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2008

Mois de mai

Les Echos du 22 Mai

 

PRIVATISATION DE LA CMDT

Le PDG Ousmane Amion Guindo sceptique ?

Le processus de privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) suit son cours normal et des Maliens continuent d’exprimer leurs inquiétudes et désapprobations. Le PDG de la CMDT, Ousmane Amion Guindo, qui s’est montré sceptique dans les colonnes de notre confrère français « Libération » leur donne-t-il raison ?

Si les travailleurs de la compagnie n’ont jamais arrêté de multiplier des réunions au cours desquelles ils fustigent la volonté des autorités en extériorisant leur scepticisme, les responsables commencent eux aussi à se montrer dubitatif envers la privatisation.

Dans un article paru le jeudi 15 mai sur le site internet du journal français « Libération », le PDG de la CMDT, Ousmane Amion Guindo, fait cas de son doute en faisant allusion aux échecs dans des pays jadis reluisants en la matière. «Au Bénin, au Togo, les privatisations du secteur coton ont été un désastre. Les repreneurs ont coulé la filière en empochant un petit pactole », a affirmé M. Guindo.

Pis, le PDG de la CMDT ne croit pas beaucoup aux mesures de contrôle et de négociation des prix avant et pendant la campagne agricole : « En voulant continuer de contrôler les prix par ces institutions, le gouvernement espère limiter la casse. Mais on court à l’échec. Quelle société sérieuse acceptera d’investir dans une entreprise si elle ne choisit pas son prix de vente sur le marché et si on lui impose des prix d’achat aux producteurs »?, a affirmé le PDG Guindo.

Le hic, selon M. Fagnanama Koné, responsable de la Mission de restructuration du secteur coton, est qu’« en contournant le principe d’un prix plancher, on en est arrivé à payer les producteurs à 160 francs CFA le kilo en 2005. Cette année-là, la crise a été telle que la production a chuté de 50 % « . Et de cette date à maintenant, la production continue de baisser lamentablement et des milliers de paysans ont dit adieu à la culture du coton.

Que faut-il faire donc si des responsables clés de la filière sont incrédules en ce qui concerne l’avenir de notre coton avec l’ « entêtement » des autorités à privatiser la CMDT? En tout état de cause, ces affirmations donnent raison à tout ceux qui disent « non » à la privatisation du « cœur » du Mali.

Solution de facilité

La primauté du coton dans le développement socio-économique du Mali n'est pas à discuter. La filière, dont le chiffre d'affaires est de l'ordre de 200 milliards de F CFA (20 à 25 % du budget national) nourrit au minimum 4 millions de personnes avec 1200 personnes employées à la CMDT. Annuellement, l'Etat bénéficie de 15 milliards de F CFA à travers les recettes fiscales et douanières. L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Depuis une décennie, le coton malien est très mal en point et ne serait pas loin du désastre inimaginable, en partie à cause des subventions américaines et européennes accordées à leurs cotonculteurs.

Face à ce scénario l’Etat n’a trouvé mieux que la privatisation pour sauver la filière. Mais « cette solution de facilité » est dénoncée partout, car, soutient-on qu’à l’image des autres privatisations avortées, elle conduira à un scénario des plus catastrophiques. Les principaux concernés que sont les paysans, n’ont cessé d’exprimer leur amertume, qui semble être tombée dans des oreilles de sourds.

La semaine dernière, le RPM lui aussi était monté au créneau pour exprimer sa désapprobation du processus de privatisation entamé. Le parti du tisserand pense que « ce schéma préconisé ne donne aucun gage de viabilité économique ni de prospérité. L’Etat a été entraîné dans un processus qu’il ne maîtrise pas. Les décisions de la privatisation de la CMDT dans les conditions actuelles trahissent le destin de la CMDT et le destin du Mali ».

Le parti d’Ibrahim Boubacar Keita avait été précédé par des étrangers écoeurés par la volonté manifeste de nos autorités de privatiser la CMDT. Maurice Adevah-Poeuf, ancien député français du Puy-de-Dôme (PS), spécialiste du coton malien et ancien professeur à l’Ecole normale supérieure (Ensup) de Bamako prévoit un drame « inéluctable » vers fin 2008. « Aucun groupe bancaire n'a accepté de financer le crédit intrants faute de garantie. Personne n'est en mesure de fournir des semences aux paysans et les salariés sont découragés et démotivés, particulièrement les meilleurs et les plus compétents », a souligné le conférencier avant de faire allusion aux échecs de privatisation de l'Huicoma, de Betram et des filières coton en Afrique. A cause de cet échec global, c'est tout « le Mali qui sera appauvri ». Aux termes d’analyses, la centrale syndicale l’UNTM est aussi parvenue à la même conclusion.

