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2008

Mois de Mars

Les Echos du 04 mars

 

MILLENUINM CHALLENGE ACCOUNT

La révolution par l’agriculture

Dans sept mois, les composantes (routes et aménagements agricoles) du Programme millenium challenge account (MCA) seront dans leur phase opérationnelle. En attendant, le lancement officiel de l’ambitieux projet qui entend révolutionner l’agriculture dans notre pays, il a été présenté dimanche à Alatola au PM.

Au point C situé à une dizaine de kilomètres de Diabaly, l’équipe de MCA dirigée par Mahamane Bania Touré, le président du Conseil de surveillance du Millenium challenge account, le directeur du projet irrigation Alatola chargé de la mise en œuvre, Tidiani Traoré, son adjoint Bengaly Cissé, directeur des routes a donné des explications sur le MCA dans leurs composantes aménagements, routes. Selon les explications fournies par M. Traoré, le projet comprend deux grandes composantes dans la zone Office. Une composante routière qui serait sur 81 km reliant la ville de Niono au Village de Goma Coura et une composante aménagement qui dispose de 16 000 ha dans le périmètre d’Alatola dans la zone de Kouroumari dans la sous-préfecture de Sokolo.

Selon le chargé de la mise en œuvre de la composante aménagement, le projet d’irrigation d’Alatola de par son caractère de développement intégré harmonieux et durable, « vise à accroître la production et la productivité à travers l’amélioration foncière, la modernisation des systèmes de production irriguée, l’atténuation des incertitudes d’une agriculture de subsistance tributaire des aléas climatiques et par conséquent l’augmentation des revenus des paysans ».

La composante aménagement, aux dires de M. Traoré, sera faite en trois tranches. L’aménagement du périmètre de Alatona d’une superficie nette de 14 000 hectares en trois tranches. Une première tranche de 5200 ha, une deuxième de 4400 ha et autant pour la troisième.

Les travaux de la première phase démarrent en octobre prochain pour s’achever le 15 mai 2010. La première récolte sur cette tranche est prévue pour septembre 2010. La 2 e tranche débutera en mai 2010 pour terminer en mai 2011. Quant à la troisième elle commence en mai 2011 avant de prendre fin en mai 2012. Pour ces trois tranches, ce sont 14 000 ha qui seront repartis entre 1 785 exploitants.

Grandes réalisations

D’un coût de 200 millions de dollars US soit 104,1 milliards de FCFA, les travaux de la mise en œuvre démarrent, à l’en croire, en octobre prochain pour prendre fin en 2012. Le projet introduira des pratiques novatrices dans le domaine de l’agriculture, du système foncier, de la gestion des crédits et des eaux, ainsi que des réformes politiques et organisationnelles destinées à réaliser le potentiel de l’Office du Niger comme moteur de croissance économique du monde rural en particulier et du Mali en général.

Dans les grandes réalisations figurent l’agrandissement du canal adducteur de l’Office du Niger au niveau de Markala sur 9 km qui sera porté à une capacité double de ce qu’il a aujourd’hui. L’agrandissement du canal du Sahel sur 23 kilomètres sur sa longueur et 8 km sur le Fala qui draine l’eau jusqu’au niveau du point C seront les travaux auxquels le MCA va s’attaquer.

Pour avoir la grande quantité d’eau, il est prévu la réhabilitation des ouvrages régulateurs des points ABC. Il sera également mis en place un système automatique de télémétrie de contrôle de niveau d’eau à partir du Point A. « Le système permettra à partir des bureaux à l’ON à Ségou ou à Markala, de connaître la quantité d’eau qui arrive au point A et qui sera partagée sur l’ensemble des systèmes de l’ON ».

Le directeur du projet d’Alatona s’est appesanti sur le caractère novateur du projet. Le projet diffère pratiquement des autres projets d’aménagement hydro-agricole en zone Office du Niger de par d’abord le mode de distribution des terres. « Les paysans qui y seront installés auront des titres fonciers » a t-il dit.

