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2008

Mois de Mars

Les Echos du 07 mars

 

POUR NON SATISFACTION DE SES DOLEANCES

La Fen sort la grosse artillerie

La Fédération de l’éducation nationale (Fen) déplore amèrement le « précipice » dans lequel se trouve notre école. Face à la « gestion catastrophique » et à la « mauvaise foi » des autorités compétentes, elle n’entend pas baisser les bras. Pour protester contre son mépris et le manque résultats à ses revendications, la Fen a mis en branle le boycott jusqu’à nouvel ordre, des deux ministres en charge de l’éducation.

La Fen était le jeudi dernier face à la presse au siège de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM). Le secrétaire général, Youssouf Ganaba, assisté d’autres membres du bureau de la Fen, ont dressé un tableau très sombre de notre école. « Notre pays vit une situation de non école »,, ce qui ne « laisse personne indifférent ». a introduit M. Ganaba.

Pour lui, la preuve est palpable avec une école affectée dans « tous ses  compartiments ». Certaines facultés de l’Université n’ont pas encore repris pour le compte de l’année académique 2007-2008. Au niveau du secondaire, il n’y a pas eu d’évaluation depuis le début de l’année scolaire. Une situation contre laquelle personne n’a daigné lever le petit doigt. Les élèves partent et repartent à l’école sans être sûrs qu’ils assimilent bien ce qu’ils sont en train d’apprendre. Pis, a continué M. Ganaba, l’enseignement fondamental est dans un état des plus désastreuses, où « les enseignants et les élèves sont maintenus dans un tourbillon indescriptible ». La cause est claire : les innovations pédagogiques sans préparation préalable. « Personne ne maîtrise ces innovations, même les directeurs de Centre d’animation pédagogique (Cap) et les directeurs d’écoles. Les enseignants, n’en parlons pas, car ils ont toutes les peines du monde pour préparer une simple leçon », a-t-il martelé. Quant à la décentralisation imposée à l’école, elle a abouti à une précarité patente.

On se souvient que la Fen avait marché le 26 février dernier sur le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique pour la non-prise en compte de ses revendications. En dehors de ces doléances, c’est la « mauvaise foi » des autorités et le « mépris » des accords précédemment conclus qui sont en cause, d’où la conviction de la Fen que l’école n’est une priorité au Mali, contrairement à ce qu’on veut faire croire. Dans le registre des revendications figurent la relecture de l’enseignement catholique, la prime des risques pour les catégories exposées et la prime de logement. Cette « prime est évaluée à 1500 F CFA pour tous les fonctionnaires. Qu’est ce que cela vaut par rapport à la cherté croissante de la vie ? », s’est demandé M. Ganaba.

Mépris

L’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique est une autre doléance de la Fen. « Nous avions convenu que cela serait effectif au plus tard en janvier 2008, mais l’Etat a brutalement remis ça à 2009. Ce qui est grave, c’est qu’au lieu de la fonction public de l’Etat, on nous propose maintenant la fonction publique des collectivités territoriales », a fustigé le secrétaire général de la Fen. La majoration des frais relatifs au traitement des examens est également l’une des causes de la frustration de la Fen. « L’Etat a fui en avant alors qu’il y a un accord entre nous qui stipule que ces frais doivent être revus à la hausse chaque année », a souligné M. Ganaba.

La Fen dit ne pas comprendre surtout la cacophonie existant à travers l’argument, selon lequel, l’Etat n’a pas les moyens de prendre en charge les revendications légitimes des enseignants. « On nous dit que l’Etat n’a pas les moyens alors qu’à la veille de l’élection présidentielle, les préfets et autres ont bénéficié d’équipements et d’avantages dont ils jouissent encore. Comment comprendre cela ? Donc, l’école n’est pas une priorité au Mali », a critiqué, M. Ganaba.

Un de ses collaborateurs a ajouté qu’au même moment, certains enseignants de la région de Koulikoro étaient restés, contre vents et marrées, deux mois durant sans salaire.

