Les Echos du 03 mars
RECONSTITUTION DE L’ADEMA
La section RPM de Kita ouvre la voie
Ce sont plus d’une trentaine de responsables politiques du RPM dont le maire de la Commune de Kita, qui ont rejoint l’Adéma. Par cet acte, ces ex-militants du parti du Tisserand donnent le ton à la reconstruction de la famille Adéma tant à Kita qu’au niveau national.
Dans l’interview qu’il nous a accordée, il y a un peu plus d’une semaine, le président de l’Alliance pour la démocratie au Mali, parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ), Dionconda Traoré, expliquait qu’il souhaitait reconstituer l’Adema originelle. Tout porte à croire que, cette vaste diplomatie de persuasion engagée en direction des ex-militants de l’Adéma, qui avaient démissionné du parti, commence à donner des résultats tangibles au regard du retour de certains militants du RPM à l’Adema.
Le Samedi, 1 er mars, la section du Rassemblement pour le Mali (RMP) de Kita avec à sa tête le secrétaire administratif de la section Fassirima Keita, son adjoint Boly Keita qui est aussi le maire de la Commune de Kita, le secrétaire général des jeunes de la section, la présidente des femmes et 30 autres responsables et militants RPM ont rejoint l’Adéma PASJ.
La cérémonie solennelle de retour au « bercail » de ces ex-militants du parti du Tisserand s’est déroulée au siège de l’Adéma à Kita en présence de certains responsables du CE de l’Adéma notamment le secrétaire à la communication Sékou Diakité, parrain et caution morale de la cérémonie. Pr. Bocar Sall, la présidente des femmes de l’Adéma Mme Coulibaly Alima Traoré, Mme Maïga Fadimata Zouré, Dialla Sissoko, Goulou Moussa Traoré et beaucoup d’autres militants de l’Adéma tant de l’intérieur que du district de Bamako avaient effectué le déplacement pour célébrer « cette retrouvaille » inscrite sur les t-shirts, frappés de l’abeille, que portaient les militants.
Le secrétaire général de la section Adéma de Kita, Alliou Makan Tounkara, plus connu sous le nom de Bancouma, s’est réjoui de ce retour de ses camardes dans la « maison Adéma ». « Nous fêtons votre arrivée. Vous avez vu juste, vous revenez dans la maison construite par vos propres mains », a dit M. Tounkara très ému car pour lui, personne ne s’attendait vraiment à cette réconciliation.
La reconstitution du parti
Tout en exprimant sa joie d’être le parrain et la caution morale de ce retour des militants RPM de Kita dans l’Adéma, Sékou Diakité a salué le courage politique et l’honnêteté de ces « revenants ». Pour le secrétaire à la communication du CE et non moins ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, « il s’agit de retrouvailles entre femmes et hommes sous un seul toit : la grande famille Adéma ». « Par cet acte, vous venez de rejoindre la première force politique du Mali, votre parti, l’Adéma qui se porte de mieux en mieux. Regardez ! (Sékou Diakité désigne de la main le Pr. Sall et Mme Fadimata Zouré, qui étaient membres du comité directeur du RPM, mais qui sont revenus à l’Adéma, il y a 4 ans) comment ils sont épanouis et nous heureux par ce qu’ils sont revenus ».
Le départ du Pr. Mamadou Lamine Traoré (paix à son âme) et d’Ibrahim Boubacar Keita qui iront créer le Miria et le RPM, ainsi que les soubresauts liés à la désignation du candidat à l’approche de la présidentielle ont affaibli l’Adéma quand bien même elle demeure encore la première force politique du pays.
La reconstitution du parti avec le retour de tous ses anciens militants, semble parti sur un bon pied et tout porte à croire que d’ici 2012 beaucoup d’ex-abeilles, même les caciques auront regagné la ruche. Cela est fort possible d’autant plus que de l’avis du Pr. Ali Nouhoun Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale et militant Adéma « il n y a pas de divergences idéologiques ni politiques, mais des divergences de positionnement personnel » entre les « fragments de l’Adéma originelle ».
Après Kita, les regards sont tournés vers Sikasso, Ségou, Mopti, Gao et le district de Bamako où des cérémonies similaires auront lieu dans quelques jours.
