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2009

Mois de decembre

Les Echos du 15 decembre

 

KALABAMBOUGOU
Quand des faux titres fonciers dictent leur loi
La démolition de maisons à Kalabambougou en Commune IV, la semaine dernière est loin d’être une erreur d’huissier comme nous l’écrivions dans notre précédente parution. Le procureur de Kati avait bel et bien ordonné la casse de ces maisons, mais sur la base de faux titres fonciers dont se prévalent de soi-disant propriétaires fonciers.

Le ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières a notifié, en 2001, la mise à disposition de la Commune IV d’un terrain d’une superficie de 100 hectares dans la zone de réserve foncière de Kalabambougou, au compte de la mairie de la Commune IV.
Dans une lettre qu’il a adressée au maire de la Commune IV de l’époque, le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, a expliqué que ces parcelles sont destinées au recasement des populations déguerpies de Bougoudani (Lafiabougou), suite aux programmes de réhabilitation et des victimes des inondations de ce quartier. La zone de Kalabambougou a été dûment dévolue à la Commune IV.
Un an après, en 2002, les services de l’urbanisme du cercle de Kati ont commencé à amputer et vendre dans les 100 hectares affectés à la Commune IV. Pour ne pas être pris de court, le maire de la Commune IV a écrit au directeur national des domaines et du cadastre, l'a informé que les services de l’urbanisme du cercle de Kati se livrent depuis un certain temps à l’occupation du domaine foncier communal, ajoutant que ces services distribuent des titres fonciers à des personnes sur les terres relevant de sa compétence territoriale.
Les deux titres délivrés dans les 100 hectares de Kalabambougou par les services d’urbanisme de Kati sont le TF 6395 du 19 novembre 2001 accordé à Diaguily Diombana et le 7435 au compte de la famille Niaré. Par décision n°0001 du 4 février 2003, le directeur national des domaines et du cadastre a annulé, pour incompétence territoriale, les titres 7445 et 7446 de Kati et les actes administratifs de cession n°02-641 et 02-650/DRDC-Koulikoro des 17 juillet et 19 juillet 2002.
Le contentieux jugé clos avec l’annulation des faux titres par les domaines de l’Etat et du cadastre resurgit six ans plus tard au grand dam des propriétaires de la centaine de maisons construites à Kalabambougou. Ces derniers ont été surpris par le bruit des bulldozers accompagné d’éléments de maintien d’ordre. La population n’avait pas été visiblement avertie. L’opération a été arrêtée de justesse, mais trois maisons ont été démolies et beaucoup d'autres fondations.
Le 2e adjoint au maire de la Commune IV, Seydou Kéita, que nous avions approché ce jour-là avait indiqué que la démolition est une erreur émanant de l’huissier. Il se plaignait de n’avoir pas reçu une copie de la grosse du jugement ni de sommation interpellative.
Sidiki Doumbia

