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2008

Mois de Mars

Les Echos du 05 mars

 

FINANCEMENT PUBLIC DES PARTIS POLITIQUES

L’aide exceptionnelle piétine l’aide légale

Ils sont 5 partis politiques à avoir rempli les critères d’éligibilité de l’aide publique de l’Etat au titre de l’année 2007. Mais, l’aide exceptionnelle est tombée au mépris de l’aide légale. Prenant leur mal en patience, les vrais bénéficiaires dénoncent le traitement discriminatoire fait du dossier par l’Etat.

Qui l’aurait cru ? Alors qu’elles sont officiellement déclarées éligibles à l’aide publique attribuée aux partis politiques au titre de l’exercice 2007, les 5 formations politiques n’ont pas encore reçu un Kopeck du montant qui devait tomber dans leur escarcelle. Il s’agit de l’URD, du MPR, de l’UFD, du RDR et du M plus Ramata.

Le montant de l’aide publique attribuée aux partis politiques au titre de l’exercice 2007, s’élève à 1 106 616 176 de F CFA. La somme à laquelle ont droit les partis politiques éligibles s’élève à 395 817 409 F CFA. Et le montant affecté qui s’élève à 710 798 767 F CFA devait être reversé au trésor public. Coup de théâtre : le président de la République a décidé d’octroyer une aide exceptionnelle aux partis politiques dont les dossiers n’ont pas été retenus par la section des comptes de la Cour suprême. Le montant restant ne sera plus retourné au trésor public.

A peine, les uns et les autres ont fini de décrier cette situation car, n’étant pas en conformité avec les textes régissant le financement public des partis politiques, le gouvernement vient de s’illustrer par une autre situation d’injustice faite de vices de formes.

A preuve, le décret présidentiel pour l’aide exceptionnelle a été signé le 25 janvier 2008. Et il a fallu attendre 15 jours plus tard soit le 7 février 2008 pour que le dossier de l’aide légale soit paraphé. Pourquoi n’a-t-on pas d’abord signé le dossier de l’aide légale ensuite celui de l’aide exceptionnelle ? Le paradoxe est patent.

Mieux, le montant de l’aide publique attribuée aux partis éligibles est inférieur à celui affecté pour l’aide exceptionnelle. Le montant à partager entre les 5 formations politiques est de 395 817 409 F CFA alors que celui de l’aide exceptionnelle est de 710 798 767 F CFA. La mauvaise foi de l’Etat est manifeste.

Caution à la mauvaise gestion des deniers publics

En tout état de cause, la tension de trésorerie ne saurait plus être invoquée par l’Etat d’autant qu’il a pu faire face à l’aide exceptionnelle dont le montant est au-dessus de la somme devant être payée aux 5 partis politiques.

Suivant le décret n 08-062 PRM du 7 février 2008 fixant la répartition de l’aide de l’Etat aux partis politiques au titre de l’année 2007, l’URD doit recevoir 214 471 213 F CFA, le MPR 81 048 545 de F CFA, l’UFD 33 630 749 F CFA, le RDR 33 324 329 F CFA et le M.plus Ramata 33 342 573 F CFA.

Les 5 partis politiques qui n’ont pas tendu leur sébile pour bénéficier de l’aide publique aux partis ne méritent pas un tel mépris de la part de l’Etat. Au contraire, leurs dossiers devaient être traités avec toute la diligence requise car, ils se sont distingués par leur sincérité et leur rigueur dans la gestion des fonds publics mis à leur disposition.

Si l’Etat avait commencé le paiement avec Les partis éligibles, il aurait incité les autres formations politiques à s’inspirer de cet exemple. Mais l’Etat en privilégiant l’aide exceptionnelle au détriment de l’aide légale, apporte sa caution à la mauvaise gestion des deniers publics. La logique voudrait que les plus méritants soient les premiers récompensés d’autant qu’ils ont été sélectionnés par la Cour suprême non pas par complaisance, mais pour le travail bien fait.

Tout porte à croire que les vrais bénéficiaires ont manqué de considération et de respect au plus haut niveau de l’Etat. Leurs dossiers ont traîné à tous les niveaux surtout à la présidence de la République où ils n’ont été signés que le 7 février dernier. Aujourd’hui encore, les mêmes dossiers dorment dans les tiroirs du trésor public et personne ne sait y compris les intéressés la date de leur paiement.

