Les Echos du 21 août 2009
MOHAMED DICKO PDT DU HCIM FACE A LA PRESSE
« Le Code est une injure faite à nos devanciers »
Les membres du bureau du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) étaient jeudi face à la presse pour faire part de leur désaccord avec les autorités sur le nouveau Code des personnes et de la famille adopté par l’Assemblée. « Nous ne nous reconnaissons pas dans ce Code, c’est une injure faite à nos aïeux » a tranché le président .
Le Code des personnes et de la famille adopté le 3 août 2009 par l’Assemblée nationale n’en finit pas de soulever des vagues dans des milieux religieux, notamment au Haut conseil islamique du Mali. Après une marche et un meeting pour afficher sa désapprobation du nouveau Code des personnes et de la famille, Mohamed Dicko et les autres membres du bureau étaient face à la presse nationale hier au Centre islamique de Hamdallaye pour exposer les points sur lesquels le HCIM estime que « le Code jure avec nos valeurs religieuses et sociétales ».
A en croire le HCIM, ces points sont nombreux. Il s’agit, entre autres, de la qualification du mariage « en acte laïc ». Pour le HCIM, cela veut dire que tout acte de mariage célébré en dehors d’une religion ne relève pas de la loi. Ce qui est inadmissible dans un pays à 100 % croyants.
Le seconde pomme de discorde concerne l’adoption/filiation. Selon la lecture du HCIM, l’adoption/filiation telle que le veut le Code donne une possibilité même à « n’importe qui » voire à des étrangers de venir au Mali pour prendre des enfants maliens en adoption. « Or, nous savons qu’il y a des groupes d’homosexuels qui se battent dans des pays pour faire adopter des enfants ». « Tel que le Code le prévoit, nous ne sommes loin d’une traite négrière dont l’aspect social est condamnable ».
Une seconde lecture
Le troisième désaccord est le droit des enfants nés or mariage qui auront, selon le nouveau Code, dit le HCIM, le même droit que les enfants dits légitimes c’est-à-dire, ceux qui sont nés dans un mariage scellé à la mairie. Sur ce point, le HCIM estime que, dans ce cas, le mariage en tant que tel n’a plus de valeur sociale. « Tel que prescrit par le nouveau Code, il s’agit d’un bouleversement de mœurs dont nul ne peut présager l’issue ».
Le HCIM s’insurge également contre le droit d’occupation de l’épouse de l’immeuble où elle réside au moment du décès de son mari. Tout comme la légitimation de l’enfant naturel, le consentement dans le mariage de la jeune fille, l’impossibilité de reconnaître le mariage religieux. « C’est une injure faite à nos aïeuls et grands parents et au peuple malien », croit-on au HCIM.
Aux dires de M. Dicko, le HCIM n’a pas encore pu rencontrer ni le Premier ministre, ni le président de la République bien que ce dernier aurait promis de les rencontrer avant son voyage. En revanche une rencontre a eu lieu avec le chef de cabinet du président de la République. Parlant de cet entretien, M. Dicko a affirmé que le C-CAB du président lui a transmis un message de remerciement du président pour avoir organisé une marche qui n’a pas dégénéré.
Le seul vœu du HCIM demeure le renvoi du Code à l’AN pour une seconde lecture a souligné le président du HCIM qui ajoute que les manifestations vont se poursuivre dans tout le Mali. Samedi un meeting est prévu au stade du 26-Mars à 9 h et dimanche à Kati. « Notre objectif n’est pas de déstabiliser le régime », se défend le HCIM, qui souligne avoir toujours œuvré pour la paix et la stabilité dans le pays.
Denis Koné
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PMU-MALI
Le mot d’ordre de grève illimitée levé
Grâce à l’implication de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et face à la volonté des parties (syndicat et direction) à trouver une solution définitive aux préoccupations des travailleurs de PMU-Mali, la grève illimitée déclenchée lundi 17 août par le comité syndical des permanents du PMU a été levé au grand bonheur des parieurs.
Tout est bien qui finit bien. Le Syndicat des travailleurs permanents du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), après une médiation de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), auquel il est affilié, a levé son mot d’ordre de grève illimitée jeudi 19 août en début de soirée.
La rencontre tripartite entre l’UNTM, dirigée par son secrétaire général adjoint Tibou Telly, le PDG du PMU-Mali, Idrissa Haïdara, et les représentants des 3 comités syndicaux (comité syndical des permanents du PMU-Mali, syndicat des agents de traitements et celui des revendeurs de tickets) a discuté les points de revendications à l’origine de la grève illimitée.
