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2008

Mois de Septembre

Les Echos du 29 Septembre

 

OUMAR IBRAHIM TOURE SUSPENDU

Brusque montée de fièvre à l’URD

La suspension pour 6 mois du 2e vice-président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) fait monter d’un cran la tension dans la famille politique de Soumaïla Cissé, virtuel candidat à la présidentielle de 2012 même si l’intéressé, sûr de n’avoir rien commis d’indélicat, demande aux militants de garder leur calme.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe : Oumar Touré, 2e vice-président de l’URD et non moins ministre de la Santé est suspendu pour six mois par son parti. Il est accusé de se livrer à un travail fractionnel au sein de l’URD. Cette décision a été prise le samedi en réunion ordinaire après, selon des sources crédibles, plusieurs séances de votes entre la trentaine de présents sur les 65 membres du bureau exécutif national. Selon nos informations, figuraient parmi les absents, outre le président du parti Younoussi Touré, presque tous les vice-présidents.

Selon des sources proches du parti, l’accusation de travail fractionnel repose sur une rencontre que le vice-président Oumar Touré a eu au mois d’août dernier avec des responsables du parti à Ségou à l’insu de la section. Cette section étant dirigée par Madani Traoré, un des fidèles parmi les fidèles de Soumaïla Cissé dont il a été Daf du temps où il était ministre, la conclusion a vite été tirée que le vice-président Oumar Touré cherche à déstabiliser le parti à Ségou, « au profit d’ATT » affirment certains.

Cette version est contestée par le proche entourage du ministre Oumar Touré. Ce dernier a effectivement rencontré des responsables de la section de Ségou à leur demande. « Oumar Touré rentrait de Goundam et devait passer la nuit à Ségou. Des militants du parti qui sont des responsables de la section avaient souhaité le rencontrer. En tant que vice-président, il les a écoutés et leurs doléances ont tourné autour des questions liées au département du ministre : disposer de sages-femmes, d’infirmiers, équiper les Cscom.

Un procès en sorcellerie ?

« Il n’y a qu’un seul responsable qui a des problèmes liés aux frais de location de son siège. Oumar Touré leur a demandé en retour de s’organiser dans la perspective des élections municipales de 2009 » , voilà l’explication fournie dans le proche entourage du suspendu de la semaine.

Il semble que cette explication a été fournie par Oumar Touré lui-même en réunion du Ben saisi par un procès-verbal de la section de Ségou. « Si un président de parti ne peut pas rencontrer ses militants sans être accusé de travail fractionnel, que peut-il faire » s’interroge-t-on gravement. Il semble que le suspendu ait accueilli la nouvelle avec sérénité et aurait appelé tous les militants que la nouvelle a ébranlés de garder leur sang-froid.

La décision de suspendre Oumar Touré est une escalade de plus dans la crise qui semble s’être durablement installée au sein de l’URD. Mais elle surprend dans la mesure où au mois d’août, le parti s’était livré à des séries de rencontres pour essayer de laver en famille le linge sale. Soumaïla Cissé, qui avait participé à ces rencontres, avait reconnu sa part de responsabilité dans la crise qui secoue son parti ; et les députés lui avaient donné instruction de faire la paix avec Oumar, au nom de l’unité du parti. Avec ce qui s’est passé le week-end, force est de reconnaître que les séances de thérapie de groupe n’ont pas porté fruit.

Pis, tout porte à croire que Soumaïla et ses fidèles ont décidé de régler quelques comptes quitte à courir le risque d’une crise ouverte. Ils se disent certainement que mieux vaut prendre les taureaux par les cornes dès à présent et trancher la question avant les joutes de 2012. Parce que ne nous y trompons pas : tout ce qui se joue au sein de l’URD tourne autour des élections de 2012 et de la candidature de Soumaïla Cissé.

Mais d’ici 2012, il y a les élections municipales de 2009. Et rien ne dit qu’avec la crise qui pointe à l’horizon, l’URD en sortira indemne.

Aly Kéita

 

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UN AN DE MODIBO SIDIBE

Les fleurs et leurs promesses

Le Premier ministre Modibo Sidibé a un an à la tête du gouvernement. Avec un gouvernement aussi hétéroclite que fratricide, sa tâche n’a pas été de tout repos.

