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2009
Mois de
decembre
Les
Echos du 03 decembre
CONSEIL
ECONOMIQUE, SOCIAL ET CULTUREL
L’UNTM se vend à vil prix à Bittar
L’élection du successeur de Moussa Balla Coulibaly s’est transformée
en un marché où l’argent a dicté sa loi. Le désistement
de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), pourtant désignée
pour postuler à la présidence du CESC, cache mal les tractations
secrètes menées rubis sur ongle. Révélations.
A peine trois jours après l’élection de Jeamille Bittar au
poste de président du Conseil économique, social et culturel (CESC),
les langues commencent à se délier. L’UNTM, la seule prétendante
sérieuse au poste, aurait tout simplement monnayé sa voix. Quelques
millions de F CFA auraient suffi à la centrale syndicale pour laisser
la présidence à Jeamille Bittar et tout se serait joué la
veille, dans la nuit de dimanche à lundi.
Les candidatures de Siaka Diakité (UNTM), Mohamed Diakité (Confrérie
des chasseurs), René Alphonse Barbier (Fébévim), Jeamille
Bittar (secteur privé) avaient longtemps été distillées
dans la presse avant même la signature du décret de nomination des
membres du CESC. Mais à la session d’ouverture le 30 novembre, les
candidatures déclarées ont été celles de Bittar faite
par Séga Doucouré du Haut conseil des Maliens de France, de Mohamed
H. Coulibaly par lui-même. René Alphonse Barbier a déclaré retirer
la sienne après concertation avec son groupement professionnel et Abdoulaye
Amadou Diallo, un Malien de l’extérieur, qui n’était
pas attendu à ce niveau a annoncé la sienne.
Le secrétaire général de l’UNTM est resté sans
mot dire et aucun autre candidat ne s’est présenté au nom
de la centrale syndicale. Dans les coulisses, le trésorier général,
Seydou Diarra, avec qui nous voulions nous entretenir sur les prétentions
de l’UNTM a répondu sèchement que "nous n’avons
que faire d’un poste de président", sans autre forme de procès.
A l’issue du vote, Jeamille Bittar a été crédité de
32 voix contre 20 pour Mohamed H. Coulibaly et 1 pour Abdoulaye Amadou Diallo
contre 5 abstentions sur les 58 membres du CESC. A l’analyse du scrutin,
il est loisible de constater que ce sont les 12 représentants des travailleurs
du secteur public et privé, donc de l’UNTM, qui ont voté à l’unanimité pour
Bittar en le portant au pinacle.
Pour un retour de l’ascenseur et conformément au deal préétabli,
Jeamille Bittar en personne a proposé la candidature de Siaka Diakité au
poste de vice-président. Ce dernier a été élu sur
un score identique, c'est-à-dire avec 32 voix pour contre 19 pour Issa
Sidibé, 1 voix pour Abdoulaye Amadou Diallo et 2 bulletins nuls.
ATT fâché ? Et pourquoi donc ?
Selon nos informations, le président ATT qui aurait pu invalider la liste
controversée de Jeamille Bittar-Djonké Yernangoré et qui
joue au médecin après la mort a très mal pris l’élection
de Bittar. ATT jouait la carte de l'Union nationale des travailleurs du Mali
(UNTM) attendue à la présidence du CESC après les 15 ans
de mandat d’affilée du secteur privé. Le fleuron laissé par
Moussa Balla Coulibaly à l'image du Conseil de la République du
Sénégal dirigé par l'éminent Me Mbaye Jacques Diop
et le Conseil économique et social de Côte d'Ivoire, présidé par
l'ancien ministre d'Houphouët-Boigny, Laurent Dona Fologo, va mourir de
sa belle mort. Bittar a la réputation d'un monstre froid égocentrique
qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins quitte à marcher
sur la République et les principes élémentaires de la bienséance
(il est l'auteur des inondations du cimetière de Sogoniko dont il a transformé les
alentours en nouvelle gare Bittar-Trans, Ndlr).
Il a surtout utilisé des moyens frauduleux pour rempiler à la tête
de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) en 2006 à la
suite d’élections scandaleuses. Il a gagné par procuration
les élections consulaires à coup de millions de F CFA et de dessous
de table. Malgré tout, il n’a pas pu gérer correctement la
CCIM.
