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2008

Mois de Novembre

Les Echos du 21 Novembre

 

FORUM MONDIAL SUR LA SANTE

Au revoir Bamako, Cuba en mire !

L’Appel à l’action de Bamako en 23 points a sanctionné les travaux des assises mondiales sur la recherche pour la santé, mercredi en fin d’après-midi au CICB.

C’est Cuba qui accueillira, du 16 au 20 novembre 2009, la prochaine conférence mondiale sur la recherche pour la santé. Ainsi en a décidé le Forum de Bamako sur lequel les lampions se sont éteints mercredi après-midi au Centre international de conférences de Bamako.

La déclaration consensuelle dite « l’Appel à l’action de Bamako » en 23 points qui en est ressortie est le résultat de 3 jours de travaux et de débats fructueux entre 75 délégations et près de 1000 participants au Forum. Celui-ci a enregistré 34 sessions et une forte participation. Le tout visant à faire avancer la vision commune des sommités dans le monde scientifique autour de la recherche pour la santé, le développement et l’équité.

En souscrivant à « l’Appel à l’action de Bamako », les assises reconnaissent la nécessité de continuer à soutenir et à bâtir sur les progrès réalisés depuis le sommet ministériel de Mexico sur la recherche en santé en 2004. Ils conviennent également qu’une plus grande équité dans la recherche pour la santé est nécessaire. Seule une faible proportion des dépenses mondiales pour la recherche est consacrée aux défis en santé affectant de manière disproportionnée les pauvres, les marginalisés et les désavantagés, etc.

Il reste donc entendu que chaque partie prenante doit s’approprier la déclaration consensuelle en vue des actions diligentes, cordiales et efficaces. A ce niveau le ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré, qui était face à la presse en compagnie des partenaires a donné des apaisements. Il a promis que le Mali ne décevra pas dans la mise en œuvre des recommandations et résolutions du Forum ministériel.

« Le Mali va jouer sa partition dans la mesure où nous disposons dans le domaine de la recherche de centres de recherche et d’instituts de recherche qui ont été salués par la communauté scientifique internationale » , a-t-il souligné.

C’est dire qu’en termes d’application des recommandations de l’évènement mondial, notre pays ne sera pas à la traîne. Le même engagement a été pris par le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en ces termes : « Le suivi aura lieu dans quelques mois par l’OMS ».

Avec « l’Appel à l’action de Bamako », c’est un nouveau départ qui vient d’être enclenché en faveur de la promotion de la recherche pour la santé non seulement dans les pays africains mais dans le monde.

Mohamed Daou

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PROTOCOLE D’ACCORD ETAT/UNTM

Augmentation de 5 % des salaires

La majoration prochaine des salaires de 5 % concerne l’ensemble des fonctionnaires, agents de l’Etat et des collectivités territoriales qui émargent au budget de l’Etat.

Dans le cadre de la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 18 juillet 2007 entre le gouvernement, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), un projet de décret a été soumis à l’approbation du conseil des ministres du mercredi 20 novembre 2008.

Le protocole d’accord du 18 juillet prévoit en son point n°19 d’accorder une augmentation générale de 5 % des salaires aux travailleurs des secteurs public et parapublic à partir du 1er janvier 2009.

En janvier 2008, la même augmentation des salaires de 5 % avait été consentie dans le cadre de la hausse générale des traitements à 10 % sur la période 2008-2009. Du coup, c’est la valeur du point d’indice des fonctionnaires qui augmente de 315 à 330,75.

Il faut noter que cette augmentation va concerner aussi des agents contractuels de l’Etat relevant du code du travail ainsi que ceux des enseignants contractuels des collectivités territoriales dont les salaires sont à la charge du budget de l’Etat.

Amadou Waïgalo

 

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DIPLOMATIE AMERICAINE SOUS OBAMA

Les chantiers du changement

Barack Obama veut redorer le blason terni de la diplomatie américaine grâce à une politique d’ouverture et de dialogue sans condition.

“Il y a des menaces auxquelles il faut faire face et des alliances à nouer” , a affirmé Barack Obama, une heure seulement après la proclamation de sa nette victoire en cette nuit mémorable du 4 novembre dernier. Bien qu’étant heureux, l’homme avait sans doute, en marge des autres difficultés, une pensée profonde pour la diplomatie américaine, réduite à sa simple expression ces derniers temps.

