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2009

Mois d'août

Les Echos du 04 août 2009

 

SENEGAL

Maliens de Dakar : une image ternie par la mendicité

Grâce à Malamine Koné, l’image ternie du Malien par la mendicité à Dakar (Sénégal) a trouvé le brillant d’un vernis qui donne envie d’être Malien même si dans les rues de Dakar, on peut croiser à chaque coin, un indigent guidé par une petite fille ou un petit garçon qu’il soit Malien ou non.

Le médecin Mamadou Danioko avait honte à chaque fois qu’il se trouvait en compagnie d’un ami ou d’un collègue de constater que la main qui se tendait à la vitre de son véhicule était celle d’un gamin malien.

« Je me rendais compte parce que dans les yeux de l’autre je lisais ‘‘encore un mendiant malien, il n’y a qu’eux pour faire ça à Dakar’’, une phrase qui résonne dans la tête tout le temps ».

Mais le médecin, qui officie dans le plus grand centre hospitalier du Sénégal, l’hôpital Dantec de Dakar, ne devait pas être aussi à l’aise de voir que ces jeunes enfants sont victimes d’accidents de la route, imprudents sur la voie publique, slalomant entre les voitures ou quand ils sont malades, puisqu’ils dorment au coin de la rue toute l’année qu’il pleuve ou qu’il vente.

Dr. Danioko approche les services de l’ambassade qui lui répondent que « c’est une situation qui relève de la société civile ». Alors, avec ses amis, il crée l’Association malienne pour la fraternité et l’action (Amfa) contacte l’Unicef qui prend en charge les cas sociaux et l’oriente vers l’Office des migrations internationales (OMI). A cet organisme onusien, l’Amfa demande de l’aider pour envoyer les jeunes enfants au pays. L’appui de l’OMI a été obtenu sur la base d’un retour volontaire.

Une étude est lancée avec le concours du ministère sénégalais chargé de la Famille, de la Femme et de l’Enfant pour identifier à l’occasion de rondes nocturnes les lieux de regroupement de la cohorte de gamins abandonnés eux-mêmes dans les rues des quartiers populaires de la ville comme Grand Yoff, Colobane ou Pikine.

« C’est là que nous avons découvert que plus de 90 % de ces enfants mendiants dans les rues de Dakar ont fui l’école coranique pour des raisons et d’autres et sont arrivés par train du Mali. La gare de Dakar étant presque impossible à violer à cause de sa conception (une seule entrée et sortie), ils ne pouvaient alors retourner même s’ils en avaient le désir et étaient ainsi pris au piège » , explique Dr. Danioko.

Le cœur sur la main

La seconde phase consistait à sensibiliser cette population pour la conscientiser au retour au pays. En un mois, de mars à avril 2006, 69 gosses sont ainsi rapatriés au Mali auprès de leur famille. Ils étaient pris en charge dans un centre de transit qui leur procurait des soins, les nourrissait, les habillait décemment afin qu’ils soient dans des conditions plus agréables avant leur retour par avion.

Malheureusement, cette opération est brutalement interrompue suite au vol de matériel dans le centre de formation où séjournaient les enfants. « Nous avons eu la détestable surprise de voir que les enfants ont cassé les vitres et volé la quasi-totalité du matériel de formation (machines à coudre, tissus et autres articles de mercerie) et même du matériel informatique de l’administration. Nous étions dépités », déclare, un trémolo dans la voix, ce grand médecin au grand cœur.

Il regardait ainsi tout ce matériel exposé dans la cour de l’ambassade du Mali à Dakar en ce jour de fête et de mobilisation pour accueillir Malamine Koné, un Malien au grand cœur qui n’a pas hésité un seul instant à l’appel de l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest. Cette association avait décidé de le distinguer lors de son grand rassemblement annuel pour tout ce qu’il fait sur le plan social un peu partout en Afrique en faveur des femmes, des enfants et des plus vulnérables.

