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2009

Mois d'août

Les Echos du 19 août 2009

 

CODE DE LA FAMILLE

Un cocktail explosif

Le manque de communication et de sensibilisation autour du code en fait aujourd’hui une bombe sociale.

Jamais l’adoption d’un projet de code n’a suscité autant de débats, de passion que celle du Code des personnes et de la famille. Le Haut conseil islamique, la faîtière des associations musulmanes de notre pays y a toujours été opposé.

« Trahison » , « sabotage de la religion musulmane », « manquements à nos valeurs » ont été des mots utilisés par les associations religieuses réunies en meeting à la Grande mosquée de Bamako, le dimanche 9 août, pour manifester leur mécontentement. Les musulmans qui désapprouvent des articles du nouveau code pensent être menés en bateau par les pouvoirs publics. Ils ont marché le samedi 15 août dernier à l’appel d’un conseil des associations musulmanes.

Le nouveau Code en tant que tel n’est pas un mauvais texte. Mais c’est l’aspect communication qui a manqué le plus sur les points qui fâchent les musulmans. Les articles incriminés ont pour noms : « l’intervention de la femme dans les charges du ménage », « la non-reconnaissance du mariage célébré à la mosquée faisant croire aux musulmans que l’Etat encourage l’homosexualité et la débauche sexuelle », « l’entrée de l’enfant né hors mariage dans l’héritage », « le respect mutuel entre époux dans le ménage ».

A priori, l’adoption du Code par les députés, n’était pas à l’ordre du jour de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Eu égard à son caractère jugé très sensible, il était juste prévu que les élus prennent largement connaissance du contenu du document, d’en faire une large diffusion auprès de leurs populations au cours de l’intersession. Son enrôlement et adoption devaient intervenir plus tard.

L’opinion publique est en proie à la désinformation. Des gens qui n’ont jamais lu le Code soit par ignorance ou par mépris s’adonnent à des interprétations fantaisistes. Le rôle du gouvernement, l’initiateur du projet de loi était de s’emparer des médias publics et privés pour faire une large explication du Code par les érudits du Coran et les professionnels du droit privé.

Tous ces troubles pouvaient être évités si le gouvernement avait tenu ses engagements pris devant les élus de donner du temps au temps pour la sensibilisation et la discussion sur les articles qui fâchent. La marche du samedi 15 août des mêmes associations musulmanes qui avaient lancé un ultimatum au pouvoir de ne pas promulguer ce Code avant de le « nettoyer » de ses articles qu’elles jugent anormaux en dit long sur le sentiment de mécontentement.

Mais subitement, ce Code élaboré depuis 2000, mais qui a été gardé dans le tiroir par les gouvernements successifs de la IIIe République et par les différentes mandatures de l’Assemblée nationale a surgi dans l’hémicycle. Le bureau de l’Assemblée l’a programmé à l’ordre du jour de sa session extraordinaire et l’a adopté à la majorité des élus présents comme s’ils étaient en mission commandée ou s’il y avait urgence à parer au plus pressé.

Pressions, hypocrisies

L’histoire retiendra que les députés qui étaient les plus farouchement opposés et qui faisaient semblant d’être des défenseurs de la religion musulmane ont été les premiers à se ramollir. Me Mountaga Tall, député élu à Ségou, défenseur ardent de la légalisation du mariage célébré selon le rite musulman, mais dont la préoccupation n’a pas été acceptée, a voté des deux mains puisqu’il représentait une procuration.

Bajan Ag Hamatou, le député de Ménaka, qui voulait certainement être tranquille avec sa conscience et gagner la confiance de ses électeurs, a déclaré qu’il a voté le Code mais qu’il va demander pardon à Dieu. Mamadou Awa Gassama Diaby, élu à Yélimané, qui a failli porter la main sur la présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Mme Camara Saoudatou Dembélé, au moment des travaux en commission, l’a aussi voté et a même déclaré que « c’est le meilleur code que le Mali a élaboré ». Ces différents cas illustrent parfaitement le degré de la pression exercée sur les députés pour qu’on assiste à des retournements de veste à la limite de l’hypocrisie.