La mission principale de l’administration Obama sera sans doute de restaurer le leadership américain à travers une politique extérieure efficiente et cohérente, basée sur les valeurs cardinales, qui avaient permis aux Etats-Unis de s’illustrer dans les relations internationales. En la matière, les démocrates promettent de rompre avec le présent en ne mettant qu’en valeur une chose : le dialogue, rien que le dialogue “avec les amis et les ennemis”.

Cet état d’esprit ne souffre d’aucun doute. L’absence de dialogue nous “empêche de progresser et complique l’adhésion internationale au leadership américain. Sur les challenges variant du terrorisme aux maladies, du nucléaire au réchauffement climatique, nous ne pouvons progresser, à moins que nous bénéficions d’une forte aide internationale”, a défendu Obama, surtout pendant ces 20 derniers mois.

Tout en mettant en confiance les futurs interlocuteurs, ce changement radical se veut l'incarnation de la volonté des USA de trouver un dénouement heureux et pacifique à toute divergence. Et l’une des expressions de ce vœu sera l’expansion des services extérieurs du pays à travers l’ouverture de nouveaux consulats dans d’autres pays.

La Russie sera certainement l’un des premiers coups d’essai de cette arme qu’est le dialogue. Croyant à un non-retour à la Guerre froide, le duo Obama-Biden entend entretenir des relations saines avec le pays de Lénine, sans compromettre les intérêts des USA. Cela passera partiellement par le respect des principes de souveraineté des alliés des USA en Europe et la gestion à l’amiable des tensions avant qu’elles n’escaladent. Aussi, le pays abordera-t-il avec la Russie les questions sensibles de l’heure comme le nucléaire, la lutte contre le terrorisme, l’allégement de la dépendance à l’énergie russe des partenaires américains dans la région.

Le dialogue prévaudra également pour Israël, l’Iran et la Corée du Nord. L’Etat hébreu bénéficiera d’un soutien infaillible des USA tandis que les deux derniers auront des échanges “sans pré-condition” avec Washington. Ce qui sera certainement en adéquation avec le souhait de la France, dont le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, a récemment déclaré que “la personnalité d’Obama pourrait faire la différence” dans la gestion de ces différents dossiers.

L’Irak et l’Afghanistan seront des tests grandeur nature pour la nouvelle administration. Après une “réflexion approfondie et une visite de terrain dans les deux pays”, l’homme hybride compte “en toute responsabilité mettre fin à cette guerre en retirant les troupes américaines d’Irak en 16 mois, soit en été 2010”. Et le futur secrétaire à la Défense, appuyé par les chefs militaires, sera commis à cette tâche dès sa prise de fonction. Le retrait, qui s’effectuera en différentes phases, se fera “avec précaution”, précise l’homme historique.

Un atout : Joe Biden

Toutefois, selon le plan Obama-Biden, des militaires américains resteront en Irak pour mener des missions anti-terroristes contre Al-Qaïda sur place et dans la région et protéger les civils irakiens ainsi que les diplomates américains. “Ces militaires ne constitueront pas une base en Irak, mais y continueront les efforts de formation et de soutien aux forces de sécurité irakiennes jusqu’à la réconciliation des leaders politiques et à la fin du clanisme”.

S’il sera question de retrait d’Irak, il n’en sera pas de même pour l’Afghanistan. Obama entend renforcer les troupes américaines dans ce pays, tout en s’assurant que “les civils et les villages seront sains et saufs”. Dans ce même état d’esprit, le centre de détention de Guantanamo, qui contraste avec les principes démocratiques et la défense des droits de l’Homme par les USA, sera fermé. Même s’il a jusqu’à présent fourni peu de détails sur le mode de fermeture de cette prison, l’ancien sénateur d’Illinois l’a décrit comme “un chapitre malheureux dans l’histoire des USA”.

Comme toutes ces guerres sont contre le terrorisme et les armes nucléaires, les désormais ex-sénateurs (Obama et Biden) entendent œuvrer dans le sens du renforcement des lois et des conventions nationales et internationales en matière de terrorisme et de prolifération des armes nucléaires aux “régimes dangereux”.

Si Barack Obama dispose d’un atout dans la mise en œuvre de son ambitieuse politique extérieure, c’est bien sûr son futur vice-président Joseph Robinette Biden, communément appelé “Joe Biden”. Sénateur du Delaware depuis 1972 quand il n’avait que 30 ans, l’homme a longtemps été membre de la Commission des relations extérieures au Sénat américain avant d’en être le président jusqu’à son élection comme vice-président.

