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2008

Mois de Mars

Les Echos du 17 mars

 

LE JOURNAL « LES ECHOS » A 19 ANS AUJOURD’HUI

Toujours à l’avant-garde du combat démocratique

Ce 17 mars 2008, votre quotidien « Les Echos » fête ses 19 ans. Après avoir joué un rôle essentiel dans l’avènement de la démocratie au Mali, le journal demeure plus que jamais engagé dans la défense des libertés fondamentales et la lutte contre l’injustice, l’oppression et tous les autres maux qui affectent aujourd’hui la démocratie et la société malienne.

17 mars 1989-17 mars 2008 : cela fait aujourd’hui 19 ans que le journal « Les Echos » occupe le terrain du combat démocratique et d’émancipation du peuple malien. Dix-neuf ans de combat sans faille et sans répit. De 1989 à nos jours, le journal n’a cessé d’évoluer sans céder aux effets de mode ou se laisser distraire de sa mission par l’attraction des allées du pouvoir. Et pourtant, peu de gens misaient sur la longévité du journal. Ce qui se comprend aisément pour qui connaît le contexte de sa création.

En effet, ce journal est la traduction du courage de ses fondateurs qui avaient décidé de sortir de l’ombre pour combattre à visage découvert l’une des dictatures les plus féroces d’Afrique. Comme le disait El hadj Tiégoum Maïga, qui a dirigé le journal durant de longues années, ceux qui ont ouvert cette vitrine démocratique « ont pris le risque de lancer le journal, mais dans le strict respect de la loi. Les journalistes de Les Echos se sont lancés, à l'époque, dans une aventure dangereuse et avec peu de marge de survie ».

La publication engagée a connu des moments difficiles avant la naissance d’autres comme « Aurore », «  La Roue » et l’émergence réelle du Mouvement démocratique. « La presse est un baromètre de la démocratie et Les Echos en constitue une parfaite illustration », nous disait récemment un visiteur lorsqu’il a appris que nous y avons fait nos premiers pas dans la presse. Pendant dix-neuf ans, les animateurs du journal n’ont jamais failli à leurs engagements.

Certes, des erreurs de jugement ont souvent été commises comme dans toutes les œuvres humaines. Mais, ils n’ont jamais sombré dans l’acharnement gratuit ou le larbinisme. Leur plume a toujours conservé sa noblesse refusant de se fourvoyer au service du plus offrant.

Fleuron engagé du paysage médiatique

« La presse privée, à l'image de Les Echos, joue son rôle. Elle joue même le rôle de l'opposition politique aujourd'hui et c'est courageux, car même dans les pays développés, critiquer un gouvernant, c'est prendre des risques » , a reconnu Me Amidou Diabaté lors d’une conférence de presse marquant les 15 ans de ce fleuron du paysage médiatique malien.

Des générations se sont succédé dans la rédaction, mais c’est avec toujours la même flamme, le même professionnalisme et le même sens de l’éthique et de la déontologie. On comprend alors que « Les Echos » soit toujours resté à l’avant-garde du combat démocratique, de la défense de la justice sociale, de la promotion de l’équité et des valeurs fondamentales de la démocratie et de la société malienne. Il a toujours été en première ligne chaque fois que l’un des acquis fondamentaux de notre démocratie a été menacé : « la liberté d'expression » !

Et cela quel que soit le régime en place. Parce que, ce que les détracteurs du journal ne disent pas, c’est qu’il a été l’un des plus critiques de l’action gouvernementale sous Alpha Oumar Konaré, l’un des fondateurs du journal et de la Coopérative culturelle Jamana. Ce mérite est partagé car il est aussi à l’actif du premier président démocratiquement élu du Mali.

Même s’il en avait les moyens, il ne s’est pas appuyé sur le journal, comme on le croit, pour se mettre à l’abri. Ce qui se comprend aussi aisément car Alpha est de ceux qui pensent qu’un pouvoir, qu’un régime se nourrit aussi des critiques objectifs. Il a aussi compris que manipuler un organe de presse pour régler ses comptes politiques est un couteau à double tranchant, qui ne sert pas toujours.

Comme la presse malienne en général, « Les Echos » continue à offrir des espaces d'expression aux citoyens de plus en plus éprouvés par les difficultés socio-économiques et dépités par la démission de la classe politique de sa mission de consolidation de la démocratie.

Conscients que la presse doit jouer un rôle de sentinelle en rappelant les promesses du pouvoir et dénonçant les injustices, les abus de pouvoir et tous les autres maux qui menacent aujourd’hui notre démocratie, nous resterons à l’avant-garde du combat démocratique. Et cela, pour paraphraser l’hymne des pionniers du Mali, « même s’il faut notre sang » !

Alphaly

 

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IL FAUT LE DIRE

C’est gâté waye !

Quand un président de la République, interpellé sur la cherté du riz malgré des facilités d’importation accordées à une poignée d’opérateurs économiques, exhibe un reçu pour prouver qu’il l’ait aussi acheté au même prix que le citoyen lambda qui n’a pas le même niveau de revenu que lui, il y a à désespérer de ce pays. Aujourd’hui encore, les pluies provoquées, les milliers de superficies aménagées en zone Office du Niger, les tracteurs… ne sont que de la poudre aux yeux. Adieu veaux, vaches et cochons. Les Maliens devront s’attendre à vivre des moments plus durs.

