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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 16 decembre
SUR
LA CESSION DE HUICOMA AU
GROUPE TOMOTA
Le député Koniba Sidibé prend l'Etat à la gorge
La cession de l'Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) au Groupe Alou Tomota
a été une supercherie dans laquelle l’Etat malien est impliqué par
sa passivité. Au cours de la séance de questions orales avec le
ministre délégué auprès du ministre de l’Economie
et des Finances, le député a exigé la résiliation
du contrat de cession et le rétablissement des travailleurs dans leurs
droits.
La plénière de l’Assemblée nationale du mardi 15 décembre
2009 avait en plus d’une dizaine de projets de lois à examiner,
quatre questions orales adressées respectivement aux ministres de l’Administration
territoriale et des Collectivités locales, de l’Industrie, des Investissements
et du Commerce et du délégué auprès du ministre de
l’Economie et des Finances chargé du Budget.
Le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités
locales est parti au Maroc pour une réunion sur la décentralisation
qui a lieu du 15 au 20 décembre et son collègue de l’Industrie,
des Investissements et du Commerce n’a reçu que la veille (lundi)
les questions orales à lui adressées. Or, selon le règlement
de l’A. N., les questions orales sont examinées par les ministres
avant le débat à l’Assemblée. Ainsi, leurs échanges
avec leurs interpellateurs (les députés Alassane Ba, Amadou Diarra
et Oumar Mariko) ont été reportés. Et l’honorable
Koniba Sidibé, qui avait la chance d’avoir face à lui son
interpellé, en l’occurrence Lassine Bouaré, n’a pas
fait dans la dentelle.
Sur la cession de Huicoma au Groupe Alou Tomota, l’élu de Dioïla
a laissé éclater sa colère tant les faits qui entourent
cette vente sont graves, têtus et que l’Etat malien, même minoritaire
dans le capital d’Huicoma avec 12 % contre 84,13 % au Groupe Tomota, mais
détenteur de la puissance publique et garant de la stabilité et
la paix sociales par tous les moyens, assiste passivement à la disparition
de cette entreprise.
De nos jours, ce sont encore de dizaine de travailleurs d’Huicoma qui,
après des grèves, des interpellations des autorités, des
plaintes devant la justice pour réclamer leurs arriérés
de salaires et leur droit au travail tout court, occupent les locaux de la Bourse
du travail.
Une boîte de Pandore
Les mauvaises méthodes de gestion de l'Huicoma notamment "l’escroquerie", "l’accaparement
des biens immobiliers de l'Huicoma", "l’exportation de coton
graine" alors que ses usines sont arrêtées pour manque de matière
première "le non-respect du cahier des charges" qui stipule
qu’il devait investir près de 10 milliards et de finaliser un plan
social 60 jours après la cession du capital ont provoqué davantage
l’ire du député du groupe parlementaire Parena/Sadi.
Alou Tomota, en effet, aux dires de l’honorable Koniba Sidibé n’a
rempli aucun de ces points. Il a fait et continue de faire comme bon lui semble,
ordonnant des dépenses ni examinées ni approuvées par le
conseil d’administration, seul organe habilité à lui donner
quitus.
D’ailleurs, le ministre Bouaré conviendra avec le représentant
du peuple que le conseil d’administration de l'Huicoma ne s'est tenu qu’une
seule fois, en novembre 2009 depuis la cession de l’entreprise le 2 juin
2005 ! Le commissaire aux comptes, selon le député, a refusé de
certifier certains comptes de M. Tomota tant ils sont opaques et sans justificatifs.
Faut-il croire que nos autorités ne sont pas au courant de tous les manquements
qui font qu'Huicoma est au bord de la faillite ? Le député demande
la constitution d’une commission parlementaire pour enquêter sur
Huicoma, la saisine du BVG et du procureur du Pôle économique et
financier. "Cette proposition sera étudiée par le bureau de
l’Assemblée nationale", a promis le président Dioncounda
Traoré.
Même si certains restent sceptiques sur la suite des événements,
les questions orales ont le mérite d'ouvrir les yeux du peuple sur l'injustice
entretenue et sur l'œuvre de prédation en cours.
