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2008

Mois de mai

Les Echos du 19 Mai

 

CRISE DE L’ECOLE

L’AEEM se blanchit et accuse…

L’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a passé au peigne fin la situation de l’école malienne à travers tous ses cycles d’enseignement lors d’une conférence de presse vendredi dernier à la Maison de l’étudiant. Se disant ouverte au dialogue et prête à œuvrer davantage pour une école apaisée et performante, l’AEEM soutient n’être pas responsable de l’impasse actuelle.

Face à la crise lancinante de l’école et à la cascade d’événements fort regrettables qui se succèdent jour après jour, l’AEEM a tenu à révéler sa position et donner sa vision des choses. Son secrétaire général, Mohamed Baby, s’est engagé dans un exercice « d’éclaircissement et de mise au point ». Commençant par l’enseignement fondamental, M. Baby a souligné que « l’année se déroule normalement ». Seulement, a-t-il continué, des grèves d’enseignants ont perturbé pendant quelques jours le déroulement des cours.

Le blocage à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) a ravi la vedette aux autres facultés de l’Université de Bamako. Pour le secrétaire général de l’AEEM, tout se déroule normalement dans nos facultés, à l’exception de la FSJP, « théâtre d’un contentieux électoral, d’une guerre de clans dont les étudiants sont victimes ». Et les « étudiants sont partagés entre les deux clans de la FSJP, c’est-à-dire le clan Snec et le clan Snesup. Dans de telles conditions, a-t-il fait remarquer, l’ancienne année scolaire peine à se terminer a fortiori la nouvelle ».

Sujet de préoccupation nationale, l’enseignement secondaire est sous la menace d’une année blanche même si les uns et les autres soutiennent s’atteler à « sauver l’année » en trouvant une porte de sortie honorable. Le secrétaire général de l’AEEM a dressé un tableau très sombre de l’année académique 2007-2008. Si du côté des établissements privés, tout se déroule normalement avec « deux trimestres pour certains », au public, c’est une « crise profonde », a-t-il laissé entendre.

En effet, selon Mohamed Baby, les secondaires du public, qui suivent normalement les cours, n’ont fait aucune évaluation depuis le début de l’année, les évaluateurs que sont les enseignants étant engagés dans un bras de fer inédit avec le département de tutelle pour la satisfaction de leurs doléances. Et « l’AEEM n’en est point responsable car nous n’avons fait aucune perturbation ».

Avertissement

Sur les évaluations nationales avortées du 5 mai dernier au niveau des lycées, qui avaient été émaillés par des scènes de violences, le secrétaire général de l’AEEM précisera que son association n’était pas partante. « Le samedi 3 mai 2008, à la veille des évaluations, le bureau de l’AEEM s’est réuni et a décidé de boycotter les évaluations et de les prendre ainsi en otage. Nous avons voulu que les choses soient équilibrées car les privés ne pouvaient pas être à deux trimestres alors que les publics n’en avaient eu aucune  », a indiqué M. Baby avant d’ajouter que « le dimanche 4 mai, les sections AEEM des établissements privés ont ensuite promis de nous être solidaires ».

Toutefois, l’AEEM se démarque des auteurs de violences et condamne le hooliganisme. « Nous ne sommes pas les casseurs et ne revendiquons pas la violence. Nous préconisons le dialogue ». De nouvelles « évaluations nationales » sont prévues au secondaire dès ce lundi 19 et, ce jusqu’ au 30 mai. Suite à une correspondance de l’AEEM adressée au ministre Amadou Touré pour savoir les dates des évaluations, à en croire M. Baby, « il nous a été signifié que les évaluations commencent le 19 ».

« Les élèves se préparent pour les évaluations, c’est ce qui explique certaines sorties ces derniers jours. L’AEEM a invité ses militants à composer car nous ne voulons pas d’une année blanche. Tout le monde veut sauver l’année. Que les évaluations aient lieu ou pas est autre chose, nous sommes quand même prêts » . Et à Baby d’avertir que « nous n’accepterons pas que notre avenir soit pris en otage ».

