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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 24 decembre
MALI
Pour une régénérescence du personnel politique
S’il y a une chose qui, par sa banalité, continue son petit bonhomme
de chemin sans anicroches sur la scène politique de notre pays, c’est
certainement l’absence de jeunes aux postes clés des états-majors
des formations politiques et dans les hautes sphères de l’Etat.
Parler de cette situation n’est pas pour plaire à tout le monde
pour les raisons que nous savons tous, tant pis ! Le phénomène
par sa persistance, et surtout sa nuisibilité pour un meilleur équilibre
dans l’éclosion des talents et des compétences fussent-ils
jeunes, mérite un correctif pour peu que l’idée de justice,
d’égalité et de démocratie ait encore un sens au Mali.
A l’image d’un impotent, secoué par le poids de l’âge
et les vicissitudes de la vie, le landerneau politique de par les hommes qui
l’animent depuis toujours exige qu’on lui insuffle du sang neuf.
Vivifier, régénérer, reconstituer, réactiver à travers
la mise sur orbite de la nouvelle génération est un devoir auquel
les "anciens" ne sauraient s’y dérober au risque de voir
lapidifier pour de bon l’espace politique et les instances de décision
de l’Etat.
Hier, la jeunesse avait toute sa place dans la conduite des affaires publiques
de façon générale, et occupait souvent le devant de la scène.
Beaucoup d’entre nous ignorent que Modibo Kéita à moins de
40 ans était déjà une personnalité de premier plan
aussi bien en Afrique que dans le monde, que Moussa Traoré à 32
ans est devenu chef d’Etat même si c'était à la suite
d'un coup d'Etat, que Soumana Sacko est devenu ministre des Finances à 36
ans et Premier ministre à 41 ans, que Alpha O. Konaré a été ministre
de la jeunesse à 32 ans, et président de la République dans
la quarantaine, que Me Mountaga Tall a été chef de parti et candidat
aux élections présidentielles à 36 ans, etc.
Sous la Première République, nous avons eu des ministres et responsables
des structures âgés de seulement une vingtaine d’années,
des exemples de ce genre, il en a existé jusque dans les années
1990. Aujourd’hui au Mali, le statut de jeune est un réel handicap
pour prétendre jouer un rôle de premier plan en politique ou au
sein de l’administration étatique.
Est jeune toute personne dont la tranche d’âge va de 18 ans à 40
ans. Si nous sommes d'accord sur cette définition, il est aisé de
constater que jusqu’à l’âge adulte, c’est-à-dire
au-delà de 40 ans, une personne sauf exception, ne peut prétendre
jouer un rôle majeur dans une quelconque structure au Mali et cela quelles
que soient ses compétences.
L’instinct de préservation, l’illusion de se croire indispensable,
et peut être la croyance à une certaine incompétence ou une
immaturité des jeunes expliquent cette méfiance des "anciens" à passer
le relais ou en tout cas à donner la moindre chance à ceux-ci de
s’affirmer. Le constat est là, amer ! Avons-nous combien de jeunes,
ministres, chefs de Parti, directeurs de structure, ambassadeurs, secrétaires
généraux, représentants du Mali dans les organisations internationales,
bref combien de jeunes occupent des postes de responsabilité avec grand
R. Au Mali c’est "les mêmes têtes" comme on dit,
des personnes inamovibles qui font la pluie et le beau temps, des personnes qui
se confondent finalement avec l’intemporalité des fonctions occupées.
Insignifiantes gratifications
L’arbre ne doit pas cacher la forêt, les rares et atypiques cas qui
concernent Moussa Mara, maire de la Commune IV, Housseni Amion Guindo dit Poulo,
chef de parti politique et député à l’AN, Demba Diallo,
maire de Markala, Me Demba Traoré, Moussa Balla Diakité dans un
passé récent et Fatoumata Guindo, ministre dans l’actuel
gouvernement sont des exceptions qui d’ailleurs corroborent toute notre
analyse. Un écran de fumée pour endormir davantage la jeunesse.
