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2009

Mois de decembre

Les Echos du 16 decembre

 

SUR LA CESSION DE HUICOMA AU GROUPE TOMOTA
Le député Koniba Sidibé prend l'Etat à la gorge
La cession de l'Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) au Groupe Alou Tomota a été une supercherie dans laquelle l’Etat malien est impliqué par sa passivité. Au cours de la séance de questions orales avec le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, le député a exigé la résiliation du contrat de cession et le rétablissement des travailleurs dans leurs droits.
La plénière de l’Assemblée nationale du mardi 15 décembre 2009 avait en plus d’une dizaine de projets de lois à examiner, quatre questions orales adressées respectivement aux ministres de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, de l’Industrie, des Investissements et du Commerce et du délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget.
Le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales est parti au Maroc pour une réunion sur la décentralisation qui a lieu du 15 au 20 décembre et son collègue de l’Industrie, des Investissements et du Commerce n’a reçu que la veille (lundi) les questions orales à lui adressées. Or, selon le règlement de l’A. N., les questions orales sont examinées par les ministres avant le débat à l’Assemblée. Ainsi, leurs échanges avec leurs interpellateurs (les députés Alassane Ba, Amadou Diarra et Oumar Mariko) ont été reportés. Et l’honorable Koniba Sidibé, qui avait la chance d’avoir face à lui son interpellé, en l’occurrence Lassine Bouaré, n’a pas fait dans la dentelle.
Sur la cession de Huicoma au Groupe Alou Tomota, l’élu de Dioïla a laissé éclater sa colère tant les faits qui entourent cette vente sont graves, têtus et que l’Etat malien, même minoritaire dans le capital d’Huicoma avec 12 % contre 84,13 % au Groupe Tomota, mais détenteur de la puissance publique et garant de la stabilité et la paix sociales par tous les moyens, assiste passivement à la disparition de cette entreprise.
De nos jours, ce sont encore de dizaine de travailleurs d’Huicoma qui, après des grèves, des interpellations des autorités, des plaintes devant la justice pour réclamer leurs arriérés de salaires et leur droit au travail tout court, occupent les locaux de la Bourse du travail.
Une boîte de Pandore
Les mauvaises méthodes de gestion de l'Huicoma notamment "l’escroquerie", "l’accaparement des biens immobiliers de l'Huicoma", "l’exportation de coton graine" alors que ses usines sont arrêtées pour manque de matière première "le non-respect du cahier des charges" qui stipule qu’il devait investir près de 10 milliards et de finaliser un plan social 60 jours après la cession du capital ont provoqué davantage l’ire du député du groupe parlementaire Parena/Sadi.
Alou Tomota, en effet, aux dires de l’honorable Koniba Sidibé n’a rempli aucun de ces points. Il a fait et continue de faire comme bon lui semble, ordonnant des dépenses ni examinées ni approuvées par le conseil d’administration, seul organe habilité à lui donner quitus.
D’ailleurs, le ministre Bouaré conviendra avec le représentant du peuple que le conseil d’administration de l'Huicoma ne s'est tenu qu’une seule fois, en novembre 2009 depuis la cession de l’entreprise le 2 juin 2005 ! Le commissaire aux comptes, selon le député, a refusé de certifier certains comptes de M. Tomota tant ils sont opaques et sans justificatifs.
Faut-il croire que nos autorités ne sont pas au courant de tous les manquements qui font qu'Huicoma est au bord de la faillite ? Le député demande la constitution d’une commission parlementaire pour enquêter sur Huicoma, la saisine du BVG et du procureur du Pôle économique et financier. "Cette proposition sera étudiée par le bureau de l’Assemblée nationale", a promis le président Dioncounda Traoré.
Même si certains restent sceptiques sur la suite des événements, les questions orales ont le mérite d'ouvrir les yeux du peuple sur l'injustice entretenue et sur l'œuvre de prédation en cours.
Denis Koné

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UNIFORMISATION DES MANDATS
Le président du HCCT joue le fou d'ATT
Il est établi depuis un certain que des manœuvres sont en cours pour prolonger le mandat d'ATT. A défaut de modifier la Constitution qui lui laissera la possibilité de confisquer éternellement le pouvoir. Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, président du Haut conseil des collectivités territoriales joue le troisième ballon d’essai du Roi Nègre.