Quand un président du Conseil supérieur de la magistrature, du haut de la tribune de la rentrée solennelle des cours et tribunaux, reconnaît qu’en matière de lutte contre la corruption seul le menu fretin (pickpockets, voleurs de poules et d’œufs…) boit la tasse pendant que les gros caïmans (détourneurs de milliards) se la coulent douce parce que bénéficiant de la protection de mains… visibles, il faut vraiment être d’un optimisme indécrottable pour croire que ce pays à une chance de s’en sortir. A preuve : les caisses du Trésor public sont désespérément vides.

Quelle école apaisée et performante veut-on réellement bâtir quand des établissements scolaires et universitaires poussent comme des champignons rien que pour la satisfaction matérielle de leurs promoteurs ? Quelle école apaisée et performante quand des autorités s’évertuent à opposer enseignants et enseignés ? Quand des élèves boxent, sans autre conséquence, leurs maîtres. Frapper celui qui vous aide à acquérir le savoir, n’est-ce pas le comble de l’ingratitude ?

Certes la circulation est un tohu-bohu, mais est-ce la faute à l’incivisme seul ? Quelle est la part de responsabilité de l’Etat qui donne des ordres et des contre-ordres. N’est-ce le président de la République qui avait ordonné, à l’orée de la présidentielle, la suspension du port du casque pour ne retenir que celui de la ceinture de sécurité qui, faut-il le constater, est mort de sa belle mort ? Quelle est la part de l’Etat qui fait des petites routes, qui sont ensuite dégradées par ses propres entreprises (EDM et Sotelma) dans la recrudescence des accidents ? Quelle fiabilité des contrôles technique et sécuritaire ?

Que le chef de l’Etat, à l’occasion du 8 mars 2008, dise donc « an dèsèra, bè bi babolo », aussi dur que cela puisse paraître, n’est que la traduction en termes clairs de notre vécu quotidien. Mais à qui la faute ? N’y a-t-il pas quelqu’un à qui la Constitution a conféré de larges pouvoirs pour redresser la marche du pays ; pour récompenser le mérite et sanctionner la faute ? Si non, il faut croire qu’on est bien le pays rêvé par le théoricien de l’anarchisme Pierre Joseph Proudhon et dont le modèle de Constitution est ainsi libellé : « Article 1er : Il n’y a plus rien. Article 2 : Personne n’est chargée de l’exécution du précédent article ». « N’an lara, an sara », avait pourtant averti le vieux sage burkinabé Joseph Ki-Zerbo. Ici, il n’y a rien à faire. Hélas !

A. M. T.

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AVEU MASSUE D’ATT : « AN DESERA »

Sauve-qui-peut !

En un peu moins de 72 h, le chef de l’Etat a tenu deux discours en langue nationale bamanankan qui nous ont vraiment fait froid dans le dos. Ses propos prolongeaient et confortaient les analyses : « Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir » partagées dans tous les « grins » de Bamako et d’ailleurs.

Plus d’espoir pour notre grand Mali ? Venant des citoyens lambda, cela n’a pas une grande importance et ne tire pas nécessairement à conséquence. Mais, relayées et amplifiées par le premier des Maliens, de telles analyses deviennent de vrais préludes à une catastrophe inévitable. Comme disent de petits plaisantins français « On a tout essayé, mais en vain ».

Pour sa part, le pacha malien renvoie ses compatriotes au mérite, à la vertu, au courage et la bonne étoile de nos chères mamans, « Bè bi ba bolo ». Ainsi donc, chacun n’a qu’à se débrouiller, le bateau Mali chavire car le président a tout essayé, lui et son équipe, face aux grandes préoccupations de l’heure. En vain ! « A dèsèra ! » De là à annoncer qu’il était prêt à jeter l’éponge comme, ces entraîneurs de boxe dont le poulain ne cesse d’aller au tapis et dont il faut préserver l’avenir, sinon la vie. « An dèsèra » ! Face à l’école, face à l’accessibilité céréales, face à l’ascenseur que prennent les prix des produits de première nécessité, face aux diktats de partenaires techniques et financiers.

L’école ? Depuis 20 ans il n’y a plus d’école au Mali, aux dires du général président vingt ans dont le tiers sous le régime ATT. Nos diplômes sont nuls et n’assurent aucun avenir à leurs détenteurs. Mais où est donc passée cette école apaisée et performante dont on n’a pas cessé de nous chanter la gloire et le succès ces dernières années ? Un mirage ou bien un miroir aux alouettes ?

Finalement, ce sont les enseignants avec leurs revendications et leurs moyens de lutte qui sont jetés en pâture, désignés de fait à la vindicte populaire. Notamment aux bons soins de la gent féminine, appelée à se mobiliser pour le salut de l’école de la grande patrie malienne. « An dèsèra » ! L’accessibilité des céréales ? Surtout le riz d’importation dont le président a expliqué les difficultés par le fait que tel pays a subi des typhons, tel est en guerre civile et tel autre en période électorale.

On aurait donc tout essayés mais… « An dèsèra » ! Inutile dans ces conditions de mettre les compétences économiques en mission pour assurer l’approvisionnement du pays. Même avec les plus larges facilités douanières ou autres. Préparons-nous plutôt à revivre une expérience récente qui a permis à une poignée de monopoleurs de faire leur beurre sur notre misère. Sans conséquence fâcheuse aucun pour eux. De sacrés veinards ! « An dèsèra » !

