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2009
Mois d'août
Les
Echos du31 août 2009
APRES
LE RENVOI DU CODE POUR UNE RELECTURE
Imams et députés se réconcilient
La mésentente entre la Ligue des imams et érudits du Mali et les
députés suite au vote du Code des personnes et de la famille par
ces derniers a été aplanie samedi à la Grande mosquée à la
faveur d’une rencontre de restitution de l'entretien que le HCIM a eu avec
ATT.
La Ligue des imams et érudits du Mali ainsi que plusieurs imams de mosquée
de Bamako ont décidé, le samedi 29 août 2009 à la
Grande mosquée de Bamako, de revenir à de meilleurs sentiments
et d’être en bon terme avec les députés.
Le climat social s’était nettement détérioré entre
la Ligue des imams et érudits du Mali et les députés suite
au vote du nouveau Code des personnes et de la famille le 3 août dernier
par l'Assemblée nationale. A l’appel du Haut conseil islamique du
Mali (HCIM) plus de 50 000 musulmans s’étaient retrouvés
au stade du 26-Mars de Bamako samedi 22 août pour un meeting pour dire
non au nouveau Code des personnes et de la famille.
Au cours de ce meeting, la Ligue des imams et érudits avait été très
critique et très ferme vis-à-vis des députés. Outre
la dissolution de l’Assemblée nationale qu’elle réclamait,
la Ligue avait décrété le boycott des cérémonies
privées à caractère social des députés.
« Nous ne célébrerons ni serons présents à aucun
mariage, baptême, décès… de député »,
avait déclaré, au cours de ce meeting la Ligue des imams et érudits
du Mali. Cela avait pour conséquence l’effritement de certaines
de nos valeurs coutumières que sont la solidarité, la compassion,
l’unité…
Fermeté sur l'héritage
et l'enfant naturel…
La rencontre de la Grande mosquée avait pour but de faire la restitution
de la rencontre entre le président de la République et les différentes
institutions du Mali en particulier le HCIM. Il faut dire que c’est après
une large concertation avec les différentes institutions du pays que le
président ATT a pris la décision de renvoyer le Code pour une seconde
lecture à l’Assemblée nationale.
Des musulmans n’ont pas caché leur satisfaction face à cette
décision qualifiée "de sage". Cependant, la vigilance
est de mise sur ses préoccupations notamment en ce qui concerne l’héritage
et l’enfant naturel, souligne la Ligue. En attendant la rencontre a décidé de
lever les menaces formulées à l’encontre des députés
et de faire la paix.
Le dialogue entre les imams et les députés était devenu
impossible. Les imams étant convaincus qu’ils ont été trahis
par les députés qui ont presque "plébiscité" un
document dont certains articles vont à l’encontre de l’islam
et de nos coutumes. Me Moutaga Tall, président du Cnid et député à l’Assemblée
nationale, reconnaissait, jeudi 24 août l’erreur commise par les
députés les accusant de "paresse intellectuelle".
Le président du parti du Soleil levant avait en même temps reconnu
que ce vote avait creusé un fossé qui séparait désormais
les députés des imams et d’une grande partie de la population
malienne en général. Il espérait que le renvoi du Code pour
une seconde lecture allait ouvrir la voie à une réconciliation.
Denis Koné
Acceuil
OBSEQUES
NATIONALES
Mandé Sidibé accompagné en sa dernière demeure
Décédé le mardi 25 août 2009, à l’âge
de 69 ans à Paris des suites de maladie, l’ancien Premier ministre
Mandé Sidibé a regagné sa dernière demeure au cimetière
d’Hamdallaye le vendredi 28 août.
L’ex-Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré (2000-2002), acteur
du Mouvement démocratique malien et membre de l'Adéma/PASJ, a eu
droit à des obsèques nationales après la grande prière
de vendredi au domicile de son père, le capitaine Sidibé au Badialan
I.
Le président de la République Amadou Toumani Touré et son
prédécesseur Alpha Oumar Konaré se sont inclinés
sur le cercueil du disparu. Un moment particulièrement émouvant
pour l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré dont
Mandé fut non seulement le Premier ministre, mais aussi l’un des
plus fidèles compagnons politiques.