ATT qui est un fin joueur politique capable de jongler 12 balles en même temps, passe par un respectable monsieur pour proposer au peuple désabusé du Mali la prolongation de son second et dernier mandat. Depuis quelques semaines, le président du Haut conseil des collectivités locales ne cesse de parlementer sur la nécessité d’uniformiser tous les mandats (présidentiel, législatif, et municipal).
En public, comme en privé, Oumarou Ag Ibrahim chicane sur les avantages qu’offre aux exécutifs et aux législatifs, de commencer ensemble leurs mandats et les finir en synergie. Le Roi Nègre lui-même ne rate pas d’occasions pour sonder ses interlocuteurs de la justesse de son coup d’Etat institutionnel en préparation.
Moins frappés par une cécité passionnelle, que laisse apparaître leur démarche, et sachant que la Constitution de notre pays donne au président, la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, mais pas le Haut conseil des collectivités territoriales, l’astuce consiste à aligner son mandat, celui des députés, sur ceux des maires qui s’achèvent en 2014, un décret-loi devant légitimer ce coup d’Etat déguisé, ainsi le Roi Nègre aura une prolongation de mandat de 2 ans.
Convaincus de leur habileté à tirer dans toutes les lucarnes, nos deux mousquetaires estimaient convaincre facilement les responsables politiques et administratifs à adhérer à leur projet luciférien.
Mal leur en a pris, lorsque Kafougouna Koné, ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales et non moins compagnon de route du général roi, important acteur du Mouvement démocratique de 1991, très en colère, monte à Koulouba et fait la morale à son jeune frère Amadou Toumani Touré, président de tous ceux qui se laissent présider et de tout ce qui est présidé au Mali.
Dans un tête-à-tête, sans témoins, Kafougouna aurait martelé sa leçon de morale à peu près en ces termes : "Nous n’allons plus réécrire l’Histoire, 2002 n’est que le prolongement de 91, après une série de deux mandats, nous allons céder le pouvoir en 2012".
Il faut souligner que cet honnête officier voulait démissionner depuis le début des événements du Nord en 2006, dont il n’a jamais partagé la gestion. Seulement, il est resté pour accompagner son jeune frère Amadou jusqu’au terme son mandat. Mais également pour maintenir la cohésion au sein d’une armée totalement démoralisée.
Un silence troublant
Même si les observateurs s’interrogent sur l’habillage juridique que les apôtres du Roi Nègre donneront à leur machiavélique projet, ils disent attendre septembre 2010 pour apprécier les intentions réelles d’ATT, car selon eux, Koulouba est en train de casser la tirelire de la République pour mieux berner les populations.
Toutes les actions du gouvernement sont inscrites dans le catalogue des festivités du cinquantenaire du pays. Ce qui est inquiétant, c’est le fait de mettre plus l’accent sur les aspects festifs et folkloriques, des actes populistes plutôt que sur les grands changements et autres orientations politiques et institutionnelles.
Par exemple ce jubilé devrait être le début d’une véritable lutte contre la pauvreté en payant un salaire minimal (180 000 F CFA) reflétant le coût de la vie pour une famille de 4 personnes. Nous y reviendrons dans un article spécialement consacré.
Les mêmes observateurs disent ne pas comprendre non plus, le silence de l’ancien président Alpha Oumar Konaré sur le sujet, qui pourtant, a dit, qu’il ne resterait pas inactif sur la scène politique. Cependant, beaucoup se disent assurés par la présence de Konaré dans le pays, surtout si l’on sait qu’il n’a pas voulu briguer un deuxième mandat à la tête de l’Union africaine. Et son refus de prendre les commandes de l’Unesco alors qu’il avait été sollicité renforce les thèses selon lesquelles, il pourrait devenir le chef d’orchestre chantant la mazarinade avec des frondeurs opposés à une prolongation de mandat que l’on prête à notre Roi bien-aimé.
Pour notre part, nous pensons qu’un homme qui, dans l’antichambre de sa dignité, a émis des cris d’honneurs en ces termes : "Pourquoi vous ne me faites pas confiance, pourquoi vous ne me croyez pas ? Je transmettrais le pouvoir en 2012...", cet homme-là ne saurait remettre en cause sa dignité pour une quelconque soif de pouvoir. Si c’est Nicolas Sarkozy qui s’était écrié ainsi, les Français auraient répondu en chœur : "Parce que vous ne dites pas la vérité monsieur le président".