Toutes choses qui ont poussé la Fen à conclure que c’est la volonté qui fait défaut et non le manque de moyen. D’ailleurs, les ministres chargés de l’éducation sont sur la sellette. Il leur est reproché leur « négligence et mépris » vis-à-vis des enseignants. « Lors de notre marche, le ministre Amadou Touré n’a pas voulu nous accueillir devant son département. Nous avons seulement été accueillis par son chef de cabinet. Son collègue de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales n’a même pas daigné se faire représenter », regrette la Fen. Toutes choses que la Fen qualifie « d’insulte et d’attitude peu courtoise ». Aux dires de M. Ganaba, depuis sa prise de fonction, Mme Sidibé Aminata Diallo, n’a jamais rencontré son syndicat, qui est pourtant très représenté au niveau de l’enseignement fondamental.

Pour protester contre le non accueil des marcheurs par les ministres en personnes, « le Bureau national de la Fen demande à toutes ses structures régionales, locales et communales et aux syndicats fédérés de boycotter les ministres en charge de l’éducation et ce jusqu’à nouvel ordre. Le boycott consistera à ne pas participer aux cérémonies présidées par les ministres en question et à ne pas participer à l’accueil de ces ministres au cours de leurs missions », précise le communiqué de la Fen.

Toutefois, M. Ganaba a laissé entendre que « si l’attitude du gouvernement persiste, la Fen sortira définitivement de sa réserve et se fera beaucoup plus entendre ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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CHAMBRE DU COMMERCE

Chambre d’initiés ?

Les chambres de commerce et d'industrie (CCI) sont des organismes chargés de représenter les intérêts des entreprises commerciales, industrielles et de service. Généralement, une chambre de commerce a à sa tête un bureau composé d’opérateurs économiques choisis « parmi les hommes d’affaires apparents, dignes, suffisants et solvables ».

La plus ancienne, probablement, a été créée en France en 1599 à Marseille. Il s'agissait, à l'origine, d'un simple bureau de commerce composé de quatre consuls désignés au sein de la municipalité, c'est pourquoi, comme une Chambre de métiers et de l'artisanat ou une chambre d'agriculture, une CCI est parfois dénommée « chambre consulaire ».

Au Mali, la Chambre du Commerce et d’Industrie a un caractère hybride : organisme public composé de privés. Elle a un caractère associatif. L’adhésion est facultative et elle perçoit des cotisations. Ses domaines d’intervention sont : Service aux entreprises ; centre de formalités des entreprises, assistance technique au commerce, assistance technique à l'industrie, assistance technique aux entreprises de service. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali apparaît comme une structure connue des Maliens depuis l’arrivée de Jamil Bittar. Car, jamais auparavant, si elle a connu des présidents charismatiques et ayant fait leur preuve dans le domaine des affaires, avant lui, aucun n’avait forcé l’arène politique à ce point, encore moins défrayé la chronique lors d’élections.

Notre dossier de ce vendredi a pour objet de comprendre son mécanisme de fonctionnement.

A. Kalambry

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CCIM

Cinq présidents en 34 ans « d’autonomie »

En trois décennies, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) a connu des hauts et des bas. L’institution que dirige Bittar a connu cinq présidents depuis le changement de l’organisme consulaire en Chambre de commerce et d’industrie du Mali en 1974.

La Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali est un établissement public chargé d'assurer la représentation professionnelle des personnes physiques et morales exerçant dans les diverses branches de l'activité commerciale et industrielle en République du Mali.

La structure en tant qu'organisme consulaire existe au Mali depuis 1906. En 1974, par Ordonnance N°49 /CMLN du 12 novembre, l’organisme consulaire change de statut et de nom et devient du coup la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali (CCIM)

Elle sera alors régie par la loi n° 98 du 19 janvier 1998 qui en fait un établissement Public à caractère professionnel (Epa) doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Elle lui confère trois missions principales à savoir : Une mission de représentation : représentation des différentes branches d'activités commerciales, industrielles et de services, une mission de proposition : proposition de mesures propres à favoriser le développement économique en général et la promotion du secteur privé en particulier. Il y a aussi la mission opérationnelle qui consiste à l’assistance en matière d'informations économiques, de formation, de création et/ou gestion d'équipement.