Mandé Sidibé fait partie des militants de la première heure
de l’Adéma association et de l’Adéma/PASJ. Son militantisme
et son patriotisme ont guidé le choix d’Alpha sur sa personne pour
prendre la tête du gouvernement en 2000 à la suite à la démission
d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) de son poste de Premier ministre.
Mandé Sidibé économiste de renom, qui a été directeur
général de l’agence principale de la Bécéao
et haut cadre dans les instances financières internationales comme le
FMI, est connu pour son courage, sa rigueur dans le travail, sa franchise et
son dévouement pour la cause nationale et africaine.
Après avoir loyalement servi son pays et fait valoir ses droits à la
retraite, il est mort à la tâche en qualité de président
du Groupe Ecobank Transnational Incorporated (Eti), qui couvre 13 pays de l’Afrique
de l’Ouest.
La famille de l’Adéma/PASJ et la classe politique malienne perdent
en lui un homme au sens élevé du dialogue politique et social.
Les Maliens sont unanimes pour dire qu’il a su apaiser le climat politique
et social surchauffé par les contestations du Collectif des partis politiques
de l’opposition (Coppo), sur la base du dialogue et de la concertation.
Il est pour les syndicats, le père du Pacte de solidarité pour
la croissance et le développement signé avec l’UNTM dès
son arrivée en 2000. Ce Pacte a dressé un pont entre l’Etat
et son partenaire social qu’est l’UNTM avec comme point d’orgue
le dialogue social pour la satisfaction des revendications de la centrale syndicale.
La cérémonie pleine d’émotion a enregistré la
présence de plusieurs personnalités politiques de la haute administration
et de la société civile avec la présence d’éminentes
personnalités étrangères venues témoigner leur tristesse
aux parents et à la famille de l’illustre disparu.
Adieu homme de devoir !
Abdrahamane Dicko
L'incongruité
L’oraison funèbre de l'ancien Premier ministre Mandé Sidibé a été prononcée
par Me Abdoulaye Sékou Sow, ancien Premier ministre d’Alpha Oumar
Konaré. Mais cette lecture a laissé bon nombre d’observateurs
perplexes même s'il est le doyen des anciens Premiers ministres. Beaucoup
de gens somnolaient parce que sa voix est inaudible à cause des séquelles
d'une maladie de la gorge, mais aussi il serait pour certains tout le contraire
des valeurs incarnées par Mandé Sidibé.
Me Abdoulaye Sékou Sow, la deuxième personnalité à gagner
la confiance d’Alpha Oumar Konaré pour diriger son gouvernement,
en avril 1993, n’a pas laissé que de bons souvenirs aux militants
du PASJ. En moins de 9 mois de service, Me Sow a rendu le tablier en avril 1994
en envoyant sa démission au chef de l’Etat par personne interposée.
Une manière, pour lui, à l’époque, de fuire ses responsabilités
au moment où l'Association des élèves et étudiants
du Mali (AEEM) mettait le feu à l'Assemblée nationale, aux rues
de Bamako, aux bâtiments publics et à des domiciles privés.
Mandé était, lui, courageux, humble franc et sincère.
Si Mandé savait que Me Abdoulaye Sékou Sow allait lire son oraison
funèbre, l'aurait-il accepter ?
A. D.
A L'INHUMATION DE MANDE SIDIBE
Le prêcheur Thiam déconcerte la foule
Il est de coutume que les prêcheurs interviennent pour faire des bénédictions
ou prêcher la parole de Dieu et de son prophète Muhammad (PSL) pendant
les cérémonies funéraires. A la fin des obsèques
de Mandé, le prêcheur Ali Thiam s’est saisi du micro demandant à la
foule d'écouter ses bénédictions qui sont plus bénéfiques
au pays que la marche de Modibo Sangaré, président de l’UNPR.
En termes de bénédictions, Thiam a lancé des piques contre
M. Sangaré président de l’UNPR, qui a marché la semaine
dernière contre le Code des personnes et de la famille. Il a traité celui-ci
d’homme politique et non de musulman qui ne saurait même pas réciter
la fatiya. Manque de chance pour lui. Le président Alpha et son successeur
ATT ont quitté la cérémonie sans lui accorder la moindre
attention.