Le secrétaire général de la Coordination des enseignants du secondaire (Coses), Tiémoko Dao, que nous avons joint par téléphone a indiqué que « nous restons sur nos positions et ne ferons rien pour empêcher les évaluations. Ce forcing est le premier du genre dans un état de droit. Wait and see ! »

Un conseiller dans un Centre d’animation pédagogique (Cap) nous a informé que les académies ont demandé à tous les Cap de mettre des enseignants du fondamental à leur disposition pour la surveillance des évaluations.

Tout en réitérant la participation de l’AEEM aux Etats généraux de l’école proposés par le Premier ministre, M. Baby a souhaité qu’ils soient « une réponse à nos difficultés. La crise de l’école est devenue une crise permanente. Nous ferons quand même des propositions concrètes ». Cependant, a-t-il déjà averti, « il ne faut pas que les Etats généraux se fassent sur notre dos, car tout le jeu se fait autour de l’AEEM ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

FSJP : un prof « battu à sang »

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) avait décrété une grève illimitée il y a quelques mois pour que le gouvernement prenne des mesures pour la sécurité de ses membres. Un accord avait été conclu entre les deux parties, mais le vandalisme refait surface.

« Dans la nuit de jeudi à vendredi quand Djibonding Dembélé, professeur titulaire à la FSJP et militant du Snesup quittait la faculté, il a été battu à sang par des étudiants mécontents des résultats proclamés. Grièvement blessé, il a été admis aux urgences du CHU Gabriel Touré et les militants du Snesup sont venus à son chevet jusqu’à tard dans la nuit quand il a retrouvé conscience. Sa figure a été vraiment affectée, notamment ses dents et un œil. Vendredi après-midi, il était au CHU de l’odontostomatologie » , témoigne Dr. Abdou Mallé, le secrétaire général du Snesup.

La conséquence est que « tous les cours à l’Université de Bamako sont arrêtés jusqu’à nouvel ordre. Le Snesup a aussi déposé des plaintes partout pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire », ajoute Dr. Mallé.

O. O.

 

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EN TOURNEE DE SENSIBILISATION SUR "L'INITIATIVE RIZ"

Le DG de l'ORS galvanise les producteurs

De Tamani à Sansanding en passant par Dioro, Farako et Konodimini, le directeur général de l'Office riz Ségou (ORS) a informé et sensibilisé les producteurs sur les intérêts et les enjeux de "l'Initiative riz".

"Dans le cadre de ‘l'Initiative riz’, il a été fixé des quotas par zone de production. Les meilleurs seront récompensés et ceux qui ne s'exécuteront pas correctement seront sanctionnés" , a instruit le président de la République au chef du gouvernement en début avril dernier lors de la session du Conseil supérieur de l'agriculture à Koulouba. En application de cette instruction, la Primature, à travers le département de l'Agriculture, a fait parvenir un message à tous les chefs de zone fixant des objectifs précis pour chaque zone de production rizicole.

C'est dans cette dynamique que le DG de l'ORS, Kassoum Dénon, à la tête d'une forte délégation composée de préfets, de représentants de la Chambre régionale d’agriculture, de maires et des organisations paysannes, a pris son bâton de pèlerin pour se rendre du 12 au 16 mai 2008 à Tamani, Dioro, Farako, Konodimini et Sansanding. Objectif : discuter à bâtons rompus  avec les riziculteurs autour de l'intérêt et des enjeux de "l'Initiative riz".

"Ma sortie dans la zone Office riz s'explique par la volonté du gouvernement de développer la culture du riz face à la flambée actuelle des denrées alimentaires. Ce programme de développement a été dénommé ‘Initiative riz’ au niveau de la Primature. ‘L'Initiative riz’ est venue bien à propos dans la mesure où à l'Office riz, on était prédisposé au développement de la riziculture. Avec l'objectif qu'on nous a fixé, nous avons estimé qu'il fallait passer au niveau des zones pour informer les producteurs" , a expliqué le DG de l'ORS.

