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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 23 decembre
MEDIATEUR
DE LA REPUBLIQUE/OIF
Campagne d’information sur le Code de la famille
Le bureau du Médiateur de la République, en partenariat avec l’Organisation
internationale de la Francophonie (OIF), a organisé mardi un forum de
sensibilisation et de formation sur le thème "la famille au Mali
: hier, aujourd’hui et demain".
A propos du Code des personnes et de la famille, un forum, co-organisé par
le Médiateur de la République et l'OIF le 22 décembre, a
ouvert le débat sur les questions existentielles qui touchent l'organisation
de notre société, notamment le mariage, le divorce et les successions.
Selon Me M’Bam Diatigui Diarra, Médiateur de la République,
la famille est le refuge privilégié des valeurs morales et sentimentales.
L’importance des valeurs morales et affectives explique en partie les transformations
profondes que nos familles ont subies. Le Mali, à l’instar des autres
pays africains, aux dires du Médiateur, est confronté à la
recherche des voies et moyens pour bâtir une famille conforme à nos
valeurs culturelles, religieuses et ouverte à la modernité.
La question des normes applicables à la famille, leur évolution
et leur conformité aux exigences sociales est un sujet sensible en Afrique
comme partout dans le monde. C’est pourquoi, le processus d’adoption
du Code des personnes et de la famille a suscité de vives réactions
de la part des citoyens soucieux du devenir de notre société, a-t-elle
ajouté.
Pour elle, la famille est à la fois l’entité la plus évidente
et naturelle que l’individu connaisse et une entité extrêmement
complexe et difficile à aborder en dehors de l’environnement socioculturel.
Le droit de la famille a des impacts sur l’ensemble de l’organisation
sociale du pays.
Il touche aux droits fondamentaux des personnes et de la famille, c’est
pourquoi toute réforme concernant le droit des personnes et de la famille
ne peut laisser indifférent aucune couche sociale et de façon plus
générale aucun peuple.
Le forum qui a réuni d’éminentes personnalités, représentant
les confessions religieuses, les griots, les leaders communautaires, les leaders
d’opinion visait à donner la parole aux citoyens pour échanger
et communiquer dans la tolérance sur les préoccupations fondamentales
de la société malienne.
Aux termes de ces échanges, il s’agit de "constituer un réseau
de personnes ressources porteuses de valeurs éthiques, capables d’impulser
un changement de comportement dans notre société à travers
l’éducation à la citoyenneté sans distinction de race,
de sexe, de religion, d’appartenance culturelle et autres considérations".
Aminata Traoré
(stagiaire)
Acceuil
PAYSAGE
AUDIOVISUEL AU MALI
Déphasage avec les textes
Il y a au Mali 500 autorisations d’émission, 300 stations de radios
privées qui émettent aujourd’hui dans des conditions de précarité et
de dysfonctionnement sans précédent.
S’il y a un acteur incontournable qui a pris part à l’avènement
de la démocratie, c’est bien les médias privés qui, à partir
de 1992, ont connu un essor prodigieux avec la multiplication des radios et organes
de presse au profit du public. Cependant, à l’image de la presse écrite,
le paysage audiovisuel au Mali connaît des dysfonctionnements majeurs.
Sékou Coulibaly, conseiller technique au ministère de la Communication
et des Nouvelles technologies (MCNT), a évoqué ces dysfonctionnements
au cours d’une communication sur le thème "Le paysage audiovisuel
du Mali : diagnostic et perspectives" qu’il a présentée
lundi 21 décembre 2009 aux IIIes Journées de l’information
et de la communication qui se tiennent présentement au Cres à Badalabougou.
Pour M. Coulibaly, la première insuffisance dans l’audiovisuel malien
réside au niveau des textes qui régissent la presse audiovisuelle,
adoptés en 1992. "Ces textes s’avèrent inadaptés
aujourd’hui face au développement rapide des technologies de l’information
et de la communication avec l’apparition de nouveaux services et de nouveaux
modes de diffusion, rendant l’information plus accessible et diversifiée",
a-t-il ajouté, estimant que dès lors il urge de procéder à la
relecture des textes législatifs et réglementaires.
Au-delà des médias publics (ORTM, Cespa, CNCM) et les radios étrangères
au nombre de quatre (Radio Beijing, RFI, Africa N°1 et BBC) qui émettent
sous le couvert de la télévision nationale, les radios privées,
selon le conférencier, ont connu un boom grâce à la procédure
de délivrance de l’autorisation d’émettre "peu
contraignante".
Pour le conseiller technique, cette situation a été favorisée
par la commission radio du ministère et qui, regrettera-t-il, n’a
jamais fonctionné. Il convient de préciser que cette commission
a pour mission de donner un avis technique sur les demandes d’autorisation
soumises au MCNT.
" Aujourd’hui, plus de 500 stations radios FM ont été autorisées à émettre
au Mali. Toutefois, celles qui fonctionnent sont estimées au nombre de
300". Et d’ajouter que "les stations privées sont confrontées
pour la plupart au défi des normes professionnelles (techniques et éthiques)
et fonctionnent dans des conditions précaires".
En plus de ces lacunes, le conférencier a déploré le manque
de ressources humaines qualifiées et la méconnaissance des textes
par la plupart des promoteurs de radios. Parlant de la télévision
privée - une question qui intéresse beaucoup de nos concitoyens
-, il a indiqué qu’aucune autorisation de création n’a été délivrée
dans ce sens malgré l’existence des textes.
