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2009

Mois d'août

Les Echos du 25 août 2009

 

ISSA NASSOKO, AUTEUR DE « L’ETAT ET LA RELIGION AU MALI »

« ATT ne doit pas se laisser influencer par l’Occident »

« L’Etat et la religion au Mali » est le titre d'un ouvrage écrit par Issa Nassoko, chercheur en sciences sociales et théologiques. Dans l’entretien ci-dessous, il évoque les problèmes de la société malienne particulièrement dans un contexte où le Code des personnes et de la famille est voté par l’Assemblée nationale.

Les Echos : Vous êtes l’auteur de « l’Etat et la religion au Mali », quelle analyse faites-vous du nouveau Code des personnes et de la famille, voté le 3 août par l’Assemblée nationale du Mali ?

Issa Nassoko : En 2000, il était question de réformer le Code de la famille. Cette réforme concernait les questions liées au montant de la dot, à son uniformisation tant pour la fille que pour la femme ayant déjà contracté un premier mariage. Il y avait aussi le mariage précoce des filles, les sanctions contre les religieux qui célèbrent le mariage religieux avant le mariage civil, le divorce, la séparation de corps, l'héritage, les régimes matrimoniaux. Il a été débattu également les expressions relatives à l'enfant conçu hors mariage, comme les enfants issus de la prostitution, les enfants adultérins, ou ceux qui sont nés de relations incestueuses.

Les séminaristes se sont posés la question sur une éventuelle légitimation de l'enfant en question afin qu'il puisse bénéficier de l'héritage comme un enfant légitime. Il faut ajouter à cela les questions liées à la monogamie, la polygamie et l'excision. Ce nouveau Code de la famille est prêt à mener des réformes qui ne vont pas sans difficultés et sans contestation de la part des religieux et surtout des musulmans.

Ainsi, les associations islamiques ont manifesté leur désaccord vis-à-vis de certains points du nouveau Code de la famille. Ils ont alors remis au Premier ministre des propositions sur des questions relatives à l'abolition de la polygamie, la légitimation de l'enfant naturel et l'excision qui, selon ces associations, vont naturellement à l'encontre des principes de l'islam. Nous pouvons dire de la polygamie, même, si elle n'est pas abolie par l'islam, n'est pas pour autant encouragée, et l'excision n'est pas obligatoire, c'est plutôt la circoncision pour les garçons qui est une pratique encouragée par l'islam.

Quant à la légitimation de l'enfant naturel, le problème est très délicat. Même si cet enfant est protégé par le droit comme en France et dans beaucoup de pays, et même si la morale islamique ou chrétienne exige qu'on s'occupe de l'enfant en tant qu'humain, ces religions ne sont pas prêtes à le légitimer dans un Code de famille. Cela toucherait sans doute les sensibilités ou les susceptibilités des uns ou des autres, surtout des responsables religieux, qui y voient un appel à la débauche.

Les chrétiens ne manifestent pas autant leur désaccord contre l'interdiction de la polygamie et l'excision comme les musulmans, parce que ces pratiques sont interdites chez eux. L'homme et la femme, une fois mariés, ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un. Selon l'Evangile : "tu ne commettras pas d'adultère". Et bien moi je vous dis que si quelqu'un jette un regard chargé de désir sur une femme, il a déjà commis dans son cœur l'adultère avec elle. Comme nous constatons, le point de vue des chrétiens et des musulmans sur certaines questions dans le nouveau Code de la famille ne fait pas bon ménage. Cela explique l'attitude de chaque partie.

La communauté religieuse dans un pays peut être considérée comme une clientèle influente, voire électorale dont l'importance varie en fonction de la personnalité de leurs représentants. Ils peuvent s'imposer dans la vie politique comme la confrérie Mouride au Sénégal. Cependant, les autorités lui doivent égards et honneurs et même souvent assistance financière. La plupart des Etats africains n'ont-ils pas généreusement offert soit des villas, soit des voilures aux évêques nationaux nommés par Rome ou aux chefs religieux musulmans ? Cette générosité est-elle dépouillée de tout calcul administratif ou politique ? Ou s'efforcent-ils de se concilier avec les chefs religieux afin d'arriver à leurs fins, ou à une cause nationale ?