« A tè sé » !

Les suicidaires et assassins sur nos routes ? ATT a tout essayé, mais rien n’y a fait. Pareils à ces papillons et autres lucioles attirés et finalement détruits par les feux nocturnes, nos enfants enfourchent les cylindrées de la mort sous nos yeux impuissants et des forces de l’ordre passives, sinon complices (la collision entre deux bus militaires prouve qu’elles aussi se sont mêlées au concert macabre). Mali, ta jeunesse font le camp. « An dèsèra » !

Et pourtant, le port obligatoire du casque est une mesure sûre et éprouvée sous tous les cieux pour réduire les risques de crânes fracturés. D’ailleurs un conseil des ministres de 2007 avait imposé ce port du casque. Aussitôt après, c’est le chef de l’Etat qui avait décidé unilatéralement d’un moratoire. C’était en milieu de la campagne électorale pour sa réélection les motocyclistes n’étaient pas quantités négligeables dans une telle perspective. Qui est fou ?

« Last but not least » , les partenaires techniques et financiers dont nous nous heurtons en permanence aux sempiternelles rebuffades. Depuis qu’ils sont devenus des partenaires et de simples bailleurs de fonds, on ne sait trop quelle mouche les a piqués. A tout ce que nous voulons entreprendre, leur réponse est invariablement négative. « Nous refusons, nous ne sommes pas d’accord ». Tel semble désormais leur leitmotiv, selon notre informateur. « An dèsèra  » ! A se demander si ces partenaires venus du froid ne cherchent pas finalement à nous « cadavrer ». Au fait, qu’est-ce qui peut bien nous empêcher, quelques petites fois, de dire « non ! » pour le bien de notre peuple de notre pays. « An dè-sè-ra » !

Le plus grand drame de notre Maliba est aussi ce qui suscite le courroux et la désolation des Maliennes et Maliens. Le président a réussi à se faire réélire avec le tant vanté PDES. Il nous invite déjà à rendre les armes et, dans le sauve-qui-peut désormais décrété, à nous en remettre aux mille et un expédients qui font le bonheur du système D. « Bè bi ba bolo » ! C’était la grande clameur, rapportent les traditionalistes, poussée par les généraux des armées vaincues. C’était le signal de la débandade et du chacun pour soi. « An dè-sè-ra » !

Nous voilà donc avertis. N’exigeons pas l’impossible du président. « A tè sé » !

Ibrahima Khaliloulla

(militant ADJ)

 

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« AN DESERA, BE B’A A BABOLO »

Les calculateurs aux aguets !

Aux Echos, il nous est difficile de répondre aux provocations, aux digressions et aux coups de gueule des confrères par respect des principes de la confraternité et par décence car, la sagesse nous a toujours enseigné qu’en voulant répondre aux coups de pied de l’âne, on est vite pris pour un âne. Notre démarche ici ne consiste pas à répondre aux ruades, mais de rappeler à l’âne qu’il a toujours quelqu’un derrière lui qui détient un bâton pour le mettre sur le droit chemin.

Notre article du mardi 11 mars 2008, intitulé « ATT aux Maliens : an dèsèra bè b’a a babolo », a suscité beaucoup d’émotions chez certains confrères de « Nouvel Horizon » et « Soir de Bamako » qui ont décidé du coup de briser les règles de la confraternité et de la déontologie en se commettant d’office avocat du président de la République et en lui prêtant gracieusement ( ?) leurs colonnes pour défendre l’indéfendable.

En publiant cet article, nous n’avions nullement l’intention de soulever une polémique inutile autour d’un sujet qui a défrayé la chronique dans les transports publics comme les « Sotrama » et dans les lieux publics. Si des confrères, transformés en mercenaires de la plume, veulent emprunter la courte échelle, on ne sait pour quel dessein, alors, ils se trompent d’adversaires et de combat.

Dans sa parution n°3301 du 14 mars, « Nouvel Horizon », sous la plume du bon samaritain Moussa Sow, a dans une démarche guerrière, porté ses gants pour défendre ATT contre ceux qu’il a appelés « les détracteurs du pouvoir à l’œuvre ». L’avocat du diable n’est pas allé par quatre chemins, car, comme le dit l’adage « ventre affamé n’a point d’oreille ».

Il a été épaulé par Oumar Sidibé de « Soir de Bamako » qui a trouvé que ATT a été incompris. Foulant aux pieds les règles élémentaires du journalisme, M. Sow a qualifié tous ceux qui ont une autre vision différente de celle du président de la République, de « donneurs de leçons ou de plus royalistes que le roi ». Alors, qui mieux que lui peut lire dans les pensées du président ou interpréter ses propos ? Bassesse !

« Nouvel Horizon » et « Soir de Bamako » sont mal placés pour répondre aussi maladroitement à notre article à moins qu’ils aient d’autres objectifs inavoués. Sinon, qui mieux que la cellule de communication de la présidence est placée pour répondre à un article concernant le chef de l’Etat ? L’article qui nous vaut l’ire de nos confrères en mission commandée, n’a pourtant rien de répréhensible. Bien au contraire. Nous avons choisi une démarche qui consiste à remettre dans leur contexte des propos tenus de façon solennelle par le premier magistrat du pays et qui ont irrité plus d’un Malien.