Le projet a décidé de dédommager les populations qui seront dans l’emprise de la zone. Au total, ce sont 33 villages et hameaux qui seront relogées sur de nouveaux sites, récompensés de toute perte qu’ils auront subies suivant les règles de gestion de la Banque mondiale. « Ces villages et hameaux (800 familles) auront chacune un minimum de 5 ha. Elles auront les moyens de production (charrues, bœufs de labours), ils seront formés, organisés par le projet ».

Défis

Le MCA selon M. Traoré n’a pas mis de côté l’organisation des petits producteurs. « Ils seront aux côtés des agro-industriels, qui seront installés sur un minimum de 10 à 100 ha ». Si la production maximale est une innovation du programme, leur transformation est également une exigence. M. Traoré dira qu’il faut transformer et avoir accès au marché. C’est pourquoi, les défis majeurs à relever dans le cadre de ces projets peuvent se résumer en quelques points. Non seulement dira-t-il, il faut arriver à ménager les parcelles pour ces paysans dans le temps requis, le respect du délai, mettre en œuvre les moyens de production, penser à l’ancrage institutionnel du projet.

Selon le directeur du projet irrigation Alatola, une entité va gérer la question de la redevance eau après le projet. « Avec l’ON on conviendra du fait qu’elle fournira l’eau jusqu’en tête des parcelles d’Alatona. Une part de cette redevance sera versée à l’Office pour l’entretien de son réseau primaire et le reste sera géré par les entités, les associations, les coopératives qui seront dans les périmètres d’Alatona. Ce sera leur source de revenu. Des revenus fonciers qui vont servir également à faire d’autres aménagements », a-t-il indiqué.

Pour le volet route, il concernera le bitumage de 81 km de routes à partir de Niono jusqu'à Goma Coura. Les travaux, selon son directeur, M. Bengaly Cissé coûteront 35 millions de dollars (18, 2 milliards FCFA). Sa caractéristique est qu’elle longe la digue, le canal Gruber, Siengo, le Fala de Molodo (2 e bief de Kogoni). Les travaux doivent débuter le 15 octobre pour prendre fin le 15 octobre 2010.

Le programme MCA comprend également l'amélioration de l'aéroport de Bamako-Sénou. Celui du projet de parc industriel, situé dans le domaine de l'aéroport, mettra en valeur une plate-forme pour les activités industrielles sur une superficie de 100 hectares.

Amadou Sidibé

Envoyé spécial

 

 

Réduction de la pauvreté

Le Millenium challenge corporation, programme initié par les États-Unis, vise à aider ses bénéficiaires à réduire la pauvreté à travers le développement économique. Une convention de financement de 460,8 millions de dollars (244,8 milliards de F CFA) a été signée à Washington le 13 novembre 2006, et approuvée par le conseil d'administration du Millenium challenge corporation.

L’autre innovation est que les exploitants auront droit à l’accès aux crédits « On passera par les institutions financières qui vont nous donner des taux d’intérêts très intéressants et en ce moment le fonds à risque serait porté au niveau de cette institution financière qui aura maintenant ces exploitants agricoles comme partenaires. Il faut faire de cette agriculture une vraie révolution verte », a-t-il insisté.

A. S.

 

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PROXENETISME

Des Chinois et Camerounais arrêtés par la Brigade des mœurs

Au cours d’un contrôle dans la nuit du 26 février, la Commissaire divisionnaire de la Brigade des mœurs et ses éléments ont pris des promoteurs de chambres closes, de Night-clubs et des établissements de tourisme en flagrant délit de proxénétisme et d’incitation à la débauche. Trois Chinois et un Camerounais ont été interpellés.

Ami Kane a déploré la fréquentation des chambres de passe et Night club de Bamako par des mineurs. Au cours de l’opération coup de poing, effectuée le 26 février 2008 en Commune IV par des éléments de la Brigade chargée de la protection de l’enfant et des mœurs (BCPEM) quatre cas d’atteinte aux mœurs, de proxénétisme et incitation à la violence ont été démantelés dans dix établissements de maisons closes inspectées. Une procédure judiciaire a été engagée contre les auteurs qui ne sont autres que les promoteurs des bars-restaurants transformées en chambres de passe comme Football, Baobab, Soleil 3 (en commune IV) et Floto-Rouge (en commune III). Selon Ami Kane, trois Chinois et un Camerounais ont été interpellés.

