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2009

Mois de decembre

Les Echos du 08 decembre

 

BANCONI
Une Sotrama écrase une élève et provoque des émeutes
Hier matin, une fillette de 7 ans, élève à l’Ecole fondamentale de Bougouba a été écrasée par une Sotrama engagée dans une folle course à la clientèle avec un autre véhicule sur la route du Banconi en Commune I. Des émeutes ont éclaté dans le quartier au cours desquelles trois Sotamas ont été incendiées.
Lundi matin 7 décembre 2009, les parents de Fatoumata Diarra (7 ans, élève en classe de 2e année) étaient loin d'imaginer qu’ils allaient être appelés sur sa dépouille lorsqu'elle a quitté le domicile pour se rendre à l'école. Et pourtant, c'est à cette triste réalité qu'ils ont été confrontés. Leur fille, inscrite à l'Ecole fondamentale de Bougouba, située près de Luna Park, a été mortellement fauchée par une Sotrama. Dans sa hâte à ravir la clientèle à un concurrent, le chauffeur a heurté une autre élève, qui a été blessée à la tête.
Selon le coordinateur de l’Ecole fondamentale de Bougouba, l’accident est survenu aux environs de 9 h. Il venait de libérer les élèves pour qu’ils entrent à la maison à la suite d’une assemblée générale que les enseignants venaient de convoquer. La défunte Fatoumata Diarra et son camarade ont été cognées par une des deux Sotramas engagées dans une course-poursuite.
Selon des usagers de la route de Koulikoro, ce genre d’accidents est fréquent sur cette voie malgré la création de deux postes de contrôle (l'un au rond-point du Banconi et l’autre à celui du passage à niveau du Garbal de Bakaribougou) par la Compagnie de circulation routière (CCR).
Les élèves et des populations révoltés ont mis le feu au véhicule à l’origine de la mort de la fillette. Une chasse aux Sotramas a été ouverte. Deux autres véhicules de ce type ont été incendiés. La circulation sur la route de Koulikoro a été coupée pendant plus de trois heures avec des pneus enflammés sur le goudron.
Les usagers étaient obligés de passer soit par Korofina soit par l’Hippodrome pour se frayer du chemin avec un terrible bouchon dans les rues traversées. La circulation n’a été véritablement rétablie qu’aux environs de 11 h avec l’arrivée des agents du Groupement mobile de sécurité (GMS).
Aux dernières nouvelles, le chauffeur, présumé auteur de la mort accidentelle de Fatoumata Diarra, a été conduit au commissariat du 3e arrondissement. Au-delà des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière, il y a urgence à sécuriser la vie des usagers de la circulation contre les errements des chauffeurs de transports en commun.
De plus, le retour de la justice populaire remet sur le tapis la problématique de la justice. La lenteur de la machine judiciaire, la corruption, le manque d'équité de juges… poussent certaines populations à se faire justice.
Abdrahamane Dicko

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DEMOLITION DE MAISONS A KALABAMBOUGOU
L'erreur destructrice d'un huissier
Les habitants de Kalabambougou derrière Sébénikoro en Commune IV ont été surpris hier matin de voir des bulldozers sécurisés par un groupe de gendarmes en train de démolir leurs maisons sans sommation. Si ce n’était pas l’intervention de la mairie qui n’était pas informée de l’opération, une bonne partie du quartier allait être rasée à cause d’une erreur de l’huissier.
Sur décision du procureur de Kati, des gendarmes ont procédé lundi à la démolition de maisons à Kalabambougou. Ils ont cassé trois villas bâties et des soubassements. L’opération a été arrêtée à temps par la mairie qui a été avertie par la population qui n’a reçu aucun avertissement préalable concernant la démolition de maisons.