Avec plus de 50 % de la population malienne, il est évident que cette
jeunesse mérite mieux que ces quelques "gratifications" somme
toute insignifiantes. Des miettes assimilées à des oboles qui n'honorent
guère la jeunesse. Les quatre premiers avec un mandat électif doivent
certainement leur ascension ou leur incroyable irruption dans la chasse gardée
des "anciens" par leur témérité, leur aura, leur
courage et un tantinet de chance plutôt qu’une volonté de
leur donner l’occasion de se faire valoir.
Le cas de la ministre est assez révélateur du peu de considération
que les autorités ont pour les jeunes. Nommée à l’âge
de 33 ans en 2007, elle est la seule vraie jeunesse avec un gouvernement qui
frôle la trentaine de membres. Mépris ? Allez savoir. Sa nomination
participe beaucoup plus du saupoudrage qu’autre chose. L’illusion
de faire croire à une promotion des jeunes, alors qu’en réalité des
considérations politiciennes et machiavéliques sous-tendent ces
genres d’action.
Ne parlons même pas des jeunes de moins de 30 ans. Responsable à moins
de 30 ans relève du rêve au Mali. Comparaison n’est pas raison,
soit ! Il est néanmoins important de souligner qu’au Sénégal
tout près, nous avons de très jeunes ministres et des responsables
avec une vingtaine d’années d’âge. Le président
Wade malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, a eu cette sagesse
et cette idée géniale de faire tout simplement confiance à sa
jeunesse et de mettre au cœur de sa politique la promotion des jeunes. Chose
qui stimule davantage l’émergence de nouveaux talents pour une relève
de qualité de la classe dirigeante.
En France, les Rama Yade, Laurent Vauquier, Jean Sarkozy (même s’il
est le fils de son père), Olivier Besancenot, Cécile Duflot, Nathalie
Kosciuscot-Morizet, Benoît Hamon, Delphine Batho, David Martinon, Dominique
Sopo, etc. (la liste n'est pas exhaustive loin de là), sont tous des jeunes
qui exercent des responsabilités à un niveau élevé sur
l’échiquier politique et/ou étatique.
Bien avant, les Chirac, Mitterrand, Fabius, De Villepin, Jacques Delors, Ségolène
Royal, Sarkozy, Simone Veil pour ne citer que les quelques plus illustres ont
commencé très tôt à occuper le devant de la scène.
En France, jeunes et adultes sont tous égaux devant les accessits et ors
de l’Etat. Il suffit juste d’avoir les compétences nécessaires,
et souvent la qualité de jeune est un plus. Cela s’appelle tout
simplement de la considération à l’endroit des jeunes. Cette
tendance qui responsabilise le jeune, qui le promeut participe de l’idée
d’une croyance en la capacité de celui-ci à faire aussi bien
sinon mieux que les "anciens".
Compétences avérées
La démocratie malienne par son exemplarité se doit de prendre en
compte cette politique de promotion de jeunes de manière absolue dans
la gestion des affaires publiques. Il est clair que toute complaisance ou tout
grimage dans cette entreprise, par sa perversion, son inanité conduirait à un
margouillis où finalement les acteurs risqueraient de s’empêtrer
vainement.
Oui pour la promotion du jeune qui recèle du talent, qui a des compétences
avérées et qui aspire à mettre son talent au service de
la nation. Aujourd’hui, le Mali regorge des jeunes compétents qui
ont de réelles aptitudes dans leur domaine et qui ne demandent qu’à mettre
en œuvre leur savoir et leur savoir-faire.