M. Biden, qui s’est beaucoup battu pour une diplomatie de référence, a une expérience avérée dans ce domaine. Il l’a prouvé tout au long de la campagne et contre sa rivale Sarah Palin, dans l’unique débat entre les nominés à la vice-présidence des USA. D’ailleurs, c’est l’une des explications au fait que le futur locataire de la Maison Blanche a jeté son dévolu sur lui parmi une pléiade de prétendants.

“Biden apporte une grande expérience des relations extérieures et une approche directe au travail bien fait” , avait expliqué l’équipe de campagne d’Obama après l’annonce de son choix. Dans ses premières interventions avec sa nouvelle étiquette de candidat, le double prétendant à la nomination du parti démocrate (1988 et 2008, même s’il s’est retiré prématurément) a laissé entendre qu’on ne peut bâtir une bonne diplomatie sans “dialogue. Il faut vous asseoir à table et discuter”.

Une certitude : Joe Biden jouera un rôle prépondérant dans la conduite de la diplomatie américaine pendant ce premier mandat d’Obama. Et le nouveau ou la nouvelle secrétaire (probablement Hillary Clinton) d’Etat prêtera à cet homme chevronné une oreille attentive, non pas seulement en tant que vice-président des USA, mais en tant qu’expert en la matière.

Ogopémo Ouologuem

(USA)

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BONNE GOUVERNANCE

Un symposium pour baliser le terrain

« La gouvernance, la reddition des comptes et l’information sur la performance » est le thème d’un symposium ouvert lundi et qui réunit inspecteurs économiques, députés, cadres des services de contrôle interne et externe, des agents du bureau du Vérificateur général et représentants de la société civile.

Pendant quatre jours, les participants au symposium vont identifier et définir de nouveaux éléments en matière d’intégrité des titulaires de charge publique ; d’intégrité des processus de prise de décision et d’information et communication sur le rendement des entités publiques.

« Le Mali a fait de la gouvernance un axe majeur de sa politique de développement », a affirmé le Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, à l’ouverture des travaux. Il a salué la tenue du symposium. Pour lui, la reddition des comptes, qui désigne l’obligation incombant aux gestionnaires de rendre compte de leur gestion, est un des piliers de la bonne gouvernance.

Sidi Sosso Diarra a indiqué que la reddition des comptes donne l’occasion aux citoyens d’apprécier la façon dont les fonds publics sont collectés et dépensés et ainsi de se faire une idée sur l’efficacité du gouvernement. « L’atelier permettra de renforcer notre compréhension des différents concepts de gouvernance et de reddition de comptes », a-t-il conclu.

Ouvrant les travaux, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Maharafa Traoré s’est également réjoui de l’initiative du BVG, du CCAF-FCVI, la Fondation canadienne pour la vérification intégrée, organisateurs du symposium.

Le ministre a estimé que ce symposium permettrait de faire des recommandations et suggestions pour l’émergence d’un véritable renouveau de l’action publique en matière de gouvernance.

Denis Koné

 

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COTONCULTURE EN AFRIQUE DE L’OUEST

Le coton bio maintient l’espoir

La capitale du Burkina Faso accueille, depuis le dimanche 16 novembre 2008, la réunion annuelle du Comité consultatif international du coton. Cette instance rassemble la plupart des Etats producteurs et consommateurs. Cette rencontre a relancé le débat sur l’avenir de la cotonculture dans le monde. Cela au moment où des pays comme le Mali veulent privatiser ce secteur au grand dam des rares paysans qui croient encore que le coton peut redevenir l’or blanc pour la sous-région.

« La filière du coton africain en crise »  ! C’était le titre de la « chronique des matières premières » de RFI le 14 novembre 2008. C’était à la veille de l’ouverture d’une importante réunion sur la question à Ouagadougou. Une rencontre qui intervient dans un contexte extrêmement difficile pour la filière en Afrique de l’Ouest. En effet, face à la chute vertigineuse des prix d’achat, de nombreux paysans ont abandonné la culture du coton. C’est dire que le coton n’est plus ce qu’il était dans les années 1980 et 1990 : l’or blanc ! A la place des bénéfices, de nombreux paysans se retrouvaient endetter à la fin des campagnes commerciales. D’où la multiplication des abandons. Ce qui fait que, cette année, un pays comme le Mali n’attend que 80 000 tonnes de coton fibre contre 300 à 600 000 tonnes les années fastes.

