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2008

Mois de Mars

Les Echos du 12 mars

 

MALI-CHINE

Hôpital contre bois d’ébène !

L’ambassadeur chinois au Mali, Zhang Guoqing, a annoncé vendredi dernier, la décision de la République populaire d’offrir un nouvel hôpital à notre pays. Selon les déclarations du diplomate chinois, ce projet est frappé du sceau « Priorité », et son exécution devrait démarrer d’ici la fin de l’année 2008. On applaudirait des deux mains, si l’on savait que c’était par altruisme, ou par solidarité « sud-sud ».

La Chine , qui se cache de plus en plus derrière son statut oublié de pays du Sud et de camarade, a su tirer du capitalisme ce qu’il a de pervers : l’exploitation des misères du monde.

Nous nous sommes fait l’écho depuis un certain temps de l’impuissance des populations de Kita qui voient des Chinois venir dévaster leur forêt, coupant l’ébène, ce bois précieux et dévastant la forêt, l’unique rempart du Mali contre la désertification. Du coup s’explique cet empressement du grand camarade chinois d’offrir cet hôpital sans demander de notre part.

« Pour des miettes, nos dirigeants laissent les Chinois faire ce qu'ils veulent dans notre pays ! Ils n'ont pas encore compris que la Chine actuelle n'a rien à voir avec la Chine tiers-mondiste des années 60 et 70 du siècle passé ! Et qu'il faut négocier, secteur par secteur, dossier par dossier, économie de marché oblige » , écrit Dialla Konaté que nous citons ici.

Autorisation présidentielle ?

« Il y a de cela quelques années, le ministère chargé de l'écologie avait interdit toute coupe du bois d'ébène dans la forêt de Kita, (ce qui mit fin à un projet de scierie industrielle basée à Bamako et exploitant exclusivement le bois d'ébène), aujourd'hui, les Chinois prétextant d'une autorisation présidentielle, sont en train de dévaster la forêt de Kita par des coupes sauvages, piétinant toutes les autres essences de bois et ne récoltant que l'ébène, qu'ils envoient sur Dakar par camions entiers !

Un nouvel hôpital vaut-il mieux que la sauvegarde d'un des derniers massifs forestiers du pays ? Le président sait-il que les premières auréoles de désertification sont venues de l'exploitation du Dakar-Niger, du temps où les locomotives fonctionnaient à la vapeur et au bois ? Que c'est face à l'extension en largeur du couloir de déboisement, le long des rails, extension jugée dangereuse par l'administration coloniale, que celle-ci mit en œuvre la politique des forêts classées ? Que la région de Kayes constitue une zone où l'écosystème est parmi les plus fragiles du pays et que la biodiversité y est largement entamée ? Que la forêt galerie qui borde la Falémé demeure un sanctuaire où l'on retrouve encore quelques essences d'arbres et d'espèces animales, dans le pays ? Que si le verrou de la forêt de Kita saute, il y a beaucoup de souci à se faire quant à l'avenir de tout l'écosystème de la zone ? Que même la Falémé ne serait pas épargnée et que cela pourrait avoir des conséquences sur le débit du barrage de Manantali ? » , s’interroge Dialla Konaté.

Alexis Kalambry

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RENFORCEMENT DES CAPACITES OPERATIONNELLES

La France dote l’Armée malienne de 12 Land-rover

La remise, au ministre de la Défense et des Anciens Combattants des clefs de 12 véhicules de marque Land-rover par l’ambassadeur de France au Mali, contribuera à renforcer les capacités opérationnelles de nos forces de sécurité .

Face à une situation sécuritaire en dégradation qui n’affecte pas le seul Mali et dont la puissance des effets reste difficile à évaluer, il s’avère indispensable de renforcer les capacités opérationnelles des forces armées. C’est pour concrétiser cette vision que lors de l’entretien qu’ils ont eu en octobre dernier, les présidents Amadou Toumani Touré du Mali et Nicolas Sarkozy de la France sont convenus du principe d’une aide ponctuelle que la France s’est engagée à apporter aux forces armées maliennes en matière de mobilité terrestre pour faire face aux défis qui se posent.

