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2009

Mois de decembre

Les Echos du 04 decembre

 

SECURITE DE LA NAVIGATION AERIENNE
Le Mali, vache à lait de l'Asecna ?
L’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) vient de fêter ses 50 ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Mali, sans bénéficier de l’Agence, lui sert plutôt de vache à lait.
Conformément à l'article 2 de la Convention de Dakar du 25 octobre 1974, l'Asecna est chargée de la conception, de la réalisation et de la gestion des installations et services ayant pour objet la transmission des messages techniques et de trafic, le guidage des aéronefs, le contrôle de la circulation aérienne, l'information en vol, la prévision et la transmission des informations dans le domaine météorologique, aussi bien pour la circulation en route que pour l'approche et l'atterrissage sur les aérodromes communautaires.
Le motif de cette création ? Eviter de morceler l'espace aérien à l'heure où les avions commençaient à aller de plus en plus vite, de plus en plus haut et de plus en plus loin. Le Boeing de la drogue vient cruellement nous rappeler combien est inutile chez nous l’Asecna qui a fêté avec faste ses 50 ans et qui est incapable de sécuriser notre ciel.
Le représentant local au Mali, qui ne parle pas le même langage du reste que son chef de service administratif, ne fait rien pour changer cette situation. Il a des indemnités non imposables qui dépassent le million de F CFA, mène grand train de vie au détriment de la structure qui ne possède même pas un centre de contrôle chez nous !
" Quand les avions sont en phase de décollage, ils sont pris en charge par Niamey. Dans le ciel, c’est Dakar qui le contrôle. Quand ils sont dans le ciel supérieur du Mali, il n’y a rien à faire", affirme un agent de la structure.
Pis, au Mali, l’Asecna qui n’a rien investi, se contente de pomper les redevances. Personne ne sait combien les avions qui atterrissent, survolent ou font le "handling" au Mali paient à l’Asecna qui se contente de faire des aumônes à l’Agence nationale de l'aviation civile (Anac), le tout avec la complaisance de la direction malienne de l’Asecna.
Alexis Kalambry

" Air cocaïne" : le 1er propriétaire connu
L’on se demandait pourquoi des agents libyens avaient été prompts à se rendre sur le site de l’incendie du Boeing "Air Cocaïne", comme l’a qualifié un confrère de la place, "Info-Matin". Aux dernières nouvelles, l’avion avait été la propriété de Kadhafi en son temps. Même si l’avion n’est plus en sa possession, vu que de toute façon son nom allait sortir dans l’affaire, le Guide a pris les devants pour faire inspecter l’appareil. Le jour du crash d’ailleurs, il avait déjà été dit que l’avion "avait appartenu à un chef d’Etat africain d’un riche Etat pétrolier". Il s’agit de Kadhafi.
Sur l’avion, les révélations se suivent et se complètent. Ainsi, on apprend de source digne de foi que sa première destination était… Dabia. Mais, parce que les transporteurs ne se sont pas entendus avec le sultan local sur les prix, le désert a été choisi, car moins cher.
A. K.