Mais nous autres Maliens, croyons aux mots, notre cher Roi et nous attendons de voir.
Abdoul Karim Dramé
(journaliste indépendant)

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L'AMBASSADEUR DE CUBA AU MALI EN FIN DE MISSION
" El Caballo" s'en va !
C'est un ambassadeur cubain, amoureux de l'Afrique, hautement satisfait de son séjour au Mali, qui s'apprête à quitter notre pays ce vendredi. S. E. Miguel Otero promet qu'il gardera un souvenir ému de l'hospitalité et de la courtoisie légendaires des hautes autorités et des populations maliennes.
" El Caballo" signifie en espagnol : le cheval. Mais, à Cuba, au-delà de la définition, "Caballo" est synonyme d'endurance, de persévérance, de fidélité, de loyauté, de noblesse et d'humilité. Toutes choses qui caractérisent la personnalité de S. E. Otero qui aura, cinq années durant, représenté au Mali, ce grand pays de José Marti, Che Guevara, Fidel et Raùl Castro, entre autres.
Aux termes d'une mission diplomatique amplement remplie, S. E. Otero rentre dans son pays ce 18 décembre 2009, après avoir conquis l'estime et la considération, et des Maliens en général, et de nos hautes autorités. C'est, comme d'habitude, "entouré" que nous avons rencontré "El Caballo" à son domicile, en compagnie de l'ambassadeur du Mali à Cuba S. E. Fidel Diarra, du chef de la Brigade des médecins cubains au Mali, Dr. Wilfredo Lorenzo Pelipe, la présidente des résidents cubains au Mali, Mme Soulema Valido Rodriguez.
Dans une ambiance cubaine que, ni même la tristesse d'un "au revoir" ne peut perturber, S. E. Fidel Diarra (actuel ambassadeur du Mali à Cuba) qui était sur les lieux, a bien voulu parler de son ami, l'ami du Mali, de l'Afrique en fin de mission dans notre pays.
" Cet homme qui s'en va de notre pays est exceptionnel. C'est lui qui, depuis 1998, a œuvré pour que les relations d'amitié et de fraternité entre Cuba et le Mali soient boostées. Dans ce sens, il a posé tous les jalons d'une coopération Cuba-Mali renforcée et pérennisée. Aussi, ce Grand Monsieur qu'est S. E. Otero a appuyé et soutenu toutes ces associations au Mali (comme le Comité de soutien pour la libération des 5 héros cubains), mais surtout, il a toujours œuvré à détruire la désinformation et à dénoncer l'embargo des USA contre son pays. C'est ainsi que, grâce à une campagne de sensibilisation qu'il a menée dans notre pays, l'Assemblée nationale à l'unanimité a condamné le blocus américain contre Cuba".
Pour Dr. Wilfredo Lorenzo Pelipe, chef de la Brigade des médecins cubains au Mali, Otero est si simple, humble, modeste, que l'ensemble des médecins cubains au Mali lui vouent respect et considération. "J'ai eu à travailler avec un ami et un frère très professionnel, très humain et qui a toujours œuvré à apporter des solutions aux problèmes de tous les coopérants cubains au Mali. Son Excellence Otero est un homme exceptionnel".
" Je suis arrivé en Afrique, nous explique S. E. Miguel Otero, en 1973 au Congo. Depuis, j'ai été fasciné par ce continent. Et sa chaleur, sa gentillesse m'ont profondément touché. Il y a aussi une chose que je voudrais vous souligner : dans les veines de chaque Cubain coule du sang africain. Maliens et Cubains, nous sommes les mêmes !"
B. Sankaré

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ECONOMIE SOCIALE ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
La société civile sikassoise lance un appel citoyen
La société civile de Sikasso vient de lancer un appel citoyen pour la défense des droits des travailleurs du secteur informel.
L’Association pour le renforcement des capacités des organisations civiles de base a organisé samedi 12 décembre 2009, une conférence-débat sur l’économie sociale et solidaire, une alternative de lutte contre la pauvreté. Cette initiative a pour but de sensibiliser l’opinion publique sur la nécessité de promouvoir l’émergence de cette économie qui place la personne humaine au centre du développement afin de réduire la pauvreté au Mali.
