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2008

Mois d'octobre

Les Echos du 24 Octobre

 

SEKOU DIAKITE, SECRETAIRE A LA COMMUNICATION ADEMA/PASJ

« Tout est ouvert »

L’Adéma tient, les 24, 25 et 26 octobre prochains, son 4e congrès ordinaire au CICB. A cette occasion, nous avons approché son secrétaire à la communication, le ministre Sékou Diakité. Dans l’interview qui suit, il trace les enjeux de ce congrès.

Les Echos : L’Adéma tient son congrès ce week-end. Quels en sont les enjeux selon vous ?

Sékou Diakité : Nous espérons qu’au sortir de ce congrès, le parti sera mieux organisé pour faire face aux enjeux à court terme, comme les municipales de 2009 et les enjeux à long terme, comme les élections générales de 2012. Nous souhaitons, en prévision de ces enjeux, mieux outiller le parti pour être prêt.

Les Echos : Quel est l’ordre du jour arrêté ?

S. D. : Les thèmes retenus, c’est d’abord la relecture de certains documents importants du parti, comme les statuts et règlement. Dans un parti comme l’Adéma, il est de bon ton de faire une relecture régulière des textes et de les adapter au contexte du moment. Il y aura également une relecture de notre projet de société. Nous allons discuter entre nous pour voir s’il faut amender ou non nos textes. Si nous trouvons que les valeurs qui ont présidé à la création du parti en 1991 sont encore d’actualité en 2008, nous laisserons ces documents tels quels. Comme tout congrès, il y a le renouvellement attendu du comité exécutif.

Les Echos : Justement, il y a eu beaucoup de débats sur les possibles candidatures pour le CE ? La liste est-elle chose ?

S. D. : Un congrès de l’Adéma, c’est tout à fait normal qu’il y ait, plus ça s’approche, des ébullitions et des positionnements. Chez nous, ce sont des camarades qui se connaissent depuis très longtemps et le contexte politique fait que des enjeux nouveaux se profilent. Dans tous les cas de figure, tout est ouvert. Aucun poste du CE n’est pourvu avant le congrès, car ce sont les délégués au congrès qui, souverainement, élisent les membres du comité exécutif et les membres des commissions spécialisées. Donc, à ce jour, tous les postes sont susceptibles d’être pourvus.

Les Echos : Quel bilan l’Adéma peut-il tirer de son accompagnement du président Amadou Toumani Touré ?

S. D. : Le bilan de notre accompagnement du président ATT n’est pas à l’ordre du jour. Nous avions pris une décision, en 2006, de soutenir ATT s’il décidait d’être candidat. Et nous avons souscrit à des engagements politiques dans le cadre de l’ADP. Tant que nous ne dénonçons pas ces engagements politiques souscrits dans le cadre de l’ADP, nous sommes dans cet accompagnement du président de la République.

Mais, personnellement, je puis vous dire que le bilan est positif. Cet accompagnement nous a permis de mieux stabiliser le parti, de lui donner une orientation claire et nous a permis de marquer notre présence dans diverses institutions de l’administration publique.

A l’Assemblée nationale, nous avons le plus grand groupe parlementaire et la présidence. Au Haut conseil des collectivités territoriales, nous avons le plus grand nombre de conseillers nationaux, plus sa présidence. Dans le gouvernement, nous avons le plus grand nombre de ministres. Dans l’administration, de plus en plus de nos cadres sont mis en mission. Tout cela prouve que cet accompagnement se passe très bien. De notre côté, nous veillerons à ce que les engagements politiques souscrits dans le cadre de l’ADP soient respectés.

Les Echos : L’Adéma n’a pas fait au peuple le bilan de sa gestion du pouvoir, le feriez-vous à ce congrès ?

S. D. : Le bilan de la gestion des dix années de gestion de l’Adéma n’a pas été fait de façon officielle. Nous aurions dû le faire bien avant aujourd’hui. Mais, ce que je puis vous dire, c’est que ce bilan sera fait et porté à la connaissance du peuple Adéma et du peuple malien. C’est une obligation historique de dire au peuple malien, pendant dix ans, ce que nous avons pu faire, ce que nous n’avons pas pu faire et ce que nous comptons faire pour demain. Mais, ce ne sera pas au cours de ce 4e congrès.