Il semble qu'ils achètent souvent la conscience de certains chefs religieux qui n'hésitent guère d'interpréter des textes religieux pour justifier les enjeux des politiciens. Il nous paraît évident qu'il existe une inter influence entre les deux forces temporelle et spirituelle. L'opposition des forces religieuses à la création d'un Code de la famille qui permettra à l'enfant naturel d'hériter de son père ou autres réformes de la société malienne est généralement véhiculée par ceux qui ont plus de contact avec cette société. Il s'agit des prédicateurs et des prêcheurs.

Je crois que le Mali n’a rien à envier à l’Occident. En votant le nouveau Code, je pense qu’il (Etat) veut seulement satisfaire les femmes, mais je crois que ce n’était pas de cette manière. Les femmes ne doivent pas se dresser contre les hommes. Il ne faut pas imposer une culture qui ne respecte pas nos coutumes, je dis bien nos coutumes parce que dans notre société du point de vue coutume et non même religieux, l’enfant naturel ne peut devenir chef de village. Il n’a pas la parole sur les grandes questions du village, mais au plan social il est respecté, on lui donne une femme… et ça s’arrête là.

Les Echos : Etes-vous surpris des manifestations des associations musulmanes contre le Code ?

Issa Nassoko : Pas du tout. En tant que chercheur, j'ai dit qu’un jour viendra où les Maliens vont manifester si jamais l’Assemblée votait ce Code. L’Etat devait dialoguer avec les musulmans avant de voter ce Code. Je l’ai dit dans mon livre depuis 2002.

Les Echos : Pensez-vous que les manifestations vont y changer quelque chose ?

I. N. : Je crois que ces manifestations sont venues un peu tard. C’est depuis 2002, au moment où les gouvernants ont pris la décision d’adopter un nouveau Code que les musulmans devaient manifester. Il y a de l’espoir de voir les aspirations des musulmans prises en compte, mais cet espoir est mince parce que le pays me semble ne pas être dans les mains d’une seule personne.

Les Echos : Le Mali est un pays laïc et, seules les associations musulmanes manifestent.

I. N. : Le Mali est un pays laïc, je n’en disconviens pas, mais la laïcité doit respecter la morale, les valeurs culturelles des autres. Lorsque l’on analyse bien ce Code, on se rend compte qu’il va à l’encontre de l’islam. Or la majorité des Maliens sont musulmans y compris le président de la République lui-même. Je pense qu’il ne doit pas se laisser influencer par l’Occident ou par les femmes. Je savais qu’avec l’avènement de la démocratie, ce Code allait être adopté.

Les Echos : La majorité des députés qui ont voté ce code sont des intellectuels et sensés comprendre les préoccupations des populations qu’ils représentent. N'est-ce pas ?

I. N. : Le fait d’être intellectuel ne veut pas dire qu’on peut tout faire. On peut être intellectuel et ne rien comprendre à la société. Ils (députés) ont pour la plupart fréquenté l’école occidentale et ont donc en partie une culture occidentale.

Les Echos : En quoi le Code du 3 août 2009 est-il différent de celui de 1962 ?

I. N. : La différence fondamentale réside d’abord dans les époques. La société a évolué. On n’avait pas une société démocratique dans les années 1960, 70, 80. La démocratie est arrivée seulement dans les années 1990 et dans un bain de sang. Ce Code est venu pendant une période démocratique. La mentalité des gens n’était pas si évoluée dans les années 1960 pour évoquer les problèmes sociaux que nous soulevons dans le Code. Il n’y avait pas, dans les années 1960, beaucoup de femmes intellectuelles. Ce sont les femmes qui ont fait ce Code. Je ne pense pas qu’il mettra fin à l’injustice envers la femme.

Les Echos : Que faut-il faire pour apaiser la situation sociale ?

I. N. : Pour apaiser le climat social, je pense qu’il faut intégrer dans le document tous les aspects que j’ai évoqués. Je crois que pour ce qui est de l’héritage, ce devrait être un choix. Que ceux qui veulent que l’enfant naturel hérite de leur héritage aient la possibilité de le faire et ceux qui ne veulent pas ne soient pas contraints, qu’on ne leur impose pas. On doit aussi valider le mariage religieux. Cela ne va pas à l’encontre de la laïcité. On a d’ailleurs trois sortes de mariage : le mariage coutumier, le mariage religieux et le mariage civil. Le mariage religieux doit être validé.