Or, beaucoup de militants au sein des partis bénéficiaires de l’aide publique pensent que leur formation a empoché de l’argent mais ne veut pas jouer à la transparence. Parce qu’à ce jour, certaines activités des 5 partis réellement bénéficiaires sont bloquées pour manque de ressources financières.

Devant cette situation incompréhensible, les partis éligibles au financement public n’écartent pas l’hypothèse de se concerter en vue d’entreprendre des actions légales pour dénoncer le comportement de l’Etat à leur égard mais aussi amener celui-ci à s’exécuter dans un meilleur délai. Quoi qu’il en soit, ils n’ont rien fait pour mériter un tel sort.

Mohamed Daou

 

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A PROPOS DU 8 MARS

Entre mythes et réalités

Le combat des femmes pour l’amélioration de leurs conditions de vie est légitime, tout comme leur désir d’éradiquer certains maux comme l’excision, le viol, le harcèlement sexuel, etc.… Mais, il y a des maux extrêmement graves qui minent nos sociétés, mais dont les braves combattantes parlent peu. Il s’agit de la débauche et de la prostitution qui constituent un signe évident de déchéance et de décadence d’une société.

Le 8 mars, Journée internationale de la femme est une date très importante. Une date citée partout à grand renfort de publicité. La journée figurerait dans le calendrier officiel des Nations-Unies, suite à une décision prise par elles en 1977. Cependant, l’histoire de cette journée a fait l’objet de vives controverses.

C’est ainsi que les chercheuses françaises, Françoise Picq et Liliane Kandal ont montré que l’origine américaine du 8 mars était une fable apparue pour la première fois dans le quotidien « L’Humanité » en 1956. Pourtant, le mythe des couturières new-yorkaises qui auraient grevé le 8 mars 1857, a pris corps en Amérique et ailleurs. La réalité, selon Florence Montreynaud, est que la journée des femmes est une décision de la IIe Internationaliste Socialiste initiée par l’Allemande Clara Zetkin lors de la conférence des femmes socialistes de 1910 à Copenhague.

Le but serait, de mobiliser les femmes derrière les organisations de la classe ouvrière et de contrer les féministes dites « bourgeoises ».

Quant à la date précise du 8 mars, elle serait choisie par Lénine en 1921 pour commémorer la révolution du 8 février 1917 qui figurait dans le calendrier de la Russie tsariste.

A mon avis, cette controverse de l’histoire du 8 mars est égale, à part que tous les jours sont bons pour fêter. Chez nous, au Mali, l’harmonie sociale était telle que les femmes n’éprouvaient pas ce mal-vivre comme si elles étaient victimes d’un complot masculin.

Depuis la colonisation, l’Occident a pris l’habitude de faire de nous un dépotoir pour les déchets de son développement et de sa culture. Tout le monde est conscient que les sociétés occidentales traversent une crise sociale très grave. On nous apprend par exemple qu’en France, chaque 3 ou 4 jours, une femme meurt sous le coup de son mari. C’est le prix de la liberté qu’elles-mêmes ont réclamée.

Si l’expérience des uns servait aux autres !

Limitons-nous à ce seul exemple. En faveur de ces épouses victimes, on a cru faire œuvre utile en leur accordant les droits les plus larges dont ceux de disposer librement et entièrement de leur corps. De l’autre côté, la riposte des maris frustrés dans leurs droits conjugaux nous amène à ces constats de meurtres.

Comme solution, on alourdit l’arsenal répressif contre tout mari qui ne respecterait pas la liberté de sa conjointe de disposer entièrement de son corps. Pourquoi dans les sociétés africaines, nous ne connaissons pas ce terrorisme conjugal ? Dans nos sociétés, l’acceptation qui nous est familière ne donne pas à une épouse ce droit exorbitant de disposer librement de son corps.

Voilà que cette restriction de liberté librement consentie par les épouses nous permet de faire l’économie de graves crises sociales du genre que connaît l’Occident.

