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2009

Mois de decembre

Les Echos du 03 decembre

 

CONSEIL ECONOMIQUE, SOCIAL ET CULTUREL
L’UNTM se vend à vil prix à Bittar
L’élection du successeur de Moussa Balla Coulibaly s’est transformée en un marché où l’argent a dicté sa loi. Le désistement de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), pourtant désignée pour postuler à la présidence du CESC, cache mal les tractations secrètes menées rubis sur ongle. Révélations.
A peine trois jours après l’élection de Jeamille Bittar au poste de président du Conseil économique, social et culturel (CESC), les langues commencent à se délier. L’UNTM, la seule prétendante sérieuse au poste, aurait tout simplement monnayé sa voix. Quelques millions de F CFA auraient suffi à la centrale syndicale pour laisser la présidence à Jeamille Bittar et tout se serait joué la veille, dans la nuit de dimanche à lundi.
Les candidatures de Siaka Diakité (UNTM), Mohamed Diakité (Confrérie des chasseurs), René Alphonse Barbier (Fébévim), Jeamille Bittar (secteur privé) avaient longtemps été distillées dans la presse avant même la signature du décret de nomination des membres du CESC. Mais à la session d’ouverture le 30 novembre, les candidatures déclarées ont été celles de Bittar faite par Séga Doucouré du Haut conseil des Maliens de France, de Mohamed H. Coulibaly par lui-même. René Alphonse Barbier a déclaré retirer la sienne après concertation avec son groupement professionnel et Abdoulaye Amadou Diallo, un Malien de l’extérieur, qui n’était pas attendu à ce niveau a annoncé la sienne.
Le secrétaire général de l’UNTM est resté sans mot dire et aucun autre candidat ne s’est présenté au nom de la centrale syndicale. Dans les coulisses, le trésorier général, Seydou Diarra, avec qui nous voulions nous entretenir sur les prétentions de l’UNTM a répondu sèchement que "nous n’avons que faire d’un poste de président", sans autre forme de procès.
A l’issue du vote, Jeamille Bittar a été crédité de 32 voix contre 20 pour Mohamed H. Coulibaly et 1 pour Abdoulaye Amadou Diallo contre 5 abstentions sur les 58 membres du CESC. A l’analyse du scrutin, il est loisible de constater que ce sont les 12 représentants des travailleurs du secteur public et privé, donc de l’UNTM, qui ont voté à l’unanimité pour Bittar en le portant au pinacle.
Pour un retour de l’ascenseur et conformément au deal préétabli, Jeamille Bittar en personne a proposé la candidature de Siaka Diakité au poste de vice-président. Ce dernier a été élu sur un score identique, c'est-à-dire avec 32 voix pour contre 19 pour Issa Sidibé, 1 voix pour Abdoulaye Amadou Diallo et 2 bulletins nuls.
ATT fâché ? Et pourquoi donc ?
Selon nos informations, le président ATT qui aurait pu invalider la liste controversée de Jeamille Bittar-Djonké Yernangoré et qui joue au médecin après la mort a très mal pris l’élection de Bittar. ATT jouait la carte de l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) attendue à la présidence du CESC après les 15 ans de mandat d’affilée du secteur privé. Le fleuron laissé par Moussa Balla Coulibaly à l'image du Conseil de la République du Sénégal dirigé par l'éminent Me Mbaye Jacques Diop et le Conseil économique et social de Côte d'Ivoire, présidé par l'ancien ministre d'Houphouët-Boigny, Laurent Dona Fologo, va mourir de sa belle mort. Bittar a la réputation d'un monstre froid égocentrique qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins quitte à marcher sur la République et les principes élémentaires de la bienséance (il est l'auteur des inondations du cimetière de Sogoniko dont il a transformé les alentours en nouvelle gare Bittar-Trans, Ndlr).
Il a surtout utilisé des moyens frauduleux pour rempiler à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) en 2006 à la suite d’élections scandaleuses. Il a gagné par procuration les élections consulaires à coup de millions de F CFA et de dessous de table. Malgré tout, il n’a pas pu gérer correctement la CCIM.
La nomination de Bittar, pardon son élection comme président du CESC est une récompense à peine voilée du président ATT pour qui il a battu campagne à visage découvert en mettant gracieusement ses bus à contribution lors du scandaleux "takokélen" de 2007.
Il n’y a aucun mal que l’UNTM refuse d’occuper la place qui est la sienne, mais elle ne devait pas accepter d'être traînée dans la fange par un blanc-bec qui enterrera très bientôt l'honorabilité d'une institution qui mérite d'avoir à sa tête des hommes qui incarnent les valeurs positives de ce pays.