Cependant, l’on se dirige indéniablement vers la fin du processus de bradage, ce après quoi le nouvel acquéreur prendra les commandes de la CMDT.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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ATTAQUES REBELLES

Psychose sur la ville de Ségou

La ville de Ségou était sous haute surveillance dans la nuit de jeudi à vendredi 16 mai .

Comment une commune comme Diabaly, dotée d’un camp militaire située en plein cœur du Mali et proche de Ségou, également dotée d’une garnison militaire peut-elle être attaquée aussi facilement par des bandes rebelles ? C’est du moins, la question qui alimente la chronique en 4 e région depuis l’attaque du camp militaire de Diabaly dans la nuit du 5 au 6 mai 2008 sous la houlette du commandant déserteur, Aroune Ag Saïd.

Un peu plus d’une semaine après cette frappe qui a coûté la vie au soldat de 1 re classe, Abdoulaye Ag Oulamine, un officier militaire d’un camp de Ségou, apprend-on de sources informées, aurait déserté. Cette désertion de l’officier a semé une panique générale la semaine dernière dans la capitale des Balanzan. Pour ne pas être pris de court comme ce fut le cas à Diabaly, il a été procédé dans la nuit du 15 au 16 mai au déploiement des forces de sécurité au niveau des services publics et des bâtiments administratifs se trouvant dans la ville de Ségou. Il s’agit notamment des hôpitaux, des banques, du gouvernorat.

Le déploiement des forces de sécurité en alerte maximum, selon nos sources, a été effectué aux environs de minuit. Néanmoins, il y a eu plus de peur que de mal car aucun incident n’a été signalé. Fausse alerte ? Difficile de le dire.

Négligence

Pourtant, révèlent nos sources, lorsque le commandant adjoint du camp militaire de Diabali a disparu, les autorités militaires et régionales ont été informées de l’imminence d’une attaque à Diabali. Tous les indices le prouvaient. Mais toujours selon nos sources, les autorités militaires et régionales ont fait preuve de négligence. Un doigt accusateur est pointé sur le chef de la zone de Ségou qui serait abrité derrière l’insuffisance de moyens matériels (véhicules) pour ne pas envoyer des renforts à Diabali afin de parer au danger.

En charge du gouverneur qui doit veiller à la sécurité de la région, nos sources retiennent le manque d’anticipation d’autant plus qu’il dispose d’un système de renseignements sécuritaires. A Ségou, il se dit de plus en plus que le manque de véhicules ne saurait être une excuse pour Abou Sow pour la simple raison qu’il dispose du pouvoir de réquisition des voitures de l’administration et des particuliers pour des besoins d’intérêt général.

Pourquoi n’a-t-il pas mis en œuvre le pouvoir de réquisition des véhicules ? Nos tentatives pour rencontrer le gouverneur Sow au moment de notre passage ont été vaines. Il nous a été signifié qu’il était avec le président de la République dans sa région.

La situation est loin d’être calme en ce sens que dans la nuit de dimanche à lundi 12 mai, la ville d’Ansongo a été pilonnée par des rebelles sans aucune résistance. Ils ont emporté des armements de la gendarmerie et s’emparer d’un véhicule de la Satom. Le camp d’Aguelhok, dans la région de Kidal, avait lui aussi été attaqué le 6 mai 2008.

Mohamed Daou

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LITTIGE ACI/SIGC

La SIGC perd son procès

La Société ivoirienne de concept et de gestion (SIGC) a perdu son procès contre l’Agence de cession immobilière. Les faits : L’ACI avait signé un contrat avec la SIGC pour faire des constructions à ACI 2000 et pour viabiliser et vendre des parcelles à Souleymanebougou.

Dans les faits, la SIGC n’a pas respecté les clauses, et, quand l’ACI a voulu résilier le contrat et récupérer ses parcelles, la SIGC a réussi, en octobre 2007, à faire condamner l’ACI par le tribunal de première instance de la commune IV, à lui payer plus de 7 milliards de F CFA.