Endettés, affamés, les cotonculteurs se sont retournés vers la production céréalière. Surtout que la flambée des produits agricoles laisse entrevoir un destin plus réjouissant pour eux. Crise alimentaire aidant, il est aujourd’hui réaliste de vouloir tirer un revenu décent des cultures vivrières comme c’est le cas cette année au Mali. Mais, comme le dit le chroniqueur de RFI, « le modèle du développement par le coton n’est, pourtant, pas remis en cause par les Etats car la fibre fait marcher de nombreux secteurs comme les transports, les banques, les usines d’égrenage et les huileries ». Même si cela reste à vérifier sur le terrain, il est indéniable que nos Etats soutiennent le redressement de la filière car elle a, un moment, contribué à maîtriser l’exode rural et à relativement améliorer les conditions de vie dans les zones de production.

Si la volonté est la même, les stratégies sont différentes. Au Mali, « où la société cotonnière est sans doute la plus mal en point », selon RFI, les autorités ont inexorablement opté pour la privatisation pour relancer la filière. La récente nomination d’un responsable de la Mission de restructuration du secteur, Tiéna Coulibaly à l’occurrence, va en tout cas dans ce sens. Il aura sans comme principale mission de boucler rapidement et avec succès la privatisation de la Compagnie malienne du développement des textiles (CMDT).

Sous l’emprise de la crise financière

Ce qui est sûr, la relance de la filière ne sera pas une sinécure pour ceux qui sont chargés de cette redoutable mission. En effet, le secteur n’échappe pas aux effets négatifs de la crise financière internationale qui affecte l’économie mondiale. Celle-ci entraîne la chute des cours et la consommation de coton. Il y a environ deux semaines, le cours fixé à New York est tombé à son plus bas niveau depuis 2005, c’est-à-dire en dessous du seuil des 45 cents la livre pour le contrat de décembre 2008.

Et les analystes financiers conseillent que, « il ne faut pas compter sur ceux qui l’ont porté artificiellement au firmament, au mois de mars 2008, pour redresser la barre : ils se sont volatilisés ». Il s’agit naturellement des investisseurs qui ont accéléré la liquidation de leurs positions acheteuses quand la débâcle financière s’est déclenchée à la mi-septembre 2008. Ce qui fait que sur le marché du coton, comme le dit un expert du commerce international, « les fondamentaux ont repris le dessus pour tirer les cours vers le dessous. Il est alors devenu encore plus difficile de sortir le coton africain du marasme dans lequel il se trouve aujourd'hui ».

Comme l’automobile ou la sidérurgie, le textile est touché de plein fouet par la crise économique. Ce qui explique le très net ralentissement de la demande. Et si l’on se réfère au calendrier de la cotonculture, l'espoir n'est pas à attendre du côté de l’offre. En effet, la récolte américaine est déjà annoncée. Sans compter que même si la quantité baisse par rapport à 2007, l'offre abondante du premier exportateur au monde (Etats-Unis) de fibre pèsera lourdement sur le marché.

Quel avenir en Afrique de l’Ouest ?

Sur l’avenir il y a encore pour le coton, il sera sans doute biologique. Malgré le retrait des paysans de la culture du coton, on constate que la production de la fibre biologique est en nette croissance dans des pays comme le Mali. Mieux, elle a désormais le soutien des bailleurs de fonds. Ainsi, en octobre dernier, on apprenait que l'Agence française de développement (AFD) a accordé une subvention de 4,5 millions d'euros destinée au Projet d’appui au  développement du coton équitable et bio-équitable en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Mené par l'Association des producteurs de coton africains (Aproca), ce projet a comme objectif de développer la production du coton et de textiles issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique. Il s’agit aussi, par ricochet, « de promouvoir le coton africain sur le marché mondial ». L’avantage du coton bio, c’est qu’il n’est pas confronté à un problème d’écoulement car la demande est de loin supérieure à l’offre actuelle. Ce ne sont pas les paysans maliens et burkinabés qui diront le contraire car ils se frottent les mains aujourd’hui grâce à la culture du coton bio.

Dans la même mouvance, la région Bretagne en France et l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) viennent de signer un accord qui prévoit l'exportation jusqu'en 2010 de 3000 tonnes de coton bio-équitable depuis le Mali et le Burkina Faso. A l'origine de cet accord un double constat : quatre entreprises bretonnes de vêtements éprouvaient de grosses difficultés à s'approvisionner en coton biologique et équitable, alors qu'elles étaient disposées à payer un surcoût pour ce double label.