Mais enfin, la Bourse du travail a déjà terni la bonne image du syndicalisme malien léguée par les pionniers. Le bureau dirigé par Siaka Diakité s'est transformé en un piètre groupement d'intérêt économique (GIE). Hélas !
Abdrahamane Dicko

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LE MONDE A L’ENVERS
Les dirigeants de la planète Terre viennent-ils de Mars ?
Au point où l’humanité se trouve, il est plus que temps de s’arrêter pour faire le bilan de notre activité. Depuis que le monde est monde, les hommes ont exploré tout ce qu’il y avait à connaître juste pour nous rassurer sur notre destin. Mais où allons-nous ? Le monde est-il infini ? Il y a des commandants à bord du vaisseau terrestre ? Les doutes sont nombreux sur l’avenir de la planète Terre.
Des millions d’années après ces questionnements, nous n’avons que des hypothèses et en même temps nous nous créons d’autres incertitudes. Le monde d’aujourd’hui vit dans une atmosphère de précarité généralisée. L’emploi, l’éducation, la santé, l’alimentation et l’environnement sont devenus de véritables casse-tête pour toutes les nations. Nations riches ou pauvres se trouvent toutes confrontées aux mêmes problèmes et les solutions se font encore attendre.
Les mouvements de grèves, les attentats et les rébellions sont, entre autres, les signes apparents du mal vivre de l’humanité que chacun s’efforce de repousser au plus profond de l’oubli et de l’optimisme. La terre se réchauffe, les hommes en plus du dénuement vivent dans l’angoisse du climat d’insécurité né des mauvaises pistes empruntées pour résoudre nos différents problèmes.
La délocalisation des entreprises pour régler le chômage, la limitation des naissances pour juguler le problème alimentaire, la mise en quarantaine pour éradiquer certaines maladies, le durcissement des conditions de l’émigration pour sauvegarder les ressources du pays… sont une batterie de mesures qui jusqu'à preuve du contraire n’ont fait qu’aggraver la tension.
Nous marchandons et négocions les mêmes choses de la même manière avec les mêmes résultats. L’enjeu économique a relégué au second plan l’essentiel : l’homme. Avec nos prouesses techniques et technologiques, nous en sommes arrivés à rendre l’homme plus malheureux et sa demeure en péril. La désertification et le réchauffement climatique sont les menaces immédiates sur la planète. Le ballet politico-comico-diplomatique autour de cette dernière menace est à la limite révoltante.
De sommet en sommet, on nous sort la dérisoire proposition de réduire de 2/100 les émissions de CO2 que certains gros pollueurs récusent. A la limite, c’est de la désinvolture de la part des USA et de la Chine, car il s’agit de l’existence du monde et non de leurs petits pays fussent-ils des puissances mondiales. Pour une fois, le bon sens devrait prévaloir. La révolte de la mer qui annonce l’immersion de la planète ne fera pas de privilégiés que cela soit clair pour tout le monde. De qui se moque-t-on en prolongeant les concertations ? On cherche à gagner du temps contre qui en faisant des propositions dérisoires les 2/100 de réduction de CO2 ?
Au cas où ces décideurs l’auraient oublié, je me fais le devoir de leur dire ce-ci : si la fin du monde était pour bientôt, ce sont nos enfants, nos femmes, nos amis, nos partenaires économiques, nous-mêmes et tout ce que nous estimons qui en seraient les victimes. Où est notre gloire ou notre victoire quand par calcul nous perdons nos raisons de vivre ? Au vu de ce que nous avons fait du monde, l’homme est la plus grosse déception qui nous est donné de voir. L’humanité est à la croisée des chemins, si nous ne nous reprenons pas à temps, nous allons précipiter la fin du monde pour des raisons qui n’en valent pas la peine.
Une farce de mauvais goût
Il est temps que chacun fasse son examen de conscience pour faire lucidement le bilan de son action et dégager sa part de responsabilité dans la dégradation de notre cadre de vie. Depuis plus d’une décennie, les hommes et les femmes de notre planète se comportent de façon inconvenante vis-à-vis de tous comme si nous étions tous acteurs d’une pièce de théâtre sans fin et dénuée de toute conséquence. Il se trouve dans la réalité que nous subissons, comme un effet boomerang les conséquences des actes que nous posons chaque jour. Les mauvais choix politiques, les mauvaises décisions… sont autant de facteurs qui nous conduisent dans l’intolérance et les crises en tout genre. Les nations sont prises en otage par elles-mêmes. Afrique est partagée entre la France, la Russie et la Chine.