Dr. Mamadou Danioko, confie qu’en ce jour il est fier d’être Malien, tout comme les 150 000 autres Maliens recensés dans la Commune de Dakar. « J’ai envie de crier à tous ceux qui me regardaient avec des yeux ronds, à chaque fois qu’un enfant mendiant s’approchait de nous pour demander une pièce pour la charité, que l’honneur du Malien est aujourd’hui lavé proprement. J’ajoute même volontiers que tous les dons faits ici au Sénégal par M. Koné sont la monnaie que nous Maliens nous rendons à la société ».

L’image ternie du Malien par la mendicité a trouvé en cette occasion de générosité immense le brillant d’un vernis qui donne envie d’être Malien même si dans les rues de Dakar, on peut croiser à chaque coin, un indigent guidé par une petite fille ou un petit garçon qu’il soit Malien ou non.

Oussouf Diagola

(envoyé spécial à Dakar)

 

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LES COMMERÇANTS DETAILLANTS EN SIT-IN DEMAIN

Yérénangoré assigne ses locataires en justice

Le dialogue de sourd continue entre Dionké Yernangoré et ses locataires des immeubles Peyrissac I, II, II, U-Negoce et l’ex-Jigissème pour l’augmentation de 50 à 200 % des baux. Dionké Yérénangoré a porté l’affaire devant le Tribunal de commerce. Avant de répondre à la justice, les commerçants font un sit-in demain.

Le lundi 3 août, les locataires des immeubles Peyrissac I, II, III, U-Negoce et l’ex-Jigissèmé appartenant à Dionké Yernangoré dit Babou Yara étaient en assemblée générale pour la quatrième fois à l’appel des différentes associations de commerçants détaillants à propos de la majoration des frais de location de 100 à 200 %.

Des magasins payés à 65 000 F CFA ont été augmentés à 200 000 F CFA, d’autres sont passés de 108 390 à 300 000 F CFA ou de 74 480 à 200 000 F CFA. Interrogé à l’époque, M. Yernangoré a répondu qu’il n’avait pas procédé à des réajustements de frais de location depuis plus de 10 ans.

Environ 800 personnes ont assisté tôt hier matin à la rencontre. Les représentants d’associations de commerçants détaillants d’autres marchés de Bamako étaient de la partie. L’assemblée générale avait pour but d’expliquer la tournure prise par les événements.

Les pourparlers avec le propriétaire des lieux visant à surseoir à l’augmentation des loyers se sont soldés par un échec. Dionké a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il a distribué, le lundi 28 juillet, par voie d’huissier des assignations au Tribunal du commerce de Bamako. Celui-ci doit statuer sur l’affaire les 6 et 27 août 2009.

Le Syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem) avait exploré plusieurs voies pour que leur partenaire reconsidère sa décision de majoration qu’ils disent ne pas pouvoir supporter en ces temps difficiles. Sur instruction de la Primature, deux conseillers techniques du ministère des Investissements, de l’Industrie et du Commerce ont écouté les deux parties.

Le Conseil national du patronat du Mali, (Cnom), le Groupement des commerçants et un collectif des imams du Grand marché ont également offert leurs bons offices. En vain. Pour montrer leur bonne foi, le Synacodéme a rassemblé plus de 24,8 millions de F CFA le 22 juin 2009, d’arriérés de location consécutifs au refus de la société immobilière d’encaisser des loyers non majorés.

L’assemblée générale a décidé d’organiser demain, à la Place du souvenir, un sit-in et a invité les commerçants à venir massivement les 6 et 27 août au tribunal du commerce.

Flash-back . Au mois d’octobre 2008, les associations de commerçants détaillants se plaignant de la crise économique, qui a fait péricliter leurs affaires, adressent une lettre à Dionké Yernangoré pour une diminution des frais de location.

En réponse à leurs doléances, les 700 commerçants ont reçu une lettre de propositions de majoration de l’agence immobilière chargée de la gestion des magasins situés dans les cours de Peryssac I, II, III, U-Negoce et l’ancien Jiguissèmé, propriétés privées de Dionké Yernangoré qui les a rachetés à l’Etat malien.