Au-delà de tout calcul politique, nos dirigeants doivent avoir à l’idée
que la relève est incontournable et qu’il faut dès maintenant
songer réellement à réparer cette injustice qui fait du
jeune "le nègre de service", celui qui fait tout, mais n’a
rien en retour. De plus en plus l’éveil des consciences quant à la
réalité de cette situation déplorable et la volonté d’y
mettre fin est manifeste ; il appartient aux autorités de faire en sorte
que les jeunes puissent enfin croire en l’avenir. Cette citation de Corneille "aux âmes
bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années" doit
se traduire dans les faits sans complaisance. Les partis politiques, qui sont
d’essence populaire et qui regorgent un maximum de jeunes doivent accepter
de donner à ceux-ci toute leur place.
Le jeune n’est pas là seulement à mobiliser ou à jouer
le rôle de bouclier. Par sa compétence, son aptitude, il doit aussi
aspirer à jouer un rôle de premier plan au même titre que
les autres qui, souvent d’ailleurs, ne sont pas plus valables que lui.
Il faut oser ! Un brin d’audace, d’engagement et de volonté pour
un réel changement de la donne dans l’affirmation de la frange juvénile,
voila le combat du moment.
Le Conseil national des jeunes du Mali a peut-être beaucoup fait pour les
jeunes, mais jusqu’à présent son bilan en termes de lobbying
pour le "placement" de ceux-ci à des postes clés reste
mitigé. Les partis politiques ne sont pas non plus pressés pour
donner plus de responsabilité et de visibilité à leurs jeunes
militants, alors qu’il est unanimement admis, et reconnu que la jeunesse
est l’avenir du pays.
Jeunes du Mali, l’on dit très souvent que "celui qui lutte
peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu ! Agissez
pour occuper toute votre place, dans l’avancée du Mali !
Makan Diallo
(docteur en droit privé, ancien Ater à l’Université d’Orléans,
avocat à la cour)
Acceuil
ENTREPRISES
DE PRESSE ECRITE
Refuges vulnérables de tous les profils
Au Mali, l’animation des 50 organes de presse est assurée par des
hommes et des femmes de tous les profils. Des journalistes venant de nulle part
et qui n’ont pas souvent les mêmes ambitions pour la noblesse du
métier de plus en plus vulnérable.
Les travaux des IIIes Journées de l’information et de la communication,
qui ont démarré le 21 décembre 2009 et qui prennent fin
ce jeudi 24 décembre, sont marqués par des communications les plus
révélatrices. Les participants, au-delà des débats,
s’organisent en commission de travail pour faire l’état des
lieux de notre presse et soumettre des recommandations en vue d’une presse
prospère.
D'ores et déjà, des communications dont celle de Tiégoum
Boubèye Maïga, directeur de publication de "La Nouvelle République" relative à "l’état
de la presse écrite", ont attiré l’attention des participants.
Après un rappel historique de l’avènement de la presse conduit
par le colon français notamment au Soudan français, M. Maïga
a rappelé que créer un journal au Mali ne nécessite aucune
contrainte majeure. "Il suffit juste de faire une déclaration à l’autorité compétente
conformément à la loi portant régime de presse et délits
de presse".
Hormis la disposition légale qui impose, selon lui, au directeur de publication
d’être titulaire d’un diplôme d’études supérieures
(bac + 4) et de se prévaloir de trois ans d’expérience, la
facilité à créer un organe de presse comporte des conséquences.
Pour TBM, l’une de ces conséquences est que la profession est aujourd’hui "envahie
par toutes sortes de personnes : hommes politiques, militants de partis, hommes
d’affaires, chômeurs…"
N’ayant pas les mêmes ambitions pour le métier, les "intrus" de
la presse, utilisent, d’après le conférencier, les journaux
comme instruments de "propagande et de pression". "Certains utilisent
la presse comme outil de lobbying et d’autres comme moyen de chantage",
a-t-il avoué. Et de souligner que dans ces conditions, des journaux naissent
et meurent comme par enchantement.