A l'issue des débats, un réseau, composé d’une dizaine d’ONG, a été mis en place pour inventorier, analyser, aider à créer et renforcer les structures de l’économie sociale et solidaire, sensibiliser les structures de l’Etat et organiser des réflexions et des recherches actions sur cette économie.
La conférence a été co-animée par le directeur régional de la Caisse des retraites, Mady Kamissoko, et Gana Guirou, chef de la division développement local et économie sociale et solidaire/Sikasso. Selon M. Guirou, "l’économie sociale et solidaire désigne un ensemble d’initiatives économiques à finalités sociales qui participent à la construction d’une nouvelle façon de vivre et de penser l’économie. Elle met la personne humaine au premier rang du développement économique et social".
Malgré le rôle important que le secteur informel joue dans la création d’emplois, beaucoup de ses segments sont caractérisés par une faible productivité et l’absence des éléments de base de la protection sociale. Pour le directeur régional de la caisse de retraite, "un fort taux des salariés du secteur informel n’est pas déclaré par leurs employeurs à une caisse d’assurance sociale. Pourquoi une telle situation de non-respect de la réglementation en matière du travail ? Pourquoi l’inspection du travail n’agit pas pour résoudre ce problème pour déterminer les facteurs à l’origine de cette transgression de la législation ?". Le directeur a recommandé de faire des enquêtes et sensibiliser les travailleurs et leurs employeurs sur les risques qu’ils courent.
Devant le manque de rigueur dans l’application de la réglementation en matière de protection des travailleurs et la montée en force du secteur privé, le travail informel prend des proportions importantes dans la région de Sikasso. La crise vécue dans la région ces dernières années a aggravé la situation. Tous les constats aboutissent à un état des lieux critique.
En fait, le travailleur du secteur privé ne jouit de la protection sociale que dans les quelques entreprises qui ont atteint un certain stade de structuration et qui affichent l’ambition de s’inscrire dans le temps. Les employés "clandestins" ne sont pas couverts et travaillent dans des conditions lamentables.
Oumar Traoré un jeune de 28 ans, opérateur sur machine dans une huilerie raconte : "J’ai commencé à travailler ici depuis 3 ans. Notre patron ne dispose même pas de registre officiel de commerce, lorsqu’il y a deux ans, les services des impôts l’ont sanctionné, il a décidé de nous faire travailler en rotation la nuit".
Faisant la corrélation entre économie sociale et solidaire (ESS) et lutte contre la pauvreté, M. Guirou a soutenu que les initiatives de l’ESS contribuent à améliorer les conditions des citoyens, à maintenir la cohésion sociale et l’augmentation des activités.
B. Y. Cissé

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DR. ALI SOUFOUNTERA, COORDONNATEUR DE L’ONG WALE
" La stigmatisation cause plus de mal que le Sida"
Le mois de décembre est dédié à la lutte contre le VIH/Sida. L’ONG Walé, tête de proue du combat contre la pandémie dans la région de Ségou, vient de lancer l’appel dit de Ségou. Le coordonnateur de Walé, Dr. Ali Soufountera, nous parle de ce cri du cœur pour une réponse appropriée à la stigmatisation et fait le point de la pandémie à Ségou.
Les Echos : C’est quoi l’appel de Ségou ?
Dr. Ali Soufountera : L’appel de Ségou est un cri du cœur. Nous sommes une structure d’accompagnement. Nous avons observé que du fait de la stigmatisation, beaucoup de malades du VIH/Sida ont des problèmes par rapport à l’observance, notamment la prise de médicament. La charge virale des malades, surtout des enfants, est en train d’augmenter parce que les parents ou les tuteurs ne sont pas toujours dans les dispositions pour leur donner leur dose d’ARV. Suite à une enquête, nous avons découvert qu’ils craignent que d’autres personnes ne sachent leur statut sérologique.