Toute lutte contre un système de discrimination est par essence, juste et noble. Mais, il faudra surtout éviter l’amalgame. Le combat des féministes n’est plus de démontrer que la femme a les mêmes aptitudes que l’homme. La femme est déjà utilisée comme l’homme dans tous les domaines, dans toutes sortes d’activités et à tous les degrés de la hiérarchie. Elle est allée jusqu’à servir comme fusilier commando dans l’armée de l’air de certains pays développés.

La question n’est pas de savoir si la femme peut tout faire, mais de se demander si elle doit tout faire. La femme, de par sa vocation de procréation, d’épouse et de mère, est déjà suffisamment chargée par le créateur. Ce n’est pas pour dire qu’il faut l’exclure de la vie publique ou de la sphère de production. Non ! Ce n’est pas mon discours. Je trouve injuste que la femme soit utilisée comme l’homme dans les boulots trop fatigants, trop contraignants ou trop salissants, sous prétexte de corriger des discriminations.

L’homme ne prend pas part aux peines de la grossesse, à la douleur de l’enfantement, aux tracasseries et aux souillures du bébé, à la corvée de l’allaitement…, j’en passe. Astreindre la femme à certaines tâches au mépris de la fonction que la nature lui a déjà dévolue, c’est une injustice et un manque de respect pour elle.

Quand on nous dit que dans le tiers-monde, des milliers de femmes meurent chaque année de suites d’accouchement ou d’avortement, cela nous interpelle. Nous devons tout mettre en œuvre pour les soulager et les mettre dans les meilleures conditions possibles. De cette même manière, l’amélioration constante des conditions de vie de la femme aux plans économique et social, doit être un souci permanent pour chaque homme.

En ce moment où on regarde avec les yeux des autres, il est important que nos mères, nos femmes et nos sœurs restent sereines. Elles doivent prendre conscience que leur rôle dans la stabilisation de la famille et de la société est plus important que celui de l’homme. Elles se rabaissent et démissionnent quand elles envient la place de l’homme et se substituent à lui.

Le combat des femmes pour l’amélioration de leurs conditions de vie est légitime, tout comme leur désir d’éradiquer certains maux comme l’excision, le viol, le harcèlement sexuel, etc.… Mais, il y a des maux extrêmement graves qui minent nos sociétés, mais dont les braves combattantes parlent peu. Il s’agit de la débauche et de la prostitution qui constituent un signe évident de déchéance et de décadence d’une société.

Les occidentaux qui ont fini de détruire leur équilibre social ne doivent plus être de bons exemples pour nous, même s’ils disposent de l’argent et de la communication. Résistons pour la pérennité de nos valeurs si bienfaisantes. Pour ce, je souhaite une bonne fête de 8 mars aux femmes du Mali, de l’Afrique et d’ailleurs.

Drissa Doumbia

Ecrivain domicilié à Yirimadio

NB : Le titre est de la rédaction

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CORRUPTION

Une pratique ancrée dans nos cités

Une fois éveillée, l'humanité de l'homme, il se contente de peu. Et comme tout être humain possède cette part de divinité en lui, quel qu'il soit, que ceux qui sont riches en avoir acceptent de partager avec ceux qui sont démunis, et la corruption disparaîtra du moins, sous sa forme scandaleuse actuelle.

De prime abord, la corruption peut être considérée comme une pratique sociale quasi-universelle, aussi vieille que l'humanité civilisée. Jadis elle a été l'arme qu'utilisaient de tenaces conquérants pour briser la résistance de villes fortifiées. Pour un penseur politique comme Platon, le terme servait à désigner l'état d'un régime dégénéré (l'anarchie étant ainsi vue comme la forme corrompue de la démocratie). De nos jours, la corruption semble être quelque chose d'inhérent à la gestion des affaires humaines, et de ce fait tolérée à certains égards. Et pourtant, elle reste l'un des principaux maux dont souffrent nos sociétés. Dans certains pays, elle prend l'allure d'un véritable fléau. «  Hélas ! disait Nya Maria Kéïta, je parcours le Zaïre en décembre 1979 et janvier 1980... Corruption incroyable ... ». Comme fléau, ses effets ravageurs sont bien connus; tant sur l'individu que sur la société : déchéance morale, déliquescence et dégénérescence. La corruption est alors combattue. « II faut rejeter la corruption, les pots-de-vin, l'appropriation de fonds publics, l'oppression des pauvres et des handicapés. » (Jean-Paul \1). Et rares sont les régimes politiques, anciens ou nouveaux, qui n'aient, entre autres, fait de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille. Mais comme une hydre, elle réapparaît aussitôt qu'on la croyait vaincue. A l'heure actuelle, la corruption est devenue un moyen rapide d'ascension sociale, comme une échelle qu'on trouve placée là, devant soi, permettant de se faire au plus vite une place au soleil avant les autres. Elle est alors liée aux structures aliénantes d'une société en mal d'efficacité. Ses racines, on les trouve dans l'inégalité sociale.