La nomination de Bittar, pardon son élection comme président du
CESC est une récompense à peine voilée du président
ATT pour qui il a battu campagne à visage découvert en mettant
gracieusement ses bus à contribution lors du scandaleux "takokélen" de
2007.
Il n’y a aucun mal que l’UNTM refuse d’occuper la place qui
est la sienne, mais elle ne devait pas accepter d'être traînée
dans la fange par un blanc-bec qui enterrera très bientôt l'honorabilité d'une
institution qui mérite d'avoir à sa tête des hommes qui incarnent
les valeurs positives de ce pays.
Mais enfin, la Bourse du travail a déjà terni la bonne image du
syndicalisme malien léguée par les pionniers. Le bureau dirigé par
Siaka Diakité s'est transformé en un piètre groupement d'intérêt économique
(GIE). Hélas !
Abdrahamane Dicko
Acceuil
LE
MONDE A L’ENVERS
Les dirigeants de la planète Terre viennent-ils de Mars ?
Au point où l’humanité se trouve, il est plus que temps de
s’arrêter pour faire le bilan de notre activité. Depuis que
le monde est monde, les hommes ont exploré tout ce qu’il y avait à connaître
juste pour nous rassurer sur notre destin. Mais où allons-nous ? Le monde
est-il infini ? Il y a des commandants à bord du vaisseau terrestre ?
Les doutes sont nombreux sur l’avenir de la planète Terre.
Des millions d’années après ces questionnements, nous n’avons
que des hypothèses et en même temps nous nous créons d’autres
incertitudes. Le monde d’aujourd’hui vit dans une atmosphère
de précarité généralisée. L’emploi,
l’éducation, la santé, l’alimentation et l’environnement
sont devenus de véritables casse-tête pour toutes les nations. Nations
riches ou pauvres se trouvent toutes confrontées aux mêmes problèmes
et les solutions se font encore attendre.
Les mouvements de grèves, les attentats et les rébellions sont,
entre autres, les signes apparents du mal vivre de l’humanité que
chacun s’efforce de repousser au plus profond de l’oubli et de l’optimisme.
La terre se réchauffe, les hommes en plus du dénuement vivent dans
l’angoisse du climat d’insécurité né des mauvaises
pistes empruntées pour résoudre nos différents problèmes.
La délocalisation des entreprises pour régler le chômage,
la limitation des naissances pour juguler le problème alimentaire, la
mise en quarantaine pour éradiquer certaines maladies, le durcissement
des conditions de l’émigration pour sauvegarder les ressources du
pays… sont une batterie de mesures qui jusqu'à preuve du contraire
n’ont fait qu’aggraver la tension.
Nous marchandons et négocions les mêmes choses de la même
manière avec les mêmes résultats. L’enjeu économique
a relégué au second plan l’essentiel : l’homme. Avec
nos prouesses techniques et technologiques, nous en sommes arrivés à rendre
l’homme plus malheureux et sa demeure en péril. La désertification
et le réchauffement climatique sont les menaces immédiates sur
la planète. Le ballet politico-comico-diplomatique autour de cette dernière
menace est à la limite révoltante.
De sommet en sommet, on nous sort la dérisoire proposition de réduire
de 2/100 les émissions de CO2 que certains gros pollueurs récusent.
A la limite, c’est de la désinvolture de la part des USA et de la
Chine, car il s’agit de l’existence du monde et non de leurs petits
pays fussent-ils des puissances mondiales. Pour une fois, le bon sens devrait
prévaloir. La révolte de la mer qui annonce l’immersion de
la planète ne fera pas de privilégiés que cela soit clair
pour tout le monde. De qui se moque-t-on en prolongeant les concertations ? On
cherche à gagner du temps contre qui en faisant des propositions dérisoires
les 2/100 de réduction de CO2 ?