Nommé Premier ministre par le président de la République le vendredi 28 septembre 2007 suite à la présentation, le jeudi 27 septembre 2007 par Ousmane Issoufi Maïga, de la démission du gouvernement dirigé par lui depuis mai 2004, Modibo Sidibé est rompu aux arcanes du pouvoir.

La carrière politique de l’inspecteur général de police Modibo Sidibé commence lorsque sa route croise celle du président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), ATT, dont il devient, à 39 ans, le directeur de cabinet, avec rang et prérogatives de ministre.

Travailleur et discret, Modibo Sidibé a toutes les qualités pour occuper un tel poste stratégique au sein du nouvel organe exécutif du Mali post-événements de mars 1991. Bardé de diplômes (il est docteur en sciences pénales, criminologue et détenteur de plusieurs autres diplômes supérieurs, dont un DEA en théorie politique), Modibo Sidibé a l’estime de la classe politique, si l’on en juge par les timides sorties de l’opposition contre lui.

Malgré tout, Modibo Sidibé n’a pas eu droit, à son arrivée, à un round d’observation. Sitôt nommé, il a eu à affronter les étudiants, les enseignants, les syndicats, la vie chère, la hausse du pétrole…

Il a passé, le plus clair de l’an I à la Primature, à jouer au sapeur-pompier, à parer au plus pressé. Les solutions souvent trouvées n’ont pas été franchement originales, mais elles ont permis, en demi-teinte, de franchir certain cap difficile, sans trop de casse.

Modibo Sidibé a joué à l’équilibriste. Reconnu comme homme de dossier, docte et intelligent, il s’est échiné à cacher tout cela, à cause d’un environnement qui ne voit pas ses faits en valeurs…

Par ailleurs, le gouvernement dont il a la charge est loin d’être un groupe uni et homogène. Il y a ceux qui se réclament de lui, les « ministres citoyens et les ministres PDES » qui affirment fièrement ne rendre compte qu’au président et tous les tirs au flanc tapis à Koulouba et qui font tout pour saper l’action du gouvernement.

Aujourd’hui, il n’est pas difficile d’avoir le compte-rendu du conseil des ministres de ceux qui y ont participé, et les détails. Son gouvernement ignore superbement ce que signifie la notion de solidarité gouvernementale. Loin d’être une excuse qu’on lui trouverait, ce préalable permet de comprendre et d’expliquer beaucoup de ratages du gouvernement.

« L’Initiative riz » en exemple

A l’actif de Modibo Sidibé, on peut citer : la gestion des crises scolaires et universitaires ; des crises syndicales et céréalières. Dès son arrivée, la crise scolaire que Pinochet avait jugulée refaisait surface. Il y a vite trouvé une solution et, malgré tout, les examens ont pu avoir lieu, les enseignants ayant mis de l’eau dans leur vin. Le Forum national sur l’éducation qui n’avait pas, au départ, l’assentiment de tous les acteurs ( la Coses menaçait de le boycotter), a fini par remporter l’adhésion de tout le monde.

Avec la signature d’un protocole, l’UNTM a fini par renoncer à des grèves. Mais, le plus gros « chantier » a été la vie chère. Si l’on doit compter les « manœuvres », le gouvernement a réussi à faire en sorte qu’au Mali, les braves citoyens ne battent pas le pavé comme on l’a vu ailleurs. En plus, le gouvernement a pu faire en sorte que les hausses soient amorties. On ne peut pas franchement parler d’une réussite pour ce qui concerne les exonérations ou les magasins témoins, mais le côté bénéfique a été… « l’Initiative riz ».

Modibo Sidibé, homme de dossier, pratique et pragmatique (comme on l’a connu lors de sa vie publique de 1992 à 2002), a posé avec cette initiative un acte qui l’oblige à se dévoiler. Avec cette initiative, il joue son avenir. En effet, le projet qui se présente plus comme un appel à repenser notre système de production présente un grand défi. Le jugement tient moins au résultat prévu (1,5 million de tonne en saison et contre-saison) qu’à l’adhésion populaire. Et, visiblement, avec le débat suscité, la démultiplication dans la sous-région, cet aspect est concluant.

« Notre ambition va au-delà de la réduction de la pauvreté. Il s’agit par des choix pertinents de forcer le destin du Mali et d’en faire un pays émergent » , affirmait-il devant les députés, le 14 décembre 2007, lors de sa Déclaration de politique générale (DPG).