Les Echos : Pourquoi avez-vous titré : « L’Etat et la religion au Mali » ?

I. N. : J’ai constaté que les arabisants au Mali sont marginalisés alors qu’ils sont des Maliens. C’est un message que je veux lancer aux gouvernants.

Les Echos : Pensez-vous que l’Etat doit être séparé de la religion ou à votre avis a-t-il le droit de s’immiscer dans les affaires religieuses ?

I. N. : J’ai abordé ce problème dans le livre. L’Etat, à travers ses projets économiques, cherche le bonheur des Maliens tout comme la religion. L’Etat et la religion doivent, de ce point de vue, se compléter.

Propos recueillis par

Denis Koné

 

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CODE DES PERSONNES ET DE LA FAMILLE

La ville sainte de Djenné se révolte

La ville religieuse de Djenné a promis qu'aucune altération ne sera faite au Saint Coran pour quelque loi que ce soit.

Après l’adoption du nouveau Code des personnes et de la famille par l’Assemblée nationale, la protestation gagne le Mali profond. A la suite de Bamako, les localités de l’intérieur ont pris le relais aussitôt. C’est ainsi que la ville de Djenné a connu le dimanche 23 août 2009 une grande marche de protestation contre le nouveau Code des personnes et de la famille.

C’est une marée humaine qui a répondu à l’appel du bureau local de l’Association malienne pour l’unité et le progrès de l’islam (Amupi) en collaboration avec les autres associations islamiques (toutes tendances confondues) et les écoles coraniques. Une première dans la ville classée patrimoine mondiale, car jamais de mémoire de Djennéké une telle mobilisation n’avait eu lieu.

Ainsi après la prière de 16 h à la mosquée, les marcheurs se sont rendus à la préfecture pour lire une déclaration de protestation contre le Code. Ils ont été accueillis par le préfet Moussa Balla Dembélé entouré de ses adjoints, du maire de la Commune urbaine de Djenné et d’une impressionnante force de l’ordre composée de gendarmes et de gardes.

Dans sa déclaration, El Béchir Tounkara, au nom de la communauté musulmane de Djenné dira qu’ils sont « outrés et affligés par l’adoption de ce nouveau Code par l’Assemblée nationale, qui porte gravement atteinte à la religion musulmane ». Et de poursuivre : « Nous, représentants de la communauté religieuse du cercle de Djenné, opposons vigoureusement une protestation contre ladite loi et demandons aux autorités sa relecture pour la prise en compte de nos aspirations légitimes pour éviter toute frustration ». Le représentant de l’imam a soutenu qu’aucune partie du Coran ne sera transgressée d’un seul iota.

Pour sa part, le préfet de Djenné a rappelé que le Code qui est au centre de la polémique n’est pas encore promulgué par le président de la République. Il a invité à plus de calme et promis de remettre la déclaration à qui de droit.

Lévy Dougnon

(Radio Jamana)

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PRIVATISATION DE LA CMDT

La BM impose un chronogramme révisé

Par lettre du 3 août 2009 au gouvernement, la Banque mondiale a fixé un chronogramme révisé de règlement de la situation juridique et comptable des filiales avant fin août.

La Banque mondiale a envoyé du 22 juin au 10 juillet 2009 une mission à la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). La mission avait, entre autres objectifs, de contribuer au processus de privatisation en fournissant des éléments permettant de conforter la « data room » d’appel d’offres afin d’aboutir dans des délais compatibles avec la date butoir de juillet 2010 pour la cession, de contribuer à mettre en place le plan de trésorerie de la campagne 2009-2010 qui fait l’objet d’un repère du Fonds monétaire international (FMI) pour septembre prochain, d’identifier les éléments qu’il serait possible d’intégrer dans une structure de type de cantonnement afin de protéger durant la campagne 2009-2010 et jusqu’à sa privatisation.