Avertissement

Aussi, la commissaire divisionnaire de la BCPEM indique que lors de ces contrôles, deux filles mineures ont été interpellées au Night club Byblos et une à Ibiza Night club. « Immédiatement nous avons téléphoné aux parents de ces enfants qui sont venus aussitôt les récupérer à la brigade », a-t-elle précisé. Elle a ajouté qu’un avertissement verbal a été adressé aux promoteurs des Night-clubs ainsi qu’aux parents des enfants appréhendés.

Les visites nocturnes qu’opère généralement la BCPEM visent à protéger nos mœurs et à lutter contre les abus faits aux enfants. La patronne de la BCPEM affirme qu’il y a un mois, elle a convoqué les promoteurs de chambres de passe et Night club du district de Bamako pour rappeler les lois en vigueur interdisant l’accès des mineurs aux chambres de passe par le contrôle des pièces d’identités. « Les personnes qui n’ont pas 18 ans sont interdites de fréquenter ces lieux ».

Ami Kane avertit que sa brigade ne cessera de faire des contrôles permanents. Elle invite la population, notamment les parents à faire preuve de vigilance et de prendre toutes les dispositions pour éviter d’exposer leurs enfants à la débauche.

Amadou Waïgalo

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PROBLEMATIQUE DE L’EAU

L’impuissance avérée des autorités

Alors que des millions de Maliens, de Bamako à Kidal, manquent cruellement d’eau potable, les autorités ont encore avoué leur « inertie » face à la pénurie qui frappe de plein fouet notre pays. L’eau est une denrée rare dans beaucoup de localités du Mali, et pourtant, pour la énième fois, des mesures « salvatrices » sont annoncées.

La troisième édition du Salon international de l’eau (Sideau) 2008 vient d’ouvrir ses portes. La cérémonie d’ouverture a été notamment marquée par de beaux discours et de belles promesses, qui, à n’en pas douter, ont convaincu nos compatriotes de l’aveu et l’incapacité des responsables à mettre cette précieuse denrée à la disposition de tous, du moins dans la capitale en premier lieu. « Nous entendons la même promesse depuis belle lurette, mais la situation s’empire de jour en jour. Combien de gens sont tombés malades à cause de la consommation d’eau sale dans cette même capitale ? Combien de gens sont handicapés par la quête de ce désormais luxe pour nous ? Et dire que ce sont les belles phrases et de larges promesses jamais concrétisées qui vont nous sortir de ce calvaire, nous ne le croyons aucunement », tranche un habitant de Sabalibougou.

De beaux engagements, il en a été entendu sur les antennes des médias d’Etat dans la bouche du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Ahmed Sow. Celui-ci s’est fièrement présenté comme le maître de la situation, le sauveur des Maliens, reconnaissant d’abord l’inexploitation de l’immense potentialité dont dispose le Mali en matière d’eau. En effet, notre pays a à son entière disposition 70 milliards de m3 en période humide et 30 milliards de m3 en période sèche. Et dire que l’eau que nous utilisons représente moins de 4 % de cette aubaine que nous avons. Le calvaire des Maliens n’est donc aucunement lié à l’insuffisance des sources d’eau. Bien au contraire, nous avons des possibilités hydrauliques beaucoup plus supérieures à celles des pays comme le Burkina Faso, qui s’en sort mieux que nous à travers un lac artificiel. « Vous voyez cet immense cours d’eau qui vient et qui repart sans que rien ne soit fait pour la maîtriser et l’exploiter judicieusement afin de répondre à nos multiples besoins. Que de gâchis ! », a déploré un responsable local de l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) en faisant allusion au Delta intérieur du Niger.

Le mépris des menaces

La déception est par conséquent perceptible chez les populations par rapport aux engagements pris par le ministre. « Ce n’est pas la réalisation de forages et de stations, annoncée maintes fois qui doit servir de faux-fuyant au ministre. Nous voulons maintenant des actes concrets et non des discours. Nous sommes à bout de souffle et nous ne pouvons plus interrompre nos sommeils et parcourir des kilomètres pour avoir de l’eau. Peu de grâce pour nous populations de la capitale ! », a crié un habitant de Niamakoro. « L’optimisme démesurée » du ministre, contraste cruellement avec les réalités dans la cité des trois caïmans. Ne parlons même pas des zones de l’intérieur.