Dans le cadre de "l'Initiative riz" et pour la campagne 2008-2009, les autorités tablent sur une production nationale de 1,6 million de tonnes de riz paddy pour non seulement assurer l'autosuffisance alimentaire mais aussi exporter l'excédent qui sera dégagé. Pour l'atteinte de cet objectif, la zone Office riz Ségou doit produire 60 000 tonnes sur une surface cultivable de 30 000 hectares. C'est tout le sens de la tournée du DG pour à la fois informer et échanger avec les producteurs qui sont les véritables acteurs afin qu'ils appréhendent les enjeux qui peuvent leur permettre de produire suffisamment du riz.

Située à 150 km de Ségou, Tamani a été la première étape de cette tournée. Couvrant 2500 hectares, le secteur de Tamani a un objectif de 5000 tonnes, soit en moyenne 2 tonnes à l'hectare. "Dans les pays voisins comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal... il y a des émeutes de la faim. Mais au Mali le gouvernement a consenti des efforts pour maintenir le prix du riz à 310 F CFA le kg. ‘L'Initiative riz’ est une chance que les riziculteurs doivent saisir pour s'épanouir au regard de l'importance que le gouvernement accorde à la question", a déclaré le DG de l'ORS aux producteurs de Tamani et villages environnants venus nombreux à sa rencontre.

Des préoccupations

Pour mieux accompagner le processus, M. Dénon a annoncé que le gouvernement mettra à la disposition des producteurs le sac d'engrais à 12 500 F CFA contre 22 500 F CFA sur le marché. De même, a-t-il ajouté, l'Etat subventionnera les semences à 60 %. Par contre, les équipements ne seront pas subventionnés mais seront livrés à crédit et payables sur une période allant de 3 à 5 ans.

Toutefois, les producteurs ont soulevé un certain nombre de préoccupations relatives notamment à la non-sécurisation des casiers, la construction du pont de Niama, le manque de semences sélectionnées. Sur ce point, le DG a assuré ses interlocuteurs que l'Office a déjà acheté 105 tonnes de semences qui seront mis à leur disposition et que des commandes d'engrais ont été également passées avec la BNDA. "Depuis 46 ans nous cultivons du riz ici à Tamani. Nous ne nous sommes jamais découragés. La décision du gouvernement répond à notre souci. Si la pluie est au rendez-vous, nous dépasserons les prévisions", a promis Tiéman Traoré, riziculteur à Tamani.

S'agissant du pont de Tonssigui et de la route qui relie Banankoroni à Tamani, le DG de l'ORS a donné l'assurance aux paysans qu'ils seront réhabilités. A Tamani, la délégation a eu à visiter le chantier du système hydraulique. Les travaux de reconstruction de ce système concernent l'épilatérale qui sera fait en matériaux durs et le curage du canal principal. Avec la fin des travaux, prévus pour fin juin 2008, les secteurs de Tamani et de Konodimini seront irrigués par le même canal.

Plus grande zone de production avec 15 000 hectares, soit la moitié des surfaces cultivables en riz dans la zone ORS, Dioro a un rôle capital à jouer dans l'atteinte des 60 000 tonnes. Elle doit produire 30 000 tonnes soit en moyenne 2 tonnes à l'hectare. Tout comme à Tamani, le DG de l'ORS a expliqué aux producteurs que pour la réussite de l'Initiative, le gouvernement a pris des mesures. Il s'agit de l'octroi à crédit des semences, de l'engrais et des équipements. Là-bas, Kassoum Dénon a fait savoir que 12 000 litres d'herbicides seront mis à la disposition des riziculteurs par l'ORS. "Le meilleur producteur sera récompensé. ‘L'Initiative riz’ est une chance que les riziculteurs doivent saisir", a conseillé le DG de l'ORS.

Adhésion

Cependant, les producteurs ont attiré l'attention du visiteur sur le fait que le canal principal de Dioro est obstrué. "Le canal principal est bouché. Et tant qu'il n'est pas curé, nous ne sortirons pas de l'auberge. Il faut également rehausser le niveau de la digue qui va de Soké à Dougounikoro pour la mise en eau", a suggéré Tiécoura Souaré, président de l'Association des producteurs de Dioro.