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NORD-EST DU MALI
Une situation agropastorale critique
La 25e rencontre annuelle du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), tenue du 8 au 11 décembre à Bamako, a attiré l’attention des décideurs sur une situation agropastorale critique à l’Est du Sahel, c'est-à-dire le Nord-est du Mali. Les mauvaises perspectives des productions agropastorales dans ces zones risquent de compromettre sérieusement la sécurité alimentaire à la prochaine période de soudure.
Les conclusions de la 25e réunion du RPCA sur les perspectives de la situation alimentaire en 2010 au Sahel et en Afrique de l’Ouest sont alarmantes. A l’issue de quatre jours de travaux, des experts internationaux en agriculture ont estimé que la situation agropastorale est critique au Niger, au nord-est du Mali, au nord-est du Burkina Faso, au Tchad et en Mauritanie suite au déficit pluviométrique, engendrant un faible niveau de remplissage des points d’eau et une régénération médiocre des herbacées.
Les perspectives agropastorales, a conclu la rencontre du RPCA, sont globalement bonnes dans les pays humides et dans les zones à l’ouest du Sahel, mais mauvaises, voire médiocre dans les zones du Sahel oriental.
La production céréalière prévisionnelle 2009-2010 des pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, à l’exception du Liberia et de la Sierra Leone, est estimée à 51 millions de tonnes un niveau de production équivalent à celui de 2008-2009. Aussi dans ces zones la baisse des prix internationaux des céréales n’a-t-elle été transmise que très partiellement aux marchés locaux en raison notamment de la levée des mesures tarifaires prises pendant la crise et ainsi que la dépréciation des monnaies dans certains pays en l'occurrence le Ghana, la Gambie, le Nigeria et la Mauritanie.
Alerte
La réunion du RPCA a indiqué que les mauvaises perspectives des productions agropastorales à l’est du Sahel (Sud-est du Niger, Nord du Nigeria, Tchad, Nord-est du Mali et Nord-est du Burkina), couplées au prix élevé des céréales, risquent, dans les prochains mois, de compromettre la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables, en particulier pendant la période de soudure qui risque de commencer plus tôt pour certains ménages.
La réunion a recommandé aux décideurs politiques de renforcer les appuis aux cultures de contre-saison à travers la fourniture des intrants agricoles et les technologies de maîtrise de l’eau et de faciliter la mise en œuvre d’action de mesure visant l’accès aux aliments de bétail, la mobilité du cheptel ainsi que la libre circulation des produits vivriers conformément aux accords régionaux.
Il a été également recommandé au CILSS d’accélérer la mise en place du Réseau des sociétés chargées de la gestion des stocks nationaux de sécurité alimentaire. Le commissaire à la sécurité alimentaire du Mali a assuré que les autorités politiques des pays membres du Réseau vont examiner avec attention les recommandations de la réunion.
Des recommandations fortes ont été également faites sur la nécessité de valoriser et d’appuyer la transformation des produits locaux.
La 25e réunion coïncidait avec le 25e anniversaire du RPCA qui regroupe plusieurs pays de la région.
Sidiki Doumbia

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BRUITS SOURDS
AMM : l'URD décrète "Tout sauf Bill"
Au sein de la Ruche, ils sont officiellement trois candidats à briguer le fauteuil de président de l’Association des municipalités du Mali (AMM). Il s’agit de Boubacar Bah dit Bill (maire de la Commune V), d’Abdel Kader Sidibé (maire de la Commune III et président sortant) et d’Adama N. Diarra (maire de Kourouma, Sikasso). Longtemps annoncé, le parti ne s’était pas réuni si ce n’est que la semaine dernière qu'il a tranché la question de candidature. C’est Boubacar Bah dit Bill qui a été choisi par l’Adéma pour briguer la présidence de l’Association. De sources bien introduites rapportent que la candidature de Bill ne fait pas l’unanimité au sein de la Ruche pour la simple raison que d’aucuns trouvent l’homme difficile. L'URD, allié de l'Adéma, a décrété le "Tout sauf Bill". En tout cas, la section Adéma de Sikasso n’a pas caché sa détermination à maintenir la candidature d'Adama N. Diarra. Autant dire que l’élection du président de l’AMM se tient sur fond de crise larvée à l’Adéma.

A. N. : Les députés refusent de voter le projet de budget
Le projet de budget 2010 soumis à l’examen des élus de la nation n’est toujours pas voté. A l’origine du retard, le refus des parlementaires d’adopter le projet de budget tant que toute la lumière n’est pas faite sur les fonds issus de la cession de la Sotelma et qui n’ont pas été non plus inscrits au budget 2010. Pour bon nombre de députés, les explications fournies par le président de la République relatives à la clé de répartition des 180 milliards de F CFA ne tiennent pas la route. Et qu’en la matière, il n’appartenait pas non plus au chef de l’Etat de dresser la liste des investissements pour lesquels l’argent sera dépensé. Ce qui fait dire à certains élus de la nation qu’ATT, en agissant de la sorte, a tout simplement voulu se justifier aux yeux de la Communauté internationale. Au demeurant, les députés ne sont pas prêts à voter de sitôt le projet de budget 2010.

A. N. : Le président de la Commission des finances invisible
Il nous est revenu que le président de la Commission des finances, Oualy Diawara, est invisible depuis un certain temps à l’hémicycle à Bagadadji. Il mettrait toujours en avant des prétextes de voyage pour se faire excuser lors des débats. Il serait parti à Copenhague pour prendre part au Sommet mondial sur les changements climatiques. Or, ses collègues ne veulent pas voter le projet de budget 2010 en son absence. Ils souhaitent que les débats se fassent en sa présence et qu’il explique en quoi les 180 milliards de la Sotelma sont sécurisés. Ce à quoi apparemment l’élu ne veut pas se prêter. Craignant un débat d’idées avec les autres députés, il a opté pour la politique de la chaise vide. D’ailleurs, l’Assemblée nationale devait examiner la semaine dernière la question du vote ou non du budget 2010.