La plupart des Etats européens font allégeance au géant américain, à l’Allemagne et à la Grande-Bretagne. Les scientifiques de toutes les disciplines ont émis des hypothèses pas reluisantes sur l’avenir de la planète et sur la condition humaine, mais tout cela ne semble émouvoir personne. Sans discernement aucune, nous congratulons, adulons et applaudissons des faits et les auteurs de certains actes : les putschistes, les tripatouilleurs de constitutions, les fossoyeurs de l’économie, les véreux de la science, les rapaces qui tiennent les cordons de la bourse mondiale…
Nonobstant les graves conséquences et les nombreuses victimes, nous trouvons des héros encore dans un univers en perte de vitesse. Quel courage ! Ne nous voilons pas la face, le monde n’est plus dans son âge d’or. Il nous faut changer de stratégie. "Le tout liberté individuelle", le "tout démocratie participative ou sélective" ont montré leurs limites dans la résolution des problèmes du monde. Avec un peu plus de rigueur et de franchise, la Déclaration universelle des droits de l’Homme devrait suffire. La gestion des affaires du monde dans leur état actuel ne mènera nulle part. Nous avons un problème d’équité, de justice et de discernement.
Avec tout le respect que j’ai pour les génies et les compétences, je les accuse pourtant de nous avoir conduits à l’impasse que nous vivons maintenant. Je ne sais comment on pourrait apaiser le climat social en faisant chaque jour des chômeurs ni comment résoudre l’effet de serre en proposant une réduction ridicule de 2/100 d’émission de CO2. La liberté individuelle est brandie comme sésame à la misère de l’humanité à l’échelle de la planète. Au fait, si chacun devait faire ce qu’il veut avec la bénédiction des lois que deviendra la notion de la responsabilité sociale ?
Sans doute que la société avec sa morale, son étique et ses états d’âme est devenue un fardeau qu’il faut larguer. La morale et la liberté font rarement bon ménage. Les morts du stade du 28-Septembre de Conakry (Guinée) ont fait un peu plus de bruit que ceux du RD Congo, les privés du droit en Somalie font plus de bruits que ceux de la Mauritanie. Les méfaits de la guerre entre Israël et le Hamas font plus de vagues que ceux de la coalition USA et alliés en Iraq. Quelle gestion des affaires du monde !
Avec une telle approche des responsables de la gestion du monde, nous n’avons que ce que nous méritons, c’est-à-dire un monde croupissant sous le poids des problèmes.
Bakary Sangaré
(imprimerie Jamana)

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MALI
La sainte alliance en Occident engage ses coups bas
Que diable venons-nous faire dans cette galère ?
Il y a moins d’un mois, la coopération américaine livrait des véhicules recyclés pour, soi-disant, aider le Mali à lutter contre le terrorisme. Quel terrorisme ? De qui contre qui, pourquoi ? Eux seuls le savent, puisqu’ils en sont, selon toute vraisemblance, les vrais programmateurs. Mais, les Américains ne sont pas seuls dans la combine aux allures de complot ourdi contre cette terre de paix et d’humanité, terre de prédilection de "l’islam noir". Est-ce un hasard ? On le saura. "Nul besoin de se mettre debout pour voir ce qui arrive".
La horde des colonialistes non repentis (suivez mon regard), l’Occident tout entier, s’instrumentalise et se met à bloc derrière une bande d’illuminés en quête de son "identité nationale purifiée", et qui pense refaire le monde à son goût.
Ces beaux petits messieurs n’ont, de toute évidence, pas tiré jusqu’à présent les leçons de l’Histoire, assignant par leur inculture schizophrénique tous les peuples au règne de la violence et des larmes, au nom d’intérêts égoïstes de forcenés de l’argent et autres Judas rêvant de grandeur dans un syndrome hitlérien où le minuscule crapaud pensant au bœuf qu’il ne sera pas se voit en matador de corrida espagnole. La fin de l’histoire est connue, lisez la fable.
Les services d’intelligence dans les pays sérieux ne passent pas leur temps à la basse besogne de ficher des "queues" en balade libidinale, comme c’est le cas sous nos tropiques. Ils ont mission de réussir à atteindre des objectifs précis par des moyens "détournés", insoupçonnables, sans laisser de traces susceptibles de les confondre, un travail propre sans bévue ni bavure, comme au cinéma. Et, c’est pourquoi ils ont pour eux de grands moyens, les dernières trouvailles de la science, à la limite de la fiction, dotés qu’ils sont de technologies sophistiquées qui ne seront révélées à l’usage civil et à la béatitude nègre que des décennies plus tard.