Denis Koné
Acceuil
UNIFORMISATION
DES MANDATS
Le président du HCCT joue le fou d'ATT
Il est établi depuis un certain que des manœuvres sont en cours pour
prolonger le mandat d'ATT. A défaut de modifier la Constitution qui lui
laissera la possibilité de confisquer éternellement le pouvoir.
Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, président du Haut conseil des collectivités
territoriales joue le troisième ballon d’essai du Roi Nègre.
ATT qui est un fin joueur politique capable de jongler 12 balles en même
temps, passe par un respectable monsieur pour proposer au peuple désabusé du
Mali la prolongation de son second et dernier mandat. Depuis quelques semaines,
le président du Haut conseil des collectivités locales ne cesse
de parlementer sur la nécessité d’uniformiser tous les mandats
(présidentiel, législatif, et municipal).
En public, comme en privé, Oumarou Ag Ibrahim chicane sur les avantages
qu’offre aux exécutifs et aux législatifs, de commencer ensemble
leurs mandats et les finir en synergie. Le Roi Nègre lui-même ne
rate pas d’occasions pour sonder ses interlocuteurs de la justesse de son
coup d’Etat institutionnel en préparation.
Moins frappés par une cécité passionnelle, que laisse apparaître
leur démarche, et sachant que la Constitution de notre pays donne au président,
la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, mais pas
le Haut conseil des collectivités territoriales, l’astuce consiste à aligner
son mandat, celui des députés, sur ceux des maires qui s’achèvent
en 2014, un décret-loi devant légitimer ce coup d’Etat déguisé,
ainsi le Roi Nègre aura une prolongation de mandat de 2 ans.
Convaincus de leur habileté à tirer dans toutes les lucarnes, nos
deux mousquetaires estimaient convaincre facilement les responsables politiques
et administratifs à adhérer à leur projet luciférien.
Mal leur en a pris, lorsque Kafougouna Koné, ministre de l’Administration
territoriale et des Collectivités locales et non moins compagnon de route
du général roi, important acteur du Mouvement démocratique
de 1991, très en colère, monte à Koulouba et fait la morale à son
jeune frère Amadou Toumani Touré, président de tous ceux
qui se laissent présider et de tout ce qui est présidé au
Mali.
Dans un tête-à-tête, sans témoins, Kafougouna aurait
martelé sa leçon de morale à peu près en ces termes
: "Nous n’allons plus réécrire l’Histoire, 2002
n’est que le prolongement de 91, après une série de deux
mandats, nous allons céder le pouvoir en 2012".
Il faut souligner que cet honnête officier voulait démissionner
depuis le début des événements du Nord en 2006, dont il
n’a jamais partagé la gestion. Seulement, il est resté pour
accompagner son jeune frère Amadou jusqu’au terme son mandat. Mais également
pour maintenir la cohésion au sein d’une armée totalement
démoralisée.
Un silence troublant
Même si les observateurs s’interrogent sur l’habillage juridique
que les apôtres du Roi Nègre donneront à leur machiavélique
projet, ils disent attendre septembre 2010 pour apprécier les intentions
réelles d’ATT, car selon eux, Koulouba est en train de casser la
tirelire de la République pour mieux berner les populations.
Toutes les actions du gouvernement sont inscrites dans le catalogue des festivités
du cinquantenaire du pays. Ce qui est inquiétant, c’est le fait
de mettre plus l’accent sur les aspects festifs et folkloriques, des actes
populistes plutôt que sur les grands changements et autres orientations
politiques et institutionnelles.
Par exemple ce jubilé devrait être le début d’une véritable
lutte contre la pauvreté en payant un salaire minimal (180 000 F CFA)
reflétant le coût de la vie pour une famille de 4 personnes. Nous
y reviendrons dans un article spécialement consacré.
Les mêmes observateurs disent ne pas comprendre non plus, le silence de
l’ancien président Alpha Oumar Konaré sur le sujet, qui pourtant,
a dit, qu’il ne resterait pas inactif sur la scène politique. Cependant,
beaucoup se disent assurés par la présence de Konaré dans
le pays, surtout si l’on sait qu’il n’a pas voulu briguer un
deuxième mandat à la tête de l’Union africaine. Et
son refus de prendre les commandes de l’Unesco alors qu’il avait été sollicité renforce
les thèses selon lesquelles, il pourrait devenir le chef d’orchestre
chantant la mazarinade avec des frondeurs opposés à une prolongation
de mandat que l’on prête à notre Roi bien-aimé.