Des ministres ont été commis à la tâche pour exercer des pressions sur les députés de leur parti afin que le Code passe comme lettre à la poste. L’argument avancé pour convaincre est que l’adoption du fameux Code va faire que le Mali sera au centre de l’intérêt des bailleurs de fonds, qui n’entendent que sa promulgation pour classer notre pays parmi les défenseurs des droits de la femme.

Une motivation profonde pour eux de convaincre davantage leurs contribuables à libérer beaucoup de fonds pour aider notre pays. Des députés n’ont pas manqué de confesser à certains de leurs camarades que « le Mali aura une pluie de milliards des bailleurs de fonds dans les prochains mois et que même l’aide pour le développement du Nord est conditionnée à l’adoption de ce Code ».

L’Adéma, censé être le parti majoritaire, doit énormément faire attention en ne s’immisçant pas dans des combats d’arrière-garde.

Abdrahamane Dicko

 

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GROGNE AU PMU-MALI

Les travailleurs en grève illimitée

Les travailleurs du Pari mutuel urbain (PMU-Mali) et leur PDG, Idrissa Haïdara sont à couteaux tirés. A la suite d’une cessation de travail, suivie d’une assemblée générale, les travailleurs ont décrété une grève illimitée jusqu’à la satisfaction des doléances sur la table de la direction depuis bientôt un an.

Face au comportement jugé « méprisable » du PDG du PMU-Mali, les travailleurs ont manifesté hier leur ras-le-bol en arrêtant le travail. Ce mouvement de contestation était visible à la direction générale.

Travailleurs permanents, revendeurs de tickets, agents de traitements se sont retrouvés autour du secrétaire général du comité syndical des permanents du PMU-Mali, Amadou Oumar Diaw, membre du bureau exécutif national de l’UNTM, et de ses proches collaborateurs pour un meeting. Ils ont évoqué les raisons du débrayage.

La violation, par le PDG, des textes qui régissent le PMU-Mali est le principal point de discorde. Mais le syndicat exige l’exécution sans délai des deux procès-verbaux de conciliation, le respect des clauses de l’accord d’établissement, notamment son article consacré au recrutement du personnel et la formation.

Les 1310 travailleurs du PMU exigent également la délivrance d’une copie de la résolution sur l’externalisation des agents de traitement et autres vacataires, le retrait d’aptitude conseil des locaux du PMU-Mali. La régularisation de la situation des autres chefs d’antenne et bureau, suite au recrutement d’un chef de bureau à la catégorie B « alors que les chefs d’agence sont à la catégorie C ». Les travailleurs surexcités scandaient « Sauvegardons nos emplois », A bas l’opportunisme ! »

Le PMU, une vache laitière pour le PDG

A en croire le SG du syndicat, les revendications perdurent depuis décembre 2008. « Après plusieurs rencontres qui avaient abouti à la suspension du mot d’ordre de préavis de grève, le PDG, Haïdara, joue au dilatoire sans proposer de solutions ». Désormais dos au mur, selon le syndicat, le PDG dans une correspondance en date du 15 août dernier, disait vouloir analyser les 5 points de doléances.

Certains travailleurs ont demandé la démission du PDG, arguant qu’il n’en fait qu’à sa tête. Ce qui a été confirmé par le SG, M. Diaw, qui a précisé que « M. Haïdara a dit qu’il fait ce qu’il veut tant qu’il a la bénédiction des plus hautes autorités ».