Toutefois, des insuffisances ont été relevées par les consultants tant au niveau juridique que pratique dans le processus de filialisation qui impliquerait la reprise de la totalité du processus de filialisation. Face à cette situation, la Banque mondiale a saisi le gouvernement du Mali, par lettre du 3 août 2009 et fixé un chronogramme revu et corrigé ; à savoir : le règlement de la situation juridique et comptable des filiales avant fin août 2009, le plan social nominatif sur la base des droits légaux et mise en réserve de 5 milliards de F CFA avant fin juillet, le paiement des producteurs (9 milliards de F CFA) avant la fin juillet, le lancement de l’appel d’offres avant fin septembre.

Instruction a été donnée à la Mission de restructuration du secteur coton pour conduire le calendrier. Les consultants prônent la signature d’un concordat avec les plus importants créanciers. Ce qui permettra d’aller soit vers une structure de cantonnement, soit vers un règlement préventif.

Selon des sources, à ce jour seul le cadre organique de la nouvelle structure serait fixé. De même, des estimations d’indemnités ont été faites, mais semblent au-delà de la règle fixée par le droit du travail. Initialement prévu pour 18 mois, le délai d’exécution du contrat du conseiller en privatisation est en phase de prolongation et devrait être signé d’ici à la fin août.

Le processus de filialisation est en passe d’être revu sous la conduite de la Mission de restructuration du secteur coton pour aboutir à la production de comptes à l’échéance retenue. Cependant, il n’est pas certain que le travail préalable au niveau des créanciers soit mené. Ce qui pourrait souiller la validité du processus.

Mohamed Daou

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RAMADAN EN FRANCE

Le halal s’affiche dans la grande distribution

Les musulmans sont de plus en plus nombreux en France. Le mois de Ramadan étant un mois de grande consommation pour ces populations, les industriels et la grande distribution se penchent désormais sur ce marché pouvant atteindre 5 millions de personnes. Retour sur ces nouvelles pratiques.

Quid du boucher halal, des épiceries fines orientales et des magasins spécialisés ? La question se pose avec le mois du Ramadan, temps forts en France pour les ventes de produits halal. L’alimentation halal, qui veut dire « autorisée » ou « licite », fait l’objet de peu de statistiques en France qui compte, cinq millions de musulmans.

Mais aujourd’hui, les grandes surfaces tels Carrefour, Auchan, Leclerc ou Champion s’intéressent tout particulièrement à ce marché qui, selon l’agence Solis spécialisée dans le « marketing ethnique » est évalué à plus de 4 milliards d’euros (soit 2600 milliards de F CFA) en 2009 avec une croissance annuelle estimée à près de 15 %. Rappelons que 93 % de la population maghrébine et 55 % des populations originaires d’Afrique noire achètent des produits halal.

« Longtemps l’offre halal s’est limitée à la viande, à la charcuterie et à quelques produits d’épicerie disponibles dans les commerces traditionnels » , mais depuis une dizaine d’années, la grande distribution a commencé à proposer des produits halal « parce qu’il y a un marché ». L’arrivée de nouveaux consommateurs, a changé la donne, les deuxième et troisième générations issues de l’immigration, ont un pouvoir d’achat souvent supérieur à ceux de leurs parents, note Abbas Bendali, directeur de l’agence Solis.

Ces consommateurs ont des demandes spécifiques, l’offre s’est donc élargie. Soupes, raviolis, pizzas, hachis Parmentier : les grandes marques nationales (Maggi, Herta, Fleury Michon, Panzani, par exemple) se sont lancées sur ce marché avec des plats cuisinés. Les volaillers comme Duc ont aussi investi le secteur, car les foyers musulmans consomment beaucoup plus de viande que la moyenne nationale.

Le Ramadan est une période de « très forte consommation » et pour l’occasion, la chaîne Auchan n’hésite pas à multiplier par dix, voire quinze, les surfaces de vente dédiées à l’alimentation halal. La chaîne Casino a pour sa part lancé début août ses propres produits sous la marque Wassila. Les grandes surfaces en France « rêvent de conquérir la clientèle musulmane », mais « elles ne sont pas toutes prêtes à assumer leur choix ».