Un peu moins de six mois après la rencontre de l’Elysée, la France vient d’honorer son engagement avec la remise officielle hier matin, par les autorités françaises de 12 véhicules tout terrain à l’Armée malienne. Cette assistance traduit à la fois la fidélité de la France à ses engagements mais aussi la grande sollicitude de ses plus hautes autorités à l’endroit de notre pays.

Cet équipement moderne adapté aux réalités topographiques de notre pays est destiné à renforcer les capacités opérationnelles de nos forces armées. Présidant la cérémonie de remise symbolique des clefs dans la cour de son département, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Natié Pléa, dira que « la coopération française de par sa constance et son ampleur occupera toujours une place de choix liée à la fois à son originalité et à son efficacité ».

Le ministre Pléa s’est également appesanti sur les trois aspects de cette coopération qui tiennent notamment à l’abnégation des hommes qui en sont les acteurs, l’allocation de ressources pour l’acquisition de matériel et les cessions dites de défense particulièrement attendues pendant les situations d’urgence. Il a assuré le donateur qu’un bon usage sera fait des véhicules.

Dans le même ordre d’idée, l’ambassadeur de France au Mali, S.E. Michel Reverand de Menthon, a rappelé les actions permanentes de la coopération militaire française. Il en est ainsi de la présence des coopérants techniques intégrés au corps enseignant des centres écoles de Koulikoro et de Faladié, l’appui apporté à l’armée de l’air à travers l’escadron d’aviation légère d’observation, l’établissement de réparation et de reconstruction du matériel roulant.

Les douze véhicules seront dans les jours à venir, repartis entre différentes localités de notre pays. Ce qui favorisera une mobilité plus grande sur le terrain de nos forces de sécurité.

Mohamed Daou

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IMMIGRATION FEMININE

Un phénomène récurrent

L’immigration des femmes africaines vers l’Occident ou même certains pays africains prend de l’ampleur. Ce mouvement s’interprète comme la fuite des conditions difficiles de vie et le manque de perspectives dans les pays de départ.

Les femmes tentent de plus en plus la recherche de « l’eldorado ». Des statistiques publiées récemment indiquent qu’un immigrant sur deux dans le monde est une femme. Ces femmes migrantes viennent essentiellement des pays en guerre ou pauvres. L’immigration des Africaines est estimée à plus de la moitié de ce pourcentage. La motivation de ce départ à l’étranger est la recherche d’un devenir meilleur qui se profilera « certainement » à l’horizon une fois les portes de l’étranger franchies. Tous les moyens sont bons pour fouler le sol du pays ciblé depuis la case de départ, le pays d’origine. Ici, elles se font facilement avoir par des « trafiquants vicieux », seulement intéressés par l’exploitation financière et matérielle qu’ils pourront faire d’elles. Dans ce registre, l’opinion nationale malienne avait vigoureusement dénoncé l’embarcation illicite de maliennes (de belles demoiselles) vers un certain pays Maghrébin, où elles seraient ensuite utilisées à des fins sexuelles. Avant même le départ, ces charmantes femmes, minées par la pauvreté, touchaient des sommes conséquentes susceptibles de les convaincre d’accepter la proposition.

Certaines personnes citeraient par exemple, des raisons comme le regroupement familial, voire l’asile politique. Mais, ces types d’immigration appartiennent en général à la catégorie de l’immigration légale, alors que c’est l’immigration illégale ou clandestine sur laquelle les postulantes jettent leur dévolu.