Pour Mme Traoré Dialla Konadji, secrétaire aux revendications du syndicat des travailleurs permanents, « il s’agit de sauver le PMU-Mali de certaines pratiques qui sont en train de mettre à genou l’institution et aussi sauvegarder les emplois ». Ils ont décidé d’aller en grève illimitée jusqu’à satisfaction des procès verbaux de conciliation

Le millier de travailleurs s’est ensuite dirigé vers la Bourse du travail pour y rencontrer le secrétaire général de l’UNTM. Siaka Diakité, qui a réitéré le soutien de sa structure. « L’UNTM prendra l’affaire en main ». Et de dire que le travail ne reprendra qu’à la satisfaction des doléances. Il les a assurés de prendre langue avec le ministre de l’Economie et des Finances.

La protestation intervient au moment où la direction du PMU-Mali se trouve dans un scandale d’escroquerie de la part d’un revendeur de ticket.

Amadou Sidibé

 

Paris annulés

Le mouvement de contestation des travailleurs du PMU-Mali, composé de 110 agents permanents, 700 revendeurs de tickets, 500 agents de traitements, qui s’est transformé en grève illimitée, n’est pas sans conséquence.

Les parieurs de la course du mardi 18 août seront remboursés. Les revendeurs de tickets n’ayant pas déposé les souches vendues à la direction du PMU. Au moment du déroulement de la course, le SG et son staff étaient en meeting dans la cour du PMU. Impuissants, le PDG et quelques membres de l’administration les observaient du haut des bâtiments.

A. S.

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« UNE MATINEE A »…

Au CHU Gabriel Touré de Bamako

Ceux qui se plaignent de la mauvaise organisation de l’hôpital seraient-ils victimes de leur empressement à venir dans ce lieu ? On a du mal à y croire entièrement d’autant que cette structure manque de moyens et de matériels.

Il fait chaud en ce début de journée, l’hôpital Gabriel Touré dont l’accès est limité accueille ses innombrables patients ou visiteurs qui attendent avant de montrer « pattes blanches » pour entrer dans ce lieu.

La mortalité infantile est une priorité du gouvernement du Mali. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’un discours ou un spot publicitaire sur la santé ou la préservation de l’enfance ne passe sur la radio et la télévision.

L’enfant, une priorité donc, pourtant des cris de peur et de douleurs font échos dans le hall du service de pédiatrie du CHU Gabriel Touré, ce qui fait froid dans le dos. Il n’y a rien de pire qu’un enfant qui pleure sans que personne ne mette un terme à ses souffrances. Bien entendu, de nets progrès ont été faits dans ce domaine, la mortalité infantile est passée de 119,2 morts pour 1000 enfants en 2003 à 103,83 pour 1000 enfants en 2008. Les progrès sont à poursuivre et les dérives à bannir.

Un enfant se fait ausculter dans la salle « major pédiatrie I » (contiguë à la salle d’attente) à laquelle tout le monde à étonnamment accès - la porte est grande ouverte -.

L’enfant est certes entouré de plusieurs membres du personnel de santé, mais les mesures d’hygiènes fondamentales ne sont pas prises en compte : aucun d’entre eux n’a de gants. Le rythme de certains médecins est soutenu, ils enchaînent les visites et sont consciencieux dans leur travail. Malgré tout, l’atmosphère générale est oisive, d’autres médecins et infirmiers déambulent dans les couloirs, discutent, tandis que les mères d’enfants malades s’impatientent.

Certaines sont là depuis plus d’une heure sans avoir été pris en charge. Le va-et-vient du personnel continu. Une femme en boubou noir et jaune tenant un bébé minuscule tente de s’informer auprès des infirmières de garde qui lui demandent d’aller se rasseoir et de continuer de patienter.

« L’hôpital ne peut pas répondre à la demande de tous les patients »

Le service de pédiatrie est l’un des plus fréquenté de l’hôpital, il accueille entre 200 et 250 enfants par jour pour un personnel de soin de cinquante-trois personnes toutes catégories confondues, douze médecins et trois agents de surface.