De sa création à aujourd’hui, cinq présidents se sont succédé à sa tête. Il s’agit de Dossolo Traoré, Sidiki Diarra, Darahamane Hamidou Touré dit Daraht (décédé en exercice de sa fonction), Malamine Tounkara, Jeamille Bittar, actuel président contesté depuis sa réélection en 2006. Tous ont apporté leurs pierres d’une manière ou d’une autre à l’édification de l’institution. Mais c’est sous le mandat de Jeamille Bittar que la chambre a connu une querelle sans précédente.

De mémoires de Maliens, c'est la première fois qu'un président de l'institution a contre son mandat des opérateurs économiques. Ce qui, au plan national et international, jette sur la CCIM un discrédit. De ce groupement des commerçants, on peut citer Malamine Tounkara du secteur privé, Cheickna Hamalla Bathily, Tidjane Tambadou, Babou Yara, Mandjou Simpara, Ousmane Guittèye, Amadou Djigué, Karamoko Oulalé, Soya Golfa, Tidjane Kouma, Baba Sylla, Ba Seydou Sylla etc.

Amadou Sidibé

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CE QUE J’EN SAIS

Des missions menacées par la politique

De façon générale, les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) sont des organismes chargés de représenter les intérêts des entreprises commerciales, industrielles et de service.

Selon les pays, ce sont des organismes publics pour lesquels la participation des entreprises a le caractère de taxes fiscales ou parafiscales (Allemagne, Autriche, Espagne, France, Italie, Pays-Bas…) ou des organismes de caractère associatif pour lesquels l'adhésion est facultative et qui perçoivent des cotisations (Belgique, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni…).

La Chambre de commerce et d'Industrie du Mali (CCIM) est régie par la loi n° 98 du 19 janvier 1998. Cette législation en fait un Etablissement Public à caractère professionnel doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. La structure, en tant qu'organisme consulaire, existe au Mali depuis 1906. La loi du 19 janvier 1998 confère à la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali trois missions principales.

Il s’agit de la représentation des différentes branches d'activités commerciales, industrielles et de services, de la proposition de mesures propres à favoriser le développement économique en général, et la promotion du secteur privé en particulier. La dernière mission porte sur l’assistance en matière d'informations économiques, de formation, de création et/ou gestion d'équipements.

Si la CCIM bénéficie de toute l’attention des autorités maliennes, elle a du mal à assumer ses missions essentielles dans différents domaines. C’est le cas par exemple dans celui de la création d'entreprises. A ce niveau, elle a le devoir d’informer les opérateurs économiques sur les formalités, la définition et gestion de projets, aspects juridiques. Elle leur doit également assistance dans la recherche de financement, de sites judicieux d’implantation... En un mot, la CCIM doit soutenir et accompagner les opérateurs intéressés tout au long de leur démarche de création d'entreprise.

Elle a le même devoir au niveau de la cession et de la reprise d’une entreprise. Les formalités, l’évaluation et l’audit, la mise en relation entre cédants et repreneurs n’est pas toujours comprise de nos opérateurs économiques dont la majorité est constituée d’analphabètes. La CCIM doit donc toujours les accompagner en matière de transmission et de développement de l'entreprise.

La CCIM doit également aider les commerçants et industriels à maîtriser leur expansion sur les marchés extérieurs. Elle doit travailler aussi à favoriser leur participation aux foires, salons et congrès afin de leur permettre de nouer des relations d’affaires leur permettrant de s’ouvrir de nouvelles débouchées.

Le développement de nouveaux produits, favoriser de nouvelles implantations, le développement commercial, la gestion de nos ressources humaines... sont également des domaines d’intervention à l’apanage d’une Chambre de commerce, mais qui sont le plus souvent occultés par celle de notre pays depuis quelques années. Tout comme le perfectionnement professionnel, les informations et conseils sur l'embauche, la formation en alternance...

La non maîtrise des droits des sociétés (droit commercial, la fiscalité), de l’environnement économique national et mondial, de la notion de propriété intellectuelle... constitue encore de vrais freins au développement du commerce et des industries au Mali. Ce sont donc des handicaps à l’épanouissement du secteur des affaires du pays. La CCIM doit donc initier des programmes de renforcement des capacités pour combler cette lacune.

Les formations souhaitées doivent également porter sur l’étude de marché, la veille concurrentielle, l’économie locale et régionale, les stratégies d’implantation d’unités industrielles locales, régionales et nationales… les enjeux de l’intégration politique et économique en gestation.