Dans cette même DPG, il se proposait de mettre l’accent sur des aspects comme la restauration dans l’administration, et le respect « des valeurs de base », le respect du bien public, la rigueur et la probité ; la responsabilisation des cadres, afin qu’ils exercent les pouvoirs qui leur sont impartis, avoir le souci de leurs carrières, de leurs résultats et mérites dans l’équité et la justice.

Si un an après, il est trop tôt pour tirer un bilan définitif, il faut quand même reconnaître que malgré le silence pesant, malgré les querelles de palais qui débordent, Modibo Sidibé tient sa ligne.

Alexis Kalambry

 

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KATI

Le substitut du procureur démissionnaire

Le jeudi dernier, à Kati, il y avait audience comme chaque jeudi. On jugeait une histoire de bœuf écrasé par un camion et vendu à un boucher. C’est le boucher qui était à la barre. Il avait demandé une mise en liberté provisoire. Le substitut du procureur, Malick Coulibaly, n’y voyant pas d’inconvénient, n’a pas fait opposition. Le juge a donc accordé la liberté provisoire.

Cependant, alors que l’audience n’était pas encore terminée, un ordre serait venu du parquet général, demandant au procureur de faire opposition à l’ADD (avant dire droit) et de maintenir le pauvre boucher dans les liens de la détention.

Le substitut, qui est reconnu à Kati pour sa formation solide (il aurait intégré le corps sur titre), n’a pas supporté. Il serait parti en larmes chez le ministre de la Justice qu’il n’a pu voir. Depuis, il menace de démissionner. De bonnes volontés s’attèlent à recoller les morceaux, mais, pour le moment, il serait toujours sur sa décision.

A. Kalambry

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IL FAUT LE DIRE

Dr. Mbeki et Mrs Betterave

Faut-il féliciter Thabo Mbeki qui vient de démissionner de ses fonctions de président de la République sud-africaine ou franchement louer le modèle démocratique de l’Afrique du Sud postapartheid ? Les avis sont largement partagés.

Pour notre part, nous avons, il y a déjà belle lurette, fondé notre religion sur le remplaçant de « Madiba » à la tête de la nation Arc-en-ciel. A analyser son parcours, il s’avère l’émule d’un de ses pairs ouest-africain, réputé pour ses prises de position à l’emporte-pièce, mais aussi et surtout comme le sauveteur devant l’Eternel de régimes honnis. « Dis-moi qui tu hantes, je te dirais qui tu es ».

N’a-t-il pas tendu la perche à un président de la sous-région naguère infréquentable et qui, tôt ou tard, risque d’avoir sur le dos le TPI à propos d’un certain charnier ? N’a-t-il pas aidé à remettre en selle un président de l’Afrique australe détesté par la « communauté mondiale » ? Que dire de son silence sur un pays de l’Afrique de l’Est où des adversaires s’étripaient à la suite de la parodie électorale de décembre 2007 ?

N’a-t-il pas, ô comble de l’irresponsabilité, nié tout lien entre le VIH et le Sida dans un des pays les plus durement touchés par la pandémie, prônant, à l’instar de sa très fidèle ministre de la Santé la consommation de betterave mélangée à de l’ail et d’autres balivernes imaginées en légumes pour contrecarrer la propagation de la maladie et, par ce fait même, minimisé le combat de son prédécesseur contre la « peste du 21e siècle » ?

Certes, l’Afrique du Sud, sous sa houlette, a contribué de beaucoup au retour de la paix au Burundi. Mais, globalement, M. Mbeki, sous des dehors angéliques, n’est pas bien différent de ces présidents qui se comportent en roitelets, agissant comme « Charbonnier est maître chez soi ».

Ce n’est certainement pas de gaieté de cœur qu’il a quitté la tête de l’ANC. Battu à plate-couture, il voulait peut-être faire payer la note à l’imprudent (au propre comme au figuré) Zuma qui a eu le toupet de défier le président de la République et qui s’apprête à être calife à la place du calife : en actionnant la machine judiciaire.

Manque de pot pour lui ! Dans le système démocratique sud-africain, force, apparemment, reste aux partis politiques. Nul n’y est élu à la tête de l’Etat tant qu’il n’a pas l’onction d’un appareil politique puissant. Et puisque l’élection du chef de l’Etat (au suffrage universel indirect) reste l’apanage des députés, le parlementaire est puissant, remet l’exécutif sur les rails et au besoin défait le président.