" J’ai payé mon terrain à la mairie en 2003. Je suis passé chez le notaire Kanda Kéita pour mettre en forme la vente. J’ai fait un investissement de plus de 30 millions de F CFA. A ma grande surprise, ce matin quand j’étais au travail, ma femme m’a appelé pour me dire qu’ils sont en train de démolir nos maisons. Je n’ai rien compris", s’est inquiété Mahamadou Soumaré, cadre de la Sotelma et un résident.
L’arrivée des conseillers municipaux et du commissaire du 9e arrondissement sur les lieux a permis de circonscrire les dégâts. La population était sur le point d’affronter des gendarmes et certains citoyens étaient prêts à incendier les bulldozers. Le 2e adjoint au maire de la Commune IV, Seydou Kéita, a expliqué qu'il venait d’être d’informé qu’il y a une casse à Kalabambougou. "J’étais étonné. C’est une décision du procureur de Kati pour un autre titre différent d’ici".
L’erreur est grosse
Pour le maire, il y a eu confusion. Et d’indiquer que l’erreur incombe à l’huissier chargé de l’exécution de la décision du procureur. "Obligatoirement la grosse doit passer par la mairie. Si l’huissier ne l’a pas fait, il a failli à son devoir. On a demandé d’arrêter la casse. En la matière, je vais m’entretenir avec le ministre de la Sécurité intérieure", a indiqué l’adjoint au maire.
Pour Mamadou Kéita, le président de la commission domaniale de la mairie de la Commune IV, il y a lieu maintenant de faire le constat des dégâts. Il dira qu’à son entendement, "il s’agissait de Kabalabougou qui fait partie de Kati et non de Kalabambougou. Malheureusement quand ils ont eu la grosse, il ne se sont pas adressés à la mairie de la Commune IV. Ce sont des histoires", a-t-il ajouté.
Selon lui, la zone concernée fait plus de 100 hectares que l’Etat a affectés à la mairie de la Commune IV en 1996 pour le récasement des populations de Lafiabougou Bougoudani. Un officier supérieur de la garde nationale, dont la maison a été détruite au cours de l’opération, a indiqué que l’erreur est grosse.
Sidiki Doumbia

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ATT AUX ETATS GENERAUX DU FONCIER
" Il faut aller vers une logique de sanctions"
Sanctionner les spéculateurs fonciers ainsi que leurs complices et assurer une bonne gouvernance du foncier : tel est le vœu formulé par ATT aux Etats généraux du foncier, ouverts lundi 7 décembre à Bamako. Vœu pieux.
Les sécheresses successives que le pays a connues ajoutées à l’accroissement démographique sont des facteurs qui ont contribué au rétrécissement de l’espace vital. L’exploitation des ressources naturelles dans un contexte de décentralisation et de démocratisation ont également contribué à exacerber les problèmes d’accès, de sécurisation et de gestion équitable du foncier et des ressources naturelles, malgré l’existence d’un code du foncier.
Les récents conflits en communes I et IV ainsi que de nombreux drames qui sont survenus dans l’intérieur du pays démontrent combien le foncier est devenu un enjeu de taille. C’est pour trouver une réponse aux multiples problèmes que l’Etat malien, appuyé par le Système des Nations unies, a initié les Etats généraux du foncier dont la cérémonie d’ouverture a été présidée lundi par le président de la République. C'était en présence du Premier ministre et des membres du gouvernement et de plusieurs personnalités nationales et étrangères.
Pendant cinq jours, gouverneurs de région, préfets, sous-préfets, maires, conseillers municipaux, éleveurs, agriculteurs, promoteurs immobiliers… bref tous les acteurs du foncier vont décortiquer les maux qui gangrènent la bonne gouvernance foncière. Au Mali, ces maux résultent généralement de l'existence à côté du régime foncier d'un système traditionnel. Le droit coutumier, quoique reconnu par la loi, n’est pas réglementé et les pratiques coutumières ou traditionnelles sont souvent en contradiction avec les textes de loi et règlement.
Une messe solennelle ?