Il en a été ainsi pour la grande toile, le Web, qui fut assez longtemps, on le sait aujourd’hui, un dispositif stratégique exclusif de l’armée américaine. Mais, bien qu’il soit difficile de prouver dans les faits leurs forfaits, il n’est pas impossible de comprendre les machinations et montages qu’ils orchestrent pour parvenir à leurs fins.
C’est tout à fait le cas dans la situation actuelle qui prévaut dans notre pays, aujourd’hui indexé subversivement dans les médias internationaux comme le second foyer d’Al-Qaïda. Sans avoir rien à y faire, on veut foutre notre pays dans la galère d’un terrain de confrontation entre les Occidentaux et le terrorisme qu’ils suscitent. Basta !
Voici les données de l’équation du terrorisme qu’on va nous servir, et ce n’est pas là ma première mise en garde. Il y a d’énormes réserves de pétrole au Nord du Mali. Des rebellions, comme par hasard, depuis la Ire République, ont mis un frein aux tentatives d’exploration des gisements. L’Algérie qui était sur le point d’ouvrir ses vannes du pétrole et du gaz a été mise à feu et à sang pour motif d’extrémisme religieux. Curieusement, au moment où le Mali s’apprête à conclure sur l’exploitation de son bassin - (1er acte) : une branche dite "Salafiste" du GSPC algérien est constituée pour venir s’installer, comme par hasard, au Nord-Mali, en proie à une rébellion, se signalant par des enlèvements et prises d’otage. Peu de temps après - (2e acte) : les médias occidentaux nous apprennent que ladite branche s’est muée en "Al-Qaïda au Maghreb" ; peu importe que le Mali ne soit en rien maghrébin. Les Américains, eux, avaient déjà débarqué dans la région, et poursuivaient des opérations prétendument de formation militaire, de manœuvres conjointes d’appuis logistiques, et tout le baratin du bataclan pour justifier ce que les Maliens ne comprenaient pas trop : que font-ils dans notre Septentrion ?
Entre-temps (3e acte) : de petites escarmouches sans grave conséquence ont lieu au Maroc, descendant en Mauritanie, en montages grossiers, causant des morts parmi les touristes et les militaires, enjambant le Sénégal et finissant en Guinée-Bissau par des arrestations rocambolesques, soldées de menaces. Depuis, on greffe à ce sinistre rampant le spectre des narcotrafiquants dans la zone guinéenne.
On fait intervenir à l’antenne des ministres pour dénoncer l’irruption de cette mafia et la gangrène de la corruption ; et par un spectaculaire retournement, c’est le Sahara qui devient subitement, après l’assassinat de Nino Vieyra en Guinée-Bissau, l’espace de fleurissement de ce trafic, qui serait là depuis, échappant au contrôle des Etats sans contrôle sur leur territoire.
Finalement, tout est là, tout ce qui justifierait l’installation d’un "commandement militaire" occidental, désapprouvé depuis toujours par le Mali, et boudé à la suite par les pays africains. Et voilà que - (4e acte) : pour boucler la boucle, un avion vient débarquer au grand jour sa cargaison dans une zone, peut-être incontrôlée, mais habitée. Un seul avion ou une diversion pour d’autres ? Quels types d’engins, de véhicules ont servi à enlever les tonnes de chargement en ce lieu sans se faire remarquer même des nomades qui circulent, et pour aller les stocker où ?
Comment nos amis avec tous les moyens sophistiqués qu’ils ont (satellites, GPS et radars) n’ont rien vu venir ni partir ni se planquer ? Etait-ce vraiment de la drogue, des armes ou des bombes pour commencer au Mali le festival de carnage en Afrique, après l’Irak et l’Afghanistan ? Comment ledit représentant de l’ONU sait-il que l’avion venait du Venezuela ? Tiens ! Un pain béni pour nos amis qui ne sont pas en bonne senteur avec Hugo Chavez d’impliquer son pays, d’une façon ou d’une autre.
Ils pourront ainsi faire d’une pierre deux coups, en prétendant traquer le lièvre jusque chez l’ennemi intime, et bloquer ainsi son initiative mal vue de coopération annoncée avec l’Afrique, et aussi l’expertise vénézuélienne dans la négociation du pétrole malien. Le tour est joué.