Malheureusement, ces dernières années, la CCIM a tendance à se détourner de ses missions essentielles au développement économique au profit de l’arène politique. Ses responsables se soucient plus de soigner leur propre image aux yeux du pouvoir que de se battre pour asseoir une dynamique politique commerciale et d’industrialisation qui est un atout de taille à l’heure de l’intégration sous-régionale et régionale. Cette politisation poussée, à la longue, risque de définitivement détourner la CCIM de ses missions et d’en faire une coquille vide. Si elle ne l’est pas déjà !

Alphaly

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ELECTIONS CONSULAIRES CONTROVERSEES

Une crise sans fin

Les élections controversées à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) d’octobre 2006 sont à l’origine d’une crise aiguë qui secoue l’institution depuis deux ans. Jamais la CCIM près d’un siècle d’existence n’avait connu une pareille situation.

Aux élections consulaires d’octobre 2006, le président sortant, Jeamille Bittar était opposé à Ousmane Guittèye. Ce dernier était le candidat désigné par le Groupement des commerçants du Mali, le plus grand et plus vieux regroupement de commerçants dans notre pays. Le candidat Guittèye se voyait d’emblée gagner les élections pour la simple raison, que ses partisans sont de grands commerçants de la place, (ils sont tous électeurs et éligibles). Dans l’histoire de la CCIM, aucun candidat n’a passé aux élections sans qu’il soit présenté par le groupement des commerçants.

Le verdict des urnes a été tout autre. Bittar est sorti vainqueur dans les sections commerce et service avec plus de 200 voix récoltées par procuration. Guittèye s’est contenté de la portion congrue dans la section industrie mais avec plus de votes physiques sur sa liste.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce, dirigé à l’époque par Choguel Kokala Maïga, a été accusé d’avoir entretenu cette mascarade électorale. Il a en effet fait fi des textes en introduisant le système de vote par procuration.

Mascarade électorale

La mascarade électorale a alors donné lieu à un contentieux électoral. Les protagonistes ont passé plus d’un an en procès devant la Cour d’Appel et en dernier et devant la Cour suprême. Cette dernière juridiction de second degré a vidé définitivement son délibéré courant 2007.

Le verdict des tribunaux a certes conféré une légalité à Bittar, mais pas la légitimité. Aux dires du clan Guittèye, il ne serait jamais question pour eux de reconnaître Bittar comme président. La CCIM est depuis lors plongée dans une crise sans précédent. Son président Bittar est plus que jamais esseulé dans ses activités à part le soutien des siens.

Le camp Guittèye continue de boycotter toutes les activités organisées en son nom et sous sa présidence. Des tentatives de médiations offertes par de bonnes volontés se sont toutes soldées par un échec.

La conséquence est que l’ancien bureau de la CCIM datant de la période post électorale continue de diriger la CCIM. Aucun nouveau bureau n’a pu être officiellement installé jusque-là. Or les 2/3 des membres de ce bureau étaient des proches de Guittèye, qui ont claqué la porte depuis longtemps. Tout se passe comme si la CCIM ne jouit plus de toutes ses capacités de fonctionner.

Abdrahamane Dicko

 

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CCIM

Comment ça fonctionne

En charge de la représentation professionnelle des personnes physiques et morales intervenant dans les diverses branches de l’activité commerciale, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) peut être consultée sur toutes les questions relatives aux usages commerciaux .

Créée en mars 1906 par décret de l’autorité coloniale, l’institution consulaire du Mali a soufflé ses 100 bougies en mars 2006. Pour l’histoire, il faut rappeler que l’institution a véritablement commencé à fonctionner en 1907. Mais d’évolution en évolution, il a pris le nom de CCIM en 1974.

La CCIM est un établissement public chargé d'assurer la représentation professionnelle des personnes physiques et morales exerçant dans les diverses branches de l'activité commerciale et industrielle au Mali. Elle peut être consultée par l’administration sur les questions relatives aux usages commerciaux internes et internationaux, aux clauses d’arbitrage commercial auxquelles l’administration souscrit, à la création ou à la modification des textes frappant le commerce et l’industrie.