Stade malien, des joueurs démotivés
Après leur victoire le 5 décembre 2009 sur l’Entente sportive de Sétif d’Algérie 3-2 en Coupe de la Confédération africaine de football (Caf) à l’issue des tirs au but, les joueurs du Stade malien attendent de l’argent. Impatients d’en obtenir plus après la Coupe, certains ont aujourd’hui le moral au talon. Conséquence : ils tardent à rejoindre le centre de Sotuba pour reprendre les entraînements. C’est seulement à la veille de la fête que chaque joueur du Stade avait reçu la modique somme de 100 000 F CFA. Et depuis ils rasent les murs.

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BOUBACAR TOURE FACE A LA PRESSE
" Le RPM a refusé de prendre le pouvoir par la rue"
Au terme de l’atelier de formation des formateurs de ses élus, des responsables du Rassemblement pour le Mali (Issa Guindo, secrétaire chargé des élus, maire sortant de la Commune IV, et Boubacar Touré, secrétaire à la communication, ancien député à l’Assemblée nationale) étaient face à la presse. Pour M. Touré, le RPM a refusé de prendre le pouvoir par la rue.
L’école du parti, le contentieux né des élections communales en Commune IV, l’élection du président de l’Association des municipalités, les élections ont été, entre autres, les sujets évoqués au cours de cette conférence de presse.
Selon M. Touré quand on parle de l’école du parti, il ne faut pas s’attendre à voir une infrastructure avec tous ses équipements, mais à des sessions de formation, des séminaires, destinés aux militants cadres, élus du parti.
Ces sessions de formation, ont soutenu les conférenciers, visent à renforcer les capacités de compréhension des militants sur des sujets qui préoccupent la nation, sur le fonctionnement des institutions et les aident à accomplir efficacement leurs missions.
Au sujet du contentieux électoral en Commune IV, ils n’ont fait aucun commentaire parce que, ont-ils avancé, l’affaire est pendante devant le tribunal. "Au RPM, nous faisons confiance en notre justice", a affirmé M. Touré. Quant à l’élection du président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), les conférenciers ont indiqué que ce sujet sera discuté par le bureau politique national (BNP) au moment opportun.
Parlant des élections, M. Touré a estimé qu’elles ont été dominées par la fraude, l’achat des consciences. Toutes choses que l’on refuse au RPM, a-t-il poursuivi. Et de rappeler que "le parti du Tisserand a refusé de prendre le pouvoir par la rue". Mais c'est précisément contre la fraude que le parti entend renforcer les capacités de ses agents électoraux à comprendre les lois et tout le système électoral.
Denis Koné

