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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 18 decembre
INSECURITE
AU NORD
Les chefs de gangs identifiés
Le Nord-Mali est pris en otage par des bandits de grands chemin qui sèment
la terreur et font perdre au pays des millions de bénéfice susceptibles
d'être tirés du tourisme. Un rapide tour d’horizon des bandes
qui écument la région, souvent sous le couvert de l’islam
ou des conflits irrédentistes.
Pendant longtemps, le Nord-Mali était connu, du fait que nous n’y
avions pas d’emprise, comme un "no man’s land", une zone
de passage pour petits trafiquants de cigarettes, de lait, du sucre et d'autres
produits alimentaires.
Aujourd’hui, les trafiquants sont montés de plusieurs crans. Ils
sont dans la drogue, les rezzous et les enlèvements. Parmi les plus grands,
on peut retenir :
- Il y a d’abord le groupe de Abouzaïd. De son vrai nom Yahiya Abou
Al Hamana, il possède de loin le groupe le plus puissant opérant
dans le vaste désert. Il aurait pour base des collines de Tessalit. Ce
serait également lui qui détiendrait le Français Pierre
Kamatt et les deux Espagnols enlevés en Mauritanie. Abouzaïd est
Algérien et est accusé de l’exécution de l’otage
britannique et de l’agent de la Sécurité d'Etat, assassiné à Gao.
Pendant longtemps, il n’avait aucun problème avec les autorités
maliennes, puisque les enlèvements ne se faisaient pas chez nous.
- Abdelcrime est un Malien à la tête d’un groupuscule d’une
trentaine de terroristes. Disciple d'Abouzaïd, il a quitté celui-ci
pour "monter" son groupe. Selon des sources concordantes, il opérerait à l’ouest
de Tessalit.
- Il y a également Moctar Ben Moctar, un Algérien dont le groupe
est estimé à une cinquantaine d’hommes opérant au
nord de Bourem.
Tous ces groupes, qui recrutent le plus clair du temps dans les anciens démobilisés,
les marginaux et autres désœuvrés du Nord, jouent à cache-cache
avec l’armée malienne. Dans le pire des cas, il y a toujours un
parfum de trahison, du fait que certains "repentis" qui rejoignent
les rangs ne le sont vraiment pas.
Ainsi, le grand problème décrié aujourd’hui par les
porteurs d’uniformes est le fait que tous les ETIA sont commandés
par des "intégrés", dont l’adhésion pleine
et entière de tous n’est pas "prouvable". L’ETIA,
Echelon tactique interarmes, est comme une base avancée, un renfort pré-positionné.
Il se trouve que ce soit à Ségou, Goundam, Léré,
Tombouctou, Gao, Kidal ou Menaka que tous les commandants de ces ETIA sont des
intégrés. L’on cite même un cas où le commandant
est secondé par son propre petit frère !
Le commandement est fortement interpellé pour revoir surtout ces aspects.
Alexis Kalambry
Acceuil
DRAME
DE LA ROUTE AU MARCHE DE MEDINE
Un bus de transport fait des blessés et des morts
Un grave accident de la circulation est survenu hier jeudi, vers 16 heures, au
marché de Médine avec des morts et des blessés graves.
Il était environ 16 heures jeudi au marché Dossolo Traoré de
Médine lorsqu'un autobus de Kingui Voyages, immatriculée S-4296-MD,
a provoqué un accident de la circulation. Le bilan est de plusieurs blessés
graves et d'un mort sur place et un autre blessé qui serait décédé au
CHU Gabriel Touré.
La personne morte sur place est une jeune fille qui était sur une mobylette
Djakarta en compagnie d'une amie. Elles ont été surprises sur leur
monture et fauchées par l'engin avec beaucoup d'autres usagers : automobilistes,
motocyclistes et piétons. La victime dont on ignore l'identité a été,
selon des témoins, coupée en deux morceaux par la violence du choc.
L'aide de camp de l'ex-première dame, Mohamed Zéina Bagayogo, inspecteur
de police de classe exceptionnelle, un des témoins oculaires de cette
scène macabre, a dû secourir les blessés et appeler d'urgence
les sapeurs pompiers.
L'accident s'est produit du côté de la station Total. Le chauffeur
en descendant la pente du marché en direction de la ville, a perdu le
contrôle de son véhicule à cause de l'éclatement d'un
pneu. La mastodonte qui roulait comme un objet inerte a cogné tout ce
qui se trouvait sur son passage. Le bus fou a terminé son équipée à l'intérieur
de la station Total après avoir cassé un pan du mur d'enceinte.
Ce n'est pas la première qu'un drame se déroule au marché de
Médine. Des camions de transport de marchandises qui perdent l'usage de
leurs freins ou pneus dérapent le plus souvent et tuent d'innocentes personnes.