Le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, qui compte concrétiser le volet eau du Programme de développement économique et social (PDES) du président de la République, a superbement ignoré les menaces qui guettent nos sources d’eau, sans la prise en compte desquelles, aucune œuvre viable ne peut être entreprise. Le cas du fleuve Niger est plus qu’édifiant.

La baisse de la pluviométrie a conduit à un ensablement croissant et à une diminution du renouvellement des eaux. La réduction des pluies, conjuguée à une exploitation intensive des eaux, conduit à une dégradation de la qualité des eaux du fleuve. Les principales industries et activités locales y rejettent aussi leurs eaux usées. Selon des estimations, des milliers de m3 d’eaux usées sont rejetées chaque jour dans le fleuve sans aucun traitement. Un piètre constat avait déjà été posé. Depuis, c’est pire. L’exploitation des eaux s’est intensifiée. Le rejet d’eaux usées s’est logiquement accentué. Demandes et rejets sont croissants, mais aucune conscience publique ne s’est réellement organisée. Le simple citoyen ne peut que constater l’insécurité de l’approvisionnement en eau à son grand dam.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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FESMAMAS 2008

Les masques et les marionnettes ont séduit

Du 29 février au 2 mars, la cité de Djaradjan a vibré au rythme de la 12 e édition du Festival des marionnettes et de masques de Markala (Fesmamas). La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du Sous-préfet, Zanga Diarra en présence de M. Boncana Maïga président de ce 12 e fesmamas, des autorités politiques et administratives de Markala.

L’ambiance était maintenue par la trentaine de troupes qui ont tenu en haleine une foule enthousiaste. Nombre de festivaliers ont été émerveillés par les danseurs acrobates, les chants épiques et surtout par les masques et marionnettes.

Au-delà de cette ambiance festive, les intervenants ont tour à tour souligné l’importance du Fesmamas dans la cité ouvrière de Markala et même dans le rayonnement culturel du Mali. M. Bakary Kariba Traoré, représentant du maire de la Commune rurale de Markala a vivement salué l’engagement des initiateurs de l’événement culturel et remercié tous les participants pour leur disponibilité. « Après mousso Danbé en 2007, le thème de cette année, le n’domo et l’intégration sociale de l’enfant a fait rapprocher beaucoup les gens, car c’est cette classe initiatique des enfants qui prenait en charge leur éducation et leur assurait un avenir promoteur », a indiqué le 1 er adjoint au maire de Markala.

Fodé Moussa Sidibé, coordinateur du Fesmamas, s’est réjoui de la célébration, cette année, de la douzième édition. « Que de chemins parcourus ! Depuis 1993, notre idéal, notre vision de la promotion de nos cultures authentiques ainsi que nos ambitions n’ont pas varié. Nous sommes convaincus de notre combat culturel et restons toujours attachés à notre cher Markala. D’année en année, le Fesmamas se perfectionne en dépit des difficultés de financement. Nous croyons à l’art et à la culture des masques et marionnettes », a-t il dit avant de rappeler que « notre pari est de susciter une large participation à l’animation et à l’attraction culturelle et touristique de Markala ».

Après l’examen de la problématique de l’excision, la douzième édition, également consacrée à l’enfance, a pris pour thème, les enfants de la rue sous le signe du Ndomo. En effet, selon lui, le Ndomo est une institution traditionnelle bamanan destinée à l’éducation et à la formation intellectuelle des enfants avant la circoncision.

Il a regretté que cette année encore, la grande Commission d’organisation, n’ait pu bénéficier de budget programmé. « Cette situation déplorable peut avoir une incidence sur la qualité des prestations », a indiqué le coordinateur du Fesmas.

Ouvrant officiellement le 12 e Fesmamas, M. Zanga Diarra, Sous-préfet de Markala, a magnifié la qualité du travail des organisateurs qui, à ses dires, ont brillé par leur sens d’innovation.Manifestant sa grande satisfaction, M. Diarra pense que le Fesmamas se pérennise de plus en plus et valorise davantage notre culture. « Ce grand regroupement du donner et du recevoir est à l’actif du Club de Markala sous la conduite de l’éminent professeur, Abdou Traoré dit Diop », a-t il dit avant de remercier les différents partenaires pour leur apport financier.