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GUINEE
Les humeurs tragiques de la poudrière
" Dadis, chef tristement original, fort en mots tonitruants et aux actes spectaculaires sur fond d’humiliations colériques, avait le choix cornélien entre ATT, le Malien qui se retira en 1992 après une transition réussie, Guéi, l’Ivoirien qui s’accrocha au trône pour finir par être balayé en un premier temps et liquidé au second, Aziz, le Mauritanien qui opta pour une stratégie d’échelle en démissionnant pour se présenter en candidat des pauvres pour finir par rafler la mise".
Et bien Montesquieu n’a pas toujours raison quand il écrit que chaque peuple mérite ses dirigeants. La Guinée ne mérite pas ses dirigeants actuels. Défendre le contraire pour apporter caution à l’idée de l’auteur de l’esprit des lois, c’est insulter l’esthétique de la résistance du peuple guinéen à tous les régimes qui l’auront brimé avec leur mécanique implacable. Un peuple qui résiste ne peut mériter l’insulte suprême de la passivité.
C’est bien les dirigeants guinéens qui ne méritent ni ce peuple ni ce pays à la richesse enviée. La Guinée est fardeau trop lourd pour les épaules d’un homme aussi agité et imprévisible que Dadis. L’on pourra certes évoquer la dialectique organiciste de l’enfantement et soutenir que Dadis même n’est que le produit d’une déliquescence sociétale, mais c’est s’incliner vers la facilité du dédouanement des diables qui, usant de l’appareil de l’Etat, l’utilisent à des fins "léviathanesques" par-delà l’éthique et le patriotisme.
La Guinée, pays-phare de la ré-appropriation de la dignité africaine à travers son Non historique à la France coloniale, n’en finit pas de souffrir comme si elle devait, après l’exploit de la pionnière rebelle, s’illustrer par l’horreur d’une gestion catastrophique où les joutes dictatoriales, "satrapiques" le disputent aux Ubu rois déclinés sous leur macabre version tropicale.
Moussa Dadis Camara sera-t-il le dernier avatar d’une odyssée de tragédie et de gâchis contrastant avec la richesse fabuleuse de ce pays béni par la nature ? A défaut d’y croire, osons espérer au sens obamaien (l’Audace d’espérer n’est-il pas le titre d’un livre écrit par Obama en 2006 avant son élection historique ?) Il ne faut pas désespérer de la capacité des Guinéens à surmonter ce moment tant périlleux qu’ardu !
En effet, ce pays frère aura souffert un peu plus de deux décennies durant de la chape de plomb sékoutouréienne, dictateur, suprême régent d’une pseudo-révolution dont l’affiche incandescente offrait tant une logorrhée pédante que le sinistre Camp Boiro où périrent tant de Guinéens dont l’illustre Diallo Telli, 1er secrétaire général de l’OUA.
Le règne du dictateur Touré, malgré une relative popularité en raison de ses relents anti-impérialistes, céda la place à celui de Lassana Conté, président militaire, au style chef de village autoritaire, ayant opté pour un isolationnisme tempéré (tant il abhorrait les voyages même dans la sous-région) et un parler cru que Dadis adoptera mais avec plus de véhémence, d’arrogance, voire d’immaturité explosive. Au commencement, n’était pas seulement le verbe, l’homme est aussi dans le verbe !
Présidence médiatique
Dadis aura inauguré la présidence médiatique, sans ce mystère mitterrandien où le recul et l’ombre cultivée garantissaient un admirable charme sémiotique, quand tout, sauf les affaires de gros sous, se passait sous l’avidité des médias de Conakry et les yeux amusés d’une opinion guinéenne ayant mordu, au début et seulement au début, à l’appât comique de ce sauveur autoproclamé dont les colères homériques et les frasques du show à son effigie auguraient pourtant d’une saison d’orage que même Seydou Badian Kouyaté, auteur malien du célèbre "Sous l’orage", de passage pendant ce qu’on pouvait qualifier de printemps de Conakry, n’a pas su déceler.
L’auteur de l’hymne national du Mali que j’admire personnellement se réjouissait que ces jeunes de la junte se réclament de l’héritage révolutionnaire sékoutouréien ! Ce n’est pourtant pas la faute de Seydou Badian Kouyaté si Dadis a déçu par la suite au-delà des frontières de ce pays où le fleuve Niger, charriant l’Histoire, dépositaire de tant de faits et secrets de nos peuples aux destins liés, par-delà la mémoire épique de nos admirables griots, prend sa divine source.
Les coups de feu dont cet Ubu roi vient d’être victime de la part de son aide de camp, Aboubacar Diakité alias Toumba, n’est qu’une séquence d’une descente aux enfers dont le peuple guinéen paie sans nul doute le prix fort. Toumba, par ce geste tragique et désespéré relevant plus de l’instinct de survie, semble signifier qu’il ne sera pas la victime expiatoire d’un massacre majuscule dont il a déclaré aux enquêteurs internationaux qu’il ne fut que le bras exécuteur.
N’est-ce pas que chaque trône à son tribut sacrificiel, son mouton noir, animal exutoire ! Toumba, dont le père fut aide de camp de Sékou Touré, n’entend pas être le mouton noir d’une junte dont il n’était que le gardien des vies avant d’inspirer crainte aux siens et de fusiller "le roi" à bout portant.
Aujourd’hui recherché, celui qu’on disait brillant, repu aux arts martiaux, se terre quelque part en Guinée et dit, lui-même, être en lieu sûr avec le dernier carré des fidèles ! Claude Pivi alias Complan, ministre de la Sécurité de la junte, est à ses trousses sous la bénédiction du général Sékouba Konaté, actuel patron d’une junte fissurée à l’image du vacillement de tout un peuple éprouvé.
Cette junte, minée de l’intérieur depuis son talon d’Achille originel (un triumvirat qui empêche toute autorité appuyée), a certainement encore des soubresauts à étaler au grand jour tant la guerre des clans connaît son acmé en son sein. En effet, entre le clan Dadis, l’excentrique aux éruptions volcaniques, actuellement dans les mains de Dieu et des médecins marocains, Sékouba Konaté, l’officier respecté au calme olympien et aux desseins jusqu'ici énigmatiques, et Claude Pivi, l’homme des troupes et des gris-gris affichés en guirlande (communication du corps dans la mystique d’un imaginaire populaire acquis à ce qui gît dans les abysses non de la physique mais de l’inexpliqué), il est difficile de diviser la poire surtout que ce n’est point en deux parties.
La saison de la terreur se confond actuellement à Conakry au marché des fétiches, des marabouts quand l’imaginaire populaire prête à Toumba, la terreur terrée quelque part, des pouvoirs mystiques lui permettant de disparaître. Même s’il risque de tomber entre les mains de ses frères d’armes d’hier qui le traquent aujourd’hui, l’on se demande comment celui qui a tiré à bout portant sur le chef de la junte a pu s’en sortir sans risques mortels alors qu’il y a eu une riposte des dadistes et des morts ?
