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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 14 decembre
IL
FAUT LE DIRE
Clair-obscur
Je dois à l’honnêteté d’avouer - une fois n’est
pas coutume, dira-t-on - que j’ai savouré avec un plaisir exquis
le discours du président de la République, lundi dernier, à l’ouverture
des Etats généraux du foncier. L’exposé était
structuré, documenté avec des faits irréfutables et le ton épousait
la fermeté qui va avec la gravité du sujet. Dans la forme, c’était
sublime.
Pendant deux jours, je me disais que cette fois-ci les carottes sont vraiment
cuites pour ce personnel de commandement, ces agents des services du domaine
et ces élus locaux qui s’accaparent sans vergogne des terres publiques
et privées.
Mais, pour qui, comme moi, a suivi peu ou prou l’Espace d’interpellation
démocratique (EID) de jeudi dernier où les conflits fonciers évoqués
ont éclipsé les autres dysfonctionnements de l’administration à l’égard
des citoyens, le bout du tunnel est loin. Dans la majorité des cas, les
litiges naissent de l’interprétation tendancieuse des textes par
des autorités qui continuent de faire voir de toutes les couleurs aux
plus démunis.
Elles créent de faux titres fonciers sur des terres arables, mystifient
des paysans ; elles font plusieurs attributions sur une même parcelle,
mais elles ne sont nullement inquiétées, car après leur
rapine, elles soudoient tous ceux qui peuvent leur demander des comptes, les
sanctionner. Mais qu'à cela ne tienne ! Nous sommes assis sur une poudrière
prête à exploser à la moindre étincelle.
Prenons l’exemple des retraits. Admettons même que cette pratique
est autorisée par la loi ; cependant les lots ne sont jamais réaffectés
dans la transparence. Ils ne profitent pas à ceux qui ont réellement
besoin d’un lopin pour s’abriter et qui en ont formulé le
besoin en bonne et due forme.
A preuve, la suggestion de sursis à l’opération du chef de
l’Etat n’a rencontré qu’une oreille sourde. Conséquence
: d’humbles citoyens, des veuves et orphelins ont été dépossédés
de biens acquis honnêtement au motif qu’ils ne les ont pas mis en
valeur dans les délais légaux alors qu’ils ont toutes les
peines du monde à assurer la dépense quotidienne avec leurs salaires
ou pensions de misère.
Vous savez pourquoi ? Parce que de nos jours, la terre a acquis une valeur marchande à faire
pâlir d’envie le diamant. Elle fait le bonheur de la caste des propriétaires
terriens et autres caïmans pour qui l’argent n’a pas d’odeur.
Qui ne sait plus que des lettres d’attribution de parcelles à Bamako
sont sur le "marché" partout où il y a une diaspora malienne,
parce que les preneurs savent mettre le prix qu’il faut ?
Combien de milliards de F CFA, détournés des caisses de l’Etat,
sont également blanchis dans l’achat immodéré de parcelles
? On ne saurait avancer un chiffre, mais la réalité est palpable
! Des immeubles de standing sont construits dans des quartiers naguère
réputés pauvres, comme l’a reconnu le chef de l’Etat.
Qu'est-ce que les Etats généraux du foncier peuvent changer tant
que les hommes restent les mêmes.
Le fonctionnaire désargenté, le tablier du coin ou la revendeuse
de brochettes… est écarté de l’accès à la
terre. Et si c’était pour nous amadouer ?
A. M. T.
Acceuil
MAUVAISE
GESTION
La CCIM dépouillée de ses sous
De 2 milliards de F CFA de liquidité en 2002, les comptes de la Chambre
de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) sont au rouge avec 1,5 milliard
de dettes. La mauvaise gestion, la gabegie, la magouille… les belles carrosses
et les voyages princiers sont passés par là.
En remettent le témoin à Jeamille Bittar, qui venait d'être élu
président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), en
décembre 2002, Malamine Tounkara lui a laissé une institution crédible,
unie et viable.
Malamine Tounkara avait transmis à son remplaçant un bilan financier
avec un solde positif de plus de 2 milliards de F CFA. Sept ans après,
la CCIM sous les deux mandats de Jeamille Bittar doit à ses créanciers
1,5 milliard de F CFA.
La CCIM vit de subventions du fonds TRIE et ne génère pas de ressources
propres à part le reversement de la patente des opérateurs économiques,
estimée à 400 millions de F CFA par an. En dépit des difficultés,
Bittar s’est octroyé un fonds de souveraineté de 150 millions
par an, un fonds de déplacement (voyages et missions) de 100 millions
par an.
Pour son confort personnel, le président de la CCIM a acheté à 12
millions de F CFA pendant son premier mandat un véhicule 4x4 d’occasion
de Dubaï qu’il a immatriculé en son nom. Il a voulu se faire
rembourser par la CCIM, mais s'est buté au refus obstiné du ministre
de l’Economie et des Finances de l’époque chez qui le fonds
TRIE est domicilié.
L’argument du ministre a été qu’il ne peut pas immatriculer
un véhicule en son nom et se faire rembourser sur des fonds publics destinés
aux dépenses de fonctionnement de la Chambre. C’est après
cet incident qu’il a convaincu l’assemblée consulaire de lui
payer une Toyota V8 - toutes options - à 60 millions de F CFA et une Prado
pour son secrétaire général.