Les enfants de la rue en symbole

Les masques ont émerveillé et séduit plus d’un. C’est l’impression se dégage des opinions exprimées par les spectateurs lors de la prestation des troupes folkloriques le vendredi et samedi au Karanga officiel (site de la manifestation) sur la place de l’indépendance.

Du début à la fin, les spectateurs ont été entraînés dans l’univers Bamanan par la qualité des prestations offertes par les différentes troupes. Le ton a été donné par la troupe du Conservatoire des arts, métiers et multimédia Bala Fasseké Kouyaté (CAM) qui a émerveillé le public en alliant l’humour à la danse sur le thème de cette 12 e édition à savoir « les enfants de la rue sous le signe du ndomo ». Dans un style qui leur est propre, les étudiants ont dénoncé les affres de la vie et les violences physiques auxquelles sont confrontés les enfants de la rue dans les centres urbains et ruraux.

Après, ce fut la série de prestations des troupes de Bambougou, Sokoura, Tiogoni, Kirango Thiérola et Kirango Konéla. Ces groupes composés d’hommes et de femmes attachés à leur culture ont rivalisé en pas de danses, chants et autres sketches. Ces artistes marionnettistes et détenteurs de masques ont, de par leur engagement et leur talent, séduit les spectateurs.

Tout au long des 3 jours de fête, les spectateurs venus de tous les coins du monde bamanan ont eu droit à des manifestations grandioses ponctuées d’enseignements et de conseils utiles. Les Dogons avec leurs masques décorés à la perfection ont tenu en haleine le public avec les masques kanaga, les échassiers et d’autres pans de leur patrimoine culturel. Ils ont été suivis par la troupe Sogolon de Yaya Coulibaly, maître incontesté des marionnettes, qui a mis en mouvement le public avec des marionnettes aussi expressives qu’acrobates et des pas de danses de l’aire culturelle bamanan.

Les acrobates de Faladjè (un village situé à 80 km de Bamako) ne sont pas restés en marge de l’évènement. En effet, les « tieblentié » du Bélédougou ont offert un spectacle exceptionnel. Les troupes de Kirango Bamanan I et II ont mis fin à la partie. Mahawa et sa troupe, le groupe du Point G, Fanafo daga, Kirango-djaka et le groupe Milo africain ont tour à tour saisi les spectateurs par des chants, des chorégraphies rythmées et cadencées. Comme aux précédentes éditions, les artistes du quartier Bozo de Markala ont mis le feu aux poudres au Karanga fluvial, avec une variété infinie de poisson et autres animaux aquatiques. Tout cela sous l’œil vigilent du jury qui a certainement eu du pain sur la planche pour départager les artistes car, chacun dans son domaine a donné le meilleur de lui-même. Comme dirait un observateur, les uns et les autres ont été à bonne école des détenteurs de savoirs locaux.

Le Pr. Diop, président du Club de Markala, a tenu à préciser que le Fesmamas n’est pas un show-biz ni une world music. A ses dires, il doit être pérennisé pour entretenir l’espoir d’une génération nouvelle capable d’assumer le passé.

A l’issue des trois nuits de compétition entre les différentes troupes, le grand prix (prix Adame Bah Konaré) a été enlevé par la troupe Sogolon de Yaya Coulibaly, le prix de la meilleure danse a été enlevé par les troupes Milo africain et les Tiéblintié de Faladjè. Le prix du meilleur habillage des masques est revenu à la troupe de Kirango Konéla, le prix de la meilleure chorégraphie a été enlevé par les Dogons. Kirango bamanan I et la troupe Sogolon ont eu le prix du meilleur chant au moment où Kirango Thiérola enlevait le prix de la meilleure percussion.