En réponse, M. Dénon dira que le canal sera curé. Mieux, il a annoncé que 85 millions de F CFA seront investis dans les zones d'intervention de l'ORS à commencer par Dioro. Déjà, les partenaires comme le Fonds koweïtien et la Banque islamique de développement (Bid) ont donné leur accord pour l'aménagement de nouveaux périmètres. Le premier responsable de l'ORS qui a visité au passage l'ouvrage n°9 a exhorté les producteurs à pratiquer le labour précoce car convaincu que l'aménagement des ouvrages n'est pas une fin en soi.

Avec un potentiel global de 6670 ha, Farako s'est soumis au même exercice : expliquer aux producteurs de fond en comble "l'Initiative riz" du gouvernement. Eu égard à ses potentialités, le secteur de Farako doit produire 15 000 tonnes, soit en moyenne 2 tonnes à l'hectare. Au cours des échanges qu'il a eus avec les producteurs, le DG de l'ORS les a informé que le gouvernement subventionnera l'engrais à 50 % de même que les semences à hauteur de 60 %. Les conditions d'acquisition des équipements (tracteurs, batteuses) tiennent au dépôt et d'une demande auprès de l'ORS qui sera le devoir de transmettre à qui de droit. A Farako, Kassoum Dénon a visité le canal principal de Doni qu'il a parcouru à pied pour s'assurer de l'avancer des travaux avant d'annoncer que l'ORS mettra en place à la fin du chantier des programmes de reboisement et de fixation des berges.

Tout le long du périple, les producteurs de Tamani, Dioro, Farako, Konodimini et Sansanding ont manifesté leur adhésion à l'Initiative riz. Ils ont pris l'engagement d'aller au delà des 2 tonnes en moyenne à l'hectare. Ils ont rendu un hommage appuyé à Kassoum Dénon pour son langage de vérité, ses conseils sages à l'orée de chaque campagne agricole.

S'il y a une image que Kassoum Dénon retient des riziculteurs aux termes de sa tournée, c'est bien celle des acteurs engagés et déterminés à relever le défi de l'Initiative riz. Sur le terrain et à la lumière des contacts, les producteurs sont disposés à aller au delà des tonnages demandés pourvu que les engrais, les semences et la pluie soient au rendez-vous.

Mohamed Daou

(envoyé spécial)

 

Konodimini et Sansanding

Dans le quota fixé pour l'ORS, la part de Konodimini se chiffre à 12 750 tonnes. Dans cette zone, les problèmes ont pour noms : faible rendement des sols, retard dans la construction de la piste reliant Ségou à Banakoroni. Les autres inquiétudes formulées ont trait à la jacinthe d'eau et à la divagation des animaux. 

Selon Sidi Coulibaly, producteur, si le gouvernement respecte ses engagements à travers l’approvisionnement des paysans en semences, engrais, "il n'y a aucune raison que le quota arrêté ne soit pas atteint".

Zone semi-sécurisée à travers le canal de l'Office du Niger, Sansanding a été la dernière étape de cette tournée d'explication et de sensibilisation de dans les zones d'intervention de l'ORS. Disposant d'un potentiel de 3050 hectares en riziculture sur lesquels 3000 hectares seront cultivés, la zone de Sansanding doit atteindre 6100 tonnes. Dans cette partie du pays, la préoccupation majeure demeure l'aménagement des périmètres si l'on en croit le maire de Markala, Bakary Traoré.

"Vos périmètres seront aménagés. Des dispositions ont été prises dans ce sens. Seulement le gouvernement a été pris de court par la flambée mondiale des prix des denrées alimentaires. Néanmoins, l'aménagement des périmètres se fera progressivement" , a garanti le DG de l'ORS.

M. D.

 

Vérités et mises au point

Le DG de l'ORS a mis à profit sa tournée pour asséner certaines vérités et faire des mises en garde à l'endroit des sous-traitants des parcelles rizicoles et de ceux qui ne respectent pas le calendrier agricole. "Avec ‘l'Initiative riz’, nous ne pouvons plus permettre à une seule personne de s'accrocher à 20 hectares alors qu'elle ne peut pas atteindre le résultat escompté. Ce n'est pas équitable et je mettrais fin à la mauvaise répartition", a averti M. Dénon.