Propos recueillis par

Alexis Kalambry

 

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ADEMA 18 ANS APRES

Entre bons points et mauvais points

En 18 ans de vie, l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) n’a pas connu que des hauts. Elle a aussi traversé plusieurs zones de turbulences.

L’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) existe depuis 18 ans. En effet, c’est le 25 octobre 1990 que l’association a été mise sur les fonts baptismaux. Dix-huit ans après, il est bon de faire un regard rétrospectif des grands moments qui ont émaillé la vie de ce parti.

Grand par son nom et par son implantation sur tout le territoire et même à l’étranger, le parti de l’Abeille a connu des hauts et des bas. Comme aime à le dire un vieux routier de la scène politique, l’Adéma, c’est le seul parti où toutes les couches militent. Et de poursuivre : « L’Adéma qu’on le veuille ou non, c’est le vrai des varis ».

L'Adéma/PASJ est une organisation politique nationale à vocation africaine qui ambitionne d'être un parti de militants patriotes et démocrates résolus. Elle regroupe des opposants à la dictature du général Moussa Traoré, alors président de la République.

Cette association regroupait des militants de différentes formations : l’Union soudanaise/Rassemblement démocratique africain (US-RDA), parti de l’ancien président Modibo Kéita, suspendu à la suite du coup d’Etat mais qui continuait ses activités dans la clandestinité, le Parti malien pour la révolution et la démocratie (PMDR), le Parti malien du travail (PMT), d’obédience marxiste-léniniste, le Front démocratique et populaire malien (FDPM), composé essentiellement d’opposants maliens résidant à l’étranger et d’exilés politiques.

Elle regroupait également des militants ne faisant partie d’aucune formation politique. Le 25 mai 1991, alors que le régime de Moussa Traoré était déjà renversé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, l’Adéma se transforme en parti politique et prend le nom de Adéma/Parti africain pour la solidarité et la justice.

En 1992, le parti remporte les élections législatives de février et mars (76 sièges sur 116) et son candidat Alpha Oumar Konaré est élu président de la République le 26 avril 1992. Le parti dominera la scène politique malienne pendant dix ans. En 1997, Alpha Oumar Konaré est réélu alors que l’opposition a boycotté l’élection.

La fin du second mandat d’Alpha Oumar Konaré est marquée par des divisions pour la succession du président. Ibrahim Boubacar Kéita quitte l’Adéma/PASJ en octobre 2000 avec une partie des militants pour former le Rassemblement pour le Mali (RPM). Mandé Sidibé, ancien Premier ministre, quitte également le parti pour se présenter à l’élection présidentielle.

En mai 2002, Soumaïla Cissé a été le candidat officiel de l’Adéma/PASJ. Arrivé second au 1er tour, il est avec 35,65 % des voix, battu au second tour par Amadou Toumani Touré. Il quitta le parti juste après les élections et crée un nouveau parti, l'Union pour la République et la démocratie (URD).

Aux élections législatives d’août 2002 l’Adéma/PASJ se maintient comme première force politique du pays en obtenant 51 députés. Il a obtenu environ 28 % des voix aux élections communales du 30 mai 2004.

Sa devise est « Travail, Solidarité, Justice » et son symbole, l’Abeille. Son président est Dioncounda Traoré. Le 1er vice-président est Soumeylou Boubèye Maïga. Alors que l’Adéma a décidé de soutenir la candidature probable d’Amadou Toumani Touré à l’élection présidentielle de 2007, Soumeylou Boubèye Maïga décide de se présenter. Lors de la conférence nationale des 24 et 25 février 2007 les délégués votent l’exclusion de Soumeylou Boubèye Maïga et de plusieurs de ses sympathisants : Issa Diarra, Ibrahima Kantao, Binta Yattassaye et Oumar Ag El Méhidi.

L’Adéma/PASJ est membre de l’Internationale socialiste.

Le congrès ordinaire qui s’ouvre ce matin aux yeux des observateurs est celui de la maturité.

Amadou Sidibé

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ALPHA O. KONARE, 1er PRESIDENT DE L’ADEMA

Premier président malien élu

Réunie le 29 janvier 1992 au stade Omnisports de Bamako, la Conférence nationale de l’Adéma/PASJ a choisi, à l’unanimité des délégués des 55 circonscriptions électorales du pays, Alpha Oumar Konaré comme candidat du parti à l’élection présidentielle de 1992.