Notre appel comporte trois points. La substance, c’est d’abord que les responsables et les leaders acceptent de s’engager pour poser des actes concrets avec nous au quotidien. On a demandé ensuite à l’Etat malien et au secrétariat exécutif du Haut conseil de lutte contre le Sida de diligenter une étude sur la stigmatisation pour connaître la profondeur du mal. Aujourd’hui, on ne peut pas dire voilà toutes les conséquences même si on en connaît quelques-unes. C’est seulement à travers une étude qu’on aura des repères solides et des pistes pour une réponse appropriée de la stigmatisation.
Enfin, l’appel de Ségou demande aux personnes vivant avec le VIH de prendre le devant du combat afin que la communauté puisse les accepter. Si on est d’accord que vivre avec le VIH n’est pas une malédiction, il faudrait que la communauté soit d’accord que les personnes vivant avec le VIH sont productives. Aujourd’hui, toutes les couches socioprofessionnelles sont touchées. Mais il faudrait que les personnes touchées prennent le devant du combat. Ce sont ces trois dimensions qui sont consignées dans l’Appel de Ségou.
Les Echos : Pouvez-vous nous parler de la situation épidémiologique du Sida à Ségou ?
Dr. A. S. : Il faut dire que l’épidémie est en net recule dans notre pays en général et à Ségou en particulier. Selon l’Enquête démographique 2006, le taux de prévalence est passé de 2 % à 1,3 %. Aujourd’hui, les chiffres à Ségou font état de 2778 personnes séropositives recensées au niveau des différentes structures d’accompagnement. Parmi ces personnes, 1352 sont sous ARV et le nombre de décès se chiffre à 352 et les personnes vivant avec le VIH qui sont perdus de vue sont au nombre de 612. Ces 612 personnes ont soit arrêté le traitement, soit sont décédées, soit ont changé le lieu de traitement.
Ces statistiques de la région qui datent de juin 2009 ont été recueillies sur 15 sites. Mais une chose est sûre : il y a des insuffisances par rapport aux différents outils qu’on utilise. Avec des méthodes de collectes perfectionnées, la réalité peut être différente. Mais, ce qu’il faut retenir c'est que la pandémie est en nette régression dans la région grâce à l’effort des acteurs qui se sont dédiés à la lutte contre cette maladie.
Les Echos : La lutte contre la stigmatisation est le cheval de bataille de Walé. Où en est-on à Ségou ?
Dr. A. S. : C’est vrai, la réponse à la stigmatisation est aujourd’hui notre cheval de bataille. Juste pour rappeler qu’en 2007 nous avons initié une journée lumière qui est une journée de plaidoyer au cours de laquelle nous avons rassemblé un certain nombre de responsables. Nous les avons mis les personnes vivant avec le VIH pour qu’elles expliquent leur vécu quotidien, les difficultés, les souffrances qui sont les leurs et que les autorités et les populations comprennent que tant que ce problème n’est pas résolu, on ne peut pas parler de combat véritable face au VIH. Quelqu’un qui a le virus et qui sait que si son entourage l’apprend, c’est l’enfer pour lui, soyez sûrs que cette personne va cacher sa maladie et se comportera comme tout le monde.
Il faut comprendre que c’est humain. Ce n’est pas avec des lois qu’on pourra combattre ce phénomène. Il faudrait une analyse approfondie, une démarche sociale pour connaître les fondements et faire en sorte que nos valeurs et traditions puissent corriger ce problème. Nous avons renouvelé la démarche le 13 août dernier dans la salle de conférence Mamadou Lamine Traoré de l’Académie. La thématique a intéressé beaucoup de personnes, même la coordonnatrice pays de l’Onusida.
Nous avons aussi eu la manifestation de solidarité de nos collègues de l’Association Djigui des personnes vivant avec le VIH à Ségou, Kénédougou Solidarité, le président des personnes vivant avec le VIH. C’est pour vous dire que l’approche a pris de l’ampleur et tous ont reconnu le mérite du combat que nous menons. On veut être pragmatique en amenant les gens à s’engager à travers des visites au bureau et à domicile. Il n'y a pas longtemps, la représentante d'un groupe de femmes religieuses s’est engagée. Quand l’équipe de Walé l’a approchée pour convenir d’un certain nombre d’activités, elle a invité des femmes vivant avec le VIH à préparer pour leur association et manger avec une cinquantaine de femmes.