De plus, les textes législatifs et réglementaires sont incompréhensibles pour la majorité des intervenants qui notent que chacun interprète différemment selon ses propres intérêts. A côté de ces maux, il faut ajouter la multiplicité des intervenants aux intérêts divergents dans le foncier, voire contradictoires, et dont les rôles mal définis, se chevauchent : entraînant inexorablement des litiges qui aboutissent à des procès interminables au meilleur des cas ou à des drames au pire.
Profitant de la tribune qui lui est offerte, le président Amadou Toumani Touré a reconnu que notre Code du foncier connaît certes des lacunes qu’il faut corriger, mais il a surtout imputé la plus grande part de responsabilité aux autorités domaniales. Les maires, sous-préfets et préfets, les gouverneurs ainsi "ces agents opérateurs économiques immobiliers ou opérateurs économiques agents d’immobilier" (les mots sont d'ATT) se sont également fait remonter les bretelles par le chef de l’Etat, visiblement indigné par l'ampleur de la spéculation foncière.
Les hommes de loi n’ont pas non plus été épargnés quant à une bonne distribution de la justice en matière domaniale. Pour ATT, l’heure est venue de mettre le holà à la chienlit foncière. Le chef de l’Etat a suggéré une logique de sanction.
Les Etats généraux du foncier devront aboutir à la définition d’un cadastre, la création d’un Observatoire ainsi qu’une Agence du foncier. Ces Etats généraux devront juguler tous les problèmes du foncier. Mais beaucoup de Maliens demeurent sceptiques quant à l’application stricte des résolutions.
Stupéfaits que le président ATT en sache autant sur le labyrinthe foncier, mais croise les bras, beaucoup de participants craignent d'ores et déjà que la montagne n'accouchera que d'une toute petite souris.
Denis Koné

Des associations en colère
Des habitants de Tabakoro ainsi que des communes I et IV avaient pris place dans la cour côté du CICB. Là, ils avaient déployé des banderoles hostiles aux autorités communales et fustigeant la gestion des terres dans leurs quartiers. Ces manifestants affirment avoir été victimes de retrait illégal de parcelles.
D. K.

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MALI
La gouvernance des hyènes affamées
Aujourd’hui, notre pays, le Mali est gravement malade, infecté par un redoutable virus, dénommé "disette d’idées nouvelles". Ce parasite nous vient de la pépinière cultivée sur le vaste étendu de la sécheresse intellectuelle d’un gouvernement composé de cadres dépourvus du moindre intellect.
L’espoir toujours repoussé d’un développement économique durable dans notre pays trouve ses explications dans la gestion catastrophique des "élites" en mal d’imagination réformatrice des gouvernements successifs qui ont administré le pays ces deux dernières décennies. Mais la dramatique déliquescence du Mali a véritablement commencé en 2002, avec l’arrivée aux affaires d’une bande aux canines empoisonnées et qui mordent sans cesse dans les entrailles des ressources économiques du pays.
Surfant sur le populisme, ils sont à l’origine du blocage institutionnel profond, de l’impasse politique majeure et l’échec de procédure d’alternance qui a exclu bons nombres de candidats en 2007. Après les élections, les prédateurs se mettront d’accord sur la création d’institutions fantoches dirigées par des commis en faillites, et plus profondément, d’un abominable gouvernement confié à un homme atypique. Conséquence : c'est un service public en déroute.
La situation est beaucoup plus grave qu’on ne le croit, car les mises en scènes diplomatiques et les fictions juridiques ou institutionnelles renvoient à un autre tableau peint avec dextérité par des spécialistes de la propagande. Cependant, tout le monde admet que les appareils politiques et administratifs sont totalement incapables de fonctionner avec un minimum d’efficacité, d’équité et de transparence que l’on est en droit d’attendre d’un service public.