La première élection présidentielle du Mali démocratique est remportée par Alpha Oumar Konaré après un deuxième tour qui l’a opposé à Tiéoulé Mamadou Konaté (paix à son âme), leader du Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (Bdia/Faso jigi), une scission de l’US-RDA. Investi le 8 juin 1992 à la tête de la République du Mali pour un mandat de cinq ans, Alpha Oumar Konaré sera réélu en mai 1997 pour un nouveau mandat de cinq (5) ans.

Désigné comme « L’homme du peuple » Alpha Oumar Konaré, fils d’enseignant, est né le 2 février 1946 à Kayes. Après ses études primaires dans cette ville et secondaires à Bamako, à Dakar (Sénégal) et à Kayes, il fera son entrée à la section lettres de l’Ecole normale secondaire de Katibougou (Koulikoro), d’où il sortira major en 1964.

A 18 ans il fut enseignant, et va interrompre momentanément cette activité professionnelle, en 1965, pour intégrer l’Ecole normale supérieure (EN Sup) de Bamako (histoire et géographie), d’où il sortira également major en 1965. Il poursuivra ensuite des études post-universitaires à Varsovie (Pologne) où il décroche en 1975 son doctorat de 3e cycle dans la spécialité histoire/archéologie.

A son retour au bercail, Alpha sera chargé de recherches à l’Institut des sciences humaines (ISH). De 1975 à 1978, il dirigea la division du patrimoine historique et ethnographique au ministère chargé de la Culture. Appelé au gouvernement pour occuper le portefeuille de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, le premier président malien démocratiquement élu, siégera de mai 1978 à août 1980, date à laquelle il démissionnera pour raison de divergences politiques avec le régime du général Moussa Traoré.

Alpha le syndicaliste

Humaniste et grand homme de culture, militant des causes justes, fin politique averti et homme d’Etat patient et visionnaire, le premier président de l’Adéma/PASJ Alpha Oumar Konaré posera les jalons d’une démocratie citée en exemple en Afrique et dans le monde. Militant syndicaliste, il fut l’un des fondateurs de l’Association des élèves de l’Ecole normale supérieure, du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec) et de la Coopérative culturelle Jamana, créée en 1983, et sera directeur de publication du journal « Les Echos », édité par cette Coopérative et dont le premier numéro fut lancé le 17 mars 1989, date anniversaire de l’assassinat du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral.

C’est sûrement à travers ses activités journalistiques, qu’Alpha Oumar Konaré va, avec d’autres camarades, contribuer le plus à l’éveil des consciences des populations face au règne dictatorial du pouvoir militaire. Alpha aura été de tous les combats qui ont permis la chute de la dictature militaire et l’avènement de la démocratie au Mali, en mars 1991.

Intellectuel clairvoyant et organisateur d’hommes, Alpha à la tête de la République du Mali a pu répondre aux attentes de ses concitoyens dont le souci majeur était un Mali libre et démocratique. Homme d’une très grande modestie, le président Alpha Oumar Konaré, dans une dynamique de grande sagacité a redonné confiance à ses compatriotes en faisant régner dans le pays une vision optimiste, c’est-à-dire en donnant la preuve que les choses pouvaient réellement changer dans le bon sens.

Idéaliste mais pragmatique, Alpha, va, au cours de son second mandat, inscrire ses actions prioritaires dans une dynamique de lutte contre la pauvreté qui est encore le lot quotidien de l’écrasante majorité de la population malienne. Dans le but de mieux gérer, dans la transparence et l’équité, les finances publiques au profit des populations et de préserver les maigres ressources de l’Etat, le président de la République du Mali a engagé son gouvernement dans une lutte probante contre la corruption et la délinquance financière.

Alpha le diplomate

Sur le plan internationaliste, Alpha s’est surtout distingué par son engagement panafricaniste convaincu, à la Commission de l’Union africaine (UA) qu’il conduit durant deux mandants au cours desquels l’ancien président du Mali a posé des actions honorables dans la gestion des grandes crises qui assaillent notre continent.

Rentré au pays de façon honorable, Alpha contrairement aux mauvaises langues, dit à celui qui veut l’entendre « Je ne suis pas partant pour 2012 ». Cependant, il entend poursuivre son combat pour plus de justice, de démocratie et de développement.

Amadou Waïgalo

 

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EPILOGUE

Le parcours en dents-de-scie de l’Adéma

L’Adéma, l’Alliance pour la démocratie au Mali fut une association avant de devenir un parti politique après les événements de mars 1991 lorsque le pluralisme politique fut enfin autorisé comme l’exigeaient les acteurs du mouvement démocratique.

