Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2009

Mois d'août

Les Echos du 21 août 2009

 

MOHAMED DICKO PDT DU HCIM FACE A LA PRESSE

« Le Code est une injure faite à nos devanciers »

Les membres du bureau du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) étaient jeudi face à la presse pour faire part de leur désaccord avec les autorités sur le nouveau Code des personnes et de la famille adopté par l’Assemblée. « Nous ne nous reconnaissons pas dans ce Code, c’est une injure faite à nos aïeux » a tranché le président .

Le Code des personnes et de la famille adopté le 3 août 2009 par l’Assemblée nationale n’en finit pas de soulever des vagues dans des milieux religieux, notamment au Haut conseil islamique du Mali. Après une marche et un meeting pour afficher sa désapprobation du nouveau Code des personnes et de la famille, Mohamed Dicko et les autres membres du bureau étaient face à la presse nationale hier au Centre islamique de Hamdallaye pour exposer les points sur lesquels le HCIM estime que « le Code jure avec nos valeurs religieuses et sociétales ».

A en croire le HCIM, ces points sont nombreux. Il s’agit, entre autres, de la qualification du mariage « en acte laïc ». Pour le HCIM, cela veut dire que tout acte de mariage célébré en dehors d’une religion ne relève pas de la loi. Ce qui est inadmissible dans un pays à 100 % croyants.

Le seconde pomme de discorde concerne l’adoption/filiation. Selon la lecture du HCIM, l’adoption/filiation telle que le veut le Code donne une possibilité même à « n’importe qui » voire à des étrangers de venir au Mali pour prendre des enfants maliens en adoption. « Or, nous savons qu’il y a des groupes d’homosexuels qui se battent dans des pays pour faire adopter des enfants ». « Tel que le Code le prévoit, nous ne sommes loin d’une traite négrière dont l’aspect social est condamnable ».

Une seconde lecture

Le troisième désaccord est le droit des enfants nés or mariage qui auront, selon le nouveau Code, dit le HCIM, le même droit que les enfants dits légitimes c’est-à-dire, ceux qui sont nés dans un mariage scellé à la mairie. Sur ce point, le HCIM estime que, dans ce cas, le mariage en tant que tel n’a plus de valeur sociale. « Tel que prescrit par le nouveau Code, il s’agit d’un bouleversement de mœurs dont nul ne peut présager l’issue ».

Le HCIM s’insurge également contre le droit d’occupation de l’épouse de l’immeuble où elle réside au moment du décès de son mari. Tout comme la légitimation de l’enfant naturel, le consentement dans le mariage de la jeune fille, l’impossibilité de reconnaître le mariage religieux. « C’est une injure faite à nos aïeuls et grands parents et au peuple malien », croit-on au HCIM.

Aux dires de M. Dicko, le HCIM n’a pas encore pu rencontrer ni le Premier ministre, ni le président de la République bien que ce dernier aurait promis de les rencontrer avant son voyage. En revanche une rencontre a eu lieu avec le chef de cabinet du président de la République. Parlant de cet entretien, M. Dicko a affirmé que le C-CAB du président lui a transmis un message de remerciement du président pour avoir organisé une marche qui n’a pas dégénéré.

Le seul vœu du HCIM demeure le renvoi du Code à l’AN pour une seconde lecture a souligné le président du HCIM qui ajoute que les manifestations vont se poursuivre dans tout le Mali. Samedi un meeting est prévu au stade du 26-Mars à 9 h et dimanche à Kati. « Notre objectif n’est pas de déstabiliser le régime », se défend le HCIM, qui souligne avoir toujours œuvré pour la paix et la stabilité dans le pays.

Denis Koné

Acceuil


PMU-MALI

Le mot d’ordre de grève illimitée levé

Grâce à l’implication de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et face à la volonté des parties (syndicat et direction) à trouver une solution définitive aux préoccupations des travailleurs de PMU-Mali, la grève illimitée déclenchée lundi 17 août par le comité syndical des permanents du PMU a été levé au grand bonheur des parieurs.

Tout est bien qui finit bien. Le Syndicat des travailleurs permanents du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), après une médiation de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), auquel il est affilié, a levé son mot d’ordre de grève illimitée jeudi 19 août en début de soirée.

La rencontre tripartite entre l’UNTM, dirigée par son secrétaire général adjoint Tibou Telly, le PDG du PMU-Mali, Idrissa Haïdara, et les représentants des 3 comités syndicaux (comité syndical des permanents du PMU-Mali, syndicat des agents de traitements et celui des revendeurs de tickets) a discuté les points de revendications à l’origine de la grève illimitée.

A l’issue de la réunion, il a été convenu que la direction du PMU-Mali présente à l’UNTM une feuille de route de l’exécution des points de revendications dès ce vendredi. Et du coup, l’UNTM a instruit aux syndicats de reprendre le travail (hier).

Le comité syndical des travailleurs permanents du PMU-Mali exige de leur direction 5 points de doléances. Il s’agit de l’exécution sans délai des deux procès-verbaux de conciliation, le respect des clauses de l’accord d’établissement, notamment son article consacré au recrutement du personnel et la formation.

Les travailleurs du PMU exigent également la délivrance d’une copie de la résolution sur l’externalisation des agents de traitement et autres vacataires, le retrait d’aptitude conseil des locaux du PMU-Mali…

Ce qu’il faut dire, c’est que la cessation de travail, qui a duré 48 h, a causé des pertes économiques importantes pour le PMU. Pour les deux courses annulées (mardi et jeudi), le Pari mutuel urbain a perdu quelque 340 millions de F CFA.