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NORD-MALI
L’inquiétude gagne le plus haut sommet de l’Etat
Il a suffi d'un simple communiqué des autorités françaises en direction de leurs compatriotes vivant dans les trois régions du Nord-Mali (Tombouctou, Gao, Kidal) pour que la République du Mali se mette à remuer ciel et terre et crier au secours. Cela prouve une fois de plus que nos autorités ne font pas le poids face à leurs "maîtres" français.
Pierre Kamat, un Français de 61 ans, gérant d’un hôtel à Menaka (une ville située à plus de 1500 km au nord-est de Bamako), a été kidnappé dans la nuit du 25 au 24 novembre 2009. M. Kamat serait à présent détenu par l'aile dure d’AQMI.
Vendredi 27 novembre, Paris a demandé aux Français vivant dans le Nord et l’Est de notre pays, ainsi que dans les zones frontalières proches de "quitter immédiatement la zone, en raison d’une nouvelle aggravation de la menace terroriste".
Cet appel à quitter la zone "et à regagner sans délai la capitale malienne s'adresse aux Français présents dans les régions de Kidal, de Gao et de Tombouctou". Ce n’est pas tout : le communiqué du ministère français des Affaires étrangères, demande à ceux qui envisageaient de se rendre dans le Nord-est du Mali "de renoncer à leur déplacement". En demandant aux Français de renoncer à faire le déplacement dans les trois régions, la France inscrit le Nord-Mali sur la liste des pays à haut risque d’insécurité, ce qui a été mal accueilli par Bamako.
Consternation dans la capitale malienne, où une source diplomatique sous le couvert de l'anonymat, affirme que Paris est allé trop loin avec décision. "Le fait est grave, mais appeler les français à renoncer à se rendre dans les régions du Nord-Mali est un peu exagéré. Il est de nature à diaboliser notre pays et à faire du Nord une zone d’insécurité totale".
Toutefois, notre interlocuteur dit respecter la décision de Paris. Sur le plan économique, la décision est lourde de conséquences sur plusieurs plans, notamment touristique. De plus, la suggestion de Paris à ses ressortissants ternit l’image de notre pays aux yeux de l’opinion internationale, entache ses relations de coopération avec les pays européens.
Indignation
Le président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT) se dit indigné après l’appel des autorités françaises. "Il est inquiétant parce qu’il risque de compromettre les rapports de collaboration et de coopération avec les collectivités sœurs jumelées tant françaises qu’européennes. Toutes choses qui vont fragiliser les ressources des populations déjà en proie à la précarité économique", a dit Oumar Ibrahim. Et de citer une sentence italienne qui dit que : "c’est dans les dures épreuves qu’on reconnaît ses meilleurs amis", ajoutant que "il n'y a aucune commune mesure entre les mesures exceptionnelles préconisées et la situation réelle".
Mercredi 2 décembre, le ministre de l'Artisanat et du Tourisme est monté au créneau : récusant l’appel de Paris et annonçant une rencontre avec les notabilités des trois régions du Nord. Une confidence de l’Office malien du tourisme (Omatho), affirme que le communiqué de Paris est de nature à dévier les touristes français des 3 régions. Trois des destinations touristiques les plus importantes du pays.
Surtout que l’appel coïncide avec le lancement de la saison touristique qui se tient cette année à Tombouctou (4 janvier 2010). Il sème le doute dans la tête des tours opérateurs américains qui viennent de séjourner au Nord-Mali, qui après la visite avaient promis de s’investir auprès de leurs compatriotes pour en faire une destination de premier choix.
Lors de la visite de tours opérateurs américains au Mali en octobre dernier, le ministre Ndiaye Bah avait redit sa conviction que le tourisme n’atteindra son plein épanouissement dans notre pays que "s’il s’inscrit dans une perspective régionale". C’est pour cette raison que lors de la 2e édition du Sitour (octobre 2009), les professionnels avaient focalisé les actions de promotion sur les régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal, dont la principale attraction est le Sahara. On est fondé à dire que le communiqué de Paris ne va saper les efforts consentis par Ndiaye Bah sur ce plan.
Psychose ?
" Si les Français, à cause de leurs autorités, boudent la Cité des 333 Saints, la psychose va gagner les ressortissants des autres pays qui vont réfléchir par deux fois avant de mettre pied dans les régions Nord", a confié des guides touristiques joints au téléphone à Tombouctou. Ils sont très inquiets, mais ne désespèrent pas. A leurs dires, les choses vont revenir à la normale. Pour le festival d’Essakane de janvier, on apprend, de sources généralement bien informées que beaucoup de touristes viennent de renoncer.
Ironie du sort, c’est à Tombouctou que trois événements importants se tiendront au même moment. Il s'agit de la rentrée culturelle, couplée à la rentrée touristique (3 au 6 janvier 2010) suivie du festival international d’Essakane (du 7 au 8 janvier).
A l’ouverture de chaque saison touristique au Mali, la ville de Gao aussi connaît une grande affluence. Des milliers de touristes des quatre coins du monde y convergent. Et ce ne sont pas les populations qui vont le démentir, car, pour eux, le tourisme constitue une source importante de revenus. La ville possède en effet un patrimoine notable avec en particulier le Tombeau des Askia, inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis janvier 2005.
Même si elle n'est pas très connue comme une ville touristique par excellence, Kidal également recèle d’importants sites qui intéressent certains touristes.
Le tourisme est le 3e pourvoyeur de ressources du Mali après l’or, le coton. De toute façon, les organisateurs des trois événements restent optimistes sur le bon déroulement de la saison touristique.
Amadou Sidibé