Son baptême comme une association survint après celui d’une autre, celle des juristes et des hommes de loi, le Cnid (Comité national d’initiative démocratique), qui, elle aussi, se transforma en parti politique dans les mêmes conditions. En tant qu’association, tout comme le Cnid, son objectif fut de lutter contre l’autocratie du général Moussa Traoré et d’instaurer le multipartisme, étant entendu que jusque-là le pays n’avait connu que le règne sans partage d’un parti unique constitutionnel dénommé UDPM (Union démocratique du peuple du Mali).

Ces deux associations avaient vu le jour dans un moment de manque de vigilance de l’UDPM alors débordée de tous les côtés par les nombreux problèmes économiques et sociaux que traversait le pays et que le régime, très autoritaire, de Moussa Traoré ne pouvait efficacement juguler. Mais, les contraintes de la lutte contre la dictature imposèrent à l’Adéma (association) de ne pas faire de la ségrégation dans le choix de ses militants et de s’ouvrir à tous les adversaires de l’autocratie.

La transformation de l’association en parti politique au lendemain de mars 1991 se fit à peu près de la même manière, c’est-à-dire que le futur parti laissa la porte ouverte à tout le monde, révolutionnaires comme contre-révolutionnaires dont de nombreux cadres de l’ancien régime. De la sorte, les révolutionnaires de la veille furent rejoints par ceux du lendemain et même se laissèrent dominer par eux dans de nombreuses structures du parti. L’essentiel fut, aux yeux des responsables de l’époque, de faire du remplissage, de réunir le plus grand nombre possible d’électeurs et de remporter les échéances électorales à venir.

Dès cette époque, le parti draina en son sein un fort courant d’opportunistes et d’affairistes qui n’attendaient que le moment propice pour retourner la situation en leur faveur parce qu’en tant que privilégiés de l’ancien régime, ils n’entendaient pas, au nom d’une révolution qui ne leur disait rien, abdiquer de leurs prérogatives et faire marche arrière.

Après la chute de la dictature en mars 1991, les élections présidentielles d’avril 1992 virent la victoire du candidat de l’Adéma sur ceux des autres formations politiques dont celles ressuscitées de la lutte pour l’indépendance (US-RDA, UFP, PDP, etc.) ainsi que des indépendants. Pendant une décennie (1992, 2002), l’Adéma eut la lourde charge de conduire les destinées du pays. Ses débuts ne furent pas faciles à cause des problèmes économiques énormes et presque insolubles, de la fragilité des nouvelles institutions, mais et surtout à cause des rancœurs politiques des perdants qui mirent du temps à reconnaître le nouveau pouvoir.

En dépit du fait que le 1er gouvernement formé fut ouvert à tous, les mécontentements ne se turent pas et allèrent grandissant. En moins de 3 mois, deux Premiers ministres défilèrent à la tête du gouvernement sans apporter la solution aux problèmes posés. La stabilité politique ne vint qu’avec l’avènement d’Ibrahim Boubacar Kéita en 1994 et qui resta à la barre jusqu’en 2000 où poussé vers la sortie, il dut se résoudre à la démission.

En avril 1997, le paroxysme de la contestation politique fut atteint avec l’élection présidentielle que beaucoup de formations politiques coalisées au sein du Coppo (Collectif des partis politiques de l’opposition) boycottèrent, laissant la victoire au candidat de l’Adéma opposé à celui d’un petit parti politique, le PUDP.

La gestion de la victoire acquise dans ces conditions fut de tous les dangers en raison de toutes les corporations. Pendant ce temps, les rangs du parti étaient minés par des divisions et des dissensions de toutes sortes. Au congrès de 1994, apparut une 1re scission, celle de Mamadou Lamine Traoré, qui le quitta et créa le Miria, emmenant dans son sillage tout le clan de Varsovie. En 1993, le chef du gouvernement, Ibrahim Boubacar Kéita, à son tour, contesté, opta pour la rupture et créa le RPM en 2000.

Son départ marque la fin de l’unité au sein du parti avec l’abandon par calcul de la notion de candidat naturel du parti à la présidentielle. Président du parti et candidat potentiel à l’élection de 2002, cette position lui fut contestée. La notion de candidat naturel fut donc mise à la poubelle et on opta pour une formule nouvelle : la convention selon laquelle tous les militants du parti avaient le loisir de se porter candidat.