Un cas similaire s'était produit au même endroit, il y a quatre
ans. Un camion avait écrasé des vendeurs de condiments et étalagistes
avant de terminer sa course dans une pharmacie située près de la
même station d'essence.
Les autorités chargées de la sécurité routière
et publique sont interpellées pour circonscrire le danger qui plane sur
cette partie du marché Dossolo Traoré.
Abdrahamane Dicko
Harouna Traoré
Acceuil
HISTOIRE
MALIENNE
C’est toujours Bamako
On peut dire qu’il y a des chantiers à Bamako, mais la ville reste
d’une saleté écœurante et les mœurs ne changent
pas.
L’annonce de la diffusion sur satellite des émissions de l’ORTM
en Amérique du Nord, surtout au Canada, avait suscité un grand
enthousiasme au sein d’une frange de la diaspora malienne, du moins parmi
les crédules qui pensaient que quelque chose avait changé positivement
dans la chaumière de Bozola depuis leur départ du pays.
Vous comprendrez aisément que je n’avais aucune intention de jeter
150 000 F CFA par les fenêtres pour me taper les discours soporifiques
de "leaders" en super bazin ou les ronrons pires que des somnifères
de quelques laudateurs endimanchés obnubilés par l’appât
du gain. Disons franchement qu’après environ trois mois, la plupart
des abonnés a perdu ses illusions. Plusieurs m’ont avoué avoir
regretté leur dépense. Les traditionnels "ah on dirait que
Bamako devient beau ont été remplacés par des soupirs qui
en disent plus long que les mots".
Honnêtement, pensez-vous que Bamako est sur le chemin de la métamorphose,
qui en ferait une capitale digne de ce nom ? Les chantiers que l’on voit à droite
et à gauche sont révélateurs d’une frénésie
du béton, mal récurrent qui frappe les républiques de bananes.
On construit partout, n’importe comment.
Il n'y a aucun schéma d’aménagement cohérent. L’étalement
urbain donne des vertiges. Les routes et les infrastructures vitales ne suivent
pas. Dans certains secteurs de Kalaban ou Sébénikoro, il n’y
a non seulement pas de caniveaux, mais il n’y a même pas de place
pour en creuser. Et selon ce que j’ai appris depuis mon arrivée,
la question foncière risque d’être la bougie d’allumage
d’une très grande flamme sociale si les autorités continuent à traiter
la question avec leur laxisme habituel.
Et, entre nous, franchement, n'y a-t-il pas moyen de rendre notre capitale plus
propre, plus belle, plus présentable ? Combien de temps allons-nous continuer à inhaler
cette poussière rouge, ocre, mauve, orange qui charrie des milliards et
des milliards de microbes qui font de chaque Bamakois un cadavre ambulant ?
Combien de temps allons-nous continuer à être la seule grande capitale
d’Afrique qui n’ait jamais eu une compagnie de transport urbain digne
de ce nom ? Il est temps de sortir ces Sotrama et taxis du paléolithique
supérieur de nos rues… Hélas ! Comme le disait un ami qui
m’accueillait fraîchement : "si nous vivons ainsi, c’est
parce que nous croyons cette situation normale". Ce raisonnement fataliste,
répandu comme la peste bubonique du début du XXe siècle
n’est pas en voie de guérison. Reste à espérer qu’un
jour, le Mali aura le courage de se mettre debout, sur les jambes de ses fils
et filles.
Au passage, j’ai appris une nouvelle absolument hilarante. Il paraît
que j’ai arrêté d’écrire des chroniques dans "Les
Echos" parce que le président Amadou Toumani Touré m’a
offert 50 millions de F CFA et une maison. C’est exactement ce genre de
méchanceté gratuite doublée de calomnie et de désir
de détruire qui me dégoûte foncièrement chez certains
de nos compatriotes.
Je ne sais pas si cela vaut la peine de m’étendre sur le sujet mais
par respect pour les lecteurs, j’aimerais leur dire simplement que je ne
pouvais plus écrire parce que tout simplement je fais partie des fondateurs
du Risda-Mali, une ONG qui vient de trouver 25460 livres (gratuitement et sans
entrer en concurrence avec les éditeurs locaux) pour les élèves
et étudiants du Mali. La dernière fois de ma vie que j’ai
vu ATT (et parlé avec), c’était en novembre 2000 à Paris.
Il y a une mentalité perverse dans ce pays, une perte de repères,
de fierté et d’orgueil chez plusieurs individus qui pensent que
tout le monde a un prix parce qu’eux sont prêts à toutes les
compromissions, y compris une alliance immorale pour se faire de l’argent
et s’infatuer d’orgueil. Désolé, mais je dois le dire
: il y a encore des gens au Mali qui ont encore foi en Dieu.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)
Acceuil
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