Cependant, celles qui optent de leur plein gré pour un départ à l’étranger à travers l’immigration illégale subissent toutes sortes de brimades et s’adonnent à toutes les pratiques « immorales » pourvu qu’elles arrivent à survivre avec à la clé une arrivée à « l’eldorado » tant espérée. Le plus souvent, elles font l’objet de toutes sortes de scènes qui sortent de l’ordinaire sur le chemin de cette quête du bonheur. C’est ainsi qu’elles se retrouvent dans des zones invivables comme les « gouffres » du Sahara. Des zones marocaines dont Ouzda, une région frontalière avec l’Algérie et Tanger, non loin de l’Espagne en sont des preuves éloquentes du calvaire que vivent ces immigrantes. Les candidates à l’immigration, mariées ou célibataires, sont violées, méprisées, répudiées, exploitées à des fins inavouées et victimes de toutes sortes de harcèlements de la part non seulement des autochtones des lieux mais aussi de leurs compagnons, dont certains les prennent pour leurs épouses. Tout ça pour être dans les grâces de leurs « protecteurs ».

La crainte d’un avenir sombre

C’est pourquoi, il n’est pas rare de voir des aspirantes à l’étranger porter ou faire des enfants en cours de route. Ce qui complique davantage leur essai et donne lieu à des scénarios inimaginables tant ils sont inédits. « Nous avons quitté Bamako il y a deux ans et avons transité par plusieurs pays dont la Mauritanie et l’Algérie avant de nous retrouver ici. Toutes mes maigres ressources sont finies en cours de route. C’est un compagnon dont je suis maintenant enceinte qui m’a prise en charge depuis la Mauritanie. Nous espérons sur un coup de chance pour enfin goûter au bonheur de l’Espagne », a témoigné une malienne à un confrère français.

Au bout du compte, c’est finalement une poignée d’entre elles qui hument l’air du pays ciblé. Là-bas, elles sont cantonnées dans des services de soins et de mains, généralement refusés par beaucoup de locaux. Un contexte qui arrange bien les employeurs dans la mesure où elles constituent une main d’œuvre très abordable et il n’y a question de rendre compte à qui que ce soit. A en croire une enquête, « plus de la moitié des femmes immigrées en France travaillent, mais leurs conditions de travail et de rémunération sont pratiquement toujours inférieures à celles des hommes. Pis, leur salaire est inférieur aux salaires des femmes autochtones ». Du côté de l’Espagne, l’emploi de ces Africaines dans les services domestiques répond principalement à une demande économique liée aux stratégies de mobilité sociale des femmes espagnoles, particulièrement à Madrid.

Ce sont ces femmes qui bravent toutes adversités pour envoyer les « maigres sous », nécessaires pourtant dans leurs pays d’origine, pour sortir leurs familles de l’ornière. Elles sont donc utiles, voire indispensables dans le rythme de la galère croissante chez elles. Comme peuvent le témoigner plusieurs de nos familles au Mali. Toutes choses qui font qu’il n’est jamais question de retourner s’installer dans leurs pays, car étant de l’autre bout, elles bouchent beaucoup de trous et s’ouvrent de bonnes perspectives, ce que, estiment-elles, elles n’ont pas la possibilité de faire à domicile. « Si je rentre au pays, je sais ce que je perds, mais je ne sais pas ce que je vais gagner », soufflent-elles dans la même trompette.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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ECRIVAINS AU MALI

Entre précarité et incertitude

Les écrivains maliens, comme tous les autres, à travers leurs œuvres, évoquent les maux dont souffre notre société et nous proposent souvent des remèdes. Les sources d’inspiration et les thèmes sont aussi variés et multiples qu’il y a d’écrivains. Issa Baba Traoré par exemple, s’intéresse au passé dans ses contes et récits du terroir, dans « Komi Diossé », il retrace une des pages glorieuses de la résistance soudanaise à la pénétration coloniale. Avec « si le feu s’éteignait », « Janjon et autres chants populaires du Mali », Massa Makan Diabaté nous fait revivre quelques pans des épisodes les plus fabuleux du passé. Dans « les sans repères » d’Albakaye Kounta, l’écrivain poète venu dans le roman à travers la poésie, dénonce avec force l’esclavage et parle aussi du triomphe de l’amour.

Outre ces récits qui permettent aux jeunes générations de connaître mieux le passé et d’en tirer des leçons, les écrivains maliens évoquent dans leurs œuvres, nos traditions, mœurs et coutumes. Dans « sous l’orage », Seydou B. Kouyaté se montre défenseur éclairé de la tradition et oppose fréquemment les deux unités parallèles et parfois antagonistes, la ville et le village. Dans « Comme une piqûre de guêpe » Massa Makan Diabaté restitue les étapes qui conduisent le jeune garçon de l’enfance à l’âge viril, marqué par le rituel de la circoncision.