Sans passer par les chemins tortueux empruntés par nos confrères de « Nouvel Horizon » et « Soir de Bamako », nous pensons aux Echos, que le métier de journaliste est un sacerdoce. Nous ne sommes pas des opposants ou des alignés de circonstance ni de calculateurs tapis dans l’ombre, qui se positionnent selon la direction du sourire des tenants du pouvoir. Fidèles à notre devise : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrais jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire », nous ne faillirons jamais à nos missions et devoirs.

Préservez-vous de vos faux amis !

Notre rôle et notre devoir, c’est d’informer sainement les Maliens qui ont payé un lourd tribut pour l’avènement de la démocratie et pour la liberté d’expression dans le respect strict des règles en la matière. Nous dénoncerons à chaque fois que cela s’avérera nécessaire les abus et les déviances, nous dénoncerons l’arbitraire, le népotisme, le vol des deniers publics, le laxisme des autorités n’en déplaisent aux ouvriers de la 25e heure.

Nous maintenons avec force des arguments que les propos tenus le 8 mars lors de la célébration de la Journée internationale de la femme par le président de la République sont une gaffe parmi tant d’autres que le chef de l’Etat a commises. C’est notre devoir de le dire. Oui, on le maintient : « an dèsèra, be b’a a babolo » (nous n’en pouvons plus, chacun a son sort entre les mains de sa mère), dans notre culture sont des propos avec lesquels on ne s’amuse pas, car c’est un aveu d’impuissance, c’est aussi synonyme de démission. Cela est d’autant plus vrai qu’ils sont tenus à un moment où la conjoncture économique a atteint des proportions inquiétantes, où les prix des denrées de première nécessité ont pris l’ascenseur, où le citoyen est essoufflé.

Alors, la formule défaitiste prononcée par le premier magistrat n’est-il pas assimilable au « sauve-qui-peut » ? Est-il aussi difficile à comprendre pour nos confrères défenseurs d’une certaine cause que « an dèsèra » (nous avons échoué) prononcé par le président de tous les Maliens, garant de la Constitution, chef de l’Etat, veut dire qu’il n’est plus en mesure de continuer, que par ces mots, il a montré ses limites à redresser notre économie, à trouver des solutions à la flambée des prix des denrées de première nécessité, qu’il n’est plus en mesure de décider au nom de la nation et pour la nation, qu’il ne peut pas mettre l’école sur les rails, qu’il n’est pas capable d’améliorer les conditions de vie des travailleurs, d’organiser au mieux notre administration ? Oui, ils ne peuvent pas comprendre cela car aveuglés par l’appât du gain facile, boucliers de circonstances, ils sont aux aguets des grâces des princes du jour.

Le président ATT, doit comprendre qu’il est entouré par beaucoup de faux amis et des opportunistes auxquels il doit faire attention. Ils font semblant de l’aider alors qu’ils ne pensent qu’à leurs seuls intérêts sordides et inavoués. Comme il aime tant faire référence à la sagesse populaire bamanan, cette même sagesse nous enseigne que : « ni i teri désèra ka tigna fo i ye, i djougou sara a ka fo i yè » (si ton ami ne peut pas te tenir un langage de vérité, paie ton ennemi pour qu’il te le dise).

Le président de tous les Maliens que vous êtes, permettez-nous de vous citer cet illustre écrivain : « Avoir dans son entourage un homme libre de ses jugements est indispensable à tout pouvoir. Le chef qui n’a autour de lui que des griots et des courtisans pour le flatter et l’applaudir est solitaire : il a beau partir, il ne rencontre que lui-même et a beau parler, il n’entend que ses propres dires ».

Sans modestie aucune, le journal « Les Echos » est unique et inimitable, unique et inimitable par la qualité et l’originalité des informations qui vous sont quotidiennement proposées. Unique et inimitable aussi par son mode de fonctionnement et une réputation de sérieux qui lui permettent de mériter votre fidélité.

Enfin à nos excellents confrères de « Nouvel Horizon » et de « Soir de Bamako », soigneurs de l’image du président, si vous affirmez que nous aux Echos n’avons rien compris de tout ce que le chef de l’Etat a dit, vous au moins, avez été compris et démasqués comme porte-voix attitrés de Koulouba. Bonne chance dans vos nouvelles fonctions !

La rédacion

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CONFERENCE NATIONALE DU PARTI DE L’ABEILLE

L’Adéma/PASJ en pôle position pour 2012

La 9e conférence nationale du Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) présage bien le congrès du renouveau qui balisera la voie pour soigner les maux qui rongent le parti de l’Abeille.La reconquête du pouvoir en 2012 et une large victoire aux élections communales de 2009 et la réintégration des camarades sanctionnés figurent en bonne place des recommandations.

« J’ai été Adéma, je suis Adéma et je resterai Adéma » , disait Dioncounda Traoré au moment où l’Adéma était dans la zone de turbulences. Cette profonde conviction pour certains et cette honnêteté intellectuelle pour d’autres sont encore présentes chez le président du parti de l’Abeille. « Le peuple de l’Adéma, le grand peuple de l’Adéma toujours débout, toujours victorieux, je vous salue. Il nous faut d’ores et déjà ramener la confiance, la cohésion, la discipline, le débat sain, cultiver l’humilité au sein du parti, réhabiliter le respect mutuel et la camaraderie. L’Adéma est une chance pour le Mali. Nous avons le devoir historique de le préserver », s’exprimait-il samedi dernier au CICB à l’ouverture de la 9e conférence nationale du parti.