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ABUS FAITS AUX TRAVAILLEURS D’HUICOMA
Le ministre de l’Industrie au banc des accusés
Après vingt-quatre jours de sit-in à la Bourse du travail, les travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) n’ont toujours pas eu gain de cause.
C’est la deuxième fois en moins d'un mois que les travailleurs d’Huicoma rencontraient la presse. Hier jeudi 3 décembre 2009, à la Bourse du travail, ils ont encore une fois évoqué leur situation difficile depuis la cession par l’Etat de l’Huilerie au Groupe Tomota.
L’Huicoma, selon ses travailleurs, n’est plus à l’agonie, mais est morte à cause "de la supercherie orchestrée par le PDG du groupe Tomota, Alou Tomota en complicité avec les autorités".
L’Huicoma n’est même plus en mesure de faire face au salaire de ses employés. "A ce jour, nous avons 4 mois d'arriérés de salaires", a révélé Bakari Berté, président du Collectif de soutien aux travailleurs licenciés et non licenciés de l’Huicoma.
A en croire les conférenciers, M. Tomota, en plus du licenciement abusif des travailleurs d’Huicoma, vient d’hypothéquer les titres fonciers de la société à Koulikoro pour ensuite se les approprier.
En effet, afin de faire face aux salaires des travailleurs, le ministre Diallo aurait suggéré au patron du Groupe de contracter un prêt à la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA). Cette opération bancaire fut exécutée par la société Graphique Industrie à hauteur de 200 millions de F CFA. Aux dires de notre interlocuteur, en accordant ce prêt les titres fonciers d’Huicoma de Koulikoro ont été hypothéqués et placés en garantie.
" C’est une manière de s’approprier dans quelques années des titres fonciers de l’Huicoma Koulikoro, car assuré que l’entreprise ne pourra jamais payer les 200 millions alors les titres reviendront logiquement à Graphic Industrie donc à Tomota".
Sur les sept points de revendication, les conférenciers ont déploré le statu quo qui prévaut et ont réaffirmé leur désaccord au sujet du plan social que le gouvernement a proposé. Ils se reconnaissent plutôt dans le plan social proposé par l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) "prenant en compte" leurs préoccupations.
S’estimant abusés et humiliés, les protestataires entendent durcir le ton dans les jours à venir. Mais déjà, ils envisagent de marcher le 10 décembre prochain, Journée mondiale des droits de l’Homme pour dénoncer le traitement injuste qui leur est fait.
Les sept points de revendication des travailleurs d’Huicoma sont la renationalisation de l’Huicoma, le paiement sans délai et sans condition du plan social et des mesures d’accompagnement, la reprise sans délai des activités de l’entreprise, le paiement immédiat des arriérés de salaires des travailleurs qui sont en activité et celui des saisonniers.
Aussi les travailleurs réclament-ils le versement des cotisations à l’INPS, la régularisation administrative de la situation des travailleurs et le paiement des indemnités de licenciement des 31 travailleurs arrêtés, emprisonnés en juin 2006 et licenciés après.
Amadou Waïgalo

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TRAITEMENT DU SIDA
Mali : 25 500 personnes sous ARV
Depuis 2004, l’accès aux médicaments anti-rétroviraux (ARV) est gratuit pour toutes les personnes vivant avec le VIH/Sida au Mali. Le nombre de sites de traitement et de personnes traitées a fait un bond en avant.
Pour Dr. Souleymane Ag Aboubacrine de l’Unité de prise en charge de la Cellule sectorielle de lutte contre le Sida du ministère de la Santé, au début le traitement était payant mais subventionné par l’Etat. Le coût était d'environ 90 000 F CFA, ramené à 40 000 F CFA, puis à 12 000 F CFA, selon les subventions.
" C’est en 2004 qu’il y a eu la déclaration de la gratuité de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Et cette gratuité concerne tous les aspects de la prise en charge. Une fois qu’on est dépisté séropositif, on a accès à tout. Il suffit de fréquenter les centres de santé pour avoir le traitement, les examens biologiques et le suivi gratuit", précise Dr. Ag Aboubacrine. De 3 sites en 2001, le Mali compte 65 sites depuis juin 2009. "On a un programme d’extension dont un plan sectoriel qui couvre la période de 2005 à 2010 et dont l’objectif est d’atteindre 70 sites".
Une estimation stipule que 65 à 70 000 personnes sont infectées par le VIH au Mali. Entre la tranche d’âge 15-49 ans, 1,3 % de personnes sont estimées séropositives en fonction de la prévalence. Parmi elles, 20 % ont besoin de traitement. "Depuis 2001, on s’est fixé comme objectif d’atteindre 26 000 personnes sous ARV. Et en date de juin 2009, on a enregistré 25 542 personnes malades sous ARV parmi lesquelles 18 313 sont toujours vivantes et sous traitement. L’écart concerne les personnes qui ont abandonné le traitement ou qui sont décédés".
Selon Dr. Ag Aboubacrine, l’Initiative malienne d’accès aux anti-rétroviraux avait pour objectif de prendre en charge les patients infectés qui avaient besoins de traitements. "La prise en charge a beaucoup d’aspects. Il y a la prise en charge médicale qui ne concerne qu’uniquement la maladie, la prise en charge psychosociale et le suivi".
Le médecin rappelle que les traitements sous ARV ont commencé en novembre 2001 avec 109 personnes sur 3 sites à Bamako notamment le Point G, l’hôpital Gabriel Touré et le Cesac.
La décentralisation a commencé entre 2003-2004. Aujourd'hui, les sites de traitements sont au nombre de 65 repartis sur toutes les régions et quelques cercles suivant la prévalence du taux de la maladie dans les régions, l’accès aux centres de santé, à la fréquentation des centres de traitement et à la disponibilité de personnel soignant.
Aminata Traoré
(stagiaire)