L’écriture au Mali a connu ses heures de gloire. Certains écrivains Maliens sont inscrits aujourd’hui au Panthéon de l’histoire, avec des prix prestigieux comme le prix Renaudot qui a été décerné à Yambo Ouologuem pour son roman « devoir de violence », qui à la fois, par sa thématique et son écriture, s’inscrit radicalement à contre-courant des thèses lénifiantes diffusées par le mouvement de la négritude.

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le secteur du roman, s’il fait la fierté du Mali, ne fait pas vivre les acteurs : les écrivains aussi bien que les libraires, les éditeurs ou les autres acteurs du livre peinent à vivre du fruit de leur travail. Cela s’explique par plusieurs facteurs qui sont : le coût élevé du livre, l’ignorance de l’importance du livre par les Maliens, la mauvaise sensibilisation de la population pour la lecture ou du fait que plus de la moitié de la population est analphabète…

Les écrivains, pour leur survie, exercent toujours d’autres métiers : Mandé Alpha est vétérinaire, N’Tji Idriss Mariko enseigne à la FLASH, Ousmane Diarra est bibliothécaire…

Dans ces lignes qui suivent, nous avons voulu jeter un éclairage sur un métier qui fascine, mais qui est loin d’être un eldorado pour ceux qui l’exercent…

 

MANDE ALPHA DIARRA, ECRIVAIN

« Il faut aussi que les éditeurs jouent le jeu »

Mandé Alpha ou Thio Diarra à l’état civil, est né en 1954 à Nokon dans le cercle de Kolokani, dans la région de Koulikoro. Après des études primaires à Nokon, le secondaire à Nionzombougou, Alpha mandé a fréquenté, après le DEF, les établissements de Sevaré (10 e), de Markala (11 e), et de Badala (12 e) où il obtint le diplôme de baccalauréat. Il s’envole alors pour des études de vétérinaire à la Maison Alfort (Val-de-Marne) de Nice et de Rouen. Il fit également des études de journalisme en France où il se marie et retourna vivre au Mali. Il intègre la CMDT et travaille dans les cercles de Koutiala et de Fana.

Fan des histoires que sa grand-mère lui racontait depuis son enfance et ayant comme matière favorite la littérature à l’école, Mandé Alpha choisit l’écriture comme moyen de communication. Il commença à écrire en 1976 par Sahel Sanglantes Sécheresses paru en 1981, des collectifs Pourquoi écrivez vous en 1985, Paris Dakar et autres nouvelles en 1988, La nièce de l’Imam en 1994, entre 1999 et 2000 Rapt à Bamako et autres collectifs.

Mandé Alpha fait une peinture de nos sociétés à travers ses œuvres. Il y parle de la corruption de nos sociétés, évoque les conditions de la femme dans le Sahel et l’animation politique de nos nouvelles démocraties.

Père d’une fille, Mandé Alpha Diarra, actuellement responsable de communication à la CMDT de Bamako a des projets d’écriture en vue dont un recueil de nouvelle et une suite de Rapt à Bamako.

Ecrivain Malien parmi les plus connus, il est l’auteur de « Sahel sanglantes sécheresses », de « La nièce de l’Imam », « Rapt à Bamako » et des collectifs comme « Paris Dakar et autres nouvelles ». Avec lui, nous évoquons ici la vie de l’écrivain et les difficultés du métier.

Les Echos :vous vivez au Mali, mais vous publiez en France, cela ne vous pose-t-il pas de problème en terme de langage, d’édition et de diffusion de vos œuvres au Mali ?

Mandé Alpha Diarra : L’écrivain malien que je suis et ayant hérité le Français du colonialisme comme langue officielle, j’écris en français bien que j’ai une langue maternelle. De plus je me sens plus à l’aise lorsque j’écris en français qu’en bambara. Mon souhait est d’atteindre le maximum de mes compatriotes et Africains en langues nationales.