La corruption, comment la définir ?

Vu la complexité des rapports humains, elle est sujette à une ambiguïté définitionnelle. Dans le Dictionnaire Larousse, elle est vue comme un état de « pourrissement » le « fait d'être corrompu, dépravé ou perverti », « action de soudoyer quelqu'un ». Pour une approche plus explicite du concept, disons que la corruption est l'acte par lequel on parvient à forger, subtilement, l'assentiment de quelqu'un, pour le rallier à sa cause, le faire travailler à son avantage, à coups d'argent ou de promesses mirobolantes. C’est assurer la victoire du matériel sur la morale. C'est, en d'autres termes, un acte d'utilisation de l'autre comme moyen pour parvenir à ses fins sordides, une sorte de violence psychologique raffinée, pouvant revêtir divers aspects.

La corruption peut alors être conçue comme un phénomène social total, d'ordre sociologique, psychologique, politique, économique et philosophique. La corruption étant devenue une pratique courante, reconnue en quelque sorte comme normale, convient-il de la combattre ? Si oui, qui faut-il alors blâmer ou condamner ? On évoquera à coup sûr la société. Mais la société est composée d'individus concrets, conscients, poursuivant des buts déterminés. Du corrupteur et du corrompu, lequel mérite d'être plus chargé et passible de sanctions punitives ? Dans un monde où domine la force aveugle du capital et où l'amour de l'argent gangrène inexorablement les hommes, voir un homme non sujet à la corruption, c'est-à-dire incorruptible et incorrompu, peut relever de l'insolite, de l'incroyable, voire du miracle.

En effet, avoir, dans un tel monde, les mains entièrement pures à la kantienne, est chose difficile, sinon impossible. Si on admet l'imperfection et la malléabilité de la nature humaine, cette assertion s'avère difficilement irréali1able et facilement recevable. « L'occasion fait le larron » a-t-on dit. Dans la pratique sociale des hommes, « tout dépend pour eux du temps et des circonstances » {Ecclésiaste 9 : II}. La vérité marxiste, selon laquelle « l'être social détermine la conscience sociale » doit servir ici de guide pour la compréhension des uns et des autres dans leurs actes quotidiens. L'homme est un être social ayant des besoins qu'il ne peut satisfaire qu'en société, avec l'aide des autres. En admettant cette réalité, il apparaît assez difficile de distinguer de prime abord. un acte corrupteur de ce qui ne l'est pas. Ici la sagesse philosophique, kantienne surtout, consiste à juger de la valeur morale d'un acte à partir de la volonté ou l'intention intime ayant précédé ou guidé son exécution.

Alors, on est seul à pouvoir témoigner de l'authenticité de nos actes, s'ils émanent d'une charité désintéressée ou non. Cependant, un regard sur les stratifications sociales, en un mot sur la réalité sociale concrète peut nous permettre d'avoir une perception juste des choses, en distinguant l'acte vrai du faux dans la pratique corruptrice. Il semble qu'il ne peut être question de corruption entre deux nantis, deux personnes ayant des statuts sociaux égaux, où les avoirs à peu près s'équivalent.

Disons alors que dans la justice commutative ou mutuelle, celle qui prévaut dans les échanges à égalité mathématique, la corruption est imperceptible sinon inexistante et nulle. Elle est dans la justice distributive, c'est-à-dire celle où l'inégalité est par les avantages et les honneurs distribués selon les mérites de chacun, telle qu'on peut la rencontrer dans les rapports enseignants-élèves, employeurs-employés, gouvernants-gouvernés.

