C’est une victoire méritée pour les associations islamiques et les opposants au Code des personnes et de la famille qui se sont battus pendant plus de vingt jours sans discontinuer pour aboutir à la relecture par les députés de ce texte.
Tout commence par le rejet du texte par le Haut conseil islamique du Mali. Différentes marches ainsi que différents meetings ont été organisés depuis le vote du texte. La pression de la communauté musulmane s’intensifie et voit comme point culminant à sa fronde, le meeting du 22 août au stade du 26-Mars. Lors de cette rencontre, ils étaient environ 50 000 à "maudire" le nouveau texte, présenté comme "une insulte au Coran". A dire "Non à ce code qui divise les Maliens". Tous les leaders religieux ont été invités. Plus fort encore, cette rencontre sera rééditée le même jour à Kati, et dans plusieurs autres régions.
Les opposants au Code qui ont bien géré leur communication, ont convoqué plusieurs fois la presse notamment le 20 août dernier au Centre islamique d’Hamdallaye pour affirmer qu’ils "ne se reconnaissent pas dans ceCode". "Le Code devrait nécessairement tenir compte de nos valeurs religieuses et sociétales", insistait Mahmoud Dicko. Ces différentes prises de positions et ces coups de force médiatique ont permis aux opposants de s’attribuer les faveurs d’une majorité de l’opinion publique.
Les principaux points de discorde du nouveau Code se concentrent sur une dizaine d’articles sur les 1146 répartis en dix livres que compte le document. L'expression "puissance paternelle" est remplacée par "autorité parentale". Il affirme que "nul époux ne peut être répudié". Le texte ne reconnaît que le mariage civil, relève l'âge du mariage à 18 ans - l'ancien Code ne précisait pas d'âge pour le mariage qui se faisait très souvent suivant la coutume, parfois dès l'âge de 13 ou 14 ans - et permet le divorce en l'absence de cohabitation de fait entre le mari et l’épouse pendant trois ans.
En matière de succession, l’enfant naturel acquiert les mêmes droits et devoirs que l’enfant légitime . Le nouveau Code, qui accorde davantage de droits aux femmes, est dans son ensemble validé et bien compris par la population.
Pour se faire entendre, les dignitaires religieux n’ont pas hésité à proférer des menaces, et plusieurs mises en garde pour affirmer leur détermination. : "Le Code adopté par l’Assemblée nationale ne sera pas appliqué à nous, Maliens, attachés à nos valeurs et tenant à vivre pleinement notre religion. Les députés ont trahi l’immense majorité du peuple malien et ne peuvent plus, par conséquent, légiférer en son nom".
Le mollah Mahamoud Dicko ira même jusqu'à inviter les fidèles à ne plus célébrer leur mariage à la mairie : "En lieu et place, il sera procédé à la relance du mariage religieux sur toute l’étendue du territoire national. Un acte de mariage signé de l’imam ou d’autres officiants musulmans sera disponible dans toutes les mosquées".
Leur victoire quoi qu’on en dise est également due au mutisme des parlementaires et des associations favorables au Code. Pendant trois semaines, aucun représentant des partis, aucun parlementaire, n’est venue se "mouiller" devant les différents médias pour défendre leur choix. Pour ces défenseurs, le Code des personnes et de la famille traite "de l’identification des personnes, du mariage, des régimes matrimoniaux, de la filiation, de la parenté et de l’alliance. Il traite également de l’émancipation, des successions. Il répond à la soif de justice et de liberté mais aussi d’équilibre dans les rapports entre les citoyens et en particulier entre homme et femme et s’inscrit dans la droite ligne des réformes engagées suite à la révolution de mars 1991". Personne n’est venue défendre ses arguments, par faiblesse ? Par manque de convictions ? Ou tout simplement par désaccord avec les instigateurs du projet ?
Faiblesse ? Tout le monde sait qu’au travers de son ministre de la justice, le Président voulait que ce texte aboutisse. Par cette non-promulgation, la question du désaveu et de "l’affaiblissement" des parlementaires se pose. On se rend compte qu’au Mali et "A y voir de près, ce ne sont pas forcément les avantages accordés aux femmes qui posent problème (législatif) mais le débat a un fort lien avec le culturel et le religieux (sociétales), commente le sociologue Mamadou Samaké
LE CODE FEMINISTE
Toute la vérité n’a pas été dite
La question que je me pose est de savoir comment peut-on bâtir en Afrique un texte de loi inspiré de cette souche de perversité qu’est le féminisme, au nombre des libertés de l’individu occidental, dans nos sociétés où la femme tient le premier rôle et le plus essentiel ?