Il est vrai que c’est bien Dadis, en imprudent sûr de lui, qui avait fait le déplacement dans le guêpier de celui censé veiller sur sa vie alors que le chef de la junte n’ignorait plus rien du climat de désamour et de méfiance réciproque de plus en plus perceptibles entre son aide de camp et lui-même !
Et quid du rôle souterrain prêté à la France, accusée, à travers son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, aux déclarations musclées contre la junte, de vouloir la faire tomber ? Le marigot guinéen est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets surtout quand il bouillonne de plusieurs caïmans qui se disent tous mâles aux relents virils quand la Kalachnikov est symbole de phallus pour se faire obéir !
Quant à Dadis, chef aux traits tirés, un brin provocateur ostentatoire, un tantinet désopilant, il est passé depuis, du Dadis Show au Dadis tombeau, non pas le sien mais celui d’un peuple riche en fosses communes. Méthode fantasque et gouvernance en direct via la magie de la télé nationale et presque allergique au protocole classique, voulait-il expérimenter un style original de gouvernance révolutionnaire ?
Dadis, chef tristement original, fort en mots tonitruants et aux actes spectaculaires sur fonds d’humiliations colériques, avait le choix cornélien entre ATT, le Malien qui se retira en 1992 après une transition réussie, Guéi, l’Ivoirien qui s’accrocha au trône pour finir balayé en un premier temps et liquidé au second, Aziz, le Mauritanien qui opta pour une stratégie d’échelle en démissionnant pour se présenter en candidat des pauvres pour finir par rafler la mise.
Plus un secret de polichinelle ! Tout semble indiquer que Dadis, hospitalisé au Maroc et qui n’est plus sûr de retrouver son fauteuil même s’il se relevait de sa blessure crânienne, avait opté pour le schéma Guéi tout en espérant finir comme Aziz, se faire élire sans démissionner. Cette stratégie antinomique à une promesse vite reniée était-elle partagée par la junte ou Dadis serait-il un assoiffé solitaire ?
L’histoire avec son agenda sibyllin nous dira un jour, peut-être plutôt que prévu, si Dadis lui-même n’était que l’otage d’une junte affamée du pouvoir et de ses attributs. Les appétits de pouvoir, les ors des ministères et autres retombées juteuses semblaient tenter déjà une grande partie de la junte au point que Dadis s’était permis de prophétiser : "Après Dadis, ce sera un autre Dadis", une manière claire et péremptoire de signifier au monde que la clique militaire est loin de céder la place à une transition civile ou un président civil.
Rendez-vous raté ?
En attendant que l’avenir fasse tomber ses voiles, éclairer l’horizon guinéen, c’est le peuple qui vit la "soufrière", nom d’un volcan, sous les humeurs de la poudrière d’une armée à l’indiscipline reconnue. Cette armée qui, jadis était altière et fière de voler au secours de pays frères en lutte contre le colonisateur, une contribution positive du dictateur Sékou Touré au recouvrement de la dignité africaine, se déshonore aujourd’hui par la répression des siens aux mains nues et à la soif démocratique légitime au point de faire des viols collectifs en plein air une redoutable et affreuse méthode de torture des corps et des esprits dans ses relents plus qu’affermis du contrôle et de la préservation d’un pouvoir ramassé à terre après la mort de Conté.
Ainsi sous les feux de l’Etat wébérien et son monopole de l’exercice de la violence légitime, le monstre "léviathanesque" au sens hobbesien dévore sa cible guinéenne. Aider le peuple de Guinée contre les humeurs d’une armée poudrière et la division d’une classe politique même si l’ampleur des massacres du 28 septembre dernier l’a momentanément soudée, c’est oser quelques pistes de propositions :
- Une force d’interposition composée de troupes de pays africains non impliqués ou soupçonnés d’être de connivence avec une partie des protagonistes de la crise guinéenne pour protéger la population, servir de moyen de pression psychologique au profit de la médiation en cours et peut-être celles à venir au cas où la méthode Compaoré venait à être récusée.
- Opter pour une transition apaisée avec une refonte institutionnelle, constitutionnelle à travers une conférence nationale ou une commission vérité justice et réconciliation.
- Ne surtout pas écarter totalement la junte, ce qui paraît d’ailleurs impossible, mais surtout s’appuyer sur le charisme d’un Sékouba Konaté, officier respecté et qui fut le premier à présenter ses excuses au peuple et qui le premier demanda l’arrestation de Toumba à la suite des massacres au stade, pour conduire la refonte difficile de l’armée guinéenne sans que lui aussi ait la possibilité d’être candidat.
- Organiser un procès juste et équitable à la suite des résultats des enquêtes en cours pour punir les responsables des massacres (le devoir de réconciliation ne peut se passer de l’impératif de justice si elle veut être durable et garante de la paix future).
- Organiser enfin des élections ouvertes, démocratiques sous l’égide de la force d’interposition, des institutions africaines et internationales.
Il n’est pas exclu que de bonnes volontés soient disponibles au sein de la junte surtout avec la pression internationale qui sévit sur elle pour faciliter la mise en place de solutions réalistes. Demander un départ total de la junte semble un schéma irréaliste qui risque de la durcir ou de conduire à un nouveau coup d’Etat.
L’opposition guinéenne doit donc se montrer à la fois vigilante, mais réaliste. Ce sera la preuve d’un patriotisme visionnaire et pragmatique. Toute proposition extrémiste risque de faire passer le pouvoir dans les mains de l’aile dure de la junte, celle des faucons qui ne veulent pas du tout entendre parler d’une mise à l’écart totale des militaires. Si tous les familiers du dossier guinéen convergent sur la nécessité de la refonte de l’armée, peut-on la faire sans y impliquer des officiers guinéens ?
Ce peuple mérite soutien dans son combat pour la liberté, la démocratie et la dignité ! Le soutenir, c’est l’aider à des solutions opérationnelles, réalistes et surtout capables d’éviter les deux scénarios du pire : une explosion généralisée ou une junte endurcie repliée sur elle-même et instaurant pour des années une autre dictature sanglante !
Dans une passe difficile, le meilleur moyen d’éviter l’impasse et le pire est d’opter pour la stratégie du moindre mal ! Aidons la Guinée à s’aider et à s’élever. Son humiliation est celle de toute l’Afrique. Elle a donné hier le ton à la saga des indépendances africaines dans l’espace francophone colonial et n’a pas manqué de voler au secours de pays encore sous la joute coloniale. Elle peut-être demain, avec sa nature bénie et le sursaut de conscience et de patriotisme de ses femmes et de ses hommes, une puissance émergente ! Plus que "l’audace d’espérer", l’impératif du succès !
Yaya Traoré
(doctorant en sciences politiques, Paris II Assas)