Les consultations sont la plupart du temps sans rendez-vous, bien évidemment, il y en a quelques-uns. Néanmoins, le service fonctionne comme un grand dispensaire où le matériel consommable est fourni par l’hôpital, les médicaments achetés généralement par les parents eux-mêmes sauf pour les cancéreux ou les patients atteints du VIH. Le temps d’attentes des familles dépend de l’affluence, tandis que les médecins consacrent entre 15 et 20 minutes par enfants malades selon un membre du personnel.

La plupart du temps, les personnes viennent directement à l’hôpital lorsqu’elles sont malades alors que le système de santé est régi par trois niveau d’accueil, les CSCOM (Centre de santé communautaire), le CSREF (Centre de santé de référence) et l’hôpital, dernier niveau d’accueil qui « devrait s’occuper uniquement des maladies spécifiques, c’est un lieu spécialisé, c’est pourquoi il ne peut pas répondre à la demande de tous les patients », selon M. Sidibé travaillant à l’unité de prise en charge des patients VIH.

M. Amadou qui est d’abord passé par un centre communautaire avant d’être redirigé à l’hôpital pour les soucis de santé de sa fille va dans ce sens : « Je suis satisfait du travail des médecins, franchement c’est bien, l’accueil et les visites sont bien organisés ».

Ceux qui se plaignent de la mauvaise organisation de l’hôpital seraient-ils victimes de leur empressement à venir dans ce lieu ? On a du mal à y croire entièrement d’autant que cette structure manque de moyens et de matériels.

Pour M. Fofana, « l’administration ne pose pas de problème ; c’est plutôt au plus bas niveau qu’on remarque que certaines personnes ne veulent pas recevoir d’ordres (quelques anciens ne répondent pas aux internes) il y a un complexe. Quand on voit que c’est un fils qui donne des ordres, ça ne passe pas ».

Dans notre pays, l’autorité du médecin est très peu respectée, sa profession et sa situation économique sont dévalorisées comparées à d’autres pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal. L’amélioration du système de santé passe donc peut être par la revalorisation du statut du médecin, des infirmiers et de tout autres personnels de santé.

Kaourou Magassa

(stagiaire)

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OULD YOUBA, DIRECTEUR DU CNEC :

« Les résultats du bac sont définitifs »

Comparés à ceux de la sous-région, le taux de réussite au baccalauréat (34,89 %), cette année, n’est pas catastrophique, estiment les autorités scolaires. Assurant que l’heure est au traitement des nombreuses réclamations, le directeur du Centre national des examens et des concours (Cnec) affirment pourtant que les résultats sont bel et bien définitifs.

Avec un taux de réussite de 34,89 %, les résultats de la session de juin 2009 du baccalauréat sont jugés catastrophiques par de nombreux Maliens. Et pourtant les autorités scolaires estiment qu’ils sont satisfaisants dans la mesure où, disent-elles, un tiers des candidats ont été déclarés admis.

Sahaloum Ould Youba, directeur du Centre national des examens et concours (Cnec) soutient que les résultats du baccalauréat de cette année sont bons, car, dit-il, certains de nos voisins n’ont pas atteint la barre des 20 %. Le directeur du Cnec se sent obligé de faire cette comparaison au motif que de plus en plus les analyses mettent en cause le niveau des produits issus de l’école malienne.

« On dit généralement que le niveau de nos élèves est faible, ce qui reste à vérifier. Cette assertion est faite sur la base d’une comparaison avec nos voisins de la sous-région » , explique M. Ould Youba. Et de soutenir que les résultats d’un examen ne peuvent pas être linéaires et croissants de façon permanente. « Il y a forcément des pic et des chutes », admet-il.

Contrairement à l’année dernière où le taux de réussite a atteint les 50 %, le Cnec fait face présentement à beaucoup de réclamations. Une situation qui semble logique aux yeux du premier responsable du Cnec vu que les textes l’autorisent et que les autorités scolaires sont tenues de les traiter. Cependant, il précise que les résultats sont bel et bien définitifs.