Thabo Mbeki l’avait peut-être oublié à force de fréquenter certaines gouapes méchantes dont il faut se méfier ; à force de vouloir défendre l’indéfendable. « Tel est pris qui croyait prendre ».

Puisse le modèle sud-africain faire tache d’huile sur un continent qui, au nom d’une démocratie mal assimilée ou délibérément dévoyée, ne cesse de faire des reculs bien pires qu’il y a 20 ans sous l’ère des partis uniques !

A. M. T.

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PLAN D’ACTION MONDIAL CONTRE LE PALU

Le monde s’unit

Le ministre de la Santé Oumar Ibrahim Touré a présidé vendredi dernier à l’hôtel Salam, la cérémonie de lancement du plan d’action mondial contre le paludisme. Initié par le partenariat « Faire reculer » le paludisme, l’objectif du plan est de mettre en place une stratégie mondiale unifiée pour faire face à cette maladie.

La Communauté internationale se propose de prendre en charge la mise en œuvre rapide du plan d’action mondial contre le paludisme qui vient d’être lancé vendredi dernier par le ministre de la Santé Oumar Ibrahim Touré en présence de la représentante de l’OMS.

Initié selon les organisateurs par le partenariat « Faire reculer le paludisme » avec l’appui d’une communauté unie contre le palu et développé grâce à l’appui de plus de 250 experts du paludisme, le plan d’action mondial de lutte contre le paludisme est le 1er plan compréhensible jamais élaboré pour le contrôle du paludisme au niveau mondial.

Selon les organisateurs de la cérémonie, le plan démontre que si l’on arrive à réaliser la couverture universelle des interventions de lutte contre le paludisme d’ici 2010, conformément à l’appel du secrétaire général de l’ONU, il sera possible de sauver plus de 2,4 millions de vies d’ici 2015 et à long terme de poser les fondations pour l’éradication de la maladie. L’exécution de ce plan exige la mobilisation de 3,5 milliards US par des leaders économiques et politiques qui se sont engagés à s’investir pour ramener à zéro le nombre de décès dus au paludisme.

« Face à la situation déplorable engendrée par cette maladie, le Mali a, dans un souci d’anticipation, entrepris plusieurs actions parmi lesquelles la création du PNLP dont l’ancrage institutionnel a été récemment renforcé par le rattachement au secrétariat général du département, l’adoption et la gratuité du traitement préventif intermittent à la sulfadoxine pyrimitamine (SP) chez la femme enceinte, la gratuité de CTA pour les enfants de moins de 5 ans, la gratuité des moustiquaires imprégnées d’insecticide et l’élaboration des plans d’action nationaux et de communication » , a dit le ministre Touré. Il a ajouté que l’adoption du plan d’action mondial de lutte contre le paludisme par les différents pays bénéficiaires permettra à long terme d’éradiquer le fléau.

Le plan d’action définit deux phases contre le paludisme : l’intensification pour l’impact des interventions préventives et thérapeutiques pour une couverture universelle des populations et le maintien des systèmes de contrôle nationaux.

La cérémonie a pris fin par un point de presse animé par des acteurs de la lutte contre le paludisme qui ont mis l’accent sur la prévention, notamment le changement de comportement par l’utilisation de moustiquaires imprégnées et le respect des mesures d’hygiène et d’assainissement.

Idrissa Sako

 

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 MODIBO KADJOGUE, DG APEJ

« Nous avons mission de renforcer l’employabilité des jeunes »

Tout en expliquant la mission fondamentale de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) et qui porte sur le renforcement de l’employabilité des jeunes Maliens tant en milieu urbain que rural, Modibo Kadjogué, son directeur général, exhorte les jeunes déjà installés à rembourser les financements pour préserver la poule aux œufs d’or. Pleins feux sur les perspectives de l’Apej.

Les Echos : Pouvez-vous nous rappeler les missions assignées à l’Apej ?

Modibo Kadjogué : Les missions de l’Apej visent essentiellement à contribuer à la création d’opportunités d’emploi pour les jeunes. Ce sont des emplois salariés ou l’auto-emploi qui concernent des jeunes Maliens qui ont entre 15 et 40 ans du milieu rural ou urbain et sans distinction de niveau scolaire ou de sexe.

