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2008

Mois de juin

Les Echos du 27 Juin

 

AUGMENTATION DU PRIX DES HYDROCARBURES

Les transporteurs envisagent une hausse des tarifs

L’augmentation du prix du carburant le dimanche 22 juin 2008 ne sera pas sans conséquence. Déjà le Redécoma élève une vive protestation et le Syndicat national des transporteurs du Mali envisage de revoir le tarif des transports publics dans les prochains jours.

Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Ahamadou Abdoulaye Diallo intervenant au JT de l’ORTM de 20 h le 22 juin justifiait les hausses à la pompe par la flambée du prix du baril du pétrole brut. L’or noir connaît une forte pression depuis quelques mois. De mai à juin 2008, le prix du baril a grimpé de 10,55 % en passant de 53 320 F CFA (124 $US) le baril à 58 050 F CFA (135$US).

La nouvelle hausse de 136 $US la fin du week-end dernier a été particulièrement rude pour les pays non producteurs de pétrole comme le nôtre. Cette situation a entraîné dans notre pays, une flambée des prix à la pompe. Le supercarburant a connu une augmentation de 25 %, soit 695 F CFA le litre contre 650 F actuellement. Le fuel ou gasoil passe de 570 à 585 F CFA, soit 12 % d’augmentation.

Dans ses commentaires, le ministre a mis l’accent sur les efforts fournis par le gouvernement malien pour atténuer les effets de la montée en flèche du prix du baril en subventionnant le litre de carburant à 435 F.

Ces efforts consentis par l’Etat et les pétroliers maliens sont les moins bien sentis. Le Regroupement pour la défense des consommateurs du Mali (Redécoma) déclare dans un communiqué de presse adressé à notre rédaction et signé de son président Badou Samounou que « c’est avec beaucoup d’amertume que le Redécoma a accueilli l’annonce relative aux augmentations des prix des produits pétroliers dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin 2008 ». Et de poursuivre : « le Redécoma dénonce lesdites augmentations, les rejette et demande leur annulation pure et simple, afin d’éviter d’autres augmentations de prix ou de tarifs pouvant intervenir par voie de conséquence dans les autres branches de l’activité économique au Mali, toutes liées les unes que les autres […] ».

Le Redécoma a invité par la même occasion, toutes les associations de consommateurs dans les pays non producteurs de pétrole à interpeller le Cnuced, l’OMC, l’ONU, les pays de l’Opep. Il se dit réserver tous les droits pour la défense des intérêts des consommateurs. Ce cri du Redécoma n’est pas fortuit si l’on sait que l’économie mondiale est fortement liée au pétrole dont la flambée a toujours des répercussions graves sur d’autres secteurs.

Vie impossible

Les transporteurs donnent de la voix. Une réunion est prévue dans les jours qui suivent pour décider d’une éventuelle hausse. Yaya Mallé, le président du Syndicat national des transporteurs, un syndicat affilié à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), que nous avons joint mercredi au téléphone, n’a pas caché son amertume face aux augmentations à répétition des prix à la pompe.

« Pour les précédentes augmentations, nous avons consentis des efforts et des sacrifices pour bloquer nos tarifs. Mais cette fois, ce ne serait plus le cas. Nous allons nous réunir incessamment et voir dans quelles conditions ajuster nos tarifs » , a déclaré M. Mallé.

Une patate chaude dans les mains du ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce qui soutenait sur les antennes de l’ORTM, dimanche soir que l’essence du Mali est la moins chère de la sous-région et que le gasoil n’a pas connu beaucoup d’augmentation parce que l’Etat se soucie des secteurs comme les transports publics que beaucoup de Maliens empruntent.

Le comportement peu recommandable de certains pétroliers peut en rajouter à la colère des consommateurs. Nous dénoncions dans notre parution de lundi une pratique de la station Dia Négoce, située à Niamakoro, près des Halles de Bamako. Aux environs de 21 h, juste après l’annonce des nouveaux prix à la pompe qui n’étaient pourtant applicables qu’à minuit, cette station, connue pour ses tarifs moins chers, a procédé à la rétention de stock en disant à ses clients qu’il n’y avait plus d’essence dans ses pompes.