Le dossier en appel a été vidé cette semaine. Le contentieux du gouvernement qui a jeté toute sa force dans la bataille a réussi à faire éviter le pire à l’Etat Malien. En effet, jusqu’à la dernière minute, certains voulaient faire condamner l’Etat. A ce sujet, ils ont tout tenté. Mais, le contentieux a tenu bon. Et le verdict est soulageant : au lieu des 7 milliards de F CFA que réclamait la SIGC, le tribunal lui accorde un peu plus de 600 millions de F CFA.

Affaire à suivre.

Alexis Kalambry

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PRESTATIONS SOCIALES

L’INPS sur ses dents

Naguère, des soins médicaux dispensés par l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) n’étaient pas payés par les employés. Tel n’est plus le cas depuis quelque temps.

Les prestations sociales dans les centres médicaux inter-entreprises (CMIE) de l’INPS, en faveur des employés immatriculés ainsi qu’aux membres de leurs familles, sont dispensées à titre gratuit. Elles viennent en contrepartie des cotisations payées par les employeurs et surtout une démarche visant à sauvegarder la santé des travailleurs.

Les soins jusque-là prodigués par les CMIE étaient administrés sur la base de la présentation de la carte d’allocataire. Les usagers de l’INPS constatent depuis quelques jours qu’ils sont obligés de mettre la main à la poche pour se faire soigner. Le lundi 19 mai, au CMIE du PMI de Bamako Coura, une femme travailleuse qui avait envoyé son garçon se soigner une dent avec sa carte d’allocataire était dans tous ses états.

Le jeune patient informé qu’il doit payer une partie de la prestation a aussitôt appelé au téléphone sa maman. Celle-ci a à son tour téléphoné à une cousine infirmière au même CMIE pour s’assurer que son enfant n’est pas tombé dans les mains d’agents indélicats. Mais sa surprise a été grande lorsqu’elle a été informée par sa parente des nouvelles mesures prises et qui visent à faire supporter des frais par les patients mêmes immatriculés.

Ce genre de manifestation d’humeur est fréquent dans les CMIE de l’INPS. Des patients désabusés prennent à longueur de journée des agents médicaux qu’ils rendent responsables de cette situation. Il arrive souvent que des vieilles personnes en colère en viennent aux mains avec des infirmiers qui ne sont pourtant pour rien dans l’application de la mesure.

Mesure en vigueur depuis deux ans

D’aucuns voient en l’application de ces nouvelles mesures qui foulent au pied les règles élémentaires des prestations sociales dans notre pays, des signes de difficultés financières auxquelles, l’INPS veut faire face. Des problèmes qui sont engendrés par la fermeture de plusieurs entreprises et qui étaient des pourvoyeurs de fonds de l’institut. Le peu d’entreprises parapubliques ou privées existantes ont du mal à se mettre à jour des cotisations de leurs travailleurs à cause de la crise économique.

La chargée de communication et des relations publiques de l’INPS, Mme Bouaré Aïssata N. Sidibé nie cette thèse de difficultés pour son service à recouvrer ses cotisations. Selon elle, les cotisations ne rentrent pas beaucoup en ligne de compte des prestations médicales qu’offre l’INPS. Elle confirme que la nouvelle disposition visant à faire prendre en charge des frais de soins par des allocataires est en vigueur depuis deux ans et qu’elle est affichée dans tous les centres INPS..

Certains types de soins comme la radiographie, certaines analyses médicales, l’écographie, les soins bucco-dentaires, entre autres sont désormais payés par les travailleurs immatriculés et leurs parents au demi-tarif, a fait comprendre Mme Bouaré.

En tout état de cause, l’absence de campagne de communication à l’endroit des bénéficiaires des services de l’INPS, risque de provoquer des mécontentements. La question que l’on se pose est de savoir si le ministère de la Solidarité et du Développement social est en train d’expérimenter cette nouvelle donne avant de mettre en œuvre sa politique d’assurance maladie volontaire dont la réflexion vient d’être lancée au cours d’un atelier ?

