurs alors qu’il y a pléthore d’étudiants. Par exemple à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) qui, dit-on, compte à elle seule un effectif de plus de 17 000 étudiants, il n’y a qu’une dizaine de professeurs de rang A pour une centaine de professeurs qui dispensent des cours magistraux et des séances de travaux dirigés (TD).
Cette insuffisance de personnel enseignant pose de nombreux dysfonctionnements notamment au niveau de la qualité de l’enseignement. Cet état de fait a ainsi conduit à l’adoption des heures supplémentaires au détriment d’autres missions importantes de l’Université, dont la recherche.
Conçues pour pallier l’insuffisance de professeurs, les heures supplémentaires sont aujourd’hui au centre d’un malentendu entre le Syndicat national de l’enseignant du supérieur (Snesup) et les autorités universitaires. Ces dernières, qui avaient dans le temps dénoncé des tares dans la répartition des heures supplémentaires jugeant que certains professeurs en avaient trop au détriment d’autres, viennent de prendre des mesures pour les limiter.
Cette mesure du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique qui, désormais n’accorde plus que 10 heures supplémentaires par professeur et par mois, a provoqué l’ire du Snesup qui a décidé d’abandonner les heures supplémentaires jusqu’à la satisfaction de certaines de ses doléances.
Dans une correspondance qu’il a adressé au Premier ministre le 30 janvier 2009, le Snesup, tout en réitérant son choix d’abandonner les heures supplémentaires, exige l’alignement des salaires des enseignants du supérieur et des chercheurs du Mali, la mise en place de la nouvelle hiérarchie (assistant, DEA, maître de conférence-doctorat, professeurs-doctorat).
Il demande aussi l’augmentation du taux de l’heure supplémentaire, faute de quoi les militants du Snesup renoncent aux heures supplémentaires, une décision qui, il faut le noter, va engendrer des conséquences fâcheuses sur le déroulement normal des années universitaires et l’épuisement des programmes sur une période de 25 semaines, nécessaires pour valider une année universitaire.
Il urge que chacun mette un peu d’eau dans son vin car après tout ce sont les étudiants qui risquent d’être les grands perdants de ce bras de fer. C’est pourquoi, disent certains, l’AEEM ne doit pas rester indifférent dans la résolution de la question des heures supplémentaires qui est peut-être une question d’ordre administratif et pédagogique, mais qui les intéresse aussi au plus haut point.
Amadou Waïgalo
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APRES UNE GREVE DE LA FAIM
Les ex-volontaires de l’Apej sortent leurs griffes
La grève de la faim des anciens volontaires de l’Apej en octobre 2008 a pris fin par la signature d’un protocole d’accord entre l’Etat et les volontaires. Mais, ce protocole n’a pas connu un début d’exécution. Pour se faire entendre, l’Association des jeunes volontaires de l’Apej, qui était lundi face à la presse, a décidé de mener une série d’actions d’envergure en synergie avec plusieurs autres associations.
Dans le protocole d’accord signé le 23 octobre 2008 entre l’Etat et l’Association des jeunes volontaires de l’Apej (contingent 2005-2008), le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle s’est engagé à dégager des ressources pour le financement des projets initiés par les anciens volontaires de l’Apej et à poursuivre des actions pour leur insertion professionnelle. De leur coté, les ex-volontaires de l’Apej se sont engagés à suspendre la grève de la faim, à mettre un terme à toute forme de manifestation et à privilégier le dialogue.
« Depuis plus de trois mois, le protocole a été signé. Nous avons suspendu la grève et nous avons mis un terme à toute forme de manifestation. Mais, l’Etat n’a jamais respecté le protocole » , a regretté Abidina Karambé, le secrétaire général de l’Association des jeunes volontaires de l’Apej, expliquant qu’ils vont entreprendre très bientôt une série d’activités de grande envergure en synergie avec d’autres associations.
« Il faut déplorer que dans ce pays, on a toujours obligé les gens à crier fort pour se faire entendre. Sinon la mise en œuvre de ce protocole ne devait pas avoir de problème. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout avec les jeunes » , s’est engagé Lassana Doumbia, le secrétaire national du Mouvement pour la défense des victimes des administrations maliennes.
Qualifiant le protocole d’accord de piège, Mahamane Mariko du Craj ajoutera qu’ils sont solidaires des volontaires.