Selon le PDG, chaque course rapporte près de 170 millions F CFA. Le jeu reprendra ses droits ce samedi au grand bonheur des turfistes.

Amadou Sidibé

[haut]

Acceuil


ALMANSOUR AG MAHMOUD, CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE DE 2012

La page verte de Koulouba

Un mandat de 5 ans est trop court pour laisser un héritage lisible à la patrie et un règne de 10 ans est trop long face aux faiblesses de la démocratie africaine et expose nos pays à la rechute de la dictature.

Mon amour pour mon pays le Mali et pour l’Afrique tout entière m’impose une réflexion sur les normes du mandat présidentiel. Un président a beau être droit et juste mais n’empêchera pas au phénomène de son entourage de faire éclore l’art de la corruption.

La corruption n’a besoin que d’un temps de latence pour s’emparer du pouvoir ici et partout ailleurs dans le monde. Un mandat de cinq ans est trop court pour laisser un héritage lisible à la patrie et un règne de dix ans est trop long face aux faiblesses de la démocratie africaine et expose nos pays à la rechute de la dictature.

Le mandat de cinq ans est suffisant pour le président d’une superpuissance bénéficiant des avantages de la logistique mais pas pour un Africain confronté à des problèmes de pauvreté. En tenant compte de la modestie de nos moyens et du niveau de vie des citoyens face au coût des élections et de la campagne, je pense qu’un mandat de 7 ans non renouvelable ouvrira la grande porte de la démocratie africaine et permettra pleinement à un dirigeant de bonne foi de mettre ses idées en application.

A la lumière de Modibo Kéita qui pense que : « La force d’une société réside dans sa force morale et dès que le moral est entamé, elle ne fera que se dégrader », on peut constater que le recul de la démocratie malienne ne fait guère de doute, en considérant les suicides des enfants dès leur bas âge par manque d’affection, selon leurs ultimes témoignages, dans un pays à l’origine dominé par le social.

Notre expérience en matière de votes nous a permis de constater également qu’un candidat à sa propre succession est toujours le gagnant, ce qui fait penser à la fraude. Par contre, on ne peut pas craindre la fraude quand un dirigeant n’est pas candidat à sa propre succession. La page verte de Koulouba est donc un chemin vers l’éradication de la fraude et l’abolition de la corruption.

L’histoire est une source incontournable pour la conception de l’avenir d’une nation. La nôtre est chargée de symboles. Elle rapporte par exemple que Sonni Ali Ber a assiégé la ville de Djenné pendant sept ans, sept mois et sept jours.

Ce guerrier considéré comme étant un tyran impitoyable, n’est pas à  l’abri d’un ordre ancestral, taxé de bon sens. Cette valeur septennale est le regard retrouvé du berceau de l’humanité, au point de convergence entre tradition et modernisme.

L'enfance pénible de Soundjata Kéita qui a duré sept ans est éblouissante grâce à son ancrage culturel, par-delà son règne qui a duré toute une vie et reflète aux nouvelles générations, cette voie de salut qui n’est ni orientale, ni occidentale, mais digne de l’Afrique.

Le schisme du Code des personnes et de la famille expose notre pays à la tentation des referendums dont la prolifération est dangereuse pour la stabilité de la Constitution nationale. Le bouclier de la page verte de Koulouba est le chemin lent mais sûr des Etats-Unis d’Afrique : le rêve africain est la lumière du village planétaire.

Almansour Ag Mahmoud

[haut]

Acceuil


ABDOULAYE N. COULIBALY, DG DU CHU-GABRIEL TOURE

« Des efforts sont faits pour les travailleurs »

Tout en reconnaissant des problèmes au CHU-Gabriel Touré, le directeur général,Abdoulaye Néné Coulibaly, affirme que des investissements sont en cours pour l’amélioration des conditions des travailleurs. Interview.

Les Echos : Pouvez-vous nous parler de l’hôpital en quelques mots ?

Abdoulaye Néné Coulibaly : Le Centre hospitalier universitaire Gabriel Touré est principalement un hôpital d’urgence, mais par la force des choses, c’est devenu un lieu général où les personnes viennent sans rendez-vous. Au Mali, on ne peut pas faire retourner les gens chez eux, ce qui augmente le volume de travail et le rend énorme.

Les Echos : Comment s’organise l’hôpital ?

A. N. C. : Il y a 624 agents salariés sans compter les étudiants en école de médecine et les stagiaires, au total, plus de 1000 personnes travaillent ici. Nous disposons également de 400 lits, autour de chaque malade, nous observons au moins deux accompagnateurs compte tenu de la sociabilité des Maliens. Ce qui nous donne une population hyper concentrée dans un espace de seulement trois hectares. C’est pourquoi nous fournissons beaucoup d’efforts en termes d’accueil et d’hygiène.

Les Echos : Pouvez-vous nous citer les principaux acteurs du budget ?

A. N. C. : L’Etat fournit un gros effort car, il garantit le salaire des fonctionnaires, l’achat des équipements et réactifs, la construction et rénovation des bâtiments, etc. Précisons que l’hôpital génère aussi des ressources propres lui permettant de payer les contractuels, c’est-à-dire les manœuvres, certains infirmiers et certains médecins recrutés par l’hôpital même.

Les Echos : Revenons sur le statut des internes, pourquoi de tels mouvements il y a quelques mois ?