Se voulant pragmatique, il a laissé entendre que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. Et de poursuivre que le 20 juillet est retenu pour le début du calendrier agricole. "Tous ceux qui ne respecteront pas le cahier de charges verront leurs parcelles affecter à d'autres producteurs", a-t-il renchéri. Il s'est engagé à octroyer des parcelles aux femmes, mais de préciser qu’elles ne seront pas attribuées au nom d'un groupement ou d'une association mais individuellement. "Les femmes qui le désirent auront individuellement une parcelle. Mais je vais supprimer l'attribution au nom d'un regroupement féminin sans pourtant dissoudre l'association".

M. Dénon a jugé inadmissible la divagation des animaux partout où il est passé. Il a instruit aux paysans de constituer des brigades en rapport avec les autorités administratives et communales pour conter le phénomène.

M. D.

 

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IL FAUT LE DIRE

« On est où là » ?

On voulait le pluralisme, la liberté de presse et d’opinion… afin de bouter hors du pays la pensée unique, source de stagnation. Mais, 17 ans après et en dépit « d’avancées », le Mali n’en mène pas large. La liberté de presse a été bafouée avec la condamnation de journalistes, il y a moins d’un an ; le multipartisme a été malmené à partir de 2002 par des hommes politiques qui n’ont trouvé mieux que de s’aplatir face à un indépendant au nom d’un consensus naguère voué aux gémonies. Malgré ces verrues sur notre visage, on ne cesse pourtant de chanter sur tous les toits l’exemplarité de notre processus. Quelle autodérision !

On nous avait promis la juste répartition de la richesse nationale, la bonne distribution de la justice, l’équité, la solidarité… Or, à ce jour, seuls quelques « bienheureux », qui gravitent autour du pouvoir telles des mouches attirées par un cadavre, tirent leur épingle du jeu. Adieu la méritocratie ! Vive la République des laudateurs ! Moralité : tous les obstacles au développement, à commencer par la corruption, la dilapidation des ressources publiques, le népotisme, le copinage et l’absentéisme au travail… sont là et se portent bien.

On nous avait promis une administration moderne où le maître mot serait la récompense du mérite et la sanction de la faute. Aujourd’hui, rien de nouveau en dehors de l’apparence (bâtiments badigeonnés, équipements en matériels informatiques, dotations en luxueux 4x4 tout au plus), l’administration reste égale à elle-même, c’est-à-dire non pour servir la nation mais entre les mains d’une minorité pour exploiter les pauvres usagers. Ici, le plus petit service gratuit, le plus petit acte se marchande et se vend comme dans un marché aux puces. Le fonctionnaire qui ne gagne pas suffisamment dans cette course effrénée au gain facile, ne reste jamais en poste de 7 h 30 à la descente, d’où les embouteillages à n’en pas finir en circulation aux heures de travail.

On nous avait convaincu de la légitimité du combat de l’AEEM, pour une « école performante et apaisée ». Or, jusqu’en 1991, les élèves et les étudiants ne se mettaient pas martel en tête sur la couleur de l’année. Après des années facultatives et blanches, ne voilà-t-il pas qu’on leur suggère « l’année jaune » ? (…) Faut-il un jour s’attendre à une « année noire » ? Toujours est-il que la génération des années 1990 peut encore s’estimer heureuse au vu de la situation présente.

On nous avait promis le plein emploi, cependant des milliers de jeunes diplômés restent toujours en rade des concours, car pour décrocher un job, aujourd’hui plus qu’hier, il faut avoir les bras longs d’un singe. On nous avait promis paix et sécurité, mais ne vous hasardez surtout pas sur les routes du Nord, infestées de bandits de grand chemin. Avec la méchanceté gratuite, découlant de la pauvreté ambiante qui a poussé la majorité dans ses derniers retranchements, on vous briserait aussi le crâne pour vous dépouiller en plein midi devant des témoins impassibles.

Mais « on est où là » au juste ? Au pays où les détracteurs de la démocratie peuvent rire sous cape, en raillant notre modèle, où la porte du progrès se ferme inexorablement. On est au pays où les martyrs peuvent donc se retourner dans leurs tombes et regretter leur sacrifice. Et ça, ce n’est pas sympa de notre part.