Le 29 avril 2009, les deux associations ont tenu leur première assemblée générale. Le but était d’adopter une position commune sur les propositions d’augmentation de Babou Yara et inciter leurs membres à s’acquitter des arriérés de location estimés à plus de 6 mois chez certains.

Le 24 juin, les responsables des associations de commerçants détaillants et leurs militants se sont retrouvés pour faire le point des négociations avec Dionké qui a accepté de ramener ses prétentions à 40 % d’augmentation pour les boutiques situées à l’intérieur des cours et 50 % pour celles faisant face à la rue tout en faisant savoir à ses interlocuteurs que c’est l’ultime concession qu’il vient de faire.

Les responsables tout en rendant compte de leur démarche ont fait une contre-proposition devant leurs membres ramenant les taux de location à 15 % d’augmentation pour l’ensemble des magasins. L’assemblée générale a unanimement rejeté les offres de M. Yarénangoré (40 % et 50 %) et les 15 % de leur bureau.

Dans les débats, certains ont proposé de refuser de se plier aux diktats de Dionké à leur faire payer des prix prohibitifs pour des immeubles en décrépitude. D’autres se sont plaints des tôles de leur magasin qui suintent de l’eau pendant l’hivernage.

Abdrahamane Dicko

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BRUITS SOURDS

Panafricaine des femmes : ATT et Lobbo absents

Le vendredi 31 juillet 2009, la Panafricaine des femmes a été commémorée. En la circonstance, le président de la République ou son épouse avait habitué leurs sœurs à fêter avec elles l’événement en prenant part aux manifestations. Mais, cette année, ni le président ATT ni son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré, n’a répondu à l’appel. Ils ont tous deux brillé par leur absence.

Pour le cas d’ATT, l’on peut comprendre qu’il soit allé à Ségou pour l’inauguration d’une nouvelle minoterie après Dougabougou où il avait procédé le même jour à la pose de la première pierre d’une nouvelle sucrerie. Mais, pour Mme Touré, l’on ignore les motifs réels ou cachés. A-t-elle voyagé ou refusé d’honorer de sa présence l’événement. Dans tous les cas, le couple présidentiel, abonné à des fêtes et autres cérémonies, n’avait pas habitué les femmes du Mali à cela. Est-ce à dire que puisqu’il n’y a plus d’élection en vue que le couple présidentiel ne se donne plus la peine de séduire un électorat.

Sotelma : ATT et Mariam Flantié se contredisent

Le président de la République s’est prononcé samedi sur la privatisation de la Sotelma. Selon lui, l’opération s’est bien déroulée dans l’ensemble et d’ajouter cependant : « Je dis aux Coulibaly que l’argent n’est pas d’abord dans les caisses du Mali ». Or, 24 h auparavant, c'est-à-dire le 31 juillet 2009, le ministre de la Communication, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, annonçait au cours du 1er conseil d’administration de la société que le chèque de 180 milliards de F CFA, représentant le prix de cession de l’entreprise, a été versé dans les comptes de la BCEAO.

D’ailleurs, les primes des 610 partants ont été payées vendredi sur les 180 milliards de F CFA qu’ATT prétendait que le Mali n’avait pas perçu. Cette sortie de part et d’autre du chef de l’Etat et son ministre de la Communication ne peut que semer la confusion dans les esprits. Dans cette affaire, de deux choses l’une : ou bien le président de la République est mal informé ou prend des Maliens pour des oies sauvages ou bien c’est le ministre qui ne maîtrise pas la situation.

Contrôle à Alcatel : la DRCC menacée de sanction

Aujourd’hui, c’est le branle-bas à la direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC). Les agents de cette structure ont la peur au ventre. Motif : jouant plus ou moins le même rôle que les impôts, la DRCC a envoyé une mission la semaine dernière à Alcatel (entreprise française de télécommunications). A l’issue du contrôle, la mission a constaté des irrégularités et a décidé de fermer la représentation Alcatel.