Denis Koné
(Envoyé spécial)
Liste des responsables ayant démissionné du RPM
Farisima Kéita : secrétaire administratif de la section
Boly Kéita, Niafala : maire de la commune de Kita, secrétaire administratif adjoint : vice-président du conseil de cercle, secrétaire politique de la section
Abdoulaye Laïko Traoré : vice-président du Conseil de cercle
Baba Kamissoko : trésorier de la section
Sama Traoré, Darsalam : membre de la section
Samakoun Coulibaly : membre de la section
Oumou Dembélé : présidente des femmes de la section
Kalifa Traoré dit Kaou : secrétaire aux relations avec les jeunes de la
Seydou Sidibé dit Paolo : secrétaire des jeunes
Mamadou Kéita : secrétaire adjoint chargé des questions électorales
Moussa Konaté : secrétaire adjoint de la sous-section des jeunes
Famory Kéita : secrétaire aux droits humains
Cheick Oumar Kouyaté : secrétaire à l’organisation des jeunes
Daouda Konaté : 1 er organisateur des jeunes
Boubacar Kéita : secrétaire à la Communication
Modibo Dembélé : membre de la section
Bakary T. Kéita : secrétaire adjoint à l’organisation
Mahin Sow : membre de la section
Sokona Dembélé : vice-présidente des femmes de la section
Abdoul Fofana dit Kaou :membre de la sous-section
Naïra Diallo : secrétaire à l’organisation
Fousseyni Dembélé :membre de la section des jeunes
Aminata Keita : secrétaire aux relations féminines
Korika Diallo : secrétaire à l’organisation
Djouma Diabaté : membre de la section
Yacouba Keita : Trésorier de la section
Boubacar Traoré : militant
Oumou Keia : membre de la section
Fanta Diallo : membre de la section
Diango Touré : militant
Kama Diallo : secrétaire administratif des femmes
Adama Sidibé : adjoint au secrétaire général de la section
Noumou Coulibaly : membre de la section
Modibo Tounkara : adjoint au maire de la commune
Daba Diabaté : 3 e adjoint à l’organisation
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BALLES DE COTON BLOQUEES A ABIDJAN
La CMDT obtient la main-levée
Bakary Togola devait de l’argent à un fournisseur qui avait réussi à bloquer les balles de coton en transit au port d’Abidjan.
La semaine dernière, nous avons parlé dans nos colonnes du problème entre la Société inter africaine de distribution (IAD) et le président du Groupement des producteurs de coton et vivriers (GSCVM), Bakary Togola, au centre duquel la CMDT s’est retrouvée en victime expiatoire.
Les faits : pour passer les commandes d’intrants, le Groupement des producteurs de coton et vivriers (GSCVM), a été responsbilisé. La CMDT devant l’aider à élaborer le cahier de charge et à se porter garant des transactions. Cependant, Bakary Togola a agi dans le dos de la société, bloquant du coup un mécanisme bien huilé qui avait fonctionné jusque-là.
Le fournisseur, la Société inter africaine de distribution (IAD), pour entrer dans ses fonds, a fait bloquer les balles de coton en transit à Abidjan. Au courant de la semaine dernière, le gouvernement a fait deplacer à Abidjan une armada de techniciens, juristes, diplomates. « Avec l’apport des autorités ivoiriennes, nous avons réussi à avoir par voie de justice, une decision de main-levée sur les balles de coton. Tout rentre donc dans l’ordre », affirme un membre de la délégation. C’est en effet le vendredi 29 février, assez tard le soir, que la décision est tombée.
Un grand ouf de soulagement pour tout le monde. La Société inter africaine de distribution (IAD), pour la campagne 2006-2007, reclame solidairement à la CMDT et au GSCVM, pas moins de trois milliards dix huit millions de Francs CFA (3 018 000 000 CFA), pour des intrants fournis et dont le paiement n’a pas été honoré par le GSCVM.
Alexis Kalambry
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RENTREE POLITIQUE
Le réveil de l’ADP
Pour marquer sa rentrée politique 2008-2009, l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) a animé samedi au CICB, une conférence de presse au cours de laquelle, les questions touchant la vie de la nation ont été abordées .
Devenue muette comme une carpe depuis la réélection en avril 2007 de son candidat à la présidentielle, Amadou Toumani Touré (ATT), c’est le 1 er mars que l’ADP est sortie de son hibernation à la faveur d’une conférence de presse. Celle-ci consacre sa rentrée politique. La lutte contre la corruption, la libération des otages, les crises sociales, l’arrestation des journalistes maliens, la révision constitutionnelle, l’abolition de la peine de mort, les élections communales de 2009 ont été les sujets phares évoqués.
Même si des questions ont été jugées « embarrassantes », le président de l’ADP, Dioncounda Traoré, s’est néanmoins efforcé d’y apporter des éléments de réponse. D’entrée de jeu, le conférencier dira que le silence radio observé par les partis signataires de l’ADP ne signifie nullement qu’il y a des failles au sein du regroupement. Bien au contraire. « L’ADP se porte bien. Seulement nous travaillons dans la discrétion et avec efficacité », a-t-il affirmé.
Se prononçant sur la lutte contre la corruption et la délinquance financière, le président de l’ADP a laissé entendre que le regroupement souscrit entièrement et pleinement aux investigations menées par le bureau du Vérificateur général avant de demander aux uns et aux autres d’être patients en attendant l’issue qui sera réservée aux différents rapports produits et déposés sur la table du président de la République mais qui n’ont pas connus jusque-là d’effet. « Nous sommes dans un pays installé dans un processus de démocratisation où chaque citoyen a des droits. Les choses ne se passent pas par un coup de baguette magique. Ne soyons pas trop pressés. Nous sommes d’accord avec les résultats des enquêtes menées par le VG, mais il faut bien connaître la destination des rapports en ce sens que la justice doit être saisie afin de se prononcer. C’est en cela que notre démocratie sera confortée et l’Etat de droit respecté », a fait valoir le patron de l’ADP.