LUTTE CONTRE LE SIDA AU MALI
Des efforts, mais…
Depuis 1985, date du 1er cas de Sida signalé dans notre pays, mené un combat acharné contre la pandémie. Aujourd’hui, le taux de prévalence a baissé, mais…
Au bilan de la réponse nationale, la mise en œuvre du PMT2 a enregistré des acquis importants, notamment dans la prévention de la transmission sexuelle, même si le changement des comportements à risque est relativement lent à s’opérer.
La lutte contre les IST et la prise en charge psychosociale des personnes vivant avec le VIH ont enregistré des progrès. Les acquis et les leçons apprises de la mise en œuvre du PMT2 sont pris en compte dans le Plan stratégique national (PSN) 2001-2005. Les stratégies comme les plans sectoriels dans les ministères autres que la santé méritent d’être davantage développées. Les stratégies de lutte contre les IST doivent être évaluées, améliorées si nécessaire et étendues à tout le pays. Des stratégies comme la prévention de la transmission mère-enfant par l’administration d’un médicament antirétroviral et la promotion de la réponse locale ont été mises en œuvre.
L’analyse de la situation épidémiologique montre que les derniers chiffres de surveillance/sentinelle disponibles datent de 2006 après l’EDS-IV qui a donné 1,3 comme taux de prévalence nationale.
Mais, l’enquête a révélé que les populations considérées comme particulièrement vulnérables sont jusqu’à présent, les migrants, les camionneurs et leurs apprentis, les vendeuses ambulantes, les militaires, les professionnelles du sexe, les jeunes en milieu scolaire et extrascolaire, les femmes en âge de procréer, la population carcérale. Les personnes vivant avec le VIH sont au cœur de la lutte contre le VIH/Sida.
Les facteurs de vulnérabilité demeurent la mobilité (migrations internes et internationales). L’ampleur des défis de la lutte contre la pauvreté et la précarité, la difficulté de cerner les phénomènes migratoires et la prostitution clandestine sont des obstacles à prendre en compte.
L'OMD 6 en mire
L’impact sur le bien-être des personnes infectées par le VIH, l’impact social de l’épidémie sur les familles et la communauté, l’impact sur le secteur de la santé et sur les secteurs, notamment dans les entreprises publiques et privées, sont des domaines d’interventions prioritaires. La précaire situation économique du pays et la couverture sanitaire encore faible sont des contraintes pour parvenir à bout de la pandémie.
En 2006, la prévalence du VIH au niveau national était de 1,3 % avec 1,1 % chez les hommes et 1,5 % chez les femmes. L’analyse comparative des résultats obtenus de l’ESDM-III (2001) et l’EDSM-IV (2006) permet de conclure une baisse significative du taux de prévalence du VIH dans la population générale passant de 1,7 % en 2001 à 1,3 % en 2006.
Au niveau de la prévalence du VIH au sein des groupes à haut risque, 5 font l’objet de suivi. Selon la Cellule sectorielle de lutte contre le Sida du ministère de la Santé, les taux de prévalence sont les plus élevés au sein de ces groupes que sont les professionnelles du sexe (35,3 %), les vendeuses ambulantes (5,9 %), les routiers (2,5 %), les coxeurs (2,2 %) et les aides familiales (2,2 %).
Concernant le programme de PTME, le programme compte 103 sites de PTME fonctionnels. La prévalence du VIH observée est de 2,5 % en juin 2007.
Quant à la prévalence chez les donneurs de sang, l’évolution de 1993 à 2005 fait apparaître une évolution à la hausse du taux de prévalence passant de 1 % en 1993 à 3,8 % en 1996, phase de stabilisation avec un taux de prévalence autour de 4,8 %, laquelle est suivie d’un pic à 6,1 % en 2001, une tendance à la baisse avec un taux passant de 4,6 % à 3,4 % en 2005.
Pour l’année 2007, les données recueillies de janvier à juin montrent que sur 13 063 poches de sang collectées et testées, 321 ont été positives au VIH, soit une prévalence de 2,5 %.
Le Mali a mis en place un système pertinent de surveillance épidémiologique dont les résultats ont permis de cibler les programmes appropriés de prévention et prise en charge des malades. De ce fait, il pourra atteindre l’accès universel en 2010 et réussir l’OMD 6 de lutte contre le VIH/Sida en 2015.
Idrissa Sako