Sur le repêchage, Sahaloum O. Youba se contente de rappeler que la délibération est confidentielle. « Tous ceux qui ont réussi ne sont ni plus ni moins que des bacheliers », tranche-t-il.

Cette année, au Cnec on apprend que la grande innovation a été la publication des résultats du baccalauréat en ligne. Le temps de l’affichage des résultats au niveau des établissements secondaires est désormais révolu. Les candidats sont tenus donc de consulter l’Internet pour connaître leurs résultats. Toutes choses qui ont engendré une ruée sur les cybercafés le 10 août dernier, date de publication de résultats.

En plus des réclamations, le Cnec traite aussi les dossiers des bacheliers qui ont obtenu les mentions assez bien et très biens, éligibles aux bourses d’études à l’étranger.

Amadou Waïgalo

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PARIS-BAMAKO

Retour sur un voyage aux sources

Le contact est agréable et la vie paisible. On va donc surnommer cette ville pour ces premiers jours, Bamako la chaleureuse.

Il est 20 heures 30, heure locale, en ce mardi 11 août 2009, à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle à Paris. C’est l’heure de l’embarquement, les passagers sont détendus, la plupart ont pris quelques jours de congés pour retourner au « bled ».

Des familles entières se présentent aux différents postes de contrôle, les femmes tenant leurs enfants par la main, les hommes chargés des bagages à mains, certains voyagent seuls, il y a également quelques Blancs qu’on suppose être des touristes qui vont découvrir le Mali.

Chose surprenante, que l’on remarque très vite, c’est l’habillement des personnes, nous voyons des hommes en boubou ou en costard, des femmes parfumées et maquillées. La majorité arbore sa tenue d’apparat. Le retour au pays serait-t-il une fête ? Ceci semble être le cas.

Mais cela n’empêche pas les incivilités, on se bouscule pour entrer dans l’avion, une femme, surprise, interpelle un membre du personnel de l’avionneur ; « ce n’est pas censé être les femmes et les enfants d’abord ? » L’hôtesse de l’air lui répond avec franchise que sur ce genre de vol « tout le monde est pressé de rentrer, c’est pour ça qu’on se pousse ».

« Bienvenue vous êtes arrivé à Bamako »

Les six heures de vol se passent sans encombre, aucune turbulence, donc aucune frayeur, rien à voir avec les vols Rio-Paris et Sanaa-N’Djamena qui se sont tous deux échoués en pleine mer il y a peu et ont fait à eux deux plus de 300 morts. Comme à l’embarquement, une bousculade se produit à la descente de l’avion. Il est 1 h 20 du matin TU à Bamako, les vacanciers sont fatigués et veulent rentrer à l’hôtel ou chez eux. On attend notre tour dans la file de vérification de la douane.

Une grande peur s’installe en moi au moment où un policier malien crie mon nom et mon prénom, il vérifie uniquement mon passeport et me laisse entrer sur le territoire de la République du Mali sans d’autres vérifications en m’ayant fait passer devant tout le monde. Je le questionne sur le pourquoi de cette manœuvre, il me répond « je connais la personne qui vient te chercher, Bienvenue à Bamako ! »

Sans rien dire, j’avance sans broncher pour partir à la recherche de mes bagages tout en pensant que la vraie question que j’aurais dû lui poser est « combien t’a donné la personne qui vient me chercher ». J’ai profité du laxisme de la douane à mes dépens au vu et au su des autres passagers sans que quelqu’un dise un mot.

« Alors le Parisien comment ça va ? »

Le lendemain, Bamako s’ouvre à moi, il fait chaud, je suis fatigué, mais je découvre pour la première fois cette ville et ce pays magnifique sous le soleil, rien à voir avec la grisaille et la monotonie parisiennes. Contrairement à la capitale française, il y a un contraste dans tout, les plateaux côtoient les plaines, les routes goudronnées, les sentiers en terre battue, les maisons en taule, les grandes villas, etc.