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ENERGIE
Bientôt le Mali et la Guinée interconnectés
La réalisation du projet d’interconnexion Mali-Guinée va être bientôt une réalité. En témoigne la tenue de la réunion de finalisation et d’adoption des termes de référence des études de pré investissement du projet dont les travaux ont démarré hier lundi 14 décembre à Bamako.
Piloté par l’organisation sous régionale West African Power (Wapp) et les Etats du Mali et de la Guinée, ce projet, conçu pour accroître les opportunités d’échanges énergétiques entre les deux pays et ceux de la sous-région, s’inscrit, selon le secrétaire général de Wapp, Amadou Diallo, au cœur des objectifs de son organisation.
Ces objectifs se traduisent par l’intégration de l’exploitation des réseaux d’électricité devant permettre un approvisionnement en énergie électrique régulier, fiable et à un coût abordable au profit des populations. A l’ouverture des travaux, le directeur national de l’énergie, Sinalou Diawara, a rappelé l’importance qu’accordent les autorités maliennes au projet qui doit, dit-il, bénéficier de la coopération sous-régionale pour sa réussite.
" Au plan national, ce projet permettra au Mali d’accroître à moyen terme ses ressources d’approvisionnement en énergie bon marché, renforçant ainsi la fiabilité et l’efficacité économique du système électrique national", a expliqué le patron de Wapp.
Concrètement le projet va consister en la construction d’une ligne de transport de 225 Kva, d’environ 1350 km de longueur et près d’une dizaine de postes de transformation haute tension. La rencontre de Bamako, qui va durer quatre jours, va être mise à profit par les participants pour examiner en profondeur le projet et se concerter sur les prestations attendues des consultants et sur les contraintes de mise en œuvre du projet.
Amadou Waïgalo