Dans l’effervescence du carton rouge aux concepteurs du "Code des personnes et de la famille" prétendument moderne, qui jure avec les fondements de notre société, j’assume un devoir de vigilance devant ces situations dont l’absurdité menace notre quiétude collective. Elles sont toujours une résultante de basses besognes de cercles de domination, influençant nos automates locaux au gré de leurs sordides desseins de déstructuration sociale de notre ensemble communautaire, et pressant les autorités, coincées, à ouvrir la boîte de Pandore pour obtenir quelques subsides budgétaires, quitte à choquer tout le monde, et blesser le bon sens élémentaire, prenant le risque d’un désaveu de l’opinion. C’est bien le cas aujourd’hui, chez nous.
Ceux qui sont au fait des sciences de l’Homme savent que la loi au cœur de la controverse est un aboutissement scandaleux d’un certain activisme sexiste, insidieux et déviationniste, appelé féminisme, qui prend ses racines dans les fêlures du machisme récurrent de la société occidentale.
Je voudrais axer mon analyse essentiellement sur cet épiphénomène dont des thuriféraires tropicaux se sont fait de piteuses caisses de résonance en environnement d’inculture prospère. Ces messieurs et dames wangrins vomissent toutes sortes d’inepties alimentaires ingurgitées cash, pour faire bonne mine d’intellectuels formatés aux droits de l’Homme, flattés dans leur bêtise pavlovienne par le maître, le malin amusé.
C’est ainsi que la théorie du "genre", en session de rattrapage des sociétés patriarcales blanches, a débarqué chez nous à midi, armes et bagages, telle une nouvelle mode, avec un soupçon d’odeur de "droit de grandes filles (pour vieilles demoiselles) esseulées", avec leurs soucis de reconnaissance civile, d’ascension sociale, de concubins ou concubines, de garde ou d’adoption d’enfants, de pensions, de part d’héritage, dans une société qui ne leur accordait jusqu’ici aucun statut.
Mon propos n’est pas de dire que tous les griefs exprimés à l’encontre du déséquilibre des rapports dans le genre, pris en prétexte pour anoblir le dogme, soient dans notre contexte dénués de fondement, non. Il faut juste savoir que c’est effectivement le colon qui nous a légué par contagion son système discriminant du sexe et de la race remarquablement analysé dans son excellent essai par la Française Elsa Dorlin (auteur de "La Matrice de la race", à lire).
Partant, s’il y a des leçons à prendre sur le genre, c’est à nous d’en donner à ceux qui, en plus de 200 ans de construction démocratique "égalitaire" continuent à faire peu de place à la femme dans leur système politique combien moderne, jusqu’à avoir besoin au 21e siècle de quotas à imposer, et que bêtement des jacquemarts d’ébène (de vrais "diakuma fima") se prenant pour des jacobins jouent aux "Robins des lois" tintin.
La société africaine plurielle, chacun le sait, est d’essence communautaire, loin de la règle helléniste d’une primauté de l’individu. Le projet de société musulmane, visant la communauté de foi explique l’acharnement de nébuleuses occidentales, qui en ont après l’islam, à s’attaquer à tout ce qui a une teinte ou saveur communautarisée, à vouloir défaire tous les éléments constitutifs de l’être dans cette organisation sociale à dévoyer : rites, mariage, liens sociaux, valeurs culturelles, rapports de famille, droit de sang…
L’ignorance de nos pseudos intellectuels est à ce niveau. Sait-on qu’il y a aujourd’hui en Europe, en France précisément, un courant soi-disant républicain, un club de lutte anti-communautariste ? D’où donc nous vient le féminisme ? Il faut le savoir, avant d’aller se noyer entre la bouée de sauvetage et la planche du salut.
L’Europe, dans ses multiples guerres allant du moyen âge aux temps modernes, a sacrifié et décimé sa population masculine. Au sortir de la dernière grande guerre, toutes les nations du vieux continent ont essuyé un basculement démographique avec une nette surpopulation féminine résiduelle. Deux conséquences s’en suivirent naturellement.
1. Le progrès technologique aidant, les femmes ont été appelées par nécessité aux emplois "d’homme" accusant un sérieux déficit de travailleurs. Cette fenêtre inespérée de se hisser comme l’homme aux affaires va nourrir leur appétit de liberté, de droits égaux, d’émancipation dans une société paternaliste de fond en comble.
