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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 08 decembre
BANCONI
Une Sotrama écrase une élève et provoque des émeutes
Hier matin, une fillette de 7 ans, élève à l’Ecole
fondamentale de Bougouba a été écrasée par une Sotrama
engagée dans une folle course à la clientèle avec un autre
véhicule sur la route du Banconi en Commune I. Des émeutes ont éclaté dans
le quartier au cours desquelles trois Sotamas ont été incendiées.
Lundi matin 7 décembre 2009, les parents de Fatoumata Diarra (7 ans, élève
en classe de 2e année) étaient loin d'imaginer qu’ils allaient être
appelés sur sa dépouille lorsqu'elle a quitté le domicile
pour se rendre à l'école. Et pourtant, c'est à cette triste
réalité qu'ils ont été confrontés. Leur fille,
inscrite à l'Ecole fondamentale de Bougouba, située près
de Luna Park, a été mortellement fauchée par une Sotrama.
Dans sa hâte à ravir la clientèle à un concurrent,
le chauffeur a heurté une autre élève, qui a été blessée à la
tête.
Selon le coordinateur de l’Ecole fondamentale de Bougouba, l’accident
est survenu aux environs de 9 h. Il venait de libérer les élèves
pour qu’ils entrent à la maison à la suite d’une assemblée
générale que les enseignants venaient de convoquer. La défunte
Fatoumata Diarra et son camarade ont été cognées par une
des deux Sotramas engagées dans une course-poursuite.
Selon des usagers de la route de Koulikoro, ce genre d’accidents est fréquent
sur cette voie malgré la création de deux postes de contrôle
(l'un au rond-point du Banconi et l’autre à celui du passage à niveau
du Garbal de Bakaribougou) par la Compagnie de circulation routière (CCR).
Les élèves et des populations révoltés ont mis le
feu au véhicule à l’origine de la mort de la fillette. Une
chasse aux Sotramas a été ouverte. Deux autres véhicules
de ce type ont été incendiés. La circulation sur la route
de Koulikoro a été coupée pendant plus de trois heures avec
des pneus enflammés sur le goudron.
Les usagers étaient obligés de passer soit par Korofina soit par
l’Hippodrome pour se frayer du chemin avec un terrible bouchon dans les
rues traversées. La circulation n’a été véritablement
rétablie qu’aux environs de 11 h avec l’arrivée des
agents du Groupement mobile de sécurité (GMS).
Aux dernières nouvelles, le chauffeur, présumé auteur de
la mort accidentelle de Fatoumata Diarra, a été conduit au commissariat
du 3e arrondissement. Au-delà des campagnes de sensibilisation à la
sécurité routière, il y a urgence à sécuriser
la vie des usagers de la circulation contre les errements des chauffeurs de transports
en commun.
De plus, le retour de la justice populaire remet sur le tapis la problématique
de la justice. La lenteur de la machine judiciaire, la corruption, le manque
d'équité de juges… poussent certaines populations à se
faire justice.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
DEMOLITION
DE MAISONS A KALABAMBOUGOU
L'erreur destructrice d'un huissier
Les habitants de Kalabambougou derrière Sébénikoro en Commune
IV ont été surpris hier matin de voir des bulldozers sécurisés
par un groupe de gendarmes en train de démolir leurs maisons sans sommation.
Si ce n’était pas l’intervention de la mairie qui n’était
pas informée de l’opération, une bonne partie du quartier
allait être rasée à cause d’une erreur de l’huissier.
Sur décision du procureur de Kati, des gendarmes ont procédé lundi à la
démolition de maisons à Kalabambougou. Ils ont cassé trois
villas bâties et des soubassements. L’opération a été arrêtée à temps
par la mairie qui a été avertie par la population qui n’a
reçu aucun avertissement préalable concernant la démolition
de maisons.
" J’ai payé mon terrain à la mairie en 2003. Je suis
passé chez le notaire Kanda Kéita pour mettre en forme la vente.
J’ai fait un investissement de plus de 30 millions de F CFA. A ma grande
surprise, ce matin quand j’étais au travail, ma femme m’a
appelé pour me dire qu’ils sont en train de démolir nos maisons.
Je n’ai rien compris", s’est inquiété Mahamadou
Soumaré, cadre de la Sotelma et un résident.
L’arrivée des conseillers municipaux et du commissaire du 9e arrondissement
sur les lieux a permis de circonscrire les dégâts. La population était
sur le point d’affronter des gendarmes et certains citoyens étaient
prêts à incendier les bulldozers. Le 2e adjoint au maire de la Commune
IV, Seydou Kéita, a expliqué qu'il venait d’être d’informé qu’il
y a une casse à Kalabambougou. "J’étais étonné.
C’est une décision du procureur de Kati pour un autre titre différent
d’ici".
L’erreur est grosse
Pour le maire, il y a eu confusion. Et d’indiquer que l’erreur incombe à l’huissier
chargé de l’exécution de la décision du procureur. "Obligatoirement
la grosse doit passer par la mairie. Si l’huissier ne l’a pas fait,
il a failli à son devoir. On a demandé d’arrêter la
casse. En la matière, je vais m’entretenir avec le ministre de la
Sécurité intérieure", a indiqué l’adjoint
au maire.