Au cas où ces décideurs l’auraient oublié, je me fais
le devoir de leur dire ce-ci : si la fin du monde était pour bientôt,
ce sont nos enfants, nos femmes, nos amis, nos partenaires économiques,
nous-mêmes et tout ce que nous estimons qui en seraient les victimes. Où est
notre gloire ou notre victoire quand par calcul nous perdons nos raisons de vivre
? Au vu de ce que nous avons fait du monde, l’homme est la plus grosse
déception qui nous est donné de voir. L’humanité est à la
croisée des chemins, si nous ne nous reprenons pas à temps, nous
allons précipiter la fin du monde pour des raisons qui n’en valent
pas la peine.
Une farce de mauvais goût
Il est temps que chacun fasse son examen de conscience pour faire lucidement
le bilan de son action et dégager sa part de responsabilité dans
la dégradation de notre cadre de vie. Depuis plus d’une décennie,
les hommes et les femmes de notre planète se comportent de façon
inconvenante vis-à-vis de tous comme si nous étions tous acteurs
d’une pièce de théâtre sans fin et dénuée
de toute conséquence. Il se trouve dans la réalité que nous
subissons, comme un effet boomerang les conséquences des actes que nous
posons chaque jour. Les mauvais choix politiques, les mauvaises décisions… sont
autant de facteurs qui nous conduisent dans l’intolérance et les
crises en tout genre. Les nations sont prises en otage par elles-mêmes.
Afrique est partagée entre la France, la Russie et la Chine.
La plupart des Etats européens font allégeance au géant
américain, à l’Allemagne et à la Grande-Bretagne.
Les scientifiques de toutes les disciplines ont émis des hypothèses
pas reluisantes sur l’avenir de la planète et sur la condition humaine,
mais tout cela ne semble émouvoir personne. Sans discernement aucune,
nous congratulons, adulons et applaudissons des faits et les auteurs de certains
actes : les putschistes, les tripatouilleurs de constitutions, les fossoyeurs
de l’économie, les véreux de la science, les rapaces qui
tiennent les cordons de la bourse mondiale…
Nonobstant les graves conséquences et les nombreuses victimes, nous trouvons
des héros encore dans un univers en perte de vitesse. Quel courage ! Ne
nous voilons pas la face, le monde n’est plus dans son âge d’or.
Il nous faut changer de stratégie. "Le tout liberté individuelle",
le "tout démocratie participative ou sélective" ont montré leurs
limites dans la résolution des problèmes du monde. Avec un peu
plus de rigueur et de franchise, la Déclaration universelle des droits
de l’Homme devrait suffire. La gestion des affaires du monde dans leur état
actuel ne mènera nulle part. Nous avons un problème d’équité,
de justice et de discernement.
Avec tout le respect que j’ai pour les génies et les compétences,
je les accuse pourtant de nous avoir conduits à l’impasse que nous
vivons maintenant. Je ne sais comment on pourrait apaiser le climat social en
faisant chaque jour des chômeurs ni comment résoudre l’effet
de serre en proposant une réduction ridicule de 2/100 d’émission
de CO2. La liberté individuelle est brandie comme sésame à la
misère de l’humanité à l’échelle de la
planète. Au fait, si chacun devait faire ce qu’il veut avec la bénédiction
des lois que deviendra la notion de la responsabilité sociale ?
Sans doute que la société avec sa morale, son étique et
ses états d’âme est devenue un fardeau qu’il faut larguer.
La morale et la liberté font rarement bon ménage. Les morts du
stade du 28-Septembre de Conakry (Guinée) ont fait un peu plus de bruit
que ceux du RD Congo, les privés du droit en Somalie font plus de bruits
que ceux de la Mauritanie. Les méfaits de la guerre entre Israël
et le Hamas font plus de vagues que ceux de la coalition USA et alliés
en Iraq. Quelle gestion des affaires du monde !
Avec une telle approche des responsables de la gestion du monde, nous n’avons
que ce que nous méritons, c’est-à-dire un monde croupissant
sous le poids des problèmes.
Bakary Sangaré
(imprimerie Jamana)
Acceuil
MALI
La sainte alliance en Occident engage ses coups bas
Que diable venons-nous faire dans cette galère ?
Il y a moins d’un mois, la coopération américaine livrait
des véhicules recyclés pour, soi-disant, aider le Mali à lutter
contre le terrorisme. Quel terrorisme ? De qui contre qui, pourquoi ? Eux seuls
le savent, puisqu’ils en sont, selon toute vraisemblance, les vrais programmateurs.