Une cérémonie bâclée
L’illustre disparu n’a pas été gratifié de funérailles
dignes de son rang. En témoigne l'organisation a pêché sur
toute la ligne. Les chaises n’étaient pas suffisantes, le protocole était
obligé de faire le tour des tribunes pour rechercher des places pour des
diplomates et des invités de marque. Cette situation provoquait à chaque
occasion un remue-ménage. Beaucoup de gens étaient obligés
de faire la gymnastique dans la position débout.
(Rassemblés par)
A. Dicko
DECES DE MANDE SIDIBE
Une lumière s'est éteinte
C’est avec une profonde affliction que j’ai appris le décès
de notre grand aîné Mandé Sidibé, ancien Premier ministre
et président du groupe Ecobank. En cette douloureuse circonstance je voudrais
présenter à la famille Sidibé les condoléances les
plus attristées de KénédougouForum dont M. Mandé Sidibé fut
membre jusqu’à son rappel à Dieu. Puisse-t-il reposer à jamais
et pour toujours au pied du Kawsar dans le Paradis éternel.
Pour avoir été l’un de ses plus jeunes collègues à la
présidence sous Alpha, je me rappelle la grande capacité d’écoute
de l’homme. Des plus illustres aux plus humbles de ses interlocuteurs,
il n’interrompait jamais personne et avait toujours une oreille attentive
pour l’autre. Je me souviens de ce jour, où en l’absence du
secrétaire général de la présidence d’alors,
Boubacar Gaoussou Diarra, M. Sidibé conduisit une réunion des cadres
de la présidence.
Le sujet de ce jour était tellement passionnant qu’on craignait
des dérives, mais voilà un Mandé Sidibé magistral écoutant
tous ses collègues sans sourciller et à la fin de chaque intervention
résumant fidèlement en si peu de mots ce que son interlocuteur
venait de dire avec autant de verbes.
Il avait un esprit de synthèse hors pair et accordait un respect viscéral à son
prochain, tous âges confondus. Depuis ce jour, je savais que la carrière
de l’homme n’était pas prête de s’arrêter,
et je m’en suis ouvert à un ami à la présidence le
camarade feu Barthélemy Koné. Et j’avais raison puisque quelque
moment plus tard j’appris que M. Sidibé était nommé Premier
ministre je n’en fus point surpris. C’était en février
2000.
Tout jeune président de la Commission d’organisation de la Conférence
internationale de Bamako-2000, "Internet, les passerelles du développement" aux
côtés de mon mentor Pascal Baba Couloubaly, je me rappelle cette
nuit le président Konaré qui devait offrir un cocktail d’accueil
aux 3000 participants de Bamako-2000 réunis sur le parvis de l’esplanade
du Palais des congrès, appelle Pascal et lui demande d’aller voir
le Premier ministre Mandé Sidibé à son domicile. Pascal
et moi dans le feu de l’organisation nous croyions à une adresse
du PM aux participants à y récupérer, et comme Pascal ne
connaissait apparemment pas le domicile privé de Mandé, le président
me demande si je savais où ! Si lui répondis-je, alors accompagne
Pascal chez Mandé.
Nous voilà les deux dans la voiture, Pascal et moi, lui au volant, moi à ses
côtés. On roule rapidement et nous voilà devant la porte
de Mandé à Faso Kanu, je reste dans la voiture, Pascal rentre seul,
il ressort avec un sourire que je lui ai rarement vu, il m’embrase et m’annonce
la nouvelle, il sera le premier ministre du 1er département de la Culture.
Plus tard Pascal me propose de descendre de Koulouba avec lui et de devenir son
conseiller juridique, les négociations s’engagent et finalement
je devins son premier chef de cabinet à la Culture.
Mais voilà, moins d’un an après à la suite d’une
dissension politique entre mon ministre et moi suite à mon engagement
pour le congrès extraordinaire de l’Adéma à l’époque,
Pascal décide de se séparer de son poulain et me voilà au
chômage !
Economie de l'histoire. Quelques mois après, je viens voir Mandé,
il me reçoit dans son bureau à la Primature, demande de mes nouvelles,
je lui apprends que je suis au chômage depuis ma séparation avec
Pascal, il me demande ma situation familiale je la lui donne en disant que je
suis avec ma vielle mère et quelques personnes à charge, il me
demande comment je fais je lui dis que je me débrouille.