La crise est d’abord institutionnelle : la "démocratisation" a peut-être apporté le multipartisme et une certaine liberté de presse, mais pas le principe fondamental d’acceptation de l’alternance. En 2007, nous avons mesuré le degré d’allergie du général-roi à l’idée d’une candidature de Soumaïla Cissé, de Tiébilé Dramé ou de Soumeylou Boubèye Maïga et même d’Ibrahim Boubacar Kéita.
Tout le monde se souvient encore du comportement de ses troupes qui ont tout fait pour assurer leur "victoire dès le 1er tour". Certes, ils ont "gagné", mais l’intégrité de la démocratie en sort transgressée et la légitimité du Roi nègre et de son gouvernement totalement discréditée et rejetée par le digne peuple du Mali. Déjà en 2002, les démons de la démocratie avaient sévi et 2007 n’est que le prolongement d’un complot planifié qui a imposé à notre vaillant peuple, un chef qu’il ne mérite pas.
Multipartisme, sans pluralité politique
Le problème n’est pas qu’électoral. Le multipartisme n’a pas - hélas - engendré une acceptation minimale de règles du jeu partagées, par les responsables au pouvoir d’abord, mais aussi du côté de l’opposition désunie et en crise permanente. Le consensus, cette "paix et concorde" est une entente qui s’alimente dans les caisses de l’Etat contre l’intérêt du peuple.
Le changement constaté, entre le multipartisme actuel et le système ancien de parti unique, est que maintenant il y a plusieurs partis politiques qui se comportent chacun en parti unique. Il n’y a pas de code de bonne conduite politique sauf cette complicité tacite qui veut que lorsqu’on est membre de la mouvance présidentielle, on puisse tout faire et en toute impunité. Le consensus des intérêts prime sur celui des institutions, laissant la place à la pensée unique.
Tous les coups semblent permis. Les changements de vestes, les intrigues florentines, les crocs-en-jambe sont omniprésents. Les manœuvres de Roi nègre et de son Premier ministre pour accuser Soumeylou Boubèye Maïga et Tiébilé Dramé de mauvaise gestion des sommets de la Cen-SAD et de France-Afrique, l’illustrent bien. Notre pays souffre aujourd’hui d’un excès de stratégies politiciennes.
Le choc permanent des ambitions égoïstes et personnelles se fait aux dépens des idées. L’intellect et le savoir-faire sont utilisés uniquement pour développer les stratégies de détournement du denier public et les astuces pour effacer les traces. La faculté de penser, de comprendre et de manier les concepts innovants pour un développement économique durable au bénéfice de l’ensemble des Maliens est ainsi hypothéquée.
Ceux qui se réclament de l’opposition, loin de mettre en place un programme de "gouvernance alternative", donnent à l’opinion publique l’impression déplorable que leur principal souci est de chasser les autres pour prendre leur place et s’enrichir à leur tour.
Les programmes des partis rivalisent de langue de bois dans une concertante pauvreté de propositions de reformes. Cela ne laisse guère d’espace à un véritable débat sur la bonne gestion des affaires. On assiste à une crise de gouvernance aiguë. L’incapacité des hommes au pouvoir à sortir du système de prébendes, la reproduction du régime de pillage des ressources de l’Etat par les détenteurs des hauts postes.
La préséance systématiquement accordée aux faveurs et aux protections à tous les échelons de la fonction publique constitue le carburant du moteur de l’appareil d’Etat malien. Le népotisme fait la part belle aux diplômés qui souffrent tous de la même sécheresse intellectuelle. De gros titres et grades… docteurs, professeurs, mais pour peu de savoir.
Le Mali est pauvre de la pauvreté intellectuelle de ces cadres dirigeants. Certes les marges de manœuvre économique sont restreintes ; poids de la dette, cours de l’or, et coton et la dépendance envers les bailleurs de fonds sont des contraintes majeures non négligeables. Pourtant, il existe de sérieux gisements inexploités (fiscaux, sociaux ou politiques) qui permettraient la bonne gouvernance.