Pourquoi des colis destinés à l’Europe sont-ils débarqués au Mali, pourtant sans port, dans le désert, sans passage direct, trajet plus ardu, plus coûteux et plus risqué, car de toute façon il faudra se faufiler par un autre pays jusqu’aux porteurs de traversée ? Ce ne sont pas des arguments plausibles qui manqueront, car nous les Nègres n’aimant pas trop réfléchir, nous nous contenterons de l’explication matraquée par les médias officiels, que nous répéterons bons enfants dans nos causeries, sans le moindre soupçon d’esprit critique. Surtout ne tentez pas de nous faire raisonner autrement.
Déjà, des journaux de chez nous "informés" (à quelle source ?) affirment que les réseaux incriminés ont des couvertures au niveau gouvernemental et dans l’Armée. Ah bon ? C’est certainement vrai, mais comment l’ont-ils su pour se permettre de l’écrire de manière si désinvolte ? Pourquoi n’y a-t-il pas de réaction officielle à de telles graves mises en cause ?
Ecoutez toutes les sottises dont nous nous faisons nous-mêmes les caisses de résonance, c’est à croire que l’on ne sait pas ce qui nous attend. Pire, c’est de la bouche des plus hautes autorités du pays qu’on entend dire que notre pays est le lieu de convergence de tous les hors-la-loi, oui, qui nichent "dans la bande sahélo-saharienne", zone d’insécurité estampillée de fléaux. Bon Dieu ! Mesure t-on, tant soit peu, l’impact d’un tel propos en aveu public d’impuissance et d’ingénuité à ce niveau de l’Etat ?
C’est exactement le genre de discours que les séditieux attendent de faire croire à l’opinion, le censeur, afin de justifier leur plan d’invasion chez nous, pour venir semer le désordre d’extrémismes montés, financés et entretenus par eux. S’en suivra la récolte des fruits mûrs de notre coupable légèreté, de notre inqualifiable inconsistance, donnant droit à pomper à volonté nos richesses convoitées, avec quelques complicités de nigauds et de corrompus, recevant des prébendes pour leur traîtrise.
C’est tellement facile de corrompre en pays pauvre, de soudoyer, d’acheter, de trouver des candidats au recyclage de l’argent douteux. Voilà l’appât, et on ne peut pas dire que l’hameçon n’ait pas été mordu, il est même avalé. L’existence de ces réseaux de contrebandiers est le mobile pour faire de nous des coupables, comme recherché.
Al-Qaïda au Maghreb a ses objectifs au Maghreb, c’est clair, et non au Sud du Sahara. Ou alors, qu’on nous explique pourquoi il changerait maintenant pour nous faire à nous des emmerdes, en laissant le Maghreb de côté. Et, s’il s’agit de lutter contre les narcotrafiquants, il serait plus logique de le faire en amont, au lieu de venir nous mettre en scène des tueries d’innocents chez nous. Un avion gros porteur échappe-t-il au radar ? Navigue-t-il sans assistance, sans plan de vol, sans corridor dûment réservé ? Assez des salades dont l’unique but est de faire du grabuge, du carnage en Afrique, comme on continue de le faire au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique latine.
Et ce crash d’un autre avion, américain paraît-il, dans la zone de Bougouni ? Une coïncidence ou un autre débarquement maquillé de matériels ? Quelle est cette autre menace qui se dessine au sud, sur un front semble-t-il dégarni ? Veut-on nous prendre entre deux feux ? Vigilance, mes frères, ne nous laissons pas surprendre bêtement. Il nous faut une défense civile.
J’en appelle aux gouvernants, aux médias, à tous les patriotes maliens, africains, car si nos amis commencent leur terrorisme idiot au Mali, personne ne sera jamais plus épargné au sud du Sahara. La lâcheté ne nous empêchera pas de mourir… même de "bombes amies", des drones, des "erreurs" de tirs, d’appréciation, d’information ; de la foutaise du plus fort.
Faites attention messieurs à ce que vous dites et faites à vos places et rôles, pour ne pas servir, béatement, à donner une caution aux sombres desseins de ce banditisme de cercles de voyous des puissances en campagne de délestage des richesses des peuples méprisés, comme au Congo, en Irak et en Afghanistan.
Pour parfaire le puzzle de la croisade anti-mahométane au pays de Tombouctou, il fallait corroborer l’existence d’un extrémisme religieux au Mali. Ils ont donc largement exploité, médiatisé, la réaction populaire et musulmane contre le fameux code des "grandes avancées" dans l’égarement (rédigé dans un français médiocre d’huissier qui blesse à la fois le droit et la syntaxe. Arrêtez, bon sang, ces "fourberies de Scapin" !).