La CCIM est représentée dans les chefs-lieux de régions et par des bureaux secondaires appelés délégations. Sont ressortissantes de la chambre les personnes se livrant habituellement à des activités commerciales et industrielles. Elle comprend à la fois des représentants des secteurs privés, publics, semi-publics et coopératifs. Elle élit son bureau qui comprend : un président, un 1er vice-président, un 2 e vice-président, un trésorier, un trésorier adjoint et un membre délégué par région sauf la région qui abrite le siège de la chambre.

Les organes de la CCIM sont : l’Assemblée plénière et le bureau. L'Assemblée plénière de la chambre est convoquée par le président à la demande du bureau, du ministre de tutelle ou de la moitié au moins des membres.

Les services administratifs de la chambre sont dirigés par un secrétaire général assisté d'un secrétaire général adjoint. Le secrétaire général est nommé par décret pris en conseil des ministres sur proposition du ministre de tutelle. Dans chaque région, le président de l'Assemblée consulaire est représenté par le membre délégué.

La CCIM se compose de membres titulaires et de membres suppléants élus ou désignés pour quatre ans. Le nombre des membres titulaires doit représenter au moins 10 % des effectifs des ressortissants de l'Assemblée consulaire sans toutefois excéder 30 membres pour le siège et 15 membres pour les délégations régionales.

Le nombre des membres suppléants est égal à celui des membres titulaires. La CCIM comprend deux sections représentant respectivement le commerce et l'industrie. La répartition des sièges entre les différentes sections est faite lors de chaque renouvellement par l'arrêté organisant les élections. Les fonctions de membres de la CCIM sont gratuites. Elle comprend à la fois des représentants des secteurs privé, public, semi-public et coopératif.

Toutefois, les représentants du secteur public et semi-public au sein des diverses sections ainsi que leurs suppléants ne sont pas élus, mais désignés par le gouvernement parmi les directeurs des entreprises et sociétés publiques et semi-publiques se livrant à des activités commerciales et industrielles.

Au sein de chaque section de la CCIM, la répartition des sièges entre le secteur privé, le secteur public et semi-public et le secteur coopératif se fait en tenant compte de l'importance respective de chacun de ces secteurs dans les activités relevant de la section. La répartition des sièges entre les régions du Mali se fait suivant l'importance que revêtent dans chacune d'elles les différentes branches d'activités relevant des sections.

Chaque région doit cependant disposer d'une représentation minimum d'un siège par section. La CCIM apporte son concours à l'administration pour la diffusion, l'explication et l'application pratique de toutes mesures touchant aux domaines commercial et industriel. Elle exerce un rôle de conseil auprès des personnes exerçant des activités commerciales et industrielles.

Elle peut soumettre aux pouvoirs publics certaines doléances et suggestions des professionnels du commerce et de l'industrie. La CCIM contribue à l'expansion du commerce extérieur du pays par sa participation active aux foires internationales, sa collaboration avec les organismes consulaires des autres pays et par la prospection des marchés à l'intention de tous exportateurs et importateurs.

La CCIM peut être chargée par décret ou arrêté interministériel de délivrer aux exportateurs des certificats d'origine de produits maliens, de légaliser les factures commerciales et consulaires. Elle peut également délivrer en accord avec le ministre de tutelle des attestations et certificats relatifs à la situation juridique des entreprises commerciales et industrielles de son ressort. De plus, elle peut délivrer pour les besoins du commerce extérieur et à l'intention des personnes physiques ou morales étrangères, des attestations concernant les usages commerciaux locaux.

Dans l'intérêt du commerce et de l'industrie, la chambre peut-être autorisée par le gouvernement à entreprendre des travaux ou à fonder, acquérir, recevoir ou simplement administrer tout établissement ou service présentant une utilité pour le commerce et l'industrie. De ce fait, la CCIM, peut en particulier, gérer des magasins généraux, stocks, entrepôts, salles de ventes publiques, ports et zones franches, participer à la formation professionnelle et à l'amélioration de la qualité de la main-d’œuvre en organisant des cours de perfectionnement, entreprendre toute action tendant à améliorer les techniques et conditions d'exercice des activités commerciales et industrielles dans le pays.

La CCIM peut éditer des bulletins et revues donnant des informations relatives au commerce et à l'industrie ainsi que toutes autres publications d'ordre économique et commercial. En outre, elle peut faire confectionner et vendre tous imprimés nécessaires aux activités commerciales et industrielles.