Mais, les Américains ne sont pas seuls dans la combine aux allures de
complot ourdi contre cette terre de paix et d’humanité, terre de
prédilection de "l’islam noir". Est-ce un hasard ? On
le saura. "Nul besoin de se mettre debout pour voir ce qui arrive".
La horde des colonialistes non repentis (suivez mon regard), l’Occident
tout entier, s’instrumentalise et se met à bloc derrière
une bande d’illuminés en quête de son "identité nationale
purifiée", et qui pense refaire le monde à son goût.
Ces beaux petits messieurs n’ont, de toute évidence, pas tiré jusqu’à présent
les leçons de l’Histoire, assignant par leur inculture schizophrénique
tous les peuples au règne de la violence et des larmes, au nom d’intérêts égoïstes
de forcenés de l’argent et autres Judas rêvant de grandeur
dans un syndrome hitlérien où le minuscule crapaud pensant au bœuf
qu’il ne sera pas se voit en matador de corrida espagnole. La fin de l’histoire
est connue, lisez la fable.
Les services d’intelligence dans les pays sérieux ne passent pas
leur temps à la basse besogne de ficher des "queues" en balade
libidinale, comme c’est le cas sous nos tropiques. Ils ont mission de réussir à atteindre
des objectifs précis par des moyens "détournés",
insoupçonnables, sans laisser de traces susceptibles de les confondre,
un travail propre sans bévue ni bavure, comme au cinéma. Et, c’est
pourquoi ils ont pour eux de grands moyens, les dernières trouvailles
de la science, à la limite de la fiction, dotés qu’ils sont
de technologies sophistiquées qui ne seront révélées à l’usage
civil et à la béatitude nègre que des décennies plus
tard.
Il en a été ainsi pour la grande toile, le Web, qui fut assez longtemps,
on le sait aujourd’hui, un dispositif stratégique exclusif de l’armée
américaine. Mais, bien qu’il soit difficile de prouver dans les
faits leurs forfaits, il n’est pas impossible de comprendre les machinations
et montages qu’ils orchestrent pour parvenir à leurs fins.
C’est tout à fait le cas dans la situation actuelle qui prévaut
dans notre pays, aujourd’hui indexé subversivement dans les médias
internationaux comme le second foyer d’Al-Qaïda. Sans avoir rien à y
faire, on veut foutre notre pays dans la galère d’un terrain de
confrontation entre les Occidentaux et le terrorisme qu’ils suscitent.
Basta !
Voici les données de l’équation du terrorisme qu’on
va nous servir, et ce n’est pas là ma première mise en garde.
Il y a d’énormes réserves de pétrole au Nord du Mali.
Des rebellions, comme par hasard, depuis la Ire République, ont mis un
frein aux tentatives d’exploration des gisements. L’Algérie
qui était sur le point d’ouvrir ses vannes du pétrole et
du gaz a été mise à feu et à sang pour motif d’extrémisme
religieux. Curieusement, au moment où le Mali s’apprête à conclure
sur l’exploitation de son bassin - (1er acte) : une branche dite "Salafiste" du
GSPC algérien est constituée pour venir s’installer, comme
par hasard, au Nord-Mali, en proie à une rébellion, se signalant
par des enlèvements et prises d’otage. Peu de temps après
- (2e acte) : les médias occidentaux nous apprennent que ladite branche
s’est muée en "Al-Qaïda au Maghreb" ; peu importe
que le Mali ne soit en rien maghrébin. Les Américains, eux, avaient
déjà débarqué dans la région, et poursuivaient
des opérations prétendument de formation militaire, de manœuvres
conjointes d’appuis logistiques, et tout le baratin du bataclan pour justifier
ce que les Maliens ne comprenaient pas trop : que font-ils dans notre Septentrion
?
Entre-temps (3e acte) : de petites escarmouches sans grave conséquence
ont lieu au Maroc, descendant en Mauritanie, en montages grossiers, causant des
morts parmi les touristes et les militaires, enjambant le Sénégal
et finissant en Guinée-Bissau par des arrestations rocambolesques, soldées
de menaces. Depuis, on greffe à ce sinistre rampant le spectre des narcotrafiquants
dans la zone guinéenne.