Toujours dans la gamme des caricatures insidieuses, le reporter de RFI, lui, est allé jusqu’à lire une pancarte de manifestants mentionnant "Boco haram", afin que les populations occidentales, qui n’ont pas demandé à leurs gouvernements de s’acoquiner dans ce jeu dangereux pour tous, croient qu’un sentiment hostile serait chez nous à leur égard. La vermine, sans honte, mange sa cervelle pour quelques sous en poche.
Nous les Maliens, nous gardons la force et la raison de remettre à sa place quiconque s’ignore et nous ignore pour attenter à nos valeurs de civilisation éprouvées qui n’ont absolument rien à envier à celles mimées ailleurs par des bourriques bourrés de complexe ; surtout pas les modèles d’assimilation qui voudraient nous européaniser ou nous arabiser, en étant loin d’atteindre notre mûrissement ontologique propre, notre degré historique d’humanisation et de régulation de la vie en société...
Je n’ai pas terminé cet article que vient de tomber la nouvelle de l’enlèvement d’un Français à Menaka, suivi de la recommandation officielle aux Français (donc à tous les Occidentaux, sans les Chinois et autres) de quitter la zone et de rejoindre Bamako, car bientôt, qui sait... ça va pétarader. La mise en place semble terminée. Bombe, guerre ou grippe ? On le saura tôt ou tard, quand ça éclatera au grand jour. Cela ne saurait tarder, apparemment.
Qui vivra, verra !
Mohamed Coulibaly

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SOCIETE DE GEOGRAPHIE DE FRANCE
Le Pr. Bakari Kamian membre d’honneur
Le Pr. Bakari Kamian est le 2e Africain membre d’honneur de la Société de géographie de France. Jean-Claude Fortuit, vice-président de la Société, lui en a décerné la distinction. C’était le jeudi 26 novembre à la Primature.
Ils étaient tous là : ministres, envoyés de la présidence de la République, représentants des institutions, amis, camarades, connaissances, parents… à la cérémonie en l'honneur de Pr. Bakari Kamian.
Jean-Claude Fortuit, vice-président de la Société de géographie de France, a élevé notre compatriote, historien, membre d’honneur de la Société de géographie de France. La cérémonie a eu lieu jeudi 26 novembre à la Primature.
Premier Africain au sud du Sahara et 2e Africain après Boutros-Boutros Ghali, a être honoré, l’auteur du livre des "Tranchées de Verdun à l’église Saint Bernard 80 000 combattants maliens au secours de la France 1914-1918 et 1939-1945" est d'ores et déjà un homme comblé. "J’apporterai à la Société tous les expériences acquises". Le geste de l’institution vieille de 188 ans, a été félicité par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Iba Ndiaye, représentant le Premier ministre. Heureux, il a dit que la distinction décernée à Bakari Kamian, "honore tout le Mali".
Jean Claude Fortuit s’est félicité du parcours de M. Kamian qui a beaucoup donné à son pays et à la science.
Né en 1928 à San, M. Kamian est titulaire du Capes d’histoire et de géographie et d’une agrégation de géographie. Instituteur de 1949 à 1952, il devint par la suite professeur, censeur et proviseur de lycée, directeur général de l’Ecole normale supérieure du Mali, secrétaire général du Conseil national de la recherche scientifique et technique à la présidence du Mali.
Il a reçu des distinctions dans plusieurs pays. Il est commandeur de l’Ordre national de la République de Guinée, de l’Ordre national du Lion du Sénégal, commandeur de l’Ordre national du Mérite de la République française, commandeur de l’Ordre national du Mali et officier des Palmes académiques de France. Il a occupé diverses responsabilités dans les institutions onusiennes. Il est l’auteur de nombreuses publications.
Il faut rappeler que la Société de géographie de France a été créée le 15 décembre 1821. Son premier président a été le marquis de Laplace, pair de France, membre de l’Institut (ensemble des Académies). Parmi les lauréats de la Société figurent René Caillé, Barth, Gordon Laing, le maréchal Gallieni, le maréchal Lyautey, Théodore Monod directeur fondateur de l’Ifan, Marcel Griaule.
Amadou Sidibé

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ECHOS DES REGIONS

SIKASSO
A 24 mois, il parle et accomplit des miracles
Oumar Diallo et Inda Dramé doivent remercier le Tout Puissant après avoir mis au monde un enfant qui attire les foules après plusieurs prédictions qui se sont avérées. Le jour de Tabaski, la 3e région a vu Nostradamus.