Dans ses recommandations, le conseiller technique du MCNT propose, entre autres,
l’attribution des fréquences à travers une procédure
d’appel à candidatures, la mise en place d’un fonds de soutien à la
promotion de la production nationale d’œuvres audiovisuelles, le renforcement
de l’aide à la presse…
Amadou Waïgalo
Colère contre le MCNT
Après l’intervention du ministre de la Communication et des Nouvelles
technologies à l’ouverture des Journées de l'information
et de la communication, qui a tantôt caressé les hommes et femmes
de média dans le sens du poil tantôt les a épinglés,
certains confrères se disent indignés. Ils ont tenu à manifester
leur colère au cours des débats. A l'image de M. Dia, professeur
dans une université canadienne, qui n’a pas hésité de
parler "d’insulte" à la profession. "Sous d’autres
cieux, le ministre, en s’attaquant aux journalistes, allait démissionner
le lendemain", a-t-il commenté. Les conférenciers ont joué à l’apaisement,
arguant que Mme Diarra Mariam Flantié Diallo n’a fait que décrire
une situation connue de tous.
A. W.
Acceuil
CONTENTIEUX
POST-ELECTORAUX
D’AVRIL
2009
Les prémices d'une crise sociale
La machine juridico-administrative, qui statue sur le contentieux électoral
d’avril 2009, est en train de réveiller les vieux démons
et profiler à l’horizon la haine entre populations. Toutes choses
qui risquent de nous conduire sur un terrain où personne n’a rien à gagner.
Les autorités doivent être prévoyantes.
Partout où la justice s’est prononcée sur le contentieux électoral,
la tension est vive. A Yélimané, Ségou, Banamba, où la
juridiction suprême a confirmé les verdicts du Tribunal administratif
de Bamako, il existe une certaine guerre froide entre populations locales.
A Kalabancoro, à Moribabougou, en Commune IV, les yeux sont désormais
tournés vers la Cour suprême. A l'énoncé du verdict
de cette Cour, des populations de la Commune IV avaient commencé à s’attaquer à certains
biens collectifs. Personne ne peut prévoir ce qui va se passer après
le recours en révision du procès introduit par le maire actuel
et le MPR.
Inquiétudes, déception, risques d’affrontements entre populations
de même contrée : voilà quelques maux qui troublent les esprits
ces derniers temps après quelques décisions de justice sur le contentieux électoral
et dont les prémices de tensions commencent à frapper à nos
portes.
Après les élections municipales d’avril dernier, des formations
politiques ou collectifs de partis ont saisi la justice pour diverses raisons
dans certaines circonscriptions électorales. Sept mois après leur
saisine, les décisions de la justice sont en train de créer une
certaine tension dont notre pays n’a pas besoin.
De mémoire de Malien, les procès post-électoraux (municipales)
ne se sont jamais tenus de la sorte. Sept mois après les faits que des
Maliens se traînent toujours devant la justice pour des problèmes
de fraudes électorales, est inédit.
A partir du moment où la justice a été saisie, il serait
loisible qu’elle fasse son travail d’instruction "indépendante".
Loin de vouloir nous substituer à elle, les verdicts qu’elle rendra,
quelle que soit leur nature, risquent d’être préjudiciables à notre
jeune démocratie en occasionnant un certain différend entre acteurs
avec des retombées négatives sur leurs localités respectives.
La case près du feu
Aujourd’hui, beaucoup se posent la question de savoir à qui ces
changements d’hommes dans les communes profitent ?
Le Mali, de tout le temps, a eu la chance d'élire ses chefs et dirigeants
dans la plus grande sérénité et les dirigeants de l’époque
(1992-2002) avaient su se départir des considérations politiciennes
pour faire régner le calme. Aujourd’hui, est-ce qu’on va laisser
le pire se produire pour des intérêts personnels ? Mais la paix
sociale et l’unité des Maliens, gage d’un développement
valent plus que toutes les amitiés.
Pour leur part, les ressortissants de Yélimané ont averti et pris à témoin
sur tout ce qui va se passer sur un quelconque changement d’équipe
pour faire plaisir à un individu. Des mots qui font peur ont été entendus.
" Quand nous disons que le cercle de Yélimané est en danger,
c’est vrai, nous nous sommes engagés dans un processus qui, si on
ne l’arrête pas à temps, va nous conduire vers des incidents
dans ce cercle. Le cercle de Yélimané n’appartient à personne.
Trop, c’est trop ! Il y a énormément de choses qui se sont
passées dans ce cercle, à propos desquelles nous nous sommes tus.
Aujourd’hui, la ligne rouge est franchie et il n’est plus question
de laisser un seul homme faire la pluie et le beau temps dans ce cercle. Les
populations de Yélimané ne sont pas prêtes à accepter
l’injustice…"
Certains avaient même menacé le blocage du travail des communes, à travers
l’incivisme, la démission collective des maires qui sont sous leur
contrôle.
Qui ne se souvient du cas de Banamba, où les affrontements ont sanctionné la
mise en place de la mairie ? A Ségou, le verdict de la Cour suprême,
qui a permis à "l’opposition" de contrôler la mairie,
n’a pas échappé aux violences entre populations.
Les plus hautes autorités du pays sont averties sur les conséquences
issues des contentieux post-électoraux.
Amadou Sidibé
Acceuil
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