Effectivement à la convention de 2001, ce fut Soumaïla Cissé qui obtint les faveurs des délégués (à coups de millions de F CFA, dirent les témoins) au détriment de Soumeylou Boubèye Maïga pourtant bien placé. Mais battu en 2002 par ATT comme dans une conspiration nationale, dégoûté, Soumaïla Cissé quitta le parti avec ses partisans et créa l’URD (l’Union pour la République et la démocratie).

Au total par le jeu de la politique politicienne, trois grands partis politiques sont issus de l’Adéma : le Miria, le RPM et l’URD. Le comble est que ces scissions ne découlent pas de divergences profondes, mais plutôt de coups bas et de frustrations suscitées par le sommet du parti. D’ailleurs, sur le plan idéologique tout fut flou à l’Adéma de 1992 à 2002 et Alpha Oumar Konaré gouverne sans programme.

Après 2002, l’Adéma, quoique majoritaire, ne fut plus que l’ombre d’elle-même avec une direction fébrile remorquée au chef de l’Etat pour plus de fidélité. Incapable (en fait, il lui fut interdit) de présenter un candidat en 2002, le parti ne fut qu’apporter son soutien à ATT et se vanter de cette pauvre victoire. En récompense à ce coup tordu à la démocratie, on lui octroya la présidence de l’Assemblée nationale.

L’actuel chef de l’Etat n’étant pas candidat pour 2012, l’Adéma présentera sûrement un candidat. Son accompagnement incompréhensible d’un simple indépendant au détriment de son propre candidat en 2002 a dérouté les 3/4 de ses militants qui ne font plus confiance à la direction du parti et restent dans l’expectative.

Yiriba

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ADEMA D’HIER A AUJOURD’HUI

Entre incompréhensions et intolérances

De sa création à nos jours, l’Adéma demeure l’une des formations politiques les mieux implantées sur le territoire. Après avoir dirigé le pays pendant une décennie, l’Adéma est à la croisée des chemins entre incompréhensions et intolérances des militants au sommet.

L’Adéma/PASJ est l’aboutissement des longues années de luttes, ouvertes ou clandestines, de patriotes maliens pour une société démocratique, de justice sociale et de développement harmonieux. Tout a commencé le 19 novembre 1968 quand un groupe d’officiers de l’Armée nationale, au nom d’un Comité militaire de libération nationale (CMLN), s’empare du pouvoir en renversant le régime du président Modibo Kéita, premier président de la République.

Vingt-trois ans durant, le pouvoir militaire allait briller par son refus de toute opposition, son refus de tolérer tout mouvement indépendant à caractère syndical ou tout simplement de luttes pour les valeurs démocratiques. Le 20 novembre 1968, un appel dans ce sens avait été lancé par le Parti malien des travailleurs (PMT). Ce parti avait, en outre, initié, sur le front social et culturel, certaines activités dont la mission, à travers la science et la culture, était l’éveil de conscience des intellectuels et autres travailleurs.

La nécessité d’une unité d’action des forces démocratiques et patriotiques du Mali, pour l’avènement d’une société juste et démocratique, amenait alors trois organisations : le Parti malien des travailleurs (PMT), le Parti malien pour la révolution et la démocratie (PMRD) et le Front démocratique et populaire malien (FDPM) à se rencontrer à Thiaroye (Sénégal), le 20 janvier 1986, pour mettre en place un front unitaire dénommé Front national démocratique et populaire (FNDP).

C’est suite à cette volonté et à la nécessité, pour les partis clandestins, d’avoir une façade légale sous forme d’associations démocratiques que fut créé l’Adéma association. L’émergence de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) fut rendue possible grâce à l’adhésion des patriotes à l’idée de l’unité d’action des forces démocratiques. Au sein de l’Alliance, on notait six composantes majeures.

Il s’agit tout d’abord de l’Union soudanaise/Rassemblement démocratique africain (US-RDA), le parti de l’indépendance, suspendu à la suite du coup d’Etat, ses principaux leaders avaient été emprisonnés par le régime militaire. Entré en clandestinité, ce parti ne fera aucun compromis ni avec le CMLN ni avec l’UDPM.

Géant aux pieds d’argile ?