Abdrahamane Dicko

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NORD-MALI

Ibrahim Ag Bahanga ou l’extrémisme sans issue

La semaine dernière, j’ai reçu l’invitation d’une association pour participer à un colloque sur le thème : « Le peuple touareg à la recherche d’une autonomie ». Dans le courriel, il était spécifié que je devais présenter une communication ainsi libellée : « La crise au Mali et au Niger : revendication identitaire légitime ou excroissance saharienne du phénomène Al-Qaïda ». J’ai refusé sec l’invitation. Non pas par ignorance crasse des enjeux en cours dans le Septentrion malien mais par principe. Je considère que la crise dans cette région est une affaire purement malienne. Je ne vois pas en quoi des individus postés à 8 000 km d’une réalité en deviendraient des experts à moins que leur passion ne cache des motifs inavouables. Je verrai du même mauvais œil des Maliens organiser un symposium sur le thème : « Autonomie pour le peuple corse maltraité par la France » ou des Ghanéens phosphorer sur le slogan : « Liberté pour l’Irlande du Nord ». En plus, si sans fausse modestie, je suis familier des questions de banditisme international, je suis complètement ignorant des arcanes du terrorisme.

Cependant, cette invitation a eu, pour moi, un côté positif parce qu’elle m’a permis de revisiter la « rébellion » d’Ibrahim Ag Bahanga et de son cousin Hassan Ag Fagaga qui, depuis mai 2006, ont décidé d’entrer en dissidence contre l’autorité de l’État et d’imposer leurs humeurs à tout le Nord malien. Car, pour un pays confronté de si près au péril de la famine, les turpitudes de Bahanga sonnaient au départ comme des coups de feu sur une ambulance aux gyrophares actionnés. Mais a-t-il encore vraiment les moyens de nuire au point de déstabiliser la nation tout entière ?

Bahanga au banc de la société

A l’évidence, Bahanga s’est mis en marge de tous les cadres de concertation créés au Mali. Il a fait fi du Pacte national, des Accords d’Alger voire ceux de Tripoli. Souvent, c’est le départ de l’armée malienne de Kidal qu’il réclame, puis un allègement du dispositif de sécurité. Il prend des otages quand il veut, les libère quand il en décide, sans jamais avouer si des envoyés très spéciaux lui ont remis quelques valises bien lourdes de devises. Toutefois, à présent, personne ne peut saisir exactement les motifs des caprices de Bahanga. Et le cas de son cousin Ag Fagaga est encore plus énigmatique car on se demande bien ce qui a bien pu pousser ce lieutenant-colonel de la Garde nationale à déserter pour rejoindre le « maquis ». Mais le pire pour Bahanga et sa bande, c’est que du point de vue de la mobilisation et de la sensibilisation, il a lamentablement échoué. A part une radio internationale qui lui ouvre complaisamment son micro pour défoncer des portes ouvertes, sa campagne internationale ne trouve aucun écho. C’est que peu expert en stratégie, Ibrahim Ag Bahanga n’a pas compris que depuis un certain 11 septembre 2001, le cadre géopolitique mondial a énormément changé ; ceux qui, naguère, prêtaient attention à un certain type d’irrédentisme sont aujourd’hui confrontés à la dure réalité du terrorisme qui n’épargne évidemment pas le Sahara. Les Etats-Unis en particulier sont obsédés par l’idée de contrôler le plus grand désert du monde parce que les services de renseignement ont fait comprendre à la Maison Blanche qu’une fois les réseaux de Ben Laden bien enracinés au Sahara, aucune force militaire au monde ne pourra les déraciner.

Sur le plan intérieur, l’échec le plus lamentable d’Ibrahim Ag Bahanga se joue dans la communauté touareg elle-même. Il n’arrive tout simplement pas à convaincre de la justesse de sa cause.

A part quelques francs-tireurs prêts à enfourcher n’importe quel casus belli, les Touareg maliens sont restés sourds à ses appels du pied pour une mobilisation générale contre le Mali. Cela est tout à leur honneur. Il est important de souligner ici le sang-froid de ceux qu’on appelle les « intégrés » des forces de sécurité. Ils ont fait preuve de courage et de loyauté à chaque attaque traîtresse contre leur garnison. Ils ont défendu leurs matériels et leur vie avec courage et surtout, ils n’ont pas cédé à la panique et au découragement. De son côté, le peuple malien a également démontré une maturité qui ferait rougir de honte bien d’autres. Contrairement aux années de braises (1963 et 1990), les Maliens ont fait l’effort de bien identifier les rebelles et ont refusé de les confondre avec leur communauté tout entière.