A. M. T.

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LE DIRECTEUR DE LA DPM SE PRONONCE SUR LA DROGUE

« Il faut motiver les services de répression »

En marge de la destruction, jeudi dernier sur la route de l’aéroport, d’une quantité importante de drogues/stupéfiants par la direction nationale de la pharmacie et du médicament (DPM), son directeur Pr. Ousmane Doumbia, nous a accordé une interview. Il nous parle, entre autres, des causes du développement de la toxicomanie, des mesures prises pour motiver les agents des services de répression afin de mieux combattre le fléau et de l’état du combat contre la drogue.

Les Echos : Qu’est-ce qui fait qu’il y a de plus en plus de jeunes drogués dans notre pays malgréun combat acharné contre les stupéfiants ?

Ousmane Doumbia : Je pense que c’est la globalisation, la mondialisation et le mode de vie qui expliquent cela. Le contact est plus facile. Les habitudes qui existent ailleurs sont connues à travers les nouvelles technologies de l’information. L’éducation de l’enfant pose beaucoup de problèmes aujourd’hui. C’est tout cela réuni qui peut éventuellement expliquer le développement de la toxicomanie Et, ce n’est pas un cas particulier au Mali. Loin s’en faut.

Les Echos : Bamako est devenu un lieu important de transit de drogues et des produits stupéfiants, qu’est-ce qui, selon vous, explique cela ?

O. D. : Le trafic de drogue est certes une délinquance, mais ne relève pas de notre mission. Notre rôle est de recueillir les stocks saisis et de procéder à leur destruction. Nous ne pouvons pas justifier pourquoi les gens sont allés à ça. Cela dit, cela peut être éventuellement justifié par le fait que la toxicomanie est en train de se développer dans le monde entier ou que les cartels ont noté quelque part que nous avons des faiblesses au niveau de nos services de contrôle et de répression.

Les Echos : Voulez-vous dire que nos services de répression ne font pas leur travail ?

O. D. : Honnêtement, je pense que les services de répression sont en train de faire un travail extraordinaire. Maintenant, comme dans tous les domaines, les malfrats trouvent toujours d’autres techniques pour contourner les filets qui peuvent été posés à chaque fois qu’on parvient à les cerner. Sinon, à mon sens, il y a beaucoup de services de répression aujourd’hui qu’avant. Les services de répression sont en train de faire leur travail bien que tout cela soit relatif parce qu’aujourd’hui le trafic est plus développé qu’hier.

Les Echos : Avez-vous fait quelque chose pour mobiliser les agents des services de répression afin qu’ils puissent faire plus ?

O. D. : Il faut rappeler qu’il y a une loi qui existe sur la répression du trafic de drogue. Dans cette loi, c’est le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile qui est le chef de file. La loi a été votée, mais il n’y a pas de décret d’application. Une commission est en train de rédiger les textes d’applications de cette loi. Il y a deux mois, ils ont fait une réunion. Dans les préoccupations, les échanges ont prouvé qu’il faut nécessairement, comme au niveau de la douane, motiver les agents des services de la répression. Les douaniers sont motivés par rapport à leur saisie. Nous sommes en train d’analyser dans quelle mesure on peut motiver les agents des services de répression. C’est tout à fait normal que ça se passe comme ça parce que la saisie de drogue est plus importante que celle des autres produits frauduleux.

Propos recueilli par

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

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JOURNEE DES FAMILLES

Stop au mariage précoce

Le 15 mai, Journée internationale des familles, a été marqué jeudi 16 mai à la Cité des enfants par une série d’expositions sur le thème « parents, familles : responsabilités et défis » pour amener la population à une prise de conscience collective face aux dangers du phénomène du mariage précoce qui ronge nos sociétés.

Le mariage précoce a été choisi comme le sous-thème à la célébration de la Journée internationale des familles, proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 47/237 du 20 septembre 1993. Le mariage précoce ne concerne pas seulement que les fillettes, il affecte aussi les garçons dans une proportion moindre.