Mépris de la dignité humaine

Dans ce cas, il est fréquent de constater qu'on n'attribue pas à chacun conformément aux besoins et mérites, la politique de l'homme qu'il faut ne tenant que par son côté formel à cause de la pratique corruptrice. Les situations de crises sociales engendrent ou favorisent considérablement la pratique de la corruption. On y fait largement recours sur le marché du travail, lors des élections, qu'elles soient présidentielles, législatives ou municipales. Dans ces domaines précis, il n'est pas rare de voir dans les pratiques corruptrices un flagrant mépris de la dignité de la personne humaine, un avilissement de la personnalité. Si telle est la réalité morale de la corruption, il importe alors de condamner ou sanctionner punitivement ses principaux artisans. Mais en premier et denier lieu, entre le corrupteur et le corrompu, lequel mérite d'être voué aux gémonies ? On pourra en juger par l'observation suivante.

Des acteurs comme René Dumont et E.N. Joh-Mouelle ont, avec insistance, affirmé qu'on ne peut, dans la pauvreté, exiger de quelqu'un d'être honnête. Ils ont, du moins trouvé cela inconcevable. Mais avant, presque tous les grands réformateurs moraux ont témoigné de ce fait : l'orthodoxie en matière de spiritualité s'accompagne mal de la purée, de l'état de nécessité, en un mot, de l'extrême misère matérielle. C'est ce qui est plus ou moins dit dans la lettre pastorale du JO mars 1997 dans l'observateur Paalga : « en effet, ,l'extrême pauvreté du grand nombre, due en partie aux privatisations, aux nombreuses compressions et au chômage généralisé cette pauvreté jure avec l'abondance des biens d'une classe de privilégiés. Dans ce contexte, on ne peut s'étonner que fleurissent la corruption, le mensonge, même une certaine gabegie. . . ». Une fois franchi le seuil minimal vital, l'homme n'écoute plus la voix de sa conscience que dans le sens où il peut trouver à satisfaire ses besoins, ce qui a fait dire qu'il y a peu de vertu dans la misère, facteur tout indiqué de dégradation morale. Jean-Paul II l'a souligné lors d'une de ses dernières visites en Amérique latine, quand il a invité les riches à dépasser leur égoïsme pour aider les pauvres. Donc, au regard de tout ceci, osons affirmer que l'intégrité ne tient que quand il y a un minimum vital garanti, quand on est assuré par derrière, sûr de ne pas mourir de faim et de soif, quoi qu'il advienne. C'est pourquoi, peu de gens ont du mérite à être vertueux, honnêtes, droits et loyaux. Tenté à l'extrême ou manquant du strict minimum, celui qui passe longtemps pour intègre n'hésitera pas à emprunter les voies tortueuses ou coupables pour la satisfaction immédiate de ses besoins. Faut-il alors convenir avec Michel Quoist (l'un des catholiques les plus conséquents du siècle) que « le vrai pauvre ne peut se moquer de l'argent. C'est le luxe et le piège du riche de pouvoir se croire désintéressé) ». ? (Michel Quoist. A cœur ouvert).

Drame social

Le riche intéressé, c'est le drame social, c'est voir la corruption, faire son entrée dans le monde. En effet, pour corrompre, il faut avoir les moyens et on est corrompu ou corruptible quand on est venu à désirer quelque chose chez l'autre, à manquer souvent du nécessaire. La pratique de la corruption peut devenir chez ce dernier (le corrompu) une tactique ou même une stratégie quand, pressé par la nécessité, il se retrouve devant l'alternative suivante : se laisser mourir, silencieusement, dans l'espoir de rencontrer un honnête homme rare comme l'or, ou accepter le cadeau empoisonné pour une restauration momentanée de soi, dans l'attente des jours pour faire valoir sa personnalité, d'être incorruptible. Car, comme dit Ecclésiaste, « Pour tous ceux qui vivent, il y a de l'espérance et même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort » (9 : 4). C’est dire que la réalité sociale objective a des rigueurs à nulle autre pareille, comme pour parodier la formule d'un poète à propos de la mort (dans ce cas, mieux vaut ne va pas biaiser avec elle).