A. N. C. : Tout d’abord il y a deux types d’étudiants au CHU, les internes proprement dit qui ont passé le concours d’internat qui donc se spécialisent et sont considérés comme des agents de l’Etat et ceux qui ne passent pas ce concours qui, rappelons-le est volontaire, et qui en fin de cycle sortent du cursus en étant généralistes. Ces étudiants ont demandé 500 F CFA d’indemnités de transport que nous avons dû refuser. Les gens pensent que c’est une somme dérisoire, mais multipliée par 500 le nombre d’élèves, puis par le nombre d’années, la somme devient colossale surtout sur les ressources propres de l’hôpital. Aujourd’hui, c’est l’Etat qui prend en charge ces indemnités.

Les Echos : La pharmacie de l’hôpital était en rupture de stock il y a un peu plus de deux mois, pouvez-vous nous en donner les causes ?

A. N. C. : Je pense qu’il y a eu un problème de communication, une accumulation d’arriérés. L’argent de la pharmacie a été pris pour payer les étudiants pour parer au plus pressé ce qui a créé des conflits avec les fournisseurs. Au jour d’aujourd’hui des efforts ont été faits pour payer les arriérés de 2006-2007 et même ceux datant de 1998. Je pense maintenant que c’est un mauvais souvenir. Malheureusement, je pense aussi que les pharmacies hospitalières connaîtront toujours des difficultés car, nous sommes obligés de prodiguer les soins. A leur sortie, les anciens patients sont censés régler leurs charges, mais la plupart du temps, certains ne le font pas. Pratique répandue, ils laissent leur carte d’identité de 2000 F CFA pour ne pas payer les 25 000 F CFA de soins par exemple. Sur 100 malades au moins 30 personnes, ne peuvent pas ou ne veulent pas payer. Pour eux, c’est un service public gratuit. Nous avons donc décidé de créer un système de stock pour pallier cela. Ce genre d’effort de gestion n’est souvent pas visible du reste de la population. Je pense également qu’avec le début de l’assurance maladie obligatoire avec un système de tiers payant, une partie de la solution pourra être trouvée.

Les Echos : Dans Les Echos du 19 août, l’un de vos médecins dénonçait le manque de travail de certains, que fait la direction pour pallier cette situation ?

A. N. C. : Le meilleur moyen est l’utilisation de la pédagogie. Dans le cas où quelqu’un ne répondrait pas aux ordres, il faut lui montrer que vous êtes capable de le faire et il réagira en conséquence ou bien lui parler seul à seul, car c’est clair que si les remontrances sont faites devant tout le monde, il y aura une révolte de la personne concernée. Il faut également être humble et éviter l’arrogance, en dehors des grades, nous sommes des collaborateurs. Pour ma part, je reste en blouse pour ne pas oublier qu’avant tout, je suis médecin.

Propos recueillis par

Magassa Kaourou

(stagiaire)

[haut]

Acceuil


FORMATION MILITAIRE

295 sous-officiers admis au CIA

Sur les 316 stagiaires 295 ont décroché leur Certificat interarmes (CIA) à l’issu de trois mois de formation à la base aérienne 101 de Sénou.

A la sortie de la promotion CIA 2009 jeudi 20 août 2009 à la Base aérienne 101 de Sénou, le chef d’état-major de l’armée de terre, le colonel Mamadou A. Diallo, a souligné l’importance que le commandement accorde à la formation en général et à celle des sous-officiers en particulier.

Pour le chef d’état-major de l’armée de terre, ces derniers constituent un pilier de la chaîne de commandement militaire. « En effet, le corps des sous-officiers constitue la courroie de transmission entre la conception des ordres militaires élaborés par les officiers et l’exécution assurée par les militaires de rang », a expliqué le colonel Diallo.

Au total, ils sont 316 sous-officiers de la gendarmerie, de la garde nationale, des armées de terre et de l’air, dont 295 ont été admis aux termes de trois mois de formation. Les récipiendaires sont désormais des militaires outillés à la fois de nouvelles aptitudes au commandement et de savoir-faire qui vont rejoindre leurs unités respectives.

Selon le directeur du Centre de formation, principal encadreur des stagiaires, le lieutenant-colonel Néma Sagara, la richesse des programmes enseignés et les conférences animées par des officiers tout au long de la formation devront permettre de rendre opérationnels les militaires formés. Auparavant, à la demande de la patronne du Centre, une minute de silence a été observée à la mémoire de trois stagiaires décédés au cours de la formation.

Un meeting aérien et un défilé des stagiaires sous les notes de la musique des armées ont donné une allure festive à la cérémonie sanctionnée par la remise des certificats aux dix premiers de la promotion dont le major est le sergent-chef Laciné Coulibaly.

Amadou Waïgalo

 

[haut]

Acceuil


 

ECHOS DES REGIONS

GAO

Rude saison des pluies pour les ménagères

La saison des pluies n’est pas un moment gai pour les populations de la Cité des Askia. Certains produits deviennent cher dont le bois de chauffe et le charbon.

Habituellement, il ne pleut pas beaucoup à Gao. Malgré tout, l’hivernage provoque une hantise chez les Gaois qui craignent les effondrements de maisons et la hausse de prix de certains produits.

Ici, le problème de bois de chauffe et de charbon de bois se pose avec acuité. Les ménagères à faible revenu ramassent du bois mort à travers la ville pour leur cuisson. Quant au charbon, il n’est utilisé que par une infime partie de la population à cause de son coût élevé.

Pour Mme Fanta Maïga, ménagère, « le coût de la vie est intenable de nos jours. Pour une famille de cinq personnes, il faut débourser 500 F CFA pour acheter du bois, et l’on n'en trouve même pas ».