Le pétrole lampant qui a été aussi touché par la hausse est pratiquement en rupture dans plusieurs stations de Bamako. Mardi soir, un client qui voulait acheter quatre litres de ce produit pour ses parents au village a sillonné plusieurs points de vente. Il a été partout informé qu’il y a de la pénurie de pétrole à Bamako. Est-ce de la rétention de stock ou une vraie pénurie ? On ne sait trop.

Les Maliens ne peuvent plus manger à leur faim, le riz exonéré à 310 F CFA le kilo est introuvable et il faut désormais débourser au moins 400 F pour un kilo. La viande est inaccessible pour le commun des consommateurs. Et comme un malheur ne vient jamais seul les citoyens ne peuvent plus se mouvoir faute de moyen pour se mettre quelques gouttes d’essence. Ce n’est plus la vie chère, c’est la vie impossible.

Abdrahamane Dicko

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CONSEIL NATIONAL DES PRIX

Encore une entourloupe

Institué depuis quelques mois suite au Forum sur les prix des produits de première nécessité exigé par l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), le Conseil national des prix n’arrive guère à combler les attentes des Maliens dont la majorité ignore même son existence. Cet éléphant blanc est-il la manifestation d’une connivence entre les pouvoirs publics et des partenaires nationaux pour calmer l’opinion ?

Les Maliens ne sont pas encore au bout de leurs peines en matière d’accès aux produits de première nécessité. Eux qui, malgré leur scepticisme, avaient espoir en le Conseil national des prix qui, pensaient-ils allait un tant soit peu changer leur train de vie. Aujourd’hui, plus qu’hier, c’est la désolation au sein de l’opinion tant on ne voit aucune trace de cette structure sur le terrain. A commencer par ceux qui ont exigé sa création.

Parlant de ce conseil lors d’une conférence de presse, il y a quelque temps, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité avait affirmé : « les résultats se font attendre ». Par ces propos, M. Diakité voulait dire que ce conseil n’existe, en fait que de nom. Il reste passif alors que les produits ne prennent plus l’ascenseur, mais montent à la vitesse du son jour après jour.

La conjoncture internationale et l’argumentaire consistant à dire que le conseil est à peine installé peuvent paraître courts. Mais il est tout à fait logique que quelque chose aurait pu se faire face à la flambée des prix de certains services qui ne sont aucunement liés à la conjoncture internationale. L’on ne peut pas parler de ce dernier argument quand les blanchisseurs ou les réparateurs de moto renchérissent.

Visiblement, l’UNTM ne peut que déplorer que le Conseil s’avère inefficace. La centrale syndicale reste toujours indolente et ne prend aucune initiative contraignant les autorités à de véritables dispositions pour atténuer les coûts des produits.

Si l’option du Conseil national des prix ne marche pas, pourquoi l’UNTM ne peut pas pousser les pouvoirs publics vers d’autres alternatives ? Or c’est sa crédibilité et sa capacité de décision qui sont en jeu en cette période des plus difficiles.

L’une des missions du Conseil national des prix est l’affichage et l’étiquetage des prix sur le marché. Où en sommes-nous aujourd’hui quand on sait que des commerçants spéculent librement sans crainte des représailles de qui que ce soit.

Complicité ?

La fixation de prix plafonds conjoncturels par produit et par localité, pour les opérateurs économiques qui ont bénéficié d’exonérations de droits et taxes sur l’importation des produits de première nécessité, reste toujours en souffrance.

Malgré ces exonérations, les prix flambent sur le marché dans l’indifférence du Conseil. Peut-être qu’il se réfugie derrière le président de la République qui le 8 juin dernier, en réponse à un confrère et à toute la nation sur la spéculation du prix du riz (375 à 475 F CFA) avait sèchement affirmé que le stock de riz issu des exonérations était écoulé. Pour l’application des autres mesures à laquelle le Conseil national des prix devait s’atteler, c’est toujours le silence radio.

C’est pourquoi, des citoyens n’hésitent pas à qualifier ce conseil d’entourloupe pour davantage renforcer le martyre des consommateurs. D’ailleurs sa composition peut entretenir le doute en ce sens que le bureau est composé de personnes ressources œuvrant dans le secteur depuis belle lurette. Si ceux-ci n’ont pas pu répondre efficacement à la montée des prix jusqu’à son seuil tolérable, il est à se demander s’ils pourront faire quelque chose maintenant.