Pour Mamadou Kéita, le président de la commission domaniale de
la mairie de la Commune IV, il y a lieu maintenant de faire le constat des dégâts.
Il dira qu’à son entendement, "il s’agissait de Kabalabougou
qui fait partie de Kati et non de Kalabambougou. Malheureusement quand ils ont
eu la grosse, il ne se sont pas adressés à la mairie de la Commune
IV. Ce sont des histoires", a-t-il ajouté.
Selon lui, la zone concernée fait plus de 100 hectares que l’Etat
a affectés à la mairie de la Commune IV en 1996 pour le récasement
des populations de Lafiabougou Bougoudani. Un officier supérieur de la
garde nationale, dont la maison a été détruite au cours
de l’opération, a indiqué que l’erreur est grosse.
Sidiki Doumbia
Acceuil
ATT
AUX ETATS GENERAUX
DU FONCIER
" Il faut aller vers une logique de sanctions"
Sanctionner les spéculateurs fonciers ainsi que leurs complices et assurer
une bonne gouvernance du foncier : tel est le vœu formulé par ATT
aux Etats généraux du foncier, ouverts lundi 7 décembre à Bamako.
Vœu pieux.
Les sécheresses successives que le pays a connues ajoutées à l’accroissement
démographique sont des facteurs qui ont contribué au rétrécissement
de l’espace vital. L’exploitation des ressources naturelles dans
un contexte de décentralisation et de démocratisation ont également
contribué à exacerber les problèmes d’accès,
de sécurisation et de gestion équitable du foncier et des ressources
naturelles, malgré l’existence d’un code du foncier.
Les récents conflits en communes I et IV ainsi que de nombreux drames
qui sont survenus dans l’intérieur du pays démontrent combien
le foncier est devenu un enjeu de taille. C’est pour trouver une réponse
aux multiples problèmes que l’Etat malien, appuyé par le
Système des Nations unies, a initié les Etats généraux
du foncier dont la cérémonie d’ouverture a été présidée
lundi par le président de la République. C'était en présence
du Premier ministre et des membres du gouvernement et de plusieurs personnalités
nationales et étrangères.
Pendant cinq jours, gouverneurs de région, préfets, sous-préfets,
maires, conseillers municipaux, éleveurs, agriculteurs, promoteurs immobiliers… bref
tous les acteurs du foncier vont décortiquer les maux qui gangrènent
la bonne gouvernance foncière. Au Mali, ces maux résultent généralement
de l'existence à côté du régime foncier d'un système
traditionnel. Le droit coutumier, quoique reconnu par la loi, n’est pas
réglementé et les pratiques coutumières ou traditionnelles
sont souvent en contradiction avec les textes de loi et règlement.
Une messe solennelle ?
De plus, les textes législatifs et réglementaires sont incompréhensibles
pour la majorité des intervenants qui notent que chacun interprète
différemment selon ses propres intérêts. A côté de
ces maux, il faut ajouter la multiplicité des intervenants aux intérêts
divergents dans le foncier, voire contradictoires, et dont les rôles mal
définis, se chevauchent : entraînant inexorablement des litiges
qui aboutissent à des procès interminables au meilleur des cas
ou à des drames au pire.
Profitant de la tribune qui lui est offerte, le président Amadou Toumani
Touré a reconnu que notre Code du foncier connaît certes des lacunes
qu’il faut corriger, mais il a surtout imputé la plus grande part
de responsabilité aux autorités domaniales. Les maires, sous-préfets
et préfets, les gouverneurs ainsi "ces agents opérateurs économiques
immobiliers ou opérateurs économiques agents d’immobilier" (les
mots sont d'ATT) se sont également fait remonter les bretelles par le
chef de l’Etat, visiblement indigné par l'ampleur de la spéculation
foncière.
Les hommes de loi n’ont pas non plus été épargnés
quant à une bonne distribution de la justice en matière domaniale.
Pour ATT, l’heure est venue de mettre le holà à la chienlit
foncière. Le chef de l’Etat a suggéré une logique
de sanction.
Les Etats généraux du foncier devront aboutir à la définition
d’un cadastre, la création d’un Observatoire ainsi qu’une
Agence du foncier. Ces Etats généraux devront juguler tous les
problèmes du foncier. Mais beaucoup de Maliens demeurent sceptiques quant à l’application
stricte des résolutions.
Stupéfaits que le président ATT en sache autant sur le labyrinthe
foncier, mais croise les bras, beaucoup de participants craignent d'ores et déjà que
la montagne n'accouchera que d'une toute petite souris.
Denis Koné
Des associations en colère
Des habitants de Tabakoro ainsi que des communes I et IV avaient pris place dans
la cour côté du CICB. Là, ils avaient déployé des
banderoles hostiles aux autorités communales et fustigeant la gestion
des terres dans leurs quartiers. Ces manifestants affirment avoir été victimes
de retrait illégal de parcelles.
D. K.
Acceuil
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