Placée sous le signe de l’unité et de la cohésion, la 9e conférence nationale de l’Adéma/PASJ a enregistré la présence de 55 sections de l’intérieur, des ministres Adéma, du groupe parlementaire, des membres Adéma du Haut conseil des collectivités territoriales, des maires Adéma, des militants et des sympathisants du parti.

Pour cette 9e rencontre du genre, il s’agissait, pour le parti, d’évaluer le chemin parcouru en posant un diagnostic sincère pour repartir vers un avenir meilleur après les soubresauts vécus depuis 1994 avec la création notamment du Miria, de l’URD et du RPM un peu plus tard. Le tout s’étant traduit par la mise en mal de la confiance, le découragement et le désengagement.

Le rapport d’activité du comité exécutif et les questions de discipline au sein du parti étaient les points inscrits à l’ordre du jour. Selon Dioncounda Traoré, la stratégie prévue et définie par les 7e et 8e conférences nationales du parti ; à savoir : le soutien électoral à ATT lors de la présidentielle de 2007 et une victoire du parti aux législatives, a produit ses effets. Avec 46 députés, a-t-il poursuivi, l’Adéma demeure la première force politique du pays avec la récupération de la présidence de l’Assemblée nationale et celle du Haut conseil des collectivités territoriales. Le président de l’Adéma est formel : « La première partie de notre programme a été exécutée entièrement ».

Soutien sans réserve à ATT

S’agissant de la deuxième partie du programme, il dira qu’elle concerne la reconquête du pouvoir en 2012 et une large victoire aux élections communales de 2009. Toutes choses qui passent par une refondation. Pour ce faire, des missions sont à ce jour déployées à l’intérieur du pays pour collecter toutes les informations sur le fonctionnement des structures à la base et relever les dysfonctionnements qui seront soumises à l’examen du CE.

S’il y a une question présente dans tous les esprits au sein de l’Adéma, c’est bien l’exclusion de certains camarades lors des élections générales de 2007. Aux dires de son président, l’Adema toujours soucieux d’élargir sa base électorale est prête à reconsidérer ses sanctions pour peu que les intéressés manifestent le désir de retourner dans leur famille. D’ailleurs, le CE a reçu mandat d’étudier avec la diligence requise le dossier de réintégration dans le parti des camarades qui ont été sanctionnés lors de la 8e conférence nationale.

Au terme d’une journée de travail intense, la conférence a recommandé au C.E de poursuivre l’élargissement de la base du parti, de prendre toutes les dispositions utiles pour une bonne préparation des élections communales, d’envisager la convocation du congrès, d’ouvrir le débat sur l’érection du Haut conseil des collectivités territoriales en Sénat, de poursuivre les efforts pour les nouvelles adhésions, d’envisager le renouvellement des organes de base dans le calme, etc.

La conférence a positivement noté les efforts consentis par le gouvernement pour atténuer les effets de l’augmentation du prix des denrées de première nécessité. Toutefois, elle a demandé au gouvernement d’être plus imaginatif. La conférence a rendu un hommage appuyé à Alpha Oumar Konaré pour l’excellent travail accompli à la tête de la Commission de l’Union africaine malgré les entraves et les difficultés.

La conférence a accueilli avec joie la libération des otages maliens et a invité les autorités en charge du dossier à œuvrer pour un Mali apaisé. Elle a assuré le président ATT de son soutien sans réserve pour l’accomplissement de son 2e mandat.

Mohamed Daou

 

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ADAME BA KONARE A L’OCCASION DU BAPTEME DU COMPLEXE SCOLAIRE

« L’école n’est pas un espace banal »

Nous vous proposons ici, en intégralité, le discours prononcé par Adame Ba Konaré à l’inauguration du Complexe scolaire Adame Ba Konaré, le samedi dernier en Commune I.

« Je suis particulièrement fière et honorée de prendre la parole ce matin devant cette auguste assemblée à l’occasion du baptême du « Complexe scolaire Adame Ba Konaré ».

Je remercie le promoteur monsieur Issouf Coulibaly qui a bien voulu baptiser de mon nom ses établissements scolaires à Bamako et à Ségou. C’est une véritable marque de considération, d’estime et de confiance qui m’est ainsi témoignée.

En choisissant l’enseignante que je suis, le professeur dont le tempérament - je ne sais si c’est de rigueur, d’autorité ou d’intransigeance - en tout cas dont le tempérament a vite fait de lui valoir le surnom de dame de fer ou Thatcher, monsieur le promoteur, mesdames, messieurs les encadreurs et chers élèves, vous vous êtes condamnés à relever le défi du travail bien fait, de la réussite et de l’excellence.

Au moment où nous faisons face à une crise récurrente de l’école, de l’éducation, avec son corollaire de baisse de niveau, d’allongement de cursus, je vous exhorte, chers élèves, à une prise en charge de votre destinée.