Il se lève et passe derrière son bureau et me revient avec 50 000
F CFA qu’il me tend, prend ça et achète quelque chose pour
ta mère en attendant, dans quelques jours on verra ta situation, Pascal
m’a parlé de ton désir d’aller à la Mission
de l’informatique et des nouvelles technologies. C’était à la
demande d'Alpha m’a-t-on appris plus tard.
C’est ainsi qu’effectivement quelques jours plus tard, Mandé avait
pris mon décret de nomination comme chargé de mission à la
Mission de l’Informatique et des nouvelles technologies, avec rang de conseiller
technique à la Primature.
Sans avoir été un proche de sa famille voilà les souvenirs
de collaboration qui m’emplissent la mémoire quand je pense à l’homme
en ces instants de vérité divine. La vie est ainsi faite, le bienfait
n’est jamais perdu. Quand je lui souhaite de se reposer au Paradis, je
le lui souhaite vraiment.
Dors en paix Mandé !
Ousmane Bamba
(ancien chargé de mission à la présidence, ancien chef de
cabinet au ministère de la Culture)
Acceuil
DECES
DE MANDE SIDIBE
La perte d’un homme juste
Témoignage de la section Adéma/PASJ de Yanfolila.
Mandé Sidibé laisse aux populations du cercle de Yanfolila le souvenir
d’un grand homme. Affable, l’ancien Premier ministre de l’ancien
président Alpha a su allier compétence et modestie. Des qualités
qui lui valent la sympathie de tous ceux qui l’ont approché.
Mandé était un homme qui ne poursuivait aucun objectif personnel,
mais qui cherchait à assurer au groupe, à la collectivité le
bien-être sans arrogance aucune à travers le travail acharné bien
fait et ses compétences. C’est pourquoi il a rarement distribué de
l’argent frais à son entourage, mais il savait mettre chacun au
travail, amener chacun à avoir confiance en soi.
Il était un personnel à part dans le personnel politique malien.
Honnête, sincère, discret, travailleur, juste, solidaire avec les
couches vulnérables, courtois, humble, l’homme n’aimait pas
déranger les autres. Profond dans ses analyses, il savait céder
les postes politiques, mais jamais sur les principes. Il avait sa façon
de faire la politique, en l’occurrence mettre de bonnes idées au
service du plus grand nombre. Mandé a souffert des coups bas, parce qu’il
ne savait pas en donner ; il a souffert de la mauvaise gouvernance politique,
parce que pour lui tout devrait se faire dans la rigueur, la transparence.
Toujours fidèle à ses engagements, à ses relations, ses
convictions politiques n’ont jamais été prises à défaut,
de même que ses principes moraux. Il était élégant
dans toutes ses dimensions, pieux. Il a aimé le Wassoulou, ses origines.
Là en moins de temps, il est parvenu à établir des relations
d’estime et d’affection avec toutes les classes d’âge.
Mandé prenait de l’âge, mais son esprit était resté jeune.
Sa capacité d’écoute le conduisait à prêter
une oreille attentive à tout le monde, à donner l’impression
qu’il apprenait de chacun. Mais avec chacune de ses interventions, il survolait
l’assistance.
Mandé a su faire sortir Yanfolila des situations les plus complexes. Il
a donné plus de visibilité à cette aire géographique.
Il a cultivé dans la vie politique du Wassoulou la tolérance, la
reconnaissance du mérite. Bref, il a réhabilité des vertus
qui fondent le Wassoulou.
En lui, le Wassoulou en particulier et le Mali en général perdent
un parapluie, un de leurs dignes et valeureux fils.
Dors en paix, camarade secrétaire chargé des relations publiques.
Dors en paix le mari de Nana Kadidia Traoré, la mère des cinq filles.
Dors en paix, mon petit (esclave) Sidibé. Que Dieu, le Miséricordieux
t’accueille dans son paradis céleste, car tu ne devrais avoir de
place que là-bas.
Yaya Sangaré
(député à l’Assemblée nationale)
Acceuil
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