Le Parti malien pour la révolution et la démocratie (PMDR), composé majoritairement de jeunes cadres issus des rangs de l’US-RDA. Il poursuivra l’œuvre de ce parti sous cette dénomination. Le Parti malien du travail (PMT), d’obédience marxiste-léniniste, il était déjà, avant le coup d’Etat de 1968, en semi clandestinité. Le Front démocratique et populaire malien (FDPM), composé d’opposants maliens résidant à l’extérieur et d’exilés politiques, de patriotes indépendants qui n’ont jamais appartenu à un groupe clandestin mais qui furent présents sur tous les fronts de la lutte politique et syndicale.

Enfin toutes ces Maliennes et tous ces Maliens acquis aux valeurs fondamentales de la liberté et de la démocratie qui n’ont jamais choisi la clandestinité et qui se sont battus au quotidien pour faire aboutir la lutte commune.

Après la chute du régime militaire le 26 mars 1991, l’Adéma, qui était jusque-là une association, est érigée en parti. Le Parti africain pour la solidarité et la justice est né le 25 mai 1991 avec à sa tête Alpha Oumar Konaré. Celui-ci devient, à la suite d’élections, le président de la IIIe République en 1992. Il sera réélu pour un second et dernier mandat en 1997 conformément à la Constitution de février 1992.

De sa création à nos jours, le parti aura été l’une des formations politiques la mieux implantée sur le territoire. Après avoir dirigé le pays pendant une décennie, l’Adéma est à la croisée des chemins entre incompréhensions et intolérances des militants au sommet. A la présidentielle de 2002, Soumaila Cissé est officiellement candidat du parti, mais contre toute attente, d’autres membres du comité exécutif du parti vont se porter candidat.

Le parti est fragilisé, car dépourvu de l’un de ses dirigeants charismatiques en l’occurrence Ibrahim Boubacar Kéita président du parti considéré à l’époque par une certaine opinion comme le candidat naturel et successeur d’Alpha Oumar Konaré, a fini par jeter l’éponge suite à la « clanisation ». Malgré tout Soumaïla Cissé arrive au 2e tour contre ATT, qui a remporté finalement la victoire. Comme on pouvait s’y attendre l’Adéma venait d’accoucher pour la 2e fois aux forceps : l’URD est créée par Soumaïla Cissé après le RPM d’IBK.

Ce qui fera qu’en 2007, l’Adéma, mal inspirée et faute de leaders charismatiques, n’était pas partante pour présidentielle, ouvrant la voie d’un second mandat à ATT.

Idrissa Sako

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CRISE FINANCIERE

Panique et grain de sel africain

Peut-on vraiment parler de l’Afrique quand la finance internationale tremble pour son avenir ?

Il y a quelque chose de franchement mystérieux chez les dirigeants africains : croire qu’ils font partie du concert des nations qui comptent dans notre monde. Il y en a qui se pètent vraiment les bretelles…

A l’occasion du 12e Sommet de la Francophonie, j’ai vu et entendu un chef d’Etat africain (je vous le jure, ce n’est pas ATT), encore dépassé par l’honneur de se faire inviter en direct par une télévision anglaise du Canada (les médias locaux ignorent généralement ce genre de beuveries) pérorer sur le thème de la crise économique mondiale.

Ce président qui ne comprend absolument rien à l’économie est incapable de faire la différence entre des actifs et des passifs, s’inquiétait, grosso modo, de la persistance de cette crise et de ses effets sur les économies africaines. Il pense d’ailleurs que la raclée que subissent les Bourses mondiales aura un impact sur la croissance économique de sa république de bananes et que les « grands indicateurs macro-économiques » (il faut donner un peu dans le langage savant) seront longuement affectés. Et notre héros du jour de poursuivre dans l’énumération d’autres lieux communs et clichés éculés. Toujours affublé de ce sourire de laquais qui distingue le receveur quand il se trouve en face du donneur…

Après plusieurs minutes de laisser-aller et de hochements mécaniques de tête, la journaliste se décide à poser de vraies questions à ce curieux roitelet des tropiques un peu obèse malgré la famine qui frappe son pays : « Concrètement, comment votre pays sera touché par cette crise ? » Un peu sonné par la précision de la requête, notre vaillant chef bafouille quelques mots avant de lâcher : « La crise, en diminuant les possibilités financières des pays donateurs, aura un impact sur l’aide internationale. Nous recevrons moins d’argent de nos amis du Nord ».