Composé de 21 membres, le Conseil est présidé par une conseillère technique du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce en la personne de Mme Sissouma Aïda Koné. Il comprend sept membres de l’administration et 14 autres postes repartis entre la société civile et le secteur privé. Les structures représentées sont la douane, les impôts, la police, la direction nationale de la statistique et de l’informatique, la CCIM.

Il compte également dans ses rangs les principaux opérateurs économiques importateurs du riz de la place : Bakorè Sylla, PDG de GGB (Grand grenier du bonheur) et Modibo Kéita, PDG de GDCM (Grand distributeur céréalier au Mali).

La mise en place de ce conseil correspond aux recommandations du Forum national sur les prix des produits de première nécessité, qui s'est tenu en décembre dernier. La structure est un instrument institutionnel de suivi et d'évaluation de la politique nationale du prix. Mais pour quel effet ?

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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PRIVATISATION DE LA CMDT A L’AN

Le ministre rassure, le député doute

La séance plénière de l’Assemblée nationale de jeudi a été consacrée à l’examen de plusieurs projets de lois. Mais auparavant le ministre de l’Agriculture, Pr. Tiémoko Sangaré, était face aux députés pour répondre à la question orale de l’honorable Kalifa Doumbia sur l’épineuse question de la privatisation de la CMDT.

En l’absence des ministres de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et la promotion des Langues nationales, (en mission), c’est le ministre de l’Agriculture Tiémoko Sangaré qui était jeudi face aux députés pour répondre aux questions orales du député Kalifa Doumbia, élu en commune VI et ancien travailleur de la CMDT sur la privatisation du géant des textiles maliens.

Si le ministre, tout au long de l’échange s’est montré rassurant quant à la voie, c'est-à-dire la filialisation, qu’a choisie le gouvernement pour privatiser la CMDT, et sur tous les effets collatéraux que pourrait engendrer la privatisation, le député Doumbia lui a douté de la réussite de l’initiative du gouvernement. A en croire le ministre Tiémoko, toutes les précautions sont prises par le gouvernement pour réussir une privatisation. Le ministre a estimé qu’il faudra surtout renforcer la responsabilité des producteurs principaux acteurs de la filière. Aux termes des questions orales, la conclusion est que la CMDT sera privatisée. Le processus de la privatisation est au stade de la filialisation. Les échanges ont aussi permis aux députés de savoir l’état du déroulement de la campagne 2008-2009. L’’approvisionnement en intrants pour la campagne 2008-2009 est satisfaisant. A en croire le ministre, le constat qui se dégage est que, un peu plus de la moitié de nos besoins sont couverts.

Denis Koné

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PRIVATISATION DE LA CMDT

Le lobbying des députés de Koutiala

Au cours d’un débat synchronisé sur Radio Uyesu de Koutiala, un député élu dans cette circonscription a déclaré que les députés élus dans la Capitale de l’Or blanc sont en train de faire circuler une pétition contre la privatisation de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT).

Le député en question a aussi fait savoir que même le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, qu’il a rencontré un jour dans son bureau, ne partage pas l’idée de privatisation. Selon le député, le ministre Sangaré lui a dit qu’il est dans un gouvernement et qu’il est tenu de faire preuve de solidarité gouvernementale.

Toujours au cours des débats, le député a fait d’autres révélations, selon lesquelles, un cadre de la Banque mondiale en mission au Mali lui a fait des confidences en déclarant que « le Mali n’a rien à gagner dans la privatisation de la CMDT ». Le cadre de la Banque mondiale a préconisé le lobbying de la presse et des députés pour empêcher cette privatisation. Le débat en langue nationale bamanan, qui a duré de 20 h 30 à 21 h 30 a tenu en haleine la population majoritairement composée de cotonculteurs.

Le député revenait de Sikasso, qui a abrité en début de semaine une rencontre des députés et des cotonculteurs sur la privatisation de la CMDT contre laquelle ils se sont manifestés.