Par ailleurs, les choses se compliquent davantage quand on considère la complexité de l'être humain. Etant liberté, donc imprévisibilité et inconstance, le même homme peut passer de la vertu au vice et inversement. Le corrupteur d'hier devient le corrompu d'aujourd'hui et vice-versa. C’est en ignorant toute cette réalité que l'extrême justice devient injustice. En effet, dans bien des cas, on peut se laisser corrompre sans l'avoir voulu ni souhaité, quand on se laisse prendre tout simplement par le sentiment ou quand le corrupteur vous aborde sous un faux air de philanthrope sublime, de loup en habit de brebis et vous tend la main (en prenant on s'oblige ainsi). Mais la résolution d'un problème demande que tous les aspects du sujet soient examinés, quand il est surtout question de l’homme. De ce point de vue, il est possible que le corrupteur soit autre que ce qu'on pense de lui. Il peut être quelqu'un désirant réellement aider autrui, donc animé d'un sincère élan d'humanisme qu'il entend matérialiser par le truchement de quelque chose de symbolique dans le sens du donner et du recevoir.

Cette politique corruptrice obéit peut-être à une fine psychologie qui veut que là où l'homme s'investit matériellement, c'est là où son cœur trouve plus d'intérêt à s'ancrer. Le corrompu indéfendable, c'est celui qui veut « beurrer son pain », cherche le superflu, l'artifice en dépassant le naturel, par souci d'ostentation, et refuse de convertir la faveur... imméritée en geste d'utilité sociale. Il y a, dans la corruption au sens perverti du terme, une chosification des rapports humains, l'autre devenant un moyen, un objet par une politique de récupération. Or il n'y a pas meilleur moyen pour gagner une personne à sa cause, jusqu'au sacrifice suprême, que de lui témoigner un amour vrai. On se rendra alors compte que peu importe la valeur de l'argent ou du matériel mis enjeu.

Une fois éveillée, l'humanité de l'homme, il se contente de peu. Et comme tout être humain possède cette part de divinité en lui, quel qu'il soit, que ceux qui sont riches en avoir acceptent de partager avec ceux qui sont démunis, et la corruption disparaîtra du moins, sous sa forme scandaleuse actuelle. Si cette solution idéaliste s'avère inefficace, et elle a peu de chance de réussir dans le système qui l'a engendré (déjà Platon disait qu'il ne faut pas se faire d'illusion sur la bienveillance des riches), il faut alors songer à une restructuration complète de la société, à commencer par inventer un homme nouveau.

Adama Coulibaly

(Revue Jamana)

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PROTECTION CIVILE AU MALI

Dix ans sur la brèche

A l’instar des autres pays membres de l’Organisation internationale de la Protection civile (OIPC), le Mali a célébré hier la journée mondiale de la Protection civile. Présidée par le Premier ministre, la cérémonie de commémoration a donné l’occasion aux autorités d’exposer les mesures prises pour mieux protéger les citoyens.

Pour la sixième fois consécutive, notre pays a célébré la journée mondiale de la Protection civile, commémorée le 1 er mars par l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC). Cette célébration à la Caserne des sapeurs pompiers à Sogoniko, coïncide également avec le dixième anniversaire de la Protection civile du Mali, qui a vu le jour en 1998. La cérémonie d’hier avait donc une double signification : la réjouissance d’avoir loyalement servi les Maliens à travers des actes de sauvetage pendant une décennie et surtout l’opportunité de lancer des messages aux citoyens.

A cet effet, le thème de cette année, « la protection civile et les gestes qui sauvent », est expressif. En plus de la sensibilisation des populations pour une prise de conscience, le thème vise l’initiation des populations aux « gestes élémentaires ». Ce qui amoindrira drastiquement, à défaut d’anéantir les effets néfastes des fléaux, qui mettent en mal nos efforts de développement. Chaque citoyen est donc appelé à faire sien ces « réflexes élémentaires » pour non seulement protéger sa vie mais probablement sauver celle de ses semblables.

La cérémonie d’hier a été marquée par des démonstrations, des explications à travers des scènes d’accidents simulées afin de faire découvrir au public des techniques et des gestes appropriés dans le secourisme avant l’arrivée sur place des agents de la protection civile. L’on dénombre dix gestes techniques et huit références techniques. Mais, le préalable à toute intervention est de ne pas paniquer.

La Croix-rouge est l’une des complices de la Protection civile. Ses agents ont minutieusement illustré des méthodes de la réanimation. La pertinence de ces gestes, qui, selon le directeur général de la protection civile, le Colonel Mamadou Traoré, font partie de la trilogie « formation-information-sensibilisation », est certaine dans la mesure où « un simple réflexe de précaution ou une posture appropriée, rapide et adaptée permet de sauver sans contrepartie financière ».