Nous voulons que de tels actes se multiplient pour que les personnes vivant avec le VIH soient fortes. Il faudrait que la communauté soit plus réceptive. Sachant bien qu’une telle personne est infectée, comment faire pour l’accepter dans un service, dans une association dans une famille ? Peut-être au départ, il y aura de la résistance, mais il faudrait que ça se concrétise en amour, en acceptation et en solidarité. C’est à ce prix que nous allons vaincre la stigmatisation. D’ailleurs, lors de la journée lumière 2009, nous avons profité pour lancer "l’Appel de Ségou".
Propos recueillis par
Daouda Coulibaly

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COMPENSATION CARBONE
Le Mali porte la voix de l’Afrique
La Charte africaine de compensation volontaire et solidaire sera présentée le 17 décembre à Copenhague par notre pays à l’occasion d’une journée spéciale placée sous la présidence du chef de l’Etat. L’Afrique compte sur ce mécanisme pour décrocher des financements permettant de développer des projets de reforestation et d’énergies renouvelables.
Le Protocole de Kyoto a été adopté en 1997 à la 3e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Entré en vigueur en 2005, il fixe pour les pays développés des objectifs de réduction d’émissions entre 2008 et 2012. Les pays en voie de développement ne sont pas astreints à des objectifs de réduction contraignants de gaz à effet de serre.
Le Protocole a introduit trois mécanismes de flexibilité destinés à aider les pays ayant un objectif de limitation ou de réduction de gaz à effet de serre à remplir leurs engagements à moindre coût. Parmi ces trois mécanismes, il y a le Mécanisme pour un développement propre (MDP) dont l’objectif est double : aider les pays en développement à parvenir à un développement durable ; aider les pays industrialisés à remplir leurs engagements chiffrés de limitation et de réduction de leurs émissions.
Force est de constater que le développement de projets dans les pays du Sud dans le cadre du MDP est resté à un stade embryonnaire. La raison de cet échec résulte des lourdeurs administratives du processus de validation, de la complexité technique des critères d’éligibilité, de la faiblesse des compétences sur le terrain et de l’inadaptation du mécanisme à certains types de projets.
Face à cette contrainte, les pays du Sud sollicitent leur intégration dans les mécanismes de lutte prévus par le Nord. Dans cette perspective, il s’agira de renforcer la participation des pays du Sud dans les mécanismes permettant à des organisations publiques et privées et à des individus de compenser les émissions de gaz à effet de serre au Nord.
Assurer un développement durable
Les communications scientifiques démontrent que les changements climatiques vont avoir des incidences néfastes sur la production agricole et les ressources en eau, entraînant une baisse de la production céréalière et des plantes fourragères disponibles pour le bétail, un assèchement des bas-fonds, des points d’eau et donc une diminution de la production halieutique.
Ces phénomènes engendrent un appauvrissement des populations rurales qui vont rechercher des sources alternatives de revenus dans les ressources forestières et accroître la déforestation. Le développement de l’agriculture durable se situe à la confluence de trois secteurs prioritaires : développement durable, sécurité alimentaire et développement local.
Il s’agira concrètement de prendre des mesures incitatives sur le plan législatif pour encourager le développement de projets innovants dans le domaine de la plantation d’arbres et de la protection des massifs forestiers autochtones. Etablir des bases de collaboration étroite avec les firmes du Nord pour leur permettre d’appuyer les projets de compensation en Afrique dans une démarche "gagnant-gagnant".
La compensation carbone sert à compenser les émissions de gaz à effet de serre du Nord en finançant des projets au Sud qui aident à la diminution des émissions globales (reforestation, valorisation des énergies renouvelables...) Sa mise en œuvre donnera naissance aux fonds carbone qui sont des partenariats entre acheteurs et institutions privées ou publiques. Ces fonds centralisent les demandes de crédits de la part des acheteurs et prospectent des projets. Les crédits générés par les projets sont alors distribués aux différents financeurs au prorata de leur participation. Les fonds peuvent apporter un appui technique pour l'élaboration des projets afin d’inciter les investissements productifs dans les filières agricoles et les énergies renouvelables.
La compensation carbone repose sur trois principes de base. Le projet doit être défini et règlementé par le Protocole de Kyoto. Il doit porter sur la réduction ou la séquestration de gaz à effet de serre. Il doit être mis en œuvre par les pays du Nord et contribuer au développement durable des pays du Sud.
