Les Echos du 3 Novembre
KOULOUBA
ATT remet les ex-otages autrichiens « bouches cousues »
A la cérémonie de remise samedi à la présidence de la République des deux ex-otages autrichiens aux autorités de leur pays, Koulouba n’a pas fourni la plus petite information sur l’identité des ravisseurs et a défendu à la presse de poser des questions aux otages libérés.
Enlevés il y a environ 10 mois, les deux otages autrichiens retenus dans la bande saharienne ont recouvert leur liberté le 30 octobre 2008. Il s’agit de Wolfgang Ebner et de Mme Andrea Kloiber. Rentrés vendredi dernier à Bamako, les deux ex-otages ont été remis le 1er novembre 2008 aux autorités de leur pays par le président de la République, Amadou Toumani Touré. C’est en spectateurs bâillonnés que les journalistes ont assisté à la cérémonie qui a eu pour cadre le palais présidentiel.
La remise a pris fin sur un sentiment de symphonie inachevée d’autant que les reporters n’ont pas eu la latitude de s’adresser aux ex-otages pour en savoir plus sur leur séjour chez leurs ravisseurs. Malgré l’insistance des confrères de rapprocher les otages libérés, Koulouba, à travers sa cellule de communication, s’est opposé.
Ayant compris le désir d’aller au-delà de leur compte rendu des formules protocolaires et autres salamaleks qui ont meublé la cérémonie, le président ATT après le départ de ses « hôtes » s’est prêté aux questions de la presse. Mais là aussi, le chef de l’Etat n’a pu étancher la soif d’information des uns et des autres : se bornant à dire que personne n’a payé ou reçu un kopeck pour obtenir ou s’impliquer dans la recherche d’une solution à la crise.
« Nous n’avons pas fait de transaction financière pour aboutir à la résolution de la crise. Le Mali n’a rien reçu et n’a rien donné pour faire une quelconque transaction financière. Et le Mali ne saurait être une plate-forme de transaction financière de libération des otages » , a tranché le président de la République, ajoutant que « nous avons payé de l’essence pour aller les chercher ».
La loi du silence
Le président Touré n’a pas nié le fait qu’une rançon aurait été demandée par les ravisseurs mais que le Mali dans lequel tout est prioritaire n’a pas suffisamment de ressources pour satisfaire cette doléance. Or, de l’avis général, la libération est intervenue après que quelqu’un eut payé.
Visiblement fatigués en dépit d’une bonne santé apparente, les deux ex-otages étaient selon Koulouba, à 1500 km de Gao sans compter les déplacements massifs qu’ils ont faits de la part de ceux qui les ont enlevés. D’ailleurs, au moment de leur remise aux premiers intermédiaires, Wolfgang Ebner et Mme Andrea Kloiber étaient à 1700 km de la Capitale des Askia.
Par ailleurs, le président de la République s’est réservé de tout commentaire sur l’identité des preneurs d’otages qui tantôt seraient au nord du Mali, tantôt au sud du pays. « Je ne peux pas parler exactement de l’identité de leurs ravisseurs et je me garde de parler de nom de pays. En tout cas, c’est des preneurs d’otages qui les ont enlevés », a-t-il expliqué. En réalité, les autorités maliennes ne savent rien de ces otages puisqu’elles n’ont jamais reçu à leur parler directement. Les différents échanges s’effectuaient toujours par personne interposée.
C’est dire qu’en empêchant la presse d’avoir des discussions avec les principaux intéressés qui ont vu et entendu, Koulouba n’a rien apporté de nouveau au débat. Quelle foi faut-il accorder aux arguments développés s’il est vrai qu’il n’y a jamais eu d’échanges directs entre les ex-otages et nos autorités ? Et que cherchait-on à dissimuler à l’opinion en ne faisant pas parler les otages libérés ?
Après avoir vécu des périodes particulièrement difficiles, Wolfgang Ebner et Mme Andrea Kloiber en compagnie des autorités autrichiennes se sont envolés pour l’Autriche où ils retrouveront leurs familles et amis.
Mohamed Daou
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POUR « BOOSTER » LA PRODUCTION AGRICOLE
La Libye aménagera « ses » 100 000 ha à l’O. N.
La mise en valeur par le gouvernement libyen de 100 000 hectares mis à sa disposition par le Mali dans la zone Office du Niger (ON), commercera par l’agrandissement du canal d’approvisionnement d’eau et du bitumage d’une route parallèle de 40 km dans la zone de Macina. Toutes choses bénéfiques à l’amélioration de la production agricole.
Pour mieux affirmer son ambition de faire de l’agriculture le moteur du développement, le Mali a mis à la disposition de la Libye 100 000 hectares dans la zone O. N. aux fins d’aménagement pour amplifier la production agricole. Voilà qui justifie la création de la société « Malibya Agriculture » en vue de concrétiser, apprend-on, les aspirations du président Amadou Toumani Touré et du Frère Guide Mouammar Kadhafi de la Libye dans le domaine de l’autosuffisance alimentaire.
Dédié au développement agricole du Mali « Malibya Agriculture » prévoit de grands travaux d’aménagements à l’O. N. en vue de la production de riz hydride dont les prévisions dépassent largement le rendement habituel à l’hectare. Ce sera en collaboration avec le Centre national chinois du riz hydride.