2. Le surnombre de femmes va créer une situation de tension sociale autour de l’homme, bien désormais rare, étant donné qu’un bon tiers des filles ne pouvaient légalement se trouver un conjoint dans un régime civil de monogamie obligé. Comment vivre sa vie de femme acculée au rôle peu vertueux de maîtresse de l’ombre, ou amenée en manque à s’offrir au profiteur de chaque occasion trouvée pour une partie de plaisir ?
Vu que le rapport démographique ne se rétablit pas de si tôt, les filles ont tout le temps de blanchir et s’encrasser sans port d’attache, pire, dans le désespoir de se trouver même un amant d’occasion. Cette masse pesante de braves femmes seules se partage entre les Chastes, les résignées, et celles chagrines, dans la hantise d’une vie de privation ; d’aucunes n’arrivant pas à noyer leur souci de se trouver un partenaire ni de bon cœur, ni dans l’alcool ou la cigarette, même pas dans le faux-fuyant de l’épuisement au travail.
Naît la tentation de nouvelles expériences, de la débauche, des gadgets de sex-shop, et quelque part l’abîme de l’homosexualité. Cette dernière frange, bien que minoritaire dans le lot, va gagner en proportion et commencer sous forme de réseau à en imposer aux cercles de décision noyautés, avec à l’appui un pouvoir financier d’injonction. Au plan artistique surtout, assez vite envahi, on assiste à la tendance d’une masculinisation du féminin : dans la coiffure, l’habillement, le maquillage, et même la plastique du corps.
Dans le même temps, à l’inverse, se met en jeu les modèles de féminisation du masculin, tant et si bien que les milieux artistiques seront en premier des foyers de propagation de l’homosexualité, subjuguant la littérature, le monde des médias. Des missions partiront vers tous les horizons à travers le monde pour infiltrer, convertir et propager, fortes d’accointances avec les services de l’intelligence.
L’Afrique n’est pas épargnée ; elle est même une cible privilégiée. Quel Bamakois ne se souvient de cette entraîneuse bien mobile, introduite partout, qui procuraient en même temps aux jeunes de la drogue ? Le cercle vicieux bouclé, on s’attaquera désormais aux institutions… Et, je m’en arrête là. Cette digression est juste pour dire, et que l’on comprenne, que le féminisme n’est pas si innocent qu’il paraît, loin de là.
Sous l’apparence noble de défense des droits des femmes, elle est en vérité une idéologie perverse de l’anarchie sociale occidentale, revendiquant l’égalité pure de l’homme et de la femme, la totale liberté des femmes à s’affranchir de toutes les contraintes que leur impose la morale sociale, pour s’affirmer dans le seul désir de jouissance, de recherche du plaisir des sens… jusqu’à l’instinct animalier, sans borne ni retenue. On a bien vu s’installer le débat sur la liberté sexuelle de "femmes libérées", au cri de ralliement de "Notre corps nous appartient, on en fait ce qu’on veut". Et la curieuse pointe de la notion "d’harcèlement sexuel", là où ce sont les femmes pourtant qui mettent autant de génie, de temps, de moyens de préciosité en tout genre, à se rendre désirables et désirées, depuis que la jupe était longue, jusqu’à être courte, et finir mini, et le tissu léger jusqu’à être transparent, laissant paraître les dessous. Soyons sérieux ! Et trêve d’âneries.
Cette trouvaille qui crée de la méfiance et de la distance entre homme et femme, dans leur jeu inné de rapprochement, de cour romancée, de flirt normal entre hétérosexuel, ne profite par finir qu’à la gent des gays et des lesbiennes, qui s’approchent et s’accrochent sans soupçon, comme de simple amitié.
Au risque d’être long, la question que je me pose est de savoir comment peut-on bâtir en Afrique un texte de loi inspiré de cette souche de perversité qu’est le féminisme, au nombre des libertés de l’individu occidental, dans nos sociétés où la femme tient le premier rôle et le plus essentiel ?
Le statut de la femme chez nous en Afrique est différent, et n’a jamais été celui de l’Européenne, ou encore de la femme arabe, qui furent, on le sait, persécutées, brimées, discriminées, leurs histoires en portent témoignage. Notre système policé avait consacré la spécialisation de la femme elle-même en matière de féminité ; les femmes étant seules compétentes entre elles sur les questions spécifiques du genre, exclusivement de leur ressort.
Ainsi, l’excision dont nous rabâche les oreilles en termes abjects de mutilation génitale, n’a jamais été chez nous une affaire d’hommes, ni de près ni de loin. Avec l’islamisation, ces pratiques très anciennes ont pu revêtir dans l’imaginaire un caractère de prescription religieuse, et le comportement masculin se calquer chez certains sur le format social arabe adopté, tributaire de sa misogynie préislamique, que la religion nouvelle a condamné, rejeté, en ordonnant plus de droit et de considération à la femme musulmane.