En sa qualité de président d’honneur de la 12 e édition du Fesmamas, le maestro Boncana Maïga a insisté sur la tenue régulière du Festival. « Le Fesmamas ne doit pas disparaître pour cause de financement. Chacun doit œuvrer pour sa pérennité. C’est très important, car les masques et les marionnettes ont toujours joué un rôle important dans notre culture ». Répondant à un vœu exprimé par le club de Markala, c’est-à-dire l’organisation d’un concert dont les revenus serviront à la réhabilitation de l’hôpital de Markala, le maestro s’est dit disponible. « Nous allons voir ensemble comment l’organiser et cerner tous les aspects de la mise en œuvre de ce projet qui me semble personnellement noble ».

L’un des temps forts du Fesmamas aura été le passage du roi du Festival. Saluant la commission d’organisation et le club de Markala, il a remercié tous les festivaliers et les spectateurs. Il a insisté sur le choix du thème de cette année, « le ndomo et l’intégration sociale des enfants de la rue ». « C’est un thème qui nous interpelle tous, car, voir des enfants abandonnés à eux-mêmes dans les rues, justifie tout simplement la démission des parents que nous sommes, c’est pourquoi, j’ai décidé de le reconduire pour l’année prochaine », a dit le roi.

Le sentiment général est que la 12 e édition du Fesmamas a surpris plus d’un par la qualité de l’organisation, la prestation des troupes et la mobilisation de la population. « Cela fait plus de 5 ans que je n’avais pas vu autant d’engouement pour le Fesmamas, ça veut dire que l’espoir est permis », a affirmé un festivalier visiblement heureux.

Idrissa Sako

(Envoyé spécial)

 

La première classe initiatique des enfants

Le « Ndomo » est une institution traditionnelle bambara destinée à l’éducation et à la formation intellectuelle des enfants avant la circoncision. Il a un rite initiatique reparti entre 5 classes et se déroule sur 5 ans.

Le « Ndomo » est en voie de disparition. Ce qui a amené ce clin d’œil du 12 e Fesmamas qui vise à revisiter ce pan de la culture bamanan pour relever les défis des temps modernes.

Les 5 classes du « ndomo » :

1 Les Lions, « Jaraw »

Cette classe symbolise la force, l’autorité. Elle vise à inculquer à l’enfant les principes de la discipline, du respect de l’autorité et des contraintes sociales de la vie en groupe. Les lions, c’est la connaissance, c’est le corpus des Maîtres qui apportent la connaissance

2. Les crapauds « N’toriw »

Le crapaud est un être amphibie appartenant à la fois au monde terrestre et au monde aquatique. Après sa mort, son corps se dessèche et ne pourrit jamais. Il symbolise l’interpénétration de la vie et de la mort.

3. Les oiseaux « Konow »

C’est la classe de la maîtrise de soi, de la domestication de la liberté individuelle. Autant on peut maîtriser un oiseau en cage, autant on a le contrôle de sa parole et de son comportement tant qu’ils ne sont pas lâchés dans la nature.

4. Les Pintades « Kamiw »

Ils symbolisent le côté intérieur de l’homme et sa supériorité sur le côté physique.

5. Les chiens « Woulouw »

Le chien est l’animal domestique par excellence. Il est très proche de son maître à qui il reste très fidèle. Le chien c’est le symbole de l’amitié.

I.S

 

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SOUFFRANCE

Une Vie, Rien Que de la Misère

Serait-il vrai que certaines personnes sont nées pour souffrir toute leur vie ?

C’est l’une des histoires les plus tristes que j’ai apprise de toute ma vie. C’est l’histoire d’une vie gâchée, d’une succession de misères et de souffrance. C’est l’histoire d’une jeune femme de 40 ans qui n’a jamais connu le bonheur. C’est vraiment d’une vie qui, sincèrement, n’a jamais signifié une vraie.

Au mois de mai dernier, j’étais arrêté devant le Palais des Congrès de Bamako à la recherche d’un taxi qui me ramènerait à mon domicile. Perdu dans la confusion de pensées futiles, je n’ai pas vu la dame à côté qui me regardait depuis un bout de temps. Puis, après, je ne pus que la voir. Elle me regardait avec une telle insistance que j’ai pensé avoir affaire à une rombière aux fesses décaties qui guettait un client. J’ai détourné le regard en murmurant un « ouzoubillahi » qui ferait éloigner la dame. Quand nos yeux se firent face une deuxième fois, elle a prononcé mon nom avec une pointe de doute. Je lui ai répondu positivement. Elle a esquissé un sourire avant de préciser : « Je suis D.T. Nous habitions le même quartier à Ségou quand tu étais au lycée. Je suis la cousine de XXX ».