Le commerce du bois n’est pas chose aisée dans la région à cause du désert tout proche. El hadj Amadou Daou, transporteur et commerçant de bois de chauffe, impute ces difficultés aux tracasseries routières et à l’insécurité. « Cette activité est mon gagne-pain. Je supporte tous les écueils. Mais mon souci majeur est que nous sommes dans une zone d'insécurité, parfois les Tamasheq refusent qu’on prenne le bois et nous avons avisé les autorités en vain », a-t-il plaidé.

Aux dires d’El Hadj Daou, les bois de Gao proviennent des zones de Gossi, N'tillit (dans le Gourma), N'delimane (Ménaka) et Smed (après Djebock). Mais, selon lui, il fréquente beaucoup la localité de Samed. La qualité du bois laisse à désirer à cause du temps ou des termites.

El Hadj Amadou Daou lance un appel à la direction régionale de la conservation de la nature pour reboiser les forêts de la région en dépit des difficultés que cela comporte. Il pense que dans une zone enclavée comme la leur, le commerce du bois peut contribuer au développement de la région et réduire le chômage.

Ramata Diarra

(correspondante régionale)

 

LUTTE CONTRE LE VIH

Ségou vacciné contre la stigmatisation

L’ONG Walé vient d’organiser une journée de plaidoyer baptisée « Journée lumière » pour conscientiser les leaders de Ségou sur les effets néfastes du phénomène de la stigmatisation dans la communauté et les amener à s’engager dans des actions concrètes pour les minimiser.

La journée qui a eu pour cadre la salle de conférence Mamadou Lamine Traoré de la direction régionale de l’Académie de Ségou a regroupé de nombreuses personnalités de la région parmi lesquelles des responsables administratifs et politiques, la représentante résidente de l’Onusida au Mali ainsi qu’une foule de personnes vivant avec le VIH.

Selon le coordonnateur de l’ONG Walé, Dr. Ali Soumoutera, l’engagement de son ONG dans cette démarche qui vise à promouvoir des actions concrètes en réponse à la stigmatisation et à la discrimination liées au VIH et au Sida fait suite à des comportements négatifs de certains patients bénéficiant de la prise en charge et des personnes censées s’occuper d’eux. L’initiative, a-t-il développé, est de « vacciner la communauté afin de sécréter chez elle l’acceptation, l’amour, la solidarité et la tolérance lorsqu’elle apprend qu’un de ses membres est infecté par le virus du Sida ».

L’invité de marque de cette journée, la représentante résidente de l’Onusida, s’est félicitée de l’organisation d’une telle journée qui est l’unique réponse à la stigmatisation et à la discrimination quant on sait que le Mali compte 23 750 malades sous ARV.

Durant la journée, le président du RMAP+ a partagé sa vision sur ce que les associations peuvent faire, les obstacles et les pistes à explorer pour parvenir au succès. Il a été également exposé au public ce que certaines personnes séropositives ont vécu dans leur milieu avec à l’appui des témoignages, le constat des agents de Walé découlant de la crainte que ces personnes sont victimes de la stigmatisation.

Aussi Walé a distribué des formulaires qui ont été remplis par les leaders de Ségou. Il s’agit d’un formulaire qui oriente sur des pistes d’action possibles. Les adresses sur les formulaires permettront de retrouver plus tard les intéressés pour travailler profondément les idées émises, dans le cadre du suivi de cette journée.

A l’issue de la journée, de nombreux leaders se sont engagés à lutter contre la stigmatisation en apposant leurs signatures sur une grande toile. Le maire de la Commune de Ségou, Ousmane Simaga, a pris l’engagement d’intégrer dans tous les programmes de l’hôtel de ville de Ségou la lutte contre le VIH et la stigmatisation. Le gouverneur par intérim de la région, Yaya Dolo, a donné l’assurance de l’implication constante des autorités de la région dans la lutte.

Daouda Coulibaly

(Radio Foko Ségou)

 

KAYES

Le bac du génie militaire au secours !

C’est avec enthousiasme que les transporteurs de Kayes ont accueilli le bac du génie militaire. Celui-ci enlève une grosse épine des pieds des autorités de la Cité des Rails.

Depuis la montée du niveau d’eau dans le fleuve Sénégal à Kayes et l’impraticabilité de la chaussée submersible, la population est confrontée à d’énormes difficultés. Il ne passe plus de jour sans que des noyades, des camions qui terminent leur course dans le fleuve ne soient signalés. La vétusté du bac en service et la désorganisation autour de cet engin avaient fini par faire déchanter de nombreux habitants.

Aujourd’hui, la situation est redevenue normale. Le bac du génie militaire peut à lui seul transporter une vingtaine de voitures à la fois. Selon un chauffeur de gros-porteur, « je suis là depuis 45 jours, c’est maintenant que je traverse. L’armée est à féliciter particulièrement le génie militaire. Dès qu’ils sont arrivés, ils ont tout organisé ». Selon un autre agent de l’Etat en mission, « je ne peux que les féliciter et leur dire courage. Quant aux chauffeurs, qui sont là, je leur demande d’être disciplinés ».

La présence du bac du génie est d’un apport capital dans l’approvisionnement correct des populations. Sans oublier que les militaires du génie présents sur le terrain aident les camions en détresse et les pirogues qui chavirent assez fréquemment.