A en croire le conférencier, la vulnérabilité de la presse
malienne est imputable aussi à certains facteurs dont le marché publicitaire
et la faiblesse des tirages. "L’un des goulots d'étranglement
de la presse écrite est sans nul doute l’absence de dispositif pour
la distribution des journaux".
Vu ces lacunes, M. Maïga a conclu que l’état des lieux est
certes préoccupant, mais pas désespérant. Il a suggéré l’appui
des organes de régulation comme l’Observatoire pour la déontologie
et l’éthique de la presse (Odep) pour mieux s’occuper de l’autorégulation
au sein de la profession.
" Les éditeurs et entreprises de presse doivent se doter des règles
de bonne gestion financière, de management des ressources humaines",
a plaidé le patron de la "Nouvelle République" invitant
les pouvoirs publics à la relecture des textes relatifs à la communication
et à revoir à la hausse l’aide à la presse.
Amadou Waïgalo
Acceuil
PARTI
A LA RECHERCHE
D’UN
MIEUX-ETRE
Cheick T. Dabo le Malien déçu par la France
Parti en France en 1999 pour y rester afin de gagner sa vie, Cheick Tidiane Dabo
n’a rencontré que désillusions.
En 1999, Cheick Tidiane Dabo a quitté le Mali pour la France à la
recherche d’un mieux-être. Vers la fin 2001, il s’est inscrit
dans la boîte d’intérim de l’Office français
de prestation (LFD) dans l’optique de décrocher un job.
Dieu faisant bien les choses, la chance lui a souri, car la boîte en question
le recommande à une société de métallurgie dénommée
Torjjman. Après 6 mois sans un contrat, la société a fait
signer à Cheik dans un premier temps un contrat à durée
déterminée et dans un second temps un autre contrat à durée
indéterminée trois mois plus tard.
Cependant, à entendre M. Dabo, son patron n’a jamais daigné respecter
les clauses du contrat en l’occurrence, la communication de son vrai numéro à la
Caisse d’assurance maladie. "Mon patron n’a jamais respecté les
clauses du contrat dans la mesure où il n’a jamais voulu mettre
le vrai numéro de ma carte d’assurance maladie sur mon bulletin
de salaire. Il mettait un numéro inexistant", se plaint Cheick T.
Dabo.
L’intéressé a découvert la malversation de son employeur
lors d’un de ses passages à la Caisse d’assurance maladie
où il s’est rendu compte qu’il y a incohérence entre
le numéro à la Caisse d’assurance maladie et celui figurant
sur son bulletin de salaire. A son retour des congés, l’assurance
a fait parvenir au patron de la société Torjjman une correspondance
lui demandant de se conformer à la réglementation. Ce à quoi
il est resté sourd.
Aux dires de notre interlocuteur, "le boss" n’ayant pas apprécié sa
démarche lui a notifié son limogeage. Interloqué, Cheick
T. Dabo a saisi le Conseil de prud’homme (tribunal) pour casser la décision
du patron. Mais en vain. Et l’homme n’était pas non plus au
bout de ses peines. "Mon patron a payé un certain Mamady Kourouma
suite à ma plainte de me suivre dans tous mes faits et gestes, de brutaliser
tout mon entourage. Ce dernier était couvert par la police", raconte
M. Dabo.
Comme si cela ne suffisait pas dit-il, "il a mis des policiers à mes
trousses qui m’ont interpellé sous prétexte que j’ai
violé une fille. Je suis resté dans les liens de l’accusation
pendant un mois. C’est après que la date du procès est passée
que j’ai été relâché".
Selon M. Dabo, au bout d’une année de travail, son employeur lui
avait également promis un 13e mois. "Là aussi je suis resté sur
ma faim, car il n’a jamais honoré cet engagement". L’espoir étant
brisé puisqu'il a perdu son emploi, Cheick Dabo a demandé et obtenu
l’aide au retour au Mali où il a débarqué en décembre
2008.
Mohamed Daou
Acceuil
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