Comment faire pour stopper les multiples évaporations fiscales, pour restaurer un minimum d’intégrité dans la fonction publique, pour mettre fin aux rackets des usagers, pour restaurer un peu de confiance dans l’Etat, créer des emplois pérennes sur une économie solide et durable ? Il n’est pas exagéré de dire que les élites maliennes au pouvoir depuis 40 ans ont failli sur le terrain moral.
Et pourtant que de cadres et d’intellectuels maliens brillants, compétents et honnêtes ont été laissés au bord de la route, les uns tombés dans les dérisoires consolations de l’alcool, les autres repliés dans celles plus douillettes des organisations internationales, laissant écœuré leur pays aux arrivistes et aux affairistes.
Une presse de connivence
La presse est un bon indicateur de cette indigence. Le grand acquis de notre démocratie est la préservation de la liberté de la presse conquise sous la dictature de Moussa Traoré. Mais cette presse n’est, à quelques exceptions près, ni une presse d’investigation ni une presse d’opinion ou de réflexion. C’est plutôt une presse de rumeur, de rancœur, de dénonciation, de diffamation (du pouvoir par l’opposition, de l’opposition par le pouvoir et de tous par tous). Une télévision aux ordres et les journaux télévisés sont angoissants de servilités.
L’homme politique paie souvent un journaliste pour canarder son adversaire. Il n’est pas rare de voir le pouvoir également pousser les organes sous sa coupe, harceler un opposant qui donne de la voix. Au besoin, la police politique, la très tristement célèbre Sécurité d’Etat est appelée en renfort pour mieux lyncher un résistant au pouvoir. Oubliant sa mission cardinale, elle se prête à ce jeu macabre avec un rare zèle. Les journaux tirant tous presque, 500 exemplaires n’ont pas assez de revenus pour résister à la tentation.
Pour bénéficier de rares mannes de recettes de publicité, il faut être du bord présidentiel.
Les aides de la Cellule de communication et de la police politique de Sa Majesté ne sont ni substantielles ni régulières, toutefois, elles permettent de maintenir sous perfusion (donc sous la coupe réglée de Koulouba) des organes qui n’ont aucune ligne éditoriale définie. Ces journaux laissent alors de côté leur vocation d’informer et communiquent plutôt sur les actions gouvernementales, c'est-à-dire véhiculer une bonne image, réelle ou maquillée du gouvernement, au lieu d’informer sur les misères noires des populations.
On aurait trouvé depuis longtemps un remède aux maux qui rongent notre pays, si seulement la presse était restée cette sentinelle de la démocratie participative, veillant sur la tirelire nationale.
Hélas !!!
A. K. Dramé
(journaliste indépendant)

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LADY OUMOU SANGARE
La diva charmeuse !
J’étais vraiment cassé la veille de la Tabaski. J’ai bossé toute la journée et franchement, je n’avais qu’une seule envie : me coucher tôt d’autant plus qu’il fallait être à la mosquée le lendemain à 8 h 15. Cela dit, ma conscience me grondait "petit, t’es pas bien dê ! Si ç’était Tracy Chapman, Michael Bolton, Francis Cabrel ou Mariah Carey, tu serais allé à ce concert, ou bien ?". Pourtant, Oumou Sangaré relève sérieusement du même calibre mais on est comme ça au Mali. Nous ne savons reconnaître et apprécier nos personnalités qu’une fois dans la tombe, kabako moi-même !
Ma conscience remporte la victoire sur ma paresse. Aussi la disparition des chanteuses Coumba Sidibé, Ramata Diakité et l’Ethiopienne Manalemosh Dibo (disparue le 22 novembre dernier et qui avait conquis le cœur des Maliens) me fait-il croire davantage que nul n’est éternel. Ce n’est pas tous les jours qu'Oumou Sangaré donne un concert.