ARCAD-SIDA
Au service exclusif des PVVIH
Dans le cadre des activités du mois de décembre, consacré à la lutte contre le Sida au Mali nous avons approché certaines structures d’aide aux personnes vivant avec le VIH/Sida. L’Association Arcad-Sida nous explique comment elle travaille avec des personnes vivant avec le VIH (PVVIH).
Créée en 1994, l’Association de recherche de communication d’accompagnement à domicile des personnes vivant avec le VIH (Arcad-Sida), travaille pour le bien-être des personnes vivant avec le VIH. Selon Dr. Diallo Bassirou, médecin, responsable suivi évaluation à Arcad-Sida, l’Association joue le rôle de direction et ses structures fonctionnelles sont les centres d’écoute, de soins, d’animation et de conseils (Cesac) - elles sont ouvertes et ne sont pas intégrées dans un centre de santé - et les unités de soins d’animation et de conseils (Usac).
Les Usac sont intégrés aux centres de santé de référence parce que Arcad à un partenariat avec le ministère de la Santé qui fait qu’elle intègre des structures de prise en charge de PVVIH au niveau CSRéf. La prise en charge est totale dans ces structures. "Présentement, il y a deux Cesac au Mali, un à Bamako et un à Mopti. Ils relèvent d'Arcad-Sida. Il y a également huit Usac sur l’ensemble du territoire malien, reparties de manière décentralisée".
Selon Dr. Diallo, la prise en charge dans ces structures est globale et comprend une prise en charge médicale, psychosociale et nutritionnelle. "La prise en charge médicale commence par le dépistage, les personnes révélées positives en bénéficient. Et cette prise en charge peut être classée sous deux angles : la prise en charge des infections opportunistes et la mise sous traitement ARV. Pour les infections opportunistes, cela est assuré par nos médecins qui font les consultations et donnent les médicaments contre ces infections. Pour qu’un patient puisse être mis sous ARV, il faut au préalable faire un bilan qui prouve que cette personne peut être mise sous traitement et les médicaments sont disponibles sur place parce que ces structures disposent de pharmacies communautaires".
Arcad-Sida propose également des suivis à domicile avec l’accord des patients pour fournir les soins nécessaires. Et tout cela dans une gratuité absolue.
La prise en charge psychosociale se fait par des activités culinaires une fois par semaine. Les patients font eux-mêmes la cuisine où le personnel soignant se joint à eux pour manger et montrer qu’il n’y a aucun risque de contamination en mangeant avec une PVVIH. "Il y a également des activités de groupe de parole qui sont animées par les patients et qui permettent d’aider les nouveaux à surmonter leur séropositivité et accepter de vivre avec la maladie. Nous organisons aussi des activités de soutien aux familles démunies, avec la distribution ponctuelle des céréales ou d'autres vivres. Grâce à des partenaires, on a un volet qui est orienté en direction des enfants avec le VIH, ce volet nous permet d’habiller les enfants pendant les fêtes de ramadan et de tabaski et d’appuyer l’éducation scolaire", ajoute Dr. Diallo.
Arcad-Sida est dans le système national ce qui fait qu’elle est appuyée en médicament par la Cellule sectorielle de lutte contre le Sida du ministère de la Santé à travers la Pharmacie populaire du Mali (PPM) ainsi que des partenaires.
Aminata Traoré
(stagiaire)