Silence sur l’action gouvernementale
Sans dévoiler la stratégie et la tactique, qui seront utilisés par l’ADP pour aborder les élections communales, le conférencier s’est dit persuadé qu’ils l’emporteront haut la main. « Les élections communales, nous allons les préparer comme tout un chacun. Nous avons un programme consigné dans le protocole que nous avons cosigné. Tout ce qui concerne les pouvoirs locaux, l’ADP est concernée. Mais, nous ne dévoilerons pas notre tactique ». A l’ADP, l’on se réserve de tout commentaire sur le bilan de l’action gouvernementale d’autant que la question est jugée prématurée.
Toutefois, le regroupement par la voix de son président, a conscience des turbulences sociales qui secouent présentement le pays. Il s’agit notamment de la crise universitaire, de la cherté de la vie. Défis face auxquels l’ADP affirme avoir joué sa partition. « Nous jouons un rôle de prévention à tous les niveaux. Nous avons toujours accompagné le gouvernement par des suggestions avec l’humilité qui nous caractérise ». Mieux, pour Dioncounda Traoré, les remous sociaux et la flambée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité ne sont pas propres qu’au Mali. « Il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu. Mais, il faut expliquer les choses telles qu’elles sont. Il y a des pays beaucoup plus riches que nous, mais qui connaissent aussi des turbulences sociales. Ne nous faisons pas de complexe. Le plus important c’est de minimiser l’impact de toutes ces situations. Et dans ce sens, de nombreux efforts sont en train d’être consenti par le gouvernement », a indiqué le président de l’ADP.
La question de la libération des otages maliens n’a pas été occultée si l’on sait que Dioncounda Traoré en sa qualité de président de l’Assemblée nationale vient de rentrer d’une mission d’Alger. Eu égard à la complexité du problème, le conférencier a prôné la réserve et la discrétion. « Je me suis rendu à Alger et la question a été effectivement évoquée lors des entretiens que j’ai eus avec les autorités algériennes. Nous faisons ce que nous pouvons et chacun gagnerait à observer un minimum de réserve, de discrétion pour la libération des otages ». L’assurance a été donnée par Dioncounda Traoré que les otages seront libérés très prochainement.
Le projet de loi sur l’abolition de la peine de mort qui est déposé sur la table de l’Assemblée nationale a été également commenté. « Nous sommes dans un pays démocratique où les débats se font. Le chef de l’Etat a le mérite de soulever la question et le débat se fera. Le projet de loi est déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale et au moment venu elle se prononcera sur la question », a dit le conférencier.
Consolidation de la démocratie
Interrogé sur la question de l’arrestation des journalistes maliens, Doincounda Traoré s’est contenté de dire qu’à l’ADP, ils sont des démocrates convaincus et avérés pour la simple raison qu’ils ont toujours travaillé pour la liberté de la presse et cela sans tambour ni trompette.
Si l’on en croit le conférencier, qui estime qu’ils ne sont pas des partisans du m’as-tu vu, le Mali n’est pas une affaire de partage de gâteau mais une affaire de partage de mission et de responsabilité. « Nous avons un Etat à bâtir, une démocratie à ancrer ». Et Dioncounda Traoré d’écarter d’un revers de la main les allégations selon lesquelles, un troisième mandat est en train d’être préparé en douce pour ATT à travers la mise en place récente d’une Commission de réflexion sur le processus démocratique. « Si un troisième mandat se préparait en douce pour ATT, l’on aurait pas mis sur pied une Commission de façon solennelle. Déjà au milieu du second mandat d’Alpha Oumar Konaré, le problème de relecture des textes fondamentaux s’était posé. Cette relecture a suscité un grand débat et il y a eu un forum politique national qui a planché sur tous les textes fondamentaux qui n’ont pas été soumis à référendum mais adoptés par l’Assemblée nationale », a expliqué le président de l’ADP.
A l’ADP, l’on soutient mordicus que la mise en place par le président de la République d’une Commission de réflexion sur le processus démocratique, participe de sa quête de la consolidation de la démocratie. L’objectif visé par cette Commission dit-on, n’est pas de faire une Constitution taillée sur mesure pour x ou y. « Alpha Oumar Konaré a fait deux mandats il est parti, et ATT également fera autant sans tripatouiller la Constitution », a conclu le président de l’ADP.
Née de la volonté de 43 partis politiques, l’ADP s’est fixée au départ un triple objectif : soutenir la candidature d’ATT à l’élection présidentielle de 2007, constituer une majorité parlementaire susceptible de soutenir l’action gouvernementale et contribuer avec constance et foi à la consolidation du processus démocratique.
Mohamed Daou
Acceuil