Enfin, je sors de chez moi et j’arrive pile à l’heure. A Blonba, je mesure l’ampleur du phénomène Oumou Sangaré. Le ticket d’entrée est fixé à 20 000 F CFA. La star remplit la salle bien avant l’heure de son show. En vraie diva, elle se fait attendre. Je commence à craindre. C’est un peu le désordre. Certains se plaignent d’avoir payé 20 000 F CFA et d’être restés debout. D’autres qui sont allés aux toilettes se battent pour récupérer leur place. Hey, bi ta tè dia ! Mais vous connaissez l’adage. Qui part à la chasse, perd…
Il a suffi que les lumières se tamisent, que l’on entende les premiers mots du MC pour que la sérénité regagne le public. C’est une diva, elle ne sort pas tout de suite. Présentation du programme et c’est la jeune Fatoumata Diawara, chanteuse, danseuse et actrice (interprète de Sia Yatabaré) qui chauffe la salle.
Elle annonce la couleur avec un morceau dédicacé à sa "Ne Ba". Enfin, la diva monte sur scène, gracieuse et élégante. Elle s’adresse à son public en langue nationale et en français. Le discours est très articulé et confiant. Désolé de remettre cela sur la table mais je ne peux m’empêcher de penser à Oumou à ses débuts et de "sciencer" sur tout le long chemin qu’elle a parcouru. Que de réussite et d’apprentissage !
Nous sommes tous là pour lui rendre hommage, mais aussi pour nous abreuver de sa voix suave. Tout le Wassoulou est présent pour accompagner leur "Ba Oumou", "Minata den" : Yoro Diakité et sa femme, Nabintou Diakité mais aussi la star des stars Kandia Kouyaté, les ultras dynamiques Paye Camara, Fantani Touré et bien entendu, le virtuose Cheick Tidiane Seck.
Leur présence est une grande preuve d’amour, d’entente entre vedettes mais aussi de reconnaissance envers celle qui porte la musique malienne avec humilité, passion et professionnalisme. Ils se relayent pendant qu'Oumou reposait sa voix ou se changeait : en bazin, en longue robe à bretelle, talon aiguille. De temps en temps, ses stylistes, Soumaïla ou Salama montent sur scène pour lui fixer une partie de la tenue. "She is a diva !" Une femme à la fois traditionnelle et moderne, totalement décomplexée.
Une grande charmeuse et ça prend. Elle s’exprime dans toutes les langues, même en anglais quand elle s’adresse à son staff technique "Arnauld give me sound, more sound !". C’est décidé, elle va nous crever le tympan ce soir de sa puissance vocale. Elle nous prouve qu’elle est une pro de la scène. Les instruments (sono, ampli, guitare base et solo, clavier…) sont impressionnants, la lumière n’en parlons pas, "just perfect".
Je fais mon malin en anglais aussi. A son actif, 62 dates avant d’achever sa tournée au Mali. Partout où elle est passée, Oumou a mis en avant notre culture. Ses danseurs et danseuses habillés en tenues traditionnelles se déhanchant. Elle nous a transportés avec le son de sa musique et nous a soûlé allégrement avec l’odeur de l’encens durant l’interprétation d’une chanson en sonrai.
Ce que j’ai le plus apprécié chez Oumou Sangaré, au-delà du spectacle, des paillettes, c’est la portée de ses propos. Je vous rappelle qu’elle est auteur et compositeur. C’est avec passion qu’elle raconte l’histoire de chaque chanson. Pourquoi elle l’a écrite, comment souhaiterait-elle que le public s’en approprie. Et quand elle se met à chanter, alors nous découvrons une vraie pasionaria des valeurs humaines de paix, d’amour, d’entente, de justice sociale surtout envers les femmes.
" Wassoulou Kono", l’oiseau chantant du Wassoulou est plus que musicienne. Elle prêche son engagement envers la femme malienne : celle qui devrait avoir une voix et une place à côté de l’homme, de son mari. Mon seul regret à ce moment précis, il aurait fallu des leaders d’opinion comme la sienne pour défendre le code de la famille. Ceci est un autre débat, un vieux débat, un débat enterré aujourd’hui au Mali. Pourquoi réveiller les morts ? Pourquoi parler des choses qui fâchent ? C’est plus fort que moi.