Il aligne ces mots en se fendant d’un nouveau large sourire de gamin comme dirait PPDA. La journaliste n’a pas osé lui demander ce qu’il avait fait de l’aide déjà reçue depuis des années qu’il trône au palais présidentiel de son pays.

Je suis fasciné par la capacité incroyable des Africains de s’approprier les problèmes des autres, de sauter dans n’importe quel débat et de tirer des conclusions bâclées alors que des experts peuvent les instruire utilement sur le sujet. Quand on parle de « crise financière mondiale », il s’agit d’un phénomène qui frappe les pays qui comptent, les pays qui, vraiment, ont une importance économique, de vrais pays.

Je pense aux USA, à l’Allemagne, au Japon, à la France, à la Chine, au Royaume-Uni, etc. Cette crise économique frappe des pays industrialisés ou développés, certaines nations que l’on classe déjà dans la catégorie de la post-modernité, des acteurs émergents ayant une masse critique de consommateurs. Or, que constate-t-on quand on parle de l’Afrique ?

L’ensemble du continent ne représente qu’à peine 0,4 % des flux financiers mondiaux et à peine 1 % (un) du commerce mondial. Un micro-Etat comme la Belgique, avec à peine une dizaine de millions d’habitants, à un flux commercial plus élevé que l’ensemble de l’Afrique au Sud du Sahara ! Nous ne recevons même pas 5 % des investissements étrangers directs. A part l’Afrique du Sud principalement et dans une moindre mesure l’Egypte, les Bourses de valeurs mobilières du continent relèvent plus du musée de la caisse d’épargne que de l’instrument moderne de transactions.

Nos banques et établissements financiers sont dans un Etat si rudimentaire qu’ils doivent passer par la France pour faire des transactions avec l’étranger. La titrisation, une des causes principales de la débâcle de Lehman Brothers ou Wachovia, est inconnue de nos banquiers. Les banques d’investissement n’existent pas et ne parlons même pas du commerce des produits dérivés. Les Banques de nos places sont en fait, plus proches de guichets tenus jadis par les usuriers que des vrais instruments de développement.

Elles ne font pas de prêts interbancaires, pratiquent des taux prohibitifs et à très court terme et pire, la quasi-totalité des établissements viables sont des antennes de sociétés financières appartenant à l’ancien colonisateur et plombées par nos lois locales. Pensez seulement qu’en 2008 encore, ouvrir un simple compte courant dans nos banques est considéré comme un signe de progrès alors que les sans-abri des pays développés ont ce droit !

Alors, en quoi l’Afrique sera frappée par la crise financière mondiale alors qu’elle est en marge de l’économie mondiale ? Bien sûr, certains parlent du tarissement de l’aide internationale, mais entre-nous, à voir les résultats de cette « aide » depuis 50 ans, qui pourrait montrer des résultats tangibles ? Malheureusement, le délire et l’empressement à se croire importants a occulté le vrai défi auquel fait face le continent : la famine. Et la vraie crise : la crise alimentaire.

Le directeur général de la FAO a des raisons de s’indigner : depuis des mois, il cherche en vain 10 milliards de dollars pour combattre cette calamité et n’a reçu qu’à peine 700 millions des pays qui se disaient incapables de trouver de grosses sommes. Pourtant, ces mêmes pays, comme par magie, ont trouvé plus de 1000 milliards de dollars (500 000 milliards CFA) en trois semaines pour soutenir leur économie.

La leçon qu’il faut tirer de cette réalité, c’est que l’Afrique ne comptera réellement dans la marche du monde que le jour où, économiquement, elle aura un poids. Le jour où ses dirigeants arrêteront de brailler comme des madeleines et comprendront que l’argent ne pousse pas dans les arbres et que la richesse se crée. L’Afrique changera le jour où, pour construire un dispensaire ou un poulailler, nos dirigeants cesseront de quémander les fonds à droite et à gauche.

On tiendra compte de l’Afrique quand la corruption, le vol, l’impunité et l’insouciance feront place à une gestion rigoureuse, à la méthode et à l’organisation. En attendant, l’invité du jour qui parlait à la télévision continuera à vivre de ses illusions. Et, au fait, il a conclu ainsi son interview, l’innocent : « Je suis très content de visiter le Canada, un beau et généreux pays où il fait bon vivre ! » Eh, oui ! C’est le travail et le sérieux qui en ont fait un beau et généreux pays. Pas la mendicité et la prévarication érigées en système de gouvernement.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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