Une heure après, l’entreprise a rouvert. Ce qu’il faut savoir, c’est que la représentation Alcatel au Mali est dirigée par le beau-frère du Premier ministre. Ils ont fait des pressions pour que l’entreprise soit rouverte. Ce qui a été fait immédiatement. Selon nos informations, il semble qu’il a été décidé de sanctionner non pas seulement les agents qui étaient en opération mais tous les agents de la DRCC et de les muter parce qu’ils ont touché à beau-frère national.

M’Bewani : le Végal aura ses 50 h en 2011

La question de l’octroi de parcelles a refait surface la semaine dernière au cours de la conférence de presse que le Vérificateur Général avait animée à la faveur de la présentation de son 4e rapport annuel à la presse. L’info selon laquelle le Végal dispose des parcelles à l’Office du Niger avait fait le tour de la capitale. Et pour la première fois, lorsque la question lui a été posée, Sidi Sosso Diarra, a décidé d’en parler. « Je suis un Malien comme d’autres. Il ne m’est pas interdit de demander des champs à cultiver. J’avais fait une demande de 100 hectares et l’aménagement d’un hectare coûte entre un et 3 millions de F CFA. C’est pour cette raison que le PDG de l’Office du Niger m’a demandé de me limiter à 50 h. J’ai fait l’étude de terrain qui m’a coûté plus d’un million de F CFA. Je suis au niveau de l’étude environnementale. Les 50 h sont situés à M’Bewani. Et sachez bien que je n’ai pas d’abord les parcelles en question et le canal d’irrigation n’arrivera dans mon champ que dans un an et demi. Ce qui va coïncider avec la fin de mon mandat. Et je ne suis pas le seul demandeur : il y a des ministres et des directeurs nationaux qui sont dans le lot », a répondu Sidi Sosso Diarra.

Le Végal ironise « Le Sphinx »

Au cours de la même conférence de presse le 28 juillet 2009, Sidi Sosso Diarra n’est pas allé par le dos de la cuillère pour égratigner notre confrère « Le Sphinx », auteur de la question relative aux parcelles du Végal à M’bewani, ses dépenses téléphoniques avec des chiffres à l’appui. En réponse, le conférencier dira qu’il regrette de ne pas avoir M. Dramé dans son staff. « Vous auriez dû faire des études en expertise comptable parce que de la manière dont vous parliez des chiffres, prouve que vous n’avez rien à envier à un expert-comptable. Je regrette de ne pas vous avoir dans mon équipe ». A priori, il voulait montrer à l’intéressé qu’il maîtrise son sujet. Mais derrière cette façon de s’adresser du Végal à notre confrère, se cachait bien une ironie qui ne dit pas son nom. Avant de soutenir le contraire des questions soulevées par le confrère.

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INDEXATION DU F CFA

Les dégâts de l’arrimage au FF devenu l’euro

La zone du F CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France.

Mamadou Koulibaly, professeur d’économie et président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire n’y va pas par quatre chemins dans sa démonstration. Dans un entretien accordé à un journal américain, M. Koulibaly explique que « les réserves de change des Etats de la Zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent, durement gagné, lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations ».

L’économiste de renom lance un appel à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial. Les économies des pays de la Zone franc sont très vulnérables. « Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement sont asymétriques », a déclaré Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire et professeur d’économie, au cours d’un entretien accordé au « New African », un journal américain.

Dans ce même entretien, Mamadou Koulibaly a fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la Zone franc, en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui euro. Dans son analyse, il lance un appel à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial. La zone du F CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France.

Les Etats membres de cette zone sont les pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique, par le biais de Varsovie, à l’époque de la guerre froide. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que la Zone franc a apporté à la France d’immenses avantages, en termes de marchés pour ses biens et services.

Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone Franc sont placées sur un compte commun du Trésor Français, mais aucun pays Africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent, durement gagné, lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations. L’unité monétaire profite, donc, aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L’existence d’un système monétaire stable et unifié n’a pas conduit à l’émergence d’un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la Zone franc.

Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires qui se sont constitués, par la suite, dépendent des banques françaises. La France encourage les pays de la Zone franc à vivre, largement, au-dessus de leurs moyens. Cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans de cette politique utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire générant un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d’inflation et permettant de maintenir l’équilibre de la balance extérieure et la crédibilité de la monnaie.

Le F CFA est coercitif, injuste et indéfendable

Les partisans du F CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains, lesquels ont tenté de se retirer de la Zone franc. Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation, en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires, pour gérer leur propre monnaie, de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.

Elles se satisfont de voir les Etats africains être réduits à l’état de contribuable au profit de la France, avec 65 % de réserves de change qu’ils disposent, chaque année, auprès du Trésor français. Et pourtant, les citoyens de ces pays n’ont pas la nationalité française, et n’ont pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français.

Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer, de façon libre et responsable, par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation des mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont on ne tire pas profit, parce qu’on est protégé dans un système inefficace.

Selon Mamadou Koulibaly, le F CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il favorise la corruption de l’Etat. Au moment des élections Françaises, les pays de la zone Franc sont, sans cesse, sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français. Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la Zone franc, malgré la mondialisation.

Sous prétexte d’aider les pays pauvres, avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la Zone franc. La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.

L’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagement pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone Franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas le risque de dévaluation du CFA.

Ainsi, dans les années 1990, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du F CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 F CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 F CFA.

Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50 %, alors qu’on vient de subir une dévaluation de 100 %. Il est vital, aujourd’hui, que le F CFA acquière une autonomie et qu’il se libère du joug colonial. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité. Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-Zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples.

Rappelons que les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la Zone franc ont été énoncés, dès les années 1960, dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) et la France, d’une part, et par l’accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l’UMOA (Union monétaire ouest-africaine) et la République française, d’autre part.

Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes (BEAC et BCEAO), ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir.

Philippe Banz

(Farafinna)

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NEGOCIATION GOUVERENEMENT-UNTM

Le protocole d’accord du 18 juillet 2007 évalué

Une délégation de l’UNTM et trois ministres (du travail de la fonction publique et de reformes de l’Etat, de l’Economie et des Finances, du Développement et de la Solidarité) se sont rencontrés hier dans les locaux du MTFPRE. Objectif : faire le point de la mise en œuvre du protocole d’accord du 18 juillet 2007.

La rencontre rentre dans le cadre d’une rencontre périodique d’évaluation. Le ministre du travail, Abdoul Wahab Berthé a mis l’occasion à profit pour faire la situation des 20 points qui se présentent en trois compartiments : les points exécutés, les points en cours d’exécutions et les points non exécutés.

Les points satisfaits sont au nombre de 11. Il s’agit de l’avancement des fonctionnaires qui, à la veille de leur départ à la retraite, ont bénéficié au moins de la notation « Bon », du paiement des arriérés de salaires, les indemnités de licenciement, les fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des sociétés et Entreprises d’Etat. Le ministre a aussi informé son partenaire de la révision de la contractualisation des emplois dans la fonction publique d’Etat, de l’octroi d’une subvention conséquente à l’UNTM, de la diminution de l’impôt sur les traitements des salaires (ITS) ainsi que de l’augmentation des allocations familiales (à hauteur de 50%).

Sept points selon le ministre Wahab sont en cours d’exécution. Il s’agit entre autres de faire baiser les tarifs d’eau, d’électricité, de téléphone, des produits pharmaceutiques et des hydrocarbures, la relecture d’un décret instituant le service minimum en cas de grève, la relecture des conventions collectives et la publication d’un bilan de la privatisation. Le gouvernement a informé la délégation de l’UNTM conduite par Bassirou Camara, que des discussions sont en cours pour faire renforcer les mandats des responsables syndicaux en les protégeant contre certains abus : Transrail, Somapil, Graphic industrie, Betram-SA, Metal-Soudan. Les conditions d’une révision de la privatisation de la CMDT et la volonté d’élaborer au niveau tripartite un chronogramme de mise en œuvre de l’Agenda du travail décent figurent parmi les points en cours d’exécution.