Issa Bathily

(correspondant régional)

 

 

[haut]

Acceuil


 

DOSSIER RAMADAN

Dr. MOUSSA CAMARA, MEDECIN GENERALISTE

« Certains malades sont exempts du jeûne »

En parlant de l’accom plissement du jeûne du Ramadan,généralement des problèmes de santé surgissent. Dans quelle circonstance peut-on ne pas observer le jeûne ? Dr. Moussa Camara, médecin, nous donne des détails.

Le Ramadan débutera dans moins de trois jours. On reconnaît au jeûne de nombreux bienfaits sur la santé tant que l’alimentation est équilibrée, en quantité raisonnable et que le temps de sommeil nécessaire est respecté. Il est scientifiquement conseillé pour les personnes en bonne santé et permet même la régression de certaines infections.

Mais quand le jeûne risque d’altérer significativement la santé ou lorsque le croyant est déjà malade, l’islam l’exempt tout simplement : « Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle, il ne cherche pas à vous la rendre difficile », extrait du Saint Coran.

Pour maintenir la santé, certaines personnes ne doivent pas jeûner. Dr. Moussa Camara, médecin généraliste dans un Asaco de Kalabancoro recommande aux malades en soins ambulatoires, souffrant de maladies chroniques ou d’une maladie récente ainsi que pour les femmes enceintes, de prendre attache avec les médecins.

« Les conseils qui peuvent être donnés ne sont pas constants et sont délivrés au cas par cas. Une personne porteuse d’une maladie associée à une pathologie principale ne ressemble en rien à une autre qui ne présente que cette pathologie » .

Toutefois, notre interlocuteur indique que les diabétiques ne devraient pas jeûner. Mais, malgré cette mise en garde, regrette le médecin, certains malades tiennent à s’acquitter de leur devoir religieux. Pour être autorisé à jeûner, leur diabète doit répondre à des critères préétablis. Pour les malades de l’ulcère gastro-duodénal, il est retenu que le patient souffrant d’un ulcère évolutif ainsi que d’un ulcère cicatrisé de moins de 6 mois ne doivent pas jeûner. « Seul le patient qui a un ulcère cicatrisé depuis plus de 6 mois peut jeûner, mais sous traitement protecteur de la muqueuse gastrique ».

Pour le médecin, ces maladies ne sont pas les seules handicapantes pour le jeûne. « Il y a les pathologies rénales ». A l’en croire, le problème majeur avec les pathologies urinaires pendant le Ramadan concerne la déshydratation. « Des enquêtes multiples ont mis en évidence une baisse significative de la qualité de l’eau bue pendant le Ramadan. Il s’agit d’un facteur de risque favorisant la survenue ou la complication de problèmes rénaux ». Le patient, poursuit-il, doit consulter son médecin avant le Ramadan pour prendre une décision quant à la possibilité de jeûner ou non. « Dans le cas où il est autorisé à jeûner, le patient doit alors boire suffisamment au cours de la nuit et respecter de manière rigoureuse le traitement médicamenteux et les conseils hygiéno-diététiques donnés par son médecin ».

La personne souffrant d’une hypertension artérielle ajoutée à une insuffisance rénale confirmée est exempte de jeûne.

De plus en plus les femmes enceintes ont tendance à jeûner. Or, aux dires du médecin, il est conseillé de consulter son gynécologue à la veille du Ramadan pour s’enquérir de l’état de santé de la mère et du fœtus. Il explique que la grossesse est associée à une pathologie associée. Ce qui fait que la femme ne doit pas jeûner. « La grossesse présente des complications pour la femme ou pour son fœtus et dans ce cas aussi elle ne doit pas jeûner ». Cependant, la femme en état de grossesse normale peut observer le jeûne seulement après avis de son médecin traitant.

Amadou Sidibé

 

MOIS DE RAMADAN

Les consommateurs laisser pour compte par l’Etat

Cette année, l’Etat n’a pris aucune mesure particulière pour faire baisser le prix des denrées de première nécessité afin qu’ils soient abordables pour le consommateur moyen . Le mois de jeûne s’annonce dure pour le fidèle musulman.

Contrairement aux années précédentes où l’Etat, à travers les opérateurs économiques, accordait des exonérations afin de circonscrire les ruptures de stocks de denrées de première nécessité et que les prix soient abordables pour le consommateur à revenu moyen, cette année en tout cas jusqu’à hier, rien n’allait dans ce sens. Or, le mois de Ramadan, qui débute en principe demain, est une période de grande consommation. Que l’Etat n’ait pas accordé des exo aux commerçants n’est pas fortuit.

Les exonérations octroyées aux commerçants même pendant la crise alimentaires des années précédentes n’ont presque pas arrangé la situation. Alors que l’Etat malien a consenti des dizaines de milliards de F CFA, le consommateur malien a continué à acheter les produits, notamment le sucre et le riz à des prix exorbitants.

A en croire Souleymane Samaké dit « Sam », gérant d’une banque de céréales, seules ces dernières peuvent, dans certains cas, soulager les souffrances des populations en cette période de jeûne. Dans un pays libéral, poursuit-il, l’Etat ne peut imposer aux opérateurs économiques de baisser les prix de leurs marchandises. Le marché fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande, explique-t-il, ajoutant qu’en période de jeûne la demande est forte, « ce qui peut expliquer la cherté des produits ».

Le mois de jeûne est une occasion inespérée, pour des opérateurs économiques qui n’ont aucun but que la recherche du profit, de casser du sucre sur le dos des consommateurs. Déjà on assiste sur les différents marchés de la capitale à une légère hausse des produits de première nécessité notamment le sucre.