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1re JOURNEE DU CHAMPIONNAT NATIONAL
Les attaquants se mettent en exergue
Le championnat national de Ligue 1 a démarré le dimanche dernier sur les stades de Bamako et Ségou avec une profusion de buts.
Les attaquants ont été bien présents au rendez-vous de la première journée du championnat dimanche dernier. Ils ont marqué 8 buts sur trois matches dont la moitié ont été inscrits uniquement dans le match opposant le COB au Sigui de Kayes, qui s’est soldé sur le score de 3-1 en faveur des Olympiens.
Le premier but du vice-champion a permis à l’attaquant Amadou Diamouténé de devenir le premier buteur de la saison. Il a ouvert la marque à la 4e. En deuxième heure, le public a eu droit à une rencontre pleine de suspense entre le CSK et le Stade malien de Sikasso. Le match a finalement tourné à l’avantage des Centristes, victorieux (2-1), après avoir été menés au score. La journée a été également marquée par la courte mais précieuse victoire (1-0) au stade Amary Daou de Ségou de Bakaridjan devant le Réal.
Le programme de la journée devait se poursuivre hier lundi et demain mercredi à Bamako et Koulikoro. Ainsi hier lundi au stade Modibo Kéita, il devait y avoir les oppositions AS Police-JA, suivie de l’ASKO contre le Onze-Créateurs.
Mercredi, au stade Diarrah de Koulikoro, le Stade malien de Bamako sera l’hôte du CSD, tandis qu’au stade Modibo Kéita, le champion en titre, le Djoliba entamera la défense de sa couronne face à l’Usfas.
Une rencontre que les Rouges disputeront sans leur entraîneur, Badara Alou Diallo "Conti". Ce dernier est sur la sellette depuis la défaite de son équipe en Super Coupe devant le Stade malien de Bamako. Il a été démis de ses fonctions par le club et remplacé par l'actuel entraîneur du CSD, le Congolais Kigoma Michel.
Pour le président de Malifoot, Hammadoun Kolado Cissé, ce championnat s’ouvre sous le signe de la consolidation des acquis et surtout du grand début d’application de la feuille de route dressée par son institution à l’issue de l’assemblée générale de Tombouctou.
" Nous étions venus à un moment où la saison dernière était en cours. Nous avons achevé l’œuvre de nos prédécesseurs puisque l’administration du football est aussi une continuité. Grâce à Dieu, ça s’est bien passé. Le championnat national et la Coupe du Mali ont été bien menés et nous avons pu glisser quelques innovations que nous entendons apporter tout au long de notre exercice", a déclaré le premier responsable du football malien à un confrère de "L’Indépendant".
Boubacar Diakité Sarr

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