Ici, les gens sont chaleureux, prennent plaisir à discuter, pour preuve pour dire bonjour cela prend en général un peu plus d’une minute. « Bonjour, alors le Parisien, comment ça va ? Et ton père ? Et ta mère ? Et tes frères et sœurs ? Et le travail comment ça se passe ?... ». Alors que « là-bas », on se contente d’une simple poignée de main accompagnée d’un « bonjour » et puis chacun s’en va à ses occupations. Le contact est agréable et la vie paisible. On va donc surnommer cette ville pour les deux premiers jours, Bamako la chaleureuse.

Kaourou Magassa

(stagiaire)

 

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OUSMANE TANDIA, AMBASSADEUR DU MALI EN LIBYE

« Nous sommes incompris par des Maliens de Libye »

De nombreux ressortissants des pays d’Afrique, dont des Maliens arrivés en Libye rencontrent des difficultés liées à leur séjour irrégulier. Selon S. E. Ousmane Tandia, ambassadeur du Mali en Libye, que nous avons approché après le match de classement Mali-RCA, des efforts diplomatiques sont consentis pour les sortir de là. Il conseille aux uns et aux autres à faire preuve de retenue en attendant qu’une solution durable soit trouvée. Entretien.

Les Echos : Excellence, comment se portent les Maliens vivant en Libye ?

Ousmane Tandia : Ils vivent dans un pays comme beaucoup d’autres en ce qui concerne les problèmes d’immigration. Autrement dit, l’immigration ne concerne pas seulement la Libye, mais le monde entier. Partout où se trouvent des Maliens, il va falloir qu’on cherche avec nos partenaires la meilleure approche pour gérer ce problème, qui n’est pas seulement malien. Il faudrait, qu’ensemble, autour d’une table, on trouve les voies et moyens pour sortir de cette impasse. Sinon, si ce problème n’est pas géré, il peut créer des frustrations de part et d’autre. C’est ce qu’il faut éviter entre amis.

Les Echos : Et comment se présente la situation spécifique des Maliens qui relèvent de votre juridiction ?

O. T. : Il y en a qui sont en prison. Mais il faut reconnaître une chose : c’est que l’ambassade se trouve dans des positions parfois délicates, en ce sens que quand on prend un groupe de 100 personnes, vous avez la moitié sinon plus qui veut rester, qui ne veut pas de la moindre intervention parce qu’en intervenant, c’est pour les rapatrier. Nous sommes souvent incompris par cette catégorie de personnes.

L’autre moitié dit qu’on ne fait rien pour elle parce qu’elle veut rentrer au pays. Mais cela ne dépend pas de notre seule volonté. On est dans un pays souverain. Il nous a dit que si on vous prend en situation irrégulière, on vous refoule. Mais il faut reconnaître que ces derniers temps le partenaire libyen a fait un effort. Il a accepté que nos compatriotes qui travaillent sous contrat avec des Libyens, s’ils se présentent avec leurs employeurs, seront régularisés avec l’octroi d’un séjour d’un an renouvelable.

On en est à ce stade. Et tous les compatriotes qui sont venus nous voir pour la délivrance des pièces ou autre facilitation ont été satisfaits. L’ambassade a pris le soin de faire déplacer l’agent comptable jusqu’à Bamako avec plus de 200 passeports pour les faire établir aux noms des demandeurs dans les meilleurs délais. C’est le lieu pour moi de remercier les autorités des deux pays qui ont abouti à ce terrain d’entente.

Les Echos : Et ceux qui sont toujours en prison ?

O.T. : Ceux qui sont en détention pensent que l’ambassade ne fait rien pour eux. L’ambassade est la première qui doit respecter les lois du pays d’accréditation. Elle doit dire à ses ressortissants de faire de même ; à savoir : qu’ils doivent respecter les lois ou autres décisions du pays d’accueil. C’est après cela qu’on peut voir les arrangements à faire au mieux des intérêts communs.

Les Echos : Nous avons appris que le chef de l’Etat sera bientôt à Tripoli. Quel est, selon vous, l’objet de cette visite ?

