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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 04 decembre
SECURITE
DE LA NAVIGATION AERIENNE
Le Mali, vache à lait de l'Asecna ?
L’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne
en Afrique et à Madagascar (Asecna) vient de fêter ses 50 ans. Le
moins que l’on puisse dire, c’est que le Mali, sans bénéficier
de l’Agence, lui sert plutôt de vache à lait.
Conformément à l'article 2 de la Convention de Dakar du 25 octobre
1974, l'Asecna est chargée de la conception, de la réalisation
et de la gestion des installations et services ayant pour objet la transmission
des messages techniques et de trafic, le guidage des aéronefs, le contrôle
de la circulation aérienne, l'information en vol, la prévision
et la transmission des informations dans le domaine météorologique,
aussi bien pour la circulation en route que pour l'approche et l'atterrissage
sur les aérodromes communautaires.
Le motif de cette création ? Eviter de morceler l'espace aérien à l'heure
où les avions commençaient à aller de plus en plus vite,
de plus en plus haut et de plus en plus loin. Le Boeing de la drogue vient cruellement
nous rappeler combien est inutile chez nous l’Asecna qui a fêté avec
faste ses 50 ans et qui est incapable de sécuriser notre ciel.
Le représentant local au Mali, qui ne parle pas le même langage
du reste que son chef de service administratif, ne fait rien pour changer cette
situation. Il a des indemnités non imposables qui dépassent le
million de F CFA, mène grand train de vie au détriment de la structure
qui ne possède même pas un centre de contrôle chez nous !
" Quand les avions sont en phase de décollage, ils sont pris en charge
par Niamey. Dans le ciel, c’est Dakar qui le contrôle. Quand ils
sont dans le ciel supérieur du Mali, il n’y a rien à faire",
affirme un agent de la structure.
Pis, au Mali, l’Asecna qui n’a rien investi, se contente de pomper
les redevances. Personne ne sait combien les avions qui atterrissent, survolent
ou font le "handling" au Mali paient à l’Asecna qui se
contente de faire des aumônes à l’Agence nationale de l'aviation
civile (Anac), le tout avec la complaisance de la direction malienne de l’Asecna.
Alexis Kalambry
" Air cocaïne" : le 1er propriétaire connu
L’on se demandait pourquoi des agents libyens avaient été prompts à se
rendre sur le site de l’incendie du Boeing "Air Cocaïne",
comme l’a qualifié un confrère de la place, "Info-Matin".
Aux dernières nouvelles, l’avion avait été la propriété de
Kadhafi en son temps. Même si l’avion n’est plus en sa possession,
vu que de toute façon son nom allait sortir dans l’affaire, le Guide
a pris les devants pour faire inspecter l’appareil. Le jour du crash d’ailleurs,
il avait déjà été dit que l’avion "avait
appartenu à un chef d’Etat africain d’un riche Etat pétrolier".
Il s’agit de Kadhafi.
Sur l’avion, les révélations se suivent et se complètent.
Ainsi, on apprend de source digne de foi que sa première destination était… Dabia.
Mais, parce que les transporteurs ne se sont pas entendus avec le sultan local
sur les prix, le désert a été choisi, car moins cher.
A. K.
Acceuil
NORD-MALI
L’inquiétude gagne le plus haut sommet de l’Etat
Il a suffi d'un simple communiqué des autorités françaises
en direction de leurs compatriotes vivant dans les trois régions du Nord-Mali
(Tombouctou, Gao, Kidal) pour que la République du Mali se mette à remuer
ciel et terre et crier au secours. Cela prouve une fois de plus que nos autorités
ne font pas le poids face à leurs "maîtres" français.
Pierre Kamat, un Français de 61 ans, gérant d’un hôtel à Menaka
(une ville située à plus de 1500 km au nord-est de Bamako), a été kidnappé dans
la nuit du 25 au 24 novembre 2009. M. Kamat serait à présent détenu
par l'aile dure d’AQMI.
Vendredi 27 novembre, Paris a demandé aux Français vivant dans
le Nord et l’Est de notre pays, ainsi que dans les zones frontalières
proches de "quitter immédiatement la zone, en raison d’une
nouvelle aggravation de la menace terroriste".