La bouée de sauvetage de la filière

Parallèlement, de nombreux producteurs de coton africains étaient étranglés par la chute des cours et la hausse des prix des engrais et des pesticides. Pour qu'ils puissent continuer à vivre de leur travail, le passage au coton biologique est apparu comme une solution. L'ONG suisse Helvetas, spécialisée dans la bio-agriculture, a alors mis les différents partenaires en relation afin de sécuriser la filière entre cotonculteurs africains et industriels bretons. La région Bretagne va ainsi financer, pendant trois ans, la reconversion à l'agriculture bio de 5000 producteurs maliens et burkinabés. Elle va investir pour cela plus de 342 millions F CFA (525 000 euros) et l'Uémoa va apporter de son côté 142 millions F CFA (218 000 euros).

Dix villages de la région de Fada N'Gourma (Burkina Faso) et vingt villages de la zone de la Haute vallée du Niger au Mali sont concernés par le projet. La culture et l'égrenage de « l'or blanc » se feront en Afrique, le filage à Fès (au Maroc) et à Laval (France). La fabrication des vêtements sera assurée par les quatre entreprises textiles bretonnes à l'origine de l'histoire. « Les pratiques seront celles du commerce équitable, tant du point de vue des conditions de travail que des revenus », insiste le Conseil régional de Bretagne.

L'histoire a donné raison à l'initiateur du coton bio. Opposé à cette culture, la CMDT s’est finalement rallié au coton bio. « Nous étions sceptiques au départ. Nous voulions savoir si c'est rentable. Maintenant, on sait que le coton biologique a sa place au Mali », a récemment reconnu un responsable de la CMDT. Aujourd'hui, cette compagnie s’est jointe à Helvetas pour faire la culture du coton biologique un moyen de lutte contre la pauvreté.

Aujourd’hui, au Mali, ils sont des milliers de producteurs, dont de nombreuses femmes, à s’engager dans la culture du coton bio. La production prévisionnelle pour la campagne 2008 est de 1200 tonnes. Les producteurs s'en tirent avec 306 F CFA par kilo contre 160 F CFA pour le coton conventionnel. Pour qui connaît l’intérêt croissant des consommateurs européens pour les produits bio, les autorités feraient mieux de suivre l’exemple de l’Uémoa et de ses partenaires en s’investissant réellement dans la vulgarisation de cette culture dans toute la sous-région.

Vieux Georges

 

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BAISSE DU PRIX DES HYDROCARBURES

Consommateurs et pétroliers gagnent leur compte

Les prix des produits pétroliers ont baissé à la pompe pour le compte du mois d’octobre 2008. La mesure prise par la Commission de mécanisme de taxation des prix est entrée en vigueur le mardi 18 novembre à minuit et rendue publique par le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo. Le Supercarburant sans plomb est passé de 695 à 680 ( 15 F CFA de moins), le Gas-oil, le DDO de 595 à 575 F CFA ( 10 F CFA de moins).

Devant la presse, la directrice générale de l’Office national des produits pétroliers, Mme Tapo Touga Nadio et son chef de division administration et statistique, Modibo Gouro Diall ont expliqué le mécanisme de baisse des prix. Selon la DG, la baisse continue du prix du baril sur le marché international leur a permis de rétablir tous les droits.

« Nous avons tenu compte du pouvoir d’achat des consommateurs, de la marge bénéficiaire des importateurs et des recettes de l’Etat sur les produits pétroliers » , a affirmé la directrice. Et d’ajouter que la Commission a par la même occasion, pu rétablir la marge des importateurs, la fiscalité de l’Etat et le droit des consommateurs. Ces derniers gagnent 552 millions de F CFA sur leurs dépenses en carburant tandis que les opérateurs pétroliers font un bénéfice de 713 millions de F CFA.

Pour ceux qui pensent que les prix doivent baisser consécutivement au prix du baril, Mme Tapo et M. Diall répondent que les deux phénomènes ne sont pas liés. « La structure des prix obéit à plusieurs facteurs et porte sur le produit raffiné et ses frais d’approche. On se base sur la cotation de la journée pour dégager la moyenne mensuelle », a indiqué la Dg de l’Onap. Celle-ci s’est gardée de se prononcer sur une baisse éventuelle pour le mois de novembre en estimant que tout dépendra du marché international et que cette décision ne lui appartient pas. Elle a toutefois la certitude que l’essence coûte moins cher au Mali que dans la sous-région en dépit des baisses enregistrées dans ces pays.

Abdrahamane Dicko

 

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