Formation de 2000 secouristes

Les accidents de la circulation constituent l’une des causes de la mortalité aujourd’hui dans notre pays. Qualifiés « d’hécatombe » par plus d’un, ils occupent une place de choix dans les interventions de la Protection civile, vu leur nombre de plus en plus croissant. Le président de la République a même donné le ton dans la croisade contre ce fléau dans son Programme de développement économique et social (PDES), où il affirme : « Il s’avère urgent de repenser notre politique de sécurité routière. Elle sera un axe majeur du nouveau mandat ».

La concrétisation de cette volonté politique affichée est intimement liée à l’association des populations dans les techniques rudimentaires de secourisme, a répété le directeur général de la Protection civile. « C’est pourquoi, le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile s’attelle à mettre en œuvre un vaste programme d’initiation aux gestes élémentaires de secours à travers des groupes cibles (transporteurs, élèves et étudiants) en coordination avec plusieurs ministères dont celui de l’Equipement et des Transports, de la Santé ». Le but de l’opération, a-t-il précisé, est de former 2000 secouristes par cercle.

Les communes, les écoles et les médias serviront de lieu d’initiation. Cependant, le Colonel Mamadou Traoré a laissé entendre que la couverture de la Protection civile doit être plus soutenue.

Tout comme la Croix-rouge malienne, le secrétaire général adjoint de l’OIPC, à la tête d’une délégation de sa structure, a remis un message au Premier ministre Modibo Sidibé. Il a aussi mis l’accent sur l’efficacité et la diffusion des services de la Protection civile.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

 

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TRANSFERT DE RESSOURCES AUX COMMUNES

Cri 2002 à la quête de solutions

Le transfert de ressources et de moyens est une condition sine qua non pour la réussite de la décentralisation au Mali. Cri 2002 lance le débat.

Après les premières élections municipales en 1999, il y a eu des transferts automatiques de compétences aux communes nouvellement créées. Cependant, ces compétences transférées ont été faites sans le transfert des moyens. Le cercle de réflexion et d’information pour la consolation de la démocratie au Mali (Cri 2002) depuis le 25 novembre 2006 a initié un programme des débats décentralisés sur l’épineuse question de transfert des moyens aux collectivités territoriales.

Après avoir sillonné l’intérieur du pays et la Commune II du district le 28 février dernier, hier, c’était le tour de la Commune III d’accueillir le président de Cri 2002, Dr. Abdoulaye Sall, pour le lancement de l’initiative citoyenne sur le transfert de compétences et des ressources aux collectivités territoriales.

Pour la circonstance, Dr. Sall était accompagné du directeur national adjoint de la DNCT, Pathé Maiga, de Saouti Traoré du même service, sous la présidence du 1 er adjoint au maire de la Commune III, Tidiane Kéita. La rencontre était organisée en partenariat avec le bureau de la coopération Suisse au Mali.

Le thème : « Comment maîtriser et réussir le transfert des compétences des ressources pour faire reculer la pauvreté dans les collectivités territoriales » est de nos jours le problème commun à toutes les communes crées dans le cadre de la décentralisation.

Plus de dix ans après, des élus ne cessent d’interpeller l’Etat sur la nécessité de transférer les ressources en conformité avec la loi N°93-008 du 11 février 1993 modifiée qui dispose que « tout transfert de compétences à une collectivité doit être accompagné du transfert concomitant par l’Etat à celle-ci des ressources et moyens nécessaires à l’exercice normal de ces compétences ».

Obligation de transférer les ressources

Sur la question, Pathé Maiga, directeur national adjoint de la DNCT, conférencier, a déclaré que chaque fois que l’Etat transfère ses compétences aux collectivités, il a l’obligation de transférer les ressources qu’il utilisait. « L’originalité de notre processus de décentralisation réside dans le fait que les transferts sont effectués à partir des lois et obéissent à un certain nombre de principes ».