Cet appel à quitter la zone "et à regagner sans délai
la capitale malienne s'adresse aux Français présents dans les régions
de Kidal, de Gao et de Tombouctou". Ce n’est pas tout : le communiqué du
ministère français des Affaires étrangères, demande à ceux
qui envisageaient de se rendre dans le Nord-est du Mali "de renoncer à leur
déplacement". En demandant aux Français de renoncer à faire
le déplacement dans les trois régions, la France inscrit le Nord-Mali
sur la liste des pays à haut risque d’insécurité,
ce qui a été mal accueilli par Bamako.
Consternation dans la capitale malienne, où une source diplomatique sous
le couvert de l'anonymat, affirme que Paris est allé trop loin avec décision. "Le
fait est grave, mais appeler les français à renoncer à se
rendre dans les régions du Nord-Mali est un peu exagéré.
Il est de nature à diaboliser notre pays et à faire du Nord une
zone d’insécurité totale".
Toutefois, notre interlocuteur dit respecter la décision de Paris. Sur
le plan économique, la décision est lourde de conséquences
sur plusieurs plans, notamment touristique. De plus, la suggestion de Paris à ses
ressortissants ternit l’image de notre pays aux yeux de l’opinion
internationale, entache ses relations de coopération avec les pays européens.
Indignation
Le président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT)
se dit indigné après l’appel des autorités françaises. "Il
est inquiétant parce qu’il risque de compromettre les rapports de
collaboration et de coopération avec les collectivités sœurs
jumelées tant françaises qu’européennes. Toutes choses
qui vont fragiliser les ressources des populations déjà en proie à la
précarité économique", a dit Oumar Ibrahim. Et de citer
une sentence italienne qui dit que : "c’est dans les dures épreuves
qu’on reconnaît ses meilleurs amis", ajoutant que "il n'y
a aucune commune mesure entre les mesures exceptionnelles préconisées
et la situation réelle".
Mercredi 2 décembre, le ministre de l'Artisanat et du Tourisme est monté au
créneau : récusant l’appel de Paris et annonçant une
rencontre avec les notabilités des trois régions du Nord. Une confidence
de l’Office malien du tourisme (Omatho), affirme que le communiqué de
Paris est de nature à dévier les touristes français des
3 régions. Trois des destinations touristiques les plus importantes du
pays.
Surtout que l’appel coïncide avec le lancement de la saison touristique
qui se tient cette année à Tombouctou (4 janvier 2010). Il sème
le doute dans la tête des tours opérateurs américains qui
viennent de séjourner au Nord-Mali, qui après la visite avaient
promis de s’investir auprès de leurs compatriotes pour en faire
une destination de premier choix.
Lors de la visite de tours opérateurs américains au Mali en octobre
dernier, le ministre Ndiaye Bah avait redit sa conviction que le tourisme n’atteindra
son plein épanouissement dans notre pays que "s’il s’inscrit
dans une perspective régionale". C’est pour cette raison que
lors de la 2e édition du Sitour (octobre 2009), les professionnels avaient
focalisé les actions de promotion sur les régions de Tombouctou,
de Gao et de Kidal, dont la principale attraction est le Sahara. On est fondé à dire
que le communiqué de Paris ne va saper les efforts consentis par Ndiaye
Bah sur ce plan.
Psychose ?
" Si les Français, à cause de leurs autorités, boudent
la Cité des 333 Saints, la psychose va gagner les ressortissants des autres
pays qui vont réfléchir par deux fois avant de mettre pied dans
les régions Nord", a confié des guides touristiques joints
au téléphone à Tombouctou. Ils sont très inquiets,
mais ne désespèrent pas. A leurs dires, les choses vont revenir à la
normale. Pour le festival d’Essakane de janvier, on apprend, de sources
généralement bien informées que beaucoup de touristes viennent
de renoncer.
Ironie du sort, c’est à Tombouctou que trois événements
importants se tiendront au même moment. Il s'agit de la rentrée
culturelle, couplée à la rentrée touristique (3 au 6 janvier
2010) suivie du festival international d’Essakane (du 7 au 8 janvier).
