Les Echos du 24 avril 2009
OFFRE DE VENTE D’ACTIONS D’ECOBANK
Les nouveaux actionnaires grugés
Ecobank a procédé en août dernier à une opération de vente d’actions. Les acheteurs se sont précipités, mais quelle ne fut leur surprise de constater qu’Ecobank, à la clôture de l’offre, avait changé les règles du jeu.
Constituée en 1985, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) est la maison mère du Groupe Ecobank, le principal groupe bancaire régional indépendant d’Afrique. Le Groupe Ecobank opère actuellement dans 26 pays africains.
Ecobank Transnational Incorporated (ETI) a procédé en août 2008 à une opération hybride de 2,5 milliards de dollars américains d’émission de droits préférentiels de souscription et d’offre de vente d’actions, simultanément sur les trois bourses d’Afrique de l’Ouest ; à savoir : la Bourse du Ghana, la Bourse du Nigeria et la Bourse régionale des valeurs mobilières régionales (BRVM) des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).
Cette offre hybride est la première du genre, s’étendant sur trois marchés juridictionnels différents. Les commissions des trois bourses ont approuvé la note d’information, conformément à la réglementation des trois marchés.
A l’arrivée, ETI a levé sur les 3 marchés, 550 758 912, 82 USD. Le nombre d’actionnaires de la banque est passé de 9595 avant l’offre à plus de 140 000 après, puisqu’une grande partie du capital action a été collectée auprès des petits investisseurs africains.
Contentieux en vue ?
Justement, ce sont ces petits porteurs qui se sentent grugés aujourd’hui par la banque. En effet, l’offre publique de vente a couru sur près de trois mois et a même connu une prorogation. Ecobank, contre toute logique, a considéré le cours du dollar, non pas le jour de la souscription, comme cela avait été entendu, mais, au jour de la clôture de son offre.
Ainsi, des petits porteurs qui avaient souscrit pour 100 actions, au moment d’aller retirer, un mois après le bulletin, ont été surpris de constater, au finish, qu’ils avaient moins.
« La seule explication qu’on nous a servie, c’est que le dollar a fluctué entre-temps, ce qui a fait qu’ils ont considéré sa valeur à la date de clôture des offres. Premièrement, cela ne nous avait jamais été signifié. Deuxièmement, les offres ont été prorogées par la banque et troisièmement, cela ne nous concerne pas et nous ne pouvons pas en être victimes » , affirme un interlocuteur, qui ajoute qu’il ne va pas « en rester là ».
Alexis Kalambry
Acceuil
JUMELAGES
L’heure des sanctions
Des maires sortants feront les frais de la mauvaise gestion des jumelages entre leurs localités et celles de l'étranger, car même si beaucoup de citoyens ont des griefs contre eux à cause notamment des retraits et ventes illégaux de parcelles, un nombre important d'électeurs se disent prêts à sanctionner leur politique de jumelage.
Les milliers de candidats aux élections municipales de dimanche se battent corps et âme pour conquérir les suffrages des électeurs. Dans l'ensemble, ces derniers ne montrent pas beaucoup d’engouement pour le scrutin, car déçus par les attitudes des maires, qui se métamorphosent une fois leur élection assurée. L'Etat se devait donc de réagir pour pousser le maximum de citoyens vers les urnes. A y voir de près, l’on se serait dit que la Journée d’engagement citoyen, initiée par le gouvernement, ne pouvait pas mieux tomber. Cependant, a-t-elle réellement changé quelque chose ?
Plus que l’incivisme de citoyens et les tripatouillages, ces élections sont endommagées par le passé de maires sortants qui laisse vraiment à désirer. Aux ventes et retraits illicites de parcelles, aux démolitions, il faut ajouter un phénomène dont on a peu entendu parler, mais qui fera sans doute des victimes parmi les élus municipaux sortants : les jumelages entre communes et villes. Echange bilatéral, le jumelage existe depuis fort longtemps entre des villes et communes du Mali et plusieurs de l’étranger, notamment d’Europe.
Détournements
Ce partenariat entre entités jumelées vise non seulement à promouvoir le brassage culturel entre deux peuples, mais aussi à aider l’autre sœur jumelle moins nantie à s’épanouir socialement, culturellement, voire économiquement. Pour ce dernier volet, des projets et programmes sont habituellement définis, les Occidentaux se montrant disposés à accompagner leurs sœurs africaines dans leurs efforts d’épanouissement. C’est justement à ce niveau que le bât blesse. Les maires sont sur la sellette des citoyens qui dénoncent une gestion égoïste de ces rapports, qui doivent leur existence à eux.