Les techniciens de la décentralisation ont également fait le point des transferts réalisés qui sont exercés normalement. Cependant, à leurs dires, il existe des difficultés dans la mise en œuvre effective qui sont dues au manque de formation des élus et des agents communaux, à l’incivisme des populations, à la faible implication de la société civile dans la vie de la Commune. La gestion des compétences transférées aux communes depuis plusieurs années ne répond pas aux attentes que l’Etat avait placées en elles avec la décentralisation.

Pour M. Maïga, « les collectivités nouvellement créées sont confrontées à des problèmes de ressources financières, humaines et matérielles pour assumer leurs responsabilités ». Pour remédier à cela, l’Etat a mis sur pied un dispositif d’appui technique. « Le gros problème que nous avons actuellement, c’est comment procéder au transfert effectif des compétences en ce qui concerne l’éducation, la santé et l’hydraulique. Car, jusqu’à présent, nous avons du mal à rendre opérationnel ce qui est stipulé par la loi », a affirmé M. Maïga. C’est pourquoi a-t-il dit que des élus disent souvent que le transfert de compétences est une « coquille vide » que l’Etat leur a donnée .

Amadou Sidibé

 

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Djoliba-COB : 1-1

Un nul heureux pour les Rouges

Même si la rencontre a été émaillée d'incidents provoqués par des supporters du Djoliba qui s’en sont pris aux confrères des radios Espoirs et Kledu, et même si les Verts ont quelque peu manqué d'audace dans le dernier geste, ce classique Djoliba-COB fut une rencontre agréable qui a tenu le public en haleine pendant près de deux heures (90 minutes +12 minutes d'arrêt de jeu).

Les Olympiens ont maîtrisé leurs adversaires grâce à la vivacité de leurs internationaux espoirs, Amadou Diamouténé intronisé meneur et Mahamadou Mariko. Seydou Traoré « Seydoufing » a été le sauveur du Djoliba face au COB, lundi dans l'avant dernier match phare de la 10 e journée du championnat. On jouait la dernière minute des arrêts de jeu, la partie étant émaillée d'incidents.

Sur un contre bien mené dans le camp clubiste, Seydoufing Traoré jusque-là absent au plan offensif égalise et s'est ainsi racheté de la plus belle manière, sauvant son équipe d'une défaite quasi certaine. Pendant une bonne partie de cette confrontation, les Olympiens avaient, en effet, maîtrisé leurs adversaires grâce à la vivacité de leur avant-centre et meneur, Amadou Diamouténé et le défenseur Mamadou Mariko.

Les poulains d’Adama Traoré « Boxeur » s'étaient créés pas moins de trois occasions nettes de but notamment par Moussa Tigana (38 e et 66 e) et Mohamed Fall (52 e). A ces occasions, s’ajoute le tir écrasé manqué de Morimakan Koita devant les buts vides (36 e). Dès lors on comprend la déception des Olympiens après le coup de sifflet final du référé central international, Koman Coulibaly et la joie des supporters du Djoliba qui n'y croyaient plus et qui avaient créé des incidents.

Le COB méritait sans doute mieux que le match nul mais il faut dire que la mauvaise prestation des poulains de Conti a beaucoup handicapé les Rouges. A ce moment, les supporters du Djoliba ne se faisaient pas trop d'illusions sur l'issue de la rencontre tant la défense des Verts tenait bon face à une ligne d'attaque adverse totalement absente durant toute la rencontre. La délivrance interviendra pour les joueurs de Hérémakono dans les arrêts de jeu de la partie avec ce coup de pied de Seydoufing Traoré qui permettra au Djoliba d'arracher le nul et de préserver sa première place au classement.

Boubacar Diakité Sarr

 

Des incidents

Les joueurs de Hérémakono, après l’ouverture du score par le COB, avaient commencé à s'énerver et à contester systématiquement les décisions de l'arbitre assistant, Amadoun Kola Cissé. A leur tour, les supporters emboîtèrent le pas aux joueurs dans un scénario classique et bien connu chez nous : jet de projectiles sur la pelouse et insultes envers les journalistes dans les gradins devant les responsables de Malifoot.

L’atmosphère était surchauffée dans la tribune découverte. Ce qui obligea l’arbitre à interrompre le match pendant plus d'une quinzaine de minutes. Il a fallu l'intervention d'un responsable des supporters du Djoliba et des forces de l’ordre pour calmer les esprits.

B.D.S

 

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