A l’ouverture de chaque saison touristique au Mali, la ville de Gao aussi
connaît une grande affluence. Des milliers de touristes des quatre coins
du monde y convergent. Et ce ne sont pas les populations qui vont le démentir,
car, pour eux, le tourisme constitue une source importante de revenus. La ville
possède en effet un patrimoine notable avec en particulier le Tombeau
des Askia, inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis janvier 2005.
Même si elle n'est pas très connue comme une ville touristique par
excellence, Kidal également recèle d’importants sites qui
intéressent certains touristes.
Le tourisme est le 3e pourvoyeur de ressources du Mali après l’or,
le coton. De toute façon, les organisateurs des trois événements
restent optimistes sur le bon déroulement de la saison touristique.
Amadou Sidibé
Acceuil
ABUS
FAITS AUX TRAVAILLEURS D’HUICOMA
Le ministre de l’Industrie au banc des accusés
Après vingt-quatre jours de sit-in à la Bourse du travail, les
travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) n’ont
toujours pas eu gain de cause.
C’est la deuxième fois en moins d'un mois que les travailleurs d’Huicoma
rencontraient la presse. Hier jeudi 3 décembre 2009, à la Bourse
du travail, ils ont encore une fois évoqué leur situation difficile
depuis la cession par l’Etat de l’Huilerie au Groupe Tomota.
L’Huicoma, selon ses travailleurs, n’est plus à l’agonie,
mais est morte à cause "de la supercherie orchestrée par le
PDG du groupe Tomota, Alou Tomota en complicité avec les autorités".
L’Huicoma n’est même plus en mesure de faire face au salaire
de ses employés. "A ce jour, nous avons 4 mois d'arriérés
de salaires", a révélé Bakari Berté, président
du Collectif de soutien aux travailleurs licenciés et non licenciés
de l’Huicoma.
A en croire les conférenciers, M. Tomota, en plus du licenciement abusif
des travailleurs d’Huicoma, vient d’hypothéquer les titres
fonciers de la société à Koulikoro pour ensuite se les approprier.
En effet, afin de faire face aux salaires des travailleurs, le ministre Diallo
aurait suggéré au patron du Groupe de contracter un prêt à la
Banque internationale pour le Mali (BIM-SA). Cette opération bancaire
fut exécutée par la société Graphique Industrie à hauteur
de 200 millions de F CFA. Aux dires de notre interlocuteur, en accordant ce prêt
les titres fonciers d’Huicoma de Koulikoro ont été hypothéqués
et placés en garantie.
" C’est une manière de s’approprier dans quelques années
des titres fonciers de l’Huicoma Koulikoro, car assuré que l’entreprise
ne pourra jamais payer les 200 millions alors les titres reviendront logiquement à Graphic
Industrie donc à Tomota".
Sur les sept points de revendication, les conférenciers ont déploré le
statu quo qui prévaut et ont réaffirmé leur désaccord
au sujet du plan social que le gouvernement a proposé. Ils se reconnaissent
plutôt dans le plan social proposé par l’Union nationale des
travailleurs du Mali (UNTM) "prenant en compte" leurs préoccupations.
S’estimant abusés et humiliés, les protestataires entendent
durcir le ton dans les jours à venir. Mais déjà, ils envisagent
de marcher le 10 décembre prochain, Journée mondiale des droits
de l’Homme pour dénoncer le traitement injuste qui leur est fait.
Les sept points de revendication des travailleurs d’Huicoma sont la renationalisation
de l’Huicoma, le paiement sans délai et sans condition du plan social
et des mesures d’accompagnement, la reprise sans délai des activités
de l’entreprise, le paiement immédiat des arriérés
de salaires des travailleurs qui sont en activité et celui des saisonniers.
Aussi les travailleurs réclament-ils le versement des cotisations à l’INPS,
la régularisation administrative de la situation des travailleurs et le
paiement des indemnités de licenciement des 31 travailleurs arrêtés,
emprisonnés en juin 2006 et licenciés après.
Amadou Waïgalo
Acceuil
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