Bref, Oumou Sangaré a repris la quasi-totalité des morceaux de son nouvel album presque à la perfection. On aurait fermé les yeux et on aurait cru entendre sa voix sur le CD. Je vous rassure. Ce n’était pas du play-back. Le public s’est lâché sur "Seya" et la balade romantique "Sekele Te Sira" a conquis tous les cœurs.
Ce soir du 27 novembre, j’ai découvert une artiste authentique avec un grand cœur, très généreuse artistiquement et humainement. Elle n’a pas hésité à rendre hommage à ses musiciens et danseurs. Elle les a présentés un à un. En vrai pro, ils ont tous fait un solo. Oumou, merci d’avoir clos cette tournée au Mali et continué à nous faire rêver avec de nouvelles sonorités mêlant musique tradi et pop tout en restant attachée à tes combats pour une société plus épanouie.
Chers lecteurs, je vous retrouve le mois prochain pour une nouvelle chronique, s’il plait à Dieu. En avance, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2010. Je remercie Les Echos et Alexis Kalambry, en particulier, de m’avoir donné l’opportunité une fois par mois de partager mes idées mais aussi mes sensibilités avec les fidèles lecteurs de Les Echos.
Birama Konaré

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L'ASSOCIATION PAPILLON VISE LE MALI
Une soirée de soutien aux malades du cancer
L’amélioration du traitement du cancer au Mali est une priorité pour les pouvoirs publics du pays et certaines associations. Dans le but de récolter des fonds pour cette cause, l’association Papillon "fait sa soirée" samedi 12 décembre à Antony (banlieue parisienne).
C’est en présence de nombreux artistes africains, Fatoumata Diawara, Fanta Disco, Dahirou Togo, Habib Dembélé Guimba, et bien d’autres qu’aura lieu une soirée de soutien aux malades du cancer au Mali samedi 12 décembre 2009. Organisée par l’association "Papillon" cette soirée, placée sous le signe de la fête, vise à "faire reculer la douleur et la fatalité". Les fonds récoltés serviront à l’achat de médicaments - au Mali, les traitements anticancéreux sont souvent interrompus faute d'approvisionnement et les anti-douleurs manquent cruellement -.
Créée en 2007, l'association "Papillon" est née d’une amitié franco-malienne entre Philippe Israël et le Dr. Boubacar Doumbouya, jeune médecin en activité à Bamako. L’association souhaite "œuvrer à l’amélioration des conditions de vie des habitants du Mali, dans le respect de leur autonomie, et ce à travers différents projets concrets et réalistes".
Dans ce but, un voyage d’étude à été réalisé (en décembre 2008) afin de cerner les priorités dans la lutte contre le cancer au Mali ; d'obtenir des financements, des médicaments et de matériels médicaux pour l’amélioration des traitements des cancers en relation avec les autorités maliennes, responsables et les médecins de l’hôpital du Point G à Bamako, et la communication sur la maladie auprès de la population malienne.
Le Mali ne dispose pas du plateau technique nécessaire pour traiter correctement les cancers. Certaines maladies, comme le cancer du col de l’utérus, peuvent être prévenues à la seule condition de se soumettre régulièrement à des tests de dépistages.
Selon le Dr. Tékété le cancer du col de l’utérus est "l'un des cancers les plus accessibles au diagnostic pour une prise en charge efficace et un traitement adapté". Les pouvoirs publics forts de ce constat réagissent : "la pathologie cancéreuse fera partie de nos prochains défis sanitaires. Le cancer est devenu un réel problème de santé publique, d'où l'urgence", précisait le directeur général du Centre hospitalier et universitaire Gabriel Touré, le Dr Abdoulaye Néné Coulibaly le 7 octobre dernier lors du Conseil d’administration du centre hospitalier. L’association "Papillon" s’inscrit dans ce processus en proposant une soirée pour récolter des fonds.