Selon le ministre, l’incidence financière consentie par l’Etat pour les points exécutés s’élève à plus de 57 milliards de F CFA. Il a ajouté que des efforts sont en cours pour faire aboutir dans les délais les points en cours d’exécution.

Toutefois, le gouvernement a fait part de la non exécution de deux points. Il s’agit de réexaminer l’équilibre des grilles par catégories et l’octroie d’une indemnité de départ à la retraite à tous les travailleurs du secteur public, parapublic et privé. Le représentant de l’UNTM, Bassirou Camara a félicité le gouvernement de sa réelle volonté de trouver une solution aux préoccupations des travailleurs.

L’UNTM a félicité le gouvernement sur la privatisation de la Sotelma de l’accord d’une augmentation générale de salaires aux travailleurs des secteurs public, parapublic et privé.

Amadou Sidibé

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ECHOS DES REGIONS

CITE DES RAILS

Kayes une ville poubelle

La ville de Kayes jadis coquette et réputée être la vitrine du Mali des années 1960-1970 produit quotidiennement de nos jours des tonnes d’ordures ménagères, dont moins de la moitié sont effectivement acheminées dans les décharges. Aujourd’hui, à Kayes, la santé des populations est menacée en cette période hivernale.

« La ville est devenue sale et même très sale et cela est inadmissible » , avait déclaré le nouveau chef de l’exécutif régional, le colonel Mahamadou Maïga, lors de son investiture à Kayes. Plus de 60 millions de F CFA avaient été injectés dans l’assainissement lors de la Biennale artistique et culturelle 2008.

Le constant est amer : les populations sont unanimes pour dire que Kayes, après l’embellie, est redevenue sale. Ni les autorités communales ni les populations ne mènent aucune action de salubrité pour rendre la ville propre. Les fossés sont devenus des déversoirs d’ordure pour certains.

Ce qu’il faut signaler également, c’est que la nouvelle équipe municipale a pris du retard pour curer les fossés. Il suffit d’une petite quantité de pluie pour que les voies soient inondées.

La voie principale qui traverse la ville en allant vers le Sénégal est en train d’être rongée par la poussière. Ce qui est sûr : la mairie à elle seule ne peut pas rendre la ville propre. Il faut le concours de toute la population, chefs de quartier, délégués des associations, des jeunes et des femmes ont leur rôle à jouer.

Issa Bathily

(correspondant régional)

 

GAO

La Panafricaine célébrée

A Gao, à l’occasion de la Journée panafricaine de la femme, une nouvelle structure a été créée dans l'enceinte de la direction régionale de la promotion féminine pour l'auto-promotion.

Gao a choisi la Commune rurale de Gounzoureye pour célébrer le 31 juillet, la panafricaine des femmes. L’Ecole fondamentale de Wabaria a accueilli les manifestations ayant comme thème centrale « la journée panafricaine des femmes lutte contre l'exploitation des femmes et des filles, et pour la planification familiale ».

Les manifestations étaient présidées par le représentant du gouverneur, le directeur de cabinet Hamidou Traoré. Il avait à ses côtés la directrice régionale de la promotion de la femme et de la famille, Mme Karantao Mariam Maïga, les représentants des services techniques, des partenaires financiers comme Action contre la faim (ACF) les Nouveaux Horizons, Médecins du monde.

La cérémonie a débuté par des sketches sur l'exploitation des filles, la prostitution et le « gayo-gayo » (une danse songhoy). Le représentant du gouverneur a dans son discours, prôné la lutte contre l'esclavage dont le chiffre est de 94 %, la violence sexuelle (17 %), la prostitution et le trafic des enfants. Le maire de Gounzoureye a soutenu la lutte contre l'exploitation des femmes.

Une nouvelle structure a été créée dans l'enceinte de la direction régionale de la promotion féminine pour l'auto-promotion. Le centre accueille les femmes et les filles non scolarisées, les jeunes filles victimes de mariages précoces. Selon la directrice du centre, les filles inscrites sont formées dans les métiers de la couture et de la restauration. Mais elle a fait le constat que la population ne s'intéresse pas à son centre.