Par arrêté en date du 8 octobre 1980, l'exclusivité de la confection et de la vente sur l'ensemble du territoire de la République du Mali des imprimés commerciaux est attribuée à la CCIM : déclaration de réexportation, déclaration d'entrée en régime suspensif, déclaration d'exportation, déclaration de mise à la consommation.

Mohamed Daou

 

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DEUX ANS APRES LE DECES D’ALI FARKA TOURE

L’émotion toujours intacte

La mort n’efface pas le nom pour les plus méritants. Ainsi, deux ans après sa mort, Ali Farka Touré n’est pas encore un souvenir pour une grande majorité d’entre-nous. L’émotion de cette mort est tellement si intacte qu’on croirait volontiers que c’est ce matin même que le bluesman universel s’est éteint.

7 mars 2006, 7 mars 2008 ! Voilà deux ans que s’est éteinte l’une des grandes légendes de la musique d’inspiration africaine, humaine et universelle : Ali Farka Touré. Oui, déjà deux ans ! Que le temps passe vite ! Si vite que ce deuxième anniversaire va surprendre beaucoup de tes fans.

Mais, pour nous autres, c’est comme si nous étions à cette aube du 7 mars 2006, l’instant où tu t’es éteint dans la discrétion et l’intimité familiale. Notre douleur est encore vivace ! Notre tristesse plus grande. Comment se résoudre à la mort d’un immortel ? Oui, tous les humains ne sont pas mortels sinon les légendes n’auraient pas existé.

D’ailleurs, ne dit-on pas que « les morts ne sont pas morts ? ». Ceux qui ont planté des « arbres » ou creusé des puits pour étancher la soif de leur prochain ne meurent jamais ! Et Ali est de cette catégorie. Père, époux, frère, ami, parrain, idole… Tu es encore dans nos cœurs comme tel ! L’amour que nous avons pour toi est si noble qu’il résiste à tout. L’ange de la mort détruit tout sauf l’amour dans sa noblesse.

Farka ! « Ane » ! Tu l’as réellement été par ta force et ton amour du travail. Tu as été un « âne » que personne n’a réussi à monter mais qui a pourtant porté le Mali et ses valeurs musicales partout dans le monde. Par ton talent, ton patriotisme, ta bravoure, ta persévérance… tu as rendu célèbre Niafunké, tu as donné un visage reluisant au Mali sur la planète. Ali a redonné aux blues ses vraies sensations et toute son émotivité en le ramenant à ses sources historiques et culturelles.

Comme le témoignent ceux qui l’ont accompagné partout dans le monde, Ali était, un phénomène. Il fallait tourner avec lui dans le monde pour le savoir réellement. C’est une foule déchaînée qui l’accueillait partout parce que sa musique est profonde, sensationnelle, sentimentale et humaine. Il est difficile de ne pas se retrouver dans ses œuvres. « Le Mali et l’Afrique ont perdu en lui un ambassadeur incomparable », reconnaît un confrère des Etats-Unis.

Radio Mali, Talking Timbuktu, The Source, The River, Niafunké, In the heart of the moon et, enfin Savane ! Ali tes productions sont aujourd’hui comme des livres de chevet. C’est dire que nous ne cessons de t’écouter. Et surprise ! Chaque nouvelle écoute est une redécouverte de l’artiste. C’est dire qu’on ne saura jamais mesurer ton talent à juste valeur, tellement il est immense et incommensurable.

C’est maintenant que nous découvrons toutes la noblesse de ta musique, la profondeur de ton inspiration. Quel délice que d’écouter et réécouter ces chefs d’œuvre, ces classiques de la musique universelle. A peine si l’on retient souvent ses larmes face à tant de poésie et de philosophie. Ali est-ce qu’on te comprenait réellement ? Nous pensons que non ! Ceux qui sont d’avis contraire, n’ont qu’à écouter Amadraï par exemple. Nous avons la chair de poule à chaque réécoute de ce titre langoureux qui fait vibrer tous les sens.