O.T. : J’ai effectivement reçu la liste de la délégation conduite par le président de la République pour une visite en Libye. J’estime que c’est dans le cadre du renforcement des relations entre les deux pays surtout à l’approche des grandes concertations comme le sommet africain sur la situation des conflits en Afrique et la situation sécuritaire. Comme vous le savez, notre pays souffre beaucoup dans sa partie septentrionale. Et chaque fois que l’occasion se présente de pouvoir rapprocher les uns et les autres pour trouver les voies et moyens pour parvenir à une solution définitive aux problèmes posés, et bien on s’engouffre dans la brèche.

Les Echos : Quelle analyse faites-vous du parcours des Aigles dans cette Can ou Afro-basket Libye 2009 ?

O. T. : Tout d’abord je remercie les uns et les autres d’avoir effectué le déplacement et pour le sacrifice consenti. J’avoue que l’équipe est à féliciter parce qu’elle était réellement à la hauteur du tournoi. Les différents matches que nous avons perdus, j’avoue personnellement en tant que profane qu’ils étaient à notre portée. Malheureusement, il nous a manqué une bonne application, une maîtrise de soi, un relâchement… C’est en gros le constat d’un non professionnel.

Propos recueillis, à Tripoli, par

Boubacar Diakité Sarr

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PROVINCE DU LIAONING (CHINE)

Un pôle industriel et agricole s’ouvre à la jeunesse africaine

Après la cérémonie d’ouverture du 3e Festival des jeunesses africaines et chinoise, le 14 août 2009 à Beijing, et après avoir visité des vestiges de la civilisation chinoise (Cité interdite, Grande muraille…), les jeunes Africains sont à l’intérieur de la Chine. C’est ainsi que le groupe francophone séjourne dans la province du Liaoning depuis le 16 août 2009. Occasion, pour eux de découvrir, un important pôle industriel et agricole témoignant du bond vertigineux effectué par l’Empire du milieu en 30 ans de politique d’ouverture.

La province du Liaoning fait partie du territoire du Nord-est de la Chine. Le fleuve Yalu la sépare de la République populaire démocratique de Corée. Elle est contiguë à la province du Jilin au nord-est, à la région autonome de Mongolie intérieure au nord-ouest et à la province du Hebei au sud-ouest. Elle est bordée par la mer de Bohai et la mer Jaune dans le Sud. Sa superficie totale ne n'élève qu'à 148 000 km2, soit 1,5 % seulement de la superficie totale de toute la Chine.

La province compte environ 42,21 millions d'habitants répartis en 43 minorités nationales dont Han, Man (mandchoue), Meng (ethnie mongole), Hui, Chaoxian (ethnie coréenne) et Xibo. Les Hans sont évidemment les plus nombreux. Avec près 8 millions d’habitants, Shenyang est la capitale de la région. Située à 150 kilomètres de la mer de Bohai vers l'intérieur (dans l'extrémité) nord-est de Chine, « Shenyang est plutôt un géant industriel qu'un paradis touristique ».

A l'époque des royaumes combattants (475 av. J.-C. à 221 av. J.-C.), l'actuel Liaoning fut la « Terre des Yan ». Au cours du règne de la dynastie des Han (206 av. J.-C.- 220 après J.-C.) et la période des Trois Royaumes (220-280 après J.-C.), le Liaoning appartenait à « Youzhou ». Lors des dynasties des Liao et des Jin, il a commencé à avoir un niveau administratif de « Dao » ou de « Lu » (ce qui correspond au niveau provincial actuel). Durant la dernière dynastie sur le sol chinois (les Qing, 1644-1911, après J.-C.), cette localité s'appelait la « province de Fengtian ». Finalement, l'appellation a changé en « province du Liaoning » en 1929.