MICRO TROTTOIR
Le Sida vu par des Bamakois
Dans le micro trottoir ci-dessous, trois citoyens se prononcent sur le VIH/Sida. Ils sont entre doute et optimisme.
Bata Siby (enseignante) : "Le Sida est à prendre au sérieux"
" Je crois que le Sida au Mali est une grave préoccupation quand on voit le nombre de personnes dont la vie est détruite. Il est à prendre au sérieux. Malgré les campagnes de sensibilisation à la télévision, sur les panneaux de publicité, je note que des jeunes ne se sentent pas concernés par la maladie. Lors d'une rencontre avec les jeunes d’une école de Bamako, j'ai compris qu'ils écoutent ce qu'on leur dit, mais au fond, ils ne croient pas au VIH".
Aboubacar Sylla (étudiant) : "J'ignore mon statut sérologique"
" En ce qui concerne le Sida, je ne me suis jamais intéressé à son existence ni aux activités menées contre. Je ne connais même pas mon statut sérologique, mais l’essentiel est que je ne l’ai pas. Le Sida n’existe pas, c’est juste un projet pour décourager les amoureux. Comme on dit si tu envoies l’esprit chercher du bois mort, il ramène le fagot qui lui plaît. Dans tous les cas, je n’ai pas cette maladie et je ferai en sorte qu’elle ne m’attrape pas".
Moussa Diarra (étudiant) : "Je n’ai pas confiance au dépistage"
" Aujourd’hui le Sida existe. Contrairement à mes camarades, je crois en son existence, mais pas à la fiabilité du test de sérologie parce que une fois j’ai été avec mon frère pour faire son dépistage dans un centre, on lui a dit qu’il était séropositif. On est allé dans un autre centre de dépistage et là le test fut négatif. Ensuite, un médecin nous a conseillé d’attendre quelques mois avant de refaire le test sinon qu’il est sûr de son résultat. Un mois après, le test a été positif. Depuis ce jour, je n’ai plus eu confiance au dépistage".
Propos recueillis par
Aminata Traoré
(stagiaire)


CONTRE LE SIDA DANS L’ESPACE SCOLAIRE
Open-Mali et la Fondation Partage en tête
Sensibiliser les élèves et enseignants de 15 établissements scolaires de Bamako et Mopti sur le VIH/Sida est l’objectif que se sont fixé l’Association Open-Mali et la Fondation Partage dans le cadre du mois de la lutte contre la pandémie.
L’Association Open-Mali et la Fondation Partage ont conjugué leurs efforts dans la lutte contre le VIH/Sida en milieu scolaire. Le projet "Oui, pour une enfance noble" qui en est à sa 3e année, a été lancé mardi dernier au complexe scolaire Ecovie.
Le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Sékou Diakité qui a présidé la cérémonie, avait à ses côtés le représentant de la Fondation Partage, l’administrateur délégué du lycée Ecovie. Des élèves ont également pris part à la rencontre. Pour le président d’Open-Mali, Louis Seck Sissoko, "le projet vise à donner aux jeunes de 15 établissements scolaires les informations nécessaires sur le VIH/Sida".
Il s’agit de transmettre les connaissances et les compétences de base pour prévenir chez les jeunes le risque de transmission du VlH/Sida, de revaloriser les coutumes et mœurs pour que les jeunes s’adaptent au nouveau contexte du VIH/Sida, de sensibiliser les élèves et étudiants, le personnel enseignant et administratif sur les pratiques sociales néfastes de leur environnement.
Pendant le mois de décembre, consacré à la lutte contre la pandémie, il s’agira aussi d’organiser 15 conférences sur le thème du VIH/Sida dans quinze établissements scolaires différents (de Bamako et Mopti), de réaliser une grande émission radiophonique et une grande campagne radiophonique sur le VIH/Sida et de distribuer 10 000 préservatifs aux jeunes.
L’objectif recherché à l’issue de la campagne, selon M. Sissoko, est de réussir à sensibiliser plus de 2000 jeunes directement sur le fléau du VIH/Sida, plus de 50 000 personnes sensibilisées grâce à l’émission réalisée sur les ondes de la Radio Klédu, plus de 10 000 personnes sensibilisées grâce à l’insertion dans le mensuel gratuit "Dourouni"…
Cette campagne de sensibilisation dans les écoles scolaires, pose l’équation de l’enseignement du VIH/Sida comme matière à enseigner aux élèves dans toutes nos écoles afin de les sensibiliser, les informer et les éduquer sur la maladie.
Le secteur de l'éducation renferme des élèves et étudiants mais également des enseignants dont les âges se situent majoritairement entre 15 et 45 ans, âge de prédilection du VIH.
Amadou Sidibé