Quant à la compensation volontaire, c’est une adaptation simplifiée du Protocole de Kyoto. Des individus ou des organisations achètent des "bons carbone" issus de projets de réductions d'émission de gaz à effet de serre ou de capture du carbone. Ces « bons » appelés aussi crédits carbone servent à compenser les émissions des acheteurs.
Le Mali entend promouvoir, au nom de toute l’Afrique, ce mécanisme de compensation carbone lors du sommet de Copenhague. A cet effet, une Journée du Mali sera présidée par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré le 17 décembre dans la capitale danoise. En plus de la présentation du document aux partenaires, le programme une prestation de Salif Keita qui fait appelle à notre sens écologique dans son dernier album.
(source : ministère de l’Environnement et de l’Assainissement)

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LIMOGEAGE AU DJOLIBA
Kéké se sauve sur le dos de Conti
Le conseil d’administration du Djoliba, dirigé par le président Karounga Kéita "Kéké", vient de démettre de ses fonctions l’entraîneur Alou Badara Diallo "Conti" pour manque d’autorité et de résultats sur le plan africain. Ses adjoints, Arouna Macalou et Bréhima Traoré "Bréhimablen" ont pris sa place pour une période de transition en attendant que l’entraîneur du CSD, le Congolais Michel Kigoma, règle son problème avec son président.
Lorsqu’il prenait les rênes de l’encadrement technique, l’ex-entraîneur du COB avait une mission : redonner une âme au Djoliba qui avait tout perdu sur le plan national, notamment le titre de champion, pour aller à l’assaut de l’Afrique.
Cet objectif, quelques mois après sa prise de fonction, a été atteint. Et il disait après le titre de la saison 2007-2008 de champion du Djoliba : "J’ai un groupe et je sais quoi en faire". De fait, c'était un groupe qui avait fière allure et donnait satisfaction aux membres du Conseil d’administration des Rouges.
Dès sa prise de fonction, l’entraîneur entreprend une réforme. Les joueurs qui constituaient l’ossature de l’équipe ont été "dosés" avec les recrues. Nonobstant les deux doublés des saisons 2007-2008 et 2008-2009 et l’échec aux portes de la phase de poule de la Ligue des champions, certains mettaient dès lors les capacités techniques de Conti en doute.
Après la défaite de samedi, l’entraîneur du CSD, Kigoma s'est aussitôt rendu à Hèrèmakono. Le dimanche dernier soit au lendemain de la défaite en Super Coupe face au Stade malien de Bamako, le conseil d’administration du club à la suite d’une assemblée générale d’information extraordinaire a décidé de lui confier l’encadrement technique. Kigoma, toujours sous contrat avec son club, avait dirigé le Djoliba en 2004 avec un doublé à la clé. "Nous avons approché Michel Kigoma, mais il doit régler d’abord son problème et trouver une solution de sortie avec son président", nous a déclaré Kéké joint au téléphone.
Ponce-pilatisme ?
Après la défaite subie samedi face au Stade malien de Bamako, les supporters et certains membres du Conseil d’administration avaient demandé le départ illico de Karounga Kéita "Kéké" et de son entraîneur. Ils ont même réclamé le retour des anciens du club. Face à cette situation, le président du CA du Djoliba, qui faisait corps avec son entraîneur, Alou Badara Diallo "Conti" a décidé de se séparer de lui.
Ce geste de Kéké, les supporters et les membres du Conseil d’administration l’attendaient depuis longtemps et Karounga vient de réaliser leur vœu. "Conti a fait d’énormes progrès avec nous notamment les deux doublés. Des succès uniques dans les annales de notre football. Mais l’effectif qu’il dirige n’est plus motivé. Pour cela, nous voulons créer un choc psychologique", a expliqué Karounga Kéita pour motiver le départ de Conti.
La nomination des adjoints à la tête de l’encadrement technique va provoquer des remous au sein de l’effectif du club. Selon certaines indiscrétions, des jeunes joueurs négligés par Conti pourraient effectuer leur retour. Ces derniers, s’ils ont la confiance des intérimaires et même de Kigoma attendu d’un moment à l’autre pourraient redonner son âme au Djoliba.
Affaire à suivre…
Boubacar Diakité Sarr

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