On fait intervenir à l’antenne des ministres pour dénoncer
l’irruption de cette mafia et la gangrène de la corruption ; et
par un spectaculaire retournement, c’est le Sahara qui devient subitement,
après l’assassinat de Nino Vieyra en Guinée-Bissau, l’espace
de fleurissement de ce trafic, qui serait là depuis, échappant
au contrôle des Etats sans contrôle sur leur territoire.
Finalement, tout est là, tout ce qui justifierait l’installation
d’un "commandement militaire" occidental, désapprouvé depuis
toujours par le Mali, et boudé à la suite par les pays africains.
Et voilà que - (4e acte) : pour boucler la boucle, un avion vient débarquer
au grand jour sa cargaison dans une zone, peut-être incontrôlée,
mais habitée. Un seul avion ou une diversion pour d’autres ? Quels
types d’engins, de véhicules ont servi à enlever les tonnes
de chargement en ce lieu sans se faire remarquer même des nomades qui circulent,
et pour aller les stocker où ?
Comment nos amis avec tous les moyens sophistiqués qu’ils ont (satellites,
GPS et radars) n’ont rien vu venir ni partir ni se planquer ? Etait-ce
vraiment de la drogue, des armes ou des bombes pour commencer au Mali le festival
de carnage en Afrique, après l’Irak et l’Afghanistan ? Comment
ledit représentant de l’ONU sait-il que l’avion venait du
Venezuela ? Tiens ! Un pain béni pour nos amis qui ne sont pas en bonne
senteur avec Hugo Chavez d’impliquer son pays, d’une façon
ou d’une autre.
Ils pourront ainsi faire d’une pierre deux coups, en prétendant
traquer le lièvre jusque chez l’ennemi intime, et bloquer ainsi
son initiative mal vue de coopération annoncée avec l’Afrique,
et aussi l’expertise vénézuélienne dans la négociation
du pétrole malien. Le tour est joué.
Pourquoi des colis destinés à l’Europe sont-ils débarqués
au Mali, pourtant sans port, dans le désert, sans passage direct, trajet
plus ardu, plus coûteux et plus risqué, car de toute façon
il faudra se faufiler par un autre pays jusqu’aux porteurs de traversée
? Ce ne sont pas des arguments plausibles qui manqueront, car nous les Nègres
n’aimant pas trop réfléchir, nous nous contenterons de l’explication
matraquée par les médias officiels, que nous répéterons
bons enfants dans nos causeries, sans le moindre soupçon d’esprit
critique. Surtout ne tentez pas de nous faire raisonner autrement.
Déjà, des journaux de chez nous "informés" (à quelle
source ?) affirment que les réseaux incriminés ont des couvertures
au niveau gouvernemental et dans l’Armée. Ah bon ? C’est certainement
vrai, mais comment l’ont-ils su pour se permettre de l’écrire
de manière si désinvolte ? Pourquoi n’y a-t-il pas de réaction
officielle à de telles graves mises en cause ?
Ecoutez toutes les sottises dont nous nous faisons nous-mêmes les caisses
de résonance, c’est à croire que l’on ne sait pas ce
qui nous attend. Pire, c’est de la bouche des plus hautes autorités
du pays qu’on entend dire que notre pays est le lieu de convergence de
tous les hors-la-loi, oui, qui nichent "dans la bande sahélo-saharienne",
zone d’insécurité estampillée de fléaux. Bon
Dieu ! Mesure t-on, tant soit peu, l’impact d’un tel propos en aveu
public d’impuissance et d’ingénuité à ce niveau
de l’Etat ?
C’est exactement le genre de discours que les séditieux attendent
de faire croire à l’opinion, le censeur, afin de justifier leur
plan d’invasion chez nous, pour venir semer le désordre d’extrémismes
montés, financés et entretenus par eux. S’en suivra la récolte
des fruits mûrs de notre coupable légèreté, de notre
inqualifiable inconsistance, donnant droit à pomper à volonté nos
richesses convoitées, avec quelques complicités de nigauds et de
corrompus, recevant des prébendes pour leur traîtrise.