Dans les milieux musulmans, on l'appelle Cheikh, surnom donné aux dignitaires religieux. Lui, c'est Cheikh Abdramane Diallo, son nom est en train de faire le tour du pays, cet enfant prodige qui suscite curiosité, passions et débats partout où il passe ne se distingue a priori en rien des autres enfants, mais dès qu'il commence à parler, les spectateurs se rendent vite compte qu’il est spécial.
Agé de 24 mois à peine, il s'exprime en bambara. Il est un prédicateur qui attire des milliers de personnes lors de ses sermons de plus en plus réguliers. Pour un enfant, il paraît particulièrement adulte. Il parle avec assurance, il fixe de ses yeux la personne à qui il s'adresse.
Sa mère est la mieux placée pour converser avec lui et sert d’interprète quand une lettre lui est adressée. La réponse à la lettre lui parvient en arabe. Sa mère comprenant l’arabe lit la lettre et dicte la conduite à suivre à l'intéressé. Certains s'en retournent chez eux avec des bracelets en cuivre ou en argent.
Personne n’a pu donner d’explications à ce pouvoir extraordinaire. Néanmoins, il a été le pôle d’attraction de la fête de Tabaski à Sikasso où son père Oumar Diallo, transitaire exerçant à Kayes, a choisi de fêter. L’enfant a reçu la visite des autorités locales et régionales, l’affluence fut grande dans la famille de son père à telle enseigne que les forces de l’ordre sont intervenues pour sa sécurité.
Pour son grand-père et homonyme Abdrahmane Diallo, douanier à la retraite, "il n'est encore qu'un enfant. Il n'est pas encore à l'école. Il ne sait ni lire le Coran, ni écrire l'arabe. Il fait des bénédictions et reçoit des lettres divines en arabe. C'est compliqué à comprendre, mais c'est ainsi".
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

SIKASSO
Journées régionales sur le foncier
Le foncier, malgré une multitude de textes à la fois nationaux et internationaux, connaît beaucoup de difficultés liées le plus souvent aux comportements de l'homme et à l'interprétation complexe des acteurs.
Les autorités régionales, qui ambitionnent de promouvoir la recherche interdisciplinaire sur les questions foncières et de renforcer les capacités citoyennes d'influencer les politiques foncières, ont ouvert le mardi 1er décembre 2009 une rencontre régionale sur le foncier.
La rencontre est placée sous l'égide de l’Assemblée régionale, la Chambre d’agriculture en partenariat avec le gouvernorat et les partenaires techniques et financiers sous le thème "décentralisation, la loi d’orientation agricole, code domanial et foncier, la responsabilisation des acteurs locaux dans la gestion du foncier".
Les travaux sont présidés par Flatié Sanogo, conseiller au développement du gouverneur. Il s'agira d’informer les acteurs publics et privés concernés des enjeux fonciers majeurs et susciter la réflexion et la discussion sur les grandes orientations de l'Etat en matière de législation foncière et de la décentralisation. Au Mali, le droit coutumier reste ambigu. La gestion foncière met en présence deux logiques : moderne et traditionnelle.
La question foncière et la décentralisation rurale ont fait l'objet au cours de ces dernières années de nombreuses réflexions tant de la part des autorités que de la société civile. L'intérêt pour la question foncière et la décentralisation au niveau national prend une dimension particulière dans un contexte où l'insécurité foncière en milieu rural est de plus en plus manifeste.
Conflits sanglants
Pour mieux appréhender cette problématique, le président du Conseil de cercle de Bougouni affirme que "le foncier met en présence une opposition à trois niveaux : une opposition dans les deux logiques, les conventions locales le plus souvent mal gérées et les conflits entre autochtones".
Cette théorie trouve sa place dans le système foncier malien, plus particulièrement dans la Commune de Bougouni où la politique de décentralisation présente des aspects négatifs, notamment dans le découpage territorial. Les chefs coutumiers proposent à la collectivité une gestion temporaire, mais pas définitive. Ce qui est contraire à l'esprit de la loi de transfert des compétences.
L'insuffisance dans la gestion des ressources naturelles et renouvelables crée des confusions, détruit des systèmes locaux de gestion des ressources naturelles et réduit les efforts de la population pour gérer durablement les ressources naturelles renouvelables.