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UEMOA
Quinze ans déjà !
L’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) célèbre cette année ses 15 ans d’existence. A cette occasion, en collaboration avec le CRDI, elle organise à Ouaga un colloque sur : "Convergence économique et lutte contre la pauvreté".
Les pays de l’Uémoa ont été pendant longtemps sans une intégration monétaire. Il faut attendre jusqu’en 1994 pour voir le volet économique pris en compte dans l’union.
L’observation des PIB/tête montre qu’il existe des inégalités de niveau de vie au sein de l’Union. Ces inégalités ne sont pas favorables à l’intégration dans la mesure où elles sont sources d’instabilité et de mouvements incessants de la population.
Les conséquences sont l’aggravation de l’inégale répartition de la population à travers l’espace communautaire d’une part et, d’autre part des conflits entre autochtones et immigrants. L’étude a pour objectif de comprendre le processus de développement des pays de l’Union par l’analyse de la convergence réelle.
La méthode d’estimation a été utilisée pour déterminer les vitesses de convergence (absolue et conditionnelle) pour chaque pays. Si la méthode empilée n’a pas été retenue dans cette étude, c’est parce qu’elle ne permet pas d’avoir les vitesses de convergence pour chaque pays.
Elle permet d’obtenir une vitesse unique pour tous les pays. Les résultats de l’étude montrent qu’il existe une faible convergence absolue au sein de l’Union et que les politiques éducatives tout comme les politiques d’ouverture sont susceptibles d’accélérer la croissance et la convergence des pays.
La libre circulation des marchandises est une des quatre libertés communautaires consacrées par les traités CE et UEMOA qui forment les quatre "piliers" d’un marché commun. L’alter ego des articles 23 à 31 du traité CE dans l’Union européenne sont les articles 4 et 77 à 81 du traité de l'Uémoa.
Ces deux textes ont un même élan : l’ambition de libéraliser le commerce entre les Etats membres à travers l’établissement d’un principe de libre circulation de tous produits appréciables en argent et susceptible comme tels de former l’objet de transactions commerciales. La libre circulation des marchandises est en effet une liberté communautaire essentielle.
Alexis Kalambry

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REGION DE KOULIKORO
L’UE s’informe sur la décentralisation
Pour bien cadrer ses aides en faveur de la décentralisation et de la déconcentration au Mali, l’Union européenne (UE) décide dorénavant de se renseigner elle-même sur le terrain. Après Ségou, Koulikoro a été mercredi la deuxième région à recevoir une délégation de l’UE.
Une délégation de l’UE, composée des ambassadeurs de la France, des Pays-Bas, de la Suède, de l’Allemagne et du chef de la Délégation de l’Union européenne au Mali, a effectué mercredi 2 décembre 2009 une visite de terrain dans la 2e région pour s’enquérir des réalités sur le fonctionnement de la décentralisation et de la déconcentration dans cette région.
La visite de la délégation de l’UE a commencé par une rencontre avec des autorités politiques et administratives de Koulikoro à l’Assemblée régionale. Des échanges et débats ont eu lieu entre la délégation et des élus de la 2e région. Selon le président de l’Assemblée régionale, qui a fait un bref exposé sur le contexte de la décentralisation et de la déconcentration dans sa région, Koulikoro fait partie de la ceinture du district de Bamako, ce qui joue négativement sur le fonctionnement des collectivités de la région.
La délégation de l’UE a rétorqué que le rapprochement de Koulikoro avec Bamako doit être, au contraire, une aubaine pour la région. Le président de la commission finance de l’Assemblée régionale répliquera que c’est tout à fait le contraire eu égard à la situation géographique de Koulikoro et les faibles revenus de la région.
L’UE finance plusieurs projets à Koulikoro en faveur de la décentralisation/déconcentration. Le président de l’Assemblée régionale a reconnu que le Projet d’appui à la décentralisation dans les cercles de Banamba, Kolokani et Nara dans la région de Koulikoro (PAD-K), financé par la Belgique à travers l’UE, permet le désenclavement de nombreuses communes.
Le développement économique en mire
Il dira qu’à l’heure où le développement économique régional est devenu une priorité nationale, ce projet est amené à faciliter l’émergence économique ainsi que l’accès aux différentes structures des cercles concernées.
Pour le président de l’Assemblée régionale de Koulikoro, un autre chantier en cours réside dans la mise en place de l’expérimentation d’un outil de financement de projets d’intérêt économique (PIE) à savoir la dotation pour le développement économique de la région de Koulikoro (DDK).
" Cette expérimentation vise à assurer la visibilité de la collectivité territoriale de la région de Koulikoro dans le domaine économique et à renforcer les capacités de la collectivité de la région de Koulikoro en matière de promotion et de facilitation du développement économique sur son territoire".
La mission de l’UE a, ensuite effectué le déplacement à Diassani (cercle de Banamba) où elle a visité le chantier du pont de Diassani. A l’issue de la visite, le chef de la délégation de l’UE au Mali dira qu’ils ont retenu que la décentralisation dans la région de Koulikoro est une réforme qui avance sur des contraintes financières. Il a expliqué que "pour bien cadrer notre démarche, nous sommes venus bien percevoir. Notre dialogue avec le gouvernement va être renforcé par cette visite".
Sidiki Doumbia