Les Echos : Comment ces missions sont-elles exécutées ?

M. K. : Nous les faisons à travers des composantes. Ces composantes sont le renforcement de l’employabilité. Il s’agit de préparer au marché de l’emploi les jeunes qui viennent de terminer leurs études. Dans cette composante, il y a le stage de qualification et le volontariat. Le volontariat se passe dans les services où l’Etat prend totalement en charge l’allocation de stage payée en fin du mois. Le stage de qualification se passe dans les entreprises privées. Les frais d’allocations sont à moitié pris en charge par l’Etat et le reste par l’entreprise. Que ce soit le volontariat ou le stage de qualification la durée est d’un an. Les frais des allocations varient de 23 000 pour les titulaires du Cap à 43 000 F CFA pour les détenteurs de doctorat. Ce n’est pas un salaire qu’on paye, c’est juste des frais de déplacement. Le volontariat et le stage de qualification concernent les diplômés. Mais l’Apej travaille aussi dans le sens d’assurer l’employabilité de ceux qui n’ont pas été à l’école ou qui n’ont pas de diplôme. Nous avons présentement en cours un programme pilote avec les communes du district. Nous sommes en train de former 120 jeunes dans des métiers comme la coiffure, la teinture, la transformation de produits locaux. Ce programme s’exécute en synergie avec d’autres services du ministère de l’Emploi comme l’ANPE, le Fafpa la direction nationale de l’emploi et de la formation professionnelle. Dans le même programme nous avons formé une quarantaine de formateurs.

Les Echos :Est-ce qu’il y a un suivi des jeunes volontaires ? Que deviennent les anciens jeunes volontaires ?

M. K. : Nous avons beaucoup réfléchi à la question de ce qu’ils doivent devenir. C’est le premier contingent de jeunes que nous avons sous les bras. Il y a eu certainement des difficultés car il y a des paramètres que nous ne maîtrisions pas ou qui n’étaient pas prévus. Nous avons mis en priorité les anciens volontaires sur l’ensemble de nos activités à l’Apej. Nous avons envoyé cinq volontaires à Siéngo (Ségou) sur les 57 jeunes pour s’occuper de l’agriculture. Ils ont chacun 3 hectares. Aussi, la majorité des parcelles est réservée aux jeunes qui sont proches de ces parcelles. On est passé voir les parcelles et l’on s'est rendu compte que ces jeunes ont fait un travail remarquable. L'Apej a d'autres programmes avec d'autres partenaires. Qu'il s'agisse de compacteur pour les routes, de formation à l'entretien des engins comme les motos taxis, les volontaires sont toujours mis en avant. Nous avons également financé des volontaires. Ce volet concerne l'auto-emploi où les jeunes nous soumettent des projets pour financement. Nous en avons beaucoup reçu et beaucoup ont été financés.

Les Echos :Des anciens jeunes volontaires avaient battu le pavé en demandant leur recrutement à la fonction publique. Quel est votre jugement ?

M. K. : L’objectif du stage ce n’est pas l’intégration à la fonction publique. Le stage a pour mission de renforcer l’employabilité des jeunes. En allant vers ce que les jeunes ont demandé, on mettra fin au volontariat. Cela veut dire que chaque année, si on prend 2000 jeunes, il faut les recruter à la fonction publique. La fonction publique a un programme de recrutement suivant des besoins exprimés. L’Apej ne tient pas compte de cela en recrutant ses volontaires. Nous avons même reçu des jeunes qui voudraient créer une association dite des jeunes qui n’ont pas eu la chance d’être des volontaires. Est-ce qu’on doit dire à ces jeunes d’attendre que les volontaires intègrent la fonction publique pour qu’on les prenne en charge ? C’est comme si on fermait les portes de la fonction publique aux autres jeunes. L’objectif c’est plutôt le renforcement des capacités. Chaque fois qu’il y a un concours de la fonction publique nous organisons des sessions de formation pour nos jeunes volontaires sur toute l’étendue du territoire. Cela nous coûte 16 millions de F CFA par session. Nous disons que c’est important car c’est pour donner plus de chance aux volontaires.