C’est tellement facile de corrompre en pays pauvre, de soudoyer, d’acheter,
de trouver des candidats au recyclage de l’argent douteux. Voilà l’appât,
et on ne peut pas dire que l’hameçon n’ait pas été mordu,
il est même avalé. L’existence de ces réseaux de contrebandiers
est le mobile pour faire de nous des coupables, comme recherché.
Al-Qaïda au Maghreb a ses objectifs au Maghreb, c’est clair, et non
au Sud du Sahara. Ou alors, qu’on nous explique pourquoi il changerait
maintenant pour nous faire à nous des emmerdes, en laissant le Maghreb
de côté. Et, s’il s’agit de lutter contre les narcotrafiquants,
il serait plus logique de le faire en amont, au lieu de venir nous mettre en
scène des tueries d’innocents chez nous. Un avion gros porteur échappe-t-il
au radar ? Navigue-t-il sans assistance, sans plan de vol, sans corridor dûment
réservé ? Assez des salades dont l’unique but est de faire
du grabuge, du carnage en Afrique, comme on continue de le faire au Moyen-Orient,
en Asie et en Amérique latine.
Et ce crash d’un autre avion, américain paraît-il, dans la
zone de Bougouni ? Une coïncidence ou un autre débarquement maquillé de
matériels ? Quelle est cette autre menace qui se dessine au sud, sur un
front semble-t-il dégarni ? Veut-on nous prendre entre deux feux ? Vigilance,
mes frères, ne nous laissons pas surprendre bêtement. Il nous faut
une défense civile.
J’en appelle aux gouvernants, aux médias, à tous les patriotes
maliens, africains, car si nos amis commencent leur terrorisme idiot au Mali,
personne ne sera jamais plus épargné au sud du Sahara. La lâcheté ne
nous empêchera pas de mourir… même de "bombes amies",
des drones, des "erreurs" de tirs, d’appréciation, d’information
; de la foutaise du plus fort.
Faites attention messieurs à ce que vous dites et faites à vos
places et rôles, pour ne pas servir, béatement, à donner
une caution aux sombres desseins de ce banditisme de cercles de voyous des puissances
en campagne de délestage des richesses des peuples méprisés,
comme au Congo, en Irak et en Afghanistan.
Pour parfaire le puzzle de la croisade anti-mahométane au pays de Tombouctou,
il fallait corroborer l’existence d’un extrémisme religieux
au Mali. Ils ont donc largement exploité, médiatisé, la
réaction populaire et musulmane contre le fameux code des "grandes
avancées" dans l’égarement (rédigé dans
un français médiocre d’huissier qui blesse à la fois
le droit et la syntaxe. Arrêtez, bon sang, ces "fourberies de Scapin" !).
Toujours dans la gamme des caricatures insidieuses, le reporter de RFI, lui,
est allé jusqu’à lire une pancarte de manifestants mentionnant "Boco
haram", afin que les populations occidentales, qui n’ont pas demandé à leurs
gouvernements de s’acoquiner dans ce jeu dangereux pour tous, croient qu’un
sentiment hostile serait chez nous à leur égard. La vermine, sans
honte, mange sa cervelle pour quelques sous en poche.
Nous les Maliens, nous gardons la force et la raison de remettre à sa
place quiconque s’ignore et nous ignore pour attenter à nos valeurs
de civilisation éprouvées qui n’ont absolument rien à envier à celles
mimées ailleurs par des bourriques bourrés de complexe ; surtout
pas les modèles d’assimilation qui voudraient nous européaniser
ou nous arabiser, en étant loin d’atteindre notre mûrissement
ontologique propre, notre degré historique d’humanisation et de
régulation de la vie en société...
Je n’ai pas terminé cet article que vient de tomber la nouvelle
de l’enlèvement d’un Français à Menaka, suivi
de la recommandation officielle aux Français (donc à tous les Occidentaux,
sans les Chinois et autres) de quitter la zone et de rejoindre Bamako, car bientôt,
qui sait... ça va pétarader. La mise en place semble terminée.
Bombe, guerre ou grippe ? On le saura tôt ou tard, quand ça éclatera
au grand jour. Cela ne saurait tarder, apparemment.
Qui vivra, verra !
Mohamed Coulibaly
Acceuil
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