L’hémorragie financière se poursuit à la CCIM. Au
cours de l’édition 2009 de la Febak, qui a fermé ses portes
dimanche 13 décembre 2009, le bureau consulaire a décidé de
convoquer son assemblée consulaire sur le site de la foire. Cette assemblée
consulaire a donné lieu à des dépenses comme 20 millions
de F CFA dans la location simple d’une bâche et de chaises sans appel
d’offres. La bâche à elle seule a été louée à Dakar à 13
millions de F CFA et les chaises ont coûté 7 millions de F CFA.
Prédateur
Les assemblées consulaires qui se tiennent de façon tournante dans
les délégations régionales (Ségou et Sikasso) et à Bamako
ne nécessitent pas de telles dépenses. Si la rencontre se tient à Bamako,
la location pendant trois jours de la salle des congrès au CICB ne coûte
pas plus de 1,5 million à raison de 500 000 F CFA par jour.
Dans les régions, à part les frais de transport et d’hébergement,
l’assemblée consulaire se tient dans les locaux du siège
de la délégation régionale.
Jeamille Bittar étant l’ordonnateur des dépenses, il est
le seul à pouvoir arrêter la saignée financière, à moins
qu’il soit le cerveau ou qu’il ait des intérêts particuliers
dans cette pratique. Il avait été rappelé à l’ordre
en 2006 par le Contrôle général d’Etat qui avait noté des
manquements graves à l’orthodoxie financière à la
CCIM. Le ministère des Finances avait pris ses responsabilités
en lui affectant un contrôleur financier.
Mais apparemment, ce dernier ne jouit pas de la plénitude de ses prérogatives.
Le président met en avant ses prérogatives d’ordonnateur
des dépenses et fait signer des chèques par le trésorier
général au vu et au su de l’assemblée consulaire acquise à sa
cause et qui approuve sa tendance… dépensière.
Cette gestion calamiteuse compromet dangereusement l’existence de l’institution
saignée à blanc. D’aucuns pensent que Bittar, qui craint
d’être rattrapé par ses malversations et magouilles, a cherché refuge
au Conseil économique, social et culturel (CESC) où il vient d'être
nommé/élu en qualité de président. Il a vu anéantir
ses rêves de siéger à l'Assemblée nationale. Il avait été recalé aux
législatives de 20007 en Commune V où il était inscrit sur
la liste PDR ave une belle sœur de la première dame.
La CCIM perd aussi de sa crédible et son unité tant au Mali qu’à l’extérieur
où elle a eu le privilège de présider aux destinées
de la Chambre consulaire de l’Uémoa entre 2000 et 2002 à travers
la personne de Malamine Tounkara. Les opérateurs économiques parlaient
d’une même voix, sans rivalité ni rancœur. Mais de nos
jours, les acteurs du monde des affaires au Mali se regardent de travers et les
plus hautes autorités accusées d’avoir pris fait et cause
pour Bittar assistent les bras croisés.
Bittar met en avant ses bons rapports avec le couple présidentiel. Il
aurait dit à un de ses confidents qui a trahi le secret sans le vouloir
que "rien ne pourra lui arriver puisqu'il traite avec la première
Dame".
Abdrahamane Dicko
Acceuil
ETATS
GENERAUX
DU FONCIER
Le PM s’engage à exécuter les recommandations
Les Etats généraux du foncier (EGF) se sont achevés vendredi
par une série de recommandations que le Premier ministre Modibo Sidibé s’est
engagé à mettre en œuvre pour la stabilité sociale.
La création d’une Agence nationale du foncier, d’un Observatoire
du foncier, la relecture des textes sur le foncier, la déconcentration
des services étatiques du foncier, la création d’une commission
interministérielle pour le recensement des espaces verts et du domaine
de l’Etat, l’immatriculation de tout le domaine de l’Etat,
la prise de sanction à l’encontre de ceux qui dilapident les domaines
de l’Etat… sont entre autres, les recommandations issues des EGF
que Bamako a abrités pendant 5 jours et dont la cérémonie
de clôture a été présidée vendredi par le Premier
ministre Modibo Sidibé.
Les EGF, organisés dans le but de trouver des solutions aux multiples
problèmes que pose le foncier, ont été l’occasion
pour plus de 500 participants issus de toutes les couches socioprofessionnelles
de débattre de plusieurs thèmes (4 grands thèmes et 17 sous-thèmes)
relatifs au foncier.
A l’ouverture des travaux, le président Amadou Toumani Touré avait
souhaité avoir le rapport final de ces concertations au plus tard le 8
juin 2010. Pour sa part, le PM, en clôturant les travaux, a pris l’engagement
de mettre en œuvre les recommandations issues de ces assises.
On attend maintenant les actions concrètes pour mettre fins aux multiples
problèmes fonciers sinon les minimiser. Ces problèmes, de l’avis
de nombreux participants et même des autorités, représentent
une menace réelle pour la stabilité et la paix sociale avec les
double attribution (12 000, ont révélé les EGF), la spéculation
foncière, la dilapidation du domaine public par les autorités concédantes…
Denis Koné
Acceuil
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