J’ai bien dit crise de l’école ! Dans son œuvre posthume « Répères pour l’Afrique », Joseph Ki-Zerbo pose le problème de l’école africaine de façon dramatique. « L’école africaine actuellement, écrit-il, ne part pas suffisamment des besoins des sociétés africaines dans la sphère du vivre, du survivre, et des raisons de vivre. Le vivre et le survivre sont de moins en moins assurés en Afrique, non pas seulement à cause de la sécheresse, des cours mondiaux des matières premières, etc., mais aussi en raison de la non-pertinence de l’école. Nos pays africains relèvent de plus en plus de la « soupe populaire » internationale pour des raisons écologiques, économiques, externes et internes… Les importations de nourriture - de céréales en particulier - vont monter bientôt dans certains pays à la même hauteur de dépenses que la facture pétrolière. Or l’école y est pour quelque chose. L’école ne produit pas, n’apprend pas à produire ». Pour Joseph Ki-Zerbo, en effet, nous « n’avons pas monté une école qui incite à la créativité, à l’inventivité, une école qui porte les enfants, comme les professeurs, à créer, à trouver, à chercher pour trouver. » Par-delà cette réflexion globale, en plus des programmes, c’est l’aspect pédagogique qui est pointé du doigt par le professeur.

Bien sûr, ce n’est pas parce que ce complexe scolaire s’appellera Adame Ba Konaré que ces maux disparaîtront pour autant. Nous sommes dans un champ large, qui concerne l’éducation en Afrique de façon générale. Mais si je vous parle de ces maux, qui ne sont pas les seuls d’ailleurs - on dit par exemple aussi que l’école est une fabrique de chômeurs - si je vous parle de ces maux-ci, dans cette enceinte, c’est pour vous inviter avec insistance au débat d’idées, en commençant par les professeurs, dont le rôle d’aiguilleur, « d’éveilleur d’idées et d’esprits » est certainement plus important que celui d’engranger des connaissances qu’ils s’attendent à leur être restituées de façon mimétique.

Sur ce registre, il est également honnête de dire aux élèves que l’école, quand bien même elle serait performante, n’apprend pas tout.

Vous devez, chers élèves, savoir que notre société a des valeurs, que ces valeurs, que l’école institutionnalisée ne vous apprend pas, sont à découvrir ; elles sont encore autour de vous, à la maison, dans la rue, dans les villages. Elles sont riches. Rappelez-vous que pendant des millénaires, vos ancêtres, nos ancêtres les ont expérimentées et pratiquées.

Les valeurs de solidarité et d’entraide, de respect dû aux aînés et aux personnes âgées ou en détresse, l’attachement aux idéaux de paix et de justice, que notre peuple a su élaborer tout au long de sa riche histoire sont celles que nous avons en commun. Elles font de notre pays une terre d’accueil et d’hospitalité, riche de sa diversité ethnique et culturelle.

Certaines d’elles font l’objet de débats de nos jours, mais telle est la loi des valeurs, fluctuantes parce précisément elles doivent s’adapter aux besoins de chaque génération d’hommes - et de femmes. A vous de les méditer, tantôt pour en extraire la quintessence, tantôt pour les traiter avec esprit critique.

Sachez que les valeurs que vous jugez meilleures aujourd’hui - modernes si vous le voulez - datent seulement d’une certaine relation d’avec le monde de l’Occident, je veux dire la colonisation, conçue globalement comme système d’exploitation économique, d’aliénation politique et culturelle. Sachez que ce système a partagé le monde selon une vision manichéenne : civilisation au nord, barbarie au sud. Ce n’est pas tout : il fallait transporter cette civilisation dans des contrées que l’on disait « barbares et primitives ». On a appelé cela la mission civilisatrice, synonyme d’acculturation et de dépersonnalisation.

Ce système est en train de se muer en une autre forme qui s’appelle mondialisation ; en plus du fait qu’elle rend de plus en plus compétitif le marché de l’emploi, la mondialisation est broyeuse d’identité dans son sens le plus large. Nous sommes au cœur du débat actuel. Dans ce cas comme dans l’autre, sachons faire preuve de discernement.

Vous est-il possible d’imaginer que les recettes de vos grands parents, que le savoir-faire, la soumission apparente et bienveillante de vos mères dans leurs foyers pour en sauvegarder la cohésion et que j’abriterai sous le concept diptyque de sagesse et de tolérance, que les secrets de nos chasseurs, de nos agriculteurs, de nos éleveurs ou de nos pêcheurs, que notre pharmacopée traditionnelle, notre solidarité d’avec le milieu écologique, que les grandes gestes récitées par nos griots ou les récits de nos conteurs soient totalement absurdes ?

Pouvez-vous imaginer que vos langues, nos langues, ne contiennent pas de messages culturels de haute intelligence ?

Mais ne nous voilons pas la face. A contrario, l’on ne peut pas se bercer de l’illusion que l’Afrique peut se développer, ou vivre tout simplement en vase clos, en dehors des emprunts extérieurs. S’il reste donc capital de garder ses racines, il reste également entendu qu’il faut s’ouvrir au monde.