En ce qui concerne l’édition, il est vrai que les publications en Europe posent beaucoup de problème : coûts élevés du livre, du transport, des taxes imposées à l’importation. Aussi à partir de La Nièce de l’Imam, j’ai opté pour la coédition (entre une maison d’édition française et malienne). Pour ce qui est de la diffusion, cela dépend des structures de diffusion qui ne sont pas très bien développées au Mali. Il n’existe pas de sociétés de distribution de livre et de presse à travers le pays. Chaque maison d’édition se débrouille à sa façon.

Les Echos  : Cette politique vous donne t-elle satisfaction ?

M.A.D  : La coédition ne résout pas tout le problème de l’accessibilité du livre aux publics malien et français, mais l’allège énormément si elle est appuyée par des institutions d’aide à la promotion du livre. Il faut aussi que les deux maisons jouent correctement le jeu.

Les Echos  : Quelle politique du livre alors ?

M.A.D  : J’entends par politique du livre, toutes les mesures prises par l’Etat pour favoriser et développer l’édition et la diffusion de la lecture au Mali. Compte tenu du contexte malien, cela signifie qu’il faut alléger toutes les charges qui pèsent sur les entreprises et services de ce secteur c'est-à-dire maison d’édition, librairie, société de distribution, bibliothèque. J’entends par charge toutes les taxes à la frontière et à l’intérieur qui pèsent sur les livres et tous les matériaux entrant dans la fabrication du livre, je pense qu’il n’existe pas de texte législatif dans ce sens. Cela dit, soyons honnêtes, en tant que président de l’association Etonnants Voyageurs, l’Etat, à travers le ministère de la culture, la présidence et les structures de coopération de la culture ont toujours apporté leur soutien financier franc aux différentes manifestations d’associations littéraires comme le festival Etonnants Voyageurs, Lire en fête, cafés littéraires. Mais tout cela apparaît comme des actions non enchâssées dans un ensemble législatif cohérent.

Les Echos  : A ce propos, l’actualité littéraire malienne est riche depuis quelque temps en activités comme vous venez de le souligner ci-dessus. Avez-vous pris part en tant que président de l’Association Etonnants voyageurs Bamako à la rentrée littéraire qui vient de se dérouler ?

M.A.D  : Non je n’y ai pas été informé, je l’ai su comme tout le monde à travers la presse écrite et télévisée.

Les Echos  : Comment cela se fait-il ?

M.A.D  : J’ai cru comprendre que c’était une opération montée par le ministère de la Culture et une nouvelle maison d’édition qui vient d’annoncer sa création par deux personnes.

Les Echos  : Voulez-vous dire par là que vous ne l’approuvez pas ?

M.A.D  : Pas du tout. Je l’approuve tout à fait dans son principe d’autant que l’idée d’un prix littéraire Yambo Ouelegueme, Massa Makan Diabaté et d’un prix du 1 er roman vient des réflexions de l’Association Etonnants Voyageurs Bamako soumise à son temps au ministre Cheich Oumar Sissoko. Ce dernier nous avait donné tout son appui disposant de possibilités de financement proposé à l’Italie. Si d’autres réalisent le projet à la place d’Etonnants Voyageurs pour le bénéfice de tous les acteurs du livre, je ne peux que l’encourager vivement. Mais là où je me pose la question c’est que le ministère de la Culture, une structure étatique supporte et finance les activités d’une maison d’édition à peine créée et qui est par excellence une entreprise commerciale. De plus, que le ministère de la culture ait ignoré l’ensemble des acteurs de la filière livre comme l’Omel, l’Association des libraires, l’Association des écrivains maliens et toutes les autres associations de promotion de livre de la place ; que le ministère de la Culture au lieu d’organiser, de structurer et d’appuyer les associations d’acteurs du livre tend à se substituer à elles dans l’organisation des manifestations littéraires et culturelles est troublant.

Les Echos  : Quel impact de l’écriture voyez-vous sur l’évolution socioéconomique du pays et quelles perspectives ?