Plusieurs conflits sanglants liés au foncier se sont passés dans la région, singulièrement à Yanfolila et à Bougouni. Le foncier au Mali est confronté à des difficultés comme le découpage territorial, les transferts de compétence, en passant par la mobilisation des ressources naturelles et les insuffisances de certains textes. Pour une meilleure gestion des terres, il s'agira de mettre l'accent sur l'implication des différents acteurs en vue de la mise en place d’une commission foncière aux niveaux régional et local pour une nouvelle pratique de la compétence.
Les pratiques foncières devront être développées. Elles devront donner lieu à des modes de diffusion plus adaptés par rapport à la demande.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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AGRICULTURE, ELEVAGE ET PECHE
Remise de matériel américain
Le gouvernement américain, à travers l’USAID, vient de remettre un important lot d’équipements aux ministères de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. La cérémonie de remise a eu lieu le 1er décembre au ministère de l’Elevage et de la Pêche en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, des ministres de l’Agriculture ; de l’Elevage et de la Pêche.
D’une valeur de 1,5 million de dollars, soit plus de 650 millions de F CFA, le lot est composé de 29 véhicules pick-up tout terrain, 90 motos de marque Yamaha, 86 ordinateurs portables avec imprimantes et un lot d’équipements, d’appui et de bureautique.
Ce lot, selon l’ambassadrice des Etats-Unis au Mali, S. E. Mme Gillian Milovanovic, "s’inscrit dans la vision et le cadre programmatique de l’Initiative globale et accentue leur détermination à accompagner les efforts des Maliens pour assurer le développement du Mali et un meilleur avenir pour tous les citoyens".
Ce matériel performant renforcera la capacité professionnelle des agents du ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche et leur permettra de réunir et analyser les données nécessaires à une bonne gestion. Aussi, ils seront mieux à même de propager les méthodes de pointe, qui permettront aux secteurs clés de l’économie que sont l’agriculture l’élevage et la pêche d’améliorer leurs performances.
Le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Ba a, au nom du gouvernement, exprimé sa satisfaction et exhorté les bénéficiaires à prendre soin afin d’assumer correctement les missions de développement des sous-secteurs agriculture, élevage et pêche pour le bonheur de tous les paysans et de l’ensemble de la population.
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)

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PERFECTIONNEMENT
Une quarantaine d’entraîneurs à l’école de Karl
Démarré le 23 novembre dernier, le 1er stage de perfectionnement d’entraîneurs de football de Ligue 1, qui avait regroupé une quarantaine d’entraîneurs, a pris fin le 1er décembre au siège de Malifoot.
Dirigé par l’entraîneur allemand des Aigles à la Can "Yaoundé-1972", Karl Heinz Weigang, le premier stage portait sur la préparation actuelle de la condition physique, le comportement défensif et offensif. Il visait à outiller les formateurs d’informations et de matériels didactiques récents, permettant un développement optimal du football national, en le rendant plus compétitif et plus performant. Pendant une semaine, des entraîneurs de Ligue 1, dont 3 dames ont appris toutes les notions élémentaires liées à ces points.
La cérémonie de remise des certificats et attestations le mardi dernier au siège de Malifoot était présidée par le président Hammadoun Kolado Cissé. Il avait à ses cotés, S. E. l’ambassadeur d’Allemagne au Mali, Karl Flittner, l’instructeur, Karl Wiegang et le représentant du Cnosm, Tidiane Niambelé. On notait également la présence du DTN, Joachim Fickert.
Le temps fort de la cérémonie a été la remise des certificats des entraîneurs Moussa Kéita alias Dougoutigui, Ousmane Guindo et Boubacar Sidiki Diarra. Le premier a eu la mention très bien lors du 31e stage de formation des entraîneurs à Hennef (Allemagne). Les autres stagiaires ont également reçu des attestations.
Le porte-parole des stagiaires, Samballa Sissoko, et le président de Malifoot ont vanté le mérite des techniciens allemands en l’occurrence l’instructeur Karl Weigang et l’actuel directeur technique national de Malifoot, Joachim Fickert. Le premier en a profité pour demander plus de suivi des entraîneurs. Quant à S. E. l’ambassadeur allemand, il a félicité l’exemplarité de la coopération entre nos deux pays à travers le projet germano-malien avant de souhaiter bonne chance aux Aigles en route pour la Can-Angola-2010.
Gageons que ce premier stage ainsi que le second qui démarre ce matin serviront beaucoup à nos techniciens. Comme le dirait l’autre, une équipe performante a besoin d’entraîneur bien formé et bien aguerri.
Boubacar Diakité Sarr


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