Sidiki Doumbia

(envoyé spécial à Koutiala)

 

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DOSSIER

Dougoutigi tout puissant ou fantoche ?

Le quartier constitue l’un des premiers maillons d’un système d’organisation socioculturel qui lui confère une importance particulière sur l’échiquier politique et administratif du Mali.

Cependant, depuis une quinzaine d’années, « de nombreuses contraintes entravent l’administration des quartiers », selon une instruction du département de l’Administration territoriale, adressée aux gouverneurs et préfets et maires.

Les « contraintes » listées par l’administration ont pour noms : la non-clarification des conditions de création des villages, de la fraction et du quartier ; de la désignation des membres de leurs conseils ; le non-renouvellement des conseils depuis 1988 ; l’inadaptation du mode de désignation du chef de village, de la fraction et du quartier ; la remise en cause, par les tribunaux, des décisions administratives relatives à la nomination des chefs de village, de fraction ou de quartier, au motif qu’elles se fondent sur les avis de conseils dont les mandats ont expiré.

Le ministère de l’Administration territoriale, face à ces problèmes, vient de décider du renouvellement des mandats des conseillers de quartier. Occasion pour nous de nous pencher sur ce corps méconnu, mais présent au cœur de tous les scandales fonciers et autres. Au Mali, les chefferies sont des entités politiques et administratives sur des territoires limités. Chez nous, les chefferies étaient des micro Etats pré-datant la colonisation.

Le chef appartenait généralement à la noblesse locale. Le terme en lui-même a deux significations : c'est une appellation d'origine coloniale qui désigne les institutions socio-politiques typiques : la chefferie apparaît comme une forme intermédiaire entre les sociétés lignagères et les royaumes.

Nombreux sont les auteurs arabes, soudanais et plus tard européens qui ont apporté des témoignages parfois oculaires sur l'histoire du Mali avec des épisodes sur sa richesse en or et sur ses chefferies, éclairées, sanguinaires ou organisées selon la vision, la sensibilité du narrateur ou l’auditoire. De l’Empire du Mali à celui des Songhaï ; du royaume bambara de Ségou à la Dina du Macina, le pays a connu des chefferies célèbres.

La fin du 16e siècle, marque un tournant dans l'histoire du Soudan occidental : la fin des grands empires. Il s'en est suivi une longue période de crises politiques et de petites chefferies qui se succédèrent jusqu'à la conquête coloniale.

En décidant de renouveler les chefs de quartier, de faire en sorte que le mandat soit électif, le gouvernement ne réveille-t-il pas un chat qui dort ? Quelles étaient les pratiques, quel rôle pour ces chefs de quartiers, que représentent-ils réellement et quels enjeux pour ces élections… sont les aspects que nous vous présentons dans ce dossier.

Alexis Kalambry

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CE QUE J’EN SAIS

Une coquille vide ?

La chefferie traditionnelle est-elle aujourd’hui une coquille vide ? Que reste-t-il de l’autorité des chefs de quartier ou de village ? Des questions que beaucoup de gens se posent aujourd’hui. Jadis, le chef du village avait statut de pouvoir suprême, d’autorité politique, judiciaire et morale. Aidé de ses conseillers, il était aussi le garant des us et coutumes.

Dans la société traditionnelle, la chefferie découle de la quête de gouvernance. En effet, comme l’écrivait l’historienne Mme Bintou Sanankoua dans sa communication lors d’un colloque, « le Mali a mis au point, très tôt, des modes de gouvernance qui lui ont permis d’organiser dans la paix, la stabilité et la sécurité, les rapports entre les différentes composantes de la société, les modes de production économique et de transmission du pouvoir ».

L’éminence grise avait ajouté, « il a élaboré des outils et mécanismes pour régler les crises et les conflits internes et externes. Les gouvernants tiraient la légalité et leur légitimité des référentiels culturels, sociaux et économiques internes. La nécessité de l’autorité est culturelle. Elle est profondément et anciennement ancrée dans les esprits dans cette partie de l’Afrique ».