Selon un élu municipal sortant et candidat à sa propre succession dans une des communes du district, l’on peut parler de tout sauf de transparence dans la gestion des jumelages. A titre d’exemple, il avance la coopération sanitaire entre sa commune et sa sœur jumelle. « Nos amis ont décidé de nous aider à construire un hôpital ; le fonds a été débloqué, mais nous n’avons vu aucun effet significatif du montant alloué », déplore-t-il, criant au détournement.
Pis, les équipements sportifs et les matériels sanitaires, qui sont une volonté des partenaires de ladite commune d’équiper les jeunes et l’hôpital de la localité ont été jalousement gardés par le maire jusqu’à maintenant où il s’en sert pour faire campagne. C'est pourquoi, insiste l'élu municipal, il faudrait bien informer les électeurs pour qu'ils « optent pour le changement ». Mais, l'alternance est-elle la solution quand on sait que les mêmes pratiques perdurent au fil des élections municipales ?
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)
Maliens de l'extérieur et communales
Les Maliens de l'extérieur ne pourront certes pas voter, mais ils suivent avec une attention particulière le scrutin de dimanche. Selon des témoignages recueillis au Maroc, aux Etats-Unis, au Canada et en France, cet intérêt s'explique non seulement par l'élection des maillons de la gouvernance au Mali, particulièrement des acteurs du développement local, mais aussi par le fait que les élus auront leur mot à dire sur les imbroglios fonciers. Ce dernier point est d'autant plus important que bon nombre de Maliens de l'extérieur possèdent des parcelles faisant objet de litiges. Ils espèrent que les futurs élus aideront le ministère du Logement, des Affaires foncières et de l'Urbanisme (Mlafu) à traduire en actes concrets les résultats des Etats généraux du foncier pour un dénouement heureux des conflits liés à la terre.
O. O.
Acceuil
FONCTIONS PUBLIQUES DE L’ETAT ET DES COLLECTIVITES
Les contractuels intégrés
L’intégration des contractuels dans les fonctions publiques de l’Etat et des collectivités territoriales, une vieille revendication de l’UNTM, a été entérinée par le conseil des ministres tenu hier.
L’intégration des contractuels dans les fonctions publiques d’Etat et des collectivités territoriales, décidée par le conseil des ministres d’hier, est en phase avec la mise en œuvre du protocole d’accord du 18 juillet 2007, signé entre le gouvernement, le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM).
La mesure concerne les 15 334 agents de la fonction publique d’Etat (tout emploi confondu) et les 24 872 agents des collectivités territoriales.
Selon le communiqué du conseil des ministres, l’intégration concernera les contractuels en activité recrutés suivant un acte du ministre en charge de la Fonction publique et occupant dans les services publics de l’Etat des postes permanents normalement dévolus aux fonctionnaires, les enseignants contractuels de l’enseignement supérieur en activité.
Pour ce qui est de la fonction publique des collectivités territoriales, il s’agira des contractuels en activité recrutés pour servir dans les collectivités territoriales y compris ceux recrutés sur les fonds PPTE. Ils seront régis par le statut des fonctionnaires des collectivités territoriales qui leur confèrent un régime juridique et un système de rémunération semblable à ceux des fonctionnaires de l’Etat.
Le personnel d’appui (standardistes, plantons, chauffeurs, ronéotypistes, etc.) dont le statut restera inchangé ainsi que les chargés de mission et chefs de cabinets contractuels des départements ministériels ne seront pas concernés. Les opérations d’intégration s’effectueront progressivement, par vagues, au niveau des départements ministériels et des régions.
Les avantages sont : corriger les inégalités entre agents exerçant les mêmes emplois au sein des fonctions publiques de l’Etat et des collectivités territoriales, contribuer au renforcement de la Caisse des retraites du Mali par la réduction de son déficit à travers l’apport de nouveaux cotisants. L’opération de reversement des cotisations des contractuels concernés permettra à l’INPS de gagner plus 5,8 milliards de F CFA.
Les incidences financières pour l’Etat sont évaluées à 719 950 000 F CFA destinées aux campagnes de sensibilisation et l’organisation des tests et formations de mises à niveau. Le différentiel de salaire résultant des transpositions dans les grilles des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales est estimé à 315 364 937 F CFA.
Abdrahamane Dicko
Acceuil