En Commune VI, précisément à Senou, le kilo du sucre est cédé à 550 F CFA. La farine de blé a aussi connu une légère augmentation. Si sur le marché, le demi-kilo est à 350 F CFA, dans les boutiques à l’intérieur des quartiers il varie entre 375 et 400 F CFA.

Les femmes commerçantes qui exercent le commerce à la sauvette de pâtes alimentaires prédisent un mois rude eu égard à cette flambée des prix. Elles ne sont d’ailleurs pas les seules à se plaindre, car les prix des céréales ont également connu une légère augmentation. Le kilo de maïs pilé est cédé au consommateur à 275 F CFA/kg ; 250 F CFA pour le mil et le sorgho. Seuls le riz connaît une stabilité et oscille entre 375 F CFA pour le « gambiaka » et 300 F CFA pour le riz étuvé.

Denis Koné

 

DENREES DE PREMIERE NECESSITE

Le prix du sucre prend l’ascenseur

Le sucre est l’une des denrées les plus consommées pendant le Ramadan. Mais son prix ne fait que grimper depuis quelque temps.

Au Mali, le Ramadan est considéré comme le mois le plus cher. Des ménages s’adonnent à des dépenses exagérées et c’est le moment choisi par certains professionnels du négoce pour se faire davantage de plus-values. La situation est particulièrement aggravée par l’hivernage, qui est la période de soudure au Mali. La hausse du prix du sucre sur le marché international pèse aussi sur les portefeuilles.

La hausse du prix du sucre n’échappe à personne dans la mesure où c’est le produit le plus consommé pendant la période du jeûne musulman. Il est même offert en guise de cadeau aux beaux-parents et proches. Mais, depuis trois mois environ, le kilogramme du sucre est passé de 375 F CFA à 500 F CFA au détail.

Des facteurs conjoncturels font que le prix de revient de la tonne de sucre rendue à Bamako a connu une augmentation de 80 %, soit 500 000 F CFA la tonne. La situation n’est pas prête de s’améliorer. La production locale de Sukala-SA, qui fait 36 000 tonnes par an, est épuisée. La nouvelle récolte n’est prévue qu’entre septembre et octobre. Notre pays, dont la consommation annuelle fait 140 000 tonnes, dépend donc exclusivement de l’extérieur.

L’Inde indexée

La crise est mondiale. L’Inde, qui compte l’une des plus grandes populations après la Chine, a acheté cette année 10 millions de tonnes de sucre pour pallier son déficit de 2008-2009. Un déficit provoqué par le choix qu’il a fait en axant ses efforts sur le blé (son aliment de base), qui avait connu une crise mondiale, il y a trois ans.

La ruée indienne sur le sucre et les problèmes de transport dans les pays de la sous-région, dont le coût a augmenté avec l’application de la charge à l’essieu ont provoqué une crise au niveau de nos opérateurs économiques dépendant exclusivement des ports voisins.

Les commerçants maliens ont été pris de court parce qu’ils concentrent leurs efforts sur le riz et n’importent pas plus de deux mois de stocks de sucre dont l’importation d’un bateau de 14 000 tonnes, au prix de 500 F CFA/kg coûte 5,6 milliards de F CFA. Dans ces conditions, le peu de stock disponible se vend cher au grand dam des consommateurs.

Abdrahamane Dicko

 

MICRO TROTTOIR

Les préparatifs au menu

Le mois du Ramadan débute dans deux jours, nous avons demandé à la population quels étaient leurs préparatifs pour ce mois saint.

Noumoutié Diabaté (peintre en bâtiments)  :

« En ce qui me concerne, je vais acheter du sucre pour le donner aux beaux-parents, aux parents et aux voisins. Je vais aussi acheter du mil pour préparer la bouillie de rupture du jeûne. Pour moi, c’est le plus important. Certaines personnes changent leurs plats, mais ça dépend des moyens, certains achètent de la viande, etc. Après 15 jours de ramadan, les gens commencent à préparer la fête, à acheter des vêtements… »

Maïmouna Sissoko (mère au foyer)  :

« Lorsque le mois de Ramadan approche, les gens s’inquiètent du sucre et du riz. Même avant-hier, une femme est passée chez moi nous disant qu’elle n’avait rien à manger pour ses enfants, je lui est donc donner du riz. Normalement, lors du mois de Ramadan, on est censé diminuer la consommation, mais c’est le contraire qui se passe. Le sucre au lieu d’être à 400 francs coûte 450. Ceux qui ont des moyens font des petits plats, tandis que ceux qui en ont moins, se contentent de la bouillie. Les personnes s’inquiètent de savoir comment ils vont trouver de l’argent. Je dois dire que pour ceux qui ont peu de moyens, ce n’est pas facile ».

Cheick Traoré (ingénieur en informatique)  :

« Pour le mois de carême, j’ai mis un budget de côté, car c’est le mois le plus cher chez nous, le prix des condiments va augmenter. Mon budget est à peu près de 200 000 francs, pour la nourriture et l’habillement des enfants. En ce qui nous concernent ma femme et moi, l’habillement sera pour plus tard. L’alimentation est très importante, car on doit partager le sucre, on en donne à la belle-famille, aux démunis. J’achète généralement deux sacs de sucre, 50 kilos pour ma consommation et 50 autres que je donne. Si on ne met pas d’argent de côté, ce n’est pas facile ».