Pour notre part, nous pensons qu’un homme qui, dans l’antichambre
de sa dignité, a émis des cris d’honneurs en ces termes : "Pourquoi
vous ne me faites pas confiance, pourquoi vous ne me croyez pas ? Je transmettrais
le pouvoir en 2012...", cet homme-là ne saurait remettre en cause
sa dignité pour une quelconque soif de pouvoir. Si c’est Nicolas
Sarkozy qui s’était écrié ainsi, les Français
auraient répondu en chœur : "Parce que vous ne dites pas la
vérité monsieur le président".
Mais nous autres Maliens, croyons aux mots, notre cher Roi et nous attendons
de voir.
Abdoul Karim Dramé
(journaliste indépendant)
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L'AMBASSADEUR
DE CUBA AU
MALI EN FIN
DE MISSION
" El Caballo" s'en va !
C'est un ambassadeur cubain, amoureux de l'Afrique, hautement satisfait de son
séjour au Mali, qui s'apprête à quitter notre pays ce vendredi.
S. E. Miguel Otero promet qu'il gardera un souvenir ému de l'hospitalité et
de la courtoisie légendaires des hautes autorités et des populations
maliennes.
" El Caballo" signifie en espagnol : le cheval. Mais, à Cuba,
au-delà de
la définition, "Caballo" est synonyme d'endurance, de persévérance,
de fidélité, de loyauté, de noblesse et d'humilité.
Toutes choses qui caractérisent la personnalité de S. E. Otero
qui aura, cinq années durant, représenté au Mali, ce grand
pays de José Marti, Che Guevara, Fidel et Raùl Castro, entre autres.
Aux termes d'une mission diplomatique amplement remplie, S. E. Otero rentre dans
son pays ce 18 décembre 2009, après avoir conquis l'estime et la
considération, et des Maliens en général, et de nos hautes
autorités. C'est, comme d'habitude, "entouré" que nous
avons rencontré "El Caballo" à son domicile, en compagnie
de l'ambassadeur du Mali à Cuba S. E. Fidel Diarra, du chef de la Brigade
des médecins cubains au Mali, Dr. Wilfredo Lorenzo Pelipe, la présidente
des résidents cubains au Mali, Mme Soulema Valido Rodriguez.
Dans une ambiance cubaine que, ni même la tristesse d'un "au revoir" ne
peut perturber, S. E. Fidel Diarra (actuel ambassadeur du Mali à Cuba)
qui était sur les lieux, a bien voulu parler de son ami, l'ami du Mali,
de l'Afrique en fin de mission dans notre pays.
" Cet homme qui s'en va de notre pays est exceptionnel. C'est lui qui, depuis
1998,
a œuvré pour que les relations d'amitié et de fraternité entre
Cuba et le Mali soient boostées. Dans ce sens, il a posé tous les
jalons d'une coopération Cuba-Mali renforcée et pérennisée.
Aussi, ce Grand Monsieur qu'est S. E. Otero a appuyé et soutenu toutes
ces associations au Mali (comme le Comité de soutien pour la libération
des 5 héros cubains), mais surtout, il a toujours œuvré à détruire
la désinformation et à dénoncer l'embargo des USA contre
son pays. C'est ainsi que, grâce à une campagne de sensibilisation
qu'il a menée dans notre pays, l'Assemblée nationale à l'unanimité a
condamné le blocus américain contre Cuba".
Pour Dr. Wilfredo Lorenzo Pelipe, chef de la Brigade des médecins cubains
au Mali, Otero est si simple, humble, modeste, que l'ensemble des médecins
cubains au Mali lui vouent respect et considération. "J'ai eu à travailler
avec un ami et un frère très professionnel, très humain
et qui a toujours œuvré à apporter des solutions aux problèmes
de tous les coopérants cubains au Mali. Son Excellence Otero est un homme
exceptionnel".
" Je suis arrivé en Afrique, nous explique S. E. Miguel Otero, en
1973 au
Congo. Depuis, j'ai été fasciné par ce continent. Et sa
chaleur, sa gentillesse m'ont profondément touché. Il y a aussi
une chose que je voudrais vous souligner : dans les veines de chaque Cubain coule
du sang africain. Maliens et Cubains, nous sommes les mêmes !"
B. Sankaré
Acceuil
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