Comme il est loisible de le constater, notre islamisation séculaire ne nous a jamais amené à parquer nos femmes en harem, à les isoler ou à les exclure. Elles sont et demeurent nos filles, nos sœurs, nos épouses, nos tantes et nos mères, habillées décemment, sans voile, respectées obligatoirement par leurs cadets, hommes et femmes, sur qui elles exercent leur droit d’aînesse, et tour à tour dans les différents rôles sociaux de commandement aux uns et de soumission aux autres, rapport d’obéissance aux plus âgés oblige, sur le fil du riche pagne tissé des liens parentaux.
Ce droit qu’elles ont toujours eu d’être socialement considérées, d’avoir une autorité inamovible sur des hommes et réciproquement, jusqu’à être promues à des responsabilités publiques, ce n’est ni la colonisation ni l’islam qui nous y a contraints, à ce que je sache. Comme dans toutes nos familles, de tout temps, rares ici sont ceux qui auraient empêché leur fille de prendre une sérieuse option, de connaître la gloire d’un succès mérité, d’être la première parmi les siens, garçons et filles ; et nos mères qui ont pu, de l’indépendance à nos jours, se hisser à des responsabilités publiques et nationales ne l’ont pas été au bout d’une lutte de genre quelconque, ou d’une aubaine particulière d’un quelconque gouvernement.
Elles avaient du mérite, et ont dans l’ensemble bien mérité leurs places, sans être obligées à la dépravation. Ce qui a fait dire à notre mère Sira Diop, dans une interview accordée au journal Faro, qu’il fallait "que les femmes prouvent qu’elles ont autre chose que le sexe". Mais, qu’est-ce que nous voyons aujourd’hui, des notes et diplômes sexuellement décrochés à l’école jusqu’aux postes et avantages indus acquis carte (pour fesses) sur table dans les bureaux, la déchéance ! Toute la fiesta de dévergondées sans pudeur (de gourgandines a dit Mme Soglo), sans mérite aucun, à la quête d’une place au soleil… du libertinage, et qui sont en fait les pires avocates du genre, et dont la mauvaise réputation, de notoriété publique, infecte de sa souillure l’image des femmes honnêtes et respectables à la tâche, qui ont su s’imposer et gagner le sésame à la sueur de leur front immaculé.
Malheureusement, le féminisme sous les tropiques a comme un air de licencieux, libidinalement nauséabond. Cette gent immorale de "tirs couilles" pour le gain à tout prix présage demain d’une junte immonde, sans état d’âme, de parvenues du sexe aux affaires, avec d’autres logiques contraires à notre sens de l’éthique.
Ce qu’il faut faire savoir à nos mercantiles idéologues sans foi ni loi des causes grassement rémunérées, c’est que nous avons pratiqué, nous, la séparation des rôles dans la famille, au foyer, au travail, en initiation, en conformité avec les aptitudes physiques et physiologiques, morales et psychiques de chaque sexe, au regard des rigueurs du mode de production (constitution, énergie, sens, outils, armes, dangers, résistance, etc.) et des conditions historiques et environnementales de vie commune (prédispositions, épreuves, menaces, caractères, sensibilités, endurance, etc.).
N’en était-il pas ainsi d’ailleurs dans presque toutes les sociétés d’hommes ? Sauf qu’avec son surpeuplement et les acquis des sciences et technologies, l’Occident vit une autre étape historique en rapport avec sa démographie, où des groupes antérieurement déclassés trouvent une assise sociale du fait de leur nombre croissant en chiffres absolus. Toute chose qui va demander une redéfinition des bases du statut social individuel avec ses mutations du droit, qui a accouché sous la poussée de groupes de pression des aberrations du mariage homosexuel et de sa suite, comme le droit d’adoption.
Comment comprendre que loin de ces préoccupations d’outre cieux, et sans que l’histoire nous y convie en raison d’évolutions objectives de notre architecture sociale, nous soyons à la pointe d’un combat suspect qui n’est pas le nôtre, sinon que ces "marginaux occidentaux" de large spectre financier trouvent à côté des réseaux soudoyés et infiltrés de grandes dames et de petits messieurs bons teints, des alliés stratégiques chez nous, non dans la rue, mais dans les salons feutrés de la décision nationale. Est-ce un hasard que la rumeur, malgré un démenti officiel, ne démorde pas sur la tenue dans un de nos hôtels identifié d’une rencontre mondiale de cette engeance ?