Enracinement et ouverture, tels sont les paradigmes clés qui doivent éclairer votre chemin. Les valeurs d’aujourd’hui sont certainement celles qui répondent aux interpellations actuelles ; elles gravitent autour des concepts de démocratie et de République, c’est-à-dire des idéaux de tolérance, de liberté, d’égalité des droits et des chances. La révolution de 1991, menée par notre peuple au nom de ces idéaux et au prix du sang, nous condamne à la vigilance et à l’intransigeance, pour leur défense. Certains, parmi vos aînés y ont laissé leur vie. Laissez-moi rendre un hommage particulier à Abdoul Karim Camara dit Cabral, dont l’anniversaire du décès sera célébré dans quarante-huit heures.

Mesdames, messieurs, chers élèves et chers invités,

L’école n’est pas un espace banal. Elle se doit de consolider le socle de nos valeurs, de toutes nos valeurs et de les transmettre dans une symbiose réfléchie et responsable. L’école doit être un espace, que dis-je, un lieu d’entraînement à la critique féconde pour les citoyens de demain, citoyens du Mali, mais aussi citoyens de l’Afrique et du monde.

Mesdames, messieurs les encadreurs, chers élèves, au regard des tableaux statistiques des résultats et de progression de l’effectif des élèves que Monsieur Coulibaly a eu l’amabilité de me faire parvenir, l’analyse montre une disparité entre filles et garçons et cela à l’avantage de ces derniers.

En effet, les écarts entre garçons et filles sont considérables, parfois la moitié ou plus de la moitié aussi bien en ce qui concerne le taux d’inscription que le taux d’admission et le choix des filières. A ce niveau, les filles sont moins portées sur les disciplines scientifiques, moins portées sur les longues études. Et malgré des avancées significatives à la fois au plan quantitatif et qualitatif au niveau national, force est de constater de grandes diversités non seulement dans les différents ordres d’enseignement mais aussi au sein du même ordre.

Au moment où un engagement politique manifeste est accordé au genre, où la scolarisation des filles constitue une priorité pour l’éducation nationale, où la communauté internationale célèbre la femme à travers la journée internationale des femmes dont le thème central cette année est « l’équité du genre et le renforcement du pouvoir économique des femmes », il importe à la direction du « Complexe scolaire Adame Ba Konaré  » de développer des stratégies de « discrimination positive », des mesures spéciales les plus appropriées pour une meilleure motivation des filles aux fins de juguler ces écarts, car la persistance de l’inégalité face à l’éducation est une entrave à la pleine participation des filles et des femmes au développement économique et social.

Monsieur le promoteur du « Complexe scolaire Adame Ba Konaré », il se trouve également que le destin a placé cette dame de savoir que vous avez honorée, dans une autre sphère, la politique. Dans ce domaine-là également, j’ai appris, loin de l’atmosphère des amphis, d’autres leçons, une autre expérience. Les facettes et les oripeaux du pouvoir, la scène politique malienne la plupart du temps surchauffée, chauffée à blanc par des syndicats de tout poil sortis directement du creuset si caractéristique des périodes post-révolutionnaires - l’AEEM, l’Association des élèves et étudiants du Mali, en était l’un des éléments moteurs - ont tenu en perpétuel éveil ma conscience de chercheur. L’expérience du pouvoir a été pour moi sujet de méditation, de curiosité scientifique. Cela m’a inspiré un ouvrage d’anthropologie politique, comme vous le savez, « L’Os de la parole » que j’ai publié en l’an 2000 et avant cela, « Ces mots que je partage » dicté par la vocation humanitaire que s’assignent en général les premières Dames.

Certes, je n’étais pas le centre décisionnel, j’étais dans une position périphérique mais croyez-moi, avec du recul, je pense que ma formation m’a aidée à mieux vivre et à mieux assumer cette expérience.

Retenez donc, mes chers élèves, où que vous vous trouvez, que kalan, l’éducation, dùni, la connaissance, le savoir chez les Malinké Bamanan, profitent toujours à l’homme. Instruisez-vous, apprenez à vous instruire. L’adage populaire ne se trompe pas : « chaque jour que Dieu fait, l’esprit va à l’école », hakili bè ta kalan so. Oui, la vie est une formation continue.

Monsieur le promoteur du « Complexe scolaire Adame Ba Konaré », Mesdames, messieurs les professeurs et élèves, je puis vous assurer que mon soutien ne vous fera pas défaut pour vous accompagner dans l’accomplissement de vos objectifs et dans ceux que je viens de vous soumettre.

Je puis vous le garantir : j’engagerai à vos côtés mon énergie, à la fois physique et intellectuelle, pour que les mots Travail, Discipline et Réussite que vous avez choisis comme devise ne soient pas des slogans creux et pour faire en sorte que cette école qui porte mon nom, cette école-là, mon école d’une certaine façon, soit un espace où foisonnera le débat d’idées constructives et généreuses.

Et pour finir, permettez-moi, mesdames, messieurs les invités, de souhaiter au « Complexe scolaire Adame Ba Konaré » encore plus d’effectifs, encore plus d’admissions dans les différentes filières de formation et encore plus de réussite aux élèves pour une meilleure prise en charge de leur destin. Bon vent au « Complexe scolaire Adame Ba Konaré » et très bon courage à Monsieur Coulibaly, son promoteur et à l’ensemble de ses collaborateurs.

Je vous remercie ».

Adame Ba Konaré

(NB : la titraille est de la rédaction)

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« MA VIE DE SOLDAT » LANCE

Les confessions d’un capitaine dans un livre.