A part Internet, les discours extrémistes ont peu d’écho. Il faut cependant se garder de croire que les Maliens ne veulent pas que la « rébellion » soit mâtée. Il y a des militaires payés par les fonds publics, le Mali pauvre et exténué dépense des milliards pour entretenir une armée qui doit faire son travail quand il le faut. Dire, par exemple, comme certains farceurs que ceux qui ont envie de combattre les rebelles n’ont qu’à se rendre au Nord relève de la pure démagogie. Chacun doit faire le travail pour lequel il est payé et s’il s’avoue incapable de le faire, la démission est plus appropriée.

Banhaga isolé

Bahanga et ses amis ont été profondément déçus de n’avoir pu dénoncer des pogroms à Mopti ou des « chasses aux oreilles rouges » à Bamako. Et cela n’arrivera pas parce que les citoyens sont aujourd’hui mieux informés et mieux éclairés grâce surtout au travail remarquable de la presse privée. Il n’y a aujourd’hui aucun espoir de mobiliser la « communauté internationale » sous le prétexte d’un génocide en préparation.

La grande majorité des Touareg est aujourd’hui en colère contre Bahanga et ses complices. Cette « guerre » arrive dans un contexte de pénurie de denrées alimentaires et d’explosion des coûts des produits de première nécessité. Selon les informations, les ravitaillements en provenance de l’Algérie sont dans un état anémique à cause surtout de la peur des commerçants de perdre leur stock dans cette zone d’insécurité. Le cheptel manque de nourriture et les pluies se font attendre. Les habitants de la région de Kidal ont actuellement besoin de tout sauf d’une guerre qui finira par achever les derniers espoirs de résurrection de la région. Les Touareg, dans leur majorité, ne comprennent pas aujourd’hui, les raisons pour lesquelles les ONG qui œuvrent au développement de la région sont la première cible de Bahanga. Il donne l’impression de vouloir saper durablement les efforts financiers consentis envers sa terre natale. Il s’acharne de manière complètement absurde sur des personnes qui ont à cœur le bien-être des populations et détruit des biens sans objectifs clairs ni stratégie lisible. C’est à croire que cet homme cherche délibérément à ramener Kidal à l’âge de pierre pour pouvoir ensuite mieux brailler sur les tribunes internationales.

J’ai le sentiment que qu’Ibrahim Ag Bahanga ne sera heureux et satisfait qu’au moment où il verra des images de milliers de Touareg sur la route de l’exil ou entassés dans ces parcs immondes que l’on appelle « camps de réfugiés », la manne pour des humanitaires qui amassent des milliards en Occident.

Il n’y a pas de doute, Bahanga et son cousin Fagaga sont coincés. Pas par le génie du Gouvernement malien qui a géré cette crise de manière calamiteuse, mais par les dérives des « rebelles », par la pratique suicidaire du « tout, tout de suite » de Bahanga qui tablait sur un vaste mouvement de sympathie et un soutien massif des tribus. Il a échoué. La mollesse et les tergiversations qui tiennent lieu de politique étatique à son endroit ont cependant donné des idées à d’autres apprentis sorciers qui entendent jouir de cette impunité. C’est ainsi qu’il faut comprendre les attaques perpétrées contre Diabaly et Ansongo. Ces assauts outre qu’ils mettent à nu les carences de la politique de défense nationale prouvent, à l’envi, que l’impunité est une arme redoutable ; ce qui est valable pour Bahanga l’est aussi pour d’autres. Si les uns peuvent faire du chantage en organisant des descentes sporadiques contre la puissance publique sans conséquences pénales, pour quelle raison le pied nickelé qui piaffe de s’enrichir rapidement ne l’imiterait pas ?

Ousmane Sow

Journaliste, Montréal

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FESTIVAL HANNEYE DE GAO

La culture comme facteur d’union

Sous l’initiative de l’Association Gao nouvelle génération (AGNG), la ville de Gao a vibré le samedi 17 mai 2008 au rythme de la première édition du festival Hanneye, ou veillée culturelle en langue Sonrai .

Le festival Hanneye se veut un événement d’union des populations de Gao autour de leur culture comme facteur de paix et de développement.