 

Une province convoitée par les envahisseurs

Cependant, deux ans après, la province du Liaoning a subi l'agression de l'armée impérialiste japonaise contre la Chine et est devenue une colonie japonaise jusqu'en 1945. Après la fondation de la République populaire de Chine, la province du Liaoning a été divisée en deux (Liaodong et Liaoxi) qui ont fusionné en 1954 pour donner l'actuelle province du Liaoning avec pour chef-lieu Shenyang.

L'agriculture au Liaoning est favorisée par d'immenses terres arables fertiles. Les principales plantes sont le riz, le maïs, le sorgho, le millet, le soja, le blé, l'arachide, le tabac, le coton, la betterave et les légumes. De plus, les fruits (la pomme, la poire, la pêche et le raisin…) ne manquent pas sur cette terre. D'autre part, la pêche le long des côtes de cette province maritime produit en abondance des crevettes géantes et des holothuries (concombres de mer).

Capitale de la province du Liaoning, le district de Shenyang est une ville millénaire. Les premières traces d'élevage et de culture sur le site de la ville actuelle remontent à 5200 ans avant notre ère. Au XIIe siècle, par exemple, Shenyang était l’une des trois capitales de l’empire de la dynastie Jin. Ce qui fait que, en 1900, la Russie, profitant de la relative désorganisation du pays durant la révolte des boxers, s'empare de la ville. Et, en 1905, la ville est le théâtre de la victoire du Japon sur la Russie lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905). L'armée russe se retire de la ville. Le 8 août 1986, la première place boursière de Chine a vu le jour à Shenyang.

Hub entre la Chine et ses voisins

La localité est aujourd’hui le centre du trafic du Nord-est chinois et l’un des plus gros nœuds ferroviaires. A ce titre, elle constitue le passage obligé vers la Corée du Nord ou la Russie. Surtout que Shenyang dispose également d’un aéroport international moderne qui relie une soixantaine de villes chinoises à la Corée du Nord, au Japon, à la Russie, à la Thaïlande, les Etats-Unis, la France, l’Australie, Hong-Kong…

Ce district légendaire est réputé dans le monde industriel chinois. Les entreprises privées s’y sont rapidement développées. La capitale de la province du Liaoning est également une grande ville agricole avec près de 720 000 ha de terres arables.

Célèbre base de l’industrie sidérurgique de la Chine, Anshan reçoit les jeunes Africains depuis le 18 août 2009. Cette ville est située au centre de la province du Liaoning, à 89 km de Shenyang. Cette localité est très riche en ressources naturelles. Elle regorge plus de 35 mines, dont une réserve de fer estimée à 10 milliards de tonnes. Elle est aussi réputée pour son art culinaire qui permet de goûter non seulement les plats du Nord du pays, mais aussi des spécialités de Sichuan, Guangdong, Shandong.

Le périple des jeunes Africains francophones prendra fin par Dalian, qui comptait plus de 6 millions d’habitants en 2007. Ville industrielle, elle abrite le 3e port de Chine. Elle est aussi l’un des villes qui ont l’architecture la plus « occidentale » de l’Empire du milieu à cause de l’occupation russe et japonaise du Nord-est de la Chine.

C’est une région très prospère où les industriels coréens et japonais n’hésitent pas à investir. Ce qui fait d’elle un pôle industriel aux activités diversifiées dans les domaines de la métallurgie, constructions mécaniques et navales, fabrication des locomotives, industries pétrochimique et textile… Dalian est également connue pour son festival de la mode.

A Shenyang, Anshan et Dalian, le séjour des jeunes Africains francophones sera marqué par des visites dans les unités industrielles (assemblage de véhicules…), des zones agricoles du développement de haute technologie, de la route commerciale… avant de revenir à Beijing pour la cérémonie de clôture de ce 3e Festival des jeunesses africaines et chinoises prévue demain 20 août 2009. Une édition qui, visiblement, a hissé un pont dynamique entre la Chine et l’Afrique à travers leurs jeunesses.

Moussa Bolly

(depuis Shenyang)

 

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