M.A.D  : Je crois pouvoir dire sans trop me tromper que la culture en générale et la littérature en particulier ont eu un impact certain sur l’évolution politique de notre pays dont elles se nourrissent. En effet, à partir du roman « Devoir de violence » de Yambo Oueleguem, la plupart des romans et poèmes maliens deviennent critiques vis-à-vis de notre société. Le théâtre et la musique en font autant. Que l’on se souvienne des fameuses pièces du Kotèba national, des films de Souleymane Cissé et de Cheick Oumar Sissoko, des romans « Sahel Sanglantes Sécheresses », de « Le prix de l’âme » de Moussa Konaté, de « Les Riches de la capitale » d’Ismaila Samba Traoré, tous publiés ou joués avant le 26 mars 1991. Aujourd’hui avec la démocratisation une très dynamique presse malienne joue ce rôle de critique à visage découvert à côté des essais d’Ousmane Sow (Un Para à Koulouba), de Facoly Doumbia et le récit de Soungalo Samaké « Ma vie de soldat ». La littérature et la culture ont participé et participent toujours à l’émergence d’une société démocratique et transparente. Nos us et coutumes jugés rétrogrades ou pas ne font pas exception, ils n’échappent pas à leur examen. En terme de perspectives, je pense que la culture malienne et la littérature ont bénéficié de grandes ouvertures, d’horizons nouveaux grâce à la démocratisation politique et sociale. Un grand bouillonnement comme les festivals un peu partout à travers le pays, les rencontres théâtrales, de la photographie, des marionnettes et la bande dessinée animent la vie culturelle du pays, cela est une très bonne chose et doit être appuyé par la mise à la disposition des acteurs culturels et littéraires, des financements adéquats car ce que la culture consomme, elle le rapporte au centuple. Il faut que tout cela se passe dans une cohérence et une transparence totale.

 

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MINISTERE DE LA CULTURE

L’adjuvant indispensable

Selon Mamadou Bani Diallo, conseiller technique chargé de communication au ministère de la Culture, ce département apporte un appui important à la filière du livre.

Le ministère de la Culture participe beaucoup à la création littéraire à travers des manifestations qu’il organise ou soutient. C’est du moins l’avis de Mamadou Bani Diallo, conseiller technique dans ce département. Pour étayer son point de vue, il cite le soutien à Etonnants Voyageurs de Bamako organisé par l’Association « Etonnants Voyageurs » en partenariat avec le ministère de la Culture et la coopération française. Ce festival vise à développer l’usage du livre et à imposer l’écrit comme acte de développement dans les cultures africaines.

« Le ministère de la culture en partenariat avec la coopération française a créé également le projet d’appui à la filière du livre au Mali (AFLAM) en février 2000 afin de redynamiser le secteur du livre malien » , ajoute-t-il. Ce projet avait pour missions l’amélioration et la restructuration du réseau de lecture publique existant, la création de nouvel accès dans le système éducatif et la professionnalisation des éditeurs et libraires maliens pour une production et la diffusion commerciale du livre.

Afin d’enrichir le paysage littéraire malien, le ministère de la culture organise depuis 2003 des cafés littéraires, lieux de rencontre entre les écrivains et leur public en vue de débattre d’une œuvre littéraire avec l’appui de critiques avisés dans un cadre convivial d’échanges et d’enrichissements mutuels. Le café littéraire est organisé généralement selon un calendrier mensuel et a pour but de susciter un engouement réel pour la production littéraire nationale faisant partie intégrante du patrimoine culturel. « Le ministère de la culture soutient aussi la rentrée littéraire au cours de laquelle il décerne des prix en tant qu’acteur du financement des prix ».

Sur financement de l’Unesco, le colloque du cinquantenaire des écrivains et artistes noirs fut organisé par le ministère de la Culture. Le département a également organisé en 2002 la journée nationale de l’écrivain et deux colloques à l’intention des écrivains ouest africains qui font des récits de chasseurs revêtant une valeur littéraire.