« Dans un contexte de faible connaissance de l’islam et des musulmans, le halal peut faire peur et la grande distribution peut garder les mêmes réflexes irrationnels qu’une partie de l’opinion » , estime pour sa part Jean-Christophe Despres, directeur de Sopi Communication, spécialisée dans la communication « multiculturelle ».

Pour preuve, la majorité des grandes enseignes préfèrent faire référence dans leurs prospectus à des dénominations clichées et plus que dépassées tels « Saveurs d’Orient » ou « Les routes des épices »  plutôt que de mentionner explicitement le Ramadan. « On veut l’argent des Beurs, mais pas leur image. Pourtant, on doit noter que certaines enseignes commencent à assumer », note Fateh Kimouche, fondateur du site Al-Kanz.org destiné aux consommateurs musulmans.

Kaourou Magassa

(stagiaire)

 

 

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BRUITS SOURDS

Contrôle de la charge à l’essieu : une imposition de l’UE 

Le contrôle de la charge à l’essieu dans notre pays est entré dans sa phase active le 19 août 2009. Une mission de supervision du ministère de l’Equipement et des Transports s’est rendue le même jour sur le terrain pour s'assurer de l’effectivité de l’opération. Ladite tournée a été marquée notamment par une rencontre d’échanges avec des commerçants, transporteurs et chargeurs de Sikasso pour leur expliquer les tenants et les aboutissants du contrôle de la charge à l’essieu.

Des débats, il est sorti de la bouche des responsables en charge des transports que le contrôle de la charge à l’essieu a été imposé par l’Union européenne (UE) à notre pays. A les entendre, celle-ci a même menacé d’arrêter le financement de projets d’infrastructures routières au cas où le Mali ne se plierait pas à leur exigence au motif que les goudrons qu’elle finance estimés pour une durée de vie de 5 à 10 ans ne dépassent guère 3 ans. De peur que le bailleur ne ferme le robinet, le Mali s’est résolu à appliquer la mesure qui concerne tous les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) qui fixe la charge limite à 11,5 tonnes. Mais, notre pays a fixé provisoirement celle-ci à 14 tonnes sous peine d’une amende de 5 000 F CFA qui sera ramenée à 10 000 F CFA à partir du 1er janvier 2010.

La charge à l’essieu, explique-t-on, vise à sauvegarder la durabilité des routes, des véhicules ainsi que la sécurité des personnes humaines. Tout compte fait, l’on retiendra que ce n’est pas de son propre gré que le Mali a décidé d’aller au contrôle. Bien au contraire, il s’est soumis au diktat de l’UE. C’est dire que de la manière que l’adoption par les élus de la nation du Code des personnes et de la famille a été dictée par le même bailleur, il en a été de même pour le contrôle de la charge à l’essieu.

 

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ECHOS DES REGIONS

TOMBOUCTOU

Des lycéens inconsolables après le bac

Alors que le taux d'admission au baccalauréat était de 80 % l'année précédente, Tombouctou n'en revient toujours pas avec les résultats de la session de juin 2009 unanimement qualifiés de "catastrophiques".

Après deux mois de suspens, les candidats de la session de juin 2009 du baccalauréat ont été finalement fixés sur leur sort le 12 août 2009. Mais, la proclamation des résultats, a fait peu d’heureux cette année au lycée Mahamane Alassane Haïdara de Tombouctou (LMHAT).

Sur 369 candidats inscrits toutes séries confondues, seuls 159 sont admis, soit un taux de réussite de 43,08 %, contrairement aux résultats de l’année précédente qui dépasse les 80 %.

Attachée à sa tradition, la série langues et littérature (LL) vient en première position avec 79 admis sur 111 candidats, soit un taux de réussite de 72,47 %. Elle est suivie de la série sciences humaines (SH) où 61 candidats sur 183 décrochent le précieux sésame, soit un taux de réussite de 33,51 %.

En sciences exactes 11 candidats sur 29 ont été admis avec un taux de réussite de 37,93 %. Enfin la série science biologique occupe le dernier rang avec 8 admis pour 46 candidats (17, 77 %).

Même si ses pensionnaires sont encore sous le choc des résultats catastrophiques, le lycée Mahamane Alassane Haïdara de Tombouctou (LMHAT), qui représente la région, est néanmoins troisième national après Sikasso et Ségou, qui occupent respectivement les première et deuxième places.