La cérémonie a pris fin par la décoration de Mme Maïga Halimatou Coulibaly, première représentante de la Cafo dans la région de Gao.

Ramata Diarra

(correspondante régionale)

 

 

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AIGLES DU MALI

Les 20 pour affronter le Burkina

En absence du sélectionneur national en vacance, c’est son adjoint Mamadou Coulibaly qui a publié la liste des joueurs qu’il a sélectionnés en vue de la rencontre amicale du 12 août prochain à Paris contre le Burkina. Celle-ci comporte 20 joueurs dont 1 local.

La principale nouveauté, c’est la présence d’un seul joueur local (Souleymane Dembélé du Djoliba). Un joueur qui avait disparu depuis un certain temps et qui était annoncé dans un club sud-africain. Une tête fait sa réapparition dans le groupe. Il s’agit de Jimmy Traoré de Monaco qui, après une blessure, avait besoin de repos avant de reprendre le service.

Il avait disparu depuis 2005. Blessés et suspendu, Mohamed Lamine Sissoko et le capitaine Mahamadou Diarra « Djilla » retrouvent également l’équipe nationale avec beaucoup de bonheur. Tout comme Mamadou Samassa qui avait besoin d’une autorisation de la Fifa.

Des joueurs comme Alphousseyni Kéita (Nîmes, France) et Lassana Fané (El Merriekh, Soudan) qui s’étaient pourtant révélés face au Ghana et au Bénin ne figurent pas sur la liste.

Après trois journées, le Mali occupe la 2e place de son groupe. Le leader du groupe, le Ghana, affronte la Zambie à Londres et le Bénin, de son côté, en découdra avec le Gabon.

Boubacar Diakité Sarr

 

Liste des joueurs convoqués

Mahamadou Sidibé (Olmounia, Chypre), Soumbeyla Diakité, Adama Tamboura (Helsingborg, Suède), Adama Coulibaly (AJA, France), Souleymane Dembélé (DAC), Souleymane Diamouténé (Roma, Italie), Mustapha Yattabaré (Clermont-Ferrand, France), Drissa Diakité et El Hadji Mahamane Traoré (Nice, France), Modibo Maïga (Le Mans, France), Seydou Kéita (Barcelone, Espagne), Mamadou Diallo (Havre, France), Frédéric Oumar Kanouté (Séville, Espagne), Bakaye Traoré (Nancy, France), Bakary Soumaré (Chicago Fire, USA), Mohamed Lamine Sissoko (Juventus, Italie), Mamadou Samassa (Marseille, France), Ousmane Berthé (Jomo-Cosmos, Afrique du Sud), Mahamadou Diarra « Djilla » (Real Madrid, Espagne) et Jimmy Traoré (Monaco, France).

 

COUPE DU MALI

DAC, Stade de Sikasso et Nianan qualifiés

Trois équipes ont obtenu leur qualification pour les demi-finales de la 49e Coupe du Mali de football. Il s’agit du Djoliba, du Stade malien de Sikasso et du Nianan de Koulikoro. A l’issue des quarts de finale députés dimanche à Sikasso et Bamako.

A Sikasso, le Stade malien de la localité s’est imposé (1-0) à l’AS Bakaridjan de Barouéli. La sensation de ces quarts est venue du stade Modibo Kéita avec la victoire du Nianan de Koulikoro. Les pensionnaires de la Ligue 2 ont mis la manière pour écarter les Scorpions, battus (4-2) dont un triplé de Demba N. Kéita aux 12e, 24e et 54e. Le tenant du titre, le Djoliba n’a pas fait dans la dentelle face au Centre maliano-belge (CMB) de Mopti, étrillé 4-0.

La dernière rencontre se jouera demain mercredi à Koulikoro avec à l’affiche, CSD-Stade malien de Bamako. Le tirage au sort des demi-finales est prévu le 6 août.

B. D. S.

 

 

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DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

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