 

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POLITIQUE NATIONALE DU LIVRE

C’est le texte qui manque le plus

Mamadou Bani Diallo, conseiller technique chargé de communication au ministère de la Culture, déclare qu’il n’existe pas une politique nationale du livre au Mali. « Dans la pratique il existe des éléments essentiels qui peuvent servir à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique nationale du livre à savoir la stimulation de la création littéraire à travers des manifestations qui sont organisées ou soutenues par le ministère de la Culture, la mise en place d’un cadre légal approprié pour la protection du droit d’auteur, l’instauration d’incitations fiscales en entendant la relecture de la législation nationale, la promotion du livre et de l’écrit par la création de bibliothèque de lecture publique, la mise en place de réseaux nationaux de bibliothèques suivies par une direction nationale, la formation initiale et continue aux métiers du livre ». « Il ne reste qu’à réunir toutes ces mesures en un seul texte légal qu’on pourrait appeler loi relative au livre », dit-il.

 

OUSMANE DIARRA

Une plume acérée

Ousmane Bassakoro Diarra est né en 1960 à Bassala « Didiéni » dans le Béledougou profond, en pays bambara. Orphelin déjà à deux ans, il a fait une partie de son enfance dans le village de ses parents où il a fait ses études jusqu’en 4 e année. Il abandonna par la suite l’école pendant deux ans au cours desquels il a conduit les animaux aux pâturages, il retrouvera « comme une bouée de sauvetage », l’école et s’est installé à Bamako à l’age de 13 ans, chez une tante où il a continué avec ses études jusqu’en supérieure. Il est diplômé en lettres modernes de l’Ecole Normale Supérieure de Bamako, promotion 1987. Ousmane est écrivain et conteur, professeur de lettres et bibliothécaire au Centre Culturel français de Bamako. Il est un acteur engagé de la vie littéraire au Mali.

Sa joie de vivre qui couvre sa colère tullerie ! Homérique, laquelle sauf à de rares occasions n’est lisible que dans sa littérature. Le ressort de sa colère c’est l’amour de la vie, la joie de vivre, c’est parce qu’il aime la vie qu’il est un révolté. Pour M. Diarra, la littérature n’a pas que deux syllabes en commun avec la liberté. Il sait quel est le plus beau songe de l’homme. Ousmane ne cède jamais aux facilités du genre, il préfère les retournements de situation qui stupéfient son lecteur.

Il dénonce dans ses écrits l’injustice dans la société malienne et surtout africaine. C’est un solitaire dans son coin. Il est marié et père de six enfants. Comme tout bon écrivain, qui se refuge dans l’écriture, Ousmane a écrit deux romans et des nouvelles et beaucoup de recueils de poèmes. Il envisage, dans les années à venir, de mettre sur le marché un roman pour ses lecteurs.

 

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MALIFOOT

Après son licenciement, Jodar attend ses indemnités

Depuis le lundi 10 mars, Jean-François Jodar n’est plus le sélectionneur des Aigles du Mali. Le successeur de Pierre Le chantre a été licencié par Malifoot, suite à une crise de confiance éclatée après la déroute des Aigles à la Can Ghana 2008. Il a accepté son licenciement, mais veut qu’on lui paye le plus tôt possible ses indemnités. La réunion tripartite prévue hier après midi entre la tutelle, Jodar et Malifoot devrait clarifier la suite des événements.

« J’ai reçu ma lettre de licenciement, les choses sont claires. Je veux qu’on me dise comment ils envisagent de payer mes droits, et je ne sais pas s’ils ont pris contact avec le ministère de la Jeunesse et des Sports » . Voici le commentaire fait de son licenciement par le désormais ex-sélectionneur des Aigles du Mali, joint au téléphone.

Le technicien français des Aigles, Jean-François Jodar a été limogé de son poste de sélectionneur de l’équipe nationale par Malifoot pour avoir perdu la confiance des joueurs, par l’insubordination à la fédération et pour son choix du voyage aux Emirats Arabes Unis.