Adama Kéita (chômeur)  :

« Lorsque l’on prépare le Ramadan, on égorge le bœuf, on organise la soirée, les gens achètent des beaux vêtements. Il faut également aller saluer la famille faire le « sémé sémé ». Pour les frais, on va se débrouiller avec la famille, je suis au chômage et toutes les denrées sont chères ».

Propos recueillis par

Kaourou Magassa(stagiaire)

 

UN DES PILIERS DE L’ISLAM

Revoilà Ramadan !

C’est en l’an 610 que la révélation du Saint Coran a été faite, par l’ange Gabriel, au prophète Muhammad (paix et salut sur lui). Depuis lors, la umma islamique, suivant la position de la lune, observe chaque année le jeûne, un des piliers de l’islam, qui est censé rapprocher les musulmans du Créateur suprême.

Les musulmans du Mali, en même temps qu’un milliard de coreligionnaires dispersés au quatre coins du monde, commencent ces jours-ci le mois béni de Ramadan. Le Ramadan ou mois de jeûne est un des cinq piliers de l'islam. Il dure le temps d'un mois lunaire, c’est-à-dire 29 ou 30 jours suivant les années. Aux termes du mois, est fêté l’Aïd-el-Fitr (la petite fête).

C’est en 610, au cours du mois de Ramadan, que l’ange Gabriel a annoncé à Muhammad (paix et salut sur lui) qu'il est choisi pour être le messager de Dieu. C'est précisément le jour de Laïlat ul Qadr (Nuit du destin), à deux ou trois jours de la fin du mois, que la révélation du Coran à Muhammad est commémorée par le monde musulman par une nuit de prières et de repentir.

Le site orientalement.com rapporte qu’Allah dans sa sagesse infinie a prescrit à Ses créatures les règles inaltérables leur assurant une vie digne dans ce monde et la félicité dans l’au-delà. Parmi ces règles, figure le jeûne qu’il a ordonné aux communautés successives de croyants. « Loin de se réduire à l’abstinence alimentaire, le jeûne exige de l’homme la mobilisation de tout son être. L’observation extérieure des règles du jeûne doit s’accompagner d’une maîtrise des sens et plus particulièrement de la langue ».

« Ô croyants ! Nous vous avons prescrit le jeûne (Al-Siyam)... »

« L'objectif de tout musulman est de plaire à Dieu pour gagner le paradis. Plaire à Dieu, c'est l'aimer, le craindre et lui obéir. Le verset ci-dessus, extrait du Saint Coran, indique clairement que le jeûne est une obligation pour tout musulman en âge et en capacité de le faire. Mais le jeûne n'est pas une obligation apparue à l'époque du prophète Muhammad. Il existait déjà depuis des millénaires. Ainsi, toute personne remplissant les conditions et sachant qu'elle doit jeûner, ne le fait pas volontairement commet un pêché » (Sourate 2, Versert 182)

« ... Donc, quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne! »

L’exercice, selon orientalement.com, vise à démontrer à l’homme sa capacité de se priver pour un temps de ce qui lui semblait indispensable. Il doit lui révéler que « vouloir, c’est pouvoir », à condition que l’intention soit ferme et que le but recherché soit l’agrément d’Allah.

« Le but d’un tel acte d’adoration a été clairement défini comme la recherche de l’état de crainte révérencielle de Dieu (la piété) critère de supériorité d’un individu sur un autre. Cette qualité ne se mesure que par celle des oeuvres qui en sont les témoins. L’école du jeûne est sans équivalent et doit amener à faire taire en chacun la tendance à la domination des autres, l’ostentation, la crainte d’autre que Dieu et toutes les formes insidieuses de l’appel du diable, seul véritable ennemi du genre humain ».

« Le diplôme sanctionnant le mois du jeûne est une somme de vertus nourrissant le croyant durant le court séjour terrestre qui, rappelons-le, est une somme d’épreuves à laquelle seul le retour à Dieu mettra fin » .

De grandes dépenses en vue

La prescription est claire et bien ancrée au Mali. Comme chaque année donc, les musulmans de notre pays s’apprêtent à vivre intensément leur foi en Dieu, en observant scrupuleusement les règles. Il s’agira, pour eux, de s’abstenir de boire et manger de l’aube au coucher du soleil, d’avoir des relations sexuelles, de médire des autres, mais aussi et surtout de prier et de partager avec les plus démunis…

Contrairement à l’usage, le Ramadan est différent du carême, qui est chrétien, même si les deux pratiques religieuses présentent des similitudes. Il est donc inapproprié de dire mois de carême pour parler du Ramadan.

Si la femme enceinte ou qui allaite, les enfants et les vieillards sont dispensés de jeûne, ils doivent, en revanche, faire l’aumône pour le compenser. Il en est de même des grands malades ou de ceux qui souffrent de maladies chroniques même si le jeûne est censé purifier le corps au même titre que l’esprit.

Comment les musulmans de chez nous vivent le Ramadan ? Les denrées de première nécessité qui entrent dans la composition des repas de rupture sont-elles disponibles et accessibles pour le plus grand nombre ? Tel un marronnier, nous avons décidé de rouvrir le dossier.

Une certitude cependant : ce n’est pas la crise financière qui prévaut qui empêchera les fidèles maliens de perpétuer une tradition multiséculaire qui veut qu’ils offrent, dans la mesure de leurs moyens, du sucre, des victuailles ou au moins un repas copieux de coupure de jeûne à leurs beaux-parents, à leurs proches, amis et connaissances, mais aussi à ceux qui sont dans le besoin. Bon mois de Ramadan à tous.

  • A M. T.