En poursuivant son raisonnement, Mme Bintou Sanankoua écrivait que l’âge donnait la légitimité. On choisissait le dirigeant en fonction de l’âge, le plus âgé étant celui qui se rapprochait le plus des anciens. Le pouvoir se transmettait de frère à frère par ordre de naissance. Une assemblée d’adultes formalisait le choix. Elle pouvait décider de faire régner un frère plus jeune si l’aîné, pour une raison ou une autre (maladie, débilité, incapacité évidente), n’était pas en mesure d’assumer la charge.

Ainsi, le choix des dirigeants était trop important dans ces sociétés, pour que tout le monde y participe. Il était réservé à une élite gérontocratique minutieusement sélectionnée. N’importe quel vieux ne pouvait accéder au pouvoir. Il devait appartenir à l’élite qui tient sa légitimité soit de la conquête, soit de l’appartenance à la descendance des dirigeants.

Le pouvoir restait toujours dans la même famille et le même clan. Toute velléité de changement provoquait une crise. « Pendant toute la période précoloniale, les problèmes liés à l’exercice, à la gestion et à la transmission du pouvoir ont été régis par des mécanismes internes », précise-t-elle dans cette contribution qui s’inscrivait dans le cadre du colloque organisée par l’IRG et l’Arga en janvier 2007 à Bamako. Elle s’inscrivait plus particulièrement dans la session de débat intitulé « le choix des dirigeants ».

L’évocation de la royauté ou de la chefferie traditionnelle semble a priori renvoyer à une réalité pré-coloniale que la colonisation et l’Etat moderne issu des indépendances n’ont pas réussi à définitivement abolir. Ce qui faisait dire à des chercheurs, lors d’un colloque organisé en novembre 1999 à Paris (France) que, « les autorités traditionnelles, plus que des survivances d’une tradition plus ou moins archaïque, sont des phénomènes parfaitement actuels dont il importe à des historiens de saisir les dynamiques et les enjeux ».

De cette rencontre scientifique, il ressort que les colons français ont tenté d’éliminer les chefferies traditionnelles pour s’imposer. Par contre, le colonisateur anglais s’est appuyé sur les autorités traditionnelles pour consolider leur pouvoir. Tous ces débats posent en fait la problématique des rapports entre l’autorité traditionnelle et les formes modernes de la représentation et de l’exercice du pouvoir.

Si les oppositions et les conflits sont nombreux, ils renvoient bien souvent les chefs à un rôle de relais locaux (parfois à la faveur d’une décentralisation politique voulue au plus haut niveau). Et, par la même occasion, ils inaugurent « une répartition spatiale des formes de légitimité ». Sans compter qu’on observe aussi maintes stratégies d’adaptation des forces dites traditionnelles à la modernité.

Elles devaient logiquement s’adapter à l’évolution de la société ou se condamner à disparaître du giron politique. Elles ont pris la première option. C’est ainsi qu’on a vu ou qu’on voit des chefs de villages ou de quartiers jouer de leur capacité de mobilisation pour peser sur les grandes consultations nationales et œuvrer au renforcement de l’Etat central. Cela était fréquent sous la IIe République dont le régime avait fait de la chefferie traditionnelle des canaux de mobilisation pour dominer les esprits et s’assurer de larges scores dans des élections pourtant gagnées d’avance.

A l’avènement de la démocratie, des autorités traditionnelles ont voulu continuer à jouer à ce jeu. Mais, de plus en plus, les populations ne les suivent pas car conscientes qu’elles peuvent elles-mêmes monnayer leurs voix en y gagnant plus. Pour de nombreux chercheurs, « le retour tonitruant du traditionnel » dans le jeu politique ne fait que signaler la domestication de la modernité et de la démocratie par des moyens traditionnels.

Mais, toujours est-il que l’autorité de ces chefs, comme d’ailleurs celle de l’Etat, ne cesse de s’effriter au gré des processus comme la démocratisation, la décentralisation. Des processus permettant à l’autorité politique de mieux contrôler la chefferie traditionnelle en pesant sur son mode d’élection. Ce n’est pas pour rien que l’élection des chefs de village, de quartier et de fraction est pilotée par le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales.

La lignée, la succession patriarcale… ne comptent plus. Chacun peu postuler à un poste de conseiller et se faire élire chef. Démocratie oblige !

Alphaly

 

 

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