C’est devant des victimes, parents de victimes, compagnons d’armes, chercheurs, historiens et amis que le capitaine Soungalo Samaké, commandant de la Compagnie des commandos parachutistes de Djicoroni (1968-1978), homme de confiance du général Moussa Traoré en son temps, bourreau du régime CMLN, s’est confessé dans un livre « Ma vie de soldat » édité par «  La Ruche à livres », dont le lancement a eu lieu le samedi 15 mars à l’INA.

Il n’est jamais trop tard pour se confesser afin d’avoir le pardon des victimes. Si d’aucuns pensent qu’il est difficile d’établir la vérité sur le coup d’Etat de 1968, le capitaine Soungalo Samaké, tortionnaire du CMLN l’a fait. A 74 ans, celui qui a été un des éléments clef du putsch du 19 novembre 1968 en sa qualité de chef du groupe des sous-officiers, a, dans un livre de 189 pages, révélé toute la vérité sur quelques faits dont il a été le témoin oculaire.

Devant un auditoire suspendu à ses lèvres, il a passé en revue un certains nombres d’événements clef qui ont jalonné le parcours du CMLN de 1968 à 1978. A cette époque, le capitaine Samaké dirigeait d’une main de fer la Compagnie de commandos parachutistes de Djicoroni (lieu de détention de tous ces civils ou militaires qui ont eu maille à partir avec le régime durant sa première dizaine d’années d’existence).

Le livre, lancé samedi dernier, est le fruit du travail de deux personnes dont la vision était différente. En ce sens que l’éditeur a été la victime de l’auteur du livre dans les années 1970. « Alors que j’étais en détention et en déportation, trimbalé de prison en prison, de Sikasso à Gao, Kidal, Intadéinit, j’ai subi des sévices physiques sous ses yeux, en même temps que mes camarades à Intadénit en 1973 de la part de commandos parachutistes qu’il commandait, en représailles à une lettre que nous avions adressée à Moussa Traoré ».

Dans ses mots introductifs, Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni fera néanmoins une mise au point à l’assistance « … Nous ne sommes pas capables de haine. Nous sommes prêts à consentir jusqu’à l’ultime sacrifice pour le Mali, pour l’Afrique, pour le progrès et la paix ». Toutes choses qui prouvent aux yeux de l’éditeur que le Mali est une terre de pardon et de dialogue.

« La qualité d’homme du capitaine Soungalo Samaké, la valeur du document qu’il a produit et les conditions d’ordre social m’ont convaincu de l’utilité de ce travail que j’ai accompli comme un devoir moral et politique. La révélation de la vérité, l’acte de solidarité vis-à-vis d’une expression, l’éthique professionnelle, constituent des éléments importants de nos convictions » .

Le capitaine Soungalo Samaké a été, de 1968 à 1978, une des personnalités militaires les plus en vue du fait du rôle qu’il a joué dans l’exécution du coup d’Etat du 19 novembre et surtout des activités de la Compagnie de commandos parachutistes de Djicoroni.

L’homme qui en sait le plus sur la mort de Modibo

Les témoignages qu’il livre sur sa vie de soldat comprennent aussi bien des pages sur son parcours dans l’armée française au Maroc, en Algérie et au Sénégal, d’importantes séquences de sa vie dans la jeune armée de la Ire République du Mali, des révélations documentées sur l’évolution de la situation au sein de la hiérarchie militaire jusqu’au 28 février 1978 et enfin des indications précieuses sur la mort du président Modibo Kéita, sur sa propre détention et le calvaire qu’il vécut durant dix ans au tristement célèbre bagne de Toudenit.

Soungalo a été le principal collaborateur du directeur des services de sécurité. Il était de plus l’homme de confiance de GMT, les tâches les plus compliquées, les plus délicates lui ont été assignées et il explique dans le livre comment il les a exécutées.

Le capitaine Soungalo donne dans l’ouvrage des détails importants sur l’évolution de la situation dans la hiérarchie militaire sous Moussa Traoré. Il fait des révélations documentées, donne des indications précieuses sur les problèmes les plus importants au centre desquels il s’était retrouvé. Il est l’homme qui a vu mourir le président Modibo et il connaît sur cette question, plus de précisions que quiconque aujourd’hui.

Elément incontournable du coup d’Etat de 68, le capitaine livre ses souvenirs « Le jour du coup d’Etat, quand les soldats se sont rassemblés l’arme au poing je leur ai dit : nous avons décidé de renverser le gouvernement. Kati a déjà commencé le coup d’Etat. Nous sommes en retard. La limite d’âge, votre pension, ce sont les armes que vous avez en mains. Ça dépendra de l’utilisation de vos armes. Aujourd’hui plus de limite d’âge et la pension est à votre main. Quels sont ceux qui ne sont pas d’accord pour ce coup d’Etat ? ».

Il a été celui qui a vu mourir Modibo Kéita. « Un jour le soldat qui lui apportait ses repas est venu précipitamment me voir pour dire que Modibo était tombé au pied de son lit. J’ai couru pour aller dans sa cellule. Il bavait ? Je l’ai pris, j’ai dit au soldat : aide-moi. Nous l’avons couché dans son lit. J’ai pris une serviette pour essuyer la bave. Je lui ai posé la question : qu’est-ce que tu as ? » Ces passages montrent à quel point le capitaine était important dans le dispositif des militaires.

Amadou Sidibé

 

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