Abdou Maïga

(correspondant régional)

 

5e REGION MILITAIRE

Damango, nouveau commandant de zone

C'est au fort Cheick Sidi Békaye de Tombouctou que s'est déroulée le jeudi 20 août 2009 la cérémonie de passation entre le commandant de la 5e région militaire, Moussa Modibo Ndiaye, et le rentrant, Gaston Damango.

La cérémonie s’est déroulée en présence du conseiller aux affaires juridiques du gouverneur, du maire, du président du Conseil de cercle et de quelques directeurs de service.

Après le défilé traditionnel militaire, le chef d’état-major adjoint de l’armée de terre, porteur de message du président de la République, a invité les « officiers, sous-officiers, militaires de rang de la 5e région militaire de Tombouctou au nom du président de la République, vous recevez Gaston Damango comme chef de zone. Vous lui devez obéissance et respect des lois pour le succès de son travail ».

Abdou Maïga

(correspondant régional)

 

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MONDIAUX D’ATHLETISME DE BERLIN

Une participation africaine honorable

Le championnat du monde d’athlétisme a pris fin dimanche dernier au stade olympique de Berlin (Allemagne). Et l’Afrique dans l’ensemble s’est bien comportée.

L’Ethiopien Kenenisa Bekele a miné toutes les finales du 5000 m. Il s’est imposé en 13'17"12 devant l’Américain Bernard Lagat. C’est la première fois qu’un athlète réalise le doublé puisqu’il s’était déjà imposé sur les 10 000 m.

Détenteur des records du monde des deux distances, triple champion olympique et désormais quintuple médaillé d'or aux Mondiaux, avec quatre succès consécutifs sur 10 000 m, onze fois champion du monde de cross-country, Bekele, à 27 ans, un palmarès unique.

L’une des grosses sensations est venue du 800 m féminin et du sacre de la Sud-Africaine Caster Semenya, suspectée d’être hermaphrodite. Elle a dominé la finale du 800 m, signant la meilleure performance mondiale de l’année en 1'55"45. Elle a devancé une autre Africaine, la Kenyane Janeth Jepkosgei de presque trois secondes. Par la suite, l’IAAF avait demandé à la Fédération sud-africaine de lui fournir des informations sur Caster Semenya, suspectée d'être hermaphrodite et de présenter des attributs féminins et masculins.

A 18 ans, Semenya, dont la morphologie et l'apparence sont très masculines, avait déjà fait sensation lors des Mondiaux juniors à Maurice, cet été, en remportant le 800 m en 1'56"72 et le 1500 m en 4'08"01. D’ailleurs, l’athlète sera accueillie avec tous les honneurs par la nation arc-en-ciel avec le ministre de l’Intérieur en tête. A noter également le bon comportement d’un l’Algérien dans les décathlons avec un record.

Les contre-performances

La grande déception est venue d'Asbel Kiprop. Le Kényan a fini 4e du 1500 m, devant son compatriote Augustine Choge. Le vice-champion olympique a mal géré sa course.

Le Marocain Jamal Chatbi, qui devait participer à la finale du 3000 m steeple, a subi un contrôle antidopage positif, le premier de la compétition. Produit incriminé : le clenbuterol, un anabolisant. Chatbi s’est déclaré innocent. Il dit souffrir d’une allergie nasale et avoir été opéré en mars dernier.

« Peut-être que les antibiotiques contenaient le produit. Si c'est le cas, je ne le savais pas. J'insiste. Je n'ai jamais pris de produits dopants » , a-t-il déclaré.

Les deux représentants maliens, Yah Koïta (100 m) et Ibrahim Maïga (400 m haies) n'ont même pas atteint leurs performances habituelles. D’autres pays comme le Nigeria, le Sénégal et le Maroc étaient à Berlin pour ne pas se faire oublier.

Somme toute, l’Afrique s’est bien comportée dans ces Mondiaux de Berlin. Le Kenya est le premier pays du continent sur le podium avec 11 médailles, l’Ethiopie suit avec 8 et l’Afrique du Sud de Caster Semenya, malgré la polémique, boucle le tiercé gagnant du continent.

Boubacar Diakité Sarr

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