Kaourou Magassa
(étudiant en journalisme à Paris)

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Amadou SidibéTIEMOKO SINATE, ANCIEN INTERNATIONAL
" Le couronnement d’un processus…"
Pour l’ancien avant-centre des Aigles aux Jeux africains de Brazza en 1965 et sociétaire du Stade malien de Bamako, Tiémoko Sinaté, âgé de 67 ans, la victoire du Stade samedi dernier en finale de la Coupe de la Confédération africaine de football (Caf), ne souffrait d’aucune ambiguïté et est la suite du couronnement d'un processus débuté depuis les éliminatoires.
Les Echos : Aujourd’hui, c’est un grand jour pour le Stade ?
Tiémoko Sinaté : C’est un grand jour pour le Mali, pas pour le Stade, parce que sans le Mali le Stade n’existerait pas et c’est tout le monde qui travaille pour le Mali. Et ces enfants avec leur cœur et l’intelligence ont montré le chemin. C’est vrai que nous ne sommes pas de la même génération, mais ils ont su faire savoir au monde que malgré l’âge, on peut compter sur eux.
Les Echos : Vous y croyez avant le match ?
T. S. : Vous savez, il y a des signes qui ne trompent pas. L’avant-centre et le buteur de Sétif a été expulsé, le milieu de terrain sanctionné. Vu la chaleur de samedi après-midi, on ne pouvait mieux espérer et toute suite j’ai dis au président Sam que nous gagnerions ce match. Même au-delà, l’équipe a fait preuve d'une grande maturité sur le plan technique et tactique depuis le début des éliminatoires notamment avec de belles prestations à l’extérieur. La victoire du Stade n’est que le couronnement d’un long processus.
Les Echos : Que devient Tiémoko Sinaté ?
T. S. : Je suis entraîneur en France et je suis au Mali pour dix mois. Donc je dois travailler avec le président du Stade, Mahamadou Samaké dans le cadre d’un projet de centre de formation du Stade. C’est une académie de football pour les 12-13 ans. Nous allons travailler pendant trois ans après on fera un centre de formation, c'est-à-dire, nous commencerons par la base avant de faire connaître l’historique du football malien aux jeunes. Montrer aux jeunes qui étaient Salif Kéita, Ben Oumar Sy, Abdoulaye Diawara "Blocus", etc. S’il n'y a pas ça, le Mali n’arrivera jamais parce que ces jeunes ne connaissant pas leurs aînés et il faut les apprendre à les connaître.
Propos recueillis par
B. D. S.

APRES LE SACRE
Qui va où au Stade ?
L’exode est de mise du côté de Sotuba depuis le succès final du Stade malien en Coupe de la Confédération africaine de football (Caf). En effet après les récents départs d’Aboubacar Tambadou (Stade tunisien), Adama Touré (PSG), Umoh Emmanuel (Arabie saoudite) et Boubacar Sylla (Chateauroux), c’est au tour depuis dimanche dernier des attaquants Bakary Coulibaly "Bako", Ousmane Bagayoko, le défenseur Issiaka Eliassou, le milieu de terrain, Cheick M. C. Doumbia de faire leurs valises. Les trois premiers sont annoncés au club égyptien d’Al Masri et le quatrième au Stade tunisien (Tunisie).
Si le départ de ces quatre est confirmé, il faudra s’attendre à d’autres en l’occurrence celui du portier Soumbeyla Diakité pour l’Iran, le milieu Cheick Sadhibou Touré pour le Raja de Casablanca (Maroc) et le défenseur Abdoulaye Y. Maïga du côté du Portugal.
" Nous encouragerons nos joueurs à des transferts aussi bien pour le club que pour eux mêmes", avait annoncé dans ces mêmes colonnes, le président du club, Mahamadou Samaké.
Boubacar Diakité Sarr

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