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DJIBRIL DRAME, ENTRAINEUR DU STADE MALIEN
" Le dernier sacrifice"
C’est le mot d'ordre de l’entraîneur du Stade malien de Bamako à ses joueurs pour qu’ils entrent dans l’Histoire.
Le rideau va tomber demain soir sur la campagne 2009 de la Coupe de la Confédération africaine de football (Caf). "Ce sera une finale retour très disputée entre le Stade et le Sétif. Chaque équipe dispose de beaux atouts et la différence se fera sur des détails", avait déclaré Djibril Dramé dimanche dernier à Sétif en conférence de presse.
A la question de savoir comment le Stade abordera son sujet, l’entraîneur répond : "Dans la continuité. C’est un rendez-vous important et nous avons la possibilité d’entrer dans l’Histoire. J’ai beaucoup d’espoir en dépit des blessures en cascade". Il est vari que le Stade a compté sur ses potentialités pour atteindre l’ultime rendez-vous. Maintenant, le plus dur reste à réussir demain face au Sétif qui force le respect et qui sera difficile à manœuvrer. "C’est une équipe homogène, constellée de joueurs talentueux. Je pense au Camerounais Francis Ambane", reconnaît aujourd'hui encore Djibril Dramé.
Sur le plan technique, une pièce manquera au groupe blanc, en l’occurrence Mamadou Lamine Berthé pour cumul de cartons. En plus, Djibril Dramé ne pourra plus récupérer Cheick Sadhibou Touré, le grand absent de la finale aller, toujours blessé,.
L’entraîneur aurait aimé avoir son milieu avec le reste du groupe, mais il devra composer avec ce coup du sort. "Sadhibou est un élément de base dans l’équipe et même s’il n’est pas sur le terrain, son cœur sera avec nous. L’équipe a déjà joué sans lui et je peux vous certifier qu’il sera bien remplacé", a ajouté l’entraîneur du Stade.
Qui remplacera Sadhibou ? La logique veut que certains joueurs soient déplacés étant donné que Mamadou Lamine Berthé qui avait remplacé Sadhibou au match aller ne sera pas de la partie. La seconde hypothèse est de voir le revenant Seydou Ballo ou encore Oumar Koné former avec Cheick M. C. Doumbia le milieu de terrain.
Djibril Dramé n’a pas caché aussi le rôle important que peut jouer le grand public du stade Modibo Kéita à l’occasion de la finale retour. "Les Algériens sont bien armés, mais le public malien a les moyens de déstabiliser psychologiquement n'importe quel adversaire".
Mais la principale arme du Stade reste le collectif. "Un dernier sacrifice est demandé aux joueurs et ils savent à quoi s’attendre", a dit Djibril Dramé. Et d’ajouter qu’il attend déjouer également le jeu de l’adversaire. "Ils viendront pour fermer le jeu tout en restant dernière. Mais, je veux mettre une stratégie les obligeant à sortir. D’ailleurs, c’était l’objet de notre séance d’entraînement du mercredi dernier".
Boubacar Diakité Sarr

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