Ce sont là des motifs avancés par Malifoot, dans un rapport qui lui a été adressé. Dans l’entretien téléphonique, Jodar a indiqué, que Malifoot lui a remis sa lettre de licenciement qui a été acceptée par la tutelle. Toutefois, s’empresse-t-il de préciser, « qu’on me paye vite mes indemnités ».

Selon un membre de Malifoot, ce licenciement est une façon de mettre tout le monde à l’aise. Malifoot, dans le rapport de sa réunion avec les ligues, les présidents des clubs de première division ainsi que les présidents d’honneur, avait recommandé au technicien français de rendre le tablier pour le « mettre à l’aise », avant de lui confier le poste de directeur technique national (DTN). Une stratégie qui visait à ne pas lui payer des indemnités et à l’ occuper en attendant la fin de son mandat. Notre source indique qu’avec cette proposition, Malifoot a voulu montrer sa disponibilité pour que notre sport roi ne court pas de risque. Elle permettrait aussi au nouvel entraîneur en l’occurrence Stephen Keshi, d’entamer les préparatifs des futures compétitions.

Dédommager Jodar

Conscient de cet état de fait, l’Etat malien, en dépit de l’échec la méthode douce de Malifoot, devrait se préparer à dédommager le technicien français « Je veux juste mes mensualités à savoir les quatre mois restants », rétorque-t-il, en attendant de connaître l’issue de la rencontre tripartite d’hier (entre le ministre de la Jeunesse et des Sports Hamane Niang, Jodar et Malifoot). Jodar affirme avoir transmis sa lettre de licenciement à ses avocats.

L’ancien coach s’inscrit en faux contre les assertions de Malifoot relatives à son «  insubordination » qui a été mentionné dans sa lettre de licenciement. Il se pose la question de savoir quel ordre il n’a pas suivi. « Sauf les propositions venant de gauche à droite au sein de la fédération, puisque j’ai toujours refusé de prendre leurs joueurs », avoue-t-il. Jodar n’accepte pas non plus l’accusation de manque de confiance entre lui et les joueurs. « Qui a vu une déclaration des joueurs sur moi ?», dit Jodar sur ce point . Surpris, il se demande sur quoi Malifoot s’est fondé pour faire un tel jugement. En plus, il fustige le comportement « irresponsable » de ses anciens poulains, « ils ne se sont pas conduits comme des hommes » mais leur souhaite tout de même bonne chance et beaucoup de réussite ».

A propos du poste de DTN, le technicien français doutait de la volonté de Malifoot à créer ce poste. Il persiste et signe : « je veux que Malifoot présente à la presse son programme de travail ». Pour Jodar les dirigeants de Malifoot cherchaient seulement une porte de sortie honorable suite à l’élimination des Aigles.

Sur les accusations portant sur le voyage aux Emirats, Jodar affirme ne pas en être le seul responsable. « Ils oublient leur rôle, même si le voyage n’a pas été fructueux, mais qu’ils n’enlèvent pas leur part de responsabilité » soutient-t-il en s’appuyant sur les déclarations du joueur Cédric Kanté. Ce dernier, dans un entretien avec la télévision nationale, avait évoqué les conditions du voyage qui impliquaient plus l’administration de notre football que le staff technique.

Interrogé sur son avenir, Jodar a répondu qu’il n’attend qu’on lui paye ses mensualités. «  Qu’on règle vite mon problème » a-t-il répondu. A la question de savoir s’il reviendra au Mali au cas où l’équipe nationale ou même un club lui ferait appel, Jodar hésite « j’ai été très déçu de la manière avec le résultat obtenu ». Jodar affirme n’avoir connu qu’une seule défaite en dix-huit mois de travail en match officiel. « De toute façon je pars la tête haute », explique-t-il.

Agé de 57 ans, Jodar avait été recruté en juillet 2006 en qualité de sélectionneur et de directeur technique national en vue de la qualification des Aigles pour la Can Ghana 2008 et pour les éliminatoires combinés Can et mondial 2010.

A noter que Jean-François Jodar avait été engagé sur la base d’un contrat de quatre ans signé sous l’intermédiation de l’équipementier Malamine Koné.

Boubacar Diakité Sarr

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