Il vaut mieux pour nos pêcheurs en eau trouble s’abstenir de disserter sur le statut de la femme dans notre société dont ils ignorent tout, claustrés dans leur mur de lamentation intellectuelle, incapables d’analyse différentielle, sociologique s’entend, du précolonial au postcolonial, afin d’expliquer et de comprendre ce qui était, ce qui a pu changer, et pourquoi ; et là où il faut chercher à corriger, et non faire une description d’ignorance de fourre-tout dans nos coutumes.
Chez nous, la femme est bien, jusqu’à nouvelle ère, le pilier central du système social. Persuadez-la un seul jour que cette charge est trop pour elle, qu’elle est seule, abusée, exploitée, asservie dans ce rôle, qu’elle mérite de se reposer, d’aller sauter, gambader, s’éclater, qu’il est temps qu’elle jette l’éponge et démissionne, et patatras... notre société s’écroulera dépourvue de sa charpente. Cela, nous en mesurons la vilénie et le danger. Nos traditions ici ne sont pas en cause.
Ce qu’on ne dit pas assez, c’est le déficit d’éducation et la perte de repère qui est la mère de nos égarements, autrement, nulle femme au monde n’a un statut meilleur à la nôtre. Je le dis pour ceux qui prennent la peine d’y réfléchir. Les femmes seront amèrement perdantes de courir derrière les illusions du droit hellénique, qui sied à un modèle de société où tu n’es lié à personne, et personne n’a souci de toi et de tes enfants, à part leur père, chacun recroquevillé sur son patrimoine. Ce qu’elles ne peuvent avoir nulle part ailleurs, c’est cette formidable et combien épaisse couverture de sécurité sociale de toute la communauté familiale solidaire.
Je n’ai plus besoin de parler du code, pour faire comprendre pourquoi nous n’avons pas besoin d’innovations inopinées d’un snobisme démocratique obtus, d’extraversion, de perversion, de corruption de nos si belles mœurs.
Mohamed Coulibaly
(ingénieur)
Acceuil
CODE DES PERSONNES ET DE LA FAMILLE
Après le renvoi, le Cnid retrouve sa voix
Hier Me Tall était face à la presse. Pour lui, le renvoi du Code des personnes et de la famille permet la réconciliation du peuple.
Le président de la République Amadou Toumani Touré a décidé de renvoyer à l’Assemblée le nouveau Code des personnes et de la famille pour une seconde lecture ; ce que le Congrès d’initiative démocratique (Cnid/Faso yiriwa ton) approuve, a d’emblée affirmé Mountaga Tall.
Cela devrait permettre de prendre en compte les préoccupations des musulmans qui, à travers des manifestations, ont rejeté certains articles du Code. A en croire Me Tall, son groupe parlementaire ainsi que lui-même se sont battus afin que des amendements notamment ceux qui concernent le mariage religieux et sa légalisation soient pris en compte. Si dans la commission ils ont été pris en compte, tel n’a pas été le cas pendant la plénière, regrette Me Tall, qui reconnaît que les députés sont en déphasage avec les populations.
"Nous ne pensons pas au Cnid qu’il y a incompatibilité entre des visions laïque et religieuse de notre société. Nous pensons au contraire que nous avons été victimes d’une paresse intellectuelle qui nous a empêchés de mener une réflexion approfondie sur des questions majeures et sensibles" , déclare Me Tall pour exprimer la position du Soleil levant face à l’adoption du Code.
Me Tall estime que le renvoi du Code devant l’AN pour une relecture va dans le sens d’une réconciliation des députés avec le peuple. Me Tall affirme qu’il appartient au président de la République de renvoyer tout le Code pour relecture totale ou simplement de préciser les articles à amender.
Abordant son vote, Me Tall indique avoir respecté les règles de son groupe parlementaire. Mieux que ça "le Code comportait des avancées", dit-il. "Et puis pour qu’il y ait des amendements, il faut qu’il y ait un texte. Nous avons donc voté ce Code qui révèle que si le texte n’avait pas été voté, il fallait encore attendre au moins dix autres années pour avoir un autre".
A en croire le conférencier, les députés n’ont pas, en tout cas ceux du groupe parlementaire Cnid subi des pressions pour adopter le texte.
Pour Me Tall, le renvoi du Code pour une seconde lecture permet de combler le fossé qui s’est creusé entre les Maliens, de donner plus de temps à l’Assemblée nationale pour mieux étudier le texte et écouter davantage les personnes ressources.
Denis Koné
Acceuil