Du matin jusqu'à l’aube, les festivaliers venus nombreux de Bamako, du Niger et un peu partout ont assisté à des activités célébrant le savoir faire et l’identité culturelle des peuples songhoy, arabe, ber beur, peuhl, tamasheq, bambara…

Ainsi, au cours des visites des sites touristiques qui a conduit les délégations au tombeau des Askia, le guide expliquera aux festivaliers que le terme tombeau des Askia n’est pas approprié. « C’est la Mosquée des Askia qui est un espace construit par Askia Mohamed en 1495 pour l’expansion de l’islam ».

Figurant sur la liste du patrimoine mondial, la Mosquée des Askia atteste, selon le guide, de la puissance de l’empire Songhoy au Xe et XVIe siècle. Aussi, sur le plan architecturale, dira-t-il, c’est un exemple éminent de l’architecture soudanosahelienne qui joue un rôle fondamental dans l’islam et dans la vie socioculturelle des populations de la Cité des Askia.

Ensuite, avant que les participants du festival Hanneye ne se retrouvent à l’Assemblée régionale pour assister à une conférence débats sur le thème « la culture, facteur de paix, d’intégration et de développement », les uns et les autres ont pu admirer au Musée du Sahel de la région, les arts et la culture songhoy, tamascheq, arabe, peuhl et bambara représentés là-bas par des objets anciens.

Au terme d’une projection de film intitulé « Gao, le port du sable » réalisé par Hallawoye Touré de l’ORTM, les conférenciers Moulaye Ali Touré historien et Djirbeye Touré Musélogue, ont expliqué que le citoyen, qu’il en soit conscient ou pas, est un agent de développement. Tout en déplorant le peu d’importance accorde à la culture au Mali, Moulaye Ali Touré soutient qu’à travers l’artisanat et le tourisme, la culture est un facteur de création d’emploi et de richesse. Les conférenciers sont convaincus que Gao a plus que les atouts pour s’imposer comme une destination touristique. En fin, ils ont rappelé que c’est à cause des rencontres intercommunautaires, que notre pays est arrivé à bout de la rébellion en 1994.

Au cours de la soirée, c’est surtout des prestations artistiques et culturelles, au stade municipale Kassé Keita de Gao, qui ont marqué l’un des temps forts du festival Hanneye. En présence des autorités administratives et politiques et d’un public nombreux, le Gouverneur de la région Amadou Touré a donné le coup d’envoi des activités artistiques du festival. Le président d’honneur de l’AGNG, Arboncana Boubeye Maïga a demandé aux populations de la cité des Askia, de rester solidaire autour de ce qui les unis : Gao.

Les artistes Baba Sala, Samba Touré, Abdou Touré et le lauréat de la première édition de Case Sanga, Mahamadou Dembelé dit Dabara ont tenu en haleine jusqu'à l’aube le public resté motivé et joyeux durant toute la soirée. Les acrobates des cavaliers et des prestations musicales d’autres groupes traditionnels ont émerveillé les Gaois qui ont souhaité la pérennisation du festival Hanneye.

Amadou Waïgalo

(Envoyé spécial)

 

 

La jeunesse de Gao fâchée contre Boncana Maïga

L’artiste animateur, Boncana Maïga s’est mis à dos la jeunesse de Gao qui se dit être trahie par le maestro. En effet, dans l’organisation du festival, l’AGNG a sollicité la collaboration de Boncana Maïga d’abord en tant que fils de la région mais aussi en tant que professionnel dans l’organisation d’évènements culturels. Mais, les jeunes ont vite été déçus face aux conditions posées par le Maestro qui aurait demandé 10 millions pour la location des appareils de sonorisation. « Où allons nous gagner 10 millions ? D’ailleurs on ne pouvait pas payer une telle somme pour quelque chose qu’on peut avoir à moins de 2 millions », a raconté un membre de l’AGNG.

Le ministre de la culture boude

Prévu pour être lancé sous sa présidence le ministre de la Culture Mohamed El Moctar n’a pas effectué le déplacement ni envoyé un représentant au Festival de Hanneye. Les responsables de l’AGNG, disent ignorer les motifs de ce faux-bond alors que le ministre était dûment invité et il avait même demandé le report du festival initialement prévu le 19 avril à la date de sa convenance. Mais, « On a reporté à cause de lui, et par courtoisie, il aurait pu nous informer des raisons de son empêchement ».

A. W 

 

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