Le représentant de l’Association des partants volontaires à la retraite conseillera aux volontaires de faire dorénavant pression sur l’Etat qui, selon lui, n’a jamais tenu sa promesse.
Etaient présents à la conférence de la presse, des représentants d’autres associations qui sont engagées à accompagner les jeunes volontaires dans leur lutte.
Sidiki Doumbia
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)
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AXE BAMAKO-BENENA
L’odyssée à bord de Djiguiya Transport
Les passagers du car L-2064-MD de Djiguiya Transport en provenance de Benéna (cercle de Tominian) n’oublieront pas de sitôt leur mésaventure. Pour un trajet d’une demi-journée, les passagers ont passé 3 jours avant d’arriver à destination. Récit d’un voyage mouvementé.
Embarqués à Benéna, les passagers seront abandonnés à leur triste sort à Bla, suite à une panne de moteur. Certains usagers qui voulaient la restitution de leurs frais de voyage Bla-Bamako, soit 3500 F CFA, se sont heurtés au refus catégorique du chauffeur et de ses apprentis.
Ces derniers, sans diplomatie ni respect et courtoisie, répétaient à ceux qui venaient à eux réclamer le remboursement du reliquat des frais qu’il était de leur devoir de les conduire seulement à destination : Bamako. Ils ajoutaient qu’ils n’avaient pas perçu leurs frais de ticket de voyage et par conséquent ne pourraient les rembourser.
Ainsi du lundi 26 janvier au mercredi 29 janvier, les passagers du car ont été abandonnés en rase campagne, dormant à la belle étoile. Parmi eux des femmes et des enfants qui dormaient à la belle étoile.
Les passagers qui en avaient gros sur le cœur à cause de l’arrogance du chauffeur et de ses apprentis espéraient embarquer dans un autre véhicule de la même société, presque vide, en provenance de Mopti. Mais quelle ne fut leur déception lorsque le chauffeur de ce car, un nommé Fassoum, du fond de sa cabine, lancera à leur figure ces mots : « Cela ne m’arrange pas de vous transporter à Bamako ». Et de redémarrer en trombe comme dans une course contre la montre.
Cupidité
Un car de « Cissé Transport » venait de passer depuis une trentaine de minutes, pour aller à Ségou. Dans la Capitale des Balanzans, « Cissé Transport » allait débarquer des voyageurs qui rallieront ensuite Niono. Fassoum courrait derrière ces voyageurs de Niono.
Ce refus de Fassoum de venir en aide fit monter la colère au sein des passagers. Ceux-ci commençaient à se montrer impatients d’autant que les deux mécaniciens de Bla n’avaient pu détecter la panne et le mécanicien, appelé à la rescousse de Bamako, peinait à mettre le moteur en marche. « Nous allons leur montrer notre vrai visage », dit un passager au bout de sa peine le 3e jour, soutenu par certains de ses compagnons d’infortune.
Ces passagers ont été réconfortés dans leur revendication, lorsqu’un élément de la gendarmerie nationale qui, apprend-on, est un proche parent du propriétaire de la société, accusât le chauffeur et ses apprentis « d’assassins ». Le gendarme reprochait au conducteur et aux apprentis de ne l’avoir pas averti et de laisser les passagers en rade dans un état déplorable au bord de la route.
Au 3e jour, le mécanicien parvint à réparer la panne au grand soulagement des quelques passagers restés et condamnés à vivre ce calvaire parce qu’ils n’avaient plus aucun sous sur eux. « Nous n’emprunterons plus ce car. A cause de leur cupidité, nous allions perdre la vie parce que même l’eau commençait à nous manquer. Et n’eût été la générosité de certains habitants, nous serions restés affamés durant tout ce temps », déplore un autre.
Si des sociétés de transport n’hésitent pas à envoyer des véhicules au secours des clients dont le véhicule tombe en panne, tel ne semble pas être la règle à Djiguiya Transport. Ici les passagers sont traités comme des bêtes de somme sur le dos desquels il faut s’enrichir. Mais, comme dit le sage, « celui qui aime l’argent n’en aura jamais assez et celui qui aime la richesse n’en profite jamais ».
Djiguiya Transport devra méditer cet adage et être plus humain avec sa clientèle.
Denis Koné
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