(source : orientalement.com)

 

EPILOGUE

Le Ramadan au Mali

Le carême est, avec la proclamation de foi, la prière, l’aumône et le pèlerinage, l’un des grands principes fondateurs de la foi islamique. Il a un caractère obligatoire pour tous les croyants ayant l’âge ou les moyens (surtout économiques) de l’accomplir.

Selon certains exégètes, il semble que c’était au début une recommandation concernant la bonne santé physique des musulmans, mais au fil des siècles, celle-ci a été rendue obligatoire par les chefs religieux pour tout le monde sauf les enfants, les femmes enceintes et les malades. Il est fait dans le but de se purifier, de débarrasser l’organisme de ses déchets et de ses impuretés.

Il répond donc à un besoin de santé et d’hygiène pour le musulman en même temps que, dans le dogme, il est censé justifier la foi et rapprocher le croyant musulman de Dieu, et donc du paradis.

Cependant, le monde musulman n’est pas le premier à s’inventer ce principe puisque celui-ci a existé dans bien d’autres religions avant lui comme le judaïsme et le christianisme, antérieurs à l’islam de plusieurs siècles. Les juifs semblent avoir été les premiers, en tant qu’adeptes d’une religion monothéiste, à admettre le jeûne comme pilier fondateur de leur religion, suivis en cela par les chrétiens, puis par les musulmans en dernier ressort.

Ce pilier n’a donc rien de nouveau en religion puisqu’on le retrouve dans presque toutes les religions monothéistes et même curieusement dans l’animisme à l’occasion des grandes fêtes initiatiques lorsqu’il faut s’abstenir de s’alimenter abondamment avant l’ouverture de la cérémonie.

Le mérite de l’islam fut d’être parvenu à le codifier et d’en préciser les conditions qui indiquent clairement qu’il ne faut pas le faire n’importe comment, lorsque les moyens économiques font défaut. Il est clairement énoncé aussi qu’en sont exempts les gens malades ainsi que les adolescents et certaines catégories de voyageurs. Parce qu’au-delà du dogme, il y a l’aspect économique qui est particulièrement important dans cette affaire et c’est pourquoi ce mois est l’un des plus chers chez nous et même dans tout le monde musulman. Pourtant, dans le principe, ce mois est voulu, comme celui de la solidarité entre musulmans, de la piété et même du pardon, mais, dans la réalité, il s’agit de bien d’autre chose que de cela.

Ainsi, au lieu que, durant ce mois, les denrées alimentaires de première nécessité soient mises à la portée de tous les chefs de famille pour leur permettre d’accomplir ce rite dans de bonnes conditions, ce moment est choisi par d’autres pour s’enrichir, quitte à affamer des nécessiteux. Des commerçants et des hommes d’affaires attendent fermement cette période, qui chez nous coïncide ces dernières années avec la soudure, pour réaliser de bonnes et grosses affaires.

Depuis quelques années, pratiquement depuis 1992, à la faveur de la libéralisation de l’économie et des échanges, les commerçants sont devenus des rois dans les marchés et sur les foires où ils font ce qu’ils veulent, pratiquant les prix de leurs choix sans se soucier du pouvoir d’achat des consommateurs.

Depuis plus d’une décennie, à l’approche des mois de Ramadan, les prix des denrées de première nécessité prennent l’ascenseur (sans raison valable) et le gouvernement, à chaque fois, se montre incapable de maîtriser la situation en fixant les limites à ne pas franchir aux commerçants qui oublient volontiers le caractère sacré de ce mois pour se lancer dans la recherche effrénée du profit.

Sachant fort bien que les populations ont un grand besoin de consommation durant ce mois et qu’elles sont condamnées à visiter leurs boutiques et leurs étals, ils font monter les prix comme ils veulent, sans peur de quelque contrôle que ce soit. D’un marché à un autre, d’une ville à une autre et même d’une région à une autre, l’écart entre les prix des denrées de première nécessité est si effarant qu’on se demande si on est dans le même pays.

L’autre clou du mois de Ramadan est la grande ferveur religieuse étalée un peu partout, souvent de façon incontrôlée. Elle déborde souvent et fait que dans beaucoup de familles, surtout à Bamako et dans les grandes villes de l’intérieur, on ne prépare pas à manger à midi sauf pour les tout-petits et les malades. Tous les adultes, qu’ils soient à jeun ou non, sont soumis à la diète parce que le chef de famille a décidé qu’il n’y aura pas de cuisine à midi.

En conséquence, beaucoup de gens observent le carême non pas pour des raisons religieuses mais simplement parce qu’ils n’ont pas le choix, la pression sociale aidant. Et ce mois, au lieu d’être celui de la tolérance comme c’est inscrit dans son principe, devient pour beaucoup, celui de l’intolérance et des cauchemars. Ce n’est pas tout puisque l’incivisme revient à la charge au même moment.

Aux heures de prière, alors que des espaces sont réservés pour cela, les fidèles musulmans envahissent les rues, les boulevards et les trottoirs, bloquant ainsi la circulation routière à certains endroits, sans que les forces de l’ordre puissent faire quelque chose. Dans presque toutes les grandes villes, de ce pays où les non musulmans sont estimés à environ 20 % de la population, la ferveur religieuse devient telle qu’on oublie (autorités politiques et populations) que le Mali est un Etat laïc et que la Constitution reconnaît le multiconfessionalisme, donc la part et les droits des non musulmans dont on ne doit pas faire comme s’ils n’existaient pas.

Facoh Donki Diarra

[haut]

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org