Pour donner un corps au projet qui est le point de départ de la réalisation de grands travaux agricoles, la société Malibya et l’entreprise chinoise CGC ont procédé le 31 octobre 2008 à Bamako à la signature d’un contrat relatif à l’agrandissement du canal de Boukouwéré dans la zone O. N. d’une longueur de 40 km avec une route parallèle qui fait la même distance.
Le canal a une capacité de 4 à 6 milliards m3 par an. Il comporte 3 compartiments : agriculture, élevage et industrie. Le coût de réalisation de ce premier volet est estimé à 55 millions de dollars US. L’aménagement de 100 000 hectares dans l’ON contribuera à l’augmentation de la production dans notre pays.
A ce jour, les études techniques sont bouclées. Le choix des cultures qui seront pratiquées est fait. Avec la signature du protocole d’accord pour le démarrage des travaux, le rêve des dirigeants de la Grande Jamahiriya et de la République du Mali se concrétise et met en exergue l’ambition des deux Etats de développer l’agriculture.
Pour l’ambassadeur de la Libye au Mali, S. E. Ali Mohamed, le projet d’aménagement de 100 000 hectares à l’ON ne fera que renforcer les liens de coopération et de fraternité qui existent entre les deux peuples. Qu’il s’agisse du Mali ou de la Libye, chacun en ce qui le concerne fonde beaucoup d’espoir sur le projet.
En apposant leur signature au bas du document, le DG de Malibya, Abjalil Youssef, et celui de la société CGC, M. Liu, ont exprimé leur satisfaction et leur confiance quant à la réussite du projet.
Projet stratégique pour la Jamahiriya et le Mali, la mise en œuvre de 100 000 hectares aura un impact certain sur le développement de notre pays au regard du nombre d’emplois qu’elle va générer et partant assurer l’autosuffisance alimentaire.
Mohamed Daou
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IL FAUT LE DIRE
Mirage ou espoir ?
Au lancement du Forum national sur l’éducation, le 30 octobre 2008, le président de la République a prononcé un excellent discours dont le plus grand mérite a été de tremper la plume dans la plaie béante de l’école malienne. Le chef de l’Etat a imputé la responsable de l’échec à tous et tracé des pistes de solutions aux problèmes posés. Sur la forme, il n’y a pas photo.
Seulement, on aurait applaudi des deux mains s’il était allé un peu plus en profondeur : en reconnaissant par exemple que la crise de l’éducation n’est à vrai dire qu’une des multiples manifestations de la crise de société que nous vivons présentement. Hélas !
Il est certain, vu l’expertise et l’engagement des uns et des autres, que les participants à la rencontre ont déjà proposé quelques solutions et recommandations pertinentes. Mais quels impacts réels en attendre dans un pays où chacun veut tout et tout de suite ? C’est certainement cela la quadrature du cercle.
Quelle nouvelle école veut-on bâtir avec la propension toujours affichée de certains parents qui, tout en sachant le niveau réel de leurs enfants, n’entendent pas les voir « distancés » par leurs camarades d’âge, et usent donc de subterfuges pour arriver à leurs fins, les autorités s’évertuant à gonfler les taux d’admission et de scolarisation ? Comme dans les autres secteurs de la vie publique, la corruption s’est durablement installée dans l’espace scolaire.
Gloire aux maîtres qui, en plus des moyens de coercition dont ils usaient à bon escient, en imposaient surtout par la qualité du savoir qu’ils transmettaient sans arrière-pensée, sans demander aux parents de délier les cordons de la bourse ! On craignait de les rencontrer dans les rues les jours fériés parce qu’on était alors sûr d’être le premier à savoir de quel bois ils se chauffaient au jour ouvrable suivant.
Aujourd’hui ? C’est peu de dire que cette époque est révolue ! Des « formateurs » sont à tu et à toi avec leurs élèves ou étudiants, le « vous » réglementaire est abhorré. Ils s’amusent ensemble, partagent les mêmes joies et peines. Parfois même des discussions « musocologiques » (trucs et astuces pour conquérir les filles) grignotent des minutes précieuses normalement consacrées aux disciplines essentielles. Et l’on s’étonne malgré tout de la faiblesse du niveau ! Que ce n’est pas une crise de société !
« Fo tan » ! Dans un pays où les valeurs positives sont délaissées au profit de la quête permanente du bien-être égocentrique, il y a de fortes chances que les bonnes dispositions ne rencontrent qu’insuccès. Il en est de l’éducation aujourd’hui comme de l’administration publique, de la justice, du sport, des rapports sociaux emprunts d’hypocrisie, etc.
Au demeurant, dans un monde devenu un village planétaire, où chacun sait ce que l’autre fait, à quoi correspondent nos Facultés et grandes écoles. L’IPR, l’ENI, l’Ecole de médecine et de pharmacie, qui ont contribué de beaucoup à vendre l’image de l’école malienne à l’extérieur, sont-ils les mêmes qu’hier. A quoi correspondent les Flash, Fast, Fseg, FSJP… alors que des formations porteuses, parce qu’au diapason de l’évolution du monde, sont totalement ignorées ?
Le certificat d’études primaires (CEP), le diplôme d’études fondamentales (DEF), le baccalauréat malien ont-ils leurs équivalents dans le monde ? Il en faut des forums pour nous sortir de l’ornière.
A. M. T.
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