Au Mali, la proportion est de 5 pour 50, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) de mars 2001. Les causes directes du mariage précoce, selon Dr. Boureima Téréta, sont la pauvreté, la volonté de sauvegarder l’honneur de la familiale et la virginité de la fillette...

Pour sa part, Dr. Bréhima Maïga dira que la non maturité des organes de reproduction peut causer des troubles biologiques et psychologiques chez les personnes victimes du mariage précoce.

L’objectif général de la Journée était d’informer et de sensibiliser la population sur les dangers du mariage précoce, d’une part, et d’autre part, de renforcer le rôle de la famille pour l’abandon de la pratique, de contribuer à l’amélioration de la santé de l’enfant et d’impliquer les leaders communautaires et religieux dans la lutte.

Adama Kodjo

(stagiaire)

 

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ATTAQUE D’ANSONGO

La Jeunesse imghad de Gao répond à Akli Iknane

Sur un site très utilisé par les rebelles, un monsieur, Akli Iknan, se vantait d’être l’auteur des dernières attaques, en laissant son contact téléphonique pour les jeunes touareg qui veulent rallier sa cause. Nous avons une réponse.

« Akli Iknan, tu te vantes d'avoir commis cette forfaiture et tu pousses ton arrogance jusqu'à prétendre agir pour le compte de notre communauté et nous lancer des appels pour te rallier. Sache que la suite des événements nous a permis de comprendre que tu n'as été qu'un pion, un guide, instrumentalisé par nos ennemis.

Ceci se comprend, car ce zèle, si nouveau chez toi, prouve à suffisance que tu agis désormais sous pression et en l’absence de tout repère, au point de te mettre dangereusement en marge des tiens. Si tu es vraiment toi-même, l'enfant de notre communauté, nous les jeunes de Samit, de Teskawat, d'Ahina, de Takabart, d'Iminas, Ademamel, Tessit, d'Agoufa, Inbassotane, Egucf Narodj, Seréré, Tin Essamed, Ekia, Tondi Karèye, Sobori, Intarkad, Doro, Marsi, Sehene, Tidarmène, etc. t'engageons à réviser ta position.

Nous te rappelons que notre communauté et sa jeunesse en première ligne restent soudées et cohérentes pour soutenir fermement la position de nos responsables, cadres politiques, administratifs et militaires dans la droite ligne des intérêts de la nation malienne.

Nous attirons ton attention sur le fait que tu t'es mis dangereusement en marge des tiens. Si tu cherches à nuire à ta communauté et à ses responsables en ralliant l'ennemi, sache que tu perds ton temps et que tes efforts seront vains. La communauté imghad est ancrée dans la société malienne et elle y restera.

Aussi, nous t'invitons à revoir, sans tarder, ta position et rentrer dans le rang car tu es devenu la risée de tous. C'est seulement dans cette voie que tu pourras défendre les intérêts des tiens. Sois certain que les appels que tu nous adresses n'auront aucun écho, car la logique de ceux qui t'utilisent est trop grossière pour passer inaperçue.

La Jeunesse imghad a des responsables dans lesquels elle se reconnaît et dont elle est fière. Si par bonheur, il t'arrivait de prendre connaissance de ce papier - ce dont nous doutons car « le Parisien » ne se donnera pas la peine de te le communiquer - son intérêt n'y étant pas - réfléchis-y bien et fais-toi à l'idée que les Imghad ne marcheront pas dans cette aventure insensée, ni pour toi, ni pour personne.

Les Imghad heureusement n'ont pas comme toi la mémoire courte et ils savent tirer des leçons des expériences vécues. Quant à toi, quel est le sens de ton combat ? Sont-ce tes intérêts personnels ? Le développement du Nord Mali ? C'est vraiment le dernier de tes soucis, pour qui te connaît ! Notre développement, le nôtre, celui dont nous avons vraiment besoin et qui nous a permis de vivre en bonne intelligence avec les autres, c'est la paix ».

Pour la Jeunesse imghad

Ahmadou Dadi

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Les noces viciées du Nonmon

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Droit et pratique du droit au Mali

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Les pièges du destin

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Le mouvement mondial des femmes

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Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
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