Je me suis rappelé la jeune fille un peu gauche qui passait souvent devant notre grain et nous servait souvent du charbon. La conversation est devenue plus amicale. Elle m’a dit qu’elle cherchait une Sotrama et partait à Kalaban, à côté de l’hôtel d’Oumou Sangaré. Je lui ai proposé de payer le taxi puisque j’allais un peu plus loin. Nous avons pris place dans le taxi. Au fil de la conversation, je lui raconte ce que je fais dans la vie. Elle insiste : « Il faut que tu viennes chez moi, je vais te raconter ce que j’ai vécu toutes ces années. Je ne cherche pas la pitié ou la concupiscence, je veux juste te raconter le destin d’une femme dans ce pays. » J’ai pris ses coordonnées et je suis allé la voir, notant tout ce qu’elle me disait.

Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma cervelle, mais en sortant de là, je suis resté sonné, incapable d’écrire, quoi que soit et même d’en parler à d’autres. Si je le fais finalement, c’est parce qu’elle m’a envoyé un email pour me demander de respecter ma promesse de publier son histoire. Et enfin, j’arrive à me décider, à le faire.

D.T. est née dans une famille polygame de Ségou en 1969 (elle ne connaît pas la date exacte). Sa mère a été répudiée alors qu’elle n’avait que cinq ans. Elle a été « élevée » par les deux épouses de son père. En fait, elle était dans la maison comme une pièce décorative, elle n’intéressait personne. Elle a arrêté l’école en 9 ie année fondamentale après quatre échecs au DEF. Et après, elle traînait dans la cour, faisait le ménage, préparait les repas et vendait quelques bricoles de temps en temps. En 1990, alors âgée de 21 ans, elle est demandée en mariage par un jeune « commerçant » installé à Bamako. Ravi d’avoir une bouche de moins à nourrir, son père s’en débarrasse prestement. « Il n’y a jamais eu de cérémonie de mariage. Mes parents ont pris l’argent de la dot, la cola, ils ont partagé entre mes demi-sœurs tous les habits apportés par ma belle-famille et ils m’ont presque jeté à la porte en me disant que le mariage religieux étant déjà célébré, je n’avais qu’à aller chez mon mari. Le jour de mon départ à Bamako pour rejoindre mon mari, personne n’a dépassé le seuil de la porte. J’ai pris mon sac de voyage et ils m’ont salué à l’intérieur. Mon père m’a jeté un billet de 5000 francs comme frais de transport alors que ma belle-famille avait envoyé 25 000 pour moi et deux accompagnatrices. Quand je suis arrivée à Bamako, je suis allée chez le cousin de mon père. Il m’a demandé de continuer chez mon mari. Tu imagines l’humiliation Oussou ? Une jeune femme mariée avec un sac de voyage qui traîne à Kalaban qui était une bourgade à la recherche de la maison de son mari ! Et quand j’ai salué, ma belle-famille était estomaquée de me voir. Mon beau-père m’a même demandé si je tombais du ciel ! ».

Évidement, dans ces conditions, elle ne pouvait espérer recevoir du respect. Loin s’en faut ! Elle devint très vite l’objet de quolibets et railleries des autres femmes de la concession. Mais D.T. n’avait encore rien vu. « À peine trois semaines après mon arrivée, j’ai contracté une grossesse et deux mois après, mon mari est partie prétendument faire des affaires en Côte d’Ivoire. Jusqu’à mon accouchement, je n’ai pas eu de ses nouvelles. Ni lettre ni téléphone et pas un sou. On m’insultait sans arrêt dans la maison et on m’accusait d’être l’épouse du fainéant de la famille. C’était terrible, Oussou, c’était terrible ! Je pleurais sans arrêt en demandant à Allah de me sortir de là. Je ne comprenais pas cet acharnement du sort. Mon mari est revenu deux ans plus tard, sans aucune explication. Je pensais qu’un nouveau cycle de vie allait commencer et que les deux ans de malheur étaient finis. Il est resté exactement deux mois, le temps de me filer une autre grossesse et il est reparti, quelque part dans le monde et l’enfer a recommencé. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, j’étais déboussolée. Et quand j’ai tenté de retourner dans ma famille, j’ai compris que je n’étais pas attendue. Je ne pouvais que retourner, penaude, dans cette cour. C’était terrible ! ».