A l’issue de la réunion, il a été convenu que la direction du PMU-Mali présente à l’UNTM une feuille de route de l’exécution des points de revendications dès ce vendredi. Et du coup, l’UNTM a instruit aux syndicats de reprendre le travail (hier).
Le comité syndical des travailleurs permanents du PMU-Mali exige de leur direction 5 points de doléances. Il s’agit de l’exécution sans délai des deux procès-verbaux de conciliation, le respect des clauses de l’accord d’établissement, notamment son article consacré au recrutement du personnel et la formation.
Les travailleurs du PMU exigent également la délivrance d’une copie de la résolution sur l’externalisation des agents de traitement et autres vacataires, le retrait d’aptitude conseil des locaux du PMU-Mali…
Ce qu’il faut dire, c’est que la cessation de travail, qui a duré 48 h, a causé des pertes économiques importantes pour le PMU. Pour les deux courses annulées (mardi et jeudi), le Pari mutuel urbain a perdu quelque 340 millions de F CFA.
Selon le PDG, chaque course rapporte près de 170 millions F CFA. Le jeu reprendra ses droits ce samedi au grand bonheur des turfistes.
Amadou Sidibé
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ALMANSOUR AG MAHMOUD, CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE DE 2012
La page verte de Koulouba
Un mandat de 5 ans est trop court pour laisser un héritage lisible à la patrie et un règne de 10 ans est trop long face aux faiblesses de la démocratie africaine et expose nos pays à la rechute de la dictature.
Mon amour pour mon pays le Mali et pour l’Afrique tout entière m’impose une réflexion sur les normes du mandat présidentiel. Un président a beau être droit et juste mais n’empêchera pas au phénomène de son entourage de faire éclore l’art de la corruption.
La corruption n’a besoin que d’un temps de latence pour s’emparer du pouvoir ici et partout ailleurs dans le monde. Un mandat de cinq ans est trop court pour laisser un héritage lisible à la patrie et un règne de dix ans est trop long face aux faiblesses de la démocratie africaine et expose nos pays à la rechute de la dictature.
Le mandat de cinq ans est suffisant pour le président d’une superpuissance bénéficiant des avantages de la logistique mais pas pour un Africain confronté à des problèmes de pauvreté. En tenant compte de la modestie de nos moyens et du niveau de vie des citoyens face au coût des élections et de la campagne, je pense qu’un mandat de 7 ans non renouvelable ouvrira la grande porte de la démocratie africaine et permettra pleinement à un dirigeant de bonne foi de mettre ses idées en application.
A la lumière de Modibo Kéita qui pense que : « La force d’une société réside dans sa force morale et dès que le moral est entamé, elle ne fera que se dégrader », on peut constater que le recul de la démocratie malienne ne fait guère de doute, en considérant les suicides des enfants dès leur bas âge par manque d’affection, selon leurs ultimes témoignages, dans un pays à l’origine dominé par le social.
Notre expérience en matière de votes nous a permis de constater également qu’un candidat à sa propre succession est toujours le gagnant, ce qui fait penser à la fraude. Par contre, on ne peut pas craindre la fraude quand un dirigeant n’est pas candidat à sa propre succession. La page verte de Koulouba est donc un chemin vers l’éradication de la fraude et l’abolition de la corruption.
L’histoire est une source incontournable pour la conception de l’avenir d’une nation. La nôtre est chargée de symboles. Elle rapporte par exemple que Sonni Ali Ber a assiégé la ville de Djenné pendant sept ans, sept mois et sept jours.
Ce guerrier considéré comme étant un tyran impitoyable, n’est pas à l’abri d’un ordre ancestral, taxé de bon sens. Cette valeur septennale est le regard retrouvé du berceau de l’humanité, au point de convergence entre tradition et modernisme.
L'enfance pénible de Soundjata Kéita qui a duré sept ans est éblouissante grâce à son ancrage culturel, par-delà son règne qui a duré toute une vie et reflète aux nouvelles générations, cette voie de salut qui n’est ni orientale, ni occidentale, mais digne de l’Afrique.
Le schisme du Code des personnes et de la famille expose notre pays à la tentation des referendums dont la prolifération est dangereuse pour la stabilité de la Constitution nationale. Le bouclier de la page verte de Koulouba est le chemin lent mais sûr des Etats-Unis d’Afrique : le rêve africain est la lumière du village planétaire.
Almansour Ag Mahmoud
Acceuil