On a financé des projets, on a formé pour donner plus de chance aux volontaires. Nous avons organisé une formation pour la mobilisation des TDRL avec la mairie de la Commune IV que nous avons réservée aux volontaires. Un programme spécial « MoneyGram » a été initié avec la BMS et les volontaires étaient ciblés. Ces actions peuvent continuer à tout moment, mais quand on va dans le sens de l’intégration à la fonction publique, il y aura un blocage. Au-delà de tout cela il y a eu beaucoup de recrutements. Tous les volontaires qui étaient en stage dans des départements ministériels (Santé, Justice, Transports, etc.) ont été recrutés. L’Apej, l’ANPE, le Fafpa en ont fait de même. Des départements en ont demandé puisqu’en réalité tous ceux qui reçoivent nos volontaires en sont satisfaits. Je n’ai pas vu une seule structure d’accueil qui soutient le contraire.

Les Echos : Vous avez beaucoup parlé de l’emploi moderne. Avez-vous un programme en direction de l’emploi rural ou agricole ?

M. K. : En matière d’emploi, le secteur rural est le plus grand gisement. Les jeunes sont les plus frappés par le chômage au Mali et la majorité vit en milieu rural. Il faut les occuper sur place, car nous pensons que l’activité agricole a de l’avenir. Si on ne les occupe pas sur place, ils vont se déplacer. Il n’y aura plus de bras valides et l’insécurité alimentaire va s’installer. Le développement de l’emploi agricole permettra de lutter contre tout ça. Il se trouve aussi que les produis de ces activités (riz, lait, viande, fruits) vont être consommés localement.

Les Echos : Quels sont les grands axes de votre programme en 2009 ?

M. K. : Nos grands axes s’articulent autour des mêmes composantes que j’ai citées plus haut. Ils sont calqués sur le Programme emploi jeune (Pej), qui est notre bréviaire. Nous allons continuer avec le renforcement de l’employabilité. Le programme de 2000 volontaires va être lancé bientôt pour l’année 2009, nous allons continuer à renforcer l’employabilité à travers les stages. L’accent sera davantage mis sur le monde rural. Nous avons déjà réalisé 171 hectares et en 2009 nous comptons aménager 390 ha. On mettra à la disposition de chaque jeune 3 ha. Nous allons voir à l’Apej comment prendre tous les jeunes installés par l’Office du Niger et l’Office riz Ségou en termes de crédit de campagne. On va voir la même chose avec les autres projets comme le Pdiam. Avec la Bourse de l’emploi, nous comptons donner 1000 équipements (charrue, bœuf, charrette, soutien élevage). Cela va coûter 1,150 million de F CFA par jeune rural.

On veut mettre beaucoup plus l'accent sur les jeunes ruraux en 2009. L’accent sera davantage mis sur les méthodes « Haute intensité de main-d’œuvre » (Himo) à travers un de nos projets le Pejimo. En milieu urbain, il s’agira de faire du pavage comme au marché Dibida, à la rue 466 du Badialan. Cette activité crée énormément d’emplois. C’est aussi le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté par l’emploi des matériaux locaux et de la main-d’œuvre locale. L’esthétique y est. Il n’y a pas de sortie de devise. Nous allons initier une série de formations tant à Bamako qu’à l’intérieur du pays. Le suivi des projets fera partie de nos axes prioritaires l’année prochaine. L’Apej a financé beaucoup de projets qui font l’objet de problème de remboursement. Il faut aider les jeunes installés à nous rembourser pour que le programme puisse continuer. En notre sein, nous mettons l’accent sur le renforcement des ressources. Les activités à l’interne vont être plus décentralisées au niveau régional pour ce qui est du financement des projets jusqu’ à un certain montant.

Les Echos :Quel est le niveau des taux des remboursements ?

M. K. : Lesprojets financés par les banques et garantis par l’Apej, le taux de remboursement est élevé et peut atteindre plus de 60 %. Mais ceux directement financés par l’Apej sont très bas. Je préfère ne pas avancer de taux. Nous sommes en train de discuter avec le président du Conseil national de la jeunesse du Mali et nous allons entreprendre des actions de sensibilisation bientôt. Il faut rembourser l’argent de l’Etat pour ne pas tuer la poule aux œufs d’or et permettre à d’autres d’être accompagnés. Nous allons continuer à financer les projets. L’avenir du pays réside aussi dans l’émergence d’un secteur privé fort et des PME et PMI dynamiques.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

 

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