Les héritiers à l’œuvre

On comprend alors aisément qu’Ali est dans les récentes productions de tous ceux qui ont côtoyé le paysan/bluesman de Niafunké. Segu Blue de Bassékou Kouyaté en est la parfaite illustration. D'une mélodie irrésistible et fascinante, cet album nous évoque inévitablement le blues d'Ali farka Touré que Bassékou a accompagné au ngoni sur le désormais mythique album posthume, Savane. Le ngonifola a d'ailleurs ajouté à l’œuvre un couplet en hommage au paysans/bluesman. Ce titre, c’est Lament for Ali Farka ! Un morceau sur lequel danse majestueusement l’éblouissante voix de sa sublime femme, la chanteuse Amy Sacko.

Que dire alors des titres comme « Fimani » et « Baara », sur l’album Afriki de Habib Koité. Vieux Farka ! N’en parlons pas puisqu’il ne saurait être autrement pour cet héritier naturel comme Afel et tous ceux qui se réclament aujourd’hui « les Amis d’Ali Farka » et qui continuent de véhiculer les valeurs qu’il a toujours défendues à travers le monde.

Mais, ressemblance n’est pas similitude. « Les gens disent que ma musique est pleine de promesses et qu’elle rappelle l'œuvre de mon père à bien d’égards. Mais, je pense qu’Ali Farka est unique en son genre. Ce n’est pas facile d’égaler une star comme Ali Farka, à plus forte raison faire plus que lui », nous disait un jour Boureïma dit Vieux Farka Touré.

« Le miel n’est pas doux dans une seule bouche »  ! Avoir et partager est la vertu des grands hommes ! Et Ali Farka Touré en est un ! Il le restera pour l’éternité puisqu’il continue à partager avec nous son talent et son humanisme ! « Le soutien qu’Ali a apporté aux artistes, surtout aux jeunes, si toutes nos stars en faisaient autant, le Mali compterait déjà de nombreuses distinctions internationales, la musique malienne n’aurait pas eu de rivale dans le showbiz international…Ali était un homme exceptionnel. Même se sachant condamné, il n’a rien perdu de sa joie de vivre, de son humour…C’est lui qui consolait ceux qui venaient le voir », dixit Bassékou Kouyaté (dans « Parlons un peu d’Ali » de Cauris Editions).

Quel bel exemple pour notre génération, attirée par l’eldorado de l’Occident, que ton attachement à ta patrie, à la terre de Niafunké qui t’a maternellement accueilli pour le repos éternel. « L'Afrique est ma source d'inspiration, mon repère, mon bonheur », nous disais-tu. En effet, contrairement à de nombreux artistes africains, Ali Farka Touré n'a jamais cédé à la vague d'exil vers l'Occident lorsque, dans les années 70-80, l'expansion de la world music a attiré nombre d'entre eux en Europe.

Bien au contraire ! Ce musicien à la culture musicale impressionnante, respecté et révéré dans le monde entier, est plus qu'aucun autre proche de sa terre, le Mali. A tel point qu'aujourd'hui, après avoir séduit la scène musicale internationale avec son blues sensible et inspiré, il consacre le plus clair de son temps à l'agriculture.

Dors en paix l’artiste, le paysan ! Rien ne nous consolera de ta disparition. Ni les torrents de larmes versés ni tous ces témoignages émouvants !

Moussa Bolly

 

 

DISCOGRAPHIE

Farka (1976)

Red (1984)

Ali Farka Touré (1987)

Green (1988)

The River (1990, World Circuit)

The Source (1992, World Circuit avec Taj Mahal)

Talking Timbuctu (1994, World Circuit)

Radio Mali (1996, World Circuit)

Niafunké (1999, World Circuit)

In The Heart of the Moon avec Toumani Diabaté et Ry Cooder (2005, World Circuit)

Savane (2006, World Circuit)

 

FILMOGRAPHIE

Ali Farka Touré est apparu dans de nombreux films-documentaires :

Ça coule de Source de Yves Billon et Henri Lecomte (2000)

Je chanterai pour toi de Jacques Sarasin (2001)

Le Miel n’est jamais bon dans une seule bouche de Marc Huraux (2002)

Le Festival au désert de Lionne Brouet (2003) 

Du Mali au Mississipi de Martin Scorsese (2003)

A Visit to Ali Farka Touré de Marc Huraux (2006

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Droit et pratique du droit au Mali

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Les pièges du destin

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Le mouvement mondial des femmes

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Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
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