Cette fois, l’attente durera… 11 ans. Onze ans de calvaire, de privation, de brimade, de honte. Onze ans sans la présence chaleureuse du mari. Onze ans sans contact physique pour une femme dans la fleur de l’âge. Puis, « il est revenu en 2003. Il est juste revenu, sans explication. Sa famille et lui ont commencé à m’accuser d’adultère, d’infidélité, de mensonges et quoi encore. Sa famille voulait le divorce, il réfléchissait et pendant ce temps, il me file une troisième grossesse. Quatorze mois après son arrivée, il est tombé malade. Très malade et cinq mois plus tard, il est mort. C’est en fouillant dans ces affaires que j’ai découvert qu’il avait le Sida. J’étais sciée débout. Il ne manquait plus que ça. Ma vie était finie parce que j’ai été faire un test qui s’est révélé positif. Il m’avait transmis cette pourriture ! ».

Elle était assise là, dans son fauteuil, les yeux humides mais dignes. Elle n’avait ni colère ni rancune m’avouait-elle « c’est Dieu qui m’a créée et c’est lui qui a voulu qu’il en soit ainsi. Je ne sais pas ce qu’il en sera dans l’autre monde mais, pour moi, ce monde ici-bas est fini. » Elle faisait des démarches pour accéder aux antirétroviraux gratuits. Elle voulait un coup de piston, je l’ai aidée comme je peux dans un système où rien n’est normal.

Voilà D.T., j’ai tenu ma promesse. Ton histoire est narrée. J’y ai mis de la pudeur et j’ai omis les détails les plus inhumains de l’histoire. J’ai omis toutes ces scènes quotidiennes de méchanceté gratuite et de cruauté dont se délecte l’homme.

Ousmane Sow

Journaliste, Montréal

 

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JUDO

Des entraîneurs de ligues outillés

Du 21 février au 2 mars le bataillon des sports militaires a abrité une formation de recyclage destinée à une trentaine de stagiaires venus de Kayes, Koulikoro, Ségou et le district de Bamako.

Cette formation a été animée par l'expert mauricien, Joseph Mounawah. Elle portait sur la programmation de l’entraînement de la préparation athlétique ou physique, le perfectionnement et l’exécution rapide des gestes techniques et de la gestion tactico-technique du temps pendant la compétition.

Durant deux semaines, l’expert mauricien a partagé avec les stagiaires son expérience et sa compétence. Le représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports, Mamadou Coulibaly a salué la bonne prestation des judokas maliens au tournoi de l’Ile Maurice avec la médaille de bronze de nos deux combattants. Il a par ailleurs estimé que ce stage constituera un socle pour le judo malien, qui a connu des moments difficiles ces derniers temps pour repartir vers le sommet.

Les stagiaires qui ont apprécié la formation se sont engagés à se mettre au service de leurs ligues respectives. Le président de la fédération malienne de judo, Amadou Traoré, joint au téléphone, s’est félicité de la tenue d’un tel stage. Il a aussi exhorté les stagiaires à appliquer à la lettre ce projet de développement du judo « Le niveau était élevé, et avec la qualité des thèmes les stagiaires étaient satisfaits », a-t-il déclaré.

L’occasion était bonne pour la vice-présidente du comité olympique et sportif du Mali (CNOSM), Mme Keita Ami Sangaré d’indiquer l’effort fourni par son institution pour la relance des disciplines sportives dans notre pays. C’est ainsi que de janvier 2005 à nos jours, le comité olympique et sportif du Mali a formé 180 encadreurs techniques dans différentes disciplines sportives comme la boxe, l’escrime, le volley-ball, et le hand-ball. D’autres encadreurs au nombre de la soixantaine notamment en athlétisme et en judo seront formés dans les prochains jours.

Boubacar Diakité Sarr

 

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